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Coke en stock (CLXXXI) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (16)

Et puis au fil des recherches sur ceux qui ont pu fournir des avions aux narco-trafiquants, on tombe sur deux perles.  Deux avions qui, avant d’être exportés, exerçaient un drôle de métier, comme vous allez le découvrir aujourd’hui.  Avant d’aller essaimer la coke, ils avaient en effet été… essaimeurs de papillons !  Mais on en retrouvera d’autres encore, dont un avion appartenant à des anglais bien particuliers, et l’inévitable avion venu de l’Alaska, encore un en effet… le plus beau étant bien entendu un ancien du Civil Air Patrol, ce drôle de service US, auxiliaire civil (bénévole) de l’US Air Force, créé en 1941… (1)

Les trafiquants et les avions à papillons dévoreurs de coton

L’une des découvertes les plus surprenantes, certainement, dans la recherche des fournisseurs d’avions boliviens susceptibles de servir au trafic de cocaïne, est celle de deux Cessna 206 anciens, issus du même endroit et exportés tous deux vers la Bolivie.  Les deux appareils sont en effet deux vieux Cessna 206 bien fatigués, immatriculés N62AP de 1978 et N5347U, datant de 1979 (exportés tous deux à la même date le 15 avril 2014 et tous deux sortis du même hangar de Colleyville, au Texas, chose toute aussi étonnante).  Un autre modèle, immatriculé N756JX (U20604138) de la société T&T (qui possédait aussi deux AYRES-S2-R et un CE-188-A188B, avions agricoles, en plus de ces 5 Cessna 206) a aussi participé aux mêmes activités que les deux autres avions.  En fait les deux avions m’avaient intrigués car ils montraient tous deux des équipements extérieurs inhabituels qui ne pouvaient qu’être remarqués : sur le dessus du cockpit une étrange antenne bulbeuse noire et en dessous de la cellule une sorte de tube profilé d’une bonne vingtaine de cm, deux équipements pas courants, ma foi, sur ce genre d’avion.  Pour le premier, on soupçonne vite une antenne GPS comme celle que présentent certains avions agricoles d’épandage aériens.  Le kit Guia Ag-Nav, car c’est bien celui-là dont ils étaient équipés, se compose en effet d’une antenne similaire, d’une barre lumineuse d’affichage de cockpit et d’un récepteur à LCD (ici à gauche le kit complet), indiquant en particulier les passes à faire par l’aviateur pour bien répandre ses produits phytosanitaires (c’est le même principe que ceux équipant au sol les moissonneuses-batteuses ou les machines à planter des graines, en fait).  Sur le cliché, dans le hangar du N5347U, on distingue également autre chose en cabine, barrée d’un sticker « restricted » : un bloc d’aluminium imposant qui surmonte justement notre « tube » de dessous de fuselage. Ayant déjà eu affaire avec ce genre de dispositif lors d’un autre article, j’en retrouve vite l’origine et l’usage.  Le « bloc » d’aluminium est en fait une armoire de métal emportant des tiroirs remplis de… papillons stérilisés, ou mites (« moths »), surmontant une trémie qui les envoie à l’extérieur via le fameux tube creux sous le fuselage : la commande d’expulsion étant liée directement au logiciel de l’Ag-Nav Guia, qui dose les lâchers selon la distance effectuée.  Ce sont en effet deux avions du programme appelé « pink bollworm eradication », mis en place il y a quelques décennies pour supprimer les papillons nocturnes du même nom, grand dévoreurs de champs de coton, véritable peste pour les producteurs de coton.  Les papillons (ici enfermés dans leur caisson à gauche) sont stérilisés avant d’être répandus, évitant tout développement à l’espèce : leurs chenilles ne pourront plus dévorer le coton (les photos du hangar de préparation des vols sont ici) 

