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Coke en stock (CLXXX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (15)

Il y en a eu un autre de fournisseur d’avions aux trafiquants de cocaïne:  Un bien spécial, dont on a mis pas mal de temps à découvrir qu’il s’agissait en fait d’un infiltré chargé de plomber les avions qu’il vendait en les équipant de balises radio émettrices indétectables.   Car on a beaucoup manipulé les transferts de cocaïne, il faut bien s’en rendre compte.  Mettre en difficulté des Etats en les faisant plonger dans le trafic ?  Il semble bien que cela se soit produit, en effet… les sommes rapportées par la vente de cocaïne sont tellement ahurissantes et les volumes de production tels qu’en effet, dès que l’on parle coke on s’approche du plus haut du pouvoir politique, à l’évidence.  De la coke comme élément déstabilisateur de pays entiers, si vous préférez…

Ça commence par un crash, comme d’habitude

Les brésiliens, on l’a vu, privilégient plutôt les Beechcrafts Baron (55 et 58) aux Cessna (206 et 210).  On s’en était surtout aperçu, vous ai-je dit dès le 11 mars 2011 lorsqu’un de ces appareils, immatriculé N6037U avait été retrouvé le côté droit en miettes près de la frontière avec la Bolivie, du Mato Grosso au Sud.  Selon la police, l’avion était tombé parce que le bimoteur volait à basse altitude pour échapper à la surveillance d’avions de détection, certainement américains d’ailleurs :  son trajet, suivi de près, semblait en effet avoir été éventé bien avant que son vol ait été décidé.  Le vol était traqué, à l’évidence, depuis le départ !  L’appareil se dirigeait vers un ranch dans la municipalité de Poconé, qu’il n’avait donc pas réussi à atteindre.  A bord, visible sur la photo prise d’hélicoptère du crash, sortis et éparpillés autour de l’avion il y a plusieurs paquets, représentant au total pas moins de 560 kilos de cocaïne :  le Beech petit Baron en transportait donc plus d’une tonne !!!  Les deux pilotes qui s’en étaient sortis par miracle seront jugés quelques mois plus tard au Brésil.  « Le tribunal fédéral a condamné le pilote brésilien Roy Rogers Silva Ferraz et le Bolivien Edgar Belen Inturias à 11 ans et 11 mois et à sept ans et six mois de prison, respectivement, pour trafic international de drogue.  Le crime a été découvert suite au crash d’un avion avec 580 kilos de cocaïne à bord dans l’Etat du Pantanal de Mato Grosso en mars 2011.  L’avocat représentant les accusés, Roberto Rocha, a déclaré au G1 qu’il attendait une assignation.  L’action pénale a été déposée par le ministère public fédéral (MPF).  Le pilote de l’avion a également été reconnu coupable du crime de mensonge idéologique, en utilisant le nom d’autres pilotes pour obtenir l’autorisation de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), et devra payer 38 364,48 reals Inturias a été condamné à une amende de 13 620 reals ».  L’avion était le Beechcraft N6037U, encore à fière allure semble-t-il avant son accident (comme on peut le constater ici à droite sur la photo prise le 21 juillet 2007 au William P Hobby Airport de Houston Texas).

Le Baron de Boca Raton

Le vendeur de l’avion (ici à gauche) est vite retrouvé, il habite Boca Raton, en Floride, mais il est brésilien.  Sa société qui a pignon sur rue s’appelle North Atlantic Aircraft Service.  Il raconte ici trois ans plus tard ce qui s’était produit, selon lui :  « en septembre 2010, j’ai vendu à une société à Cuiabá un avion Baron, en 1980, qui a été financé par Banco Bradesco (1), la même banque responsable de la remise des fonds pour l’acquérir.  En octobre de la même année, l’avion a été livré à l’acheteur qui devait suivre la légalisation de l’avion au Brésil.  Ma société a fait toutes les procédures pour exporter l’avion au Brésil, mais au final c’est l’acheteur qui devait être le responsable de l’importation au Brésil.  Un permis de survol a été émis le 30 octobre, valide pour 60 jours, au nom de mon entreprise, mais avec le nom de l’acheteur en tant qu’exploitant de l’aéronef.  Après 60 jours, pour des raisons indépendantes de ma volonté et sans mon consentement, l’Agence fédérale de l’aviation civile (la FFA américaine donc) a renouvelé l’autorisation de séjour pour 60 jours afin que l’avion puisse être légalisé, sans mon consentement ou ma connaissance.  Le 4 mars 2011, selon les déclarations du propriétaire, l’avion a été kidnappé et utilisé à des fins illicites, après avoir subi un accident dans la Serra do Molar – dans le Mato Grosso – à la frontière avec la Bolivie.  Le propriétaire de l’avion a été arrêté avec un autre occupant de l’avion.  Les deux ne m’ont jamais accusé d’avoir su ou d’avoir participé (au trafic). «   L’homme se défend d’être lié au trafic, malgré les charges qui pèsent sur lui.  Car il en a vendu d’autres, d’avions, notamment au Brésil.  Et il reprend la mauvaise thèse du pilote comme quoi ce dernier aurait été « kidnappé », ce que les juges brésiliens ont refusé de suivre.  Qu’en est-il de sa sincérité ?  Regardons d’abord son CV (bien rempli)… de vendeur d’avions.

