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Coke en stock (CCXXXVII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (62)

Les hélicoptères toujours présents

Avec l’arrestation de Felipe Ramos Morais (cf  le « Coke en stock (CCVIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (43) » on pensait l’usage de l’hélicoptère mis un peu en retrait pour le transport de cocaïne, au Brésil. Détrompez-vous : le 12 juin, le terrain de football de Vila Rubim, à Cambará voit surgir un Robinson R-44 « Astro »  immatriculé PT-YFK. Un des 45 portant le matricule PT-Y..; un appareil inscrit au Brésil le 27 juillet 2006 et portant le numéro de fabrication 502. (ici le même type annoncé à la vente à 600 000 reals soit 134 000 euros et là le F-GJCZ français portant la même déco) L’hélicoptère, en difficultés, car certainement à bout de carburant, vient de se poser à l’arraché sur le stade municipal baptisé João Pereira Lima. Les deux pilotes en descendent et partent aussitôt en quête d’essence (en passant au dessus du mur du terrain, alors fermé; ce qui a l’art d’inquiéter la population locale, bien entendu).

Ils sont été arrêtés peu après à Ourinhos (SP), en train d’en acheter pour ravitailler leur hélico. Mais entre temps la police, alerté par le voisinage du stade, est venue et a fouillé l’engin, découvrant 140 kg de drogue sous les sièges de l’hélicoptère (répartie en 109 tablettes de cocaïne et 29 de crack, cf ici à gauche). Le pilote Wagner Benavides Conti, 19 ans seulement (?), et son passager Paulo Henrique Dias Madelha, 38 ans, tous deux arrêtés, avouent très vite qu’ils avaient chargé l’hélicoptère avec du crack et de la cocaïne au Paraguay pour la livrer à Guaruja, sur la côte de São Paulo. Chacun devait recevoir 10 000 dollars pour le transport. Ils avouent aussi  qu’une étape pour le ravitaillement de l’hélicoptère avait été prévue à Ourinhos, mais le carburant avait été déposé à quelques kilomètres de l’endroit forçant atterrissage d’urgence dans la ville de Norte Pioneiro. Le plus âgé,  Madelha est originaire de Belo Horizonte (MG) et a déjà était impliqué dans une affaire  de trafic de drogue. Le jeune Conti est originaire de Vera Cruz (SP), et jusque-là  était inconnu de la police. La drogue, évaluée à plus de 2 millions de reals, a été saisie le jour même et mise en sécurité au siège du 2e bataillon de l’Armée. Le lendemain la police militaire transportait sur un camion plateau l’hélicoptère saisi à Jacarezinho, pour le mettre à la disposition de la justice. Felipe Ramos Morais a déjà des successeurs, c’est sûr, et le dernier a dû être formé en baby-sitting à voir son âge !!!

Les hélicos, outils fondamentaux du PCC ?

