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Coke en stock (CCXXX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (56)

On l’a vu, au Brésil, territoire immense, les politiciens ont pris la désagréable habitude de voyager dans des jets privés qui ne leur appartiennent pas.  Lula, l’ancien président a été l’un des grands utilisateurs du genre.  Aussi la découverte des propriétaires réels de l’avion dans lequel Eduardo Compos s’est tué n’est pas une surprise, ou plutôt un peu quand même quand on s’aperçoit qui ils sont.  Trois hommes surtout vont faire l’objet de l’enquête qui va suivre le crash.  Et l’un d’entre eux va être retrouvé raide mort dans un motel, alimentant la thèse du complot.  Une thèse que va fort maladroitement ranimer deux ans plus tard l’Armée de l’Air Brésilienne, venue proposer aux familles des victimes de visionner une vidéo qui est manifestement un fake notoire …  on terminera la séquence par une autre mort fort suspecte d’un personnage très important : décidément, au Brésil, la corruption et le mensonge en politique sont partout, comme la manipulation des esprits !  Pauvres brésiliens !!!

Lula et les avions, un sujet fort sensible

Au Brésil, vaste pays comme on l’a dit, voyager en jet chez les politiciens est devenu en effet une seconde nature.  L’ex président Lula, aujourd’hui en prison, a usé et abusé du principe, en utilisant des avions de copinage, ceux des politiciens dont il avait favorisé la carrière ou à qui il avait évité des enquêtes intrusives sur leur patrimoine.  Un article relatant un de ses derniers voyages aériens d’homme libre nous éclaire pleinement sur le sujet :  « Lula est arrivé à l’aéroport de Congonhas, à São Paulo, en direction de Curitiba (Paraná), à 9h29.  Le TP va témoigner pour juger Sergio Moro, responsable de l’opération Lava Jato en première instance. L’interrogatoire est prévu pour 14h00 à Curitiba (PR).  Pour le voyage, l’ancien président a utilisé un jet privé, lié à Walfrido dos Mares Guia, ancien ministre des Relations institutionnelles, qui a été distingué comme l’un des créateurs de l’exploitation minière mensalão.  Il a toujours nié toute implication et, en 2014, le tribunal a suspendu les enquêtes sur l’affaire après la prescription du crime allégué.  Les informations comme quoi Lula voyagerait sur l’avion de Mares Guia ont été révélées par Record TV lors du départ du PT.  L’avion Cessna 525, préfixe PR-BIR, appartient à Samos Participações Ltda, une société holding de Mares Guia.  La société disposait du secret bancaire et des allègements fiscaux lors des enquêtes sur le plan de corruption opéré par Marcos Valério à Minas Gerais.  Ce n’est pas la première fois que Lula utilise le jet privé de son ancien ministre.  L’année dernière, il a déclaré avoir prêté son avion Cessna « par gentillesse ».  Leur relation est assez proche.  Mares Guia est aussi un témoin de la défense de l’ancien président dans le processus de Lava Jato. Il a été entendu par le juge Sergio Moro par vidéoconférence de Belo Horizonte (MG) le 15 mars.  Le politicien du Minas Oeiras a fait parti des deux gouvernements de Lula.  Il a d’abord occupé le ministère du Tourisme entre 2003 et 2007.  Plus tard, en 2007, il était en charge du portefeuille des relations institutionnelles et a quitté son poste après avoir été accusé d’être impliqué dans le scandale des vêtements pour hommes. Walfrido a également été élu vice-gouverneur de Minas Gerais en 1994, et en 1998, député fédéral pour PTB.  Il a également agi en tant que coordinateur de campagne pour Ciro Gomes au premier tour de l’élection présidentielle de 2002.  Son salaire mensuel avait comme système de financement des ressources provenant des mines appartenant à l’État pour la campagne de réélection de 1998 du gouverneur de Minas de l’époque, Eduardo Azeredo, de la PSDB ».  En  avril 2016 déjà, on avait épinglé cet usage compulsif de jets privé pour ses déplacements.  Une vidéo restée célèbre, vue des centaines de milliers de fois, l’ayant montré débarquant fort discrètement d’un Gulfstream G200 dans un hangar à Brasilia  (cf ici à droite) et non en pleine piste, pour éviter les regards, au moment même de la destitution de l’ancienne présidente Dilma Rousseff avait fait le buzz, L’avion était celui de Global Aviation, immatriculé PR-WTR (le Gulfstream G200 N°004; ici à gauche).  Des internautes ayant remarqué que le même appareil avait été utilisé par les entrepreneurs Odebrecht et OAS pour le transporter à l’étranger, pour y donner des conférences rémunératrices.  Un article au viriol de Correo de Poder du 16 mars 2016 avait fustigé cet usage plus que gênant, photos à l’appui :   « L’entourage de l’ancien président Lula est arrivé à Brasilia récemment, dans deux avions d’affaires. Du premier, un luxueux Gulfstream G-200, immatriculé  PR-WTR, d’autres personnes, non encore identifiées, sont descendues. Selon les dossiers de la police fédérale, c’est le même avion utilisé par Lula pour se rendre au service de Odebrecht, directeur de la société de construction Alexandrino Alencar de l’entreprise, coincé dans le dossier Lava Jato.  Cinq minutes plus tard, s’est également garé dans le hangar de Global Aviation, le jet qui a amené l’ancien président ». « Lula utilisait le Cessna PR-LFT (ici en vidéo au décollage de l’Aeroporto Governador José Richa de Londrina et là à gauche), le même modèle dans lequel s’est écrasé et tué l’ancien gouverneur de Pernambuco Eduardo Campos (nota : c’était donc bien un très bon avion !). Pour information, Global a assuré que le premier avion, au préfixe PR-WTR, n’était pas affrété aux personnes connectées à Lula, mais n’a pas informé les noms des clients . La société a confirmé que l’ancien président est bien arrivé à Brasilia sur le Cessna PT-LFT (enregistré au nom de TAM Jatos Executivos).  Global considère que les deux avions sont arrivés simultanément à Brasilia, dans le même hangar, par « coïncidence ».  Selon les informations de la Surintendance de navigabilité de la FAA, le jet PR-WTR est exploité par Azul Táxi Aéreo Ltda,  Une société avec un capital social déclaré de 260 000 dollars gérée par Ricardo Breim Gobbetti et Marcio Roberto Pacheco, dont les partenaires sont deux autres sociétés: Global Aviation SA et SSR Assessoria e Prestação de Serviços Ltda. Le jet Gulfstream G200 préfixe PR-WTR a été utilisé par Lula entre 2011 et 2015 pour faire des voyages de luxe aux frais du lobbyiste Odebrecht Alexandrino Alencar (ici à droite, c’est un proche de Lula), arrêté dans l’opération Lava Jato, est accusé d’avoir aidé l’entrepreneur pour faire fonctionner le versement des pots de vin à l’étranger.  Dans le bureau d’Alexandrino, au siège d’Odebrecht à São Paulo, une photo avec Lula partageait l’espace avec les portraits des membres de la famille de l’exécutif, au moment de la recherche et de l’arrestation du responsable »…

L’usage d’avions de l’armée après le procès de Lula aussi provoquera des tensions, on pouvait l’imaginer, tant il avait négligé les services de l’Etat pour son propre transport, ainsi lors qu’un Cessna 208 de La Force brésilienne de zone (FAB) l’avait transporté de São Paulo au siège de la police fédérale à Curitiba pour y être incarcéré, les pilotes comme les contrôleurs aériens n’avaient pas été très tendres avec l’ancien président déchu. Les fuites de leurs conversations extraites de la fréquence de Torre Congonhas, à São Paulo, parues sur le net, avaient été édifiantes.  L’un d’entre eux parlant « d’envoyer cette ordure là-bas »… Des enregistrements fort gênants pour l’armée et pour le pouvoir… mais très révélateurs de l’exacerbation de ceux que Lula avait méprisés, il faut bien le dire pour préférer les jets luxueux mis à sa disposition par des entrepreneurs véreux.

