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Coke en stock (CLXXI) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (6)

Des avions retapés destinés à un seul voyage, cela fait longtemps qu’on en trouve au Paraguay, dissimulés au fond de hangars et habilement préparés pour leur dernier trajet, leurs pilotes les attendant.  L’un d’entre eux, un paraguayen habitant en Bolivie, sera retrouvé mort carbonisé… en Bolivie.  Son exemple, comme on va le voir, est symptomatique d’un système qui est plus que laxiste, car trois années à peine après avoir été une première fois repéré dans son garage pour trafic de drogue, son avion s’était écrasé chargé à fond du même produit.  Un appareil vendu comme pièces détachées au départ.  Et une deuxième fois « inspecté » au Paraguay lors d’une opération de police sur laquelle je reviendrai, tant elle est représentative du maquillage à tous les étages de ce qui se passe dans le pays (maquillage d’appareils et magouilles politiques allant de paire).  Au passage, nous constaterons l’irresponsabilité totale de certains (jeunes) pilotes paraguayens, aussi fous que leurs collègues boliviens.  Là-bas, chez certains, les Cessna font figure de mobylettes ou de scooters, et les démonstrations de vols à du wheeling de quartiers difficiles, ici en France…  Nous constaterons aussi au passage la terrible emprise que font subir les deux plus grands gangs brésiliens sur le marché de la drogue.  Là aussi nous y reviendrons plus en détail bientôt, soyez-en sûrs…

Un air de Wagner déjà entendu… par la police

On a surtout l’impression que l’histoire se répète sans fin, ou que les tribunaux ne sanctionnent pas, comme ils devraient le faire, certains trafiquants, ou ne tiennent pas registre des condamnations… ou alors, et c’est plutôt la piste qu’il convient de suivre, une corruption endémique dans la magistrature sabote toutes les enquêtes.  Ce qui semble le cas en effet au Paraguay, notamment, devenu lui aussi plaque tournante des transferts boliviens vers le Brésil ou l’Argentine (et ensuite vers l’Europe; comme on le sait).  Là-bas, c’est aussi une vieille histoire qui recommence sans fin, il semble bien.  Ainsi, le 21 janvier 2010, une descente de police dans le hangar de la société Fumiagro S.R.L., dans la localité “14 de Mayo” de la ciudad de Santa Rita dans l’Alto Parana découvre trois avions soupçonnés de trafiquer de la drogue. Un Cessna 180, entièrement poncé, déjà immatriculé ZP-TBR, deux appareils Ultra-Lights et un Cessna 182 A, entièrement blancs avec une bande bleu foncé immatriculé ZP-BAL (ici à droite).  Mais également un monomoteur Piper Archer, tout blanc, immatriculé LV-MAT.  Or ce dernier n’était pas n’importe lequel :  c’était en fait à l’origine le Piper LV-APD, qui avait été volé dans le hangar de l’aérodrome de Villa Mercedes, San Luis, en Argentine quelques semaines auparavant.  Des malfaiteurs s’étaient introduits dans le hangar et l’avion s’était envolé avec seulement 50 litres de kérosène à bord, direction… le Brésil.  L’appareil servait aussi aux évacuations sanitaires, c’est pourquoi d’ailleurs il portait une croix rouge sur les côtés (cf ici à droite).  Sur un forum, quelqu’un viendra écrire à propos de son kidnapping « qu’un petit avion est une cible parfaite pour le voler. Principalement parce que ces avions sont dans un endroit à l’écart des zones urbaines, avec un accès assez éloigné.  Personne n’est voisin à côté d’un hangar.  Donc, vous pouvez prendre tout ce que vous voulez, en étant discret, et personne ne le remarque.  Imaginez un aéroclub dans le grand Buenos Aires la nuit, la seule chose que vous entendez sont des hurlements de loups (s’ils ne dérangeaient pas les loups aussi) ».  Ci-dessous, le Piper LV-APD volé devenu tout blanc et ré-immatriculé LV-MAT :

Entre l’endroit où il a été volé et celui où on l’a apporté après l’avoir retrouvé, il y a en effet 1 391 kilomètres qui séparent le hangar d’Asunción, de son hangar argentin d’origine .  Pour le faire revenir au pays, ce ne sera pas chose aisée, car, il faudra donc, et avoir recours au Traité interaméricain des droits de l’homme et à la loi 24 767 de la Coopération internationale en matière pénale, à laquelle souscrivaient heureusement l’Argentine et le Brésil.  Les conséquences de ce trafic international sont aussi des tracasseries administratives pour les propriétaires lésés.  Le ZP-TBR avait déjà  saisi deux fois auparavant, dans le territoire argentin et bolivien, et était arrivé dans le hangar il y a deux mois seulement, amené par un pilote déclaré comme s’appelant Wagner Santulhao, un pilote brésilien, présenté comme faisant partie d’un groupe de trafiquants de drogues dédié au transport de grandes quantités de drogues vers l’Argentine, grâce à la proximité de la frontière entre les deux pays.  Il résidait alors depuis plusieurs années au Paraguay où il se faisait appeler Carlinho Flor.  Or cinq ans plus tard, le 8 septembre 2015, le même appareil est à nouveau cité comme faisant partie d’un lot de 20 testés dans les hangars de Pedro Juan Caballero (Paraguay) comme étant positifs à des résidus de cocaïne, à la suite d’une vérification (enfin) faite par les autorités du pays, inquiètes, paraît-il de la recrudescence du trafic.  Cinq ans après on redécouvrait la même chose en effet…

