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Coke en stock (CLXII) : Dossier Venezuela (12). Les tripatouillages électoraux et le crash révélateur de 2008

Parfois, il faut revenir un peu en arrière pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui.  Le 5 mars 2011 dans l’épisode « Coke en stock (XII) : et quand y’en a plus... » j’avais remarqué un crash  d’avion fort particulier.  De nouveaux éléments, apparus depuis sur ses occupants, notamment, éclairent d’un jour nouveau ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela, héritier d’un système de machines à voter mis en place sous Hugo Chavez, un système bien particulier comme on va le voir.  L’avion s’était littéralement encastré dans une maison de banlieue de Caracas après avoir raté son décollage…

L’image était criante en effet.  Le Piper  PA-31-310 Navajo, bien connu des trafiquants avec sa large cabine intérieure, souvent rempli de bidons d’essence, ou de drogue (1) immatriculé N6463L en miettes, gisait en partie sur le balcon d’une habitation, une résidence appelée « Yennimar », ses moteurs et son fuselage en contrebas du bâtiment. L’intensité du choc n’avait laissé aucune chance aux occupants de l’appareil.  L’appareil avait manifestement raté son décollage de l’aéroport de Internacional Del Centro Simon Bolivar (SVMI), Maiquetia, Venezuela.  Sa destination prévue était  Hato Airport (TNCC), à Curacao, dans les Antilles Néerlandaises.  Autrement dit, un voyage suspicieux.  Le choc, effroyable (les photos sont ici), avait tué les 3 personnes à bord mais aussi quatre au sol, et en avait blessé également quatre sur place également.  Le pilote, qui avait constaté une perte de puissance moteur, était sur le chemin du retour à l’aéroport quand il avait heurté les toits.

 

Des questions, tout de suite à propos de ce crash

Deux choses intriguent vite les observateurs lors de ce crash ou plutôt… trois.  Un fin observateur comme Hopsicker remarque tout de suite sur une photo du crash un détail de la queue de l’appareil qui n’a pas brûlée. Elle arbore en effet un étonnant jeu de cartes.  Je l’avais expliqué en ligne déjà le 5 mars 2011 « Quatre as.  Or, en Floride, le 19 novembre 2006, une société d’aviation avait été créée s’intitulant « Four Aces Aviation LLC » , dont le siège était à Coral Gables, en Floride…. tiens, c’est la troisième fois que ce nom apparaît ici, dont deux fois déjà propos de la CIA !!!  La firme créée est au nom d’un dénommé Roland-Sanchez Medina.  Le président de la « Cuban American Bar Association« … créé en 1974, autrement dit les bons vieux anticastristes de Floride… présentés comme les gens les plus ouverts du monde, bien entendu.  On vous a dit déjà que Coral Gables regroupe tout ce qu’il y a d’anticastristes et d’agents de la CIA en Floride.  L’avion crashé a-t-il un rapport avec ?  Un autre point important est à noter :  le pilote, Mario Donadi Gafaro n’aurait pas dû être à bord.  Il était logiquement encore en train de purger une peine de prison de huit ans pour trafic de drogue dans une prison vénézuélienne !  Qui l’a sorti de son trou ?  Chavez ?  Avant d’être emprisonné là-bas, il en avait pris pour 3 ans aux Etats-Unis pour le même motif !  C’est un abonné aux vols de transport de drogues !  Et c’est lui le pilote ! » . Un pilote censé être en train de purger une peine de prison qui s’écrase en pleine capitale vénézuélienne avec un avion enregistré en Floride, avouez que ça questionne en effet.  Donaldi, pilote des contrebandiers de coke avait été condamné des deux côtés : en 1999 une première fois aux USA pour laquelle il avait fait 3 ans de prison, et une deuxième de huit ans au Venezuela.  Qui donc l’avait libéré et pourquoi donc, demeure toujours un beau mystère… aujourd’hui encore.  Le pouvoir vénézuélien était (et est toujours) proche des trafiquants de drogue, on le sait.  Est-ce là la seule raison de sa soudaine disparition ?  Quelle lutte de pouvoir interne entre trafiquants, militaires ou hommes politiques aurait pu amener à provoquer cette catastrophe aérienne ?  Qui aurait pu vouloir sa mort ?  Ou cela n’était-il qu’un simple accident aérien (le pilote avait annoncé à la tour de contrôle un problème mécanique sur les DEUX moteurs en même temps, ce qui est plutôt rare).  En 2011, à la parution de l’article, je n’avais aucune solution à cette énigme.  Et pas davantage aujourd’hui, mais une autre piste…

