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Coke en stock (CLIII) : dossier Venezuela 5) un pilote assassiné, un avion « récupéré »

Et puis apparaît dans la saga une figure qui pourrait bien devenir dans les années à venir, quand elles seront devenues post-Maduro, un cas emblématique du problème vénézuélien.  C’est celle d’un passionné de pilotage et d’aviation, tombé dans la machine à broyer les gens du gouvernement actuel, qui l’avait présenté au pays comme étant un « trafiquant » et surtout un « agitateur », figure dont le pouvoir avait bien besoin à un moment pour tenter de critiquer l’opposition de plus en plus virulente, l’idéal pour lui étant en effet d’en faire des… trafiquants.  Toutes les dictatures agissent ainsi, en se choisissant un cas « exemplaire » à jeter en pâture à ses ouailles.  Le pauvre « El Aviator », ancien commandant de bord, si fier de son Beechcraft, en a fait les frais : il est mort en prison après avoir vainement résisté aux intimidations puis à l’incarcération.

 

Capter des avions pour les reverser à l’Etat ?  Tous les moyens sont bons, au Venezuela.  Prenons un bel appareil, par exemple : c’est un Beechcraft King Air B100, fabriqué en 1979, et enregistré au nom du Fonds Agricole El Paradero, sous l’immatriculation YV-2226.  Ce fonds est situé dans l’État de Guárico et appartenant à un citoyen d’origine italienne, Antonio Rocco Calo Perosi.  En 2003 l’appareil était encore le YV-127CP.  Le voici décollant de la base de Miranda le 24 juillet 2003.  Avant il a été l’YV-1276P. et l’YV-125CP, et à ses tous débuts il était américain, bien sûr :  c’était le N23756.  L’avion a fière allure, et son pilote lui aussi en est très fier : c’est un ancien commandant de bord de l’aviation civile.  Le voici à gauche posant devant l’appareil.  L’homme, véritable passionné d’aviation se fait surnommer « El Aviator ».  On notera que l’admirateur de Beechcraft avait particulièrement soigné le sien en l’équipant d’hélices quadripales réversibles Hartzell, réputées moins bruyantes.  En 2012, l’appareil est filmé allumant ses moteurs sur la piste sur la piste 26 de l’aéroport (Don-Edmundo Barrios) de San Tomé- Anzoátegui, au Venezuela, puis roulant vers la piste de décollage.  Un bien bel avion, pour tout dire :

Un appareil qui vole souvent, puisqu’on le suit à plusieurs reprises dans les îles d’Aruba et de Bonaire,et  à San Tomé où on l’a filmé comme on vient de le voir.  On le prend en photo à Opa-Locka, en Floride, à côté d’autres jets (à droite il est derrière le Citation III du Giralda Group).  C’est un peu logique : son pilote, Rodolfo González, avec sa famille, possède en effet une petite agence de voyage située à Chacao (1), et il sillonne l’arc des Antilles pour son agence.  L’homme, au caractère bien trempé, n’a pas fait mystère de son opposition à l’arrivée de Maduro à la tête du pouvoir.  Bien au contraire.  Alors ça commence à se savoir, surtout lors de la montée en puissance des manifestations en 2014 contre l’ex chauffeur de bus devenu président.  Vite dépassé par les événements, ce dernier à appelé ses supporters à la délation, pour dénoncer les « non-coopératifs » avec sa politique.  Il les appelle alors  des «compatriotes coopérants».  Selon le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Miguel Rodríguez Torres, ce serait l’un d’entre eux qui aurait ainsi dénoncé notre pilote retraité :  voilà qui rappelle ici en France de sombres heures (c’est comme ça que fonctionne une dictature, avec de la délation). L’atmosphère du moment est en effet alors complètement déplorable dans le pays.   Dans la pensée binaire d’un Maduro et des gens de son entourage, tout opposant ne peut être qu’à la solde de l’étranger, voire un agitateur plus proche de la délinquance qu’un homme ayant une pensée politique différente du socialisme mal ficelé qu’il représente, avec son népotisme évident et sec liens bien trop étroits avec des militaires véreux, qui s’engraissent tous sur le trafic de cocaïne.  C’est le journal Panam Post qui résume le mieux ce qui se passe alors, et je résume ici ses propos : « alors que les manifestations redoublent d’intensité, le 18 février 2014, Leopoldo López, fondateur et coordinateur national de Voluntad Popular (VP) est arrêté par des membres de la Garde nationale« .  Le mouvement, auquel a adhéré le vieux pilote, est au départ « un mouvement de jeunes gens issus de mouvements civils contre le gouvernement Chavez en 2007 et 2008.  Ils ne faisaient pas partie de l’establishment politique vénézuélien classique et ne provenaient pas de partis traditionnels » : bref, une espèce nouvelle qui fait très vite peur à Maduro, qui ne comprend pas cette opposition.  « Le parti politique aux drapeaux de couleur orange dénonce la persécution et l’agression d’au moins 245 de ses militants.  Depuis cette année, Popular aura assuré qu’il souffre constamment du harcèlement du gouvernement.  Juste après López, c’est le chef politique LGBT et activiste Rosmit Mantilla qui est arrêté ».  Harcèlement est un mot faible, car Maduro s’appuie sur la Sebin (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional), l’ancienne DISIP de Chavez, son dernier rempart sous les ordres directs du (Ministerio del Poder Popular para Relaciones Interiores, Justicia y Paz, sous les ordres directs de la présidence.  A sa tête de septembre 2008 à octobre 2012; il y a … Tarek el Aissami, soupçonné depuis longtemps de couvrir lui-même le trafic de cocaïne par avion… les premiers à tirer sur les manifestants en 2014 seront des officiers de la Sebin.  Le 19 février 2014 était ainsi identifié un agent de la Sebin, Melvin Collazos (ici à droite), et son aide pour le couvrir, Jonathan Rodríquez, qui avaient été démasqués, après avoir tiré à plusieurs reprises et sans sommation sur les manifestants.