D’autres avions lui appartenant

L’entreprise de Floride possédait en effet également d’autres appareils.  Le N969SK, un Beech Baron G58 de 2007, le N621DG; lui aussi un G58, et des Cessna 210 tels le N6143F (ici à droite), le N918DT (à gauche en vol) et le N59148, un 210TL de numéro de série 21060124.  Des avions devenus eux aussi suspicieux aux yeux des autorités US, toujours selon notre responsable :  « en mai 2011, les autorités américaines ont confisqué quatre avions qui devaient être exportés au Brésil au nom de mon entreprise avec comme raison que je ne pouvais pas faire de tels enregistrements et acheter des avions au nom de mon entreprise sans respecter les exigences légales.  Ce jour-là, ils ont confisqué un avion, et l’argent qui était avec un commandant de bord qui faisait alors un transfert au Brésil.  J’ai été informé par ces agents que l’action au nom de mon entreprise était illégale parce que, en tant qu’étranger, je ne pouvais pas posséder un avion pour le compte d’une entreprise qui n’était pas dirigée par des citoyens américains.  Je les ai informés que mon entreprise opérait depuis 2007, avec plus de 40 avions livrés à des entreprises brésiliennes.  Je conduisais mes affaires depuis le premier avion sur la base des informations et du travail de la société tiers responsable des transferts, paiements et autres actes et je ne comprenais pas comment je pouvais faire quelque chose d’illégal alors que personne ne m’avait jamais rien demandé ».  A noter que le Cessna 21064278 (le N918DT a été vendu néanmoins depuis à des brésiliens, mais à des pompiers et au Samu de Santa Cantarina, pour changer fortement de livrée, devenir tout rouge et s’appeler PR-EPH.  Le Beech N621DG (TH-2098) datant de 2004 devenant lui le PR-DLC..  Au Brésil, bien entendu.  Comme le N59148 d’ailleurs… passé brésilien, lui aussi, le 3 juin 2011.

Les ateliers de peinture brésiliens mènent au pouvoir politique 

Des avions prêts à être repeints, on en trouvera en 2013… au Brésil, comme j’ai pu vous le dire également :  « dans la foulée des investigations on avait déjà découvert le 15 août 2013  trois avions, saisis par la police fédérale, dans le sud du pays, avions qui auraient été utilisés pour transporter de la drogue entre la Bolivie et le Brésil.  Des appareils confisqués en cours de peinture, avec encore leurs collants de masquage, tel ce Beech Baron ci-contre (à gauche), et un autre exemplaire aux moteurs en réfection.  Les vieux Baron semblent avoir encore la cote, au Brésil. Les trafiquants voulaient être discrets semble-t-il en les présentant sous des immatriculations plausibles et non avec un simple adhésif.  Selon la police « Opération White Bull» désignait « selon les trafiquants le fait de négocier la vente de cocaïne sans attirer l’attention ».  Le 10 juin 2014, la PF (police fédérale) a appréhendé les voitures de luxe, avions, bateaux, dans le respect des mandats de perquisition et de saisie de force et de la probation, durant l’opération « Athos », qui s’est tenue le mardi (10) dans cinq États: le Minas Gerais, à Sao Paulo, à Rio de Janeiro,  au Parana et à Santa Catarina.  L’action a démembré une organisation criminelle liée au commerce de la drogue qui a apporté des produits de la Bolivie et du Paraguay à l’intérieur de São Paulo et de les a distribuées au Minas Gerais, à Rio de Janeiro et dans le Nord. »  Dans la foulée encore,  « le 14 juillet, par ordonnance de la Cour suprême (STF), la police saisissait également trois véhicules de luxe à Brasilia dans le deux résidences (Casa da Dinda et villa Collor) de l’ancien président et sénateur Fernando Collorde Mello (PTB):  une Ferrari, une Porsche et une Lamborghini (ici à gauche). Officiellement pour détournement d’agent public, provenant du scandale Petrobras.  Or Colorde Mello n’est autre que l’ancien  et 32e président de la République du pays (de 1990 à 1992), et… un grand partisan de la privatisation du pays !!! « 

