Accueil / A C T U A L I T É / Coke en stock (CLXV) : Haïti, un « pays de merde » selon Trump, et la corruption de ses élites, entretenue par… les USA (b)

Coke en stock (CLXV) : Haïti, un « pays de merde » selon Trump, et la corruption de ses élites, entretenue par… les USA (b)

Hier nous avons abordé ce qu’est le désastre haïtien, entretenu pendant plusieurs décennies par les USA, qui n’ont strictement rien fait pour améliorer le sort des habitants du pays, alors qu’ils choisissaient ouvertement leur candidat à la présidentielle. Le prédécesseur de l’actuel n’était qu’un bateleur, un ex chanteur aux attitudes grossières sur scène propulsé à la tête du pays alors que de lourds soupçons de trafic de cocaïne planaient déjà sur lui.  Entouré d’élus participants eux aussi au trafic (tel celui étudié à l’épisode précédent, toujours en place en tant que sénateur), le pays a sombré dans une corruption qui atteint une dimension plus élevée sur l’échelle des dégâts consécutifs que la magnitude du tremblement de terre de 2010.  Le pays, avec Michel Martelly, c’est simple, est (re) devenu une république bananière (Aristide l’avait déjà plongé dans cette déliquescence).  Un pays censé produire de la banane, fruit dont l’actuel président a été un temps producteur dans une exploitation aujourd’hui naufragée qui a siphonné dans une large échelle également les subsides de l’Etat, moins de deux ans après ses débuts.  Et en toile de fond la cocaïne, qui a circulé et circule encore au plus haut de l’Etat.  Eléments de preuve pour étayer cette constatation que tout le monde fait là-bas sur place, mais que d’aucuns ne veulent toujours pas voir.  Le premier étant Donald Trump, qui a déjà oublié qui a mis en place tout ça…

Pour ce qui est de Martelly en personne, ce sont ses nombreux voyages à l’étranger réalisés en jets privés qui ont défrayé à la longue la chronique.  Le bilan carbone de sa présidence est comme l’a été son action pour redresser le pays : catastrophique.  Mais ces voyages sont aussi suspicieux en raison d’une autre raison, resté bien floue. « La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) devra se pencher sans délai sur le gaspillage occasionné par les dépenses faramineuses du président Martelly dans sa paranoïa le conduisant à se frotter aux grands de ce monde.  Nous avons soulevé une partie du voile en indiquant au Tableau ci-contre les 40 voyages effectués par le président Martelly à l’étranger de juin 2011 à juin 2015 et qui totalisent 191 jours en quatre ans.  Cette comptabilité des voyages n’est pas exhaustive.  Avec des frais journaliers (perdiem) de vingt mille (20 000) dollars américains, ces 40 voyages à l’étranger ont permis au président Martelly d’encaisser personnellement la rondelette somme de trois millions huit cent vingt mille (3 820 000) dollars américains.  Nos estimations conservatrices concernent uniquement les frais journaliers (perdiem) collectés (…).  Les prétextes pour voyager sont multiples.  Pour assister aux funérailles de Chavez au Venezuela et de Mandela en Afrique du Sud.  Pour participer à la prestation de serment du président Correa en Équateur.  Pour chercher des investisseurs aux quatre coins du monde.  Pour aller chanter en République Dominicaine avec Julio Iglesias (ici à gauche, et oui, il a osé) devant le gratin de la classe politique dominicaine incluant le président Danilo Medina, le chancelier Carlos Troncoso et le président du PRD, Miguel Vargas.  À cette occasion, le secrétaire d’État du Plan en Haïti a financé avec des milliers de dollars provenant du trésor public le tour de chant du président Martelly à Altos de Chavón.  Un avion a été affrété et plusieurs dizaines de chambres d’hôtel et des per diem ont été payés aux membres de la nombreuse délégation accompagnant le président maître-chanteur qui « chante partout où il passe ». Signalons que ce tour de chant spécifique accuse des échecs cuisant sur toute la ligne.  À preuve le rapatriement en Haïti des Dominicains d’origine haïtienne commencé le 17 juin 2015.  La population essaie de comprendre ce qui fait courir tant le président Martelly à travers le monde.  Il doit aller par-ci et par-là, à Caracas (ici à gauche, son arrivée en Falcon) et à Miami, pour trouver des ressources financières, au Vatican et à Washington pour redorer son image.  Il doit bouger pour se faire de l’argent à toutes les occasions » indique désolé le commentateur qui laisse traîner ici une phrase fort ambigüe : « en tant que commis-voyageur, il transporte des choses sérieuses dans ses bagages.  C’est ce qui explique leur fréquence.  Ses déplacements sont importants pour son petit clan qui veut imposer ses effets multiplicateurs pour garder le pouvoir même si le peuple haïtien ne voit jamais aussi bien leurs justifications et leurs retombées réelles.  Des voyages sans pertinence et sans aucune incidence positive pour Haïti ».  Que voulait-il dire avec son « il transporte des choses sérieuses dans ses bagages » ???  On songe bien sûr à tout autre chose que des papiers.  Car sans trop de surprises, en effet, on avait pu constater que lors de l’une de ses sorties à Saint-Domigue, à savoir juste à côté d’Haïti, Martelly avait emprunté un Gulfstream résidant le plus souvent à l’aéroport Internacional El Higüero Joaquín Balaguer, à Saint-Domingue même :  un avion datant de 1979, immatriculé N16YY, qui était stationné dans le hangar de Carib Air, appartenant à Rafael Rosado (1).  Mais il appartenait en fait à… Carlos Ozoria, l’homme lié au sénateur de République Dominicaine Félix Bautista : tous deux étant accusés de blanchiment d’argent dans leur propre pays !!!  Ironie du sort, l’avion avait appartenu auparavant au mexicain Jaime Galván Guerrero (c’était alors le XA-GEG), qui avait été arrêté à Las Vegas… lui aussi pour blanchiment d’argent de trafic de drogue.  On y revient, décidément !