A noter que le jour de ces contrôles, d’autres avions avaient été épinglés, dont le Cessna passablement fatigué immatriculé ZP-BSP (ci-dessus à droite) et dont le propriétaire s’appelait Sindulfo González…  lui-même recherché depuis qu’on l’avait intercepté avec à bord 337 kilos de marihuana, le 30 août 2013.  On trouvait également le même jour le Cessna  ZP-BCI, qui avait été proposé à la vente sur Facebook, manifestement repeint de partout, mais avec une immatriculation ratée avec une façon de dessiner le « C » bien aventureuse (ici à gauche).  L’avion étant proposé par Signature SARL, qui reportait sur une entreprise de draguage et de vente d’avions, Signature, dont nous aurons à reparler à l’évidence, dragage de fleuves et aviation, une association ma foi assez inédite dans le genre… l’avion étant au nom d’Aparicio Paraná Delvalle. Lors des inspections, 14 avions seront déclarés comme encore porteurs de résidus de cocaïne !!!  En novembre 2015, ce sont cinq avions qui sont mis sous scellés dans une ferme, une entreprise de « fumigadora » appelée Fumipar.  On peut distinguer sur les photos des saisies le ZP-BGY (Cessna 206), le ZP-BFN (Cessna 182), le ZP-BHS (Cessna 152) et un avion agricole, le ZP-TXO.  Fait intéressant, on a aussi découvert un bimoteur Embraer 810d (Seneca III)  PT-VJK (arrivé au Brésil le 8 mai 2002), qui arborait  en effet une immatriculation brésilienne.  Dans le Cessna, une belle cargaison de coke avait été découverte : 422 kilos ! (ici à droite).

Un jeune entrepreneur en short et cagoule : la nouvelle génération de narcos ?

Lors de l’opération découvrant les 422 kilos de coke dans le ZP-BGY, la ferme située dans la ville de La Paloma, dans le département de Canindeyú, on aura quelques surprises.  L’avion porteur de coke appartenait à la société Fumipar, et son responsable s’appelait Paulo Maluf Pinheiro, citoyen du Parana qui n’avait pas hésité à postuler au titre de maire, ayant été candidat à la mairie d’Amaporã en 2008, élections qu’il avait perdues en fait.  Paraissant encore bien jeune, il s’était fait photographier à bord de son avion agricole (ZP-TXO) pour en faire son adresse sur le Net (ici à droite).

D’autres éléments embarrassants avaient été trouvés chez lui, notamment, des bandes adhésives pour fabriquer des numéros d’avion, visibles ici à droite : selon la police  en effet, « parmi les éléments de preuve trouvés, il y avait des signes d’altération de l’immatriculation des aéronefs, puisqu’ils ont été tracés et non peints, tel qu’établi par la loi.  On suppose qu’ils feraient partie d’une flotte utilisée par des organisations criminelles pour l’échange international de «biens» illicites ». 

« Selon les informations, la drogue aurait une origine bolivienne et la destination serait le Brésil ».  
Sur la photo, on constate que l’immatriculation en préparation, avec le PT-ODD de visible, qui était brésilienne. Celle d’un avion existant, un Cessna CU206G N°U20605739 et ex N7YY (aujourd’hui un Beechcraft Bonanza) !!!  A noter aussi que le jeune responsable du trafic, qui pose ici à gauche après avoir été  ligoté, était muni de tout le matériel des narco-geeks, dont un superbe BlackBerry, outil indispensable au trafic comme on va le voir… sans oublier l’indispensable pistolet Glock… un Gen 5 semble-t-il en ce qui le concerne, avec un chargeur supplémentaire (ici à droite).  Le nom de Paulo Maluf Pinheiro, nous devrons en reparler sous peu, il me semble… car il a failli avoir une carrière politique, avant de se lancer comme trafiquant, comme on l’a précisé…

