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Coke en stock (CIII) : République Dominicaine, le réseau… et la CIA

Nous voici revenus en République Dominicaine, qui,  par la fragilité de ses institutions et le laxisme évident de sa police a laissé le territoire a bien des malversations : la pire étant peut-être l’abandon jadis d’une partie de son territoire à des investisseurs américains, qui avaient perçu dans ce qui n’était qu’une lande inculte un potentiel touristique qui leur rapporte aujourd’hui d’importants dividendes, mais leur permet aussi d’y exercer discrètement bien des trafics douteux. Aux côtés de ses investisseurs, une compagnie aérienne ayant de bien étranges ramifications en Floride a servi pendant des années de pont aérien à de la coke, venue du Venezuela et transitant par la République Dominicaine. La découverte relativement récente de ce réseau, en 2012, provoquera un tsunami judiciaire dans le pays, un bon nombre de personnes de la police et de l’armée étant impliqué. Ce qui nous ramenait encore une fois en Floride, endroit de tous les trafics, on le sait : cette fois-ci c’était un pasteur évangélique qui se retrouvait visé…

punta_cana-2b530-9aed3En République Dominicaine toujours, l’histoire recommence cette fois en octobre 2011, à nouveau sur l’aéroport de La Isabela International Airport (Higüero) nommé aussi Joaquin Balaguer, on l’a vu, avec un très bel appareil, un Beechcraft 200 appartenant selon les premières investigations à la « Corporación Aeroportuaria Del Este« , les gestionnaires de l’aéroport du Group Puntacana, un engin valant 2,5 millions de dollars, portant le numéro de fabrication BB-1735 et immatriculé N871C, sagement rangé dans son hangar N°26. Les détenteurs du fameux hangar de l’appareil sont des américains, c’est un groupe d’investisseurs qui a acheté en In 1969, l’équivalent de 48km2 de jungle non défrichée à la République Dominicaine, afin d’y installer des hôtels (le Tortuga Bay, par exemple, avec ses pavillons séparés colorés reconnaissables) et un accueil pour touristes, le territoire comportant 10 kilomètres de plages au sable d’un blanc étonnant. Le tout avait été acheté… 225 000 dollars en 1969. Au départ, cela s’appelait la « Compañía de DesarrolloTurístico, Residencial e Industrial, S.A ». (ou CODDETREISA), devenue aujourd’hui « Group Puntacana« , du nom de l’endroit devenu le plus touristique de toute l’île, grâce notamment à son aéroport privé.iglesias_punta_cana-5e43e-f13f8Parmi les investisseurs, on remarque la présence plutôt surprenante de Julio Iglesias, qui avait choisi là de faire fructifier ses gains de chanteur de charme (et d’assurer son bronzage permanent, on suppose). L’autre gros bonnet de l’affaire devenue juteuse au fil des ans étant Frank R. Rainieri, le découvreur et l’acheteur principal du site, qui avait débuté en affaires avec une entreprise d’avions épandeurs d’insecticide ou d’engrais, avant de se lancer dans l’aventure dominicaine, dont l’ouverture réelle s’est faite en 1971. Une fois l’enquête un peu plus avancée, on découvrira que l’avion n’appartenait pas vraiment à la CAE, mais à un « pasteur évangéliste de l’Arizona » , dont le nom est resté secret jusqu’au jour où la presse locale a révélé qu’il s’agît de la Harvest Family Church, de Casa Grande en Arizona… (lire ici le mode de vie des télé-évangélistes, un vrai régal, ça vaut bien une implication de Mormon !). A Punta Cana, il est vrai, on trouvait de tout, question show-biz, y compris aujourd’hui… David Getta (ici en décembre 2012). On trouve aussi un dénommé Jean-Marie LePen, qui y vient depuis une bonne vingtaine d’années en villégiature, pour ses vacances d’hiver… mais ça c’est une autre histoire encore comme je vais bientôt vous l’expliquer !
Des parkings à oiseaux rares