Des voyages douteux en jets privés

Certains voyages (en jets privés) à répétition de Michel Martelly et de son premier ministre Laurent Lamothe, effectués au nom du Caricom, (la Communauté Caribéenne, en anglais « Caribbean Community »), avaient fini pour sûr par inquiéter une partie des représentants politiques du pays.  Le passé de « Sweet Micky » étant bien connu, on était en droit se se demander à quoi rimait ces nombreux voyages en jets privés.  Dans une lettre ouverte parue en septembre 2013, il était affirmé qu’une majorité de 10 sénateurs s’apprêtaient à poser la question des relations entre les deux nommés et… le sulfureux President du Suriname, Desiré Bouterse, accusé on le sait d’être nommément un trafiquant de cocaïne, condamné à ce jour par contumace pour ces faits (voir ici et ici également).  Figurait, cité aussi dans la lettre, le cas du juge Jean Serge Joseph, mort le 13 juillet 2013 « dans des circonstances particulières »… « L’arrestation de Dino Bouterse, fils du président du Suriname Desi Bouterse, pour son implication dans le trafic d’armes et de drogue, la relation du président du Suriname et de son pays avec la drogue et le blanchiment d’argent, la relation personnelle entre le président Martelly et le Président Bouterse, l’empressement, la détermination et l’implacabilité des autorités haïtiennes à intensifier indûment les relations diplomatiques entre Haïti et ce pays, devraient, au nom de la dignité nationale, attirer votre attention.  Car, en matière de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, les présomptions suffisent à justifier l’ouverture d’une enquête » expliquait la missive, lourde d’accusations.  Sur les photos, en tout cas, Martelly et Bouterse semblaient s’entendre comme deux vieux copains de chambrée… « Son passé tumultueux de militaire putschiste lui a valu d’être présenté par Time Magazine comme « l’archétype du despote de république bananière en béret et lunettes noires. »  En août 2010, Le Journal des Guyanes le décrivait plutôt comme : « un leader charismatique, qui n’hésite pas à plaisanter, chanter ou danser.  Bref, c’est un homme convivial tant que l’on ne s’oppose pas à lui. »  De par sa fortune politique, Désiré (Delano) Bouterse partage des traits communs avec son homologue haïtien Michel Martelly qui le considère d’ailleurs comme un « très bon ami », via « De Suriname à Haïti » chez Rapadoo Observateur.  Sur Bouterse on peut lire ceci.  Et les épisodes suivants, bien sûr (à droite le Hawker 800 utilisé par Martelly père pour se rendre à Curaçao, la présidence n’ayant pas de jet propre, utilise des avions à la demande, comme ici à droite un étonnant Piaggio P180 Avanti immatriculé N111VR loué à une entreprise de Floride, GPR Aviation).  Rappelons aussi que le 26 septembre 2015, Olivier Martelly, le fils aîné du président Joseph Michel Martelly (ici à gauche) avait été libéré après le versement -par son père- d’une caution de 5 millions de dollars, après avoir été détenu par les autorités américaine pour suspicion de trafic de drogue illégal… Fabio, le fils de de l’ancien président du Honduras Porfirio Lobo Sosa ayant été arrêté au mois d’avril précédent dans la voiture même d’Olivier Martelly à Saint-Domingue !!!  Le système Martelly était bien un système mafieux, à l’évidence !

La deuxième source de revenus avec la drogue : le kidnapping

En Haïti il y a autre chose que la drogue qui rapporte beaucoup : les enlèvements.  En 2014, autre affaire liée au pouvoir : un homme d’affaires, Samy El Azzi est enlevé le 17 février 2014, à Port-au-Prince.  Les soupçons portent immédiatement sur le chef du gang Galil, spécialisé dans le kidnapping et le trafic de drogue.  Il s’appelle Woodly Ethéard, alias Sonson La Familial (ici à droite), et il est lui aussi très proche du pouvoir de Martelly-Lamothe.  Comme il semble « insaisissable », on arrive cependant à capturer… sa femme.  Marie Taïssa Mazile Ethéart, qui est arrêtée et jetée en prison à Pétion-ville, accusée aussitôt de blanchiment des avoirs en provenance du trafic de drogue et de kidnapping.  Or, miracle, le 29 mars suivant la voilà qui sort de sa prison.  Bien aidée il est vrai aussi par… par le substitut du Commissaire du gouvernement, Gérald Norgaisse, qui avait subitement décidé de la… libérer !  L’homme démissionnera peu de temps après de son poste pour « motifs de convenance personnelle » !!!  Des députés de l’opposition laisseront entendre que l’homme en fuite aurait même trouvé refuge dans des appartements appartenant au président, voire dans le palais présidentiel même !  L’homme, repris sera envoyé au tribunal en mars 2015… pour être aussitôt libéré à la mi-avril avec son collègue Renel Telfort pour « absences de preuves » (sa femme s’étant rendue entre temps).  La justice n’était plus qu’un nom à ce stade, sous la présidence Martelly.  Le hic étant que son successeur avait suivi l’ombre de ses pas pendant des années…

Un système essentiellement mafieux avec suppression physique des voix discordantes

Un système mafieux avec les dérives habituelles de la mafia.  Comme le rappelle ce blog, tout avait été exposé sur Martelly dans un article resté célèbre du New-York Times, intitulé « Haitian Leader’s Power Grows as Scandals Swirl »... dans l’article au vitriol, on avait également eu l’explication du décès du fameux juge qui s’était approché trop près des affaires présidentielles : « l’’article a également fait état de la mort du juge Jean Serge Joseph suite à sa décision de forcer les autorités à témoigner dans le dossier de corruption impliquant Sophia et Olivier Martelly respectivement la femme et le fils du président ».  Sans oublier le reste, qui n’améliore pas l’image de cette présidence véritablement désastreuse : « le journal a repris l’épisode de l’arrestation et de la disparition d’Evinx Daniel et le fait que Michel Martelly en personne est allé rendre une visite de support au présumé dealer de drogue qui a été écroué par le commissaire du gouvernement des Cayes qui lui-même a été révoqué et a dû quitter le pays en toute vitesse pour se protéger contre ce pouvoir qui accepte de cautionner les activités illégales des amis drogues dealers et raquetteurs du président.  L’auteur a également fait état de l’affaire Sonson Lafamilia, ami intime de Martelly accusé de kidnapping dont la femme aussi accusée a été libérée par le ministre de la justice Jean Renel Sanon en personne.  Ce dernier, aujourd’hui, travaille au palais national.  Martelly est très solidaire de ses amis trafiquants et racketteurs ont fait remarquer des personnes interrogées pour la réalisation de l’article.  De son coté, Laurent Lamothe l’ancien premier ministre le plus corrompu de notre histoire a refusé une demande d’interview de l’auteur de peur, peut-être, que ses détournements et vols, diraient certains, ne reviennent pas sur le tapis.  On se souvient des 3,4 millions de l’Uruguay détournés par Laurent Lamothe et Pierre Richard Casimir.  A titre de rappel Pierre Richard Casimir l’actuel ministre de la justice de Martelly nous disons bien Ministre de la justice avait admis, devant le sénat, avoir détourné avec la complicité de Laurent Lamothe les 3,4 millions donnés en aide à Haiti par l’Uruguay ».  Le juge était mort officiellement tout d’abord des suite d’un AVC, puis d’une « hémorragie intra-parenchymateuse », selon les autorités, le genre de choses que provoque aussi l’ingestion de poison, tel que la mort aux rats.  Les résultats de son autopsie n’ont à ce jour pas été révélés.  Et ne le seront sans doute jamais.  Dans un reportage saisissant, on avait pu voir le médecin de l’hôpital où il avait été emmené annoncer le décès portant encore au poignet le ruban des supporters de Martelly…