De fausses preuves fabriquées

Une répression classique en quelque sorte d’un gouvernement aux abois, prêt à tout pour déconsidérer le mouvement (2).  Ce que va faire avec brio l’ineffable et folklorique Diosdado Cabello, la bête noire des manifestants qui n’hésitera pas à insuffler la rumeur du terrorisme au sein des manifestations :  « un autre militant, José Vicente García a déjà été jeté en prison.  Le 29 août, le leader et important chef de l’opposition du Venezuela, Yon Goicochea (ici à droite), a été kidnappé.  Ses parents n’étaient pas au courant de son sort.  Il aurait été intercepté par une voiture et aurait été obligé de disparaître.  Quelques heures plus tard, le député et l’homme numéro deux du Chavismo, Diosdado Cabello, a confirmé son arrestation lors d’une action publique, affirmant qu’il portait des « détonateurs pour explosifs » qui devaient être utilisés dans la marche qui devait avoir lieu le jeudi 1er septembre prochain » (arrêté à nouveau en 2016, on annonçait en septembre 2017 sa sortie prochaine de prison). Et comme ça ne suffit pas, un dénonciateur, fictif ou pas, avait alors déjà pointé du doigt le hangar où stationne le Beechcraft d’El Aviator, dans lequel s’était précipité  la Sebin le 26 avril 2014 pour y découvrir bien sûr des « armes à feu, des munitions, des équipements technologiques et des documents liés à des actions subversives ».  Les seules sources sur ces « découvertes » étant bien sûr gouvernementales.  Des sources aussi invérifiables !!!  Le piège signé Cabello vient de se refermer sur le vieux pilote contestataire.

L’entrepôt des « terroristes »

Mais entre temps, il faut désamorcer cette contestation qui envahit le pays.  Et pour ça tous les moyens sont bons.  Et le meilleur, pour inventer des complots inexistants ou pour expliquer que les avions porteurs de drogue ne sont pas ceux du gouvernement, c’est bien sur…Tarek El Assaimi, le roi de la communication de type « fake ». Je vous ai retrouvé un de ces plus beaux exploits dans le genre, après la mémorable présentation le 12 août 2011 du Beechcraft resté dans toutes les mémoires lors de son opération « Droga Vigilada ».  Cette-fois-ci il va encore faire mieux, ou pire, plutôt.  Comme l’objectif est de s’attaquer aux fauteurs de troubles, il faut obligatoirement les charger, et la meilleure façon de le faire est de les accuser de détenir des explosifs ou des armes.  Comme ça, le problème des personnes tuées lors des émeutes est réglé ;  ce ne peut être la police ou la Sebin, ou leurs mercenaires à motos, pourtant bien photographiés armés pendant les heurts, mais les seuls manifestants.  On va donc assister à une présentation télévisée complètement surréaliste, censée montre la saisie de, écoutez bien,  pas moins de « 100 tonnes d’explosifs » (Cent tonnes de TNT qui explosent ça donne ça).  Officiellement en voici la présentation : « « le gouverneur de l’État vénézuélien d’Aragua, Tareck El Aissami, rend compte mardi 1er avril de la confiscation de 100 tonnes d’explosifs et de détonateurs à distance et l’arrestation de deux militants de Voluntad Popular, dont l’un d’entre eux et un ancien agent du CICPC privé de travail en 2010, au milieu des violentes protestations d’opposition connues sous le nom de « La Salida » qui ont laissé 37 morts jusqu’à présent. »  Et l’ineffable Tarek de poser devant un dépôt rempli de cartons, ou de présenter une mallette de déclenchement à distance d’explosifs, en évoquant bien sûr les émeutes et ce « complot » supplémentaires.  On s’aperçoit très vite qu’il est en train de nous présenter le hangar d’une société de feux d’artifices, en fait.  On croît rêver, tellement c’est gros, mais comme on le sait, il n’en est pas à son coup d’essai pour travestir la réalité…. chez, c’est un feu d’artifices de « fakes news » constant.

