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Coke en stock (CCXXIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (52)

Retour à la saga originelle (on reprendra la mini-série sur le Honduras la semaine prochaine, si vous le voulez bien). On finit par tomber dans cette saga sur l’homme à la tête de chou, ou sur une sorte de monstre de Frankenstein : un des chefs de cartels qui s’est tellement fait refaire la tronche qu’il est devenu effrayant. Il s’appelle Juan Carlos Ramirez Abadia, alias « Chupeta », et c’est alors lui le grand organisateur du trafic au Brésil, dont on va retrouver la trace ici en dépouillant les minutes des procès de ses comparses.  L’homme était un obsédé… des «  calétas »:  de grosses sommes d’argent qu’ils dissimulait dans ses propriétés (1).  Avec lui, on va y découvrir toute une méthodologie qui force les policiers à prendre des risques pour les attraper.  Cette fois on va éviter de peu une rencontre face à face entre un de leurs appareils et un de ceux des trafiquants  !!!

Au début, dans les années 80-90, la drogue provenait de Colombie. Dans l’épisode précédent, je vous avais en rappelé un de ces fameux fournisseurs colombiens:  avec son hélicoptère, Bell Ranger 206B, du trafiquant colombien Juan Carlos Ramirez Abadia, immatriculé PT-HBM.  Le Bell N° 4175 enregistré au Brésil le 13 novembre 2001, l’ex N3100W américain.  Un hélico vous avais-je dit, qui avait été vendu en 1994 par Luziair Inc, d’Orlando en Floride, une coquille vide derrière laquelle certains voient toujours l’œuvre de la CIA, ce qui est fort probable en effet.  Mais avant de se faire véhiculer ainsi sa coke, notre colombien roi de la chirurgie plastique (il en avait sérieusement abusé au point d’être devenu aujourd’hui monstrueux  !), avait utilisé des moyens plus conventionnels, comme je vous propose de le voir maintenant.  Pour cela il faut aller fouiller ailleurs.  Les registres judiciaires brésiliens sont aussi des mines de renseignements pour ceux qui aiment les dépouiller : c’est souvent fastidieux, plein de tournures juridiques absconses comme en France, mais ça vaut le coup, parfois, comme je vais le montrer aujourd’hui. On remonte en 2005, date à laquelle la police Mato Grosso do Sul surveille depuis près de six mois déjà  le passage d’avions qui se jouent des frontières, passant leur humeur du jour du Paragay au Brésil ou à travers l’Uruguay. Dans le secteur, un trafiquant très actif du nom de « Nando » a été repéré et ciblé », qui serait en liaison avec ces passages d’avions qui « bombardent » certains endroits de lourds ballots de cocaïne.  Le 16 avril, sur renseignements, ils décident d’une opération et d’envoyer des soldats au sol en reconnaissance dans un endroit surveillé depuis plusieurs semaines.  En voici le récit (édifiant) apporté au juge chargé de l’affaire, aidé par un avion d’observation de type Ximango (ici le Super Ximango de  la police militaire de l’Etat du Parana) qui va rester en liaison radio avec eux.  L’engin n’a que deux places, c’est un modèle Fournier construit par le groupe brésilien Aeromot qui avait racheté les droits et l’outillage de production du RF-10 en 1985. Léger (il ne fait que 560 kg à vide, il peut rester en l’air plusieurs heures, grâce aux bonnes idées de Fournier sur les planeurs motorisés), et sert donc efficacement d’avion d’observation à l’armée brésilienne…

 

