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Coke en stock (CCXXV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (54)

Le Brésil est comme le Paraguay pourri jusqu’à la moelle. Les gangs y sévissent impunément et la classe politique montre un côté déplorable avec la répétition des affaires de corruption.  L’incarcération de l’ex-président Lula après des années de suspicion de corruption n’est qu’un bout de l’iceberg nauséabond.  Une affaire, surtout, a retenu notre attention.  Celle d’un crash d’avion resté plutôt mystérieux qui s’était produit en 2014, tuant Eduardo Campos qui était devenu l’un des principaux adversaires de la présidente Dilma Rousseff après avoir été au départ son allié.  Ancien gouverneur de l’Etat de Pernambuco, il ne pouvait pas espérer être élu président, mais en ponctionnant environ 10% des voix sur son nom il aurait pu jouer les arbitres au second tour.  Le sort en a voulu autrement, il est mort avant.  Et ce n’est qu’après son décès, deux ans plus tard, qu’ont été révélé ses liens inavouables et ses pratiques douteuses…

Le Cessna 560XLS est un avion qui a plutôt une excellente réputation.  Les ingénieurs de Cessna pour construire avaient fait appel à des recettes éprouvées :  une aile droite, plus facile à manœuvrer à n’importe quelle allure, facilitant les atterrissages à basse vitesse (1), des réacteurs performants et un fuselage déjà existant.  Bref, rien d’innovant, mais un avion sans surprise construit sur des recettes éprouvées. 

Le 49 ième vol fatal de la tournée électorale 

Que c’est-il passé ce 13 août  là ? On ne le saura sans doute jamais précisément. L’avion parti de Rio de Janeiro se dirigeait vers Garuja, un des nombreux vols du candidat à la présidentielle. Le Brésil est vaste, on le sait, et les kilomètres à bord du Cessna se sont accumulés pour le candidat et son équipe : depuis le 6 juillet précédent, l’avion avait effectué 48 vols, représentant 33 000 kilomètres !!! Autrement dit aussi, les deux pilotes, Mark Martins, la quarantaine, comme commandant de bord expérimenté et Geraldo Magela da Cunha, son copilote, plus jeune, étaient plutôt rodés à ses commandes. Et peut-être aussi fatigués, qui sait, pense-t-on. Mais l’enquête montrera que ce n’était pas le cas : « au cours des sept jours précédant l’accident, l’équipage s’est conformé aux dispositions de la loi n ° 7 183 du 5 avril 1984 concernant la journée de travail et le temps de repos entre les jours ».  Ce jour-là en revanche le temps était visiblement exécrable sur Santos, avec de la brume et de la pluie, mais il demeurait encore une visibilité de 3000 mètres (c’est problématique à partir de 2400 sur ce type d’avion).  Après avoir repéré la balise Echo1 de la base aérienne de Santos, l’avion était entré en contact avec la tour et avait commencé sa descente.  Venant de la mer, au sud-ouest ici, il avait effectué d’abord  un large virage à gauche de 4 mille pieds (1 200 mètres), au dessus de la mer, vers la balise de radio 375 SAT, pour s’aligner sur la piste (qui peut être engagée dans les deux sens).  Une première passe-train non sorti interrompt la procédure, le pilote affirmant qu’il manquait alors de visibilité (en raison de la pluie) et il recommence le circuit (selon une solution de contournement classique) avec un autre virage à gauche (ici en pointillé).  A 4,3 km de la piste l’avion qui survolait un faubourg de Santos s’écrase, à 11H03, Rue Vahia de Abreu à Santos, sans signes extérieurs de difficultés particulières, il était toujours engagé dans sa descente, logiquement; mais « sans avoir respecté » pleinement  les recommandations de la tour de contrôle, note le rapport d’accident.  La presse écrira après avoir retrouvé des témoins qui affirment l’avoir vu voler bas au dessus de la ville… (lors de son premier survol ?). Mais une caméra vidéo (en noir et blanc à filmé sa chute en pleine ville, ruine cette opinion.  On le voit en effet tomber avec un angle fort prononcé de chute. L’avion n’était plus alors dans une procédure de descente d’atterrissage, à ce stade: il était bel et bien en perdition et devenu incontrôlable, en volant inversé, il était alors sur le dos (comment avait-il pu en arriver là ?). On comprend alors pourquoi on ne retrouvera que des petits morceaux de l’ensemble, qui joncheront les rues adjacentes de l’endroit où il s’était écrasé : il a en effet été littéralement pulvérisé par la force de l’impact, des débris peu disséminés, preuve aussi d’une chute presqu’à la verticale !!! Idem pour les corps, broyés et retrouvés en lambeaux en profondeur dans la terre au fond du cratère créé (je vous épargne les photos, elles traînent hélas sur le net), des corps mêlés aux morceaux de fuselage, selon les pompiers,qui ont dû les retirer à l’excavatrice.