Un brésilien vivant au Paraguay et mort en Bolivie

Notre Wagner n’a pas eu le temps d’être à nouveau impliqué dans cette découverte de « traces » de cocaïne : le  3 septembre (2013) qui précédait, on avait retrouvé en Bolivie ce même Wagner Santulhao gravement blessé, au sortir d’un Cessna crashé et ayant pris feu, son copilote Wilmer Eustaquio Ruiz, un paraguayen, étant lui capturé vivant.  Wagner n’ayant pas eu cette chance :  il était décédé sur le chemin de l’hôpital, après avoir reçu une balle en plein abdomen et avoir été contraint de marcher pour être évacué dans l’hélicoptère de l’armée qui avait poursuivi son avion.  La scène s’était déroulée à Santa Rosa del Sara, à 112 kilomètres de Santa Cruz.  C’est bien le même propriétaire de Cessna que l’on avait en effet retrouvé ce  fameux 3 septembre, un avion cette fois peint de deux tons de bleu, calciné en Bolivie avec à son bord selon la presse 300 kilos de cocaïne.  Il était immatriculé ZP-BHW celui-ci. On montre assez vite une carte d’identité nationale brésilienne au nom du pilote qui n’est autre que… Wagner Santulhao, né en 1958 : c’est bien le même individu… le paraguayen Rilmer Eustaquio A. Ruiz, étant alors son copilote.  L’avion est cette fois un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  L’avion (N°21059543) avait été proposé à la vente pour 115 000 dollars.  Ce dernier, le  27 août 2014 avait fait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques).  Après le crash, le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant :  l’homme avouait bien avoir transporté 300 kilos de coke.  L’avion avait été enregistré bel et bien comme exporté au Paraguay.  Le vendeur étant la société « N6364S LLC », enregistrée dans le Delaware !  Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta.  Comme on le sait, ces appellations de Trustee portant l’immatriculation de l’avion sont soupçonnées de n’être que provisoires et servent beaucoup aux trafiquants (on l’avait vu pour le Beechcreft retrouvé dissimulé en Guyana).  En 2014, le 18 avril, l’homme avait vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « Usada a Reparar » à un dénommé Luis Maria Sarubbi Duarte (retenez bien ce nom), le point de livraison prévu de la caisse contenant l’avion démonté étant l’aéroport de Pettirossi (A Asuncion donc).  Les avions abîmés vendus une poignée de dollars pour être remontés pour leur seul vol important est une technique désormais établie des trafiquants, on l’a vu.  Pour le N627BA, la valeur déclarée de la caisse le contenant, envoyée par air, n’avait été que de 32,300 dollars, on était très loin de l’image rutilante montrée sur le net (ici à droite) !  L’importateur paragayen étant Caceres Santiago Joel.  L’avion avait été envoyé à Luque, au Paraguay…

Bolivie-Paraguay-Brésil ou Argentine, les nouvelles directions des trafiquants 

La mort prématurée de Wagner va en fait éclairer énormément ce qui se passe depuis des années sur certains aérodromes paraguayens, comme le raconte ici la presse :  «Arrêtés tous deux mardi dans une opération de police à Alta Loma, qui a pris fin avec la mort du pilote brésilien Santulhão Wagner (56 ans), a révélé des informations importantes au ministère public sur les groupes de trafic de drogues illicites qui effectuent des opérations en Bolivie pour apporter des drogues au Paraguay et au Brésil.  Dans sa déclaration devant le procureur Wálter Paredes, l’étranger a déclaré qu’il appartenait à un groupe irrégulier dans son pays qui achète et envoie des cargaisons de drogue au Brésil.  De plus, il a avoué qu’il est venu à Santa Cruz en otage dans les mains des propriétaires des 300 kilos de cocaïne, qui devaient être expédiés dans un avion jusqu’à ce que les acheteurs apportent la trésorerie correspondante.  Le Paraguayen a indiqué que les propriétaires de la marchandise qu’il avait chargée sur l’avion venaient de Yapacaní (c’est en Bolivie, dans le département de Santa Cruz, l’un des fiefs de production de la coca dans le  pays).  La Force spéciale de lutte contre le trafic de drogue (Felcn) a fait irruption dans le domicile des suspects, mais ils l’avaient déjà abandonné, a déclaré le procureur Paredes.  Le déclarant, apparemment, a déclaré que son ami Santulhao appartenait à Comando Vermelho – « commando rouge », un groupe mafieux au Brésil. »  Bolivie-Paraguay-Brésil-Argentine, on tient là les quatre noms de pays principaux effectuant la distribution de la coke en Amérique du Sud, désormais.

Des pilotes privés plutôt aventureux 

Le rôle des avions paraguayens chargés de coke ou de marijuana en partance pour d’autres pays limitrophes, on s’en aperçoit le 3 septembre 2011 à 300 km au nord-est de Santiago del Estero, à Campo Gallo, avec un choc terrible d’un hélicoptère argentin qui avait pris en chasse un Cessna 210 immatriculé  ZP-TIH (21060535).  Les deux se heurteront, l’hélicopère un AS350B3 Ecureuil immatriculé GN-928 de la Gendarmeria Nacional Argentina au rotor de queue brisé lors du choc, se retrouvant à se poser comme il le pouvait, finissant couché sur le côté, le Cessna se vautrant un peu plus loin avec sa cargaison de marijuana à bord: il avait été complètement vidé de ses sièges arrières !!!  L’hélico sera déclaré détruit, « hors d’usage »(written off) dans l’aventure.  Le Cessna était parti de l’aéroport de Silvio Pettirossi, avec un plan de vol supposé vers San Pedro et avait franchi la frontière à très basse altitude, poursuivi par l’hélicoptère argentin.  Le 30 mai suivant, c’était un Cessna 182 immatriculé ZP-TOZ (ici à gauche) qui avait pris feu à l’atterrissage à Caazapá (nom signifiant « « au-delà de la forêt »), deux de ses occupants étant retrouvés morts dedans.  L’avion transportait 400 kg de marijuana compressée, et il venait juste de quitter le minuscule aéroport Juan de Ayolas dans le département  de Misiones, au sud du Paraguay, à 5 km à peine du lieu de l’accident. Visiblement, des avions se permettaient donc des décollages et des atterrissages plutôt aventureux dans tout le secteur.