Le début de la traque 

« Le CSA Dornelles, , chef du Centre d’analyse des DRCORSR / DPF / RS, a fait décoller à 8: 30h du hangar de la Brigade militaire dans cette capitale, l’ équipage d’un avion Ximango. Le samedi 16 avril 2005, les deux premières équipes se sont déplacées au milieu de la nuit et sont arrivées dans cette ville vers 9h00, demandant le support de deux autres véhicules. Avec les nouvelles nouvelles en provenance du Mato Grosso que le voyage ne serait pas faisable  comme prévu, l’agent de police fédérale Dornelles a reporté le départ de Ximango, laissant aux équipes au sol en recherchant d’autres données sur la performance de la cible « Nando ». Selon ce qu’il a compris à ce moment-là,  le contact du groupe se ferait à Livramento (c’est à Santana do Livramento , ville brésilienne du Sud-Ouest de l’État du Rio Grande do Sul, située à 487 km à l’ouest de Porto Alegre, la capitale de l’État, c’est juste à la frontière avec L’Uruguay, la ville urugayenne en face étant Rivera). Après avoir effectué la surveillance et le suivi à l’adresse indiquée pou Nando, la police a conclu qu’il avait probablement déménagé dans la région où les lancers (de drogue) auraient lieu et, par conséquent, toute activité susceptible d’attirer l’attention de l’organisation. Malgré tout, il était possible d’effectuer des suivis, en identifiant l’endroit où pourrait éventuellement vivre «Nando». Le dimanche 17 avril 2005, les équipes de police ont commencé à identifier les zones d’atterrissage possibles pour un tel avion, et l’aéroclub de la ville a été visité, d’où l’on pouvait avoir une bonne vue de la ville. C’est dans ce même club aérien que le Ximango, ayant déjà déménagé dans une zone suspecte, a contacté les équipes au sol pour localiser les zones d’atterrissage possibles le long de la région frontalière. En raison de l’approche d’un avion près de l’heure prévue, une des équipes de terrain s’est rendue à l’endroit connu sous le nom de Fazenda Paz, une propriété basée sur la frontière entre les deux pays.  Cependant, cette activité suspecte s’est transformée en frustration, car il s’agissait d’un avion agricole, sans la capacité minimale pour effectuer le transport mentionné. À ce moment-là le Ximango a donc atterri à l’aéroclub (ici en vidéo un atterrissage en 2009 d’un Cessna 175  à cet endroit) afin de pouvoir économiser du carburant, selon les informations de l’équipe de base de Porto Alegre, l’heure probable d’arrivée de l’avion était de 15h30. Les équipes terrestres occupaient alors les zones les plus élevées de la région, pour mieux observer l’ensemble du contexte. L’avion Ximango a redécollé pour suivre la situation. » A droite une visite de l’armée d’un des hangars du club.  La région demeure active pour la contrebande : le 12 avril 2013, on y trouvait encore un véhicule plein de cigarettes comme le montre ce reportage ici, poursuivi par un hélicoptère Bell Ranger de la police..

L’accident

La capture des trafiquants ne va pas être chose aisée.  Ils n’avaient visiblement aucune envie de se faire arrêter. « Vers 15 h 30, l’une des équipes a repéré un avion avec les caractéristiques transmises à l’approche de la région de Fazenda Paz depuis l’Uruguay. Fazenda Paz, bien que situé dans une zone près de la ville de Livramento, était difficile à atteindre. Sur la piste, après l’atterrissage, un des membres d’équipage de l’avion avait pu repérer un Piper Aztc, rouge et blanc, immmatriculé PT-KNC, un contact transmis par l’équipage Ximango, à ceux qui était déjà au sol. Après l’atterrissage, effectué derrière le hangar de la propriété, une équipe de police fédérale est arrivée pour essayer d’approcher l’avion, qui était déjà en train de rouler en de la piste, après  avoir effectué un pivotement démontrant rapidement qu’il allait décoller. À ce moment-là, la police était déjà sur la piste et a demandé à l’équipage d’arrêter. Le Ximango a essayé d’atterrir dans la direction opposée pour éviter le décollage des suspects (…). Les  trafiquants ont alors accéléré les moteurs du Piper Aztec  et ont commencé à tirer sur ceux qui étaient sur la piste, mettant également danger le Ximango, qui a dû se dépêcher de tenter d’éviter une collision imminente (…)  Des coups de feu ont été tirés avec des armes à feu, qui ont d’abord percuté le radar de l’avion, endommageant le moteur gauche du Piper. Puis d’autres coups de feu ont frappé le pilote nommé Alcides, qui avait réussi à quitter le sol avec l’avion, mais après il a perdu le contrôle et a percuté des arbres dans un bosquet situé à la fin de la piste ». Le pilote s’appelle en fait Alcides Correa da Costa, il est âgé de 66 ans et  son co-pilote, Lauter Veroni Rojenski, 55 ans.

