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Coke en stock (CCXXI) : la réorientation du trafic, le Honduras comme première destination aérienne (2)

Les canots rapides circulant au sud du Honduras, on l’a vu hier, fabriquent désormais la plus grande partie des livraison de coke colombienne dans le pays. Mais au nord, s’il y en a bien aussi, il reste un trafic aérien qui perdure dont l’origine, comme on l’a déjà dit, provient essentiellement du Venezuela.  Un trafic historique, qu’il convient de rappeler, et un trafic s’appuyant sur une corruption remontant jusqu’aux élites les plus élevées du pays puisque cela mène à l’ancien président du pays, dont le fils purge un peine de 25 ans de prison au USA pour trafic de cocaïne et à la femme de l’ancien président, inculpée en février pour 4 millions de dollars détournés (1).  C’est une prise récente d’un caïd de la drogue, qui a échangé une forme d’impunité avec un juge américain contre l’étalage en détail de son réseau qui est à l’origine de ce qui secoue depuis des mois la politique là-bas, et qui n’épargne pas le nouveau chez d’Etat récemment élu (après quelques soubresauts et des accusation de bourrages d’urnes, ce qui n’arrange rien).  Lui, c’est son frère qui joue les âmes damnées.  Le pays est donc fragile, politiquement, ce dont profitent bien sûr les narcos… depuis des décennies maintenant !
Retour dix années en arrière.  Car historiquement, cela fait longtemps que ça dure au Honduras.  En 2007, un bimoteur immatriculé  YV1387 (BB-602 de 1980), un gros Beechcraft 200 Super King Air, avait réalisé un atterrissage de fortune su une piste de la bananeraie de la Standard Fruit Co. à Isletas, à 350 km au nord de Tegucigalpa. On avait alors cité un poids de 3 tonnes de coke à son bord. Une piste utilisée par les avions épandeurs de l’entreprise.  En 2011, à l’épisode 15 de cette saga, paru ailleurs qu’ici, j’en avais déjà tracé les contours : « ça n’a pas vraiment de fin » avais-je écrit il y a 7 ans déjà !!!  Et je peux redire la même chose sept ans après, hélas !!!  En rappelant ici au passage la mémoire  Julian Aristides Gonzalez, l’ancien général à la tête de l’antidrogue « un homme intègre et droit… abattu lâchement en pleine rue de 11 coups de pistolet, juste après avoir déposé sa petite fille à l’école » comme je l’avais aussi écrit :  la drogue ce sont aussi des mafieux et leurs méthodes immondes pour faire taire les courageux qui s’attaquent à eux.  Je ne l’ai pas oublié, et il continue à hanter les honduriens qui rêvent toujours de se débarrasser du fléau, ce qu’il avait commencé à entreprendre sur le modèle du juge italien Falcone, à ne pas oublier non plus.  Il aura fallu attendre 7 ans pour que les langues se délient et qu’on découvre qui l’avait assassiné , sur ordre de quel trafiquant (voir plus loin ici dans le texte).