Les pilotes paraguayens, comme les jeunes pilotes boliviens, se permettant bien des acrobaties, à vrai dire.  Le 23 mai 2011, ainsi, lors d’une convention de voitures et d’une course de dirt-track, courantes là-bas (avec les présentations de coccinelles Volkswagen , un appareil Cessna vient jouer les amuseurs en volant très bas au dessus de la fête).  C’est le ZP-BDC (ici à droite), piloté ce jour-là par Juan Carlos Cornejo Andrade, lui-même fils et petit-fils d’aviateur.  L’homme est pourtant présenté comme « sérieux » par ses amis.  L’avion avait été filmé en 2006 lors de la fête aérienne traditionnelle se tenant à Yvytù, qui rassemble tous les ans de grands amateurs de sports aériens qui parfois se permettent des façons de voler assez risquées pour épater la galerie (ici à gauche le passage de « Cornejo »).  A Yvutu, beaucoup d’avions venus pour la fête aérienne sont en fait des avions de narcos ou utilisés par les narcos :  le ZP-BDC finira par se planter,  lui aussi, dans une estancia du district de Laureles Ñeembucú, en mars 2012, en train de narcotrafiquer vers l’Argentine…

Beaucoup trop de risques de pris, au Paraguay
Deux ans plus tard, le même pilote se tuera pourtant avec 3 jeunes passagers à bord d’un Cessna 182 chilien, immatriculé CC-KUJ. « Cornejo » alors qu’il venait de participer à un barbecue avec les membres de son club d’aviation venus pour célébrer la fin de l’année en compagnie de leurs familles respectives.  À la fin de la fête, ils avaient effectué à plusieurs des vols courts de 15 minutes environ.  Dans l’un de ceux-ci, l’avion de Cornejo avait emmené  trois jeunes gens :  Francisca Solís Silva (16 ans; Sebastián Solís Silva (19 ans) et Jaime Farías Bizama (19 ans).  Les deux premiers étaient les fils de José Solís, un autre membre du club avec 30 ans d’expérience.

L’avion qui s’était subitement écrasé était en fait plutôt ancien, il avait eu une histoire mouvementée en fait, ce que en laissait pas entrevoir ses nouvelles couleurs :  sous les couches de peinture, l’appareil était en fait bien fatigué semble-t-il.  Il était arrivé au Chili pour faire fonctionner l’Aéro-Club de Melipilla, le 27 mars 1957, alors immatriculé CC-KMG (0481) puis été passé à l’AéroClub de Calama, en prenant l’inscription CC-NEA.  Le 4 juin 1967, alors qu’il effectuait fait un vol de Calama-Antofagasta-El Salvador-Santiago, il était  tombé à court de carburant au milieu du vol et il avait dû faire une descente forcée et par mauvais temps vers Pampa Limón Verde, près de Calama.  Après avoir réussi à se poser, le pilote, indemne, (Humberto Savini Romo) s’était ensuite rendu à pied en ville pour obtenir l’aide de certains membres du club aérien voisin. Deux jours plus tard, le 6 juin, Savini Romo avait tenté de redécoller du même endroit où il avait atterri.  Malheureusement, le décollage sur une terre gorgée d’eau se terminera en cheval de bois, l’avion se retournant complètement, le pilote en sortant une nouvelle fois indemne.  Rebelote pour le Cessna le 19 septembre 1968  : devenu CC-KFI, vendu à l’ AéroClub de San Felipe et piloté cette fois par Atenas Jacques Pino , l’avion effectue un nouvel atterrissage d’urgence dans un pâturage au nord de l’aéroport Pichoy à nouveau à court de carburant.