Un blessé grave et un mort

« La police s’est ensuite précipitée sur le lieu de l’accident, en faisant preuve de prudence, car il y avait un risque d’explosion. A quelques mètres de l’avion, elle a vu le premier accusé, qui a dit qu’il avait eu les jambes cassées dans l’accident et est incapable de marcher, la police le plus proche pouvant vérifier qu’il était devenu en réalité paraplégique. En continuant l’approche elle a constaté qu’il y avait un autre membre de l’équipage, qui était le pilote, la police a essayé d’ouvrir les portes sans succès, avec la rupture de la porte du côté droit, la police a pu voir que le suspect était blessé, le retirait de d’aéronef pour lui donner  les premiers soins, et en déclenchant immédiatement une demande d »ambulance, par radio, qui a pris une heure pour atteindre l’endroit, cqui est difficile d’accès. A l’arrivée, il a été vérifié la mort du pilote. À la fin de la journée, les renforts, les équipes de compétences et le chenil ont été rapidement contactés. En début de soirée, la police uruguayenne a contacté la police fédérale Santana do Livramento, indiquant qu’un témoin avait vu un avion volant à basse altitude libérer un volume sur le territoire de l’Est, les rapports ont souligné que c’était l’avion Piper. Le premier accusé a été interrogé et identifié criminellement (…).

La pratique de l’appareil :  le « bombardement »

Pour déposer la marijuana par lots, le vieux pilote ne s’embarrassait pas à atterrir : il l’a jetait par dessus bord ! « Le 18 avril 2005, à l’aube, les équipes compétentes sont arrivées, qui ont commencé à œuvrer dans les premières heures du matin, apportant des feux de signalisation, mesurant la piste et étudiant l’avion. Les données sur la zone d’impact ont été vérifiées, également ont été trouvés des restes de cocaïne, confirmant, en théorie, toutes les informations obtenues jusqu’à ce moment-là. L’équipe d’experts avait des chiens qui travaillaient à l’intérieur de l’avion et a souligné au guide EPF Castilho l’existence d’odeurs narcotiques de substance à l’intérieur. Le même jour, dans les contacts avec les autorités uruguayennes, il a été constaté qui avait été saisi environ 120 (cent vingt) kilogrammes de marijuana dans les endroits indiqués dans les coordonnées écrites dans le premier ordre du jour dénoncé. Dans l’après-midi, une équipe de police fédérale est allée au bureau de la Brigade nationale de lutte contre les stupéfiants dans Rivera / ROU, où ils ont pu voir et photographier la cargaison saisie a été demandé la fourniture de documents pour assurer les contacts avec les témoins qui aveint vu l’avion Piper « bombarder » ce qui a été possible de vérifier car la police uruguayenne avait mené une session de reconnaissance à travers la photographie, des témoins ont affirmé avoir identifié le deuxième accusé, un résident de cette ville, comme l’un des membres du groupe, sur l’écran, responsable des négociations pour l’atterrissage et le ravitaillement de l’avion, toujours sur le sol uruguayen. En conséquence, la demande de détention préventive du deuxième accusé a été présentée à la cour, qui a été accueillie, mais jugée fugitive. Dans l’analyse du corps du pilote à l’aéroport. 178/181, les médecins légistes ont conclu que le décès était dû à des hémorragies internes et externes causées par des armes à feu. Afin de clarifier les circonstances, sur place, des avions et des armements ont été demandés (…)  

C’est le trajet effectué par l’avion qui est plein d’enseignements

Ce qu’on va découvrir ce jour là est primodial : c’est le trajet effectué par l’avion. « Le rapport de l’expertise réalisée dans le dispositif GPS se trouve à fls. 208/218. Avec les données extraites des appareils, il a été démontré, en théorie, la route utilisée par le groupe pour les prises de drogue sur le sol uruguayen. Ainsi, comme certaines coordonnées indiquent éventuellement les points de départ de l’avion, toujours en territoire brésilien, avec des sites de chargement probables au Paraguay, traçant la route à travers l’Argentine jusqu’à l’endroit pour le ravitaillement et la fin de l’opération a atteindre. Notez que le rapport informe également les derniers points créés dans le GPS de l’avion. Le point identifié comme la municipalité de Coronel Sapucaia dans le Mato Grosso, qui correspond aux coordonnées manuscrites dans le carton jaune du premier signalé, un autre point en Uruguay, SSDM, et un point au Brésil, entre cette ville et Rosario du Sud chronologiquement dans cet ordre. Les deux derniers points ont été créés environ une demi-heure avant l’approche. La confirmation du rapport préliminaire quant au fond se trouve à l’adresse suivante: 219/222. La deuxième, non encore localisée, a participé activement à la pratique du délit. Il a été reconnu par les photographies présentées aux personnes interrogées en Uruguay / ROU, sur qui fournissait le terrain d’atterrissage et le carburant pour l’avion, tout indiquant qu’il serait responsable de la distribution de la drogue dans la région. Marcelo Riet, basé sur l’art. 80 du RPC, pour la commodité de l’enquête criminelle… »

Quel narco derrière « Nando » ?

