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Coke en stock (CLXXIX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (14)

Dans de multiples recherches sur ces fameux fournisseurs d’avions, le nom d’appareils de type Bonanza est assez souvent revenu à en devenir intriguant.  En fait on découvre que tout un lot est ainsi parti au Paraguay ou au Brésil :  plus d’une vingtaine, provenant de la faillite de la société Japonaise JAL qui les avait choisis comme avions de liaison, comme par exemple pour leurs pilotes lorsqu’ils s’échangeaient leur poste de commandant de bord ou pour les former.  Des firmes y ont vu une manne, dès que les appareils ont été mis en vente.  L’une d’entre elles a un surprenant allemand d’origine comme patron, mais une autre entreprise déjà repérée ici en a fourni, c’est sûr, à des trafiquants :  Pilotmec, qui aura au final vendu en Bolivie, au Paraguay, au Brésil… tous de vieux appareils, retapés à la va-vite, leur vétusté dissimulée par un grosse couche de peinture brillante.

Le cas du lot de Bonanza de la JAL, la bonne tirelire à exploiter

Parmi les nombreuses ventes de Pilotmec, on tombe aussi sur un Beechcraft Bonanza plutôt particulier.  Pour des raisons que j’ignore encore, les Beech de tous poils ont toujours eu davantage la côte que les Cessna au Brésil, adepte notamment des Beechcrafts Barons 55 et 58 comme on a pu le voir à de multiples reprises ici-même depuis le début de nos différentes enquêtes. Or Pilotmec a effectivement vendu à la mi-2011 un Bonanza, un Beech modèle A36 (le modèle sans la queue « papillon » comme les Fouga Magister des premiers modèles, portant le numéro de série E3509, à un importateur brésilien.  L’avion était immatriculé N8301D.  En 2010, il avait été photographié à côté de son collègue et double sur l’aéroport de  Napa County, en Californie (ici à droite) :  il y résidait depuis au moins 4 ans, date à laquelle on l’avait photographié au même endroit, toujours avec des collègues portant le même marquage.  Renseignement pris, la petite flotte de Bonanza était celle abandonnée par la JAL, la Japan Air Lines qui s’en servait pour former ses pilotes, un service fermé en octobre 2010 en fait, en raison de la banqueroute « kamikaze » de la société (Le 19 janvier 2010, Japan Airlines avait effectivement déposé son bilan mais avait réussi à continuer après).  Les 23 appareils avaient été achetés en 1991 par la société niponne, une annonce confirmée dans le N° de juin de Flying Magazine (ici à droite).  La volée de photos sur les modèles de JAL est ici, prise par l’excellent spotter Steve Nation.  La firme japonaise avait créé Jaux Americas Inc pour enregistrer ses appareils, déclarés à El Segundo; tel ici ce N8300V racheté par Northern Exploration LLC.  Il est évident que la fin du service de la JAL avait attiré les acheteurs potentiels d’avions… usés vendus à bas prix, et Pilotmec avait bien compris l’occasion à saisir.  Mais il n’avait pas été le seul, visiblement…

Un bien étrange Cobra allemand…

 