Heureusement, une fois encore il n’y avait pas eu de blessures à dénombrer.  Vingt ans plus tard, le 25 mars 1988, il était devenu le CC-PHD, après avoir été vendu à Luis Gardeweg Baltra.  Son dernier propriétaire était le Club de l’aviation de l’Université, qui l’avait acquis auprès de Gardeweg le 16 Septembre 1991 et  lui avait alors donné sa dernière inscription, la CC-KUJ, l’immatriculation de l’avion qui s’est écrasé (ci-contre avec ses nouvelles couleurs masquant son âge, à comparer avec la photo ci-dessus à droite).  Lors de la fête aérienne annuelle d’Yvytù, au « Club de Sports Aériens » un club très actif : on peut voir en effet de petits Cessna se prenant pour des avions d’acrobatie.  Tel ici (à droite) en pleine ascension verticale (?) le petit ZP-TWK (ici à gauche) de Luis Vivero.  Le Bonanza ZP-BCB effectuant lui des passages sur le dos en 2012 (ici un autre Bonanza dont le passage -très- bas est filmé ici.)  Le 2 septembre de la même année la caméra de surveillance du club a même filmé le crash d’un Cirrus SR22 ayant raté son décollage.  On filmera aussi sur place un bel enfonçage de train gauche dans un trou (de taupe ?) en 2014 d’un bimoteur Cessna 402.  En 2011, c’est le Baron B55 N9028R de Jose B. Pasadas qui avait effectué des tonneaux complets devant le public ! Ci-dessous une des photos d’une présentation aérienne récente de la fête aérienne se tenant annuellement à  Yvytù (on peut visiter l’événement en vidéo et ici également ainsi que celui de 2018) on y prend de sérieux risques, inconsidérés, semble-t-il, chaque année : on a affaire à de vrais fans d’aviation, c’est sûr (ils ont refait une belle réplique de Déperdussin, celui de Petirossi, qui a mal fini), mais qui poussent un peu loin le bouchon semble-t-il.

En 2014, un Cessna (ZP-X017) venu assister à la fête s’était retourné quelques kilomètres plus loin près de Casa Blanca.  A noter qu’on avait pu y voir en 2012 décoller du même aérodrome le Cessna ZP-BCG, le même qui se fera prendre le 12 mai 2014 avec 415 kilos de marihuana à bord, avec comme pilote Hadison Costa Dos Santos que l’on retrouvera plus tard encore mêlé à un autre trafic au Brésil, comme on va le voir ici-même.  Parmi les casse-cous d’Yvytu, il y a nécessairement des pilotes impliqués dans des histoires pas très claires, hélas pour les fanas d’avions !  On notera au passage ce très beau Beechraft Baron B58 à quatre pales (plutôt une rareté), à la livrée chatoyante, celui lors de la fête de 2018 est venu faire la course avec une voiture ou un petit Cessna comme ci-dessus.  Je pense qu’on en reparlera bientôt, de celui-là… car il n’habite pas bien loin, ce fameux et magnifique oiseau de 1979 immatriculé ZP-BPH (le TH-1064), comme on peut le voir… et  comme on en reparlera bientôt !

Les gangs des favellas, maîtres du marché, comme dans le film

Ce n’est plus un pays, mais plusieurs, donc qui subissent le trafic de drogue au partir de la production bolivienne ou péruvienne :  le Brésil ou l’Argentine sont touchés, via la plaque tournante que représente le Paraguay. Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos jeunes loups, et au Brésil, donc.  Le Comando Vermelho est un groupe mafieux qui existe là-bas depuis longtemps (il est apparu en 1969 !) et qui possède la particularité de recruter parmi les jeunes d’une bien étrange façon :  « Le Comando cherche toujours à attirer de nouveaux jeunes Brésiliens et à les intégrer dans leurs rangs.  En plus de parrainer des groupes comme les associations de quartier et les clubs d’intérêts spéciaux, et d’organiser des événements sportifs, l’un des moyens les plus courants d’attirer l’attention des jeunes est le style musical populaire du funk, une forme de musique brésilienne, la « booty music « dérivé du Miami Bass. En raison de la popularité du genre auprès des jeunes brésiliens, le groupe « est connu pour avoir subventionné des soirées funk pour recruter de jeunes enfants pour trafic de drogue ». En plus de ces soirées funk («bailes funk»), «où la drogue et le sexe attirent même la jeunesse bourgeoise ou petite-bourgeoise»tenue régulièrement par l’organisation tous les dimanches, les artistes funk sont également sponsorisés par le Comando Vermelho pour enregistrer des chansons et même des CD entiers qui font la promotion du groupe et font l’éloge des membres décédés du groupe. Parce que le Comando paie pour la production et l’enregistrement des chansons funk, ils sont souvent bien enregistrés et de haute qualité technique, et sont joués sur des stations de radio pirates et vendus par des centaines de vendeurs de rue à Rio de Janeiro et à São Paulo « .Ainsi, les artistes funk qui se lient avec Comando Vermelho réalisent parfois des ventes et des diffusions significatives bien qu’ils fassent un type de musique qui soit Proibidão, ou « extrêmement interdit », en termes d’où il peut être vendu et qui peut y jouer. En plus de promouvoir le groupe criminel, le funk parrainé par le Comando défie également les idées et les lois de la Division de la répression contre les drogues. »  Ici une vidéo anglaise indiquant comment fonctionne le CV.  Un autre groupe tout aussi violent est le Primeiro Comando da Capital (PCC).  A droite, Emerson Rodrigo da Silva, 34 ans, arrêté en septembre 2017 à Várzea Grande alors qu’il tentait d’écouler un lot d’armes au nom du CV.  Le film la Cité de Dieu (Cidade de Deus) Fernando Meirelles et Kátia Lund,montre les débuts du Comando Vermelho.  L’image en haut à gauche est extraite du film.  Sur Netflix, un documentaire « 10 ans après » est tout aussi intéressant à visionner si l’on veut comprendre la violence extrême qui règne toujours dans les favelas, la coke et les armes ne faisant pas bon ménage on le sait.  En 2017, un des acteurs de City of God, Ivan da Silva, 34 ansse retrouvait suspecté du meurtre d’un policier brésilien de 46 ans, Hudson Silva de Araujo.