L’avion était enregistré à Uberaba, dans le Triangle Minas, près de Ponta Pora dans le Mato Grosso do Sul. Le pilote et le co-pilote avaient déjà été impliqués auparavant dans de la contrebande, mais la PF  du moment ne précisent pas si ils avaient fait partie ou non de la bande de médicament du narco appelé Erineu Domingos Soligo, (l’homme aux mille identités; lui aussi)  qui possédait effectivement  des fermes en bordure du Mato Grosso avec le Paraguay et aurait été responsable du vol.  A l’autre bout, à Tacuarembó, Uruguay, on trouvera un chargement de marijuana mais aussi de cocaïne raconte la presse.. : « La police uruguayenne a retrouvé une partie des 500 kilogrammes de marijuana et 30 kilos de cocaïne jetés d’un avion en territoire uruguayen, à 130 kilomètres de Santana do Livramento (RS). La drogue est sortie de Ponta Pora (MS) à bord de du  bimoteur Piper Aztec, préfixe PT-KNC, piloté par Alcides Cunha Costa, 65 ans, qui est mort en approche, à 14h30 le dimanche. Le co-pilote, Lauter Rojensk Veroni, 50 ans, a été blessé. Moins de 24 heures après que la drogue ait été lancé dans la ville uruguayenne de Minas de Corrales, la police a trouvé environ 120 kilogrammes de de marchandise dans différents endroits, en milieu rural.  La drogue doit être apportée à Rivera aujourd’hui, en Uruguay, où le délégué du PF, Ildo Gasparetto, l’inspectera. Hier, une équipe de PF de Porto Alegre a fait l’expertise sur l’avion, de 7h à 14h. Un chien Labrador a aidé dans les recherches. Les experts ont trouvé un revolver de calibre 38 avec des numéros effacés, un agenda, un GPS et des billets d’avion qui prouveraient le passage à travers la Colombie et le Paraguay. Selon le délégué, le PF demandera au juge la confiscation de l’avion. Le PF n’a pas signalé le calibre de l’arme qui a tué Costa, qui a été frappé par deux coups, tirés ar la police fédérale, mais il est mort sur place. Les parents du pilote ont organisé hier le transfert du corps à Patos de Minas (MG). Rojensk a été emmené au poste de police de PF dimanche, mais a déclaré qu’il ne témoignerait qu’au tribunal. Résident de Dourados (MS), le copilote a été emmené à la prison de Livramento et doit répondre pour le trafic international – sous réserve d’une peine de trois à quinze ans de prison. Selon Gasparetto, le gang avait été surveillé pendant plus de six mois. La drogue provenait du Paraguay et serait revendue dans la région de Fronteira et dans les régions du centre et de la région métropolitaine. La police enquête sur la participation présumée des habitants de Livramento au projet. Cette semaine, vous aurez les témoignages di locataire de la ferme où l’avion a atterri pour faire le plein. Avec des informations du journal Zero Hora ».

A la recherche de « Nando »