image_avion_remise-7cc1d-bc102Il est vrai aussi que dans l’ïle, les avions étranges ne manquent pas. Sur l’aéroport de San Juan, on trouve de tout, comme appareils. L’un d’entre eux ; semble-t-il remisé, nous intrigue beaucoup : c’est un Piper Navajo qui semble avoir beaucoup voyagé malgré son grand âge (il date de 1981 !). Il sera vu au Kendall-Tamiami Executive Airport le 16 avril 2010 (c’est à Miami, où on trouvera une détentrice pour le mettre en vente nommée Elzbieta Szczepkowska, d’une agence immobilière locale) mais aussi deux ans auparavant à Bergame en Italie le 12 septembre 2008 (il y était au moins depuis 2007). Mais le plus intriguant de ce vieil appareil est son immatriculation changeante : en 2004, sous les mêmes couleurs, il était en effet le HI-683SP, vu ici à Genève-Cointrin (caractérisé sur place « d’exotique« ). Il a été successivement texan (en 1983) sous le numéro N40940 (américain) puis XB-DHV (mexicain, donc)… pourquoi a-t-il perdu son « SP » final, demeure une énigme… à quoi sert-il, à quoi a-t-il servi… on reste dubitatif à le voir remisé au fond de l’aéroport. Mais à ce moment-là c’est un autre appareil qui fait la une des journaux…

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Un vol bien organisé

Au soir du 22 octobre 2011, des individus pénètrent donc sur le tarmac de La Isabela International Airport : Ramon Hernandez Peguero, un dominicain natif du nord-ouest de l’île (de Guayubín) et un vénézulien, Pedro Geraldo Gutiérrez, deux pilotes d’avions. L’enquête les retrouvera filmés par les caméras de surveillance, arrivés tranquillement en début de mois par le Las Americas International Airport à bord d’un vol classique des Copa Airlines, arrivé du Panama. Le 2 octobre, ils s’étaient installés à l’hôtel Resident, dans le quartier de La Esperilla.aerointer-8a4e7-4ec10 Ils sont vite rejoints par leur sésame, celui qui va les aider à entrer dans la base : un jeune lieutenant de l’armée, John Percival Matos –le propre fils du général en retraite Rafael Percival Peña, qui s’est vu offrir 350 000 dollars pour la peine, à savoir de leur donner les clés de l’entrée de la base.  A partir du hangar voisin appartenant à Aerointer (qui dispose d’un seul Cessna N°HI362 ici à gauche) où la femme de John Percival, prénommée Ginsellys à travaillé trois mois, il a été mis au courant de l’arrivée du Beechraft N871C du pasteur resté inconnu sollicité par les trafiquants. A trois heures du matin ils ont tous trois déjà rempli les réservoirs et l’avion roule déjà tous feux éteints vers le hangar d’Aerodom (connu sous le nom de « Aeropuertos Dominicanos Siglo XXI », il gère les 5 grands aéroports dominicains et en particulier les scanners, des Rapiscan américains, une société née en Angleterre au départ sur la base de détecteurs de métaux finlandais, Outokumpu..), au bord de la grande piste. Quelques minutes après, il a déjà décollé… vers une direction inconnue. A 25 miles (40 km) au sud des côtes de la République Dominicaine, l’avion s’est déjà positionné au ras des flots, il est désormais indétectable. scanner_aerodom-e11d7-7235eSur place, on crie au scandale et on point du doigt des responsables  : « l’affaire est la dernière participation en date de membres de l’armée dans un scandale de drogue, qui comprend donc l’ancien capitaine de l’armée Quirino Paulino, les officiers de la Marine dans le Paya, les meutriers de sept Colombiens à Bani, le colonel de l’armée José Amado Gonzalez et le mafeux Portoricain José Figueroa Agosto comme cheville ouvrière, entre autres » explique la presse, plutôt furieuse d’un tel laxisme évident (Figueroa étant ce narco-trafiquant dominicain dangereux, adepte de la chirurgie esthétique pour passer inaperçu arrêté en juillet 2010 à San Juan).