Au Paraguay, toute une organisation avec un aérodrome complet détourné

Après trois ans d’enquête, démarrée en 2011, on se décide enfin à intervenir au Paraguay et à faire le tri des aérodromes servant de nid douillet aux trafiquants, qui pouvaient y retaper de vieux coucous pour leur destination finale chargée de poudre à la tonne, parfois.  « En effet, les enquêtes menées par les procureurs de l’Unité antidrogue ont révélé que l’aéroport « Augusto Roberto Fúster » de la capitale d’Amambay servait de véritable base aux opérations des trafiquants de drogue.  Dans le même temps, ils ont confirmé que les fonctionnaires de la Direction nationale de l’aéronautique civile (Dinac) enregistraient irrégulièrement et accordaient des plans de vol pour que les navires de ces structures mafieuses puissent opérer dans toute la région ».  Le hangar privé de “Air Par Service”, installé près de l’aéroport “Silvio Pettirossi” de Luque étant également contrôlé et révélant les mêmes traces de coke partout.  Or c’est à Luque, justement qu’un Cessna immatriculé ZP-BCG, a été arrêté le 12 mai 2014 avec 530 kilos de marijuna à bord.  Le piloté était argentin José Feliciano Martínez Benítez, ses complices venus lui apporter de l’essence en barils s’appelant Carlos Eduardo Gómez, Hugo Ramón Areco Rolón,  Balbino Saúl Batte et Hadison Costa Dos Santos.  Or c’est bien aussi le même Hadison Costa Dos Santos, qui avait été libéré le 10 décembre, que l’on retrouve comme assistant de la bande de  Wadison Ronielly, et ses Beechrafts brésiliens clonés !!!  La drogue ayant été « pilotée » de sa prison par Bernardino Quiñónez Portillo, alias “Nair”, qui continuait ainsi à manager ses petits affaires… à l’ombre.

 

Un aérodrome rien que pour les trafiquants !

Le bilan à déplorer est alors lourd, selon ABC Color : « l’aérodrome Pedro Juan Caballero ne servait en fait qu’au trafic, ou tout comme :  Les trafiquants de drogue frontaliers puissants, même, étaient généralement les plus favorisés par l’exploitation de l’aéroport, au détriment de la population civile, qui paie les salaires des sept fonctionnaires. La piste de 1 800 mètres est stratégiquement située, à 10 kilomètres du centre urbain de cette ville et à deux kilomètres de la route V « Gral. Bernardino Caballero « , mais il est prétendument utilisé uniquement pour le trafic de drogue et la contrebande de toutes sortes de marchandises, avec la complicité des fonctionnaires. L’aéroport Pedro Juan Caballero a été construit sous la présidence de Juan Carlos Wasmosy (1993-1998) et est l’un des rares terrains d’aviation qui soit en bon état, bien qu’il existe des rapports que les trafiquants eux-mêmes travailleraient pour l’entretien de la station aérienne. Bien que l’aéroport n’ait pas reçu de vols commerciaux depuis des années, chaque mois il y a des centaines de vols de petits avions de propriétaires privés, selon les responsables du terminal. L’aéroport coûte à l’État 29.925.235 par mois (un peu plus de 5000 dollars), seulement dans les salaires des six fonctionnaires et administrateur Miguel Ángel Troche, qui gagne  7.024.500 Guaranis (environ 1200 dollars). »

De très jeunes pilotes « narcos » : boliviens, paragayens et… des brésiliens

Et ABC Color de rappeler quelques événements flagrants :  « en 2009, un avion léger avec le préfixe brésilien PT-IEA a décollé de l’aéroport à 06h 10 le 28 mai; commandé par le pilote Ramon Franco Daniel Fleitas, qui selon les documentations était destiné à effectuer un séjour à « San Ramón », situé dans le Chaco paraguayen. Mais l’avion avait dû faire un atterrissage d’urgence sur la piste d’un ranch, près de la ville de Sales Oliveira, dans l’Etat brésilien de São Paulo, où la police locale a trouvé 177 kilos de crack et sept kilos de cocaïne. Les membres d’équipage de l’avion avaient été secourus par une camionnette qui était arrivée sur le lieu de l’accident. L’avion, un Cessna avec le numéro de série 210-59617, appartenait au brésilien Sergio Antonio Orlando et avait un permis de séjour de 90 jours délivré par la Dinac elle-même ».  L’arrivée de l’appareil avait été suivie d’un violent échange de tirs au 9mm de part de tueurs à moto contre les pilotes qui avaient trouvé refuge… dans un commissariat !  Selon ABC, le très jeune (il a encore un visage poupin, ici à droite) Freitas faisait pourtant partie du groupe brésilien de narcos violents du Comando Capital (PCC), opérant au service de Carlos Antonio Caballero, alias « Capilo »… avec lui, « avaient été arrêtés Edson Brésilien Dos Santos Serqueiro (29), alias « Edinho » au moment de son arrestation, qui était porteur d’un faux document au nom de Joao Francisco Netto, et un Colombien identifié comme Eduardo Andrés Benavides Rodríguez (34 ans), qui avait déjà été arrêté en mai 2003 avec de la cocaïne dans le voisinage de l’aéroport ». L’avion, un Cessna 210L n’avait pas résisté à son « hard landing » !