Ce n’était pas du côté du pilote qu’il fallait regarder 

On en reste là, enfin pour ce qui me concerne, avec une histoire somme toute banale de crash d’avion piloté par un trafiquant notoire, jusque ces derniers mois où m’est revenu le nom d’un des deux passagers.  Celui-ci s’appelle Alfredo José Anzola Jaumotte, et c’était en fait le responsable de la société Smartmatic, représentant les machines à voter Sequoia utilisées aux USA.  Des machines qui avaient permis à Hugo Chavez de railler l’élection américaine en affirmant qu’elles permettaient de les trafiquer, car aux Etats-Unis, selon lui, le mal était partout, bien entendu.  Des machines fabriquées en fait à Taïwan et qui ressemblent plutôt à des caisses enregistreuses de supermarché (des terminaux) qu’à des machines à voter.  Un jour, son patron révélera qu’elles étaient en fait fabriquées au départ par… Olivetti (en effet… avec son « modèle 206 » fort ressemblant :  on remplace le ticket de caisse par le ticket prouvant que l’on a voté, et voilà tout)… Smartmatic avait racheté en effet Sequoia, au lourd passé de suspicions de tripatouillages électoraux possibles, en 2005.  Après en avoir installé dans 16 états aux USA, voici que Smartmatic revendait brusquement, par la voix de son CEO Antonio Mugica, les machines d’origine Sequoia en 2007.  L’excuse donnée était surprenante : « le 22 décembre 2006, Smartmatic Corporation a annoncé l’intention de la société de vendre Sequoia Voting Systems, étant donné le climat difficile sur le marché américain, entaché d’un débat incessant contre l’investissement étranger, notamment dans le choix de la technologie ».  Exit les machines à voter à la réputation sulfureuse, donc, ou celles ressemblant trop à des caisses enregistreuses.  Du moins, aux USA.  Or on avait oublié une chose primordiale :
Antonio  Mugica (ici à gauche)  est en fait d’origine vénézuélienne.  Ce sont deux associés et lui, à savoir Alfredo José Anzola Jaumotte (celui décédé dans l’accident !) et Roger Piñate, qui avaient créé ensemble l’entreprise de machines à voter à Caracas, même au Venezuela alors qu’ils travaillaient tous trois chez Panagroup Corp !!!  Et ça, Chavez s’était bien gardé de le rappeler !!!  Les trois avaient en effet créé au départ Software Softer, C.A. à Caracas en 1997 , devenue ensuite Bizta R&D Software, C.A. en 2001, avec déjà à l’époque une entreprise installée à Boca Raton aux USA, dans l’espoir de conquérir le marché US.  Ils avaient pour cela obtenu une aide financière de Jorge Massa Dustou, un des hommes les plus riches au Venezuela (il est français également).  C’est le créateur de Grupo Mistral, un groupe pharmaceutique vénézuélien.  Sa femme, Ana Cisneros de Massa, n’est autre que la sœur du milliardaire Gustavo Cisneros.  Autre fait oublié, le gouvernement de Chavez avait même investi 200 000 dollars dans leurs recherches, notamment dans l’élaboration d’un consortium appelé SBC, aidé en cela par l’entourage tout militaire de Chavez.  « L’accord du consortium SBC a été légalisé  par Gisela Rangel de D’Armas, alors vice-présidente de l’organisation, et fille de José Vicente Rangel (ici à droite avec Chavez).  L’accord avec Bizta obligeait le gouvernement vénézuélien à posséder 28% de Smartmatic et plaçait  le président du Conseil des ministres du Venezuela et conseiller de Hugo Chávez, Omar Montilla, au conseil d’administration de Smartmatic.  Montilla a également été nommé directeur de Bizta le 15 décembre 2003.  Après avoir été informé que le gouvernement vénézuélien avait été impliqué dans le financement et la gestion de Bizta pendant plus de deux ans, Smartmatic a rapidement remboursé le «prêt» de Bizta, un mois avant les élections.  Une organisation de propagande du gouvernement vénézuélien, le Bureau d’Information du Venezuela, a également publié une « fiche d’information » sur Smartmatic, défendant l’entreprise contre les allégations à l’époque. » Cela ne faisait pas très « chaviste » que de s’associer avec des milliardaires, sans doute…  Fort critique à l’égard des élections américaines, Chavez s’était en fait équipé d’un matériel fort voisin, qui permettait tout autant de… voler à sa guise les élections, si l’envie lui prenait !  Et c’est justement la société de Mugica qui lui en avait donné les moyens !  On comprend mieux à ce stade pourquoi deux personnalités politiques de premier plan s’étaient précipitées à l’hôpital de Caracas pour connaitre le sort des occupants de l’avion qui s’était écrasé : Jesse Chacon, ancien lieutenant de l’armée devenu ministre de l’intérieur de l’époque (et ex-ministre de la Communication et de l’Information du Venezuela), chargé des élections, et Jorge Rodriguez, l’ancien responsable de la commission électorale et ancien vice président du Venezuela !  Chacun qui deviendra président en 2009 de l’institut de sondage Grupo de Investigación Social, autre grande organisme de propagande et de manipulation.  Maduro l’a rappelé de son exil pour en faire son ministre de l’Énergie électrique… mais il a déjà été remplacé en 2015, par le général Luis Alfredo Motta Domínguez.  La mort du responsable des machines à voter, pensez-donc, quelle affaire !