Pas une bonne nouvelle pour Marina Silva

Ceux qui avaient décidé d’éliminer Campos (dans la théorie d’une d’une disparition programmée) avaient été très adroits car au passage, ils avaient miné en même temps le sort de sa colistière, devenu sa remplaçante :  ils avaient fait en effet d’une pierre deux coups !  Et ce, fort adroitement, à vrai dire.  Les suites du crash, qui aurait dû voir monter vers elle un sentiment de sympathie ou de compassion, produiront de fait l’effet inverse dans son propre électorat.  Car l’enquête avait vite montré que le groupe mafieux avait affirmé avoir vendu l’avion qui s’était écrasé le 13 mai.  « Cependant, les papiers retrouvés avaient révélé le versement environ 700 000 reals pour l’avion avant de signer le contrat.  Le contrat avait été garanti le 12 mai et l’engagement d’achat signé trois jours plus tard par João Lyra de Melo Filho. La police vient alors de découvrir que c’est une manœuvre inhabituelle dans une transaction commerciale de 18,5 millions de reais, le prix final de l’avion, » (un peu plus de 4 millions d’euros, prix normal pour un appareil d’occasion de ce type), note ici fort justement Correios do Brasil.  La transaction avait été totalement irrégulière, et d’aucuns devaient le savoir, dont la colistière de Campos !!!  « Le PSB prétend que le jet a été cédé par trois hommes d’affaires et qu’il serait déclaré à la fin de la campagne, mais le groupe Andrade était alors en faillite, avec des dettes de 341 millions de reals. »  Car la transaction litigieuse devait être connue aussi de Marina, à l’évidence.  « Plus la police enquête, plus la situation de la candidate devient compliquée.  Ce matin, elle dévoile les premières images qui la relient au jet PR-AFA » (…).  Questionnée à ce sujet, la candidate bottera en touche, hélas pour elle:  « Marina Silva a déclaré publiquement à la télévision la nuit, qu’elle ne connaissait pas les détails de la transaction de l’avion utilisé dans ses voyages, pendant la campagne électorale. Une transaction financière douteuse avait été effectuée par l’utilisation de prête-noms, et le principal paiement provenait de l’homme d’affaires de Pernambuco, Eduardo Ventola, qui est propriétaire d’un type de société de fausses facturations normalement utilisées pour dissimuler la provenance de l’argent (…) pour les journalistes, bien que réticente, Marina avait ainsi avoué la connaissance d’un crime électoral et la participation aux bénéfices de cette transgression.  Elle avait admis savoir que l’avion était le produit d’un «prêt» conclu oralement seulement, qui serait «remboursé» à la fin de la campagne ».  Des images la montrant descendant de l’avion pendant la campagne, accueillie par le pilote qui sera tué dans le crash, finissent par achever ses espoirs de grimper plus haut dans les résultats : elle était déjà morte électoralement avec ces terribles révélations.  « La candidate à la présidence Marina Silva (PSB) a volé dix fois dans l’avion Cessna PR-AFA, dont le don à la campagne fait l’objet d’une enquête de la police fédérale.  Le journal GLOBO a eu accès aux registres des atterrissages et des décollages du jet dans la période où il était disponible à la candidature d’Eduardo Campos et de Marina.  Les déplacements de la candidate peuvent perturber la stratégie du PSB qui, dès le début des investigations, cherche à le détacher formellement de l’avion » note Globo.  « Marina a utilisé le jet pour la première fois fin mai pour assister, à Goiânia (GO), à un séminaire de fête.  En juin, elle a volé quatre fois, en passant par Goiânia, Brasilia, Maringá et Londrina.  À la fin de juillet, elle a participé à un meeting à Vitória (ES).  En août, elle a volé quatre fois de plus, à Rio, Brasília et São Paulo.  L’avion s’est écrasé le 13 août, tuant Campos et six assistants ».  Bref, elle aussi se retrouvait plombée par l’avion maudit, au point de ne pas passer le premier tour, au final  (tout en doublant quand même le score initial du parti de Campos) !  Le fait aussi d’être à l’origine venue du parti de Lula pour rejoindre les écolos le 19 aôut 2009, pour s’associer au parti socialiste en 2014, avait aussi miné semble-t-il la confiance que certains avaient placé en elle.  L’effet girouette n’était pas loin.  Certains caricaturistes n’hésitant pas à la croquer comme principale bénéficiaire du décès de son nouveau colistier… la voyant avant tout comme une opportuniste, celle qui avait réussi à s’inviter parme les huit porte-drapeaux invités à l’ouverture des Jeux d’été de Londres 2012, choisie par Aldo Rebelo, le ministre brésilien des Sports du PT, ce que certains n’avaient pas non plus oublié.

Un avion de… trafiquants, en réalité, pour Campos

Mais ce n’est rien encore avec ce que dissimulait en fait le crash du candidat à la présidentielle en 2004.  Dans le cas de Campos (cf notre épisode précédent bien sûr), les deux hommes avaient comme représentant de leur bien obscure société « Câmara & Vasconcelos Locação e Terraplenagem LTDA » un troisième homme, appelé Paulo Cesar de Barros Morato, à qui ils avaient transmis l’argent pour acheter le Cessna. Lorsqu’on les arrête, on découvre une vraie caverne d’Ali Baba chez eux, avec des hélicoptères, des bateaux à moteur, des voitures importées et des jet-skis à profusion :  tout l’attirail commun aux grands dealers brésiliens, jamais en reste pour frimer et étaler ainsi leur puissance auprès de la concurrence.  Parmi les objets découverts, deux hélicoptères Robinson, le PR-EDL (le ROBINSON R66 N°0149 et le PR-JPE même selon la presse et certains forums). On verra un peu plus loin qu’il y en avait d’autres encore.  Des engins bien au-delà de ce qu’ils avaient déclaré comme modestes entreprises.  D’où provenait leurs fonds ?  On songe bien sûr au trafic de drogue ou à la contrebande, en priorité. Comme société, par exemple, on trouve en effet chez eux la bien modeste Cerâmica Camboa, une simple et petite briqueterie installée à Lagoa do Itaenga, à l’intérieur de Pernambuco, qui est justement la détentrice officielle du PR-EDL enregistré en septembre 2012 dans le pays !!! Il faut  signaler aussi qu’avait bénéficié au passage de leurs subsides Marina Silva, la colistière  « écologiste » de Campos :  ils arrosaient toute la classe politique, au cas où… Car de l’argent, beaucoup d’argent avait circulé entre leurs mains, ne serait-ce que pour acheter le Cessna 560 XLS +: « les enquêteurs ont identifié 16 transferts, totalisant environ 1,7 million de reais, pour payer l’avion. Par l’intermédiaire de prête-noms, les vrais propriétaires de l’argent ont été remontés. L’une des sociétés de Bezerra avait envoyé 727 000 reais, tandis qu’une autre de Lyra avait envoyé 127 000 reais. Les mouvements ont servi à dissimuler la source d’argent ».  Un procédé bien rodé chez les revendeurs de cocaïne comme on le sait.  L’avion avait très certainement été acheté avec le produit de la vente du trafic de coke ou de contrebande, en multipliant les intermédiaires et en étalant les paiements pour ne pas éveiller le soupçon chez les enquêteurs traquant les gros dépôts en liquide (sur le modèle de Tracfin ou du fisc US).  L’avion de Campos était en réalité en leasing avec promesse d’achat par la société AF Andrade Empreendimentos e Participações, celle de João Carlos Lyra et Apolo Vieira.  A droite ici on peut voir la lettre de Cessna Finance Export Corporation (lire ci-dessous), transmise le 19 août 2014 à l’Anac.  Signé par une société vice-président, Robert Hotaling Jr., et adressé au surintendant de navigabilité de l’Anac, Dino Ishikuro, le document indique que l’avion immatriculé PR-AFA est toujours la propriété de Cessna, mais qu’il est a été utilisé à partir du 1er décembre 2010 par AF Andrade.  Andrade avait l’intention de régler l’achat final de l’avion, à la fin du leasing, un appareil évalué à près de 20 millions de dollars US (son prix neuf).  Bien loin des revenus d’un marchand de pneus ou du propriétaire d’une petite briqueterie !!