Des avions de ce lot traînent toujours sur le marché : ainsi l’offre encore visible de Steve Sato, de l’Arizona Pilots Association (installé à Napa, justement !) qui en proposait toujours cinq exemplaires à des prix variant entre 127,900 et 172,000 dollars, pas plus.  Tel ce JAL N8204M… venu en 2015 à une firme appelée Cobra King Inc.  Et aussitôt repeint de façon méconnaissable par l’entreprise plutôt récente… comme on peut le voir ici à droite.  Une vraie affaire, pour sûr, si la revente marche et la culture financière se réalise !!!  Sato proposant aussi ici un « Beechraft TH2046 Registration Number: N875JG » ancien « japonais » lui aussi.  Car JAL formait aussi avec des Beech Baron, aujourd’hui si prisés des trafiquants brésiliens.  Or le 2 août 2016, un appareil de ce type, appartenant à la même société Cobra King, avait connu un incident de vol à Wichita Falls, TX  (photo ici à droite).  C’était le N15MD. L’avion avait raté son décollage et avait réussi à se poser sur une route.  Personne n’avait été blessé.  L’avion, TH441, ne provenait pas des stocks de JAL.  En revanche, l’appareil immatriculé N875JG numéro de série TH2046 proposé à la vente pour 429 000 dollars était bien aussi un ex Jal, et il appartenait bien à Cobra Kai… et ce depuis 2016 (il est ici à gauche sous ses couleurs de la JAL- c’était le même que proposait Sato… au même prix d’ailleurs !).  Au moment de la réunion, Bohn avait affirmé avoir vendu 5 avions seulement sur le site de Lawton, mais disait pourtant « être en plein développement » : drôle de présentation devant des partenaires financiers !!!  Serait-on tombé sur un prétentieux ou un frimeur, ayant compris les codes de la com avant ceux du marché de l’aviation ???  En tout cas, il sait y faire :  lors de la présentation de l’extension de son hangar à « 600 000 dollars », selon lui, il avait bénéficié de l’aide du conseil de l’aérodrome qui lui avait octroyé un prêt à 140 000 dollars.  Cobra Kai, qui détient d’autres appareils intéressants est une société de 21 personnes (ceci explique cela, il faut préserver les emplois, localement) qui a effectivement démarré son business en 2012 à Wichita Falls (et vendu à partir de 2013), et dont le patron est… étranger, simple « détenteur d’une green card » selon lui-même.  Dans le compte Facebook de Cobra Kai, on tombe sur un aveu inattendu, en tout cas d’une méthode de business :  c’est bien un vieux Beech Baron de la Jal, à la décoration de queue bien reconnaissable, qui est en train d’être refait dans ses ateliers (ici à droite)… orné d’une étiquette plutôt humoristique.

Le patron de Cobra Kai s’appelle Martin Bohn, et il est en effet… allemand d’origine.  L’homme se présente comme un ancien officier de l’armée de l’air allemande (de la Bundeswher, ce qu’on n’a pu vérifier).  Son école, installée à Kickapoo, aurait formé le chiffre sidérant selon lui de 524 pilotes en 2016 (en 3 ans seulement d’exercice ?) et il se disait travailler aussi pour l’armée américaine et notamment la National Air Guard, ce qui là aussi n’a pas pu être vérifié.  Le détail de son activité est visible ici, lors d’une réunion du comité directeur de l’aéroport l’hébergeant.  Si on peut émettre des doutes sur le nombre d’étudiants inscrits dans son école (Bohn montre partout l’attribution du diplôme du 500eme comme ici à droite !), on peut surtout observer que c’est sa division réfection et peintures qui semble la plus rémunératrice, comme le montre l’offre du Beechcraft Bonanza de 1992 annoncé à 385 000 dollars dans sa livrée fort voyante marron, noir et doré.  L’engin n’étant autre, encore une fois, qu’un vieux JAL comme on peut facilement le constater. L’avion en tout cas est en état de vol, ce que montrent ses trajets récents sur Flightware.  Sur son site, plusieurs avions retapés et repeints de couleurs voyantes (le goût allemand ?) sont à vendre.  Les Bonanza N8204M, le N8191K, le N8269V (de 1993) et le Beech Baron N875JG (ex JAL, donc !).   Annoncés à un tarif trop élevé pour pouvoir attirer les trafiquants semble-t-il… le N8269V a cependant été vendu début 2018 à Plac Holdings LLC de Paradise au Texas.  L’adresse de l’agent de la société est celle d’une maison à plus de 250 000 dollars (107 Rush Creek Paradise, Tx 76073).  Sur Controller.com on trouve aussi cette autre perle : un Beechcraft Baron 58, encore un, annoncé au prix élevé de 569 000 dollars par Cobra Kai.  Or l’avion porte toujours l’immatriculation N873JD. Celle qu’il avait chez Jal… (la photo est de la firme) !!! La société de Bohn, semble donc y aller décidément un peu fort question tarifs…  même s’il est vrai que l’appareil est de construction récente (2002) !!!

