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Coke en stock (CLXXIV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (10)

Le Paraguay tangue sérieusement, et ce n’est pas l’élection toute récente de son président qui va changer les choses (je reviendrai bientôt sur lui, rassurez-vous).  Quand ce ne sont pas des trafiquants de drogue qui sévissent, ce sont des gangs, dont un très lourdement armé a attaqué une agence bancaire au bazooka récemment encore, en avril 2017.  Là encore, un avion avait été mis sur la sellette.  Logique car le pays en regorge, la famille du président étant aussi devenue la distributrice dans le pays de la marque Beechcraft, et ce, depuis des lustres, à savoir depuis 60 ans aujourd’hui !!!  Un pays qui part en quenouille, ce dont profitent largement les gangs brésiliens puissamment armés  qui font désormais la loi dans le pays… des gangs dont un leader a continué pendant des mois à diriger son groupe mafieux alors qu’il était emprisonné… car le problème du Paraguay, c’est aussi depuis quelque temps celui de son encombrant voisin (et ses envahissants propriétaires terriens), par incroyable attitude dans la gestion de ses propres prisons, absolument catastrophique…

Un autre avion dans la tourmente 

Le Paraguay semblait pourtant se réveiller, en 2017 dans sa lutte contre les trafiquants, un autre appareil est pris pour cible : un Cessna immatriculé PT-WLI, sanctionné par le procureur Néstor Cañete, mais cette fois pas à propos de cocaïne.  En arrière-plan de l’affaire, le vol de plus d’un million de dollars dans une entreprise de sécurité et transferts de fonds, Prosegur.  « Le représentant du ministère public a agi en conformité avec une lettre officielle émise par ses collègues de Ciudad del Este, Denise Duarte et Marcelo Salvídar, qui enquêtent sur le vol de 11 720 255 dollars du siège de Prosegur le 24 avril.  Selon les données traitées par le ministère public, l’un des criminels tués au Brésil après le vol millionnaire a survolé Asunción au début du mois d’avril dernier dans l’avion saisi aujourd’hui.  Pour connaître le plan de vol de l’avion, il a été appelé à déclarer le propriétaire de la machine, Antonio Gones da Silva, prévue pour lundi prochain à Ciudad del Este, et enquêter sur leur participation ou non à l’assaut sur Prosegur ».  La confiscation de l’avion a été réalisée après l’échange d’informations entre la police fédérale du Brésil et la police nationale du Paraguay, a déclaré la correspondante d’ABC Color Mariana Ladaga ».  Le vol avait été le fait d’une incroyable attaque ultra violente, effectuée en plein nuit par 50 hommes en armes, équipés de lasers, de dynamite et de lunettes de visées nocturnes, à Ciudad del Este le 25 avril 2017.  Une expédition quasi militaire !  L’avion concerné (ici à gauche) étant un Cessna  modèle U206G (U206-05317 enregistré le 26 octobre 1998 au Brésil.  Auparavant c’était le CX-BLI, un appareil uruguayen, donc.  On vous dit que plusieurs pays sont concernés par cette gangrène, voilà un exemple de plus !

L’implication présidentielle dans la vente d’avions Cessna et de Beechcraft

Les trafiquants utilisent des avions réformés pour la plupart, on l’a vu.  Mais le pays vend aussi sous licence des appareils neufs, dont des Cessna et des Beechcraft, qui une fois usagés, alimenteront le marché des appareils de seconde main.  Une activité qui repose aussi sur une infrastructure et un savoir-faire certains.  Après les écoles d’apprentissage de vol, on découvre ainsi tout une génération de jeunes mécanos formés chez Cessna-Paraguay ou chez Beechcraft.  Or, là encore, qui découvre-t-on derrière ces labels aéronautiques reconnus ?  Je vous laisse le découvrir vous-même avec cette annonce parue le mercredi 6 mai 2015,  dans la rubrique « économie » d’un journal en vue , sous le titre «  Le Groupe Cartes étend son activité: « une société du Groupe Cartes, a signé un accord avec Textron Aviation des États-Unis, avec lequel elle devient le représentant officiel des prestigieuses marques d’avions Cessna et Beechcraft au Paraguay, déjà disponibles sur le marché local.  Compte tenu de cette réussite, l’entreprise a porté un toast hier au stand Aero Centro lors de la 24e édition du Santa Rita Expo 2015, qui a réuni les dirigeants de la société locale et Textron Aviation.  Au cours de l’événement, le récent accord signé avec Textron Aviation, l’une des plus importantes sociétés d’aviation générale dans le monde, a été présenté.  Aero Centro est le chef de file dans la vente d’avions et les services intégrés d’aviation au Paraguay, il y a 60 ans, il y avait déjà des transports aériens rapides et sûrs sur tout le territoire paraguayen ». 