Un pied déjà dans la tombe

Aucune arme ne sera montée à la presse au soir du raid. L’homme de 63 ans est emmené sans ménagement, son appareil… confisqué, dans son hangar (ici à gauche).  Et ce n’est pas tout : le dimanche 27 avril, la maison d’une de ses filles a été incendiée à Santa Inés. La Sebin y a saisi « des ordinateurs, des téléphones et tout ce qui pourrait enregistrer des informations ou surfer sur Internet » note la seconde… la maison même de Rodolfo González subit elle-même l’attaque de personnes cagoulées indéterminées (dans les manifestations on retrouve les mêmes civils à moto, en fait des mercenaires pro-Maduro; juste aux côtés des policiers et est également incendiée.  Voici donc El Aviator sans avion, emmené dans un drôle de bâtiment toujours pas terminé appelé « Helicoïde »; le bâtiment qui abrite les services de renseignement du gouvernement.  Celui aussi où tout le monde dit qu’on y torture à tour de bras.  Le bâtiment mère de la Sebin, un grand immeuble de Caracas, à hérité du surnom de « La Tombe » (la Tumba, édifiée en 2006, ici à droite sur la photo).  « Sous la présidence de Nicolas Maduro, un bâtiment qui était initialement destiné à être une station de métro et des bureaux à Plaza Venezuela a été transformé en siège pour SEBIN. «  Surnommé « The Tomb » ou « The Tomb » par des fonctionnaires vénézuéliens, les prisonniers politiques auraient été tenus à cinq étages sous terre dans des conditions inhumaines à des températures inférieures à la température et sans ventilation, assainissement ou lumière du jour.  » « Les cellules sont deux ou trois mètres qui ont un lit de ciment, des caméras de sécurité et des portes barrées, chaque cellule étant alignée l’une à côté de l’autre, de sorte qu’il n’y a pas d’interactions entre les prisonniers.  De telles conditions ont amené les prisonniers à devenir très malades puisqu’ils se sont vu refuser le traitement médical.  Les allégations de torture dans « The Tomb », en particulier la torture blanche, sont également fréquentes, certains prisonniers tentant de se suicider. De telles conditions, selon la Justice et le Processus des ONG, forcent les détenus à plaider coupables des crimes dont ils sont accusés » résume Wikipedia. C’est le procédé mis en place par le ministre de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix du moment, Miguel Rodríguez Torres, car il indique qu’au moment de sa saisie, ont été trouvées des armes à feu, des munitions » (non montrées en un premier temps), mais aussi « des équipements technologiques et des documents qui l’ont lié à des actions subversives ».  Rodríguez Torres, indiquera surtout que selon lui  « El Aviator », avait  « servi d’opérateur logistique des guarimbas (cf les fauteurs de troubles)  à Caracas ».  « Ce monsieur est l’articulateur logistique de toute l’opération qu’ils menaient à Caracas.  D’où savons-nous cela ?  Dans son ordinateur, qui après deux jours d’enquête nous donne des informations précieuses pour l’enquête « .  Bien entendu, aucune trace précise de ce contenu n’avait été montré à la presse par le pouvoir.  En ce sens, la démonstration télévisée de Rodriguez Torres du 2 mai avait été plus que pitoyable, l’homme ayant du mal à lire ce qu’on lui avait dicté, à l’évidence !!!  Comptez-donc ! Maduro venait de dégoter un gang de jeunes lanceurs de cocktails molotov, dirigé par un dangereux terroriste… à la retraite !  C’était d’un ridicule achevé !  Roques n’avait aucune PREUVE à montrer !  Rien !!!  Pas l’ombre d’une preuve; même :  l’image des « contacts » de l’ordinateur prétendument détenu par Rodolfo González n’étaient en rien des copies d’écran mais un montage inepte fabriqué de toutes pièces.  Même chose pour les armes montrées dans un flou artistique tel qu’il était impossible de détermine lesquelles ni combien exactement.  En tout cas pas assez pour correspondre au nombre d’individus cités par le ministre ! Mais Maduro, qui n’avait jusqu’ici rien trouvé pour expliquer les manifestations, le tenait, son « complot »… ne manquait plus qu’une relation avec la CIA;  mais même ça, Rodriguez Torres n’avait pas trouvé !  Avec le recul, on s’aperçoit aujourd’hui que le gouvernement de Maduro a fait la même chose avec cette présentation médiatique que lorsqu’il annonçait que son aviation avait descendu des avions de trafiquants :  il a menti sur toute la ligne, sur le cas de Rodolfo !!!  L’équipe de Maduro avait en effet confondu les deux prestations :  ainsi le 8 mai suivant avec une autre présentation du même tonneau du même ministre, venu vendre la même soupe (ici à droite), mais comme le pouvoir avait vendu jusqu’ici les captures d’avions en Apure ou dans le Cojedes, il évoquait ce jour-là ce qui aurait été saisi chez quatre groupes d’opposants démantelés ce matin « à Chacao, Santa Fe et Las Mercedes« , montrant à l’envi des compris les armes à feu, des explosifs et d’autres matériaux:  des câbles électriques, des boucliers improvisés, des tracts divers, mais aussi de la cocaïne, et des bolívars.  De façon à faire des opposants des délinquants ou des gangsters !  Trônait même sur son étal de bonimenteur un masque des Anonymous  (visible ici au milieu de la table) !!!  La démonstration est faite exactement sur le même calque médiatique que celui de la présentation des avions des narcos !  Sidérant de démagogie et de propagande éhontée !!!