40 tonnes par mois de coke à Pedro Juan Caballero !!!

Les agents de la Senad, avaient repéré le 15 novembre 2014, une piste clandestine dans la ville du quartier Carapa’i de Capitán Bado, où un avion Cessna avec le numéro d’enregistrement ZP-BBU en provenance de Bolivie avait chargé environ 530 kilos de cocaïne (une demi-tonne !!!).  Le pilote de ce vol, Ramón Donato Mendoza Riquelme, un fugitif jusqu’à présent, au milieu d’une fusillade a de nouveau réussi à décoller et est allé directement à l’aéroport Pedro Juan Caballero, où il a abandonné  la machine.  Le procureur chargé de l’affaire avait ainsi rédigé l’événement : « A 13h59 du nord est arrivé l’avion précité, il  a atterri et après avoir atteint l’extrémité sud de la piste, est revenu au nord, après quoi ces personnes ont déchargé 530 (cinq cent trente) kilogrammes de cocaïne présumée, contenue à l’intérieur de 15 (quinze) sacs de jute, qui à leur tour transportaient 524 (cinq cent trente-quatre) « pains » de la substance susmentionnée, et donc aurait pris possession et le contrôle de la quantité élevée de drogue présumée, qu’ils ont échangé 13 (treize) desdits sacs avec leur contenu, avec un  camion de la marque Mitsubishi, de type L200, 2008, couleur argent, sans plaque, avec le numéro de châssis visible C842378, 2 (deux) autres sacs chargés de substances, ont été placés dans la camionnette de la marque Toyota, modèle Hilux SW4, noir, avec un châssis visible n ° 8AJYZ59G873013401 sans plaque, réalisée par d’autres qui ont aidé Sixto González Godoy, Andrew Zarate et Orlando Ramón Machuca Morel et Ramon Riquelme Donato Mendoza, dans l’opération, qui aurait également utilisé une marque de camion modèle Chevrolet S10, couleur polaris argenté OAD n ° 869 ».  Plus loin, il explique le moment où une fusillade a été enregistrée au cours de laquelle il y avait un blessé. « Machuca Morel aurait porté un fusil de chasse, avec laquelle il aurait fait dans le groupe d’un air menaçant tactique terrestre, qui a répondu avec des moyens de dissuasion non létales et des coups qui ont blessé au mollet gauche. » (il sera évacué plus tard vers un hôpital par avion).  Au final L’opération a abouti à trois détenus, identifiés comme l’ancien officier de police Sixto González Godoy (40 ans), Andrés Zárate, et Orlando Machuca Morel, tous originaires de Pedro Juan Caballero ». Au final, le bilan est effarant :  « le sénateur libéral Robert Acevedo avait dénoncé l’année dernière, entre autres, que 40 000 kilos de cocaïne étaient déchargés chaque mois à l’aéroport »… Ce qui était bien sûr exagéré, mais on ne devait en réalité pas être loin des 4 tonnes mensuelles !!

Une fabrique d’avions retapés et clonés

Et ABC Color de conclure : « la plupart des avions ont été acquis aux États-Unis et transportés au Paraguay exclusivement pour le transport de drogues, de cocaïne et de marijuana, ainsi que pour la contrebande d’éléments informatiques et de cigarettes, ont-ils expliqué. Dans la matinée du 6 juillet 2015, des agents du fisc et du Senad ont fait une descente à l’aéroport Pedro Juan Caballero et plusieurs hangars à proximité qui servaient d’ateliers de réparation et d’entretien. L’incursion des enquêteurs a abouti à la saisie de 22 avions, qui auraient été utilisés pour le transport de stupéfiants. Presque toutes les machines étaient enregistrées au nom de personnes qui n’avaient aucun lien avec des entreprises ou des entreprises de l’industrie. « Tous étaient des agriculteurs ou des étudiants, ont évidemment utilisé des certificats volés pour les documenter », ont expliqué les procureurs. Cependant, sept des petits avions étaient au nom de l’entreprise « San Jorge ». Après les enquêtes, les personnes en uniforme ont découvert que la société San Jorge a été créée en tant que telle le 29 août 2014 par Ulises Cardozo, David Esteban Martínez Navarro et Hadson Costa Dos Santos. Les deux premiers ont été arrêtés lors de raids simultanés effectués dans la ville de Coronel Oviedo. Cependant, Costa Dos Santos reste un fugitif, vraisemblablement caché en territoire brésilien, selon les dernières données fournies par le Senad. Une recherche approfondie menée par un groupe d’agents spéciaux, a également permis de capturer trois des narcopilotes identifiés comme Ruben Dario Gonzalez Espinoza, Enrique Flores et Francisco Alejandro Duarte Sarubbi Sarubbi. Tandis que Luis Maria Sarubbi Duarte, Marcelo Ramón Díaz Franco et Fred Leite Da Silva continuent de fuir, comme l’a expliqué le procureur de l’Unité antidrogue Lorena Ledesma ».