Le programme a été très efficace, une seule inquiètude ayant pointé il y a peu avec la découverte de papillons non « marqués » mais néanmoins eux aussi stériles. « L’éradication de la noctuelle rose de l’Arizona a été divisée en trois zones.  Selon la loi, l’Arizona travaille sur une chronologie de quatre ans.  La première région (les comtés du centre et de l’est) a commencé en 2006.  L’Arizona était le seul endroit où on volait (et épandait, donc) sept jours par semaine.  À la fin de l’année 2006, plus de 1,7 milliard de papillons nocturnes stériles avaient été relâchés dans les champs de coton de l’Arizona.  En 2007, les comtés de River (LaPaz et Mohave) sont entrés dans le programme.  En 2008, le comté de Yuma a également été inclus.  Le centre et l’est de l’Arizona ont terminé leur dernière année en 2009, et LaPaz et Mohave en 2010 respectivement.  Vous pouvez voir les captures de pièges actuelles, Bt vs. non-Bt, et d’autres données statistiques dans la section Pink Bollworm du site Web.  Le Nouveau-Mexique a terminé son programme d’éradication de la chenille de la noctuelle rose (« Pectinophora gossypiella »).  Le Texas, la Californie et le Mexique mènent actuellement des programmes d’éradication de la noctuelle rose.  Vous pouvez voir certaines de leurs informations sur la section NCC de notre site Web. »  On comprend ainsi pourquoi les avions; qui volaient 7 jours sur 7 ont été depuis revendus.. mais pas remplacés : l’éradication semble avoir totalement réussi ! A un coût moindre de ce qui avait été fait de 1960 à 1990, où l’on avait dépensé pas moins 1,3 milliard de dollars pour répandre des pesticides (voir ici les « slides » expliquant le projet et sa réalisation jusqu’en 2008 ;  dedans y est glissé un autre Cessna encore immatriculé N756WN de STP Aviation LLP installé à Flower Mound,  Texas (ci-contre à gauche), mais l’avion (U20604416) a été détruit en 2010 et son pilote, qui semblait avoir volé un nombre considérable d’heures, tué lors du crash de son avion !  Depuis on songe à remplacer les Cessna et leurs pilotes par des drones… pour lâcher les mêmes papillons !

Sur la route de Madison 

D’autres petites entreprises se sont fait avoir par des trafiquants.  Ainsi la minuscule Select Aviation Services LLC de Brewer Parson, détenteur d’un pilote de ligne mais ayant fait sa carrière précédente dans le commerce de voiture, et installée à Madison dans le Missouri .  L’homme est un vrai fan de deux types de modèles fort prisés au Brésil :  il est membre de l’American Bonanza Society et du Beechcraft Heritage Museum de Tullahoma. Le bureau de l’entreprise est installé dans un immeuble construit au nord-ouest Corner deMadison Airport.  Sur son site, on pouvait admirer en 2013 un Cessna type 206, immatriculé N9959M, celui d’Ameri Air Leasing Corp (inscrit à Wilmington) en fait le Cessna U20604609, et ex Flying B Aviation Llc de Clinton.

Peint en blanc avec des filets rouge et bleu, l’appareil, un vieux Cessna U206G de 1978, se voyait offert avec en prime ses trois caches de roues aérodynamiques bleu et blanc.  Chez Controller.com, en août 2013 on en retrouve la trace, annoncé à la vente avec radio IFR et GPS à 159 000 dollars.  En fait il se retrouve exporté en 2104 vers la Bolivie… pour se voir attribuer aussitôt l’immatriculation CP-2910, avec à la clé une peinture exposant un graphisme bien plus récent, réalisé on ne sait où en revanche.  L’avion est censé appartenir à un dénommé Vicente Mosahir Arteaga Aquin.  Il n’ira pas loin, ni ne volera longtemps :  le 2 février 2015, une patrouille péruvienne du Batallón Contraterrorista N° 324 de la 31 Brigada de Infantería del Ejército Peruano, celle surveillant la vallée des Ríos Apurímac, Ene y Mantaro le VRAEM (qui utilise des Hovercraft Griffon GH-2000 TD pour la surveillance des fleuves) le découvre sur le côté d’une piste qui a été taillée en pleine forêt, laissant un large sillon fraîchement déboisé et visible de loin.  Visiblement, on ne semble pas l’avoir équipé de ses garde-boue aérodynamiques !  A bord, des bidons bleus, dont on ne sait si ce sont des bidons de kérosène ou plutôt de coke liquide.  On remarque surtout sur un des clichés une énorme échancrure courant tout le long de la queue (aurait-il subi un tir des Cessna T-37 péruviens, habilité à tirer sur les avions des narcos ?), des feuilles mortes surplombant l’aile gauche laissant entrevoir une chute plusieurs jours auparavant.  En janvier de la même année, l’avion avait été vu en train de décoller du centre-ville même de Puerto Ene, dans le Junin, un fief des narco-trafiquants !!! L’avion, pour arriver en Bolivie, avait suivi semble-t-il le chemin « habituel » passant par l’arc des îles du golfe du Mexique, faisant le trajet Miami- Puerto Plata en République Dominicaine dès le 16 juillet 2014.  Il aurait en ce cas ensuite rejoint la Bolivie via le Venezuela et le Brésil, un beau périple pour un vieil avion déjà bien fatigué.  Plus de 1,200 kilomètres, alors que le 206 est donné pour une autonomie de 1 278 km au départ, sans réservoirs supplémentaires.