Des intimidations, puis la répression

La technique de l’intimidation est en effet la première qu’à tentée le pouvoir, dès le début des manifestations : « l’origine de la contestation étudiante peut être retracée au 4 février, lorsqu’une première mobilisation spontanée a lieu à l’Université des Andes, à Mérida, ainsi que dans d’autres villes dont San Cristóbal, pour manifester contre l’insécurité, à la suite d’une tentative de viol dont aurait été victime une étudiante la veille.  Cette attaque sur une étudiante fait par ailleurs suite à une série de violences, de vols et de cambriolages dans différentes universités du pays (Université Santa Maria, un des campus de l’Université catholique Andrés Bello,  Université Alejandro de Humboldt‘ note Wikipédia.  Discréditer le mouvement, c’est l’œuvre de la Sebin et de ses faux étudiants infiltrés, bien sûr.  Le vieux pilote subit donc un enfermement qui n’est pas de toute quiétude.  Comme il est âgé et qu’il possède une sacré notoriété, le voici devenu point de mire du pouvoir.  Alors qu’il passe en jugement pour confirmer sa peine, voici que le président prend la parole au même moment à la télévision pour dire que El Aviator, selon lui, mériterait plutôt d’être envoyé dans la prison de Yare… la pire du pays, un vrai coupe-gorge, où s’entassent 44 500 prisonniers dans un endroit prévu pour 15 000 et dans laquelle les gardiens n’osent plus descendre.  Une prison qui semblait beaucoup intéresser Maduro en fait…  En 2012, des violences entre détenus y avaient fait 25 morts.  Les armes y circulent intérieurement en effet !  C’est Elenis Rodríguez, l’avocat et président de la Fondation pour les droits et l’équité des citoyens (Fundeci) qui relève l’intervention sans scrupule de Maduro, qui a, on le sait, la justice vénézuélienne à sa botte.  Au sein de son ministère, la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega commence déjà à parler d’excès.  En 2017, elle parlera même de « terrorisme d’État », pour décrire la répression implacable des manifestations qui en étaient arrivées à 76 morts en avril dernier et ont dépassé depuis ma centaine…  Depuis, on connait son sort (mais pas « son » avion, j’y reviendrai plus tard si vous le voulez bien, tant le cas est aussi très, très représentatif).  En haut du chapitre, l’avion en 2007 à Las Roques au Venezuela (photo Wolfgang Zilske).

El Aviator, « retrouvé mort »

Rodolfo va rester emprisonné à l’Helicoide dans des conditions inacceptables.  On va le transférer de là au Palais de Justice de multiples fois, et sa famille subir des humiliations sans fin.  Son agence voit révoquée l’autorisation de vendre des billets de compagnies aériennes nationales publiques, ce qui la ruine automatiquement. Comme le fera remarquer sa propre fille, « c’est une pénalité qui n’apparaît pas dans un code, qui s’applique à une entreprise qui n’a même pas de procédure pénale ouverte ».  Lassée d’attendre un quelconque jugement, cette dernière ouvre un blog le 9 octobre 2014… et cela rend encore plus folle l’administration de Maduro, car désormais, le vieux pilote devient… le héros de la jeunesse révoltée soutenu par un retraité !  Mais les conditions de détention se dégradent, l’immeuble toujours pas terminé n’a pas de sanitaires ou presque, et la santé de Rodolfo se dégrade.  Physiquement, Rodolfo paraît marqué au fur et à mesure qu’on le présente aux juges (comme ici à gauche); mais il semble pourtant toujours déterminé.  Le 13 mars 2015, c’est sa fille Lisette  qui annonce brusquement sa mort sur Internet.  On vient juste de lui dire que son père s’est suicidé, qu’on l’a retrouvé pendu, ce qu’elle a beaucoup de mal à croire.  Même si c’était le jour qui aurait précédé son envoi à Yare.  Il aurait été retrouvé pendu, mais elle ne saura rien de plus.  Cela faisait presqu’une année qu’il était détenu (depuis le 26 avril 2014).  A son enterrement, ce seront des jeunes qui porteront son cercueil, comme pour encore une fois défier Maduro.  Y assistent la famille et la leader étudiante Gaby Arellano ainsi que le secrétaire du Conseil de l’unité démocratique (MUD), tous deux éprouvés par la disparition.  Rodolfo, sacrifié su l’autel du délire de Maduro du fameux « complot international » !!!