Un trafic de cocaïne par cargos

La famille Martelly impliquée dans le trafic de coke ?  Très rapidement en effet, pas mal d’observateurs étaient arrivés à la même conclusion…  A partir de deux histoires de bateau, notamment.  Pour une fois ce n’était pas un avion mais un bateau qui avait retenu l’attention.  Sur un quai de Miami avait accosté en juin 2016 un cargo anodin, le Lisanne.  Le navire, était un vraquier construit en 1983.  Il était arrivé d’Haïti avec des cales vides, s’agissant d’un voyage de retour.  Enfin vide, pas exactement :  les douaniers qui le pistaient depuis son départ d’Haïti avaient découvert 2 000 livres de cocaïne (1 tonne) soigneusement cachées dans des compartiments secrets de son pont.  Une affaire bien montée en aval:  « les compartiments métalliques éteint jointifs.  Ils avaient été soudés de nouveau.  Ils les avaient sablés les avaient repeints et il était devenu très difficile de les distinguer », a déclaré le directeur du port des douanes, Tony De Francisci, en s’adressant à la filiale locale de CBS TV. « Nous les avons découpés (cf ici à droite) et avons trouvé dedans une substance poudreuse blanche. » Equasis a répertorié son propriétaire et son exploitant comme une société basée à Miami.  Bill Olejasz, directeur adjoint du port pour les douanes et la protection des frontières, a dit au Miami Herald que dès l’arrivée des navires d’Haïti, ils sont régulièrement fouillés, mais que là c’était un cas exceptionnellement élevé – la plus grande saisie de cocaïne depuis plus d’une décennie sur la Miami River -. L’équipage a été autorisé à rester aux États-Unis en attendant une enquête.  Aucune arrestation n’a été faite et les autorités s’attendent à ce que les hommes soient expulsés.  Quant à la Lisanne, son destin éventuel n’a pas encore été annoncé; mais les responsables locaux ont déjà coulé un navire impliqué dans un incident de contrebande similaire, l’Ana Cecilia, qui s’est ajouté aux nombreux récifs artificiels de la Floride ».  J’avais raconté toute l’opération déjà ici il y a quelque temps.  Les douaniers US étaient à l’affût car quelques mois auparavant, ils avaient eu une autre affaire similaire à traiter.  Mais celle-là s’était révélée bien plus grave encore à vrai dire.

Le Manzanares comme épiphénomène emblématique 

Car c’est un autre cargo qui avait permis de remonter jusqu’au fils de Martelly comme trafiquant de drogue.  En avril 2015, un autre cargo, le Manzanares, provenant de Colombie est intercepté, une fois arrivé à son quai d’attache, avec à bord 77 kilos de cocaïne et d’héroïne cachés dans une cargaison de sucre : il y en avait effectivement pour trois millions de dollars, ou plus de dix millions de dollars pour une vente au détail.  Très belle prise, effectuée donc au terminal Varreux, sur le Wharf Jérémie.  La drogue était dissimulée dans un navire appartenant à la société NABATCO, propriété de la famille ACRA, bien connue dans la place.  En fait c’était tout un réseau qui venait d’être découvert.  La saisie de la drogue intervenant quelques jours après que les douanes US aient arrêté à Miami Jean Samson Limongy, un ex député du Petit-Goâve, le directeur adjoint du programme d’Identification et de Documentation des Immigrants Haïtiens (PIDIH) chargé de fournir des documents d’identité aux Haïtiens vivant à l’étranger.  Idéal pour fabriquer les couvertures sur place en Floride. Limongy, qui voyageait avec un passeport diplomatique au moment de son arrestation le 10 avril, était aussi alors le délégué du Parti de l’Unité Convention démocratique (Konvansyon Inite Demokratick – KID), parti au départ opposé » à Martelly mais qui avait fini par composer avec lui en s’opposant à son ancien allié du Momod en 2014.  Limongy avait été libéré 8 jours plus tard… mais sa brève arrestation aux USA ressemblait à une simple vérification de la part des enquêteurs plutôt qu’à autre chose. L’enquête américaine avait déjà remonté en fait jusqu’au fils Martelly, qui avait été arrêté et mis au secret pendant trois semaines, en attendant… les négociations avec son père, venu le libérer avec à la main une valise contenant une caution de 5 millions de dollars… « Mais au delà de la somme, payée par le contribuable selon pas mal d’observateurs, c’était surtout les circonstances qu’il fallait retenir : dans l’avion venu le chercher, il y avait certes Wilson Laleau, le ministre des Finances et des Affaires Economiques, mais aussi… Jovenel Moïse, candidat à la présidence sous la bannière du parti « tèt kale » (crâne rasé, l’autre surnom de Martelly !)…  On a du mal à croire à un hasard, là… » avais-je écrit.  Ce jour-là, Martelly avait en fait déjà mouillé celui qui deviendrait à la surprise générale son successeur, en lui montrant ce qu’il était venu faire sur place.  Car personne ne s’attendait à ce qu’il soit élu (ravivant juste après les soupçons de manipulations de votes, grâce aussi à une participation catastrophique permettant tous les espoirs même aux plus nuls).  L’homme, depuis, multiplie les bourdes et traîne toujours derrière lui le lourd dossier de blanchiment d’argent : l’héritage direct et lourd de son encombrant prédécesseur.  L’homme semble plus à l’aise pour conduire un tracteur (ici à droite) que le char de l’Etat…

Un assassinat discret 

Un article saisissant retrouvé récemment nous révèle un autre pan de cette affaire sulfureuse du Manzanares.  « L’enquête menée sur le bateau chargé de stupéfiants, qui était ancré au Terminal Varreux, a établi que plus d’une douzaine d’hommes d’affaires parmi les plus riches, et proches du président Martelly, avaient participé aux transactions ayant culminé au voyage du Manzanares de son port de départ, en Colombie, jusqu’à Port-au-Prince.  Pourtant ont été arrêtés seulement quelques subalternes de bas échelon, tels que, par exemples, des agents de sécurité du Terminal Varreux, ou de petits trafiquants de la zone de Chancrelles.  On en veut pour preuve, la libération de la plupart de l’équipage du bateau, tel que rapporté dans l’édition du 21 octobre du quotidien Le Nouvelliste, citant « une source judiciaire ».  Bref, on venait d’assister à un coup bien classique, les puissants dénonçant des lampistes à leur place.  Mais l’article ravageur du Haïti Observateur allait plus loin, en évoquant un nouveau meurtre à mettre à l’actif des organisateurs du trafic et resté ignoré des autres médias :  « en effet, un certain Saint-Fort a été assassiné au Terminal Varreux, quelques jours après l’arrivée du chargement de stupéfiants.  Grâce aux efforts de l’ex-député Robert Mondé, qui n’avait pas été élu au premier tour des élections du 9 octobre 2015, une décharge de la famille de la victime a été négociée, sans qu’aucun rapport n’ait été fait à la police.  Le nommé Saint-Fort, qui était un superviseur au Terminal, a laissé une veuve à qui on a promis un emploi, et un frère qui a été immédiatement embauché par Fritz Mevs jr.  Des sources proches du Terminal ont fait savoir que ce dernier s’est mis en frais pour obtenir le silence de la famille de Saint-Fort »... Bref, le Manzanares sentait fort la magouille en très haut lieu… on avait supprimé un témoin gênant au passage, et tout avait été fait pour que cela ne fasse aucun remous !!!  Un coup… de mafieux !