Des explications qui n’en sont pas

Très vite, on va trouver des explications plausibles à la catastrophe. La presse en reçoit comme des éléments de langage par les services de l’Etat chargés du secteur de l’aviation.  Le mauvais temps, bien sur, ou la trop grande confiance en lui-même du commandant de bord et son copilote, trop timoré pour le contredire selon ce qui fuit dans la presse, sont mis en avant. L’accent étant mis sur une faute de pilotage avant toute chose. On dégote aussi tout ce qu’il y a de plus officiel:  la théorie du manque de formation des deux pilotes, formés sur Cessna 560 XLS mais pas sur XLS Plus, dont le cockpit serait différent. On montre à l’envi la différence dans un rapport d’enquête qui insiste sur le sujet (voir un peu plus loin la photo correspondante). Il l’est, certes, mais pas au point de nécessiter de gros ajustements à la première formation pour être efficace sur le second modèle.  Les « officiels «  oublient surtout de parler du nombre d’heures importantes effectuées par le duo de pilote sur le modèle, et les nombreux aéroports visités par tous les temps, sans avoir eu jusqu’ici de problèmes.  La façon de faire des autorités, qui au final ne trouveront pas vraiment de raison valable à la chute de l’avion est assez déroutante. L’une des plus étonnantes étant les clichés de la parade fort solennelle (ici à gauche) des morceaux d’avion reconnaissables (ici à gauche des aubes de turbine) manifestement présentés de façon ostensible dans les mains de militaires. Histoire de rassurer, genre « on s’occupe sérieusement de l’enquête ».  Ça ne s’améliore en rien, pourtant, et ça empire plutôt, même, avec la boîte noire retrouvée sur les lieux de l’impact. L’avion a été pulvérisé par le choc on l’a vu, et elle est donc en fort mauvais état (cf ses débris ici à droite), mais sa piste d’enregistrement de voix de pilotes, la seule source disponible sur une boîte noire de ce type d’appareil, peut être néanmoins extraite et écoutée dans un des départements Cenipa, dont le siège à Brasilia.  On espère enfin comprendre ce qui s’est passé avec les voix des pilotes.  Et là surprise :  il y a bien deux heures d’enregistrements d’audibles, sur la bande-son, soit la capacité de l’engin, mais elles ne correspondent pas du tout aux deux dernières effectuées :  c’est un autre vol dont on a gardé la trace !!!  Et pas le bon, donc !  L’enregistreur est signé L-3 Communications, c’est un fournisseur de l’armée US comme on le sait, ce qui renforce les conspirateurs habituels dans leurs complotisme anti-US, tel Wayne Madsen qui ne s’en prive pas, d’ailleurs.  Bref, on le sentiment que l’on nous dissimule des choses, sans pourtant vouloir sombrer à tout prix dans le complotisme.  La chute de l’appareil qui avait déjà réussi à survoler le terrain d’atterrissage où il aurait dû se poser est tout simplement… étonnante.  Le défaut de piste enregistrée de la boîte noire est lui aussi tout simplement inexplicable, la piste étant effacée à chaque nouveau vol, l’ancienne n’aurait pas dû réapparaître.

De sérieuses rivalités politiques

Dans ce cas de figure on pense bien sûr à un possible règlement de comptes politique, à une élimination physique d’un candidat devenu gênant. La piste se tient tant la politique au Brésil ressemble à un jeu de quilles. Des critiques provenant de ses adversaires ou au sein même d’un parti, car en politique tous les coups sont permis, même les plus tordus, on le sait (cf l’affaire Clearsteam en France avec De Villepin et Sarkozy).  Un texte très intéressant de TheEconomist.com nous écrit en nous expliquant les vagues changeantes que provoque la disparition du candidat devenu … gênant en politique : «  M. Campos était en route pour São Paulo pour s’adresser à une telle foule (ainsi qu’à votre correspondant) à sa mort. Les organisateurs de la conférence ont annoncé la nouvelle de la tragédie, le public mal habillé a hoqueté d’incrédulité, puis est tombé dans un silence stupéfait. Bientôt, cependant, le choc s’est transformé en agitation. Les commerçants, les analystes et les experts ont commencé à réviser frénétiquement les scénarios électoraux avec leurs clients, dont beaucoup étaient également présents. L’indice boursier principal du Brésil a chuté de 2% avant de rebondir. Le real a également plongé brièvement contre le dollar. Le marasme initial peut s’expliquer en partie par un choc général. Mais cela indique également une dynamique électorale changeante. Les marchés semblaient tout d’abord  avoir interprété que cela raccourcissait les chances de voir à nouveau l’administration Rousseff, effectuer quatre années de plus avec son Parti des travailleurs (PT), fustigé par beaucoup dans le secteur privé comme l’interventionniste et l’anti-business. Les derniers sondages soutenaient M. Campos à un peu moins d’un dixième de l’électorat, à environ 30 points de Mme Rousseff et 14 points de M. Neves. Mais avec M. Campos hors de la course, les perspectives de gagner plus de la moitié des votes valables de Mme Rousseff au premier tour auraient en fait augmentées, évitant ainsi un vote serré avec M. Neves ». Pour les forces d’argent, du pays, la chute du Cessna était donc… une mauvaise nouvelle ! … la remplaçante de Campos pouvant, elle, peut-être inverser la situation en se maintenant : « mais l’analyse ultérieure, dit Tony Volpon de  la banque Nomura, suggère que les marchés table maintenant sur la colistière de M. Campos, Marina Silva. Le PSB, qui a dix jours pour choisir un nouveau candidat, devrait choisir l’ex-sénatrice et un temps ministre de l’Environnement de Lula. Mme Silva est « le plus grand cauchemar du PT, » dit M. Volpon, qui compare sa biographie  mettant en avant son éducation pauvre dans le Nord à celle de Lula, vénérée par beaucoup  de brésiliens pour le succès de ses des programmes de « transferts de fonds ». Mais une Silva ayant du mal à se positionner précise le trader : « cela fait que Mme Silva a du mal aussi à attaquer « le néolibéral sans cœur », l’accusation portée contre M. Neves » (Silva est aussi une écologiste mais aussi une évangéliste qui est contre l’avortement, rappelons-le…:  au Brésil, toute la vie politique est étonnante !).  En 2010, rappelons-le, Silva avait vite grimpé dans les sondages grâce à son utilisation astucieuse des réseaux sociaux.  Cela lui avait permis, partie de rien de finir en troisième position, avec 20 millions de bulletins de vote (le Brésil, je le rappelle, compte 207 millions d’habitants)  !!!