Un cadavre de plus dans le placard

Mais ce n’est pas encore suffisant semble-t-il :  le marigot autour du candidat Campos était plus grand encore.  Car une énième surprise nous attendait une fois de plus.  Le fameux troisième homme, Paulo Cesar de Barros Morato est en effet retrouvé mort , deux ans plus tard, le mercredi 22 juin 2016, dans un motel de la ville de Olinda, à Pernambuco,  dans la région métropolitaine de Recife. Evidemment, les autorités évoquent tout de suite… un suicide dès l’annonce de son décès.  Trop rapidement même, ce qui provoque automatiquement des soupçons de vouloir maquiller sa disparition.  Le pouvoir se révèle en ce sens plutôt maladroit :  c’est ainsi que l’on va même retrouver dans un reportage TV de grande écoute  un prêtre, réquisitionné pour expliquer devant les caméras que l’homme était dépressif, et qu’il s’était même tourné vers la religion !!!  Il avait été auparavant surtout déclaré fugitif par la police fédérale !!!  Morato, on le rappelle, est mort un jour après que la police fédérale a lancé l’opération Turbulence contre son gang !!!  Or il devait en savoir, des choses, sur le gang autour de Campos, c’est sûr !!!  La presse fureteuse questionne les gens alentour qui lui disent ceci : « des voisins ont signalé que Morato se rendrait occasionnellement au Paraguay ou à Sao Paulo pour acheter des produits destinés à la revente« .  Ce n’est pas pour nous étonner comme trajets connaissant le pays voisin et sa spécialité, celle de la contrebande et du trafic de stupéfiants vue ici en détail !!!  Car même durant l’enquête en cours, on n’a pas entendu une seule fois le mot drogue. On en était resté au simple détournement de fonds de Petrobras.  Or notre homme était très certainement le maillon qui reliait tout le groupe à la drogue, justement.  Crise cardiaque, overdose, on n’en parle même pas :  tout de suite on ne retient que le mot suicide : encore une fois c’est plutôt étonnant et perturbant.  On peut le voir en en photo pris par lui-même (en mode selfie) dans le motel, en train de danser, laissant entendre alors qu’il était plutôt sous l’emprise de la coke… (ici à droite, très excité, il ne semblait en effet pas du tout dans un état normal !!). Lors de la découverte du corps, encore une fois on s’y était fort mal pris, laissant entrevoir d’emblée une volonté… de ne rien découvrir :  « le corps a été retrouvé le 22 de ce mois et, à ce moment-là, un expert est allé sur les lieux, mais il a jugé que l’espace était vaste et qu’il n’avait pas assez d’équipement et d’assistance pour compléter l’étude à ce moment. Le lendemain matin, deux experts sont venus sur le site mais ils ont reçu l’ordre d’annuler l’expertise. L’un des experts a souligné que le duo a reçu un appel du directeur d’identification criminelle Ivoneide Constantine ordonnant l’annulation du sous directeur général des ordres de la police scientifique, Sandra Maria dos Santos, qui, à son tour, aurait reçu les directives du secrétariat général «  écrit ici « Forum »… Les enquêteurs découvrent surtout après sa disparition ses comptes bancaires (il est temps !) qui débordent et dont les montants se révèlent astronomiques (au regard de comment il vivait) :  ils présentaient en effet des revenus montant à 24,5 millions de dollars de ses différentes sociétés, réparties dans ses multiples comptes en banque.  De l’argent de provenance floue, sauf pour 18 millions de  reals d’aides de l’Etat pour la location présumée de machines pour les travaux de transposition de la raffinerie de São Francisco, d’Abreu et Lima, qui était aussi à son nom.  Un des points-clé de l’enquête Lava Jato, justement !!! L’endroit où le maximum d’argent avait été détourné !!! Tout cela sans même avoir de siège officiel pour son entreprise… ni une seule machine à prêter !!!  Le scandale était bien dès le départ d’Etat en ce qui le concerne !!!  Le même « suicidé » inscrit sur la liste d’Interpol, ayant brassé au total pas moins 600 millions de reals dédiés à la seule campagne présidentielle de l’ancien gouverneur de Pernambuco, Eduardo Campos qui a fini, comme on vient de le décrire précédemment… en espérant quoi en retour… voilà bien tout le problème… pour l’homme ayant brassé autant de millions retrouvé raide mort sur le lit d’un motel miteux (ici un reportage très intéressant qui compare notre « suicidé » ou plutôt son train de vie plutôt sobre avec le luxe de ses deux co-accusés et leurs villas gigantesques).

Une procédure expédiée, le rappel de l’affaire Farias

Une mort qui en rappelle un autre : « Il y a trop de mystères et, comme la mort du trésorier de l’ancien président Fernando Collor de Mello, personne ne sait qui a tué l’homme d’affaires d’Alagoas PC Farias chez lui avec sa petite amie Suzana Marcolino » écrivait alors un site : nous revoici dans un autre épisode, vu ici-même (Le N°34 de cette saga) !!!  Décidément, au Brésil, tout se répète ! Au final on apprend que l’enquête a été bien vite expédiée : le corps de Paulo Cesar de Barros Morato n’a même pas été autopsié, et aucune analyse toxicologique non plus n’a été menée !!!  Un syndicat de police aura beau s’être inquiété, rien n’y a fait : ses hommes, selon ce syndicat, avaient en effet reçu l’ordre d’empêcher les experts de recueillir les empreintes digitales dans la voiture garée devant le motel… !!! On avait bien affaire à un scandale d’Etat.  Celui lié à la disparition préalable d’un gêneur en politique !!! Pour beaucoup, Morato était celui qui en savait trop, à l’évidence !!!  Les conclusions de l’Operação Turbulência, partie de Lava Jato tombent le 28 juillet 2016. Elles sont implacables… contre Campos : le sénateur Fernando Bezerra (PSB-PE) et l’ancien gouverneur de la fin Pernambuco Eduardo Campos (PSB) ainsi que João Carlos Lyra Mello Filho, Eduardo Freire et Apolo Santana sont clairement accusés d’avoir  mis en place une « organisation criminelle, de blanchiment d’argent et de mensonges idéologiques », selon le rapport de la Police Fédérale. « La déléguée Andréa Pinho Albuquerque témoigne que les trois étaient « les principaux membres » du programme de collecte de ressources de blanchiment d’argent ». L’enquête policière postule surtout indirectement une raison valable pour la mort de Campos : un homme mort n’a plus à être remboursé…  le «propriétaire» de l’avion, qui était largement assuré, recevait  bien des pots-de-vin au profit de l’ancien gouverneur de Pernambuco, décédé en août 2014 !!!! « João Carlos Lyra a reçu clandestinement  du numéraire pour payer des dettes découlant de la campagne électorale de l’ancien gouverneur Eduardo Campos, qui est mort. » L’enquête répertoriée STF 4005 cite des contrats de surfacturations dans la raffinerie Petrobras Abreu e Lima effectuées par l’entrepreneur Camargo Corrêa, qui étaient « probablement destinés à payer les dettes de la campagne, puis le gouverneur Eduardo Campos, pour sa réélection » en 2010. Lyra a été reconnu par l’ancien les employés de l’entreprise de construction comme « la personne chargée de livrer les pots-de-vin dus par cet entrepreneur à l’ancien gouverneur Eduardo Campos et au sénateur Fernando Coelho ».  Campos, avec ces terribles révélations, venait de mourir une deuxième fois, sa carrière entachée par ses méthodes dissimulées pour arriver au plus haut de l’affiche !!! Le 30 juin 2016, un portail répercute l’annonce : « la cause de la mort de Paulo César de Barros Morato était un empoisonnement. L’information a été vérifiée par le rapport Folha de Pernambuco, en exclusivité, l’après-midi de ce jeudi (30).  Avec le résultat, la police sera responsable de déterminer si l’homme d’affaires a été on non empoisonné.  Selon une autre source de Leaf, le produit à l’origine de l’empoisonnement était un pesticide. »  En somme, il n’y a pas que Vladimir qui sait comment éliminer ses opposants, pense-t-on alors !!!