Une fausse accusation

Et effectivement, puisque très vite on avait tenté d’effacer des traces en se rapprochant… des français présents sur place.  Et pas n’importe lesquels nous dit Haïti Observateur : « Les hommes d’affaires liés à la cargaison interdite du Manzanares se débrouillent comme bon leur semble pour parer à une éventuelle action judiciaire fédérale.  Quant aux opérateurs du Terminal Varreux, ils ont décidé d’entrer en association avec le groupe français Bolloré, ignorant ou feignant d’ignorer les contraintes de cette société française qui a eu son cortège de scandales documentés dans la presse internationale (on laissera à l’auteur la responsabilité du propos).  Le directeur général du port, Fritz Mevs jr, qui entretient de bonnes relations avec le régime Martelly-Lamothe, d’abord, puis Martelly-Paul, a reçu le renouvellement de sa licence pour le quai. Immédiatement après, sa société est entrée en association avec le groupe français.  Tout cela afin de protéger le Terminal Varreux.  Mais l’administration Martelly finissant, la donne est susceptible de changer, en ce qui concerne l’affaire du bateau d’Accra.  Car, à moins que Michel Martelly réussisse son projet de faire élire son homme lige Jovenel Moïse comme son successeur—ce qui constitue une gageure —, on peut s’attendre à ce que le prochain gouvernement gère le dossier différemment.  Les autorités fédérales n’ayant pu avoir la collaboration de Martelly, dans cette affaire, mettront tout en œuvre pour que très tôt le nouveau locataire du Palais national se mettent d’accord avec Washington sur la manière la plus rapide de liquider cette affaire. » Voilà un texte bien prophétique, quand on le lit des mois plus tard… car depuis, c’est bien Jovenel qui est venu remplacer Martelly, comme si de rien n’était, ou plutôt comme si rien ne devait changer dans le trafic…. la DEA étant au courant de tous ses attenants depuis le début !  A noter néanmoins que l’association avec le groupe Bolloré est antérieure aux faits :  l’accord avait été signé le 14 novembre 2014, le Manzaneres a été pris sur le fait cinq mois plus tard.  On ne peut donc relier les faits comme le fait un peu rapidement Haiti Observateur, en y mêlant sans raison valable le groupe Bolloré.  Du journal, on retiendra plutôt ici la crainte de voir Moïse succéder à Martelly :  à l’époque, personne ne croyait en effet en ses chances.  Michel Martelly avait été avec lui d’une condescendance sans bornes comme ici en novembre 2014.  Mais il en avait fait après sa créature, à l’évidence.  Jovenel Moïse, président intronisé sur scène par un bateleur  comme « roi de la banane » !!!

Les familles riches influentes et leur réel pouvoir en Haïti

Corruption et compromissions, mafia à tous les étages, tout était réuni en effet pour que l’affaire du cargo remontant jusqu’au fils du président haïtien de l’époque soit étouffée. les deux acteurs principaux sur place, selon le journal étant Bernhard Mevs et Fritz Mevs jr, nommément mis en cause. (habituellement on site « Les Mevs » : Youri Mevs, Gregory Mevs, Fritz Mevs Sr, Fritz Mevs et Jr, décrits ici sans ménagements (1)), hommes influents, ils ne sont pas toujours d’accord entre eux. « D’aucuns se demandent quels avantages les hommes impliqués dans la cargaison de stupéfiants débarquée au quai de Varreux espèrent en termes de protection contre une éventuelle action des procureurs fédéraux ?  Des experts juridiques soutiennent que cette association ne saurait mettre les possibles accusés à l’abri.  Car, arguent-ils, les rapports de police, tant ceux dressés par les agents de la DCPJ que ceux préparés par les enquêteurs fédéraux ont pleinement identifié les opérateurs qui ont mis leurs ressources à contribution dans le cadre de ce réseau.  Les autorités fédérales n’ignorent pas le fait que la justice haïtienne tarde à admettre l’évidence, à dessein ou par incompétence.  Les deux options sont navrantes.  Signalons, d’autre part, que des investisseurs dans le même secteur trouvent des arguments solides pour combattre l’influence de Fritz Mevs jr et de Bernhard Mevs qui, selon les dires de leurs anciens employés, se prévalent d’être des stratèges intouchables dont l’influence, selon leurs déclarations en petit comité, « s’étend du président de la République au doyen du Tribunal civil de Port-au-Prince ».  Un cadre qui a travaillé au Terminal durant des années a révélé ceci : « Tout le monde sait que ce n’est pas vrai, mais toujours est qu’ils le disent et s’enorgueillissent sans se soucier des torts qu’ils font à la réputation des autorités qu’ils font passer pour leurs potes ».  D’ailleurs, a précisé le même individu, Fritz Mevs jr relate à ceux qui veulent l’écouter ses week-ends passés en compagnie du président Martelly.  Un autre ex-employé de Terminal Varreux a souligné que décidément il n’aura rien appris du dossier WikiLeaks.  Suite à des révélations le concernant faites par le medium d’Assange, il fut obligé de dédommager le sénateur Youri Latortue contre qui il avait émis des propos qu’il fut par la suite incapable de justifier.  Le dédommagement en question fut conclu suite à des négociations menées au Palais National où le président Martelly avait fait tenir une réunion présidée par les frères Mayard-Paul, en vue de résoudre ce qu’il considérait comme un affront fait au sénateur qui, contrairement à d’autres, n’avait aucune intention de se rabaisser niaisement devant Fritz Mevs jr. »  Cela, c’était une phrase malheureuse qu’avait prononcé Fritz Mevs à propos de Latortue, qu’il, ma foi, avait bien résumé :  « Mevs revenait sur les accusations qu’il avait faites lors d’une réunion avec l’ancien ambassadeur américain James Foley en mai 2005, selon laquelle le sénateur Latortue faisait partie d’une «cabale» d’élites politiques et commerciales contrôlant un réseau de flics et de gangs impliqués dans le narcotrafic et les enlèvements. générant la violence politique et l’instabilité ».  Evidemment, en 2015, Latortue devenu proche de Martelly n’était plus considéré par Mevs comme étant le pire trafiquant de tout le pays… les frères Mevs continuant pourtant à s’opposer à Latortue, en 2016, sur le contrôle cette fois d’un autre port, celui de Sedren.  En photo, Bill Clinton en compagnie de Gregory Mevs.

Ce qui était prévu : l’acheminement après par jet privé !