Instabilité de l’électorat après le crash

Mais la prédiction du tracer comme quoi Silva entraînerait les plus jeunes à voter pour elle et le parti socialiste de Campos fera long feu.  Pour lui, les marchés auraient vu de toute façon un succès final de Neves, si le deuxième tour avait permis à Silva de se maintenir au second tour.  Le 5 octobre 2014 Rousseff, portée par l’électorat populaire comme Lula, devancera néanmoins au premier tour Neves (petit-fils de l’ancien président brésilien Tancredo Neves), avec 41,59  % des voix.  Au final ce fut une surprise, tant on la voyait en difficulté avec les suites de l’affaire Lula qui se dirigeait tout droit vers la prison où il est aujourd’hui.  Fait notable, Dilma était passée en tête avec un vote qui avait surtout écarté dès le premier tour la prétendante de gauche Silva, remplaçante sur le fil de Campos, présentée parfois comme une Obama féminine (33,55 % pour Neves contre 21,32 % seulement pour elle alors qu’elle avait déjà fait 19,35 en 2010) mais aussi comme la grande rivale de Rousseff.  Silva était alors la seule à pouvoir briser le débat politique, longtemps polarisé entre le PT et le PSDB au Brésil, pensaient certains.  Pour beaucoup d’observateurs, la mort de Campos, remplacée par Silva, aurait pu propulser cette dernière devant Rousseff au second tour, si Neves, chéri par les Banques et les Marchés, ne l’avait devancée au premier tour ce qui s’est avéré en définitive.  La droite avait eu un sursaut salutaire pour elle.  Car au second tour, Silva, c’est sûr, selon tous les sondages, et selon tous les spécialistes aurait battu Rousseff  (cf celui ici à droite signé par l’l’institut Datafolha) !!!   Les mêmes sondages se tromperont en la voyant devancer le candidat de droite avec 21% des voix au 1er tour, un point d’avance sur Aécio Neves (PSDB), qui était annoncé à 20%.  Au deuxième tour, on pouvait toujours craindre pour Rousseff, car Silva avait choisi de soutenir Neves… Mais comme on va le voir plus loin, elle se retrouvera elle-même empêtrée dans les suites de la mort de Campos, les votants se détourneront d’elle pour cette raison et n’iront pas voter… Neves.  Dilma sera donc réélue de façon somme toute logique en octobre 2014 au second tour avec 51,64 % des voix contre 48,36 % pour Neves (les sondages affirmant que Dilma gagnerait le deuxième tour avec Aecio resté dans la course, les projections donnant Dilma gagnante au deuxième tour à 47% contre 39% à Neves.).  Mais Dilma élue, elle sera vite destituée en aout 2016, plongeant le pays dans l’instabilité la plus totale, tous les jours l’Opération Lava Jato, révélant de nouveaux cas de corruption, à en écœurer l’électorat, c’est sûr.  Chez les jeunes, davantage tournés vers la candidature de Silva, près des deux tiers des Brésiliens âgés de 16 à 24 ans étaient restés indécis jusqu’au bout et beaucoup avaient voté blanc montrant la rupture de la confiance placée en Silva.  En 1992, on le sait, le même sort de destitution après avoir été élu avait touché Fernando Collor de Mello. Vingt-quatre ans après, le Brésil renouait alors avec ses démons démocratiques (pour la prochaine élection de 2018 l’étoile montante est Jair Bolsonaro, un nostalgique des pouvoirs forts, homophobe et raciste, qui est déjà devant Silva dans les sondages ) !  Mais on découvre quelque temps après la mise à l’écart de Rousseff que l’avion de Campos dissimulait un tout autre secret … tout aussi inavouable pour la classe politique brésilienne !!!