On finit par trouver quel était le maître-d’œuvre de ce voyage qui s’est fort mal terminé : le pilote décédé était une vieille connaissance d’un des plus gros trafiquants du moment, qui aurait donc été le fameux « Nando »…  Le trafiquant de drogue colombien Juan Carlos Ramírez Abadía a transporté de la marijuana, de la cocaïne et de l’argent à travers l’espace aérien brésilien. L’un d’entre eux a été abattu par des agents de la police fédérale en 2005. Les tirs ont tué le pilote Alcides Correa da Costa, la première victime de la loi «  abate » (c’est un peu faux, l’avion a été détruit alors que son pilote recevait une balle).  « L’avion, un Piper Aztec, était immatriculé au nom du pilote. Costa a été l’un des premiers contacts d’Abadia au Brésil. En 2003, le colombien a fui son pays dans un avion et a atterri à Ceará. Ali était attendu par Costa et le pilote André Telles Barcellos, arrêté mardi pour ses liens avec Abadia. Barcellos et Costa avaient piloté l’avion qui avait amené le Colombien de Fortaleza (CE) à Barretos (SP). Dali Abadía s’était rendu à Curitiba (PR), où il a vécu jusqu’à son transfert à Porto Alegre (RS). Il y a huit mois, il vivait encore dans le Grand São Paulo. C’est à Paraná que le PF a détecté Abadia pour la première fois. Un avion s’est écrasé sur l’aéroport Bacacheri de Curitiba en 2004 sans que personne ne soit blessé. L’affaire passerait inaperçue si une grosse somme d’argent n’avait pas été trouvée à l’intérieur du bimoteur. Cela a conduit les hommes dirigés par les délégués Fernando Franceschini et Jaber Saadi à enquêter davantage». Puis est apparu le Piper lesté de marijuana décrit ici ; « Après cet épisode, le PF a repéré trois autres avions utilisés par le cartel au Brésil. L’un d’entre eux a fait l’objet d’une maintenance à São Paulo – le groupe a envisagé de créer une compagnie de taxis aériens en tant que façade d’entreprise. Les documents détenus par l’avocat républicain Karen Kahn montrent que, bien qu’aucune livre de drogue n’ait été saisie au Brésil, le groupe lavait l’argent de la traite dans le pays ». Les policiers suivaient en fait la trace des pilotes. La mort de lcides Correa da Costa, une fois connue, c’était André Telles Barcellos qui allait leur  donner la clé du réseau d’Abadia… Abadia avait comme partenaire de business un certain Juan Carlos Ortiz Escobar (alias Cuchilla), le neveu, en effet, de l’ancien leader de Medellín… tué en 2002 sur ordre de son rival Wilber Varela alias. Jabón.

Pas que pilote…

Car le second cité était plus qu’un pilote :  c’était aussi le partenaire financier d’Abadia, investi dans des entreprises de blanchiment bien masquées, telle la.. pisciculture  : « un autre membre de Piscicultura São Francisco, le pilote André Luiz Telles Barcellos, était le partenaire le plus fréquent d’Abadia. Il apparaît comme un partenaire dans quatre des 16 entreprises accusées de blanchiment – toutes ont vu leur compte bancaire bloqué par décision de la Cour fédérale de São Paulo. En plus de la pisciculture, André est associé chez Barcelos et Mostardeiro Comércio e Importa, Compujet Informática et Mostardeiro & Barcellos Indústria e Comércio de Café, Cereais e Bebidas. La PF a arrêté André, son épouse (Elaine Mostardeiro Barcellos) et son fils (André Mostardeiro Barcellos).  Ce n’est pas la première fois que le pilote apparaît dans une enquête sur le trafic de drogue. En novembre 2005, la PF a arrêté Milsivan Chavier dos Santos, connu sous le nom de Parceirinho, sut une piste clandestine à Santana do Araguaia (PA) avec 57 kilos de cocaïne. Selon la PF, c’est André qui avait fourni les coordonnées de la piste. À l’époque, il n’avait pas été formellement dénoncé ».  L’idée de créer une entreprise de taxi aérien sera à ce moment-là confirmée : « selon l’homme d’affaires Valter de Paula, 50 ans, propriétaire de Planavel VP Pecas E Manutencao de Aeronaves LTDA (c’est un hangar de Sao Paolo del Marte, ici en 2005 sur Google Earth, on y distingue plusieurs bimoteurs), André l’avait démarché » au premier semestre 2006 pour acheter un hangar dans le Campo de Marte afin de créer une compagnie de taxi aérien. Le pilote possédait un bimoteur… »