Une autre méthode qui rappelle furieusement un autre cas… 

Les vénézuéliens lorgnent donc sur certains appareils, et s’en emparent à la moindre occasion.  On en a un autre exemple qui n’est pas sans rappeler l’affaire Afflelou.. et cela fait longtemps qu’ils pratiquent ce genre de méthode.  Le 24 octobre, 2004, le très beau Citation X, immatriculé CS-DCT de chez Netjets (c’est le 750-0134 de production), basée au Portugal, et alors loué à Air Luxor est saisi à Caracas, au prétexte que les autorités avaient trouvé 400 kilos de cocaïne à bord.  En fait de saisie, c’est le comportement des passagers qui semble avoir aussi été à la base du problème. (des passagers indéterminés, on a parlé de « 3 portugais », mais d’aucuns ont mis en cause le copilote et sa relation avec un un mécanicien travaillant pour Santa Barbara Airlines, à qui il aurait donné la clé pour accéder et porter les sacs alors qu’il était loin de l’aéroport).  Le pilote de l’appareil, plutôt consciencieux, avait en effet constaté qu’un de leurs passagers emmenait des bagages supplémentaires non déclarés à bord.  En fait, l’homme s’est déjà chargé d’en fourrer d’autres dans les soutes, à l’insu des deux pilotes :  « approchant les douanes pour faire les papiers, le commandant de bord (Luis Santos) s’est retourné vers le Citation pour constater que les portes des compartiments à bagages de l’avion n’étaient pas fermées correctement.En ouvrant les portes pour vérifier l’intérieur, le commandant et le copilote ont alors découvert 12 valises, inconnues sur les documents de vol, qu’il a commencé promptement à retirer.  Le capitaine a aussitôt alerté les autorités ». On ne pouvait que louer l’attitude du pilote, en effet (et remarquer au passage que les deux pilotes français du jet d’Afflelou ont plutôt joué les « pas vu pas pris », dans une affaire assez similaire en fait : dans celui de Punta Cana il y en avait partout des valises, jusque dans la cabine :  impossible de les ignorer.  Carlos Pacheco, directeur des relations publiques de chez Air Luxor arrivé sur place est sidéré quand on lui apprend que l’avion est carrément saisi, et qu’il peut faire une croix dessus… et ses 23 millions de dollars d’investissement.  Pour les observateurs anglais du forum de chez Flightware, les deux pilotes n’avaient pas à être arrêtés car il n’avaient commis aucun impair et se proposaient déjà à les aider :  « tout membre d’équipage d’un avion affrété qui pense qu’il y a de la contrebande à bord en cas de contact confidentiel des douanes, s’ils le souhaitent de manière anonyme, peuvent le téléphoner au numéro anglais suivant, 0800 595000, où nous prendrons toute l’enquête à partir de là » rappelait un spécialiste.  Rien n’y fera pour autant ; dès le lendemain, le CS-DCT a déjà été ré-immatriculé  FAV-1060 car il vient d’être versé à la Venezuelan Air Force… !!!  Il deviendra plus tard YV2470, ici en photo à gauche au milieu d’autres avions saisis et plus tard encore YV2818) … L’histoire n’étant pas pour autant terminée : sur un forum de PPRune, habituellement bien renseigné, un pilote vient préciser que « l’année dernière, l’armée de l’air vénézuélienne a commencé à envoyer des équipages pour s’entraîner au CAE-Simuflite de Dallas.  Jusqu’à présent, jusqu’à 16 pilotes ont été formés au simulateur C-750.  Seulement il y a environ 10 à 12 jours, un incident d’atterrissage important s’est produit au SVFM, l’ancien aéroport civil-militaire où l’avion a été déménagé au moment de sa saisie chez SVMI.  Depuis son aéroport aurait changé.  L’itinéraire de vol habituel de cet avion est top secret, puisqu’il est dédié à faire voler le vice-président du pays, Jose Vicente Rangel, qui était le passager habituel dans un autre C-750 (cf le N505MA ici à gauche) appartenant à M. Miguel Albornoz, un autre ressortissant vénézuélien.  Depuis lors, le vice-président «est tombé amoureux» du Citation X, et il n’a aucun doute sur la saisie de cet avion pour «remplir son besoin de vitesse».  Je peux deviner déjà que les itinéraires de vol réguliers comprennent La Havane à Cuba, puisque M. Castro et M. Chavez ont tant d’entreprises et de choses en commun.  Une autre destination devrait inclure La Paz en Bolivie, sans le président de ce pays, Evo Morales, est le troisième dans ce triangle étrange ».  Albornoz n’est pas un inconnu non plus : cet ami de Chavez c’est aussi l’actionnaire de Perforaciones Albornoz CA, Perfoalca, une société qui s’était mis en tête d’acquérir des plates-formes de forage de pétrole dont l’industrie vénézuélienne avait grand besoin, via un intermédiaire, l’entrepreneur Guido Alejandro Antonini Wilson, celui pris dans la tourmente de la valise à 800 000 dollars entre Chavez et Kirchner (voir ici)… les plateformes devant ensuite être revendues à la compagnie pétrolière d’Etat, PDVSA.  Une seule plate-forme de ce genre coûte environ 10 millions de dollars.  L’occasion d’une autre évasion d’argent !  La société de Wilson s’appelait Venuz Supply Inc, elle était basée à Miami, enregistrée en 1994 sous son nom, et celui de son épouse, Jaqueline Regnault, courtier immobilier réputée au sud de la Floride.  A l’époque où devait se signer le contrat, la presse avait remarqué ceci« le statut d’Antonini pourrait créer de nouveaux problèmes parce que l’homme d’affaires devrait expliquer aux autorités fiscales de ce pays l’origine de l’argent saisi à son arrivée à l’aéroport Aeroparque à Buenos Aires, il y a une semaine, dans un Citation Cessna 750, avec une délégation de fonctionnaires vénézuéliens ».  Sur une photo retrouvée par l’auteur de l’article on avait pu admirer Wilson Antonini devant une Ferrari arborant le slogan chaviste « Le Venezuela est maintenant à tout le monde « .  Un comble !