Un anglais au Texas ?

Au Texas, c’est MLG Aviation installé à Knippa, au Texas qui a disparu depuis (la firme a arrêté ses activités en octobre 2015 et a été fermée définitivement  le 6 juin 2017) qui se retrouve dans la liste des vendeurs d’avions à des supposés trafiquants.  Etrangement l’entreprise est… anglaise, elle est au nom de Michael Leslie, surnommé « Gilott » (d’où MLG), un « consultant en aviation né en 1949″ et d’Anne Gilott (?).  Marty L Griffith est alors le représentant de la société.  Gilott, en 2011, était aussi à la tête de JC Aviation LTD autre petite société d’aviation anglaise aux faibles revenus.  Gilott est un des représentants anglais de l’Istat, et son adresse pointe vers un immense centre équestre anglais celui de Herriard Park en Hampshire, pas loin de Basingstoke, à l’ouest de Londres, endroit où circule pas mal d’argent et de gens huppés (les poneys ça mène à tout !).  L’entreprise possédait également le N137CD, un Cessna Conquest (425-0220) ex N425AD.  L’appareil était apparu chez Controller.com, en octobre 2011, annoncé à la vente au tarif de 1,095 million de dollars, voire… moins :

Avec cet ajout à l’article de vente « no damage » était-il précisé.  Elle possédait aussi un Cessna 206 Turbo Stationair immatriculé N7824G (T20608704), muni, il faut le remarquer, de réservoirs de bouts d’ailes lui permettant de voler plus loin.  Le 13 février 2013, à Sabinal, au Texas, ce fameux Cessna 206 de MLG parti de Collège station vers Uvalde s’était posé sur une « piste privée non aménagée ».  En fait l’appareil, au lieu d’une piste, s’était retrouvé dans un champ fraîchement labouré et avait… capoté, se retournant complètement.  Selon le rapport d’accident « les deux ailes de l’avion, le stabilisateur vertical et le gouvernail ont subi des dommages importants. ». Il n’empêche.  On le retrouve vendu (tel quel on suppose)… en Bolivie dès le 31 janvier 2014.  L’avion y devient alors le CP-2865, qui ne trouve rien de mieux le 6 décembre 2017 que de tomber en panne en plein vol mais réussit à se poser in extremis près de Puerto Ballivián, près de Trinidad, après avoir décollé de d’El Trompillo (Santa Cruz).  L’avion avait raté de peu l’aéroport Jorge Henrich, semble-t-il, d’après l’une des photos de l’accident.  Il est retrouvé cette fois complètement détruit, mais les deux occupants s’en sortent, par miracle, sérieusement blessés.  Comment un avion dangereux, qui aurait dû être ferraillé au Texas a-t-il réussi à se vendre (via une société tenue par des anglais ?) et continuer à voler, voilà bien tout le problème.  Au passage on notera que l’atelier de peinture habituel en Bolivie avait a nouveau sévi, en jouant surtout du rouge sur le capot avant et la queue, le design général étant refait entièrement.  A gauche, une autre vue du même appareil, avec sa livrée d’origine.  Une vue destinée à la promotion de sa (re) vente, je pense.