Les conclusions surprenantes de l’Air Force brésilienne

Revenons à l’accident après ses considérations sur la complexité de la politique au Brésil.  C’est un lieutenant colonel de l’armée de l’air brésilienne à qui on confie le rôle d’enquêter et de rédiger un rapport technique sur sur le crash.  Ses conclusions paraissent après coup bien légères : « Selon Cenipa (Centre d’enquête et de prévention des accidents d’aviation), le manque de connaissance de l’aéronef et de la zone d’atterrissage et les erreurs de jugement causées par le stress ont fait perdre aux pilotes le contrôle de l’aéronef suite à un atterrissage interrompu. Selon les enquêtes menées par le lieutenant-colonel Raul de Souza, les pilotes ont ignoré les recommandations d’atterrissage du constructeur du modèle et de la piste d’atterrissage. «Des pilotes bien entraînés, qualifiés et reposés, sans de tels niveaux de stress, réduiraient grandement les possibilités de s’écraser.» Mais la perte de l’orientation spatiale peut également se produire dans ces situations », a-t-il déclaré. Même la route de l’avion pour se rapprocher de la piste a été faite dans le mauvais sens. Selon Souza, un chemin plus court, utilisé par les pilotes, aurait permis d’économiser 5 minutes ».  Les pilotes avaient effectué 30 000 km à bord sans « connaître l’appareil », selon lui !!!  Voilà qui paraît bien étonnant comme jugement  (j’y reviendrai bientôt plus en détail) !!!

Relance de l’affaire deux ans après

Au final, la conclusion des experts sur le crash de l’avion de Campos avait en effet été fort floue : aucun problème technique majeur décelé à bord, un temps au sol exécrable, certes, mais l’avion était aussi un jet « tous temps » comme tous ceux de sa catégorie, capable de voler aux instruments, les pilotes formés à cette technique étaient sans problèmes, bien reposés, le seul argument développé étant celui sur leur formation sur le modèle antérieur.  Aucune explication donnée au surprenant contenu de la boîte noire… et on ne semblait non plus ne pas avoir beaucoup poussé les investigations sur à qui appartenait l’avion, car le candidat n’en était pas le propriétaire, il ne faisait qu’emprunter un appareil appartenant à d’autres, à savoir les dénommés Eduardo Freire Bezerra et João Carlos Lyra.  Deux ans après le crash, ces deux là, dirigeant officiellement plusieurs sociétés dont une de ventes de pneus, vont faire reparler d’eux, avoir été poursuivis par la femme du commandant de bord réclamant un indemnité pour ses deux enfants en bas âge, ce que la Justice lui avait accordé.  L’occasion pour le pouvoir en place de remettre une couche sur la seul responsabilité des pilotes… « AF Andrade, PSB et les hommes d’affaires João Carlos Lyra et Apolo Vieira ont été condamnés conjointement et solidairement pour le paiement de dommages moraux et matériels à la veuve du Commandant Martins et aux jeunes enfants du couple. Pour leur défense, les défendeurs ont allégué que le rapport sur les causes de la tragédie élaboré par le Cenipa a conclu que les pilotes étaient en faute dans l’accident. Le magistrat, qui s’est également basé sur le rapport du Cenipa, a déclaré que les employeurs n’ont pas soumis le capitaine à une formation pour utiliser un avion différent. En effet, le Cenipa a souligné que les pilotes possédaient le savoir pour utiliser une version antérieure du modèle de vol, et n’ont pas reçu une différence de formation ou une autre  formation sur Cessna Citation 560 XLS + (à droite ici la comparaison des deux, pas si différente l’une de l’autre). L’enquête du FAB a conclu que l’absence de formation des pilotes pour piloter l’aéronef était l’un des facteurs qui a été prépondérant dans l’accident » (à défaut d’avoir trouvé autre chose de sérieux pourrait-on dire). « Les accusés ont engagé le commandant Marcos Martins pour exploiter un avion différencié et ne lui ont pas fourni la formation et l’entraînement nécessaires à cette fin. Cela signifie que le pilote Marcos Martins n’était pas entièrement qualifié pour piloter ledit avion ».  C’était aller vite en besogne, tant les deux modèles se pilotent de la même façon et c’était surtout oublier les dizaines d’heures de vol sans accroc effectuées par les deux pilotes sur ce modèle précis de 560 XLS Plus durant toute la campagne de Campos !!!  Deux ans après, on continuait à jeter les discrédit sur les seuls pilotes.  Mais deux ans après également, on allait surtout découvrir pourquoi les autorités avaient autant traîner les pieds au sujet de l’enquête sur l’avion :  l’appareil avait été acheté de façon délictueuse (nous versons bientôt comment), voilà qui n‘aurait pas fait une belle publicité au parti du candidat, ou par ricochet chez Dilma Rousseff, puisque l’avion avait été acheté au moment où Campos la soutenait encore.  Celle-ci aurait donc dû savoir logiquement d’où venait exactement cet avion… A gauche une des vues du reportage TV dans la rue adjacente de la catastrophe :  le temps était particulièrement exécrable, ce jour-là, à Santos, ça, au moins c’est indéniable.  Et c’est surtout une des rares informations sérieuses à propos de ce crash !