Aujourd’hui, s’il devait rester une image de ce qui se passait déjà là-bas, ça sera aussi  une image d’avion, qui depuis à traversé le temps (et la route aussi !).  Celle d’un modèle emblématique, un Piper Seneca II (fabriqué sous licence au Brésil par Embraer), immatriculé faussement YV1320  (en Colombie, donc) et venu se poser sur une piste clandestine proche de la plantation de palmiers à huile de la cité de La Masica (c’est tout au nord au 15°39′N 87°06′W), le samedi 26 septembre 2009.  Selon l’article relatant les faits, «  l’endroit où l’avion a atterri appartient aux frères López, dont l’un a été assassiné en août lors de la célébration du saint patron de La Masica ». «L’avion est un birmoteur Piper, sa plaque d’immatriculation YV1320 et il a atterri jeudi à minuit. La police l’a trouvé avec sa partie avant détruite, et l’un des pneus a explosé. Sur la scène, de nombreux projecteurs éclairaient la piste, ainsi que sept bidons vides d’une capacité de 13 gallons chacun. il aurait chargé d’un cache entre 500 et mille kilos de cocaïne. Dans l’avion a été trouvé un passeport au nom de Jaime Banegas, qui aurait été le pilote de l’avion ». Son copilote et lui avaient disparu, mais aujourd’hui, il reste toujours sur place la carcasse  de l’appareil, désossée depuis bien longtemps, comme symbole de tout ce qui a suivi après son arrivée.  En janvier à Farallones, (état du Colón) un plus gros appareil avait été également saisi, immatriculé au Venezuela YV2451.  Avec lui c’était déjà autre chose, puisqu’il faisait à lui tout seul la liaison avec les petits canots pour continuer la route, puisqu’il en emportait un lui-même à bord, et surtout qu’il venait d’essuyer des tirs on suppose d’avions de chasse (très certainement colombiens) :  « Un porte-parole de la Marine a déclaré aux journalistes qu’à bord de l’avion ont été retrouvés 15 à 20 bidons de carburant, deux d’entre eux entièrement reliés à deux petites centrales de production d’énergie solaire, une pompe à carburant, des tuyaux, un bateau de 24 pieds de longueur avec un moteur de 200 chevaux et un petit bateau de 15 pieds, sans moteur. L’un des bateaux porte le nom de « Capitaine Pirate ». L’avion avait sept trous de balle dans le fuselage et les ailes. » (au passage on aura noté la similitude entre cet avion colombien et celui (le YV–2531) exhibé comme prise de guerre en 2011 par Tarek El Aissami dans l’affaire de Cabo San Román). Dix ans après, c’est toujours pareil en effet, au Honduras. En 2009 le pays avait dénombré 12 visites d’avions de narcos. Une par mois. Un chiffre qui a aussi à empiré depuis…. hélas comme on va le voir pour ce début d’année 2018.

Des gros porteurs aussi 

La provenance des avions était nettement colombienne. Le 24 novembre 2011, un Beechcraft 200 blanc immatriculé CC-ABN avait atterri à l’improviste à l’aéroport de la Goloson, venu d’Antioquia, en Colombie, à destination de La Ceiba, avec à bord Enscategui Javier Collazos et comme copilote, Diego Rodriguez Sanchez, un ressortissant colombien. « L’avion appartenant à une société américaine basée en Colombie, RG Aicraft Limited, et annonçait devoir prendre un passager au Honduras, du nom de Jorge Valladares. On soupçonnait au départ un avion volé, comme cela se produit de plus en plus souvent (notamment le Beech 200 N871C volé au charter touristique Puntacana, sur l’International Airport Dr. Joaquin Balaguer, avais-je déjà dit en 2013. Un autre engin similaire a été découvert qui a été saisi et envoyé à la base de d’Hernán Acosta Mejía (Toncontin) qui s’encombrait alors des prises à répétition : « le Beechcraft numéro YV 724, (d’un côté, l’autre arborant G-TAJ !) contraint d’atterrir à Utila après avoir essuyé des tirs des appareils de la force aérienne hondurienne. L’appareil sera finalement remis à neuf pour intégrer les Forces Honduriennes sous le numéro FAH15, peint aussi mal que ce que faisaient jusqu’ici les narcotratiquants.. » On n’agira pas toujours de la sorte :  en République Dominicaine le 24 octobre qui précédait) mais on ne trouvera pas de drogue à bord, les enquêteurs remarquant surtout que les pneus de l’appareil et les baies de rentrée du train étaient couverts de boue et de fumier, signe qu’il avait fait une pause auparavant sur une piste fantôme pas très lointaine ».  
 le 1er février 2015, on apprendra que, devenus trop embarrassants, les avions allaient être mis bientôt en vente aux enchères… alimentant un peu plus encore le circuit, car ils partaient habituellement à des prix dérisoires… l’occasion de monter la photo d’une cabine de gros Beechcraft complètement vide. C’est comme ça qu’il était arrivé.  Le chargement de coke en plus !  Un Antonov 28 saisi ayant amené 4 tonnes de coke, les ailes démontées, ne prendra pas preneur.