Eduardo Campos, écarté de la course présidentielle par un crash d’avion inexpliqué avait-il en effet trop de cadavres dans ses placards ???  Et comment donc un type d’avion qui n’avait jamais connu d’accident a t-il pu tomber ainsi aussi facilement ???  Pourquoi donc avoir fait disparaître le prétendant gênant pour beaucoup de monde dans un accident rappelant pour beaucoup celui du ministre de l’intérieur mexicain grand pourchasseur de cartels, en 2008 ?  Non, décidément, le cas d’Eduardo Campos qui risque fort de ne jamais être élucidé demeure symptomatique des mœurs politiques du pays, et des liens étroits des hommes politiques avec le monde de la drogue et des trafics divers, pour qui la vie ne représente que peu de choses.

La vidéo retouchée (un fake !) par l’armée !

Avec la mort d’un homme-clé du dispositif mis en place par Campos, difficile de ne pas supposer un complot, dans l’affaire du crash de Santos, tant on observe le pouvoir en place tenter de proposer sa version et elle seule, même encore deux ans après les faits.  Une nouvelle tentative est faite le 9 janvier 2016, elle vient cette fois de la FAB, à savoir l’Armée de l’Air en personne, qui remet ce jour-là à la famille des défunts son rapport sur le crash.  C’est le journal UOL Noticias qui en parle et divulgue alors une vidéo « inédite » du crash (ou même deux, avec deux angles de vue de caméras dans la même rue), qui a été projetée par l’armée (ici à droite lors de la présentation aux familles). De bien étranges vidéos, qui sentent le fake à 15 mètres.  On y voit en effet deux prises de vues vidéo de surveillance, deux de plus, axées alors sur la même rue… et qui semblent avoir vu arriver l’avion en train de s’écraser, car il passe en quelques secondes sur le haut du cadre, sur la droite de la caméra.  On y distingue un bimoteur ressemblant assez à l’avion de Campos.  Mais la trajectoire saccadée, le manque de flou sur l’appareil (à cette distance ce devrait être le cas et ça ne l’est pas !) et surtout l’angle de chute de l’avion ne correspondent en rien à celle universellement retenue jusqu’ici comme montrant l’avion tomber avec un angle prononcé et surtout déjà sur le dos.  Tel qu’on l’a vu sur la première, il ne pouvait manifestement pas se redresser autant, c’est évident !! A noter que l’on a aussi « incliné » l’axe des rues pour montrer un avion en train de chuter avec un plus grand angle encore… C’est manifestement un fake !!!  La chute fort peu inclinée va aussi à l’encontre totalement de l’énorme cratère creusé dans la cour de l’espace de gym... par une chute quasi à la verticale.  Autre incongruité :  on a manifestement utilisé des vidéos de rue existantes, empruntées à leurs propriétaires ou réquisitionnées, qui montraient le nuage de l’explosion et c’est tout, sur lesquelles on a édité après coup l’appareil ou ce qui lui ressemble.  Car les passants qui sont filmés ne bougent que lorsque l’avion a explosé, mais ne lèvent même pas la tête auparavant sur son passage, même si celui-ci est bref, à croire que l’avion était… complètement silencieux.  Ce qui, indirectement, va à l’encontre de ce que souhaitait laisser voir l’armée, à savoir un appareil « survolant » la ville et non en perdition quasi-verticale, mais réacteurs éteints, ce qui en ce cas accuserait le matériel et non le pilote !!!  C’est stupéfiant de bêtise comme montage !!!  Un gros coup de zoom sur la vidéo manifestement mal éditée (ici à droite) révèle une toute autre allure à l’appareil avec surtout une décoration vers l’avant façon bicolore :  non, décidément, la tentative est ratée !!!  Ça a été fort mal édité !!!  Autre problème sur la vidéo : elle indique 9H 54’ 06″ contre 11H 03″ pour l’autre.  Un résident de Santos qui vivrait à un peu plus d’un fuseau horaire de son voisin  (même avec une heure de décalage, ou de calage de base de l’horloge interne de la caméra, il y a toujours 7 minutes de différence avec la première vidéo des immeubles ???  De quoi faire 70 km de distance pour l’avion, à la vitesse à laquelle il devait chuter !!! Pourquoi donc ces tripatouillages grotesques ?  Il fallait tout simplement défendre un rapport antérieur rédigé par ces mêmes militaires qui avaient écrit quelque part (dès 2014) que « l’avion ne volait pas inversé avant l’accident », alors que la première vidéo montre exactement le contraire, et de façon indéniable !!!  Si l’on doit concevoir que la mort de Campos est un complot, il suffit de regarder ce déploiement d’efforts ridicules par le pouvoir en place pour en être persuadé !!!  Qui plus est par un organisme d’Etat !!!  En l’occurrence ici l’Armée de l’Air, mise à contribution !!!  Fabriquer de telles fausses preuves, il faut oser le faire en effet !