Un aautre avion pour Campos

Et ce n’est pas tout.  Un deuxième scandale était apparu dès 25 août 2014 avec la découverte de l’usage d’un deuxième jet par Campos lors de sa campagne électorale.  Un avion appartenant lui aussi à Bandeirantes Companhia de Tneus Ltda. société déjà impliquée dans l’achat du Cessna fatal.  Un Learjet 45, immatriculé PP-ASV utilisé par Campos le 20 mai 2014,  lors d’une visite à Feira de Santana, Bahia, lors de la pré-campagne. (ici à droite-  « Bandeirantes », la société ayant son siège à Pernambuco et qui appartenait à Apolo Santa Vieira.  Enfin pas tout à fait, car l’homme n’ayant pas encore fini de le payer, l’avion appartenait toujours à la fameuse Banque de l’Utah, sous le régime du Trustee bien connu.  Apolo Santa Vieira, étant alors mêlé au même moment à une gigantesque affaire d’évasion fiscale avec 100 millions de reals pompés dans les coffres publics !!!  La presse rappelant « qu’en mai dernier, l’homme d’affaires de Pernambuco, João Carlos Lyra de Melo Filho, a signé un accord pour acheter l’avion et a indiqué les entreprises Bandeirantes et BR pour s’endetter auprès de Cessna « , selon Estadão.  Tout ce circuit délictueux avait été découvert pendant l’Opération Lava Jato (lavage de voitures) qui enquêtait alors sur la corruption autour de Petrobras (2).  Car visiblement, les revenus des petites entreprises seules des propriétaires des deux avions ne leur permettaient pas un tel train de vie.  D’où provenait leur argent, voilà bien le problème.  L’autre problème étant que le candidat à la présidence du Brésil devait bien le savoir, que c’étaient des mafieux qui lui avaient « prêté » leur avion pour effectuer sa longue tournée électorale !!!