Morais jouait c’est sûr un rôle imminent au sein des trafiquants; comme j’ai pu vous l’expliquer. Les hélicoptères étaiera en fait devenu vitaux pour l’organisation de trafiquants. Un article fondamental paru chez osantarritense.com le 28 février 2014 nous avait éclairé à ce sujet. Il nous avait échappé à l’époque et c’est dommage. Pour son auteur, en effet, le PCC se servait de ses hélicos comme transporteurs de fonds, tout simplement : « l’abondance de l’argent provenant du trafic de drogues a rendu commune l’utilisation des hélicoptères parmi les criminels du Premier Commandement de la Capitale (PCC). La faction utilise des hélicoptères pour transporter des sacs de plusieurs millions de dollars d’une région à l’autre de l’État et pour payer les fournisseurs de marijuana et de cocaïne. Le 29 janvier (2014) par exemple, des membres de la faction sont montés à bord d’un hélicoptère à Guarujá, sur la côte de São Paulo, pour apporter 1,4 million de dollars à São Paulo. L’avion a atterri dans le Campo de Marte, au nord, où les voyous ont atterri avec l’argent dans des poches. Un groupe de choc du PCC les attendait et a apporté l’argent à l’est de la capitale. Selon le rapport de renseignement de la police de São Paulo, des fonds ont été collectés sur le trafic de drogue dans la Baixada Santista. Il serait destiné au paiement des fournisseurs de drogues. Les hommes de la police suspectent que l’hélicoptère utilisé pour transporter l’argent est le même que celui qui a servi au vol de reconnaissance du plan de sauvetage, réalisé par Márcio Geraldo Alves Ferreira, alias le Bouddha, le 29 Novembre de l’année dernière. Il est l’un des suspects signalés par la police comme responsable de l’union des bases de soutien des criminels à Porto Rico, à Parana, pour sauver Marco Willians Herbas Camacho, dit le Marcola. Bouddha serait également responsable des contacts des élèves pilotes du CPC avec le criminel Dos Santos criminelle Gilberto Aparecido, alias Fuminho, qui se cache au Paraguay, où il est le directeur des affaires de Marcola. La semaine dernière, le Département des enquêtes criminelles (Deic) a demandé au tribunal son arrestation temporaire, qui a été refusée ». La tentative avait échoué, les policiers ayant mis le paquet pour la contrer : « une équipe de 15 hommes du commandement des opérations spéciales (CoE) avec six tireurs d’élite sont tapis dans les bois autour du pénitencier 2 de Président, Wenceslas à l’ouest de São Paulo, en attendant les troupes de commandement First Capital (PCC) qui prévoient de sauver Marco Willians Herbas Camacho, Marcola (ici à gauche lors des son arrestation) et trois autres chefs de faction. Ils peuvent même faire tomber des avions en approche de la prison ». « Les tireurs, appelés tireurs d’élite, ont des carabines de calibre 5,56 mm. Ils posséderaient aussi avec un fusil de calibre .50. L’armement est suffisant pour abattre l’hélicoptère qui tenterait d’enlever les malfrats de la prison ». Au final, le  ‘un des sept hélicoptères qui auraient été utilisés dans le schéma international de trafic de drogue et le blanchiment d’argent étudié par l’opération Operação Laços de Família (« Liens familiaux ») de la Police fédérale (PF) a pu être utilisé dans l’assassiner de Roger Jeremiah Simone, la « Gege do Mangue », et Fabiano Alves de Sousa, le « Paca », en février de cette année, selon les informations du PF. Cible d’une embuscade dans la région métropolitaine de Fortaleza, Simone a été nommée par les autorités de Ceará comme l’un des leaders du premier commandement de la capitale (PCC). Les deux hélicoptères impliqués dans la gestion gégé et Paca – dont l’un des sept que la 3e Cour fédérale de Campo Grande (MS) a autorisé le PF à saisir aujourd’hui (25 juin 2018), sous l’opération « Liens Familiaux » – ont été trouvés dans une zone de la forêt de Fernandópolis, à l’intérieur de São Paulo, puis livrée à la Coordination intégrée des opérations aériennes du Secrétariat à la sécurité publique et à la défense sociale du Ceará. Dans un communiqué, le département d’Etat a confirmé que le modèle hélicoptère Eurocopter EC130 B4, immatriculé PR-YHB (ici à gauche, qui avait été piloté par Felipe Ramos Morais), est sous la garde du dossier, selon la détermination de la Cour fédérale et à juste titre ont été utilisés dans un acte criminel. Déjà insérés dans la flotte de la Coordination Intégrée des Opérations Aériennes de l’État, les aéronefs subiront une maintenance pour ensuite effectuer des missions de patrouille aérienne; surveillance de l’environnement et ressources en eau; transport d’organes et de tissus humains en vue d’une transplantation; transport de personnel et sauvetage en cas d’accident. Après quelques adaptations, il peut également être utilisé pour soutenir les opérations de police, les opérations de sauvetage en cas de noyade et le secteur aéromédical en général ». Sept hélicos étaient donc (au minimum) au service du PCC !!!