L’éternelle question à propos des machines à voter

Ces machines électroniques à voter étaient loin d’être sécurisées, on le sait, quels que soient les modèles, car aucun ne résiste longtemps à un hacker.  En 2008, dans le New-Jersey, les machines Sequoia encore en place avaient été l’objet d’une intrusion, d’un « hacking » évident.  En cause, leur système archaïque d’utiliser des cartes mémoires flash individuelles pour enregistrer les votes, qui étaient ensuite stockées dans la mémoire interne de l’appareil et ensuite encore extraites à la main et sur une « cartouche de résultats ».  En 2016, on s’était souvenu de la brillante démonstration d’Andrew Appel, capable de modifier les votes d’une machine (d’un autre genre il est vrai) en moins de 7 minutes, en échangeant les puces en ROM d’un de ces appareils.  Au moment où déjà été évoquées la possibilité de cyber-attaques d’origine russe, belle ironie.  Le doute, à partir de là pouvait s’installer côté des vénézuéliens, qui utilisaient ces machines depuis quatre ans déjà.. dès 2004, alors que la première élection de Chavez en 1997, indubitable, celle-là, n’avait pas été le fait de ce genre de matériel, pas encore mis en place à l’époque.  Une longue étude des votes qui ont suivi, lisible ici, jette le doute certain sur les suivantes, en tout cas : « la loi électorale, approuvée au Venezuela en 1997, a établi l’automatisation du décompte des voix.  Entre 1998 et 2000, le décompte des voix a été effectué manuellement et automatiquement. Cependant, depuis 2004, les résultats proviennent exclusivement d’un centre informatique, où les données des machines à voter sont distribuées dans tout le pays sont centralisées ».  Mais il n’y pas que les machines en cause, là-bas, il y a aussi ceux qui s’en chargent : « une autre caractéristique importante qui différencie les processus électoraux avant et après 2004 est la composition de l’organe directeur des élections, le Conseil national électoral (CNE en espagnol). L’Assemblée nationale, contrôlée par la coalition au pouvoir, a nommé un organe de gestion ouvertement favorable au gouvernement. Quatre des cinq recteurs actuels du CNE lisent fortement vers le parti au pouvoir et un seul vers les forces de l’opposition.  Bien que le CNE ait amélioré la transparence et la fiabilité du système électoral, en particulier depuis 2006, le fait est que l’autorité électorale vénézuélienne a pris des décisions controversées qui ont toujours favorisé le gouvernement et jamais l’opposition « .  En somme à partir de 2004, au Venezuela, si critique des USA, l’impartialité de l’organisation des élections n’est plus de mise, loin s’en faut.  « Malgré l’utilisation fréquente du terme, il existe une ambiguïté quant à ce qui constitue ou non une fraude électorale.  Ce qui peut constituer une fraude dans un pays, à un moment donné, ne peut être considéré comme tel dans un autre.  Néanmoins, toute action irrégulière qui est effectuée dans l’intention de modifier le développement d’un choix ou des documents connexes, dans le but d’affecter ses résultats, peut être considérée comme une fraude au Venezuela, les allégations de fraude ne sont pas nouvelles, mais elles sont devenues plus fréquents depuis 2004.  Outre les allégations de manipulation du décompte des voix, l’opposition a fait d’autres réclamations, la manipulation du registre électoral, y compris, la contrainte des fonctionnaires et l’électorat , et l’utilisation abusive des ressources publiques et des fonds pour les campagnes électorales.  Il y a également eu des accusations de violations de bureaux de vote et de destruction de matériel électoral. Un résumé des irrégularités électorales alléguées sous Chavez peut être trouvé à http://www.americasquarterly.org/electoral-irregularities-under-chavismo-tally.  Des liens vers plusieurs dizaines de documents à leur sujet sont disponibles sur http://esdata.info et http://www.sumate.org. »  Comme l’avait dit un jour le patron de Diebold en citant un personnage politique bien inattendu chez lui, « ce ne sont pas les votes qui comptent mais ceux qui comptent les votes »... au pays du socialisme à la Chavez, on avait semble-t-il bien retenu le slogan de… Staline !