Un bel avion et un pilote bien connu (mais pas repéré tout de suite)

Des militaires impliqués dans le trafic ? Les exemples s’accumulent. Et l’Etat vénézuélien fait tout pour le minimiser, en faisant notamment la chasse aux sites qui présentent des avions découverts avec de la drogue dedans, en commettant parfois des impairs, vite repris par les fidèles de Maduro, qui scrutent le net, comme tout le monde.  Le plus bel exemple de cette chasse à l’information/désinformation se produit le 12 avril 2016, avec l’annonce de la saisie à la Romana, en République Dominicaine d’un très beau Cessna Titan C404 tricolore venu du Venezuela:  en ouvrant ses coffres (ici à gauche), on découvre 369 kilos de coke.  L’affaire a eu lieu en fait le 24 mars qui précédait.  Cinq personnes on été arrêtées.  L’avion appartient à un avocat vénézuélien retraité de 69 ans Iván Martínez Hernández, ancien conseiller juridique à la Chambre de commerce de Caracas.  L’homme a bien vécu, il explique à la presse qu’il a eu jadis « des abattoirs, des fermes, un atelier de beauté et un troupeau en pâturage « .  Il préside Max Mart Servicios, une société créée en 2009, qui a acheté l’avion en en 2010. L’homme explique au téléphone à un journaliste ce qui s’est passé, selon lui :  « le vendredi 18 avril, après un mois passé en réparations en atelier, son appareil a dû effectuer un vol d’essai.  Mais selon lui cela posait problème, car la licence de vol avait expiré.  Mais subitement l’INAC l’avait réactivée et, au lieu de faire le test, le pilote a amené l’avion sur l’île de Margarita.  Le pilote Carlos Justiniano a alors constaté que l’appareil avait toujours des défauts ».  Iván Martínez Hernández lui a alors conseillé de le ramener pour reprendre les réparations.  L’avion jusqu’alors avait été le plus souvent vu entre les aéroports de Valles del Tuy et de Barcelone, dans l’état d’Anzoategui.  Le 6 novembre 2015, il a été aperçu sur l’aéroport J.A. Pengel au Suriname.  Fait notable, que le propriétaire raconte aussi, sa villa de Lomas de Casas del Sol à Pampatar a été « visitée » dans les deux jours qui ont suivi la saisie.  A savoir le 26 mars.  Bref, tout cela sent l’entourloupe… de pilotes, mais aussi le fait que le transfert de coke semblait suivi de loin, et que le propriétaire semblait bien éloigné de l’usage de son propre avion. Un peu trop, même !!!  Pour ajouter à la confusion, un site, Siente America, ajoute même une étonnante information sur son prétendu pilote, reprenant un autre journal d’origine espagnol  : « Carmelo Vásquez Guerra, de nationalité vénézuélienne, qui a piloté l’avion saisi, avait été suspecté par des autorités internationales pendant des années pour des infractions liées au trafic de drogue au Mexique et en Guinée-Bissau.  La DEA, l’Interpol et le Bureau du Procureur mexicain de la drogue suivaient leurs traces, mais à ce jour, ils n’avaient pas pu l’attraper, selon El País ».  En réalité, les deux pilotes arrêtés s’appellent Carlos Justiniano et Luis Morales, ce qui n’a rien à voir, Guerra n’est pas de la fête ce jour-là, pense-t-on !  Mais on n’était pas loin en fait : le nom complet du premier est en effet Justiniano Carlos Luis Nunez, !  Comme je vous l’ai déjà dit ici, ce pilote n’est pas un inconnu : en juillet 2008, c’était lui (et Carmelo Vásquez Guerra, en effet !!!) qui avait piloté le Gulfstream II qui a volé de l’aéroport Jose Antonio Anzoategui Barcelone (ans l’État d’Anzoátegui au Venezuela, tiens quel hasard !!!) à celui situé de Bissau, en Afrique de l’Ouest, avec une charge, selon les estimations de l’agence britannique contre le crime organisé (SOCA en anglais), qui avoisinait les 2 tonnes et demies de cocaïne. (on avait cité à l’époque 600 kilos seulement).  Rappelons que l’appareil, resté immobilisé, avait eu l’assistance d’un autre avion, immatriculé G5-JIA venu lui prêter assistance, le même jour.  Ce dernier était l’ancien C-GWXD canadien, un très (très) vieux Fokker 300M d’Africa Air Assistance, une compagnie alors totalement inconnue.   Celle d’un certain Eric Vernet, dont j’ai fini par retrouver la trace en Afrique (je vous en parlerai bientôt !)…