La collecte des billets des cartels

Le transport des fonds ramassés par le PCC est devenu une organisation en effet. Ces transferts d’argent « lavés » sont devenus ordinaires dans les années 2000, au vu des importantes sommes amassées. Les cartels mexicains semblent avoir initié le procédé repris par les brésiliens. On en avait déjà eu un aperçu surprenant en 2012 en Equateur, ou un avion, cette fois, qui s’était écrasé à Coaque, dans le Manabi, s’était écrasé en essaimant pas poins de 1,5 millions de dollars derrière lui. L’avion portait l’immatriculation XB-MPL, c’était un Cessna T210M Turbo Centurion II ses deux occupants mexicains, Santiago Alfonso López Monzón et Cruz Alfredo Solís Lópe étaient morts lors du crash. L’avion s’était écrasé à quelques encablures d’un endroit ainsi décrit : « l’endroit a l’apparence d’un paddock. Mais au milieu du terrain sauvage, entre les mauvaises herbes envahies par la végétation, il y a une piste d’atterrissage. IL est circulaire et plus bas, dans l’une de ses sections, il y a une marque de couleur: une ligne blanche avec un point rouge. Le signal sert à guider les pilotes au moment de l’atterrissage. C’est l’une des deux voies abandonnées à Pedernales, au nord de Manabi. Il situé au kilomètre 4 de la route Pedernales-Jama, poursuivant la Ruta del Sol. C’est à deux kilomètres du site où la nuit d’avant eu lieu un accident d’avion (vers 20h40), qui transportait des liasses de dollars, que la police pense être de trafic de drogue. Le propriétaire de l’hacienda où se trouve la première piste assurait son fonctionnement en 2008. Son grand-père l’a construit il y a 60 ans. « Il n’y avait pas de routes en bon état et il était moins cher de transporter les crevettes par voie aérienne ». La Direction nationale de l’aviation, «  nous l’a fermée parce que notre avion a été endommagé ». Mais les habitants de la région disent que chaque mois un avion blanc avec un ciel bleu se pose à cet endroit. « C’est le même que celuie qui a frappé la colline », a déclaré un villageois ». « Les premières constatations de la police, relatives à l’avion qui s’est écrasé dimanche, rendent compte que la cause possible de la collision était le manque de carburant. Il y avait des canettes blanches vides parmi les fers torsadés qui restaient de l’avion. « Si ils avaient  eu de l’essence, l’avion se serait enflammé, », a déclaré un policier qui a analysé le site et fait un rapport. Selon les services de renseignement, un téléphone cellulaire était également encore allumé, avec son dispositif d’éclairage intégré en fonction  Selon les chercheurs, il était utilisé pour voir l’environnement, car l’avion était arrivé avec les lumières éteintes. L’avion volait si bas que les habitants de Taiche del Coaque pouvaient l’entendre à quelques mètres des toits de leurs maisons. Une source de l’armée de l’air équatorienne a expliqué que si un avion passe à moins de 300 pieds, il ne peut pas être détecté par les radars »… peu de temps après la police découvrait un laboratoire complet de fabrication de cocaïne à à peine 25 km du lieu du crash… avec de gros pick-up attendant leur chargement. L’argent étaient en paiement de la production locale !

Un Cessna comme tiroir-caisse électoral ? 