Et le journal, très en verve, allait plus loin encore, en faisant remarquer les étranges coïncidences du dossier : « dans le cadre de l’enquête fédérale toujours en cours de l’affaire du Manzanares, les agents fédéraux cherchent à établir pour quels motifs ces hommes ont les mêmes avocats.  Les défenseurs du groupe Fritz, Gregory et Bernhard Mevs sont Berto Dorcé et Frank Vanéus. M. Dorcé est aussi l’avocat de Kiko Saint-Rémy et des Khawly. Me Berto est également identifié dans la défense de Woodly Éthéard, communément appelé Sonson La Familia, qui était emprisonné pour kidnapping.  Au centre du scandale Sonson La Familia, Me Berto a négocié l’élargissement d’Éthéard avec le juge Bélizaire.  Les agents de la DEA sont particulièrement intéressés par rapport à la participation de Berto Dorcé dans le dossier du Terminal Varreux, car l’avocat Dorcé a eu un dossier criminel. Ils savent qu’il était impliqué dans une affaire de drogue alors qu’il était juge de paix à Miragoâne.  Il a passé six mois en prison pour son rôle dans cette affaire ».  Et plus loin, on apprend pire encore, toujours grâce à ce texte, soit que le déplacement de la drogue après son arrivée à Haïti avait aussi été prévu, et de manière fort a adroite, à vrai dire : « les agents de la DCPJ et de la DEA avaient établi, immédiatement après l’arrivée du bateau panaméen de Colombie, qu’une partie de la drogue avait été débarquée et déposée « en lieu sûr ».  Des sources proches de l’enquête fédérale ont fait savoir que le concert spectaculaire organisé récemment au Champ de Mars par le fils cadet du couple présidentiel, Sandro Martelly, servait de prétexte pour expédier à l’étranger une partie de la cocaïne.  Les dix avions qui se trouvaient sur la piste de l’aéroport, à cette occasion, devaient servir au transport de la marchandise interdite ».  Voilà qui était particulièrement bien pensé :  allez donc tomber sur le bon contenant la coke dans cette escadrille de jets !!!  Un faux concert, ou un vrai (il a bien eu lieu) avec en vedette Martelly Junior, pour ramener au plus vite la cargaison via des jets privés, direction Miami !!!  Un concert annoncé en grande pompe et réunissant du beau linge… enfin ce qu’on fait dans le genre, en ce qui concerne le rap, et leurs allures si avenantes comme le montre la photo de promotion, ci contre à gauche…. Chris Brown, Lil Wayne avaient en effet été annoncés… un peu rapidement semble-t-il par le fils Martelly, lui-même, un rappeur raté… (on peut voir ici son père à l’enterrement de Black Allez, autre rappeur haïtien, à droite une pochette de disque du temps où « Sweet Micky » avait des cheveux – et toujours aussi mauvais goût).  Un concert dont l’annonce n’avait pourtant pas eue l’air de plaire à tout le monde : « ayant été touché de la tenue du concert, Haïti Liberté s’est entretenu avec plusieurs agents qui travaillent avec Lil Wayne et Chris Brown et a découvert que, en règle générale, ces deux artistes réclament, chacun, un cachet de $1,000.000 pour leurs performances à l’extérieur des États-Unis. Un jet privé les emmènera en Haïti.  Dans une interview avec Le Nouvelliste, Olivier Martelly a déclaré qu’il y aurait « des partenaires et d’autres célébrités » voyageant pour le concert, ce qui, compte tenu des mesures spéciales de sécurité, pourra faire grimper le coût de l’événement à près de 3 millions de dollars (…) lors d’un procès pour corruption et durant une enquête judiciaire avortée, Olivier Martelly a été cité comme l’un des membres de la famille Martelly bénéficiant le plus de la corruption du régime, ainsi que sa mère Sophia. La poursuite allègue qu’il a siphonné environ $ 6,2 millions provenant du compte de PetroCaribe d’Haïti, somme d’argent qui est allée remplir les coffres d’une agence de sport gouvernementale qu’il dirigeait (3). Entre autres choses, il a acheté une voiture de sport pour $ 115 000 avec des fonds mal acquis, selon le procès »…  Ainsi allait Haïti au temps de la famille Martelly (le concert a bien eu lieu, avec Martelly père sur scène, dont l’attitude et la prestation pitoyables avait été dénoncée ici par un sénateur haïtien d’opposition) !  Pour ajouter à la confusion, qui verra-t-on en août 2016. un rapport sur l’utilisation des fonds du programme PetroCaribe et leur détournement ?   Un document dans lequel on pouvait lire qu’il « était apparu clairement que le système mis en place pour la gestion des fonds Petro Caribe, couplé à une utilisation abusive des dispositions des lois d’urgence successives, ont créé une situation qui a permis aux dirigeants d’échapper à tout contrôle dans l’attribution des marchés et surtout dans la détermination des prix facturés à la collectivité ».  On ne l’attendait pas vraiment, car il s’agissait de l’ineffable Latortue en personne, de retour au premier plan (il est désormais de président du Sénat) qui avait trouvé là matière à ce qu’on ne s’intéresse pas à lui mais plutôt au fils Martelly voire à son père, ou bien au nouveau président !!! Voire à prétendre à défendre le peuple aux prochaines élections présidentielles (il en rêve toujours et sait que les USA le soutiennent malgré ce qu’ils savent sur lui) ! Le 24 août la police haïtienne et la DEA arrêtaient deux vénézuéliens sâgé de 39 ans et 25 ans.  A bord de leur voiture, 500 000 dollars, répartis en plusieurs paquets de 10 000 dollars.  Un demi million de dollars, venus d’on ne sait où (ou plutôt, dont on se doute de la provenance) !!! 

 

L’étrange libération de Ketant, aux USA

Etrangement encore, huit jours plus tard, aux USA toujours, Limongy était donc libéré, or au même moment on avait appris une réduction de peine pour Jacques Kétant… le trafiquant derrière le président Aristide, enfermé aux Etats-Unis depuis.  Sa peine de 27 ans venait de passer subitement à 162 mois (13 ans et demi).  L’homme pouvait alors être libéré par les américains, à la surprise générale« comme c’était attendu depuis quelques mois, l’ancien trafiquant de drogue a été renvoyé en Haïti par l’immigration américaine mardi en cours de journée.  Kétant a fait le voyage avec 18 autres ressortissants haïtiens déportés pour des raisons diverses ».  Oublié le fait que les gardes du corps de Kétant avaient abattu un fonctionnaire dans une école privée fréquentée par les enfants du personnel de l’ambassade américaine à Pétion-Ville !!!  Quel était donc ce deal passé par Philippe et les autorités américaines pour revoir à l’air libre le principal trafiquant de l’ère Aristide et ses gardes du corps assassins ?  « Initialement condamné à 27 ans de prison, Kétant, 52 ans, a été détenu dans un établissement correctionnel fédéral à sécurité minimale en Louisiane avant d’être transféré aux autorités de la migration. Beaudouin « Jacques » Kétant avait vu sa peine de 27 ans diminuée de moitié le vendredi 17 avril dernier par un juge fédéral.  Le bureau du procureur des États-Unis à Miami avait recommandé la réduction de sa peine en raison de son « aide substantielle» en tant que témoin dans d’autres poursuites fructueuses.  Les révélations de M. Kétant ont permis à la justice américaine de procéder à l’arrestation de plus d’une douzaine de trafiquants.  Il a entre autres aidé à épingler des anciens membres de gouvernement et des agents de la Police nationale d’Haïti, selon des informations révélées par le journal américain Miami Herald« .  Qui donc étaient ces fameux « anciens membres du gouvernement haïtien » ? « A rappeler que Jacques Ketant (ici à droite son énorme villa de Port au Prince au temps de sa splendeur) avait fait des confessions aussi sur l’implication de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide qui aidait à la mise en place de ce « Narco-Etat » en Haïti.  Il avait indiqué avoir payé Aristide et l’ancien chef de la sécurité présidentielle du Palais national à l’époque près de 500 000 dollars par mois afin qu’on laisse ses avions chargés de la cocaïne atterrir sur une route nationale.  L’ancien président Aristide n’a jamais été accusé et ses avocats ont toujours clamé son innocence dans cette histoire » avait écrit Haiti Press Network.  Aristide… et ses successeurs !!!  Pas sûr que Kétant lui-même soit heureux de sa libération : on rappelle qu’il avait dénoncé le chef de sécurité de Jean-Bertrand Aristide, Oriel Jean.  Or celui-ci avait été été assassiné dès son retour en Haïti après avoir écopé seulement d’une peine de trois ans de prison aux États-Unis et avoir témoigné contre le baron de la drogue, Serge Edouard, condamné en 2005 aux USA, et les Colombiens impliqués dans le trafic de plusieurs tonnes de cocaïne colombienne…  Souhaitait-on raviver la guerre des gangs sur place ?  En fait, à bien y regarder, avec l’histoire du Manzanares, et ses profondes implications, c’est évident, on revenait … près de 15 ans en arrière : « « en 2004, au temps d’Aristide (2), James B. Foley, ambassadeur US avait pourtant déjà dénoncé le rôle de ces cargos venant d’Haïti, raconte ici le NYT … ceux emportant la drogue de Beaudoin Ketant, trafiquant lié à Aristide.  On estimera à 80 tonnes de coke ayant ainsi circulé au temps de l’ancien abbé devenu président ! »… 80 tonnes déjà, à l’époque. Alors pensez-donc aujourd’hui !!!