Retour à la politique

Avec Milsivan, on était retombé en fait en politique, dès le 3 décembre 2005 :  « la police fédérale a saisi une demi-tonne de cocaïne; arrêté à Castanhal, Pará, le candidat défait à la mairie de Tupiratins en Tocantins, Misilvan Chavier dos Santos (PSDB-TO), pour trafic de drogue international. Devant le superintendant de la Police fédérale à Bethléem, Misilvan, qui a également été candidat représentant de l’Etat, a admis qu’il avait  une demi-tonne de cocaïne en provenance de Colombie et devait la livrer à São Paulo. « Je l’ai fait pour la première fois il y a trois ans et j’ai décidé de le faire à nouveau en raison des besoins, mais cela n’a pas fonctionné », a déclaré l’accusé aux journalistes à Belém samedi. La cargaison était située sur une piste d’atterrissage clandestine dans le sud du Pará, à 108 kilomètres de la municipalité de Santana do Araguaia. La drogue a été prise samedi après-midi à Palmas, capitale de Tocantins. « Il y a ces pistes d’atterrissage dans le sud du Pará où il n’y a aucun contrôle et les pistes sont susceptibles d’être utilisées par tout le monde », a déclaré le directeur général de la police fédérale dans le Pará, José Ferreira Salles. La drogue a été trouvée au milieu de la forêt amazonienne près de la rivière Xingu. Sur les lieux, la police a arrêté Elias Lopes Pimentel et Leociídio Lima da Cruz, en flagrant délit, accusés de stocker de la cocaïne. Misilvan Chavier dos Santos était suivi depuis trois ans et a réussi à échapper à la police quand un avion piloté par lui a été saisi à une piste d’atterrissage dans la municipalité de Tupiratins, dans le Tocantins intérieur, lundi dernier. Après avoir déposé la drogue à Pará, l’avion de Misilvan a été poursuivi par un avion toucan de l’armée de l’air brésilienne. Après avoir atterri à Tocantins, le politicien a réussi à s’échapper sur une moto. D’après l’enquête, il recevrait quatre cent mille reais pour le transport de l’argent de la drogue, selon la police fédérale, qui serait utilisé dans la campagne électorale pour Misilvan représentant de l’Etat lors des prochaines élections. L’accusé a nié l’information »…

Les machines à laver

Mais d’autres entreprises servaient à laver l’argent sale : « la plus grande des entreprises accusées par PF de blanchir de l’argent pour le trafiquant est Jet Pilot du Brésil, un détaillant de jet-skis et de quadricycles situé sur l’avenue Bandeirantes au sud de São Paulo. Son capital déclaré est de 500 000 reals  La deuxième société dans le classement de ceux avec le capital le plus élevé (300 000 reals), Empreendimentos Espanobrasileiros, est à Curitiba. Elle est dédié à une branche soupçonnée d’être utilisée pour le blanchiment: elle fournit des services consultatifs internationaux pour les investissements et les intermédiaires pour l’importation et l’exportation. Un seul des hommes d’affaires arrêtés avec Abadía avait un passé lié au trafic de drogue. Julio Cesar de Oliveira est la cible d’une enquête à Goiás, ouverte en 2005, dans laquelle il est accusé d’avoir transporté 450 kg de cocaïne. Julio apparaît comme un partenaire dans la société Piscicultura San Francisco de Assis, qui apparaît dans le cadre du régime de lavage du trafiquant ».