Le coup de grâce 

Mort en 2014, l’image d’Eduardo Campos n’était pas encore effacée totalement quand on va révéler au grand public qu’il avait agi comme un mafieux dans le but de prendre le pouvoir. Tout s’effondre en effet le 24 janvier 2017, jour où tombait le coup de grâce pour le PSB : ce jour là, en effet raconte Pagina 20 « L’entrepreneur João Carlos Lyra Pessoa de Melo Filho, nommé en tant qu’opérateur des frais du PSB et des campagnes politiques de l’ancien gouverneur de Pernambuco Eduardo Campos (PSB) – qui est mort dans un accident d’avion au cours de la campagne présidentielle en 2014 –  a signé une déposition avec le ministère public fédéral (MPF) dans le cadre de l’enquête Operation Turbulence ».  Le principal accusé avait accepté de coopérer avec la justice, prêt à tout révéler, ouvrant ainsi la boite de Pandore du parti socialiste brésilien.  « Le témoignage de Lyra, qui a été officiellement présenté comme l’acheteur unique de l’avion, peut faire imploser le parti du PSB à son sommet, car il a le potentiel d’atteindre les gouverneurs, sénateurs, députés et maire s (…). En plus de Lyra, les entrepreneurs Eduardo Freire Bezerra Leite et Apolo Santana Vieira ont également conclu des accords avec le MPF. Les trois ont été suivis en termes de location du Cessna Citation PR-AFA qui est tombé à Santos (SP) et tué Campos et toutes les autres personnes qui voyageaient dans l’avion.  En enquêtant sur la propriété de l’avion, les enquêteurs ont atteint un réseau de sociétés écrans qui étaient employées pour blanchir de l’argent d’origine illicite.  L’argent serait à l’origine des écarts et de la corruption dans les contrats de Petrobras et de travaux publics, comme le détournement du fleuve São Francisco, par des entrepreneurs comme Camargo Corrêa et l’OAS (une entreprise de bâtiment).  Une partie des résultats de l’enquête a été transmise aux enquêteurs travaillant sur l’opération Lava Jato ».  L’écœurement des électeurs est alors élevé au pays et leur moral au plus bas. Un homme interviewé par La Vanguardia, reprise par Courrier International résume très bien le sentiment pour 2018 :  “ce sont tous des voleurs.  Mais puisque le vote est obligatoire, je voterai blanc” (…) Dans ce Brésil de 2018, l’électorat mécontent rêve d’un candidat extérieur à un système politique discrédité par la corruption ». poursuit le magazine. Le problème, c’est que personne ne se présente plus ainsi au Brésil !

Remise en cause de la thèse officielle en avril dernier

L’accident du Cessna de Campos demeure toujours une énigme, quatre ans après les faits et une enquête bâclée et de très grandes parties laissées dans le flou. Il faut attendre le 2 avril 2018 pour que resurgisse la question du crash, qui tourne toujours sur le premier passage de l’appareil au-dessus de la piste, train encore rentré et la suite de ces mouvements jusqu’au crash final.  C’est le propre frère de Campos, un avocat, qui demande la réouverture de l’enquête l’annonce ce jour-là dans le journal Globo. « L’avocat Antonio Ricardo Campos, frère de l’ancien gouverneur de Pernambuco Eduardo Campos a envoyé une demande, lundi, pour la police fédérale Santos pour leur demander d’étudier la possibilité de « sabotage » sur l’avion qui s’est écrasé en août 2014, lors des élections générales, en tuant le candidat d’alors du PSB à la présidence et six autres personnes. La demande a été déposée dans une enquête de police à la Cour fédérale de São Paulo. Selon Antônio Campos, après des études et des avis d’experts privés accompagnant l’affaire, un « fait sérieux et pertinent dans l’enquête sur la cause de l’accident » peut changer le « déroulement de l’enquête ». La famille d’Eduardo Campos conteste la version présentée par le rapport du Centre d’Investigation et de Prévention des Accidents Aéronautiques (Cenipa) sur l’accident. Selon la mère d’Eduardo, Ana Lucia Arraes de Alencar et Antonio Campos, et le frère de l’homme politique, le rapport qui souligne que l’accident est dû à une erreur humaine, est incompatible (nota : avec les faits).  Le rapport de recherche sur le contrôle de l’espace aérien (Ricea) aurait montré, selon les membres de la famille, certains malentendus dans la conclusion du Cenipa. Selon la recherche, la trajectoire d’approche de la piste de Santos, du Commandant Marcos Martins et de Geraldo Magela le co-pilote, n’a pas été faite du suivi à la lettre des procédures, avec l’avertissement que l’aérodrome devait être utilisé aux instruments. La trajectoire choisie par eux était de passer deux fois sur la piste avant de faire le virage pour l’atterrissage (cf : l’arrondi final), mais ils ont utilisé un moyen d’arriver directement à la piste en donnant des informations fausses sur l’endroit où ils se trouvaient.  Ce profil de vol réduisait le trajet de cinq minutes maximum.  Le profil n’était pas dans les règles pour pouvoir se faire aux instruments – a déclaré l’aviateur lieutenant-colonel Raul de Souza, qui a coordonné les enquêtes.  Après avoir essayé de se rendre directement sur la piste, les pilotes n’ont pas pu y atterrir et ils ont décidé de choisir une autre possibilité.  Cette décision a également été prise en désaccord avec les procédures prévues.  Ils étaient censés se dépêcher avant d’atteindre la piste, mais il y a un rapport fiable comme quoi ils ont bien survolé la piste à basse altitude avant d’abandonner l’atterrissage ».  Leur raccourci leur aurait été fatal ?  Ou bien leur avion avait été saboté ?  Dans un autre journal, le frère de l’ancien candidat va plus loin dans ce sens :  « selon Antonio, l’information la plus compétente, près de quatre ans après l’accident, est que «toutes les preuves» indiquent que le capteur de vitesse de l’avion «a été mis hors-tension».  Pour lui, la thèse de la déconnexion involontaire serait une «dernière hypothèse», «improbable». « Ce qui caractérise le fait que l’avion ne pouvait plus que tomber, ce qui caractérise le sabotage et l’homicide volontaire », complète Antônio Campos.  Les conversations radiophoniques enregistrées par la tour de contrôle de Santos n’avaient rien montré de spécial, avec la notion d’arremetir, à savoir d’avorter le premier atterrissage.  Les pilotes semblaient calmes, sans aucun affolement.  Et puis après, brutalement, plus rien !  Le silence total : le crash s’était déclenché très, très, rapidement.  Pour ajouter aux questionnements, une photo de la chute de l’appareil, ou plutôt son agrandissement, révélée plus tard, montre bien un avion tombant bien sur le dos, mais avec une aile gauche en mauvais état, ayant perdu un aileron ou semblant même carrément « tordue ».  Cet aileron perdu aurait dû être retrouvé plus loin que le lien d’impact principal, donc.  Là- dessus aussi aucune info.  Effet d’optique, défaut de captage vidéo, on ne peut le savoir vraiment (ci-dessus à droite) :  seule certitude, l’appareil était bien sur le dos à une cinquantaine de mètres encore de l’impact !!!  Autre piste:  l’avion, on l’apprend aussi lors du reportage TV cité, était « assuré pour 50 millions de dollars », bien au-delà de sa valeur réelle et la firme détentrice était noyée jusqu’au coup dans les dettes.  On retrouve ici en tout cas le profil d’une énigme bien connue :  celle de la disparition du sénateur Paul Wellstone, aux USA, mort à bord de son Beechcraft King Air A100 qui s’était écrasé en 25 octobre 2002, un crash toujours pas élucidé.  Comme celui de Campos (ci-dessous une image extraite d’un JT, qui semble être celle de son dernier décollage sur l »aéroport Santos Dumont, à Rio de Janeiro, – remarquez la météo, déjà.  Il y a 898 km entre Rio de Janeiro et Guarujá : pour un vol d’un peu plus d’une heure difficile d’invoquer la fatigue des pilotes)  !