L’accusation directe

Dans un panier de crabes comme l’est la direction de l’Etat Haïtien, on est toujours trahi par ses proches. Ainsi avec l’ex-sénateur Simon Dieuseul Desras, ex-président du Sénat, et un des principaux soutiens de l’ex-président de la République, Michel Martelly, et grande gueule en politique, qui, lors d’une interventions à la radio haïtienne avait affirmé que « les États-Unis, qui prétendent combattre le trafic de la drogue, projettent d’installer au Palais national un trafiquant notoire, puisque dans les champs de banane de Jovenel Moise, dans le Nord-est, il y a une piste d’atterrissage pour organiser le trafic, et la DEA peut s’y rendre maintenant pour confirmer mes dires ».  Le principal visé avait répondu ici aux accusations.  Pire encore quand le même soutien de Martelly annoncera une proximité entre Jovenel et un trafiquant notoire, qui a disparu depuis :  « Lors de son intervention à l’émission de Lilianne Pierre- Paul, l’ex-parlementaire, a indiqué qu’il avait eu l’occasion de rencontrer Jovenel Moïse en compagnie d’Evinx Daniel, tout au début du mandat de Michel Martelly.  Selon lui, les deux hommes étaient venus le voir afin de l’inciter à voter en faveur de Daniel Rouzier, le tout premier candidat au poste de Premier ministre de Sweet Micky ».  L’ami anonyme d’Evinx Daniel a indiqué que l’homme choisi par Michel Martelly pour assurer la continuité de l’administration tèt kale avait été introduit au président Martelly par celui-ci. Mais au fil des ans, Martelly a fini par le prendre en sympathie au point qu’il est devenu encore plus proche du président que l’homme de Port-Salut.  Le même informateur laisse croire que la disparition d’Evinx Daniel reste encore un mystère, il a des raisons de penser que son ami a été victime d’un « mauvais sort » que lui aurait fait Martelly par l’entremise de son beau-frère.  Il dit qu’il croit dur comme fer que la disparition de Daniel résulte d’une affaire qui a « mal tourné ».  L’ami de Daniel a expliqué aussi que son ami avait investi d’importantes sommes d’argent dans l’entreprise de bananes de Jovenel Moïse. Cela, dit-il, avait facilité « le blanchiment » des bénéfices qu’il tirait du trafic de stupéfiants.  Il assure qu’Evinx Daniel serait, autant qu’il sache, l’un des premiers investisseurs dans l’entreprise de Moïse.».  Pour ce qui est du cas d’Evinx Daniel, il faut vous reporter ici. « La course de lenteur » de l’enquête sur sa disparition montre bien qu’on ne tient pas du tout à l’élucider.  On rappelle rapidement le cas : avait été trouvée de la coke chez Daniel, ce dernier s’était défendu en disant qu’il avait lui-même récupérée en mer… Or le président Martelly était un habitué du Dan’s Creek Hôtel appartenant à Evinx Daniel, il y avait passé la nuit du 3 au 4 août 2013, après être même monté dans la journée sur le yacht de ce dernier.  La disparition sans laisser de traces de Daniel  le 5 janvier 2014, avait été suivie d’un étrange scénario :  son pickup Toyota Hilux vert immatriculé JJ 02714 avait en effet été retrouvé plus loin, à Pont-Gaudin, devant une station à essence des Gonaïves.  A l’intérieur de ce véhicule, il y avait deux bombes de gaz lacrymogène, une somme de 2 000 dollars américains, et une étrange police d’assurance au nom de «Cathia Simon ».  Lors de sa disparition, le journal Haiti Observateur avait titré ironiquement le 22 janvier suivant « Evinx Daniel, le Jean-Dominque de Martelly » ?  laissant entendre lourdement une connivence de la présidence avec le trafic de drogue (ci-dessous une image rare, celle de la méthode des trafiquants pour jeter à la mer les ballots de cocaïne que récupèrent les trafiquants au large d’Haïti, ceux qu’étaient allé chercher en mer Evinx Daniel) !

 

Plus de bananes, déjà !

Restent les bananes, au fait, comme revenus pour le pays, mais que sont-elles depuis devenues ?  Les fameuses bananes de Jovenel n’ont duré qu’un temps très court : « depuis juillet 2016 Agritrans n’exporte plus de bananes vers l’Europe.  La production est à l’arrêt.  Des centaines d’hectares de terre sont en jachère.  Une nouvelle variété de bananes doit bientôt remplacer les plans qui avaient suscité l’espoir de la reprise de l’exportation de cette denrée plus de soixante ans après le départ de la dernière cargaison depuis Haïti datant de 1955.  Une maladie, de nouvelles orientations, l’agriculture n’a jamais paru plus fragile qu’avec ce projet pharaonique qui cherche un nouveau souffle » pouvait-on lire ici.  « Jouxtant l’Université Roi Henri Christophe de Limonade, se trouvant presque en face du parc industriel de Caracol sur la route nationale #6 conduisant à Ouanaminthe, le projet Agritrans, qui a suscité deux ans plus tôt pas mal d’éloges, a beaucoup perdu de sa superbe, a constaté sur place vendredi dernier une équipe du Nouvelliste.  Du projet, officiellement lancé en grande pompe en octobre 2014 dans le département du Nord-Est, il n’en reste qu’un véritable champ de ruines surveillé de près par des gardiens sur le qui-vive empêchant les journalistes, qui s’étaient rendus sur place, de visiter, de filmer ou de photographier la plantation. Projet agricole-phare de la présidence Martelly, la plantation de bananes, qui devait s’étendre sur mille hectares, est complètement dévastée.  Le spectacle de ce vendredi 17 mars dernier est sinistre, avec des bouts de tuyaux cassés du système d’irrigation qui pendent, des vaches qui broutent allègrement, une bonne partie de la terre remuée.  La quasi-totalité des bananiers aperçus ont perdu feuilles et fruits ».  Depuis, Moïse est devenu président, et ne dirige plus Agritrans.  Mais personne pour lui rappeler les millions de dollars investis dans le projet, qui n’aura même pas tenu deux ans !  Il y aurait englouti 6 millions de dollars d’aides de l’Etat (27 étaient prévus au départ, avec l’aide d’investisseurs étrangers !).  Le président peut remiser définitivement son tracteur : l’illusion du bateleur Martelly qu’il avait aidé à maintenir s’est déjà effacée, ses bananes sont déjà devenues invisibles… « l’homme-banane » (on a fait pire comme titre) dirige désormais une république bananière, voilà toute la différence !