Des avions anciens, repeints et revendus avec une forte plus value, c’est ce qu’on retient, dans tous les cas : le modèle A36 Bonanza est en effet sorti en 1970 !!!  Le Bonanza, avion plus rapide que ses concurrents de l’époque, grâce à une aérodynamique soignée, au moment de sa sortie, a en fait mis du temps à se séparer de sa réputation de « tueurs de médecins » (ses premiers acheteurs).  Pour mémoire c’est celui aussi qui avait failli tuer Steve Wozniak de chez Apple le 7 février 1981 sur le Sky Park Airport de Scotts Valley (dans un crash de modèle  A36TC)… le 3 février 1959 un modèle similaire 35 avait rappelons-le également tué les rock-stars  Buddy Holly, Richie Valens, et JP “the Big Bopper” Richardson, leur pilote âgé de 21 ans seulement, Roger Peterson, n’ayant pas su voler dans la tempête de neige qui sévissait ce jour-là et il n’était pas qualifié pour voler aux instruments.(photo ici à droite).  Sur Wikipédia, on évoque un autre problème surprenant : « en outre, Peterson avait été formé sur des avions équipés d’un horizon artificiel conventionnel, alors que le N3794N était équipé d’un indicateur d’attitude Sperry F3.  Cet instrument rudimentaire avait la particularité d’afficher l’information d’assiette longitudinale à l’envers : le sol, coloré en noir, figurait en haut ; le ciel, coloré en jaune, figurait en bas ».  On avait évoqué « le jour où le rock est mort« , en ce jour fatal… pour la musique.  Le plus inquiétant en ce concerne Cobra, ce ne sont pas ces incidents de vol, mais…ses recrues (son premier Baron, son vieux N855T avait connu lui aussi un incident de vol à l’atterrissage le 24 août 2016).  Sur son site, on trouve en effet des étudiants venant d’un peu partout, dont certains rappellent étrangement ceux d’une autre école de Floride détenue par un hollandais et devenue fort célèbre en 2001 (ici à gauche avec un saoudien !)… on notera au passage le type d’avion de formation : le minuscule Grumman AA-5 Cheetah, sorti en 1970… il y a presque 50 ans… pas sûr qu’avec ça il pourra prétendre à piloter des Boeing 757 !!!  Tout aussi inquiétant sur la page Facebook de l’entreprise, un texte vantant une formation sur avion militaire L-30, un appareil portant manifestement les couleurs… allemandes.  En fait, l’avion semblant être le NX339DM (N339DM de la Wardbird Restauration Foundation de… Wichita Falls, qui utilise donc le même aéroport, tout bonnement !).  Au final, à 144 dollars l’heure de vol sur un petit Cheetah, selon, ses tarifs, la société de 21 personnes de Cobra Kai est-elle viable ?  J’ai quelques doutes là-dessus… même si avec un salaire moyen à 4587 dollars par mois, cela fait par an pour 21 personnes un peu plus de 1, 150 million de dollars à engranger pour rester à flot.  Les avions revendus un demi-million ayant été achetés 170 000 au départ, selon les offres lues chez  Steve Sato.  A ce rythme là trois pourraient suffire, s’il n’y avaient pas les frais à ajouter (peinture, matériel, location ou achat à rembourser du hangar).  En somme, les 5 avions cités permettraient tout juste un équilibre financier, si l’école de formation ne rapportait pas elle aussi (elle aussi incluant d’autres frais, notamment d’entretien des avions).

Des exports en nombre vers la Bolivie, par Pilotmec

C’est IDL-Reporteros et Insight Crime qui le confirment en chœur pour conclure : (…) « Pilotmec Aircraft Services Inc., basée à Pembroke Pines, à Broward, en Floride.  Cette compagnie a exporté en avion en Bolivie en 2013, où il a été enregistré avec le numéro de série de CP-2821 Il a été mis à profit immédiatement vers les vols de drogue.  Jusqu’à ce qu’il se soit écrasé lors d’une tentative de décollage de la ville péruvienne de Paquichari, sur la rivière Ene, en mai 2015.  Peu de temps après, la Drug Enforcement Administration (DEA) est arrivée au siège Pilotmec en Pembroke Pines et a saisi trois avions.  Selon des sources fiables, ils ont également saisi une liste de 17 avions qui devaient être exportés vers la Bolivie (17 avions étaient prêts à partir ???).  Pilotmec avait également vendu des avions à la famille Rapozo, en Bolivie » (on s’en doutait !!).  « Ce n’était pas la seule action de la DEA en Floride.  En mars dernier, aux côtés des agents de la police des frontières, ils ont inspecté l’aéroport d’Opa Locka et ont saisi un Cessna 206.  L’avion venait d’atterrir à Key West et se préparait à un vol plus long en Bolivie.  Le pilote a indiqué qu’il aurait reçu 2 000 $ pour le faire.  Au lieu de faire le voyage en Bolivie, le vénérable Cessna, fabriqué pour la première fois dans les années 1970, a été saisi.  Peut-être que la jungle péruvienne a été sauvée d’un autre accident d’avion.  Néanmoins, les avions de Rapozo et de sa famille ont continué à arriver en Bolivie, faisant partie du pont aérien de la cocaïne, avec tous ses atterrissages terrifiants, ses décollages malchanceux et ses accidents presque inévitables.  On pourrait penser qu’avant que le Pérou ne commence son programme d’interdiction aérienne, le pont aérien de la cocaïne se terminera à cause de tous les accidents.  Mais en attendant, tant qu’il n’y aura pas d’interdiction effective, les Rapozos et d’autres groupes veilleront à ce qu’il n’y ait pas de pénurie d’avions de junkys transportant des envois de drogue à travers le ciel ».   Parfois, les avions partis d’Opa Locka vers la Bolivie prennaient d’étranges aspects, tel ce vieux de Havilland DH-114 Heron immatriculé N82D venu se planter à l’atterrissage sur la piste du Santa Cruz-Viru Viru International Airport le 1er novembre 2014.  L’hélice de son moteur N°3, mal fixée, était venu découper son moteur n°4 (photo ici à droite) !  L’avion était en vol de promotion pour les « Young Marines’… sponsorisé par Fox News et le gouverneur ultra-droitier Mick Huckabee.  L’avion (ex G-BVBI, XM296) provenait d’Angleterre, il était resté abandonné 3 ans à Staverton après être resté 15 ans dans un hangar.  Par pure vérification on passera l’appareil à l’aspirateur pour déceler au cas où des traces de drogue, à tout hasard, mais ça s’avérera négatif.