Confusion entretenue pour dissimuler les militaires impliqués

Pour revenir à notre Cessna, c’est alors qu’intervient le site critique de Maduro, le célèbre « Pitazo » qui raconte la découverte, mais qui a le malheur de se tromper d’immatriculation, citant le YV2807, alors que l’avion saisi est le YV2708 et affirme qu’il a « déjà été saisi en 2011 par l’armée vénézuélienne« .  Le premier est en fait un Cessna 210 Turbo Centurion découvert dissimilé dans une forêt de la rivière Cinaruco, en plein Apure, cette année là (photo ici à droite).  En fait la confusion vient d’un Tweet envoyé le 26 mars par Carlos Ramirez Lopez, surnommé « Dr Ley », opposant lui aussi au régime qui semble être allé lui aussi trop vite en besogne…  Et la presse officielle maduriste de se déchaîner contre l’infortuné Pitazo, en écrivant également que  » jusqu’à présent, il n’a pas été possible de localiser des informations sur le propriétaire, l’équipage et les passagers de l’avion. »  Ce qui est totalement faux, tous ayant déjà été répertoriés  !!!  On en tient un autre en effet, parmi les cinq arrêtés sur place : outre Carlos Luis Justiniano Núñez, ce sont Jean Carlos Díaz Polanco, Jorge Luis Henríquez Villalba, Gerardo Antonio Díaz Barroso, et Gregory José Frías Urbina qui ont été arrêtés.  Or, comme je l’ai déjà aussi écrit, « Jorge Luis Henriquez Villalbai est un récidiviste du trafic :  il avait déjà fait l’objet d’une enquête pour trafic de drogue par avion (à bord d’un  Beechcraft 58) dans le ranch Guaremal de Boca de Aroa, dans l’Etat de Falcon, en 2008.   En 2008, l’avion de Villabal s‘était tout bonnement écrasé sur la ferme, et lui-même avait été grièvement blessé à l’occasion, brûlé à 70% sur tout le corps.  Aux sauveteurs, il avait affirmé avoir été pris en otage par le pilote de l’avion… pas retrouvé dans l’appareil totalement calciné !  Comment donc les autorités judiciaires avaient-elles pu avaler pareille fable ?  Le Titan YV2708 avait été repeint, indiquent plusieurs sources (comme le montre ici le cliché de gauche). »  L’explication est donc simple : le pouvoir a tout fait pour éviter que l’on parle de l’événement, ou tente tout de suite d’étouffer ce qui pourrait en être dit.  Et on comprend vite pourquoi, un peu plus tard, quand on découvre le procès au Venezuela qui suit la saisie de l’avion.  La 3ème Cour de contrôle de l’État de Lara ce jour-là condamne en effet à Barquisimeto…. trois sergents de la garde nationale bolivarienne (GNB) Franklin Pérez Peña, Roberto Sivira Fernández et Onesimo Romero Hernández, pour trafic de drogue et pour avoir facilité le départ de l’avion du territoire vénézuélien.  Les trois sergents avaient été arrêtés à l’aube du samedi 26 mars à l’aéroport international de Jacinto Lara à Barquisimeto (au Venezuela donc), par des fonctionnaires du Commandement national antidrogue du GNB, le jour même sans doute de la perquisition chez le propriétaire de l’avion  !  Ce sont eux qui étaient les responsables de l’envoi !!!  En République Dominicaine, en revanche, une juge Aristilda Mercedes Rodriguez libérera (brièvement) les cinq personnes arrêtées avant d’être suspendue par sa hiérarchie … Mais l’histoire remontera plus loin encore au Venezuela avec la découverte de l’implication d’un commissaire d’Interpol dans l’affaire : « Garcia Torrealba, qui de son bureau, a coordonné les actions nécessaires au sein de l’aéroport international de Jacinto Lara Barquisimeto afin d’obtenir le départ de l’avion avec la cargaison de cocaïne, pour lequel il a reçu la coopération de Diaz Lanz Cardenas Garcia. Diaz Lanz et Torrealba et ont été appréhendés à Barquisimeto entre lundi 29 mars et le vendredi 1 avril, en vertu des mandats d’arrêt demandés par les procureurs dans le cas et acceptés par ce tribunal » avait-on appris.  Or Garcia Torrealba, n’est autre que chef, justement, de la représentation vénézuélienne d’Interpol !!!   L’affaire mènera ou plutôt s’arrêtera aux portes de la gigantesque villa de résidence de Martinez à Pampatar Maneiro exactement).  Une résidence immense, ultra-luxueuse, munie d’une vraie salle de cinéma avec un écran géant, un sauna, un gazon artificiel pour jouer au golf et une piscine… (avais-je déjà expliqué ici)  « Martinez exploite également une entreprise de construction à laquelle le régime de Nicolas Maduro a affecté d’importants projets tels que le projet d’agrandissement des aéroports de Barcelone et de Porlamar » selon Notifias Venezuela » découvrira-t-on encore (voir article cité).  On sait maintenant pourquoi les informations sur cette affaire ont été sciemment dynamitées sur le net !!!