Parfois achetés au prix fort, mais vite utilisés

Le plus étonnant c’est de retrouver déjà en décembre 2014 un dénommé « Luis María Sarubbi Duarte” (le nom qu’il fallait retenir !) comme propriétaire de l’avion retrouvé abandonné à San Juan (au serial # 21062920 immatriculé N717DB).  L’engin, un Cessna 210 M de 1978, portant une fausse immatriculation ZP-BBU, avait été intercepté avec à son bord  530 kilos de cocaïne, comme on vient de le dire un peu plus haut.  L’avion sortait en fait directement de chez Select Aviation Services, L.L.C., où il avait été annoncé à la vente pour 149 000 dollars (ici à gauche dans le hangar de SAS LLC).  Il n’avait pas été repeint, seule son immatriculation (fausse) avait été collée des deux cotés de son fuselage.  Les trafiquants gérant leur affaire comme un supermarché, parois ayant le temps de maquiller leurs avions, car la demande n’est pas impérative, alors que lorsqu’elle le devient, il faut faire vite et on ne s’embarrasse pas trop d’acheminer au plus vite un avion «  acheté sur l’étagère «  même si le tarif est alors plus élevé :  l’investissement demeure très faible au regard de ce que rapporte une demi-tonne de coke !!!  Le même Sarubbi possédant on l’a vu (un peu plus haut dans le texte), le Cessna 210L N627BA, surpris ici en train de faire le trajet Providenciales – Anguilla le 3 juin 2014.  En train de se faire livrer !  On peut admirer ici son site de vente de Select Aviation Services, qui permet de visiter tout l’avion...

Des retombées judiciaires mais aussi politiques

L’affaire du ZP-BBU (N717DB) aura des retombées plus graves encore :  une retombée politique, mais aussi une judiciaire puisqu’on la vu aussi, des fonctionnaires de police avaient fait partie du trafic.  La lettre du procureur Marcelo Pecci à leur égard était en effet implacable, dénonçant leur inactivité coupable lors de l’arrivée de l’avion : « Le chef adjoint de poste de police de Karapã’i n ° 26 l’officier inspecteur Heriberto Martinez Acosta, et ses subordonnés affectés à la même poste de police, les inspecteurs sous officielles Herminio González Salinas et Rogelio Martinez Bareiro, ont omis leurs obligations préventives et répressives en ce qui concerne la préparation de la route locale utilisée comme indice pour l’atterrissage ultérieur de l’aéronef, sur laquelle Sixto González Godoy, Andrés Zárate et Orlando Ramón Machuca Morel – avec d’autres personnes – auraient chargé 530 (cinq cent trente) kilogrammes de cocaïne présumée a, contenue à l’intérieur de 15 (quinze) sacs de jute, qui à son tour transportaient 524 (cinq cent trente-quatre) paquets. de la substance susmentionnée « Le réquisitoire du procureur étant terrible :« Dans ces circonstances, ces agents de police ont coopéré volontairement, pertinente et utile à la structure criminelle qui apportait la cocaïne présumée du trafic par l’inaction séquentielle lancée plus tôt, à 13h55, et après l’arrivée de l’avion susmentionné et sa cargaison, à une route de quartier « .  Une inaction complice, tout simplement, pour résumer !!! Le pire étant encore à arriver, indiquent plusieurs articles de presse :  « les agents de Senad ont réussi à trouver l’identité du pilote du petit avion qui transportait la cocaïne, qui s’est avéré être Ramón Donato Mendoza Riquelme.  Le pilote (ici à gauche) est également connu du substitut de l’ANR pour Amambay, Carlos Sanchez, alias «Chicharõ», détenu au pénitencier national de Tacumbú pour trafic de drogue et crimes connexes (il est ici à droite). Malgré leurs liens avec le trafic de drogue, les députés de l’ANR Marcial Lezcano et Freddy d’Ecclessiis l’ont défendu publiquement, de sorte qu’on soupçonne qu’ils pourraient être liés dans une nouvelle affaire de « narco-politique ». Le pilote étant aussi, ce qui n’arrange rien, un jeune « retraité » de l’armée de l’air de Bolivie, qu’il a délaissée pour embrasser une carrière civile comme on peut le voit sur les deux clichés… Et là, effectivement, c’est encore plus grave peut-être… mais cela on va s’en rendre compte avec les prochains épisodes… dans lesquels on va reparler de ceux que l’on vient de citer. Et évoquer une déliquescence certaine du pouvoir… dans le pays !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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Coke en stock (CLXX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (5)

 

 

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