Pilotmec a aussi vendu au Paraguay

Vers la Bolivie, ou vers le Paraguay, devenu on l’a vu la plaque tournante du trafic en Amérique du Sud:   On retrouve logiquement un petit Cessna 172 de 1977  immatriculé N736SC vendu à un dénommé Friesen Isaak Hugo Renato résidant au Paraguay.  L’avion avait été photographié à plusieurs reprises sur l’aérodrome de Wittman Regional Airport (pas loin d’Oshkosh, dans le district de Winnebago County, dans le Wisconsin (au bord du lac Michigan).  Le même acheteur fera venir en 2015 d’Allemagne… un camion Scania type 124.  L’homme importe un peu de tout, des bulldozers aux automobiles en passant par les… Cessna. Et d’autres biens encore, puisqu’on retrouve le nom de l’importateur dans un site bancaire recevant les achats de divers produits amincissants vendus en Allemagne.  La destination finale de l’avion, en revanche, est inconnue.  Son devenir idem.

… et au Brésil également

Au Paraguay… ou au Brésil : Pilotmec a aussi acheté un Piper PA-34-200T (34-7970315) immatriculé N2872S.  Gag supplémentaire, l’avion avait appartenu en 2006 au Citrus County Sheriff’s Department !).  Et, là encore, la tradition de la vente d’un appareil abîmé marche toujours, puisque que le Piper avait connu il y a 8 ans aujourd’hui un sérieux incident résumé ici :  « le 15 septembre, 2010 vers 15 heures, un Piper PA-34-200T, N2872S, exploité par le ministère du comté de Citrus Sheriff, a été lourdement endommagé lorsque le train d’atterrissage s’est effondré lors de son atterrissage à l’aéroport d’Inverness (15FL), Inverness, Floride.  Le pilote professionnel breveté et le passager n’ont pas été blessés. (…)  Selon le pilote, le but du vol était d’effectuer trois pratiques et décollages dans le circuit de la circulation locale de l’aéroport.  Après un décollage sans incident, le pilote a effectué la liste de vérifications avant l’atterrissage alors qu’il se trouvait dans la partie vent arrière du circuit de circulation.  Après avoir vérifié toutes les indications qui étaient normales il a utilisé une technique d’atterrissage court sur le terrain lors de son atterrissage sur la piste 19.  Le pilote a appliqué les freins et rentré les volets, et il a entendu un « bang » alors que le train d’atterrissage avant s’affaissait et que la roue avant se repliait.  Le pilote a tenté de garder le nez de l’avion le plus longtemps possible et d’arrêter les deux moteurs.  Le nez a ensuite touché la piste et les deux hélices ont heurté la surface de la piste.  Le pilote s’est dirigé vers le côté est de la piste alors que l’avion dérapait sur 200 à 300 yards ».  L’avion abîmé a été revendu par Pilotmec à l’aéroclub régional de Maringá au Brésil, installé à  à Cidade Canção.  Il est devenu là-bas le PR-BCN.  C’était bien l’ex N2872S qui ne s’était inscrit au Brésil que le 11 décembre 2013.  On peut le voir ici se poser impeccablement via You Tube à Iguaraçu, une région où abondent les trafiquants.  Un des pilotes de cette école, Rodrigo Frais Agnelli accompagné par le pilote Evandro Abreu a disparu en 2014 en « empruntant » un King Air C90GTi  de 2006 (le PR-ATY, visible ici), direction la Bolivie.  Selon la police « l‘autonomie de l’avion lui a permis d’atteindre la municipalité de Santa Cruz de La Sierra, en Bolivie, où se trouve une station-service.  L’équipement de localisation de l’aéronef y a été arrêté ».  Il s’avérera que les deux pilotes avaient été détournés et pris en otage par des trafiquants.  Après avoir effectué trois vols de cocaïne, ils avaient été libérés par leurs ravisseurs, des trafiquants.  « Il ont dit qu’ils avaient marché pendant environ 12 heures jusqu’à ce qu’ils puissent se rendre à la municipalité de Santa Rosa.  Avec l’aide des habitants, ils ont atteint Guayaramerín et ont traversé la rivière Mamoré jusqu’à Guajara-Mirim ».  L’avion kidnappé était celui de la candidate du Mato Grosso, Janete Riva (du parti PSD) !!!  A ce jour il n’a pas été retrouvé.  On devrait logiquement le retrouver incendié quelque part après un ultime voyage….