Des militaires vraiment pas futés
A la tête des armées, il y a Vladimir Padrino, celui dont certains disent qu’il serait fort tenté par un coup d’Etat, au cas où.  En fait, pour l’avoir observé pendant des années venir donner les explications des avions incendiés au sol et tenter de nous faire croire qu’ils avaient été abattus, je me suis fait une idée du personnage, qui est tout sauf une lumière à vrai dire.  A croire en ce cas que cela a déteint, car en dessous de lui ça ne semble guère plus subtil.  Je n’en veux pour exemple que celui survenu dans l’Etat de Falcon, et dont on a été assez peu informé à vrai dire.  Ça s’est passé près de la municipalité de Dabajuro, c’est situé tout au nord du pays, vers le Golfe du Venezuela, à proximité de la péninsule de Paraguana.  A cet endroit, le 7 juin 2016 a été retrouvé un avion, un bimoteur, un Cessna 421B Golden Eagle, plus exactement, reconnaissable à ses hublots ovales et ses moteurs à pistons avec coffres à bagages à l’arrière.  Un avion haut en couleur, fraîchement repeint, à coup sûr.  Il est en effet bleu métallisé sur le dessous, blanc au dessus et porte des filets rouges et gris.  Les commentaires, assez rares, sur cet événement sont tous les mêmes : c’est l’armée qui visiblement a dicté son message aux journaux. I l dit ceci :  « Le général de brigade Manuel Antonio Sánchez Sosa, commandant de la zone pour l’ordre interne n ° 13 de la garde nationale bolivarienne (GNB) dans le Falcón, a rapporté qu’une commission mixte composée de militaires de l’URIA 13 et des troupes attachées au détachement 134 CZGNB-13, ont trouvé un avion abandonné dans la municipalité de Dabajuro. Le personnel militaire après le patrouille dans le secteur Matícora, état de Falcón, a trouvé l’endroit où se trouvait l’avion, qui était poursuivi par les avions du CODAI » (c’est l’acronyme de « Comando de Defensa Aeroespacial Integral », dont voici ici la vidéo de propagande.  En gros la crème de la défense du Venezuela, mais qui ne dispose pas d’avions spécifiques.  « Vers 6 heures de l’après-midi (hier), les hommes en uniforme sont revenus avec la nouvelle d’avoir trouvé abandonné dans ce secteur un avion non utilisé par l’armée de l’air, type Cessna, enregistrement XBIYX, sans équipage, raison pour laquelle cette procédure a été notifiée au bureau du Procureur 21 du ministère public, compétent en matière de drogues « , a déclaré le chef de la CZGNB-13 ».  Le message est assez sidérant, car comme avion de l’armée de l’air, on est devant un appareil bien chamarré il me semble ! L’immatriculation est en fait le XB-IYX, elle est donc mexicaine et correspond à un appareil du même type, certes mais absolument pas peint de la même manière.  Logique, ça n’est pas celui-là.  Non, l’avion posé au sol en est un autre, dont on retrouve la décoration reconnaissable de loin en furetant un peu. C’est en fait le superbe N700BR, qui a jadis porté une livrée bien moins réussie.  Comment a-t-on pu le confondre avec un appareil de l’armée reste confondant (le général Sánchez Sosa n’est pas le seul).  Une autre vérification confirme nos soupçons habituels :  l’avion n’était plus « américain », mais mexicain.  Il a en effet été exporté au Mexique le 18 avril 2016… et a donc été retrouvé  abandonné le 7 juin au Venezuela : les trafiquants n’ont pas chômé !!!  Le 24 août, le général de brigade qui avait annoncé la découverte, Manuel Antonio Sánchez Sosa, responsable de la zone 13 de Falcón passe son fanion à son remplaçant, Nelson José Morales Gutlian.  Relevé, pour ne pas avoir su reconnaître un avion civil d’un avion militaire, peut-être bien (dans le secteur seuls les Bahamas, la Bolivie, le Nicaragua, et le Paraguay l’ont utilisé dans leur armée de l’air – ici des exemplaires de Nouvelle Zélande) ???  Remarquez, cette-fois-là Padrino n’avait pas twitté que ses avions l’avaient abattu, c’est toujours ça !!!  Mais comment font-ils pour ne pas voir ces évidences ???

L’avion de l’Aviateur, le retour…

Le 3 avril 2016, « Wally H » un spotter de Floride photographie l’avion d’ElAviator au Miami Opa-locka Airport portant deux affichettes, comme celles apposées sur les avions saisis par le police dont une près de scellés sur la porte d’accès de l’appareil.  L’une d’elle porte l’intitulé de RIKE, ce qui signifie « infraction ».

En août 2016, un autre spotter, Ronan Hubert le photographie lui aussi (mais sur l’autre flanc) à Opa Locka, devant le Hawker 800 de HawkerN814ST LLC, un avion qui est à vendre après son intérieur refait entièrement en 2016.  L’appareil de El Aviator semble bien sur la même rampe que celle des avions destinés à être vendus.  Mais qui donc l’a ramené en Floride ?

 

(1) « Chacao est l’une des municipalités les plus riches du Venezuela, grâce à  son économie dynamique et attractive.  Elle abrite les plus grands centres commerciaux et financiers de la capitale vénézuélienne, les sièges des plus grandes banques du pays, le quartier d’affaires d’ El Rosal, la plupart des grandes entreprises du pays et de nombreuses compagnies internationales comme 3M et  Bayer. Elle accueille aussi de grands hôtels :JW Marriott et l’Embassy Suites de Hiltonà El Rosal et Campo Alegre, le Caracas Palace à Altamira, le Renaissance et La Castellana dans  La Castellana. »

(2) Extrait de Wikipedia : « le 11 février (2014), les manifestations étudiantes s’étendent désormais aux États de Táchira, Zulia, Caracas et Coro pour la libération des étudiants arrêtés par les forces de l’ordre. Le mouvement étudiant, même s’il se poursuit, est rapidement récupéré par les partis politiques. Le 12 février, les dirigeants politiques et étudiants sont appelés à marcher dans 38 villes du pays pour manifester contre le gouvernement notamment à cause du coût trop élevé de la vie, des répressions des précédentes manifestations et des pénuries qui frappent les biens de première nécessité. La manifestation à Caracas s’achève par une dispersion violente, des témoins journalistes, notamment de l’Agence France-Presse sur place, racontant que des civils à moto et des partisans du gouvernement s’en sont pris à la presse et aux manifestants Un premier bilan fait état de 3 morts, 23 blessés et une trentaine d’arrestations, bilan alourdi plus tard lorsqu’une soixantaine de blessés sont dénombrés. Dans la soirée, le président Maduro dénonce une « résurgence nazie fasciste » pendant que l’opposition accuse les chavistes d’avoir saboté les manifestations »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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