Uruguay – Brésil – Paraguay : déjà en 2000, Horacio Cartes sur la sellette 

L’axe Uruguay – Brésil – Paraguay existait bel et bien.  Et « Chupeta », n’était pas le seul à le fournir et l’alimenter : un certain Fernando Da Costa, alias « Fernandinho Beira Mar » s’en occupait aussi. Et on a mis le temps pour le découvrir, mais en juillet 2018 (été chaud, je vous dit !), une enquête menée par la police sur l’industriel Messer au sein du grand coup de balai brésilien du Lava Jato révèle que ce même Messer avait 429 clients au sein de sa banque Evergreen (EVG) qu’il contrôlait donc, et située discrètement à Antigua-et-Barbuda, « comprenait à la mi-2013, 119 délocalisations et 145 comptes. de personnes physiques. Des entrepreneurs, des doleiros, des sportifs, des noms liés aux politiciens, des fonctionnaires et des personnages de cas récents de corruption »  Le nom de l’un d’entre eux, enfin révélé,  surtout, produit l’effet d’une bombe, puisqu’il s’agît d’Horacio Cortes en personne  (déjà bien cerné par Wikileaks en 2017 qui avait déjà dénoncé l’arrivage de l’avion) !!! L’ex président du Paraguay, remplacé on l’a vu par Mario Abdo Benitez, !!!  Les deux hommes possédaient un ranch ensemble, dont le nom avait été cité en 2000… dans une affaire de coke !!!  « En plus d’être frères de l’âme, Horacio Cartes et Darío Messer sont partenaires dans une entreprise. Dans sa déclaration sous serment devant la Banque nationale de développement (BNF), Messer a inclus des actions dans Inversiones Tournon SA Panama; cette société à responsabilité limitée dans sa version paraguayenne est habilitée par le président actuel de la banque appartenant au président de la République. La société a été répertoriée en tant que propriétaire d’estancias, l’une d’elles à Capitán Bado, où une cargaison (de drogue) a été détruite en 2000. » Ce sotn en effet de vieilles coupures de journaux qui peuvent ressortir et ABC Color ne s’en prive pas, nous offrant une photo de l’avion venue apporter la drogue il y a 18 ans  !!!  « Tournon SA est l’une des sociétés offshore établies au Panama par Darío Messer. Selon des informations fournies par des chercheurs brésiliens, la compagnie incluait également, pour le compte de la société, un ranch nommé El Toro, appartenant à Messer de 1990 à 2011, date de son installation au Paraguay. Au nom de Tournon SA, il possédait  aussi le ranch Nueva Esperanza, situé dans le quartier Cerro Kuatia de Capitán Bado. En mars 2000, un avion avec une plaque d’immatriculation brésilienne (PT-EUA ci-dessus en photo à gauche) avec une charge de 20 kilos de cocaïne est tombé dans ce ranch, au nom de Tournon SA; Les enquêteurs ont alors déclaré que le chargement faisait probablement partie d’une réserve plus importante qui aurait été envoyée au puissant seigneur de la drogue brésilien Fernando Da Costa, alias « Fernandinho Beira Mar ». À cette époque, il était spéculé que le trafiquant de drogue brésilien autrefois puissant (maintenant prisonnier) se cachait dans le département d’Amambay.. » Il y a vingt ans que ça dure (au minimum) dans le narco-Etat du Paraguay  ! Messer, qui est aujourd’hui en fuite comme le dit ElPais :  « Le bureau d’Interpol au Paraguay a reçu le 3 mai une « émission rouge » pour capturer Dario Messer. Mais 20 heures plus tard, l’ordre n’avait pas été rempli en raison de la série de procédures bureaucratiques prévues par le pouvoir judiciaire avant d’arriver à la police et au département de l’immigration. « Nous avons reçu une émission rouge, la plus haute du système utilisé par Interpol, et nous communiquons immédiatement », a déclaré à EL PAÍS le commissaire Wilson Sánchez d’Interpol au Paraguay. Viennent ensuite les autres étapes, procédures physiques, appels téléphoniques, métiers et même des employés en uniforme transportant des cartables d’un endroit à un autre, de sorte que le lendemain à huit heures du matin seulement, un juge émet un mandat d’arrêt. Depuis la veille, la presse avait déjà rapporté que Messer était la cible d’une opération judiciaire lancée depuis le Brésil. Lorsque la police est entrée dans la chère résidence de Messer, dans l’exclusif Country Club de Hernandarias, une ville située à la frontière brésilienne, il n’y avait personne. Juste quelques ordinateurs et presque aucun document utile. Un concierge a déclaré qu’il essayait de pénétrer dans la maison depuis deux jours. » Aujourd’hui, Messer que Youssef avait dénoncé lors de sa déposition avant de se faire démissionner, est soupçonné d’avoir géré un réseau de «  doleiros » (des vendeurs de dollars sur le marché parallèle, pour blanchir l’argent sale) de 1,6 milliard de dollars entre 2008 et 2017 dans 52 pays.  Dans son agenda, les enquêteurs sont tombés sur d’autres noms et pas de moindre non plus :  « Selon la publication du portail, O Antagonista, outre ces noms, l’agenda comprend le frère et la sœur du président, Jorge et Sarah, ainsi que le directeur de Tabacalera del Este qui a eu une grande influence sur le président, Jose Ortiz. Ari Harrow, ancien responsable du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, est un autre nom frappant à l’ordre du jour, mais internationalement. C’est le même qui était conseiller de campagne lors de la campagne Cartes pour atteindre la présidence du Paraguay. » Harrow est aujourd’hui un de ceux qui charge le plus son ancien supérieur Benjamin Netanyahu.  Avec ces noms révélés, il y a de très fortes chances qu’un jet privé a déjà emmené Messer en Israël.