Le Cessna canadien voyageur

Si l’on a perdu la trace en Bolivie du N5347U (U20605228), de l’un les deux lanceurs de papillons, le second le N62AP (U20604252) a lui été localisé dans le pays, à Santa Cruz, sous l’immatriculation CP-2874, au nom de Grovers Bejarano Arancibia.  Selon Amcar Digital, en tout cas, les deux avions font partie de la liste des « meilleurs avions pour le trafic de drogue » parmi la quarantaine repérée (2) ! »  Parmi cette liste… au moins « un Pilotmec ».  Un cliché étonnant d’un avion (U206-06039) pris on ne sait où et visiblement repeint à neuf, selon un schéma répertorié (et mal recopié) et portant l’immatriculation (canadienne) C-GIVI.  L’appareil a toujours aux pieds ses gros pneus d’arpenteur de contrées alaskanes ou nord-colombiennes.  L’avion appartenait en effet au départ à Gamma-Tech Inspection Ltd installé à Calgary, en Alberta, au Canada !!! Une entreprise qui se veut être innovante en étant  capable d’inspecter en profondeur bâtiments, tuyaux ou autres grâce à des détecteurs appelés « ultrasonic and radiographic testing and magnetic particle inspection services »… des techniques largement utilisées depuis longtemps en aviation.  Sans surprise, on découvre que le Cessna canadien est désormais… bolivien, il a été exporté là bas à la mi-2014 par… Pilotmec, on s’en serait douté !!!  Etonnamment pourtant, on retrouve chez Panjiva (ici à droite) un ordre d’importation d’Aereodealer Imp. Exp. Srl, une entreprise bolivienne pour le faire venir en Amérique du Sud:  on y apprend que l’avion aurait coûté 144 744 dollars à l’achat, son envoi tout emballé faisant 1,8 tonne, nous apprend le service de transport.  Un prix plus élevé que la moyenne chez les Rapozo !!!  L’avion aurait donc transité par le Brésil avant d’arriver en Bolivie comme lieu de résidence final !  L’envoyeur canadien étant cette fois un autre broker, Prairie Aircraft Sales LTD, qui vend aussi des avions (et pas mal d’hydravions !).  A noter qu’Aereodealer Imp. Exp. Srl a aussi fait venir des pièces d’avion à Viru-Viru (l’aéroport de Santa Cruz de la Sierra) le 13 octobre 2015 :  en l’occurence un moteur complet de Cessna de 241 kg, mais aussi un avion complet également, un Cessna 206G, démonté, le 5 novembre 2015, en passant par le Chili cette fois, via un envoi aérien fait par Turbo North Aviation… société située à Anchorage, en Alaska !  Pilotmec fournissait bien Rapozo !!!

Rapozo volait dans un ancien avion de l’Air Patrol !

Où cela devient ridicule, c’est quand on découvre un des avions de Rapozo, un petit Cessna 172 P ayant comme domiciliation Tarpon Springs, en Floride, là-même où le trafiquant possédait une luxueuse villa.  Si l’appareil est bien ordinaire, immatriculé N9508L (ici à gauche), c’est un Cessna 172P Skyhawk de 1986 bien banal, portant le numéro de série 17276567, sa décoration antérieure l’était beaucoup moins.  Il affichait en effet les couleurs de la Civil Air Patrol, les aides auxiliaires de l’Us Air Force !!!  Si, dans les années 60-70, leurs appareils se distinguaient peu des avions civils ordinaires, arborant seulement le logo de la CAP, une hélice à trois pales surmontée de Civil Air Patron au dessus et en bas de US, tout simplement (à droite ici le N98913 de la CAP de l’époque), depuis les années 80 le tricolore est devenu leur décoration classique, avec deux variantes, la plus ancienne avec la queue traversée d’un arc rouge (comme ici le N987CP de la base de Maxwell AFB), la plus récente avec les 2/3 de la queue en rouge. Brumit Aircraft LLC, qui avait racheté un Cessna de ce type installé sur la base militaire de Maxwell AFB AL, avait par exemple laissé la décoration d’origine mais en effaçant l’appellation Civil Air Patrol pour en faire un avions civil (ici à droite le Cessna de N738HD LLC Longmont… racheté à Brumit Aircraft LLC puis Capital City Jet Center Inc et… ex CAP .  Le N9508L de Rapozo, racheté également à Brumit Aircraft LLC  le 7 septembre 2011 affichait encore en 2006 « USAF AUX » sur sa queue, avec la bande rouge incurvée.  On ignore si Rapozo avait ou non repeint son appareil, mais de savoir qu’il détenait un des anciens avions des auxiliaires de l’Air Force ne manque pas de sel en effet….