Expatriés au Mexique ?

Depuis, en effet des choses ont changé. Des Haïtiens écœurés, sont partis s’installer… à Tijuana, au Mexique, en raison d’une décision de… Barack Obama, comme quoi Trump n’a pas inventé tout ce qu’il a pu vanter ces derniers temps !!! « Au lendemain du tremblement de terre de 2010 qui a dévasté Port-au-Prince et ses environs, le gouvernement américain a mis en place le Statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens, mais un durcissement de la politique migratoire à la fin du mandat de Barack Obama – visant à dissuader les migrations croissantes vers les Etats-Unis – a laissé plus de 4 000 hommes et femmes bloqués au Mexique.  Après avoir été initialement logés dans des abris temporaires à Tijuana, les migrants finirent par abuser de l’hospitalité et ont été forcés de trouver un autre logement.  Ainsi, dans une partie pauvre de la ville appelée Divina de Providencia – située entre deux collines dans l’arrondissement de Playas de Tijuana – près de 2 000 migrants ont établi leur «Little Haiti» ».  Une diaspora en contact direct avec les trafiquants mexicains, voilà qui n’est pas pour améliorer la chose, à bien y regarder… on voudrait empirer la chose que l’on n’aurait pas fait autrement.  Sur place, comme à Calais, on rêve toujours en priorité de traverser la frontière....  Sur place encore, les haïtiens ont été bien accueillis : entre damnés de la terre, la solidarité n’est pas un vain mot… encore un qui ne fait pas partie du vocabulaire d’enfant de cinq ans de Donald Trump !

Les neveux de Cilia Flores, arrêtés… en Haïti

Toute l’agitation de la DEA pendant des mois autour d’Haïti avait aussi un but.  Une fois le filet posé, il faut attendre l’arrivée des plus gros poissons dans la nasse.  Le fils Martelly et son compère hondurien Fabio Porfirio Lobo, capturé en mai 2015, auront servi en réalité d’appât à une plus grosse prise encore.  Celle de Efraín Antonio Campo Flores et Franqui Francisco Flores de Freitas, les neveux du président vénézuélien Nicolás Maduro et de sa femme Cilia Flores, arrêtés le 11 novembre… à Port-au-Prince, à bord… d’un jet privé.  Une longue enquête de la DEA US portant sur l’utilisation privée du terminal militaire de l’aéroport Simon Bolivar l’avait persuadé, dès 2013, qu’un intense trafic de drogue s’y passait.  La coke provenant des Farcs, l’armée vénézuélienne étant dans le coup comme on le sait.  Il suffisait alors de préparer un piège, dans lequel étaient tombés les deux neveux bien peu précautionneux.  Ils menaient très grand train de vie, n’hésitant pas à exhiber leurs dernières voitures de sport ou leurs escapades en jet.  Ne montrant pas grande signe d’intelligence, à vrai dire; à étaler leurs voitures de sport bêtement devant la presse. Ils prévoyaient dans le plan qu’ils avaient rapidement élaboré d’utiliser leurs relations, notamment le lien avec Fabio Porfirio Lobo pour acheminer au Honduras une grande cargaison de cocaïne (pour ce faire, un avion aurait dû atterrir avec la drogue à l’aéroport Juan Manuel Gálvez de Roatán).
Pour les prendre de cours, un informateur de la DEA, endossant le rôle d’un narco-trafiquant mexicain, les rencontrera donc à Caracas pour préparer ce transfert, estimé au bas mot à 20 millions de dollars (900 000 dollars avait été promis à l’informateur lors de l’accord).  Les neveux lui assurant que leur immunité diplomatique protégerait leur vol. Pour assurer le coup, un paquet de 5 kilos de coke avait été emporté comme preuve de la qualité de la fourniture future annoncée (la drogue était pure à plus de 95%).  C’est ce simple paquet qui scellera leur capture et leur arrestation à Port au Prince.  Les enquêteurs découvriront également 10 kilos de coke sur le yacht « The Kingdom » enregistré aux Bahamas (ici à gauche), et 80 de plus dans une propriété d’un des deux neveux.  A bord de leur jet privé on trouvera deux armes à feu et même un lance-roquettes AT4.  Le jet choisi était le Cessna Citation 500 YV2030 appartenant aux businessmen vénézuéliens Majed et Khaled Khalil Majzoun, d’origine libanaise, propriétaires d’entreprises au Panama et en Bolivie.  Deux « « Boliburguesias » à savoir des gens ayant fait fortune sous Chavez (via notamment la société Hardwell Technologie, Grupo Orbis ou Pacific Rim Energy).  Selon Interpol, deux individus considérés comme les hommes de paille de Diosdado Çabello, celui qui « a plus de pouvoir que Nicolas Maduro » (puisqu’il dirige aussi l’armée).  Comme pilote, il y avait un vieil habitué des transferts de coke par jet :  Antonio Lamas Rondón (ici en compagnie de Cilia Flores, la première dame du pays !), ancien capitaine des « Fuerzas Armadas venezolanas » qui sera arrêté plus tard en 2016 à l’aéroport El Dorado de Bogota, en Colombie.  Il est réputé avoir effectué plus de 100 rotations de coke au cours des dix dernières années à bord de divers appareils : c’était le pilote attitré du « Cartel de los Soles » !  Maduro avait fait une belle erreur à son propos, en sollicitant Juan Manuel Santos, président de la Colombie, pour obtenir son extradition vers le Venezuela, et non les USA.  Il avait été arrêté le 6 juin 2016 et avait été extradé le 24 juin 2017 après avoir passé 386 jours à la prison de La Picota à Bogotá.  Le 28 octobre 2016, nouvelle prise consécutive avec l’arrestation d’un Hondurien, cette fois, Roberto de Jesús Soto García (ici à droite), aussitôt extradé vers les États-Unis.  C’était depuis des années l’organisateur des envois de drogue depuis l’aéroport international Juan Manuel Gálvez.  Il n’y pas que les neveux qui étaient tombés, ce jour-là, et Haïti figurait bien comme plaque tournante d’un circuit partant du Venezuela pour arriver au Honduras !

« Singulier petit pays » où le président n’aurait pas dû l’être !

Un blog qui ne mâche pas ses mots, Twa Fèy, Twa Rasin O!  – et à Haïti les mots sont très imagés – a découvert bien après coup hélas que Michel Martelly n’aurait même pas dû être président.  Oh, pas pour incompétence, ça il l’avait assez montré, ni pour trafic de drogue.  Non, pour une simple raison « technique » : « singulier petit pays où le monde politichien s’accommode de l’évolution en queue de poisson de la res politica. Tenez, Merten, l’ancien ambassadeur américain en Haïti, entre juillet 2009 et juillet 2012, vient de nous apprendre que le tortueux  Michel Martelly avait renoncé à son statut de résident permanent aux USA en retournant sa carte de résidence permanente à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince en 2011. Or, selon le point E de l’article 39 de la loi électorale de 2008: « Pour être candidat à la présidence de la République d’Haïti, il faut  résider dans le pays depuis (5) cinq années consécutives avant la date des élections.» Pour être en règle avec la loi, il aurait fallu que Michel Martelly renonce à son statut de résident permanent aux USA en 2005, ce qui n’a pas été le cas ».  Les américains, en poussant leur candidat, qui résidait encore chez eux, l’avaient aussi oubliée, celle-là.  Trump, surtout, il semble bien !!!