Un avion retrouvé caché sous un camouflage… au Venezuela !

camoufle-efef8-329c1Il ne faudra attendre que quelques jours (quatre seulement) pour retrouver la trace de notre bon vieux Beechcraft de pasteur. En pleine jungle, sous des filets sombres de camouflage. Dans l’État d’Apure et dans le secteur de « Las Matas » à 54 miles à l’est d’Elorza, au Venezuela. Un endroit connu pour le trafic de drogue. L’avion qui a décollé le 23 octobre à 3h20 du matin de République Dominicaine est là, intact, au Vénézuela, découvert par une surveillance aérienne du REDI (pour Regiones Estrategicas de Defensa Integral) et de la National Anti-Drug Office (ONA) vénézueliens, car l’appareil s’est posé dans la province d’Apure, celle qui jouxte la Colombie et qui fait office de porte-avions pour embarquer la cocaïne en quantités industrielles. decouvert-820d9-226e4Ce n’est guère un hasard, la surprise étant plutôt que les autororités vénézueliennes l’aient découvert aussi vite et en font alors une grande publicité. Comme pour mettre en avant un appareil, et ignorer tous les autres que l’état d’Apure héberge depuis des années. Une autre forme de laxisme, signé… Chavez, qui n’a jamais voulu que la DEA américaine mette le nez dans les trafics internes au pays, afin de ne pas y découvrir des liens fort compromettants entre pouvoir militaire et trafiquants, notamment.

Une société de transports aériens dans le viseur

airline__C_big_logo-c43c2-d9e8aC’est alors qu’entre en scène un autre individu, dans le hangar voisin de celui où a été volé l’appareil. « Rafael Rosado, le propriétaire de la compagnie Caribair, a déclaré que l’avion, un bi-turbo-prop Beechcraft B-200 Kingair, avec numéro de queue N871C et capable de transporter 9 Passagers avait été rempli avec du carburant qui avait été siphonné à l’un des des avions de Caribair et apporté dans une voiturette de golf qui appartient à la même société. En attendant, Pedro Dominguez, l’ancien président de l’Association des pilotes dominicaine, a dit qu’il y avait des dizaines d’avions dont le carburant était volé et que les plaintes avaient été déposées par les propriétaires d’avions privés et des entreprises qui opèrent à l’aéroport de La Isabela et qu’elles étaient dans ses archives ».

caribair-df8e5-e9161Or Caribair a un passif. Un très lourd passif. Le même Rosado aurait mieux fait de se taire, semble-t-il, car il apparaîtra plus tard, le 1er octobre 2012, avec cette fois de très graves accusations portées cette fois contre lui. Ce jour-là, un bimoteur Piper PA-31-350 Navajo Chieftain, immatriculé N711WX s’écrasait dans les montagnes dominicaines, près du village de Tireo, dans la province de ConstanzaL’appareil était piloté par Victor Hugo Sanchez, un militaire, accompagné comme copilote par le capitaine de police Eduardo Perez Leyba,un homme affecté à la DNCD (l’Agence nationale de lutte contre les drogues) à l’aéroport de Puerto Plata. Le propriétaire de l’appareil est vite retrouvé, il s’appelle Rafael Rosado et c’est le directeur de la firme Carib Air, déjà accusé il y a quelques années de faire passer de la cocaïne dans ses avions. Dans les débris ; justement, il y a aussi 11 paquets de 1 kg de cocaïne, provenant semble-t-il d’une saisie récemment réalisée. L’avion n’avait pas parcouru 9 miles (15 km) après son décollage, et la police songeait déjà à un sabotage. En 2008, en effet, Rafael Rosado avait déjà été accusé d’avoir fomenté d’assassiner Christopher Angel Martinez, le responsable officiel de l’aéronautique civile dominicaine.

Des accusations plus précises

crash_octobre_2012-3981e-70888Ce dernier avait été effectivement assassiné alors qu’il menait des inspections des compagnies aériennes locales, et avait ordonné le maintien au sol de certains avions en raison d’un mauvais entretien, dont ceux de Caribair. Le 3 octobre, les accusations se font encore plus précises sur le rôle de Rosado  :  » Le chef de l’Agence nationale de lutte contre la drogue, a affirmé ce mercredi avoir des preuves substantielles contre Rafael Rosado, propriétaire de la compagnie aérienne Carib-Air, qui aurait transporté de la drogue et accuse René Gomez Sergio Diaz de diriger le cartel de Los Sapos Cartel (le gang des crapauds) en République dominicaine. Le Général Rolando (un homonyme) a dit qu’il avait jusqu’ici réussi à contourner la loi pour le pour trafic de drogue et de blanchiment de capitaux, mais que cette fois, il y avait des preuves tangibles contre lui. avion_crashe-2-4b508-9c7e3« Il a été pris avec de la drogue et d’autres aéronefs là-bas qu’il avait acheté au Honduras, ont été saisis, confisqués avec des chargement de drogue car il n’y a pas qu’ici, et je dois aussi ajouter cette partie. Le chef de la DNCD a ajouté que peut-être que Rafael Rosado possède une « baguette magique » pour avoir réussi à échapper à toute poursuite,  » car il a eu beaucoup de chance jusqu’à présent. » Quant à l’homme d’affaires Santiago Gomez Diaz, le fonctionnaire a dit qu’il était le coordinateur du réseau dans le pays. « Sergio René Gómez Díaz était le cerveau, la structure-clé en République Dominicaine Ce bureau ici, et sa maison étaient le centre des opérations. »