« Le centre aéronautique Aero Centro a été fondé en 1958 par Ramón Cartes, trois ans après que le fondateur ait initié des relations commerciales au sein de la Cessna Aircraft Company. (ci-dessus sa publicité sur le net, à droite la vue de 2015 de satellite, la plus proche de cette du site.  C’est à Asuncion.  Les hangars de Latourrette sont au sud, en dessous ici de ce cliché).  « Cette relation a permis de relier l’entreprise aux principaux constructeurs de composants aéronautiques tels que Teledyne Continental Motors, Textron Lycoming, les hélices Mc Cauley et plusieurs constructeurs d’avions.  En 1959, il a construit son premier hangar sur une parcelle de 38 000 m² acquise à l’aéroport international Silvio Pettirossi et à partir de 1965 il a initié le programme Learn to Fly, grâce auquel ont été formés plus de 60% des pilotes civils paraguayens. »... le groupe Cartes (1) ?  Oui, celui créé par le président du pays, Horacio Cartes « sorte de Berlusconi paraguayen » (2), surnommé « Scarface » par LeVif Belgique !

La famille Adams du Paraguay ?

Horacio, sa famille … et les « Paraguayan’s Papers », avec ce qu’a découvert notamment l’ICIJ sur elle dans des lieux bien connus désormais (ceux proposés par Cossack Fonseca): « les hauts responsables d’une banque paraguayenne appartenant à Horacio Manuel Cartes, le principal candidat du pays à l’élection présidentielle de ce mois, exploitaient une institution financière secrète dans un paradis fiscal du Pacifique Sud, révèlent des dossiers obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation.  Le père de Cartes, Ramón Telmo Cartes Lind, et quatre autres cadres du Banco Amambay S.A. ont créé Amambay Trust Bank Ltd. en 1995 dans les îles Cook, une petite chaîne d’atolls et d’affleurements volcaniques à plus de 6 000 miles de la nation sud-américaine.  Horacio Cartes est un fabricant de cigarettes paraguayen prospère qui se présente aux élections du 21 avril. Horacio Cartes et Banco Amambay ont récemment fait l’objet d’une enquête sur le blanchiment d’argent par les États-Unis. Selon l’administration des drogues et le Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs, selon les câbles diplomatiques publiés par Wikileaks en 2010.  Ce n’est pas la seule fois que Banco Amambay et ses fonctionnaires ont fait les manchettes pour des allégations de blanchiment d’argent, mais les accusations n’ont jamais abouti à des condamnations.  Le mois dernier, le chef de l’agence de lutte contre le blanchiment d’argent du Paraguay a déclaré que la banque faisait l’objet d’une enquête aux côtés d’autres institutions financières pour des transferts d’argent illégaux à l’étranger.  Le jour suivant, l’officiel s’est rétracté et a dit qu’il s’était mal exprimé.  Amambay a nié toute implication dans des activités criminelles.  La banque des Îles Cook, Amambay Trust Bank Ltd., semble n’avoir ni bâtiment ni personnel dans les Cook mais détenir une licence bancaire lui permettant d’effectuer des transactions financières comme une banque normale.  Dans sa demande de licence, il indiquait qu’il était destiné à fournir des services bancaires aux investisseurs qui ont besoin de solutions de financement non disponibles auprès des banques locales au Paraguay. »   Ce document fait partie d’une cache de 2,5 millions de fichiers offshore obtenus par ICIJ.  Les actionnaires de la banque offshore étaient Ramón Cartes et Guiomar De Gásperi, à l’époque président et vice-président de Banco Amambay. Ramón Cartes est décédé en 2011.  Aujourd’hui, son fils, Horacio Cartes, est à la tête du conglomérat d’entreprises familiales, dont Banco Amambay comprend une usine de cigarettes et plusieurs entreprises agricoles.  Cartes est également le président d’un club de football populaire (il est en congé maintenant alors qu’il fait campagne pour le poste de président).  La banque des Îles Cook, est opérationnelle depuis 1961, indique son site Internet… un secret bien gardé en tout cas :  « Jorge Raul Corvalan Mendoza (ici à gauche), président de la Banque centrale du Paraguay, qui supervise les institutions financières, a déclaré que la législation du pays exige depuis le milieu des années 90 que les banques obtiennent la permission des autorités bancaires avant d’ouvrir des filiales.  M. Corvalan, qui est devenu chef de la Banque centrale en 2008, a déclaré qu’il ne connaissait pas l’existence d’Amambay Trust Bank Ltd. dans les Îles Cook. « Je n’ai aucune connaissance de ce qui s’est passé dans les années 1990 », a-t-il déclaré. »  La drogue qui circule partout avec les élites au plus haut de l’état qui participent et profitent en tout du système, en dissimulant leurs profits dans des partis fiscaux ;  le Paraguay a allègrement franchi avec tout cela la limite qui caractérise un narco-Etat, selon beaucoup d’observateurs.  Un retour aux années 70, pour lui, celui des années où le pays hébergeait, on le rappelle, la filière florissante de la mafia corse de la French Connection, avec Auguste Ricord, ce proche de de la Carlingue, (l’auxiliaire de la Gestapo française sous le régime de Vichy) qui a travaillé pour la Gestapo française sous l’occupation allemande, lire ici leurs exploits…), comme l’ont écrit Oliver Villar et Drew Cottle dans » Cocaine, Death Squads, and the War on Terror: U.S. Imperialism and Class Struggle in Colombia »…