Des votes toujours douteux, depuis

Ce qui n’a en rien empêché le Venezuela de voter encore récemment avec ce même outillage de vote suspicieux (2), comme l’indique ici Al Jazeera, même si cette fois ce ne sont pas les machines qui sont incriminées, car c’est leur fabricant qui parle :  « la firme qui a fourni la technologie électorale du Venezuela a mis en doute le résultat de ses sondages pour une nouvelle assemblée, disant que les chiffres de la participation ont été « manipulés ».  Les autorités électorales alliées au gouvernement disent que plus de huit millions de personnes ont voté le 30 juillet, un chiffre qui a été contesté par l’opposition et des analystes indépendants et condamné par de nombreux pays de la région et au-delà.  Dans un communiqué publié à Londres mercredi, Smartmatic, qui a fourni des machines à voter au Venezuela depuis une décennie, a déclaré: « Sur la base de la robustesse de notre système, nous savons, sans aucun doute, que le taux de participation aux récentes élections de L’Assemblée nationale constituante a été manipulée. «  John Holman d’Al Jazeera, rapportant de Caracas, a déclaré que le développement était « une grosse bombe ». « C’est un coup dur pour le gouvernement, mais le gouvernement va continuer à faire ce qu’il fait », a-t-il dit.  » Pour l’opposition, c’est juste une preuve de plus de ce qu’ils disaient dimanche. »  Dans le Guardian, Mujica annonçait le détournement de plus de un million de votes, en surajoutant les chiffres comparés de la participation réelle et celle des votes décomptés au final.  La déclaration de SmartMatic faisant doublement sourire, avec une firme soupçonnée de vendre des machines hackables qui évoque des résultats abracadabrantesques à partir de ses engins présentés comme « sûrs »… sur les machines, en tout cas, le doute subsiste bel et bien.  Que l’on manipule l’électorat en prime représentant en ce cas le « plus » de l’affaire !!!

Faire voter les morts  et fragmenter le vote

Les disparités entre inscrits et votants s’expliquent aussi par ce qu’ont noté des universités catholiques sur place, révèle Christian Monitor, habituellement plutôt bien informé.  « L’Université catholique du Venezuela, cependant, suggère des raisons plus banales. Dans une étude de juin dernier, l’université a révélé que les autorités n’ont pas expurgé assez vite les électeurs morts. En conséquence, 49 500 électeurs qui sont morts entre 2011 et 2012 sont restés sur les listes électorales.  Mais l’étude a également montré que 14 des 24 Etats vénézuéliens ont plus d’électeurs inscrits que les personnes admises à voter.  La province rurale du nord du delta d’Amacuro, par exemple, a 122 pour cent des électeurs inscrits, de plus que sa population projetée.  Weil dit que le seul moyen fiable de vérifier les listes électorales est de les faire correspondre aux certificats de naissance.  En 2005, l’Institut interaméricain de Centre des droits de l’homme pour la promotion et l’assistance électorale a essayé de le faire.  Mais quand il a demandé au gouvernement les actes de naissance de 12 820 électeurs choisis au hasard, les autorités n’ont pas pu produire suffisamment de documents pour exécuter le test.  Le centre n’a pas tiré de conclusions de l’omission, mais simplement ignoré cette partie de la vérification.  L’une des clés de toute élection est l’observation. « Même des systèmes électoraux bien structurés dans les démocraties fonctionnelles peuvent être manipulées si une opposition désorganisée n’est pas capable d’avoir des témoins aux bureaux de vote », a noté un rapport récent du Centre Wilson.  Au Venezuela, ce défi est en croissance exponentielle.  Lors de l’élection présidentielle de 2000, il y avait 7 000 bureaux de vote dans tout le pays, selon l’ambassade du Venezuela aux États-Unis. Cette année, il y aura 39 226 bureaux de vote.  L’augmentation est peut être bonne pour les électeurs, mais c’est un cauchemar logistique pour les partis politiques qui tentent de couvrir les bureaux de vote éloignés.  Selon une analyse de Voto Limpio, 150 de ces centres ont moins de 12 électeurs et 15 d’entre eux ont un seul électeur ».  En évitant tout cela et en recalculant le tout, on obtient l’inverse des résultats récents :  « en 2006, la revue à comité de lecture The International Statistical Review a publié 18% des centres de vote – représentant environ 2,6 millions d’électeurs – qui ont montré des tendances de vote irrégulières.  Selon l’analyse de la revue, l’opposition aurait dû remporter le vote, avec 52% à 60% des voix, au lieu de le perdre avec 41%, comme l’avait montré le gouvernement ».  Il est vrai qu’en faisant voter des morts, même des gens comme les Tiberi arrivent à se faire élire – et même réélire – (et finir aussi accessoirement) par se faire condamner.