Le démantèlement du réseau

constanza-9f144-0dffcLe 5 octobre, les indications sont définitives (et la « baguette magique » cassée, donc) : on vient bien de démanteler un énorme réseau lié à la cocaïne des cartels mexicains. « Selon El Día quotidien dominicaine le réseau découvert travaillait avec le cartel du Golfe du Mexique. L’article du journal et l’ensemble des ressortissants arrêtés le 1er octobre a mis en évidence les craintes des responsables dominicains qui ont dit que les groupes criminels internationaux ont de plus en plus ciblé le pays. Le cartel de Sinaloa, un rival du cartel du Golfe, a établi une présence dans la région de Cibao dans le nord de la République dominicaine, ont dit les responsables. Leur capture signale également la profonde influence que trafiquants de drogue sont venus à exercer dans le pays. Parmi les personnes arrêtées il y a le lieutenant-colonel Juan Ramon Perez Rosado, ancien officier de la police nationale, Carlos Manuel Ramirez de la Force aérienne et le Lieutenant Henry Valdez Garcia, qui sont accusés d’avoir été payés 2500 dollars par le réseau pour maintenir les aéronefs dans le pays pendant un mois. Le sergent. Jose Antonio Cruz Cleto a été placé en garde également pour son rôle dans l’opération alléguée.portillo-945f6-38bfe L’enquête qui a duré un an, assistée par l’US Drug Enforcement Administration, a montré que les soldats étaient stationnés au petit aéroport de la ville de Constance (Constanza, en haut à gauche, Portillo étant ici à droite) et les équipages pour charger les avions dans une poignée d’autres aéroports offrant une protection pour le groupe. « Cette organisation a même réussi à pénétrer le contrôle des aéroports à la suite de l’aide reçue dans les aéroports cités, où ils ont réussi à recruter des soldats de rangs différents et des civils pour mener des activités sans faire de problèmes ou éveiller les soupçons », a déclaré Rosado. Les hommes arrêtés sont Rafael Rosado et son agent Senén Fermin, le propriétaire de Caribair, une petite compagnie aérienne, les hommes d’affaires importants Sergio René Gómez Díaz et José Vicente Figueroa Ortiz. Ils sont accusés de blanchiment d’argent. »

Tout le pays est secoué : les gens censés de lutter contre la drogue sont des trafiquants !

hiraldo-2af2a-693f7C’est alors un raz-de marée, un véritable tsunami qui atteint la République Dominicaine : la direction de la lutte contre les stupéfiants (DNCD) voit bien « tanguer le bateau » comme le raconte la presse locale, et décide dans un premier temps d’une purge en nommant un nouveau directeur des opérations, un Inspecteur général et de nouveaux chefs des recherches, de la Centrale du Nord, du Nord-Est, et du Sud. Des modifications sont apportées aux bureaux des Enquêtes Spéciales, et dans les Aéroports de Las Americas, Santiago, Puerto Plata, Punta Cana, La Romana et Higüero. Bref, on élague, on tranche, on nettoie… Mais le scandale remonte bien plus haut, et finit par toucher Francisco Guerrero Hiraldo (en photo arrêté portant le casque pour son transfert), l’ancien directeur en personne de la DNCD de 2006 à 2008, qui est démasqué comme étant lui-même un trafiquant, dont les Etats-Unis, qui travaillaient étroitement avec lui avec la DEA demandent aussitôt l’extradition pour être jugé en Amérique et non dans son pays d’origine.

La DNCD et sa complice : l’armée !