Un autre avion, très révélateur, en train de pourrir dehors…  

Des politiciens se faisant prêter des avions par la mafia locale ?  Pas une surprise, au Brésil. La corruption n’est plus rampante dans le pays, elle est flagrante.  Une photo est là pour nous le prouver:  celle d’un jet en train de se détruire lentement, abandonné à l’extérieur et soumis au climat subtropical de l’endroit où on l’a parqué et qui s’abîme un peu plus chaque jour.  C’est un Cessna 500 Citation immatriculé PT-KBR, N°500-0156 qui périclite un peu plus chaque jour, totalement abandonné sur l’aérodrome de Curitiba Bacacheri depuis… 8 ans maintenant (son état a nettement empiré depuis). L’avion en triste état est en fait la résultante de l’Operação Mãos Limpas (« Operation Mains Propres » ), une sorte de sursaut face à la corruption devenue trop voyante lancée en 2010 et qui s’était révélée fort fructueuse, à vrai dire.   Avait été pris cette année-là dans le filet de la justice Antônio Waldez Góes da Silva  un député affilié au Partido Democrático Trabalhista (PDT) et ancien gouverneur de l’état d’Amapá, élu en 2002.  L’homme espérait alors devenir sénateur aux élections du 4 avril 2010, mais il venait de se faire rattraper par les affaires.  Un article saisissant avait rappelé et résumé son cas exemplaire : « Macapa – La police fédérale (PF) a saisi un avion à réaction du Président de l’Etat de la Cour des comptes Amapá (CEA-AP), José Júlio de Miranda Coelho, arrêté le 10 Septembre lors opération mains propres. Selon PF, Coelho avait essayé de cacher l’avion, un Cessna Citation, aux autorités. L’avion se trouvait dans un hangar à l’aéroport de Pampulha, à Belo Horizonte (MG), et a été saisi avec l’autorisation de la Cour supérieure de justice (STJ). L’information provient du journal O Estado de S.Paulo. En plus de l’avion, la police fédérale avaient saisi cinq voitures importées appartenant au précédent TEC-AP dont une Maserati et une Ferrari (ici à gauche), ainsi que l’argent et des bijoux » (l’arrêt de justice mentionne une Ferrari, une Masserati, deux Mercedes-Benz, une Mini-Cooper et une BMW Spyder Can), le Cessna Citation  PT-KBR et un bateau de type Real Class (ici à droite le modèle 31), un navire dont la livraison aurait eu lieu  le 15 octobre 2009. « Les documents saisis par les autorités fédérales montrent que la cour a fonctionné comme un « centre de commandement blindé » de la bande, démantelé dans l’opération, établi par le gouverneur Pedro Paulo Dias (PP), l’ancien gouverneur Waldez Goes (HAP), les hommes politiques, hommes d’affaires et des membres supérieurs de la Etat. Le CEA-AP, selon la Polie Fédérale, a approuvé les comptes dépendants, des truquage d’offres et a légitimé le système de corruption généralisée par les différents secteurs de l’administration publique. L’opération mains propres de la police fédérale, enquête sur des détournement de fonds qui ont impliqué le gouverneur de Amapá, Pedro Paulo Dias, ancien gouverneur de l’Etat Waldez Garcia, ancien secrétaire de l’éducation José Adauto Santos Bitencourt, la l’homme d’affaires Alexandre Gomes de Albuquerque et 12 autres personnes. La police a constaté que la plupart des contrats administratifs signés par le secrétaire à l’éducation ont bénéficié à certaines entreprises. Une seule entreprise de sécurité privée et la surveillance a maintenu un contrat d’urgence pendant trois ans avec le ministère de l’Éducation, avec la facture mensuelle plus élevée à 2,5 millions de Reals et une preuve qu’une partie de la valeur renvoyée sous forme de pots de vin, à ceux qui sont impliqués. ont également été identifiés les lacunes des ressources dans la Cour des Comptes Amapá, l’Assemblée législative sur la préfecture Macapa, l’État ministères de la Justice et de la Sécurité publique, la santé, l’inclusion et la mobilisation sociale, des sports et des loisirs et l’Institut de l’administration pénitentiaire ».  On calculera que Coelho avait détourné pas moins de 7 578 936 de reals, alors qu’au début de l’enquête on avait tablé sur la moitié seulement.  Ce qui ne l’a pas pas empêché de sortir de prison dès le 20 septembre 2010… A noter qu’en 2014 un spotter avait saisi l’image d’un PT-KBR (ici à gauche)… mais sans en indiquer la date précise de prise de vue, car l’avion était aligné avec au fond de l’image un 737 de chez VASP, mais dans une très ancienne livrée et non celle de l’arrêt de la compagnie.  Ce pourrait être la livrée antérieure, donc, de notre fameux Cessna Citation.  Le PT-KBR avait été enregistré au Brésil le 2 avril 2008.  Il n’est pas près de revoler.  On semble l’avoir bougé de place, poussé au milieu du Piper Seneca PR-TJM, et des Navajo PT-ESG et PT-RFT et du Cheyenne (bâché) PR-GPX qui semblent encore eux tous en activité.

Autre cas notoire… avec un proche de Dilma Rousseff

Un autre cas pendable d’abus est celui du gouverneur de Minas, Fernando Pimentel (PT), qui malgré avoir fait acheter deux avions au gouvernement du Minas Gerais, avait néanmoins eu recours aux services d’un taxi aérien pour des vols officiels, sans en détailler les coûts.  En l’occurrence le Learjet 35 A, immatriculé PT-LGW, provenant d’un hangar de  l’aéroport de Leo Horizonte Pampulha.  Le  N°35A-598 enregistré au Brésil le 25 janvier 2008.  Un avion resté depuis en maintenance durant des mois et dont l’inscription auprès de l’Anac st devenue obsolète selon la presse. Or en même temps, les revenus des pilotes des deux avions officiels de l’Etat avaient été divisés par trois !!!   En octobre 2011, quand il était devenu ministre du Développement, Fernando Pimentel (PT) était allé à Rome dans le Lear Jet de l’homme d’affaires Joao Doria Junior, affilé au PSDB, mais aussi le présentateur de « O Aprendiz »,  la version brésilienne du show télévisé de Donald Trump !!!  Un industriel affichant des revenus de 56 millions de dollars annuels en 2016 !!!  Pimentel posera un autre problème en 2015, puisqu’il voyagera dans l’avion d’un autre homme d’affaires sulfureux, Benedito Rodrigues de Oliveira Neto, dit « Le Bené » en compagnie d’un membre du Congrès Gabriel Guimarães (PT-MG) et de son père, l’ancien représentant du PT Virgílio Guimarães.  Un voyage qui avait eu lieu le 6 octobre 2014, au lendemain de l’élection de Pimentel au gouvernement de Minas et de l’élection de Gabriel à la Chambre des représentants.  Les deux (ici à droite descendant de l’avion) ayant voyagé dans le bimoteur Beechraft qui sera saisi par la police fédérale à Brasilia en train de transporter de Belo Horizonte 113 000 dollars en billets, le début de la découverte de leurs malversations en fait.  Le propriétaire, « Bené » était en effet depuis longtemps soupçonné  de dissimuler au fisc local la possession de son avion privé depuis son achat aux États-Unis en 2012, selon la Police.  « Les agents de la PF ont  également fait une descente dans l’appartement de la femme de Pimentel, Caroline Pimentel, situé dans l’aile sud, à Brasilia, sur la base de soupçons que sa compagnie, Oli Communication, était une société « fantôme » (…) D’autres cibles étaient deux bâtiments à Belo Horizonte, celui de l’ancien député Virgílio Guimarães (PT-MG), allié à Pimentel. L’avocat de Carolina, Pierpaolo Bottini, a informé Political Broadcast que les documents prouvant l’innocence de l’épouse de Pimentel seraient remis au juge d’instruction lundi après-midi ».  Lors des visites policières chez les alliés de Pimentel avaient été trouvées des voitures de luxe : Range Rover, Jeep, Audi et Porsche. Un parc automobile propre aux dealers ou aux corrompus, on va finir par le croire.  Et la presse de rappeler que « Bené, un homme d’affaires de Brasília ayant des entreprises dans le gouvernement fédéral, s’est fait connaître lors de la campagne électorale de 2010 pour les dépenses de dépenses du comité électoral de la candidate d’alors, Dilma Rousseff. »  On retombait alors au plus haut sommet de l’Etat !