Un gang particulièrement bien équipé

On n’a pas assez bûché, semble-t-il, la question du gang que dirigeait Campos (on peut parler ainsi, car il lui était impossible de ne pas savoir ce que faisaient les gens qui lui « prêtaient » l’appareil qui l’a en définitive tué !). L’Opération Turbulence visant spécifiquement les collègues mafieux de Campos révèle à ce propos d’autres choses fort intéressantes. Notamment d’autres appareils et d’autres saisies : une Porsche, modèle SUV (Cayenne) une BMW, une Toyota Hilux, une Audi, une Range Rover Evoque rouge, pas très discrète; et une Freelander), de l’argent beaucoup d’argent en liquide, 5 ordinateurs portables et 17 téléphones cellulaires (ici à droite dont une grande partie satellitaires, à voir leur format) et pas moins de 45 montres de luxe dont le rapport égrène les noms connus : Rolex, Diesel, Lacoste, Tissot, Tagheuer.  On est bien dans une antre de trafiquants de drogue et de laveurs d’argent sale, mêlés à des trafiquants intéressés par tout ce qui peut avoir de la valeur.  Difficile de ne pas avoir vu tout ça, en effet, pour le prétendant au titre suprême du pays.  Car l’équipement de la fine équipe est trait pour trait celui d’un gang de trafiquants.  On découvre ainsi… un premier hélicoptère, immatriculé PR-LEE, qui est un Eurocopter AS350 B2 (le N°7477) enregistré le 29 octobre 2013 au Brésil (ici à gauche). c’est l’ex N557AE d’Avery Aviation, ex American Eurocopter Corp… et ex Wells Fargo Bank Trustee.  La FAA, à son propos reste plus que floue.  Comme hélas à son habitude, dirons-nous.  Il  y a aussi dans le même hangar appartenant aux mêmes un petit avion aux courbes bien reconnaissables, immatriculé PT-ZPE, (vu ici sur l’Aeródrome Coroa do Aviãoà à Igarassu, Pernambouco, le 12 décembre 2015) sur lequel on vient aussitôt apposer une banderole « saisi par la Police Fédérale » devant les caméras de journalistes.  C’est en effet un Van RV-10 (le modèle FVE-1828) enregistré au Brésil dès le 20 décembre 2011.  En passe de devenir la nouvelle coqueluche des trafiquants, lui aussi, comme on l’a vécu ici.  Il avait été photographié (de dos) le 24 août 2014 sur une piste du Salvador Deputado Luis Eduardo Magalhaes de Bahia c’est à dire au grand jour... on note que les deux appareils, fraîchement repeints  étaient passés par l’atelier de déco des trafiquants, pour recevoir un design assez similaire (les couleurs apposées étant les mêmes !).  C’était bien un gang très organisé !!!  Un troisième engin, un hélicoptère Robinson R44 II traîne aussi caché au même endroit.  C’est un modèle fort prisé, on le sait, on l’a vu ici, par les trafiquants au Brésil. C’est le PR-HCC,  s/n 13571 qui semble avoir gardé sa couleur en revanche puisqu’il est resté gris (à droite ici le 14 mars 2015, peut-être bien déjà aux commandes des trafiquants). L’engin était très récent puisqu’immatriculé le 27 juin 2014 seulement sur les registres brésiliens. Un autre hélicoptère aperçu dans le même hangar intrigue par sa décoration :  c’est un Eurocoper 130 B4, reconnaissable à ses skis particuliers et sa turbine apparente, sur le coin d’une photo prise par la police, lors de son raid.  Grâce à sa déco surprenante, on découvre qui il est : c’est le PR-RMP, photographié ici par un spotter le 2 novembre 2014 sur l’Aeroporto Internacional Gilberto Freyre, de Pernambouc, au Brésil. Un engin, le N°7336 enregistré le 27 juin 2012 au Brésil.  Voilà qui fait beaucoup d’hélicoptères il me semble !!!  Sont découverts aussi des bateaux de loisirs d’une bonne dizaine de mètres de long dont un appelé  « é carga » (« c’est la charge » il est ici à gauche, on ne sait à quoi ça se réfère…). D’autres bateaux dont des engins de sport rapides type ski nautique (ou gp-fast), aux noms évocateurs, sont également découverts : “Volupia I”, “Mimosa”, “Duas Marias I”, “Weekend”, ainsi que “Sedução”, “Sedução I” et “Sedução III”.  Ici un journal télévisé faisant le point sur les découvertes qui ont suivi le crash (ici des images similaires). Le dossier Turbulence se nourrit assez vite tout seul car les trafiquants tombent dans le même travers que les fils d’El Chapo ou les neveux de l’épouse de Machado :  ils étalent sur Facebook leur vie de dealers.  La fameuse Range Rover Evoque rouge, si peu discrète est retrouvée telle quelle sur la page Facebook d’un dénommé « Tuta Rosal » (ici à gauche). Les truands se cachaient fort peu en fait.  En réalité Arthur Roberto Lapa Rosal, était alors soupçonné d’avoir reçu 100 000 reals de sociétés détenues par Roberto Trombeta et Rodrigo Morales, en plus d’autres transactions avec Câmara & Vasconcelos.  Ce camionneur, très présent dans les réseaux sociaux, par vantardise il semble bien, y présentait des hélicoptères, des chevaux de course et même son camion de transport équestre spécial (ici à gauche) pour les compétitions de chevaux !!!

C’était en effet aussi un cow-boy amateur, qui avait été élu le meilleur dans le genre au Brésil (la preuve ici à droite...). On l’avait en effet repéré en pistant ses transferts de fonds, lui aussi, via les sociétés Geovane Pescados Eireli et Câmara & Vasconcelos Locação e Terraplanagem Ltda., en 2014.  Un gang de cow-boys, si l’on puis dire !!! Geovane Pescados Eireli sera lui aussi impliqué dans l’acquisition de l’avion d’Eduardo Campos...  Tout ceci est bien une organisation mafieuse… celle qui se dissimulait derrière la candidature présidentielle brésilienne, montrant ainsi par l’exemple la déliquescence des institutions : qui se serait douté de cela derrière Eduardo Campos, présenté comme un homme respectable « de gauche » ???  Le PSB, parti socialiste brésilien que représentait Campos n’était donc qu’un gang mafieux ?  Pauvre pays !!! Un homme médite amèrement depuis cette terrible révélation.  Le Cessna Citation de Campos s’était écrasé en milieu urbain sur une salle de gymnastique , heureusement vide ce jour-là, un vrai miracle (le long bâtiment à toit gris étant celui qui abritait des piscines de balnéothérapie, toutes ravagées par le choc de l’avion). Benedito Juarez Câmara, 69 ans, son propriétaire (ici à gauche sur la photo devant les bâtiments détruits), qui l’avait retrouvée dévastée par le choc et l’incendie du kérosène restant, fera une déclaration fort amère à la presse : « Au début, après l’accident, le PSB s’est engagé à payer tous les dommages. Après l’élection est venue cette chose: promettre avant et partir après ». Encore un qui a crû aux promesses politiques !  Ce n’est pas demain encore que ses ruines seront relevées !!! Ici un autre reportage sur le crash.  On a le droit bien sûr à une simulation des événements reproduisant le passage au dessus de la piste de Santos.  Mais il ne conclut, lui non plus, à aucune hypothèse particulière ! Aujourd’hui, personne n’a encore réussi à trouver la raison de cet accident !!!