L’enquête menée sur la DNCD avait révélé qu’Hiraldo possédait des millions de dollars sur des comptes bancaires et plusieurs de ses propriétés ont été confisqués depuis. Voilà un Quintero  bis qui se profile… Son complice étant Quirino Paulino, capitaine des armées. C’est tout un pan de l’armée dominicaine qui se retrouve ainsi touché, les fonctionnaires étant accusés notamment d’avoir donné des informations confidentielles aux trafiquants : « on a appris que les hauts fonctionnaires dominicains ont remis aux gangs de la drogue et à leurs collègues locaux, des informations sensibles du renseignement américain. Les autorités ont ouvert une enquête après avoir remarqué aux Etats-Unis plusieurs opérations similaires à des cas déjà poursuivis tel ceux d’Antonio del Puente Rosario, Quirino Paulino et un groupe qui comprend d’anciens militaires de la Marine comme les officiers supérieurs Michael Antonio Suárez et Carlos Pena Silfa Rosso (ici arrêté au Vénézuela). Dans l’affaire contre Del Rosario Puente, connu comme Toño hiraldo_guerrero-bb576-ee38bLeña, il est dit expressément que  » les trafiquants ont obtenu des renseignement d’agents corrompus pour promouvoir leurs activités de trafic de drogue. » Les autorités américaines ont également obtenu le témoignage direct de Paulino, Rosso Peña et deux autres poursuivis dont les noms n’ont pas encore été divulgués, car iUne vieille histoire, pourtant, continuent à fournir des informations « pertinentes et véridiques ». Sont également poursuivis dans le cas de Rosso Peña l’enseigne de vaisseau Suarez, Heriberto Reyes Almonte, Gustavo Gallego Cordova, Harvey Bermúdez Lasso, Amparo Balaguera Sarta, Hector Rodriguez, Daniel Reyes Gonzalez et Eduardo Almonte« .

Extradé aux Etats-Unis

heroin_drug_sized-83c69-ea438Le 6 avril, Hiraldo Guerrero montait dans l’avion qui le menait aux Etats-Unis pour y être jugé. Après l’arrestation de José Figueroa Agosto, surnommé le “Pablo Escobar of the Caribbean » à Puerto Rico en 2011 et condamné à 209 années de prison à New York, le coup porté au trafic de République Dominicaine était fort sérieux.

Un raz de marée qui touche tout le monde : le 4 mars, c’est au tour de la star issue du concours de la “Latin American Idol », Martha Heredia, 22 ans à peine ; de se faire pincer avec de l’héroïne dissimulée... dans trois paires de chaussures à talons, pour 2,9 livres (1, 3 kg). Arrêtée à Santiago alors qu’elle s’apprêtait à s’envoler pour New-York. Lors du concours, en 2009, le président President Leonel Fernandez en personne avait recommandé à la population du pays de voter pour elle. En décembre 2010, elle avait déjà été rendue responsable d’avoir tué un jeune cycliste avec sa voiture, s’en sortant avec 180 000 livres de dédommagements à la famille du défunt.