Résultat, des doutes sur la validité du scrutin

Le  nouveau parlement façon Maduro, déjà mal vécu au départ, n’avait pas besoin de ça pour perdre encore un peu plus en crédibilité.  Depuis le crash du Piper N6463L de 2008, on s’est aperçu que le vote au Vénézuela n’était plus sûr… au sein de l’épisode de doute apparu voici bientôt 10 ans donc (ça passe vite !), une personne est particulièrement concernée.  Ministre des affaires étrangères de Maduro, elle a démissionné le 21 juin 2017, pour se présenter à l’Assemblée nationale constituante.  Elle avait occupé auparavant plusieurs postes au cours de l’administration Chavez.  C’est Delcy Rodríguez, qui, en 2008, était en relation, justement, avec Alfredo José Anzola Jaumotte.  Elle doit savoir, c’est sûr, pourquoi exactement il est mort.  A-t-on cherché à nuire au système électoral mis en place, et au delà au système mis en place par Chavez et dont use et abuse  toujours son successeur,  ou est-ce seulement une catastrophe aérienne « ordinaire » ?  Y aurait-il eu lutte de pouvoirs interne pour nuire à Chavez  au sein même de l’Etat ?  Etait-ce un lien lié à de la drogue, encore une fois ?  La présence d’un pilote bien à part, mouillé à plusieurs reprises dans le trafic de drogue, laisse augurer de tout, dans cette affaire d’accident toujours sans véritable résolution.  Bref, y a-t-il eu complot, ou pas complot le 28 avril 2008 ?  Tout ce qu’on sait, c’est que depuis 2008 (et même depuis 2004), chaque élection au Venezuela apporte son lot de questions sur leur bonne tenue.  Le propre, on le sait, des dictatures… sauf chez certains bien entendu :  ici, vous pouvez lire que le vote électronique au Venezuela est une « forteresse ».  Mais il est vrai selon lui que « tous ces mécanismes – que les médias privés ignorent – – ont permis au système électoral vénézuélien, à l’intérieur du pays ainsi qu’à l’extérieur, d’avoir un grand prestige (3). »  En août 2017, on avait pourtant appris qu’au soir des dernières élections, où rien donc ne devait se passer de spécial,  avec cette organisation «  enviée par le monde entier », « Luisa Ortega a donc nommé deux magistrats afin qu’ils enquêtent sur les quatre directeurs officiant aux CNE, le conseil national électoral, a-t-elle annoncé sur CNN ».  Ortega ???  Ah, oui, celle qui volait en Beechcraft (« de luxe ») et qu’on a essayé de faire taire en lui dressant un piège grossier... en forme de peau de banane sous le pied.  Encore, il  est vrai, une histoire d’avion !  Dans un pays au système électoral « parfait », donc, qui produit des scores faramineux, dignes des pires républiques bannières (4)..

 

(1) celui-là c’est l’avion du canadien Sylvain Desjardins, de Mirabel, une banlieue de Montreal; le Piper C-GNAV pris sur le fait le 29 mars dernier en Ohio avec 290 livres de coke dissimulées à l’arrière de l’avion, qui avait décollé des Bahamas.  La cargaison, mal répartie, avait mis à mal les moteurs et l’avion qui se dirigeait vers le Canada (vers l’Ontario) avait dû se poser en urgence en Ohio.  L’avion avait changé de livrée : auparavant il était intégralement de couleur noire.