Une dernière histoire de crash aérien suspicieux : la mort d’un juge

Peut-on faire pire encore ?  Au Brésil, où tout est permis hélas, oui.  Le 20 janvier 2017, nouveau crash aérien au Brésil.  Encore un.  On s’écrase beaucoup là-bas (mais le parc des avions privés est aussi très important là-bas, ceci explique cela).  Cette fois c’est un petit Beechraft C90GT immatriculé PR-SOM (le LJ-1809) qui tombe dans l’eau au lieu de se poser comme prévu 2 km plus loin sur une piste d’atterrissage en bitume, sur la côte près de Rio de Janeiro, à Paraty.  Il y a cinq morts dont le pilote, un gars très expérimenté, Osmar Rodrigues, 56 ans, 30 ans de carrière et 8 800 h de vol (!) et un industriel, Carlos Alberto Fernandes Filgueiras (le propriétaire de l’aéronef, un entrepreneur hôtelier de BTG Pactual qui avait d’ailleurs été arrêté par l’Opération Lava Jato !), ainsi que deux invitées à bord (la mère et la fille Hilda Penas Helatczuk, et Maira Panas, une massothérapeute). Le pilote effectuait le trajet pratiquement toutes les semaines depuis 6 ans pour Figueiras, c’est dire s’il connaissait et l’avion et le trajet.  Mais il transportait aussi et surtout un juge anti-corruption de renom, Teori Zavascki, juge à la Cour Suprême, dont l’importance a l’époque était primordiale dans l’organisation et la réussite de Lava Jato et la mise en place des 77 accusations lancées à partir du dossier Odebrecht.  Ce jour-là il pleuvait aussi, mais beaucoup moins qu’à Santos en 2014.  L’appareil avait effectué un court trajet:  ayant décollé à 13h01 du Campo de Marte à São Paulo, l’avion s’était écrasé à 13h45 près de l’île Rasa, à Paraty.  Des témoins auraient vu de la fumée sortant du moteur gauche avant le crash et l’avion toucher l’eau avec le bout de l’aile du même côté avant de très vite s’enfoncer.  L’aile droite sera retrouvée arrachée lorsqu’on relèvera l’avion.  Cette-fois on peut donc évoquer un sérieux problème technique à bord !!!  D’autres témoins citent des cris venus de l’intérieur, notamment des cris d’une femme dont une main qui bougeait encore serait même apparue à l’emplacement du carreau cockpit avant, détail plutôt morbide.  Lorsqu’on repêche l’appareil, la boite noire est aussitôt déclarée inutilisable, ayant été envahie par l’eau, paraît-il (la Cenipa déclara qu’elle n‘avait rien révélé d’anormal à bord !).

Encore un crash qui questionne en effet.  Un article fouillé du très sérieux Wire, paru le 23 janvier 2017 et signé par Cauê S. Ameni , Hugo Albuquerque et André Takahashi, met en doute la version d’un simple accident et affirme même qu’on aurait laissé mourir des gens à l’intérieur de l’avion crashé en mer: « l‘enquête officielle sur l’accident vient de commencer. L’enregistreur de la voix du poste de pilotage de l’avion a été récupéré, mais il se peut que cela prenne plusieurs semaines – ou plusieurs mois – avant que la cause de l’accident ne soit découverte et révélée au public. Mais il y a déjà de sérieux doutes sur la version officielle de l’accident qui dit que l’avion s’est écrasé à cause du «mauvais temps». Selon certains témoignages, il ne pleuvait pas sur Paraty lorsque l’avion s’est écrasé. Vendredi, Andre Barcinski, un journaliste chevronné du Journal Folha, a publié un rapport sur son enquête sur le site du crash.  Sur la base de ses interviews avec des témoins oculaires qui ont vu l’avion tomber, Barcinski a révélé deux détails cruciaux:  d’abord, l’avion avait «une fumée blanche qui sortait de son aile gauche avant de perdre le contrôle, en virant à droite et en éclaboussant la mer» ; deuxièmement, l’une des victimes était en vie et a continué de crier à l’aide pendant plus de 45 minutes, mais elle n’a pas été sauvée à temps.  Elle est morte piégée à l’intérieur de l’avion qui a coulé.  Un autre témoin oculaire, un batelier qui a aidé au sauvetage, a dit que le personnel de la marine qui est arrivé assez tard sur le site a fait rejeter dans l’eau les pièces d’avion qu’ils avaient déjà récupérées.  Rien de tout cela dans les comptes-rendus officiels ». L’extrême importance de l’escamotage du  passager principal faisant tout craindre pour la suite des opérations anti-corruptions : « comme Zavascki était le principal moteur de l’enquête sur l’énorme scandale de corruption qui a des liens avec le sommet de l’élite politique et économique, y compris Temer, de nombreux Brésiliens sont maintenant sceptiques quant à l’avenir de l’affaire. « Le juge Teori Zavascki avait mené l’enquête du Lava Jato à la Cour Suprême.  Il est difficile de croire que c’était un simple accident « , a déclaré jeudi Alan Mansur, directeur de l’Association nationale des procureurs, peu de temps après les premiers rapports de l’accidenté ». L’horreur de la scène des passages pas secourus a choqué pas mal de gens, il semble bien, autant que d’avoir appris que le candidat à la présidentielle voyageait dans un avion de trafiquants !!

Une bien étrange visite

Une boîte noire déclarée inutilisable, donc, ce qui est très étonnant, car les débris (voir ci-dessus en dessous) montrent un avion au fuselage complet à l’avant broyé seulement.  Et dans un scénario assez similaire au crash de 2014, la presse est vite envahie de « faute humaine » pour décrire l’accident, tout sabotage étant rapidement exclu par les autorités.  Un internaute trouvera un détail bien plus troublant encore :  le site répertoriant l’avion avait été visité bien plus que de coutume le 3 janvier, notamment, soit 17 jours avant l’accident : on l’avait consulté plus de 1900 fois ce jour-là... Pourquoi donc, nul ne le sait.  Un crash façon Campos, encore un ???

Le Brésil a perdu 12 politiciens depuis 1950 dans des crashs d’avions.  Certains commencent à dire que ça fait beaucoup.  De tous ces étranges accidents, on ne retient qu’une seule question en définitive : « Cui Bono?” (1)

Fabriquer et entretenir le chaos pour ne pas se retrouver en prison 

Le but de jeu morbide ?  Affaiblir tant que se peut les enquêtes en cours, explique plus loin Wire, afin que les affaires Petrobras et Odebrecht, les plus en vues et les plus graves, s’enlisent le plus possible. Des politiciens corrompus ont tout fait pour court-circuiter Rousseff, déjà minée par les affaires (voir l’épisode précédent) pour déstabiliser encore plus la Justice (en attendant d’avoir à la tête un politicien plus corrompu encore, en l’occurrence Michel Temer).  Un réflexe de survie des politiciens véreux qui ont tous bénéficié des subsides des deux sociétés et leur réseau tentaculaire de détournements de fonds publics et de corruption, en quelque sorte. « L’Opération Lava Jato concerne autant la politique que la corruption, la corruption et une bataille interne entre les institutions brésiliennes.  Comme l’ont révélé les enregistrements de conversations entre Juca, un proche collaborateur de Temer, et l’homme d’affaires Machado, beaucoup d’hommes puissants dans le pays ont fait des heures supplémentaires pour faire caler et tuer l’opération Lava Jato. La conversation entre Machado et Juca a eu lieu en mars 2016 peu de temps avant le vote où la Chambre a accepté de poursuivre le processus de destitution de Rousseff. La conversation, enregistrée par Machado et divulguée par le journal Folha (ici à droite) a montré que les deux hommes travaillaient sur une stratégie de «changement de gouvernement» et de «conclure un accord» avec la Cour suprême ». Les deux comploteurs proposaient de remplacer Teori par un juge nommé par Temer, en effet, car Teori avait été nommé par la présidente Dilma Rousseff en 2012. Leur idée étant de tout faire pour destituer d’abord Dilma Rousseff (nota : et de faire quoi APRES avec Teori ??). « Dans la conversation, il est clair que Dilma Rousseff a été mise en accusation par les politiciens les plus corrompus juste pour s’assurer que cette affaire ne mène nulle part », dit un dirigeant du Parti des travailleurs (PT), sous couvert d’anonymat. « Il s’agissait de priver le PT de son pouvoir légitime et de mettre en place des dirigeants non élus qui feraient des offres aux politiciens les plus corrompus ». On voit alors différemment les deux derniers décès en avion :  la mort de Campos, qui avait pourtant favorisé l’élection inattendue de Rousseff, aurait fait aussi partie de ce plan machiavélique, celui de discréditer toute la classe politique à gauche, notamment pour éviter que Lula ne se représente (car il a dans les sondages toujours la faveur du public, même au fond de sa prison !).  Ce n’est en effet que deux ans APRES sa mort que l’on a appris qui étaient ces fournisseurs, et indirectement, par un effet de rebond des enquêtes menées au nom de Lava Jato, le décès d’un personnage visiblement éliminé pour qu’il ne parle pas.  Imaginez qu’on l’ait appris après qu’il soit passé au premier tour… pour se retrouver contre Rousseff !!!  A partir de là on a du mal à penser à de simples accidents ou à des hasards malencontreux.  Eduardo Campos comme Teori Zavascki ont très certainement été condamnés sur l’autel d’un horrible réalisme politicien:  celui de forbans de la politique brésilienne, acculés et prêts à tout, même à tuer, pour survive un peu plus longtemps sans être trop inquiétés.  Tués pour un simple répit, en quelque sorte.