Trump a surtout oublié une chose…

Trump aurait dû réfléchir avant d’injurier Haïti (mais est-il capable de réfléchir ?).  Car les haïtiens réfugiés au Canada viennent de sérieusement le moucher en rappelant à son bon souvenir un de se anciens locataires de la Trump Tower (il semble l’avoir déjà oublié, lui aussi).  « Plus d’un cinquième des condominiums  (des villas ou des appartements, en fait juridiquement des superficies, bénéficiant d’un droit international et non ce celui du pays où elles se situent) de Trump aux États-Unis ont été achetés depuis les années 1980 dans le cadre de transactions financières secrètes conformes à la définition du Département du Trésor des transactions suspectes, vient de rapporter Buzzfeed News.  Les dossiers montrent que plus de 1 300 condominiums Trump ont été achetés par des sociétés écrans, ce qui permet aux acheteurs de protéger leurs finances et leurs identités, et ce, sans hypothèque, ce qui protège les acheteurs des demandes de prêteurs.  Ces deux caractéristiques soulèvent des alarmes sur le blanchiment d’argent possible, selon les déclarations publiées ces derniers mois par le Département du Trésor, qui a enquêté sur des transactions comme celles de tout le pays.  L’agence peut même exiger des professionnels de l’immobilier d’adopter de nouveaux programmes pour garder les fonds obtenus illégalement d’être investis dans un logement de luxe pour dissimuler les origines de l’argent.  Les sociétés de Trump auraient vendu 35 millions de dollars de biens immobiliers rien que l’année dernière – la plupart du temps à des sociétés écrans secrètes qui ouvrent le président à un éventuel trafic d’influence.  Selon le rapport de Buzzfeed News, le gouvernement haïtien s’est plaint dans les années 1980 que l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier (ici à gauche avec… Martelly) avait blanchi de l’argent volé dans le trésor de la nation des Caraïbes en achetant un appartement de la Trump Tower.  Duvalier, surnommé « Baby Doc » (ici à gauche avec…Martelly) a été renversé en 1986, mais trois ans plus tôt, il a utilisé une société anonyme panaméenne appelée Lasa Trade and Finance pour acheter l’appartement 54-K dans la tour Trump à Manhattan pour 446 875 dollars.  Trump, le futur président des États-Unis, a signé l’acte de vente ».  Et ce n’est pas fini comme retour de bâton des haïtiens :  « en 1984, des procureurs fédéraux ont accusé un Russe de blanchir le produit d’une opération de contrebande d’essence à l’aide de cinq condos « Trump Tower » achetés pour 4,9 millions de dollars.  David Bogatin a plaidé coupable en 1987 et a servi huit ans dans une prison fédérale ».  Trump, pas gêné, avait même posé fièrement en photo aux côtés de Bogatin (ici à droite)… Il y a plus de trente ans que Trump est en relation avec des russes !

Depuis hier, des petits malins projettent (ici à gauche) sur la façade de l’immeuble les mots de Trump…. en retour de bâton, ma foi, plutôt adroit.  A semer la tempête…  Au final, pour Trump, un rappel historique salutaire s’impose.  S’il est capable de le lire, ou même de le comprendre, ce dont on peut aussi douter.  Le texte, superbe, est ici (et je vous conseille d’en prendre connaissance).  Voici sa conclusion, lumineuse : « ce qui est clair, c’est que tandis que Trump défend ses actions en prétendant qu’il met l’Amérique en premier, il est aveugle au fait que le comportement américain dans son «arrière-cour» en Amérique Centrale a souvent entravé le développement de ces pays ou pire encore.  Si il se souciait de l’histoire, il saurait d’où viennent ces « pays de merde »…

(1) un avion piloté par une personne ne connaissant pas son propre employeur :  « le pilote mexicain Ricardo León Nandayapa, qui pilote depuis deux ans le modèle G-1159, série 253, un Gulfstream, immatriculé N16YY et / ou N522HS, propriété du sénateur Felix Bautista, révèle qu’il n’a pas connu tout de suite son employeur, qu’il a facturé une somme de 6000 $ US par mois sur un compte bancaire, mais qu’il n’a jamais su qui l’avait payé.  Dans l’interrogatoire mené par le procureur spécial contre la corruption administrative (Pepca), León Nandayapa a déclaré qu’il avait été contacté par son ami Roberto Hernández, qui était le pilote de l’avion alors qu’il était encore au Mexique et l’a recommandé parce celui-ci quitterait bientôt le travail « .

(2) dans une plainte au tribunal lisible ici et ici le « résumé » de la famille : « Youri Mevs, Gregory Mevs, Fritz Mevs Sr, Jr Fritz Mevs – Des huiles de cuisson des parcs industriels, à la fabrication de terrains de dans le cadre du WIN Group. Au milieu des années 90, ils ont dirigé un groupe pour développer une usine de ciment de 10 millions de dollars en Haïti. A propos de Win Group, tenu par la famille Mevs,  est l’un des plus grands conglomérats des Caraïbes avec des participations dans diverses industries telles que: l’entreposage et le stockage, les opérations portuaires et le traitement de l’éthanol. Les avoirs de WIN comprennent Shodecosa, le plus grand parc industriel et commercial privé en Haïti, Terminal Varreux, le plus grand terminal de transport de marchandises générales privée, WineCo, la plus grande installation de stockage en vrac liquide et maintenant, la  West Indies Free Zone, de 45 millions de dollars, et 1,2 million de pieds carrés de parc industriel dans le nord de Port-au-Prince, entre autres entreprises. La famille de quatrième génération a toujours eu un impact significatif sur le pays grâce à ses activités basées sur le service social, et soutient activement de nombreuses organisations fournissant à la fois des secours immédiats et un développement de l’infrastructure à long terme » peut-on lire dans un article énumérant les plus riches du pays, qui cite aussi les Biggio (Gilbert Biggio, Reuven Biggio, Laurence Biggio, Yael Biggio,) les Brandt (Clifford Brandt, Gregory Brandt, O. J. Brandt) et Michael Madsen qui contrôle 98% de la bière locale, sans oublier la famille Acra (Marc-Antoine Acra, Olivier Acra), déjà citée dans l’article et … l’incroyable fortune accumulée par Jean Bertrand Aristide !!!
(3) l’argent aurait dû servir aux Haïtiens, mais avant même que le fils Martelly ne le détourne, les USA avaient tout fait pour détruire l’accord passé entre le Venezuela et Haïti, sous le gouvernement de René Préval et avec Chavez.  Les firmes pétrolières américaines ExxonMobil, Chevron et Texaco avaient été fort actives dans le genre.  Martelly avait vite dénoncé l’accord, dès son élection, en choisissant de se tourner vers la Colombie, plutôt, d’après le journal  The Nation.

On peut relire ces épisodes :

 

Coke en Stock (CVI) : une promesse de 800 kilos de coke et… la chute de la maison Maduro à la clé

Coke en Stock (CXV) : après les neveux, l’ex pilote personnel de Cilia Flores !

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Justice pénale : quand les avocats trahissent leur serment

Régulièrement, les affaires criminelles placent les avocats sur le devant de la scène, et nombre ...