Des avions servant à transporter de l’argent non déclaré, on en trouve aussi au Brésil. L’un d’entre eux va nous intéresser, même s’il n’a été surpris qu’avec une petite somme à son bord. C’est un petit blog engagé, Neto Web, qui nous l’avait appris le 28 septembre 2018 (reprenant Maranhao): « la police civile, sous le commandement du délégué Fábio Brito de Amaral, a saisi un avion Cessna 210 vers 13h ce mardi (27 septembre), dans la ville de Passagem Franca.. Lors de l’ « opération Santos Dumont » qui  a été lancée en conformité avec un mandat de perquisition et de saisie, car avaient été transmis des informations comme quoi  l’avion, appartenant à Juarez Alves da Silva, connu sous le nom « Miliao », venait de la ville de Itaituba  avec à bord beaucoup d’argent. Lors de l’opération, le montant de 50 000 Reals en espèces détenu par le dit propriétaire a été saisi. Le papier d’emballage de la Banque du Brésil, ils contenaient des liasses de billets de 100, 50 et 20 Reals. Le mandat a été émis après la plainte reçue par le procureur local qui soupçonnait que ce montant serait éventuellement utilisé pour l’achat de vote dans la ville de Mato-MA Lagoon » (Da Silva étant le beau-père du candidat à la mairie de Lagoa do Mato). » Le propriétaire de l’avion a été emmené au poste de police de Passagem Franca et relâché après son audition, mais l’argent a été saisi. La police poursuit ses enquêtes pour savoir qui serait le destinataire prévu de l’argent et si l’argent serait utilisé pour acheter des votes ». Donc ici, pas question de drogue, mais bel et bien de corruption. Mais c’est bien le même procédé. Mais cette fois c’est l’avion qui va davantage nous intéresser : immatriculé PR-STL, c’est un modèle « Aero King », STOL, vu à l’aéroclub de Flores, fort prisé des trafiquants on le sait. C’est surtout le N°21063968 enregistré le 1er octobre 2010, l’Ex N4648Y. Un avion vendu par 2f Trade LLC; de Collinsville eu Texas. Une société qui envoyait ses avions par bateau, via Seizpar Sa et qui elle aussi a pas mal vendu au Brésil ou au Paraguay et dont on devra reparler je pense. Sur sa fiche politique notre homme avait semblé aussi l’achat de son Cessna… son N2145U (le T210N N°  21064776) est devenu par exemple PP-FSR, a fière allure, vendu en 2016 à « Gilberto Franaia Rodriges e Outro »

Les écoles de pilotage sponsorisées par le PCC ?

Un autre article confirme l’intérêt du PCC pour les voilures tournantes selon le journaliste spécialisé du Marcelo Godoy de Agencia Estado dans le Jornal do Tocantins du 28 février 2014 : « Des estimations de la police civile et militaire et le procureur (MPF) chiffrent que les criminels du premier commandement de la capitale (PCC) ont consacré 500 mille reals dans des cours de pilotage d’hélicoptère et de location d’avions pour planifier le sauvetage de Marco Willians Herbas Camacho, Marcola et trois autres dirigeants de la faction criminelle. Au total, 300 000 reals ont été investis dans des  heures de vol dans des cours de pilotage d’hélicoptères. La faction voulait former trois membres car, outre le sauvetage, l’appareil pouvait également être utilisé pour transporter des armes, de la drogue et de l’argent. Les chercheurs ont constaté que les membres de la faction ont fait quatre vols d’hélicoptères à Sao Paulo et Parana et un seul avec un avion Cessna 510, qui est venu du Paraguay et a atterri à l’aéroport Loanda, Parana. Il devait être là lorsque Marcola et les prisonniers Claudio Barbará da Silva, Celio Marcelo da Silva alias « Ben Laden »), et Luiz Eduardo Machado Marcondes de Barros, seraient amenés après avoir quitté la prison. Le plan était que les quatre d’entre eux monteraient dans l’avion et se rendraient ensuite au Paraguay, où ils étaient attendus par Gilberto dos Santos, alias Fuminho. Près de Loanda, dans la ville de Puerto Rico (PR), les criminels ont loué une maison qui servait de quartier général pour la planification des opérations de sauvetage. L’information provient du journal O Estado de S. Paulo. »