Tout un système de corruption découvert au plus haut niveau

Le petit Beechcraft était le sommet d’un iceberg de corruption à grande échelle en fait, touchant à la fois Lula et Rousseff. « L’ascension fulgurante des entreprises liées à Bené – dans les deux mandats de l’ancien président Lula, les entreprises Gráfica Brasil et Dialog Eventos ont obtenu 214 millions de reais – a attiré l’attention des chercheurs. Dans l’opération de police lancée aujourd’hui, au moins 30 entreprises sont soupçonnées d’utiliser largement des prête-noms et s’appuient sur la confusion patrimoniale pour éviter d’être prises. En 2005, la même société qui avait des revenus d’environ 400 000 reals déplaçait jusqu’à 500 millions de reals par an. « Ce groupe utilise la confusion patrimoniale, de l’interposition de personnes pour obtenir le gain des marchés publics. Il y a confusion des actifs et des entreprises. Il y a des endroits où, au même endroit et le bureau, le travail de cinq, six entreprises, tous font obstacle à la responsabilité et l’identification du véritable propriétaire de ces entreprises « , a dit le délégué responsable de l’enquête sur le cas.  Aujourd’hui, la Cour fédérale a déclaré l’enlèvement du bimoteur turbopropulseur, évalué à 2 millions de reals. L’immatriculation  de l’avion PR-PEG, est formé par les initiales des parents du principal enquêté, d’où le nom de l’opération. Le King Air de huit sièges fabriqués par Beech Aircraft est enregistré au nom de Bridge Participações SA, une société holding dont le siège est à Brasilia et le capital déclaré de 2.000 reais. Mais selon PF, elle appartient à l’entrepreneur Bené qui détient Graphic Brésil Publisher and Marketing, le fournisseur de campagne Pimentel et a déjà eu des contrats avec divers organisme du gouvernement fédéral. En 2010, il avait été impliqué dans un scandale de produire des dossiers contre le candidat à la présidence José Serra (PSDB), un adversaire vaincu par le président Dilma Rousseff ».  On touchait là aux portes du pouvoir même : « la campagne de Pimentel a payé 440 000 reais à une entreprise qui fait l’objet d’une enquête dans l’opération Lava Jato, soupçonnée de verser des pots-de-vin à André Vargas (sans parti PR). La charte MPV7 a été étudiée par le groupe de travail sur le plan de corruption de Petrobras pour avoir effectué plusieurs dépôts sur le compte d’une société fantôme maintenue par Vargas entre 2011 et 2014.  En mai 2017, dans une affaire primée liée à l’Opération Lava Jato, Joesley Batista, président de JBS, a annoncé avoir donné 30 millions de reals pour la campagne 2014 de Fernando Pimentel par ordre de Dilma Rousseff, alors présidente » . L’avion PR-PEG datant de 1991 était bien le modèle LJ-1287 acheté à MJ Aviation Inc et devenu brésilien chez Lumine Editoria Ltda en 2012 après avoir été le N341R, le N881JT, et avoir débuté comme LV-WLV.  Depuis, il est devenu le PR-OSO…  Saisi, il œuvre en effet pour la Police Militaire du Minas Geiras (ici à droite) !

 

 

(1) vérifiable ici avec un modèle 501 se posant sur une piste étonnante, celle du Mountain Air Country Club à Asheville, en Caroline du Nord.

le décollage est tout aussi prenant:

vu du sol (la piste fait 2 200 pieds = 670 mètres seulement.