(2) sur le site, on vante toujours la machine de cette façon : « ainsi, la Solution Électorale fut conçue en vue d’éliminer la fraude et de fortifier la démocratie autour du monde; la solution en matière de Gestion d’Identité fut conçue et équipée en vue de la collecte des données biographiques et biométriques de personnes »…

(3) il n’est pas le seul à y croire, il y a aussi celui-là.  Comme source « d’observateurs étrangers » présentés comme sans parti pris, bien sûr; il nous sort en vrac… d’abord Jaime Caicedo.  Le secrétaire général du PCC colombien.  Grand admirateur de Fidel Castro.  Un grand démocrate comme on sait. Remarquez, l’homme a tenu à se distancer des Farcs.  Impartial, le gars, pour sûr ! Puis l’espagnole Diana Carvajal (Diana Carbajal van de Kerkhof), dont on peut admirer l’impartialité d’observatrice étrangère ici-même (à droite aussi)… des chavistes impartiaux, venus admirer Maduro au travail ! Sacré Oscar, va !!! A noter que la même Carjaval se présente aussi elle-même comme « productrice en chef de la radio et de la télévision, professionnelle des médias, conférencière internationale et thérapeute de la Nouvelle Conscience. Gestion des Techniques Neurolinguistiques, Psycho Astrologie, Thérapie de Réponse Spirituelle (T.R.E), Rebirthing, Thérapies de la Fleur, Gestion de l’Energie de la Guérison Intégrale et Calendrier Maya.  Elle est aussi présidente-fondatrice de l’Association Hunab-Ku » (va falloir la proposer à Stop-Mensonges : ah, trop tard, dans son site elle présente déjà Benjamin Fulford !).  A se demander pourquoi le Venezuela va si mal avec de telles lumières sous la main.  J’allais oublier le dominicain du PLD (Parti de la Libération dominicain) Manuel de Jesús Pichardo Arias.  Celui-là s’était écharpé en octobre 2016 avec Bob Satawake, le compagnon de l’ambassadeur des États-Unis dans le pays, James Wally Brewster, à propos de la consommation de drogue aux USA.  Cela faisait suite au rapport incendiaire américain comme quoi la République dominicaine était devenue le plus grand pont apporteur de drogue vers les Etats-Unis.  Rassurez-vous il n’avait pas été question de l’Apure dans le débat qui avait été plutôt vif…

(4) selon 20 Minutes :  « L’opposition dénonce de nombreuses irrégularités.  Les candidats officiels ont continué à faire campagne jusqu’à la fermeture des bureaux de vote.  Leurs partisans ont souvent accompagné les électeurs dans l’isoloir et vérifié leur « carnet de la patrie », une pièce d’identité indispensable pour recevoir l’aide alimentaire par ces temps de pénurie, en général réservée aux personnes favorables au régime.  Ni l’heure d’ouverture ni l’heure de fermeture des bureaux n’ont été respectées.  Le gouvernement n’a accrédité aucun observateur international.  Le travail de l’Observatoire électoral vénézuélien, une organisation non gouvernementale, a été entravé.  Dans plusieurs Etats, les « collectifs », les groupes paramilitaires chavistes, ont intimidé les électeurs avec leurs armes à feu et des grenades lacrymogènes, sans que l’armée intervienne.  En revanche, les militaires ont empêché l’accès des journalistes aux bureaux de vote.  L’intimidation a été notable à Chacao, quartier résidentiel de Caracas, qui dépend de l’Etat de Miranda.  Fief de l’ancien candidat présidentiel de l’opposition, Henrique Capriles Radonski, gouverneur sortant, Miranda est un Etat qui a basculé, d’après le CNE ».  Un système « que les médias privés ignorent » plutôt efficace, en tout cas.

on peut aussi relire ceci

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/c-est-officiel-bush-n-avait-jamais-33140

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/un-president-illegitime-28099

ou ça :

et la série sur Mike Connell (il y a 8 épisodes)

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-cadavre-de-trop-dans-le-placard-49236

ou plus récemment ici-même (c’est une mini-série de 3 épisodes sur les « amis » de Donald Trump)

Trump et les tripatouilleurs de vote (2)

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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