Le petit vieux qui avait rentabilisé son aire d’atterrissage

Tout est bon pour faire transiter la cocaïne bolivienne vers le Paraguay. Nous nous transportons cette fois dans le district de Loreto, à 35 kilomètres au nord de Concepción et à 1 km à peine du fleuve Paraguay, au ranch (estancia) San Pablo.  Son propriétaire, Augusto Ramón Ruíz Aguilera, qui n’est plus tout jeune (il est ici à gauche, il est âgé de 75 ans) peine à cette époque-là à faire de sa ferme une chose rentable.  Aussi a-t-il décidé de louer une piste clandestine aux narco-trafiquants, située dans sa propriété, monnayant un droit d’atterrir de 15 000 dollars.  Un péage en quelque sorte !  Un octroi, diraient les médiévistes.  Le 15 janvier 2015, un Cessna plus tout jeune non plus, aux couleurs d’origine complètement passées (visible ici à droite), se pose ainsi sur la zone définie.  A bord, il y a 385 kilos de coke.  Largement de quoi payer le droit d’atterrissage ! Manque de chance pour les trafiquants, la police est là et un échange de tirs à lieu alors que l’avion qui tentait de redécoller se plante, le nez vers le sol train avant replié; l’avion se retrouve planté la queue en l’air.  Autour de lui on trouve un pickup Toyota Hilux, qui a déjà chargé les bidons de coke et une camionnette Chevrolet, plus une moto Honda rouge.  Comme matériel, il y a les habituels portables satellites et classiques :  un iPhone est visible ainsi qu’un GPS… et les fameux 15 000 dollars promis en paiement de la « taxe » d’atterrissage évolue à Augusto Ramón Ruíz Aguilera !!!  Sur un des clichés de l’arrestation, deux hommes sont mis au frais sous l’aile de l’avion :  les deux (très) jeunes pilotes  – encore une fois- Jorge Miguel Alvarez Parada, et Paulo Antonio Daza Cuellar (le co-pilote) et tous deux de nationalité bolivienne.  Ont été également arrêtés Oscar Ortiz, Ramon Augusto Mario Ruiz Aguilera et Frank Francisco Houser, qui sont tous Paraguayens.  La presse cite aussi parfois un autre homme.
La drogue provenait, selon la police, de l’organisation du paraguayen et brésilien Chimenes Jarvis Pavao, alors en prison à Tacumbú (où il mène une vie de Pacha, dirigeant son gang à l’aide de téléphone portable !!!).  Pava avait été arrêté en 2009, avec son compère Carlos Caballero, alias « Capilo » (qui était chauve !) de l’argent et des armes de gros calibre avaient été trouvés ce jour-là lors de l’opération policière appelée Capricorne (voir le chapitre suivant).  Deux fusils M-4  et M-16, deux fusils à pompe, en plus de munitions  avaient été saisis.  L’Hôtel était situé à 35 kilomètres au nord de l’estancia 4 Filhos appartenant à Pavao, situé dans la ville de Yay Yau.  L’avion venait de Bolivie, il avait le Paraguay comme itinéraire à survoler et comme destination finale le Brésil. Il n’était plus tout jeune on l’a vu : c’était le N211AC (U206-01787), qui datait de 1972 et appartenait depuis toujours à un dénommé Lawrence K. Frazier de Vacaville, en Californie.  Il a réellement changé de mains le 11 juillet 2014, soit à peine un peu plus de 5 mois avant de servir une dernière fois.  Il a bien été vendu en Bolivie où il est devenu le CP-2897 importé par une habitante de San Borja du Beni qui s’appelle Justiniano Negrete Pilar, représentée par Justiniano Negrete Erika.  Ce nom pose problème, car à moins d’une homonyme (ce qui est fort possible en effet), c’est aussi celui d’une députée du PDC (Partido Demócrata Cristiano) devenue vice-présidente d’Assemblée de Bolivie qui semble bien totalement étrangère à l’affaire, on l’espère pour elle en tout cas. Qui donc exactement a acheté ce Cessna ressemblant encore aux publicités à sortie (ici à droite) ?  Sur le bon de livraison Panjiva, on retrouve la date exacte de son transfert des USA en Bolivie, le 25 juin 2014.  L’opération n’a pas été fort onéreuse pour son nouveau propriétaire :  l’avion avait été acheté 89 000 dollars seulement, selon sa valeur déclarée officiellement. Démonté, le Cessna 206 en caisse pesait au total 1724 kg pour l’expédition (en fait il en fait un peu plus de 1000 à vide, sans l’environnement de bois pour le protéger).  Utilisé à peine 6 mois après son arrivée pour un tel transfert signifie que c’était programmé au départ, comme le fait de ne pas avoir été repeint entre temps.  Un avion-kleenex, prêt à être jeté après avoir servi !!!  Une « commande » de 385 kilos de coke !!!