Une énorme responsabilité, très faiblement sanctionnée

La société Pilotmec d’Agustin Maitz, on l’a vu ici à plusieurs reprises, porte donc une énorme responsabilité (et la sanction le concernant paraît bien faible, au regard des dégâts occasionnés par la dissémination de la cocaïne grâce à ses avions retapés).  Un texte judiciaire l’affirme clairement (on ne peut être plus clair en effet) :   « Le 1er avril 2016, Agustin Maiz a été condamné à la Cour de District des États-Unis, Ft. Lauderdale, FL, à 1 jour de prison, 1 an de liberté surveillée et 100 heures de service communautaire pour avoir enregistré faussement de nombreux avions avec la FAA.  Le tribunal a ordonné d’autres conditions spéciales, y compris une divulgation financière complète de toutes les affaires et finances personnelles, et la soumission à des recherches raisonnables par la probation américaine.  Maiz a été inculpé en septembre 2015 pour avoir faussement enregistré des avions et a plaidé coupable aux accusations en janvier 2016.  Cette enquête était basée sur des informations reçues de la DEA, alléguant que Maiz déposait de nombreux enregistrements d’aéronefs frauduleux dans le cadre d’activités illicites liées à des organisations criminelles étrangères.  Maiz est le propriétaire de Pilotmec Aircraft Services Inc. situé à Pembroke Pines, FL.  L’enquête a révélé qu’il avait faussement enregistré des avions pour des acheteurs étrangers en provenance de Bolivie, du Paraguay, du Venezuela et du Brésil et qu’il permettait à ses clients d’utiliser son compte bancaire pour transférer de l’argent aux vendeurs américains.  En enregistrant faussement des avions, Maiz a entravé le mandat de la FAA en matière de sécurité en contrecarrant leur capacité à retracer le véritable lieu de détention et la propriété des avions.  En outre, Maiz a effectivement agi en tant qu’acheteur de paille pour ces organisations étrangères, qui souhaitaient que ces appareils soient expédiés hors des États-Unis sous le couvert de la propriété nationale, contournant ainsi les exigences d’enregistrement de la FAA ».  Une journée de prison seulement pour avoir vendu des avions à des trafiquants notoires ?  En qualité « d’homme de paille » travaillant au nom des trafiquants, comme le dit le rapport, en leur servant même de compte bancaire ???  Mais quel laxisme, des autorités !!!  Quelle incroyable légèreté !!!  On aurait voulu favoriser le trafic qu’on ne s’y serait pas pris autrement !!! Qu’en pense le très réac gouverneur de Floride, Dick Rich, lui si prompt à aider les sociétés d’aviation… telle celle de Draken (lire ici le détail de son engagement), si proche il est vrai de l’US Air Force à qui elle sert d’avions plastrons ? Et qu’en pense son modèle en politique ???  Car l’Etat américain a aussi sa part directe de responsabilité (3):  rappelez-vous l’un des premiers achats de Rapozo :  c’était pour une épave achetée 78000 dollars sur le site même des enchères d’Etat, à Boise, où avait été ramené le Cessna 206 qui était resté à l’extérieur pendant des années, sous les intempéries, en Alaska, à Anchorage… (ci-contre le résumé de l’enchère gagnée au petit matin par téléphone par Rapozo).  Selon l’acte de vente, Rapozo aurait dû réunir toutes les autorisations de vol pour pouvoir l’utiliser.  Devenu CP-2812, il n’en a même pas eu le temps.  Il s’est écrasé à Constitucion, Oxapampa en novembre 2014, lors d’un vol de narcotiques, après avoir été acheté par la femme de Rapozo un an auparavant, en septembre 2013.  Un avion qui, l’acte de vente le stipulait, avait baigné dans l’eau de mer jusqu’à la hauteur des instruments du cockpit.  Bref, une épave qui n’aurait jamais dû revoler.  Même une seule fois !