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Epilogue : on l’a retrouvé, l’avion !

Revenons au Brésil… L’avion arrêté en tamponnant celui de la police et considéré comme détruit, donc, était resté sur place à l’état de ferraille.  Le 12 septembre 2012, soit plus de 7 ans plus tard ,voici que la police décide de le mettre aux enchères à Porto Alegre (RS), avec d’autres engins saisis. Parmi les biens qui ont été vendus aux enchères ce jour-là, figuraient aussi en effet « des biens immobiliers, des bijoux et les véhicules, Les offres initiales étant basses, allant de 200 $ à 8 000 $ », avec dedans notre fameux Piper PA-23-250 Aztec, toujours immatriculé PT-KNC, dans un bien piteux état. « L’avion a été vendu ce jour-là pour la modeste somme de 32 000 reals «  (9 400 dollars seulement !). «  On avait attiré l’attention sur les conditions dans lesquelles il se trouvait, puisqu’il était partiellement démonté et sans moteur. Le nouveau propriétaire de l’avion est Laudelino Duarte, propriétaire d’un atelier de mécanique aéronautique. Duarte est resté ferme dans les offres depuis le début des offres, qui ont commencé avec la valeur de 4 millle reals. » En réalité, la photo montre une vraie épave dont on imagine difficilement qu’elle puisse revoler un jour… à moins que les bonnes fées des mécanos des trafiquants se penchent sur son sort…  « Il est vieux et a besoin de réparations, mais je peux le refaire car j’ai un atelier de réparation d’avions », a expliqué M. Duarte, en évaluant qu’un avion similaire pouvait coûter jusqu’à 100 000 dollars. Wilson José Maria de Souza, un commerçant, a parcouru 475 km pour assister à la vente aux enchères. Il a acheté trois véhicules, pour lesquels il a déboursé «20 000 dollars à ce jeu». « Il faut faire plus de ventes aux enchères, c’est bon pour l’Etat car cela met de l’argent dans les coffres et, en même temps, quelqu’un peut aussi en tirer de l’argent », a-t-il dit.  Certes mais va falloir ,de l’huile de coude pour faire à nouveau voler le PT-KNC !!!

 

 

PS : pour revenir au Ximango, il faut aussi savoir que le 19 août 2012 le journal Globo en a découvert, au dehors, dans l’herbe ou plus exactement des modèles à train avant, baptisés Guri AMT-600. Des avions neufs, mais abandonnés : « de nouveaux avions, achetés par le gouvernement fédéral, ont été abandonnés pendant près de deux ans au milieu des hautes herbes, de la terre, de la poussière et des insectes. Trois modèles d’instruction Guri AMT-600, appartenant à l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) et, selon le fabricant, d’une valeur 200 000 reals chacun, sont toujours sans abri sur l’aéroport Jacarepagua, à Rio de Janeiro, de Septembre 2010. L’avion, aux immatriculations PR-PAC, PR-WAV et PR-DLS, ont été fabriqués en 2008, 2009 et 2010, respectivement, et sont dans une zone au large des pilotes de hangar de l’école Aéro-Club au Brésil, découverts bancaires et non garantis. Selon un pilote qui a vu la fermeture des avions, le panneau de l’un des avions – l’appareil PR-WAV – montre qu’il n’a que seulement 11 heures de vol – ce qui équivaut à la route entre Porto Alegre, le site de l’usine, et Rio. Cinq autres avions d’instruction Aero Boero, également propriétés de l’Anac et chacun acheté pour 150 000 reals dans les années 90, sont abandonnés à Juiz de Fora Aero Club (MG), au milieu des carcasses et des avions avec des défauts. Les modèles Aero Boreo AB-115, immatriculés PP-GAR, PP-GCV, PP-GJS, PP-FKT et PP-FHQ, sont dans une zone d’herbe et de terre aéroclub depuis Novembre 2004. Le dernier avion a avoir été placé là, l’a été en mars 2005, selon l’Anac ».

 

(1) un monceau de 68, 21 millions de dollars et deux de 17 millions sans oublier les 309 lingots d’or valant 6.3 millions… sidérant : une vraie fourmi ! Précautionneux et craignant que l’humidité ne ternisse ses précieux dollars, ils les enfilait dans des sacs plastiques mais sous vide !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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