le trafic et les gangs armés, l’implantation des brésiliens

Le 3 juin 2017, dans le district de Mayor Pablo Lagerenza, près de la frontière avec la Bolivie, sur le terrain de la ferme “El Tigre”,  un énième Cessna immatriculé ZP-BCZ  est retrouvé abandonné.  Il paraît avoir été repeint à la va-vite, au premier regard : ses seules décorations sont des bandes qui sont loin de respecter les différents canons en vigueur, ou même passés.  Il appartiendrait à un dénommé  Benito Giménez, mais selon la police son véritable propriétaire s’appelle Andrés Noguera et il est brésilien, lui aussi.  Parmi les armes retrouvées enterrées à 200 m de l’avion, on distingue des Kalachnikovs et leurs chargeurs reconnaissables.  Là encore, à la tête du trafic, on retrouve des brésiliens, cette fois du PCC, l’autre grand gang du pays : « la piste d’atterrissage clandestine se trouve dans un endroit stratégique, car c’est une sorte de point intermédiaire de reconstitution ou de collecte de drogue entre la Bolivie et le Paraguay.  La piste d’aviation, qui est en bon état, a des feux de signalisation au cas où un avion voudrait faire des vols de nuit.  Des porte-parole de Senad ont également rapporté qu’un avion avait été trouvé sur une piste près du ranch « El Tigre ».  Il était avec un réservoir plein de carburant pour voler à tout moment et sans doute utilisé pour envoyer la drogue dont le but serait la Bolivie vers Pedro Juan Caballero ou Concepción, puis au Brésil et de là en Europe.  Selon des sources de Senad, l’avion identifié a été utilisé par le Commandement de la première capitale (PCC) et il a recueilli environ 3,5 millions de dollars par mois, au cours desquels il a effectué environ 20 vols avec des drogues.  Le PCC est une organisation criminelle dirigée par des prisons de l’État de Sao Paulo, considéré comme le plus grand groupe criminel du Brésil. »  Ci-dessous la ferme où il a été trouvé, avec sur la droite la piste d’atterrissage de ses avions agricoles.  On notera la présence d’un semi-remorque, fort employé pour dissimuler de fortes charges, comme on le sait (ici un bon exemple à Tachira, en Bolivie).