(1) un des ses patrons est soupçonné d’avoir participé à l’organisation de l’assassinat de Kennedy à Dallas, et Lee Harvey Oswald en avait fait partie…

(2) la liste est ici :

Best aircraft for drug trafficking

 The Paraguayan authorities quoted last week that 85% of trafficking activities originate from Bolivia, and « la avioneta suprema » for this purpose is the Cessna 206. It’s not a surprise as over 40 were sold to Bolivia from the US and Canada alone last year and a very few have been identified with CP registrations. ¿Dónde puede ser?
C-GXAJ (U20602810) U206F 27.05.14
N49WT (U20602768) U206F 08.01.14
N62AP (U20604252) U206G 15.05.14
N106CL (U20604070) U206G 18.06.14
N200V (U20606213) TU206G 30.12.14
N206FK (U20605695) TU206G 14.10.14
N206PJ (2060469) U206 06.10.14
N211AC (U20601787) U206F 11.07.14
N235BT (U2060958) TU206C 25.06.14
N252AL (U20603612) U206G 28.08.14
N389SC (U2061304) TU206D 15.09.14
N522HA (U2060755) U206B 17.03.14
N717BS (U20604794) TU206G 09.02.15
N756HA (U20604093) U206G 08.01.14
N896TC (20608196) 206H 27.06.14
N1192Q (U20602863) U206F 07.01.15
N1341Q (U20602886) U206F 01.07.14
N1543U (U20602250) U206F 29.07.14
N2100F (U2060300) U206 22.10.14
N3259G (U20606039) U206G 16.06.14
N3906G (U2060906) U206B 25.09.14
N3967G (U2060967) U206C 25.06.14
N4289L (U20602564) U206F 24.11.14
N4571K (U2060464) U206A 01.07.14
N4649F (P2060249) TP206A 27.01.15
N4703F (P2060303) P206A 08.01.14
N4998F (U2060316) U206 23.09.14
N5096V (U2060876) U206B 02.07.14
N5347U (U20605228) U206G 15.05.14
N6494X (U20605922) U206G 30.12.14
N7824G (T20608704) T206H 31.01.14
N8305Q (U20603166) U206F 23.10.14
N9495G (U20601695) U206E 12.06.14
N9624R (U20606907) TU206G 14.11.14
N9642G (U20601842) U206F 08.09.14
N9959M (U20604609) U206G 04.09.14
N28897 (U20603957) U206G 07.11.14
N33181 (U20602656) U206F 18.03.14
N35593 (U20602732) U206F 08.12.14
N60755 (U20602043) TU206F 31.10.14
(3)… et cela ne devrait pas s’arranger.  Donald Trump souhaiterait en effet comme nouveau dirigeant de la FAA… son pilote personnel, John Dunkin (ici à gauche dans l’avion de Trump) !!!  Se mettant à nouveau ainsi à dos une bonne partie du pays.  Après Anthony Scaramucci, le porte-parole qui parlait comme un charretier, et le stratège de l’extrême droite, Steve Bannon comme personnes poussées en avant par l’inconséquent et inconscient président, pas sûr que ce soit le bon candidat en effet.  L’homme, visiblement, n’y connait rien en industrie, en gouvernance ou en sécurité aérienne.  Et la FAA est une vraie catastrophe depuis des années, comme on le sait.  Je l’ai assez dit il me semble !

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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