Le Brésil serait-il donc laxiste ?

… on peut en en effet le croire aisément.  L’exmple typique date de 2010, et se nichait dans un hangar de Jaboticabal, dans le club aéronautique de la ville.  A cet endroit, les policiers soupçonnaient que trois appareils décollant de là se rendaient régulièrement à Campo Mourão (dans le Parana) pour y charger de la drogue.  Selon l’enquête, ils atterrissent dans des villes proches de la frontière avec le Paraguay et, après avoir chargé leur cargaison de drogue, retournaient dans la municipalité de l’État de São Paulo.  Un reportage montre le hangar où était entretenu l’un des appareils.  C’est ce qui reste d’un aérodrome autrefois actif désormais presque à l’abandon.  Autrement dit la « planque » idéale.  C’est (encore) un EMB 721 C (« Sertanejo » une copie brésilienne de Piper Saratoga) décoré de bleu, de noir et de jaune sur une base blanche immatriculé PT-EGG. Visiblement une peinture qui ne respecte aucun canon de la firme d’origine.  Trois hommes sont arrêtés en flagrant délit alors qu’ils s’apprêtaient à décoller.  José Maurício Martins Junior, 34 ans, Carlos Alberto Sgobi, 32 ans, et Marco Túlio Raguazzi Guimarães, 42 ans, qui sont identifiés comme des « entrepreneurs de Ribeirão Preto« .  La police découvre dans le hangar de l’argent en coupures et des téléphones portables en nombre.
Les personnes arrêtées affirment qu’elles s’apprêtaient à se rendre au Paraná pour apporter le paiement d’une partie de l’avion, négocié à 250 000 reals selon eux.  Mais, curieux hasard… en fait la police découvre surtout que l’avion appartient de fait à l’Etat, car il a déjà été interdit de vol en raison du non paiement d’une dette de son propriétaire à l’Etat évaluée à 60 000 reals, et le fait qu’il avait déjà été impliqué dans un vol de drogue :  « le bureau de presse d’Anac confirme que l’avion appartient au gouvernement fédéral, en raison d’une dette avec l’IRS » indique ici Aviation News qui relate les faits.

Manifestement aussi, l’avion avait été repeint.  A Córrego Rico, près de Jaboticabal, le 25 octobre 2012; un Beechcraft Baron 55 (PR-FSW) se plante dans un champ de canne à sucre.  Les deux occupants sont sérieusement blessés dont le passager de 37 venu de Cuiabá.  Jusque là, rien à soupçonner, à part qu’en sortant de l’avion, le pilote âgé de 54 ans, un brésilien de Santarém, avait jeté au loin son GPS… retrouvé par terre par les policiers !!!  Le procureur, interviewé, promet d’examiner l’affaire de plus près…

Sept mois de prison… pour rien ?