Une énième crash, mais peut-être le plus révélateur de tous

Des noms reviennent régulièrement, dans cette enquête. Le trafic de drogue au Paraguay est une vieille histoire comme on vient de le dire.  Le 16 février 2018, un énième Cessna blanc et bleu s’écrase et se retourne dans une zone boisée de (dans le département de Concepción), dans une propriété, un ranch appelé «Cuatro Filhos».  L’avion qui s’est écrasé, est un Cessna T210L Turbo Centurion d’apparence récente.  Il arbore un enregistrement paraguayen, ZP-BIT, le N°210-60320 en réalité.  En fait, l’appareil n’est plus tout jeune, puisqu’on trouve sa trace… en 1983 dans une réunion aérienne tenue… à Malte, car c’est aussi l’ancien Centurion II D-ENIL de 1974, piloté alors par H. Sontag !!!!  Un avion d’origine européenne !  La photo de son crash intrigue, car on ne voit pas comment il aurait pu arriver là avec les arbres et les souches encore autour de lui (cf les deux photos ci- dessus). L’endroit est une petite colline.  Pas loin de là, existent deux pistes d’atterrissages clandestines sur l’une d’entre elles un hélicoptère de l’armée s’est posé.  L’avion a été retrouvé vide, mais comme le disent les enquêteurs « un point remarquable est que dans la zone de l’accident il y avait des traces de machinerie lourde et que les sièges de l’avion ont été détachés de leur structure, de sorte que l’on soupçonne qu’il aurait pu percuté un autre site à proximité et que les trafiquants de drogue l’avaient traîné là sur une hauteur pour le dissimuler ».  Une bonne intuition,  puisque « des résidents habitants de la région avaient rapporté au 7ème commissariat local qu’un avion s’était écrasé dans les environs de la colline de Memby dans la matinée, selon le directeur de la police de Concepción, le commissaire en chef Abilio Lezcano ».  En réalité « on » l’a en fait extrait d’un endroit qui n’est pas n’importe lequel, puisque c’est le ranch personnel de Jarvis Chimenes Pavâo, l’un des pires trafiquants brésiliens, arrêté et incarcéré au Brésil depuis 2009 (on le voit ici arrêté chez lui avec son impressionnant arsenal) !!!  Entre les barreaux, il ne peut plus nuire et l’avion atterri sur son ancienne ferme n’a certainement pas de rapport avec lui.  Or que découvre-t-on avec un effarement certain en ouvrant le journal fin août 2018 ? C’est que bien que toujours incarcéré au Brésil, notre trafiquant vit derrière les barreaux une vie de nabab, avec une cellule spécialement aménagée et décorée, une cellule « de luxe » faite de trois pièces avec écran plasma, sur lequel il peut regarder des vidéos documentaires sur… Pablo Escobar (c’est dans le reportage visible ici en effet ) l’air conditionné, et même une cuisine moderne toute équipée…  Bien entendu, il a aussi à disposition...  « un téléphone portable qui lui permet de gérer ses affaires« , affirme la presse…  Dans la prison, elle-même, il est aussi devenu le gérant d’un partie des bâtiments : « le baron de la drogue a également fait construire dans la prison un pavillon afin d’y loger les détenus les plus riches moyennant la somme de 5 000 dollars et une cotisation de 600 dollars par semaine en plus de l’autorisation de l’utilisation du portable et d’Internet ». Est-ce lui qui a donné l’ordre de repousser sous les arbres le Cessna crashé sur une piste clandestine sur un de ses anciennes propriétés ???  On ne le sait, mais ce genre de choses était en son pouvoir, à l’évidence !!!

Dans le prochain épisode, je vous propose de ne pas quitter le Paraguay : nous irons visiter San Pedro del Parana pour voir son pont métallique à l’abandon, ses routes pas toujours praticables,  ses ponts de bois impraticables, celles qui le sont plus, ses vues champêtres... ses cultures florissantes et ses fermes (dont certaines à vendre), où atterrissent souvent de drôles d’oiseaux de métal… tel ce bel exemplaire fraîchement repeint, une vue presque bucolique  :

 

(1) la liste des sociétés qui font partie du La Grupo Cartes :

(2) durant l’exercice de son pouvoir, Cartes a largement augmenté son patrimoine personnel selon Ultimahora avec l’achat de l’Hotel Sheraton, de l’Hotel Aloft et du Four Points de Sheraton Ciudad, mais aussi un groupe de communication  avec les journaux La Nación, et Diario Crónica, l’hebdomadaire ADN, mais aussi les radios 970 AM et sur 100.9 Montecarlo FM.  En m-Multimédia, c’est le journal Digital HOY et la radio par internet Laser Stream plus HEi Network, les canaux musicaux de HEi Música, Vin et Tropicalia. Plus, pour ses déplacements personnels un hélicoptère Bell 429 WLG à 5 millions de dollars, un bimoteur à réaction de la même valeur et un « jet » Gulfstream 450, modèle 2008, valant entre 13 et 14 millions de dollars (on verra plus loin qu’il en a récupéré un autre depuis… bien plus controversé !).  L’avion étant stocké chez…Aerocentro, bien sûr.  L’avion est le N519HC, ex M-YGLK et ex VP-CFB (photographié lors de son premier voyage officiel en Equateur le 23 mai 2017 (et ici en Argentine le 21 juillet).  Officiellement, l’appareil appartient en réalité à TVPX Aircraft Solutions Inc Trustee, représenté par Brett King, le contrat datant du 6 janvier 2017.  Un Trustee de North Salt Lake, dans l’Utah.  Ce n’est pas le seul jet que fait voler King : il en a… 42 d’actifs sous sa coupe, dont un 737 (le N999TY, un VIP à fière allure) et pas moins de 7 Falcon !!!

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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