Fuminho, le nettoyeur insaisissable 

Les hélicoptères ont aussi joué un rôle évident lors de l’élimination à Aquiraz des rivaux de Dos Santos Gilberto Aparecido, alias Fuminho, comme on a pu le voir avec l’élimination par guet-apens de Rogério Jeremias de Simone, alias Gegê do Mangue, et Fabiano Alves de Souza, alias Paca. Paca représentait la branche paraguayenne, cellle chargée des revenus de la marijuana principalement, et il était l’un des leaders du PCC; bien connu dans la région d’Amambay. Mais en raison de « désaccords » dans les comptes du groupe, il en avait été écarté et même menacé de mort par les autres dirigeants du groupe, pour avoir selon eux détourné leur argent (ce que leur mode de vie fastueux à A Ceará laissait entendre en effet, comme on l’a vu ici-même). Des meurtres commandés par Fuminho, toujours introuvable, caché selon plusieurs sources en Bolivie, dans la région de Santa Cruz de la Sierra, depuis dix années au moins, dissimulé sous le nom de Luiz Gilberto Bertolino, de Lima ou bien Gilmário Dias de Souza. D’aucuns l’annonçant plutôt caché au Paraguay… Insaisissable ; car les policiers l’avaient raté à plusieurs reprises; notamment en 2014 quand des agents de la DEA avaient tenté de l’arrêter (il était hors aux Etats-Unis) en exploitant les données du téléphone de son aide, Wilson José Lima de Oliveira, dit le Neno, qui habitait Orlando, en Floride, le receveur de l’argent et le la percepteur de la redevance mensuelle qu’imposait le groupe à ses affidés (chacun payant mensuellement  600 reals aux membres du PCC pour générer des fonds et financer la structure de l’organisation). Peu de temps avant l’arrivée des agents américains dans la villa de Fuminho, les deux hommes, prévenus on ne sait comment à la dernière minute, étaient rapidement montés à bord d’un jet pour s’échapper direction le Panama… du Panama, Fuminho était reparti ensuite en Bolivie et Neno au Brésil, où il s’était fait arrêter en 2017. Fuminho est également à l’évidence l’envoyeur des tueurs ayant éliminé en pleine rue une autre rival, Eduardo Ferreira da Silva, assassiné en février, à Tatuapé, à l’est. Silva alors qu’il venait de garer sa Mercedes, abattu par  trois hommes armés à capuche sortis de la voiture qui s’était placée derrière la sienne Selon les policiers; c’était le responsable de l’escorte de l’épouse de Marcola mais il était soupçonné par Fuminho d’avoir détourné de l’argent de la faction.  La scène a été filmée par des caméras de surveillance, on peut y voir l’infortuné da Silva réussir à démarrer quand même : touché mortellement à la tête, il écrasera sa Mercedes un peu plus loin sur un mur. Toujours le même châtiment à partir de la même excuse…

Fuminho et la Ndrangheta

Le danger principal que représente aujourd’hui le PCC, c’est en effet son organisation méthodique et surtout le fait de s’être charge de l’ouverture du marché européen initié par les colombiens, en liaison en Italie avec la mafia calabraise. De Bolivie, pour Marcelo Godoy Fuminho dirige désormais tout, « envoyant des armes au PCC ou remplissant les conteneurs dans les ports de Santos, Itajaí et Rio destination l’Europe ou armant des voiliers dans le nord-est pour envoyer de la cocaïne en Afrique et en Europe. Pour cela il s’était fait l’allié de la Ndrangheta, la mafia calabraise. En 2016, un voilier envoyé de Bahia par Fumiho a été saisi par la Direction antimafia de l’Italie à l’approche du port de Gioia Tauro, le port de conteneurs géant de la Calabre, en Italie du Sud. Il amenait  500 kilos de cocaïne dans un filet sous sa coque. » Gian Tauro porte de Calabre, étant une plaque tournante, comme on le sait, mêlant drogue par containers entiers, mais aussi des armes. La drogue souvent présentée comme « colombienne » est aussi passée entre les mains du PCC. En 2016, le porte-container MSC Poh Lin délivrait ainsi 83 kilos de coke (colombienne) à la Ndrangheta. En 2017, l’arrestation d’un groupe de mafieux calabrais annonçait  le transfert de 8 m3 de coke  pour 17,637 livres (8 tonnes !), dans les ports calabrais ! Le 28 octobre 2016 un porte container, le Rio de Janeiro, armé à Singapour, amenait pour 84 millions de dollars de cocaïne à Gioia Tauro : les paquets de coke avaient été jetés à la mer juste avants son arrivée au port, une pratique devenue courante : « les autorités ont déclaré que la drogue avait été jetée par-dessus bord dans un effort du gang du crime organisé calabrais, le Ndrangheta, pour éviter de vérifier les conteneurs entrants. Les drogues ont été déposées sur la côte pour être ramassées plus tard. Le plan n’a pas fonctionné, cependant, car les autorités surveillaient l’expédition, trouvant 385 kilos de cocaïne, emballés dans 17 sacs étanches, flottant en mer. La méthode est considérée comme assez délicate par les trafiquants pour contourner les autorités. La Ndrangheta est considérée comme l’un des réseaux criminels les plus riches et les plus puissants d’Europe. Le groupe a, entre autres crimes, joué un rôle clé, en partenariat avec les criminels organisés d’Amérique latine, dans la contrebande de stupéfiants vers l’Europe «  écrit l’OCCRP » Un transport pouvant prendre d’autres aspects inattendus ; en 2015 la police découvrait 49 kilos de coke dissimulée dans une cargaison d’encornets  congelés  (du «  totani »), provenant d’Argentine. En juin, 4 tonnes avaient été trouvées dans le même port de Gioia Tauro. La fois suivante, la cargaison de 43 millions de dollars était cachée dans des bananes provenant d’Equateur. Si Fuminho n’est toujours pas tombé, il n’en est pas de même pour d’autres leaders tel , Eduardo Aparecido de Almeida, alias « Piska » arrêté à Asuncion le 18 juillet de cet été. En le débusquant, dans son appartement de quartier de luxe de la rue Austria, entre Viena et Bélgica, on avait découvert ce dont on se doutait depuis des lustres : pour vivre incognito, Piska avait eu recours à l’aide d’un fonctionnaire de police  Carlos Alfredo Mendoza, qui lui avait fabriqué de faux papiers.