Notre responsable (Joao) continue : « six mois après, j’ai été arrêté le 24 janvier 2012, à 9 heures du matin dans mon bureau, là où les mêmes agents m’ont informé que mon arrestation était motivée par l’immatriculation de l’avion.  J’ai été emmené au centre de détention de Miami, où je suis resté sept mois.  Après les premiers jours, les agents m’ont informé qu’en plus des accusations d’enregistrement illégal d’aéronefs, j’étais aussi accusé de trafic de drogue et de blanchiment d’argent par les événements au Brésil et qu’ils avaient des preuves que j’avais souvent fourni des avions qui seraient utilisé dans le trafic de drogue au Brésil ». Mais les preuves tarderont à venir (au Brésil une condamnation pour non déclaration de ventes d’avions aux dépens de la fiscalité brésilienne lui sera notifié bien plus tard), car en 2011, coup de théâtre, le propriétaire des Beechcrafts et des Cessna fait à nouveau la une des journaux, mais pour une toute autre affaire, qui éclipse totalement la première. C’est le retour d’une vieille affaire de transport de drogue dans des proportions assez inusitées. Souvenez-vous : c’était le 24 septembre 2007 et c’est celle du fameux Gulfstream II N987SA, retrouvé coupé en deux après son crash dans le Yucatan, poursuivi par des hélicoptères de l’armée mexicaine. Dedans, on a découvert plus de 3 tonnes de coke enfermés dans des sacs de l’armée US !!!  Je vous en avais fait part déjà à l’époque :  « L’avion appartient alors à une minuscule compagnie, Donna Blue Aircraft Inc, de Coconut Creek en Floride, une société tenue par… deux Brésiliens.  Aujourd’hui devenue une boîte aux lettres vide.  Il venait tout juste d’être racheté avant le crash, à peine 8 jours auparavant. En mai 2006, il appartenait encore à la S/A Holdings LLC, une entreprise qui figurait parmi celles visitant régulièrement Guantanamo, dont on connaît aujourd’hui le goût pour les voyages touristiques, avec à bord des touristes bizarrement habillés en orange.  Retrouvé plus tard vivant à Fort Lauderdale, Greg Smith, le pilote cascadeur du Gulfstream, finit par avouer que son patron, Don Whittington, a acheté cash le Gulfstream, deux millions de dollars, et confirme que sa deuxième société, Word Jet Inc, a bel et bien été infiltrée par la CIA.  La firme possède bien plusieurs jets, donc un Falcon 10.  L’avion s’est bien écrasé, mais pas une autorité US ne se pointe pour venir interroger son propriétaire  « … avais-je écrit dès janvier 2008.

L’ex « Tropical » devenue « North Atlantic »?

En réalité, dix ans après on découvre que tout était parti d’une minuscule entreprise vendeuse d’avions, mais pas nécessairement celle qu’on pensait, appelée au départ « Tropical Air »  remplacée plus tard, en mars 2007 par « Donna Blue » comme nom.  Pas longtemps, car en juin 2008, les dossiers des sociétés de la Floride montrent, que le nom de Donna Blue a encore été changé en… « North Atlantic Aircraft Services Corp » – avec un dénommé Joao Malago alors répertorié comme président :  voilà donc notre homme !!!  Malago n’était donc pas n’importe qui en fait dans cette histoire  :  c’est un informateur important de l’opération américaine de nom de code Mayan Jaguar, lancée pour lutter contre le trafic de cocaïne (ici à droite la déposition de l’enquêteur du FBI précisant son action).  Le rôle précis de notre vendeur consistant à planter dans les avions qu’il vendait des émetteurs fort discrets pour les pister à distance. A la grande surprise des mexicains qui l’avaient découvert, le Gulfstream du Yucatan en possédait un en effet à son bord !!!  L’engin faisait en fait partie d’un plan tordu de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour capturer des barons de la drogue en les alléchant avec de volumineux transferts.  Et ce, sans que les mexicains en soient informés d’une quelconque façon, ce qui a déplu fortement dès que ça a commencé à se savoir de l’autre côté de la frontière:  mais d’où pouvait donc sortir ce transporteur dissimulé, se dirent avec surprise les mexicains en le découvrant à bord des débris de l’appareil ?  Pour beaucoup d’observateurs, il n’y avait pas que l’ICE pour monter une opération aussi sophistiquée : la CIA tirait les ficelles, à coup sûr, pour preuve l’usage d’avions lui servant aussi d’avions de « renditions » pour aller torturer à l’étranger les capturés de Guantanamo, tel le fameux N987SA, justement !  En définitive, au milieu de crash signifiant un fiasco, c’était donc bien le gouvernement américain qui avait vendu des avions à des trafiquants, pour le commerce de la coke, et Joao Malgo et Larry Peters n’avaient été que des pions dans ce plan diabolique !!!  Le Cessna 441 de Skyways prévu pour traverser l’Atlantique, ce que d’autres feront à sa place, était en fait le N12DT, numéro de série 4410040, qui avait été exporté… au Venezuela !  Gag ultime, cet avion provenait de l’Alaska, où il avait servi auparavant comme ambulance (il est ici à gauche photographié sur place en 1992) !!!  Comme quoi le clan Rapozo a beaucoup appris… de la CIA !!!