Changement de routes, des avions plus petits

En 2013, la chute d’un autre avion commence à indiquer une tendance qui s’est renforcée depuis. L’appareil est du même type que celui de 2009, et il est clairement immatriculé au Venezuela. Il faudra attendre le 3 juin 2015 pour que le pays le liste parmi ses engins « abandonnés ».  Selon le journal El Herald, l’avion montre que le mode de fonctionnement des narco-trafiquants à déjà changé, une attitude confirmée par le US Southern Command, qui avait suivi en 2011 près de 104 vols de drogue, soit 80% des 120 qui avaient été identifiés à travers le région (à droite ci-dessus une livraison de drogue par Beechcraft 300 vue par les caméras d’un Orion US : la photo a été remise en positif, c’est de l’infrarouge au départ, on note le nombre important de personnes requises pour décharger rapidement l’avion de taille conséquente).  En 2012, le nombre de « narcoavions » comme on les appelle, avait certes chuté à 63, indique le journal, une baisse de 35% mais c’était à relativiser car d’autres voies étaient dormais utilisées en plus des  vols directs en provenance d’Amérique du Sud, principalement du Venezuela. La surveillance accrue du Golfe du Mexique en  2012 a et des Caraïbes, par les États-Unis et la République Dominicaine expliquaient l’inversion de la tendance.  Le journal expliquant que maintenant les trafiquants, au lieu de faire un seul vol direct au Honduras, faisaient désormais souvent une escale au Panama et au Nicaragua, afin » d’augmenter la furtivité de leurs mouvements et éviter d’être détectés ». Et de le faire par de plus petits avions effectuant le trajet, désormais, le journal citant l’exemple d’un Piper Pawnee 235 utilisé dans la  fumigación (des épandeurs de pesticide, comme celui-ci). Une série de sauts de puces donc, plutôt. La route du Nicaragua utilisant plutôt des bateaux par les rivières menant au Honduras.  Les avions en vols directs arrivant par le nord-ouest, ayant tous décollé dé Lara, Falcon. Trujillo, Zulia, Merida, Tachira et Apure au Venezuela.  La seule chose pouvant freiner le trafic étant le climat, les atterrissages devenant problématiques lors de pluies importantes rendant souvent les pistes boueuses. Un trafic qui rapporte, au final : en moins d’un an, selon la DEA, le trafiquant  Devis Leonel Rivera Maradiaga aurait ainsi gagné 10 millions de dollars « pour la fabrication, l’importation et la distribution de cocaïne aux États-Unis ».

L’implication d’hommes politiques

Les Etats-Unis commencent aussi alors progressivement (il est temps !!!) à accuser ouvertement des hommes politiques honduriens de faire partie du réseau de trafiquants (il est temps !). Un nom revient souvent, qui aboutit quelques années plus tard à une demande d’inculpation du Congrès américain du député nationaliste Oscar Cachiros Najera,comme étant lié au gang des Los Cachiros . C’est l’un de ses dirigeants principaux, arrêté en 2017, Leonel Rivera Maradiaga Devis, extradé aux États-Unis (ici à droite) et emprisonné pour le crime de trafic de drogue qui l’a en fait mis en cause nommément. Rivera Najera avait en effet participé en personne, selon lui, à une réunion de Los Cachiros en même temps qu’avec l’ancien président du Honduras, Porfirio Lobo Sosa, ceci peu après les élections générales de 2009, au moment où notre premier Piper-Embraer tombé près de la bananeraie. Le narco balançant aussi à l’occasion Fredy Nacera, le propre frère du député et un autre, Juan Gomez, qui était selon lui à la tête des Cachiros, et le maire de Tocoa, du département de Colón, Adam Fúnez, tous ayant reçu  des pots de vin des trafiquants. Le narco affirmant aussi des rencontres avec Juan Ramón « Moncho » Matta, Luis Valle, Tito Montes Bobadilla et Juan Carlos Montes Bobadilla. Une bien belle brochette de narcos.