L’hélicoptère qui change de camp

Certains hélicoptères ont une histoire particulière. En juin 2014, dans la zone rurale de Mamborê, on a découvert abandonné dans le champ d’une fazenda un hélicoptère Robinson 44 Raven II, à Campo Mourão (dans le PR), près de Parque do Lago le samedi 07 juin exactement. C’est dans la fazenda Santa Maria, a 15 km de Campo Mourão qu’il a fini par se poser. Manifestement, l’engin a servi à amener de la cocaïne sur place. L’engin avait en fait été suivi dès son arrivée par la police : après avoir tenté de faire un premier atterrissage dans une ferme située à Mamborê, une ville voisine de Campo Mourão, vers 11h30, l’appareil s’était de nouveau envolé, pour tenter de se poser à nouveau plus loin à Campo Mourão, où des policiers l’attendaient : le revoilà reparti pour finir par se poser, à bout de carburant semble-t-il; à moins d’avoir des ennuis techniques, lançant avant de repartir encore une dernière fois des sacs contenant de la drogue pour s’alléger. La police en récupérera 80 kilos au final (trouvés par un agriculteur), l’hélicoptère étant retrouvé le lendemain, abandonné comme on l’a dit. L’appareil en bon état extérieur semble-t-il moi incapable de redécoller est alors saisi et embarqué sur un camion plateau par les militaires. En bon état, à part les traces de coups de feu trouvés dans le cockpit et dans le compartiment moteur, provenant des tirs des policiers militaires. Il faut attendre un peu moins de trois années et le 13 février 2018 pour le revoir… mais sous une toute autre robe. Celle d’un appareil désormais camouflé : l’hélicoptère blessé a été réparé (la mise à hour à coûté 2 millions de reals selon l’armée) et il a été versé au Batalhão de Polícia Militar de Operações Aéreas (BPMOA). L’engin devrait désormais servir d’hélico-école, pour la mise en œuvre de la propre école d’aviation du BPMOA en 2018 , une formation placée également sous l’égide de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC). La police militaire dispose déjà d’une base à Curitiba et une à Londrina, dans le nord de l’État, mais il est prévu grâce à cet équipement d’en créer une autre dans la région de Campos Gerais. L’état brésilien répond ainsi au PCC et ses velléités d’utiliser à outrance le même type d’appareil. En réalité, avant d’être versé dans l’armée l’appareil avait été récupéré par l’Etat du Parana, et basé à Curitiba Bacacheri, sous son immatriculation d’origine découverte déjà en poussant un peu les réglages de contraste (ici à gauche) lors de sa capture. A savoir le PP-MCH, le Robinson R44 N°10231; enregistré au Brésil le 03 octobre 2008. C’est lui le nouveau formateur des cadets de la police militaire qui traqueront bientôt les hélicos du PCC !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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