L’incroyable Paraguay

Un Hawker Siddeley BAE 125 avait aussi été requis par Skyways pour transporter la coke ; le NA760 (ici à droite), immatriculé N456WH, photographié ici au Caracas Simón Bolívar Int’l au Venezuela le 3 août 2004, car lui aussi avait été exporté vers le Venezuela !  Nul doute qu’on le retrouvera un jour où l’autre écrasé quelque part, celui-là, se disait-on, depuis la prise de cette photo… l’appareil en 2005 en était déjà sa vingtième réimmatriculation !!!   En réalité, pour l’instant, il ne servira pas aux trafiquants.  Enfin… officiellement.  Car, autre gag ultime ou surprise sortie du chapeau à malices d’un pays vraiment à la dérive, voici ce que nous avait révélé Résumen de Noticias le 29 novembre, 2017 . Une surprise qui disait que l’on venait de le retrouver cet appareil au CV long comme une page A4.  Et, ne souriez pas trop, entre de très bonnes mains.  Enfin des mains de pilote connu !!!  L’article qui le relate vaut son pesant de mouron, aussi je vous le donne ici dans son intégralité  tant c’est savoureux sur les mœurs politiques  incroyables qui règnent au Paraguay :  « Nicanor Duarte Frutos ancien Président de la République et candidat pour le sénateur du Mouvement progressiste du Colorado, a déclaré que l’avion ZP-TDF qui était lié à son ex-pilote, jugé pour malversations, a été acheté par le président Horacio Cartes, (ici à gauche Cartes descendant de cet avion) ainsi que par Jose Alberto Alderete, directeur de campagne de son adversaire politique Mario Abdo Benítez » (c’est depuis lui qui est devenu le prédisent du pays !).  Duarte Frutos a affirmé que le général Rigoberto Cabrera, qui était le chef du cabinet militaire pendant son gouvernement, peut confirmer le fait.  « Cet avion lui avait amené (par Cartes et Alderete) et ils lui avaient même donné l’immatriculation NDF en essayant de me flatter … »

« Vous pouvez le demander au général Rigoberto Cabrera;  Il m’avait dit: « vous n’allez pas accepter cet avion pour rien », a déclaré Nicanor Duarte Frutos.  Quand on lui a demandé pourquoi il ne l’avait pas révélé auparavant, il a répondu qu ‘ »il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas dire. »  Il a indiqué qu’il n’avait utilisé l’avion qu’une seule fois pendant son administration.  La raison du don de l’avion était selon Duarte Frutos, que Horacio Cartes essayait alors de se rétablir avec Fernando Lugo, avec les libéraux et avec les présidents du Colorado.  Une cour de jugement a confirmé l’implication de Felix Erico Ortíz, l’ex pilote de Nicanor comme intermédiaire pour l’achat de l’avion.  Ortiz a été accusé d’enrichissement illicite parce qu’il lié à l’achat du jet Hawker Rythean 125-400A, modèle 69, pour environ  350 000 dollars (plus 40 000 $ US pour les pièces de rechange !) alors que son salaire était 2 000.000 guayanis (300 euros !), selon ABC Color »… Dans ce pays pourri jusqu’à la moelle, en effet, Erico Felix Ortiz, l’ancien pilote de Nicanor Duarte Frutos, accusé d’enrichissement illicite continue aujourd’hui à jouir de l’impunité que la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême (CSJ) lui a en effet octroyé.  Sa peine de 4 ans et 6 mois ferme d’emprisonnement est en effet suspendue au-dessus de sa tête… depuis 2008 (le 10 août, 2016, la Chambre d’appel, composée des juges Pedro Juan Martínez Mayor, Mirtha González Knight et Cristobal Sanchez, avait en effet annulé le verdict le condamnant) !!! L’avion (qui a été repeint depuis comme on peut le voir ici à droite) porte en fait comme immatriculation TDF, car cela signifie en fait… Tendota Duarte Frutos, le nom complet du pilote !!! Incroyable !

(1) à noter que « Bradesco est la deuxième plus grande banque privée au Brésil (total des actifs), et a grandi en grande partie grâce à des fusions et acquisitions » et « qu’en août 2015, HSBC vend ses activités au Brésil, qui représentent 854 agences et 21 000 employées, à Bradesco pour l’équivalent de 5,2 milliards de dollars »

Document : la liste des avions détenus par les candidats électoraux au Brésil (c’est assez savoureux) :

http://www.contasabertas.com.br/website/wp-content/uploads/2014/07/tabela-aeronaves.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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