(2) fort bien résumée ici par The Gardian le 1er juin 2017 : « Lancée en mars 2014, l’opération s’est d’abord concentrée sur des agents connus sous le nom de vendeurs d’argent au marché noir, qui utilisaient de petites entreprises, telles que des stations-service et des lave-autos, pour blanchir les profits du crime. Mais la police s’est vite rendue compte qu’elle était sur la bonne voie quand elle a découvert que les « doleiros » travaillaient pour le compte d’un dirigeant de Petrobras, Paulo Roberto Costa, directeur du raffinage et de l’approvisionnement. Ce lien a conduit les procureurs à découvrir un vaste réseau de corruption extraordinairement complexe. Lors d’un interrogatoire,  Costa a décrit comment lui, Cerveró et d’autres dirigeants de Petrobras avaient délibérément surpayé des contrats avec diverses entreprises pour la construction de bureaux, d’appareils de forage, de raffineries et de navires d’exploration. Les entrepreneurs ont conclu un accord pour s’assurer que les affaires soient garanties à des conditions excessivement lucratives s’ils acceptent de canaliser une part de 1% à 5% de chaque transaction dans des fonds occultes secrets.

Après avoir détourné des millions de dollars dans ces fonds, les directeurs de Petrobras les ont ensuite utilisés pour canaliser l’argent vers les politiciens qui les avaient nommés en premier lieu, et vers les partis politiques qu’ils représentaient. L’objectif principal du racket – qui a escroqué les contribuables et les actionnaires sur des milliards de dollars – était de financer des campagnes électorales pour maintenir la coalition au pouvoir. Mais ce ne sont pas seulement les politiciens qui en ont bénéficié. Tous ceux qui sont liés aux transactions ont reçu un pot-de-vin, en espèces, parfois sous la forme de voitures de luxe, d’œuvres d’art coûteuses, de montres Rolex, de bouteilles de vin, de yachts et d’hélicoptères. D’énormes sommes ont été déposées sur des comptes bancaires suisses ou blanchies par le biais de transactions immobilières à l’étranger ou de petites entreprises. Les moyens de transfert ont été délibérément compliqués, afin de cacher les origines de l’argent, ou low-tech, pour le garder hors des livres de comptes. Les procureurs ont découvert que des mules âgées volaient de ville en ville avec des briques d’argent sous film rétractable attachées à leurs corps.

Petrobras n’était pas une entreprise ordinaire. En plus d’avoir la plus grande valeur marchande (et les dettes les plus importantes) de toute société en Amérique latine, c’était un fleuron pour une économie émergente qui essayait d’exploiter la plus grande découverte pétrolière du XXIe siècle – d’énormes champs pétroliers en eaux profondes au large de Rio de Janeiro. Petrobras a représenté plus d’un huitième de tous les investissements au Brésil, fournissant des centaines de milliers d’emplois dans les entreprises de construction, les chantiers navals et les raffineries, et nouant des liens commerciaux avec des fabricants internationaux tels que Rolls-Royce et Samsung Heavy Industries.

Petrobras était également au centre de la politique brésilienne. Au cours de la présidence 2003-2010 du dirigeant du Parti des Travailleurs, Luiz Inacio Lula da Silva (connu sous le nom de Lula), des postes exécutifs à Petrobras ont été offerts aux alliés politiques de Lula, pour aider à renforcer le soutien au Congrès. L’importance commerciale et stratégique de Petrobras était telle que la National Security Agency américaine en faisait une cible de surveillance. Comme l’enquête de « lavage de voitures » (Lava Jato) devait le prouver, si vous pouviez percer les secrets de cette entreprise, vous perceriez les secrets de l’Etat. »

Un résumé est disponible aussi sur Wikipedia à l’adresse suivante :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Opération_Lava_Jato

(3) son nom apparaît dans les Panama Papers… en cheville avec Fernando Collor !!! Comme l’explique ici Estadao dans son édition du 1 février 2018 : « un tribunal en Suisse a décidé, indéfiniment, le gel des comptes secrets du propriétaire de l’usine et ancien député fédéral João Lyra (TBP-AL) sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent. L’affaire est liée à une enquête qui, au Brésil, a également ciblé le sénateur Fernando Collor (PTC-AL). Selon les autorités suisses, une filiale du groupe Lyra aurait conclu « des contrats pour la vente d’une quantité importante d’éthanol, au milieu de pourboires ». Ces contrats, selon les enquêtes, « auraient été utilisés par le même groupe comme garantie pour obtenir des prêts auprès de diverses institutions financières privées et publiques et des pots-de-vin auraient également été payés dans ce contexte ». Selon les documents des Panama Papers, l’ancien député était un représentant de Refill Trading Corp., dont le siège est à Panama et avec des comptes à la banque suisse Pictet. La Suisse a entamé son enquête contre Lyra en novembre 2015, et à l’époque, le Parquet européen « a saisi le compte bancaire » maintenu par le Brésilien. Au Brésil, l’affaire implique également Collor. Selon une enquête de la police fédérale d’avril l’année dernière, le sénateur a promu une «intervention directe» dans BR Distribuidora pour embaucher l’usine de Lyra ».. L’ex vraiment déchu pour malversations ne se refera jamais, à ce compte-là…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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