Une vraie épidémie !

Le magazine EJU!  résumes dans une infographie du 13 septembre 2015 le principe et commente :  » après des cas de récidivistes de ‘narcovuelos’  (trafic de drogue par voie aérienne) dans le pays, en 2015, le gouvernement a demandé des informations du Pérou, du Brésil et du Paraguay sur les dossiers d’avions, les pilotes et le vol des flux pour suivre les trafiquants de drogue.  La demande vient après que les rapports de police aient confirmé que l’activité dans le soi-disant « pont aérien » dans le pays, pour apporter de la drogue du Pérou au Brésil, continue et augmente, et que la Bolivie continue comme zone de transit.  Selon Alberto Otarola, président de la Commission nationale pour le développement et la vie sans drogue (Devida) du Pérou, entre mai et juillet de cette année un radar détecté 175 vols illégaux au Pérou et en Bolivie, frontière de transit sans l’autorisation ou le contrôle, spécifiquement dans le secteur de l’Apurimac, Ene et Mantaro Rivers Valley (VRAEM), une zone de trafic de drogue, a rapporté le journal El Comercio. Selon le site de l’Institut de juridique, IDL-Reporters à la tête de la Défense du Pérou est un homme d’affaires bolivien consacré à l’achat d’avions aux Etats-Unis pour l’exportation vers la Bolivie (jusqu’à 30), ils deviennent alors utilisés par les trafiquants de drogue. Selon le rapport, ce point a été vérifié par le registre de la propriété de deux avions qui avaient été endommagés sur le territoire péruvien et transportaient de la cocaïne et avaient une plaque d’immatriculation bolivienne. »

De (très) vieux avions achetés à bas prix… toujours par Pilotmec

La caractéristique de Rapozo, on l’a vu, est de ne s’être intéressé qu’à des appareils à prix minimum, notamment ceux qui ont subi des déboires et que leur CV d’avion accidenté interdit de revendre à un tarif élevé.  Quand ce n’est pas ce type d’appareil, il pouvait toujours se rabattre sur les plus anciens.  Les 206B, par exemple, ceux possédant encore le « bulbe » de rétractation de la roue avant.  Aujourd’hui, on en déniché… loin, comme ici en Pologne, pour ce N3429L de club de parachutisme, qui semble bien fatigué. L’engin est annoncé à 54 850 dollars seulement, car, construit en 1966, il ne vaut pas davantage en effet.  Ça a été aussi très certainement le cas du vieux Cessna 206B visé par Pilotmec, un avion visiblement bien fatigué lui aussi (à voir ces tôles de près), immatriculé N3409L (U206-0709) ayant longtemps appartenu à Glover Aviation Corp, il avait été repéré bien sûr par Pilotmec, qui en a hérité le 27 avril 2013.  L’avion affichait alors 47 ans d’âge !!! Le vieil appareil filait aussitôt vers… la Bolivie, exporté par Pilotmec !!!  On ignore ce qu’il est devenu depuis, à part cette bien étrange publicité de mise en vente mélangeant les photos... mais décrivant bien le moteur Lycoming IO 520 du Cessna et les couleurs inchangées.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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