Les espoirs nés au Brésil avec la CPI sont désormais bien lointains… et s’éloigne aussi, de plus en plus désormais, la démocratie, dans le pays.  Le spectre d’un retour au pouvoir fort rôde, sinon celui d’une reprise en main par des militaires… voilà qui n’est pas très engageant.  Sauf pour les trafiquants de coke ou de contrebande qui se nourrissent aussi du chaos ambiant, comme on le sait.

 

(1) voir ici:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cui_bono

Pour le second, à l’évidence, seuls ceux visés par le juge anti-corruption auraient eu intérêt à l’éliminer.  Ce qui fait déjà pas mal de monde, au Brésil…  Depuis Cui Bono ?, c’est aussi devenu le nom d’une opération anti-corruption, une de plus.  Visant  Geddel Vieira Lima, l’homme aux valises pleines de billets :  « Selon la MPF, Cunha Eduardo, Geddel Vieira Lzila et Lucius Funaro, sont toujours soupçonnés d’avoir été en liaison avec Fabio Cleto (vice-président des fonds de pension Caixa), Marcos Roberto Vasconcelos (alors vice-président de Gestão de Ativos e Terceiros da Caixa), José Henrique Marques da Cruz et Marcos Antônio Molina dos Santos (fondateur de Marfrig), ce dernier est soupçonné d’avoir bénéficié du principe mis en place. Toujours selon les enquêtes, JBS et le groupe Bertin ont bénéficié d’un plan criminel pour obtenir des fonds de Caixa. Le groupe Bertin a été acquis par le réfrigérateur JBS en 2009 et ses activités ont été intégrées dans la société ».  JBS, son patron contesté Joesley Batista et son étrange façon de gérer la flotte d’avions privés de l’entreprise  : cinq de ses aéronefs sont en effet aujourd’hui dans le collimateur de la justice brésilienne.  Le Hawker Beechcraft B300 PP-JBJ (ici  à droite), acheté par la compagnie en 2014 pour une valeur de 4 483 456,28 dollars selon, la presse, et « loué et non acheté » selon JBS. l’ Embraer EMB-505 (un Phenom 300), « loué » également  par JBS, le PP-VFV, qui , évalué à 30 millions de reais, est bloqué dans une action judiciaire fédérale à Brasilia avec tout un lot de voitures de luxe. L’appareil n’a plus volé depuis 2016. Le Learjet 45, au nom de l’entreprise (PR-JBS) prêté à Michel Temer, en janvier 2011 (ici à droite) pour que le président fasse un voyage avec sa jeune femme Marcela (elle a 43 ans de moins que lui) à Comandatuba (BA). L’hélicoptère A109s d’Agusta  (voir épisode précédent) et un Piper Aircraft PA-34-220T sont les deux autres avions enregistrés chez JBS. Le premier est payé par versements trimestriels de 273 000 dollars US. Le Piper est le fameux PT-WNP, qui nous démontre quel était le principe du jeu car il a uniquement servi à engranger de l’argent chez Geddel, via une surfacturation évidente : acheté 200 ooo reals par Geddel ve même il a été revendu par lui 700 000 à Jamp F, une holding de Joesley et Wesley Batista, qui contrôlent JBS…  « Les documents indiquent également que, après avoir été acheté par Jamp, F, l’avion a changé de mains trois fois de plus en une période d’un peu plus de trois ans. Premièrement, il a été transféré en janvier 2013 à Rodopa Alimentos pour un montant de 651 000 reals, soit un prix inférieur aux 700 000 reals versés à Geddel. L’opération a été conclue quatre mois après l’achat de Rodopa Alimentos par Sérgio Longo, ancien directeur de JBS (..) En septembre 2014, l’avion a été racheté par JeF via JBS. Finalement, en mars 2016, JBS a largué l’avion et l’a revendu à Vegas Construtora, basée à São Paulo ».

Document : on peut et on doit lire ce superbe document sur Collor, de John Ryle écrit en février 1990.  Un rappel rapide de ses méthodes douteuses de forbans de la politique pour contrer un rival qui s’appelait Luis Inácio da Silva, connu sous le nom de « Lula » : « Collor a été aidé par au moins un mauvais tour. Peu de temps avant le vote, son frère, qui avait orchestré sa campagne, paya l’ancienne maîtresse de Lula pour qu’elle aille à la télévision et annonce que Lula avait essayé de lui faire avorter l’enfant qu’elle avait eu par lui, quinze ans auparavant. Lula avait nié, mais l’incident provoqué un embarras pour ses partisans dans l’Église. Le rôle de Collor a également été renforcé par des extraits de ses débats télévisés avec Lula, fortement édités en sa faveur, qui ont été diffusés sur le principal journal d’information de Globo deux jours avant le vote ». L’article le définit comme un « populiste énigmatique ». L’article se termine par une mise à jour : « en juillet 2015, la police fédérale a fait irruption dans la Casa da Dinda (ici à droite, la voiture est une Lamborghini Aventador saisie avec un policier au volant: l’engin vaut 324 000 euros sans les options, les autres sont ici une Ferrari 458 Italia et une Porsche Panamera) la maison de Collor à Brasilia, où en 1989, j’avais entrevu le premier président qui se rendait à son jogging matinal. Ils ont saisi un certain nombre de voitures de luxe.  Selon une indication émise par les procureurs fédéraux, les voitures ont été payées 26 millions de reais (environ 7 millions de dollars) reçus sous forme de pots-de-vin du plan de corruption de Petrobras. M. Collor a nié les accusations ».  J’ai déjà évoqué l’impressionnante  saisie des voitures ici-même le 10 février 2016.  On apprendra aussi qu’après être allé saisir les voitures de luxe, les policiers étaient « allés à TV Gazeta, affilié à TV Globo dans l’État, qui appartient à la famille de Collor.  Le sénateur est l’un des principaux actionnaires ». Vous avez dit manipuler les gens ???

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

 

Coke en stock (CCXXIX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (55)

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