Une vieille histoire, pourtant

CaribairDC3N65389-66309-96721Or le problème est aussi que Caribair nous ramenait encore une fois en Floride… chez des gens connus : à Venice Airport où le hangar servant de maintenance pour Caribe Air, servait aussi à Ruddy Deckker de Huffman Aviation (oui, là où Mohammed Atta avait pris ses cours). Caribair était une société d’aviation assez particulière, très liée à l’armée et à la CIA, avec pour preuve une façon fort particulière de contourner techniquement les décollages diffiiciles sur piste courtes ou montagneuses. De 1962 à 1966 avait acquis pour ses vols des Convair 340, revendus par la Braniff. Anciens et plutôt poussifs, lls avaient du mal à assurer le service à partir de St. Martin, d’approche difficile, dans les Indes néerlandaises Ouest et en Guadeloupe. La (trop) courte piste de St. Thomas, en particulier, dans les Îles Vierges américaines, avec ses montagne abruptes près de sa piste, lui posaient problème. Un des Convair de Caribair avait donc été équipé de fusées JATO (Jet-Assisted Take-Off) comme celles qui équipaient les avions de l’Air Force pour décoller. La surprenante image si -dessous, prise à St.Thomas en août 1962 en témoigne : destinée à être testée seulement, l’option, jugée trop risquée, n’avait pas été retenue pour des vols avec passagers.
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Le rôle de la Mena
Selon Daniel Hopsicker, « l’histoire de Carib Air inclut des « tâches » comme celles où la firme avait eu ses avions saisis par les responsables fédéraux au tristement célèbre aéroport de Mena Arkansas il ya dix ans, après que la compagnie a été accusé par les procureurs du gouvernement d’avoir utilisé pas moins de 20 avions visant à acheminer de la drogue valant des milliards de dollars dans ce pays. Ironie du sort encore, la compagnie a fait les manchettes il y a plus d’une douzaine d’années dans un scandale dans lequel l’un des directeurs, le rebelle angolais Jonas Savimbi, a été tué. C’est en effet un C130 de Carib Air qui avait été abattu au-dessus Angola avec la perte de tout l’équipage à bord, y compris le neveu d’un congressman américain (en photo Savimbi et … Gérard de Villiers)00504768_000023L’avion était en mission pour le gouvernement angolais, il a été découvert, chargé avec une charge de whisky et cigarettes. Les observateurs de l’époque avaient ironiquement remarquer que, tandis que la CIA avait secrètement pendant des années soutenu l’autre côté dans le conflit angolais, les rebelles Jonas Savimbi de l’UNITA, maintenant il apparraissait qu’elle jouait des deux côtés. Bien que le Congressiste avec un neveu mort n’a pas été amusé, l’affaire a été abandonnée rapidement. Curieusement, Air Carib est aujourd’hui contrôlée par une banque offshore situé sur l’île de la Dominique, Bank Caribe, une banque privée qui devrait être étudiée actuellement par les autorités qui poursuivent les noms impliqués dans Enron et ses partenariats offshore secrets, dont beaucoup ont le nom « Caribe » dans leur titre. Quand quatre banquiers ont été arrêtés par des organismes américains d’application de la loi en novembre dernier et accusés de blanchiment d’argent, BankCaribe Ltd, de la Dominique, a été nommée dans l’un des déclarations sous serment déposées. »
« Une société écran de la CIA »
Des liens évidents, relevés par un autre auteur : en écrivant en 2004, le vétéran du renseignement britannique, le Colonel John Hughes-Wilson, notera que, dans le même temps que les pilotes pirate de l’air Mohammed Atta et Marwan Alshehhi apprenaient à voler chez Huffman Aviation à Venise, en Floride (voir 6 Juillet-Décembre 19, 2000), « Une société écran de la CIA appelé Caribair exploitait également le même hangar à l’aéroport de Venise. » Il ira à commenter que « cette coïncidence extrêmement curieuse doit soulever Inévitablement, certains soupçons comme quoi la CIA n’avait vraiment rien su avant le 9/11. Est-ce que la CIA tentait d’infiltrer et de « doubler » de la cellule américaine d’Al-Qaïda dans l’espoir de l’utiliser contre l’organisation d’Oussama Ben Laden à l’avenir ? «  note-t-il [Hughes-Wilson, 2004, PP. 391] »).
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Aux temps de l’affaire des « contras »
Le propriétaire de Caribair, Dietrich Reinhardt, était aussi celui de St. Lucia Airways, (SLA) une société elle aussi considérée comme un paravent de la CIA (j’en reparlerai ici même bientôt en raison d’un événement survenu cet été aux States). Dans un rapport du Senate Intelligence Committee il est clairement dit que le Boeing 707 cargo de St Lucia Airways avait servi à transporter des missiles Hawk et TOW à Téhéran, en Iran, en 1985 et 1986 dans le cadre du contrat secret « armes contre otages » entre les États-Unis États et l’Iran. L’avion de St. Lucia Airways ; à la direction de laquelle apparaissait un autre sulfureux personnage dont je serai amené à parler bientôt, était même passé par le nord de la France, à Lille, bourré de poudre à canons et d’éléments de missiles Hawk… St.Lucia s’installera après à Lynchburg, auprès d’une société appellée Britannia Aviation dans laquelle le pasteur ultra conservateur Jerry Falwel, grand ami de Pat Robertson, avait des actions : c’était alors Britannia Aviation qui entretenait les avions de Caribair… sans jamais avoir eu la licence pour le faire…

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