Le responsable anridrogue tué par des policiers !
Le récit de sa propre carrière, fait aux policiers, est terrifiant. Le repenti a décrit au passage par la même occasion la corruption qui règne  partout dans le pays. Toujours selon lui, l’assassinat de l’ancien général Aristides Gonzalez le chef de l’antidrogue, en janvier 2009; celui cité ici plus haut, aurait par exemple bien été ordonné par «un groupe de policiers» qui auraient reçu entre 200 000 et 300 000 dollars comme salaire pour le meurtre, et le frère de l’ancien président Porfirio Lobo, « Moncho » Lobo, et son cousin Jorge Lobo auraient également fait partie de ceux qui relaient les trafiquants à l’ancien président mis en  cause … encore une fois, on se retrouve dans la situation d’un narco-Etat, donc !!! Fabio Lobo, fils du président, arrêté à Haïti (en photo ici à gauche en villégiature à Paris) a été condamné pour trafic à 24 ans de prison, on le rappelle. Des mails fort compromettants avaient été retrouvés et mis dans son lourd dossier d’accusation le concernant, tel celui du 11 mai de 2015 à 12h10 ou Fabio Lobo, fils de l’ancien président et Leonel Rivera Maradiaga discutaient comme les meilleurs amis du monde. Fabio était aussi en liaison avec les fameux neveux de l’épouse de Nicolas Maduro, eux aussi lourdement condamnés aux USA pour trafic de cocaïne. Le trafiquant semble avoir tout lâché, dans ses aveux circonstanciés, à se demander pourquoi une telle prolixité.  La réponse est simple.  Le 17 avril dernier, un journal, La Prensa, affirmait que Devis Leonel, Javier Eriberto Rivera Maradiaga (son nom complet), pourtant accusé du meurtre d’au moins 78 personnes,  avait négocié une forme d’impunité avec les juges US en échange d‘une protection en révélant tous les détails de son réseau.  La DEA le suivait depuis… 2003 ! Le détricotage du réseau avec son arrestation et ses aveux circonstanciés est l’un des pire coups accusés par les trafiquants en Amérique du Sud, pour beaucoup d’observateurs...

Un pacte avec le diable

Le cas est en effet sidérant. Celui d’un pacte signé pour espérer une peine allégée, voire une immunité. C’est en effet celui aussi d’un accord fort particulier conclu pour ne pas finir ses jours en prison. Le genre d’accord faisable aux USA uniquement, il semble bien. Le journal la Tribune de Genève du 2 avril 2017 résume parfaitement son cas ici : « Leonel Rivera et son frère Javier se sont finalement rendus à la DEA en janvier 2015, Leonel aux Bahamas et Javier à Miami. Ils n’ont pu éviter d’être incarcérés, mais ils ont obtenu que les membres de leur famille restent libres et puissent vivre aux Etats-Unis, probablement sous la protection du gouvernement américain. En avril 2016, ils ont plaidé coupable de cinq chefs d’accusation, parmi lesquels assassinat, organisation de trafic de drogue, et livraison de drogues aux Etats-Unis. Les deux frères réceptionnaient la drogue au Honduras qui arrivait de Colombie en avion ou dans des bateaux de type hors-bord, puis la transportaient par voie terrestre jusqu’au Guatemala. De là, la drogue partait pour le Mexique puis les Etats-Unis, a expliqué Leonel Rivera lors de sa première audition contre Fabio Lobo le 6 mars. Moyennant pots-de-vin, son cartel bénéficiait de la protection de Fabio Lobo mais aussi de nombreux hommes politiques, policiers et militaires, dont l’ex-président Lobo, son frère Ramon «Moncho» Lobo, le ministre actuel de la Sécurité Julian Pacheco ou le député Antonio Hernandez (dit «Tony » ici à droite), frère de l’actuel président Juan Orlando Hernandez. Tous ont nié catégoriquement ces accusations, sauf Fabio Lobo, arrêté en 2015 par la DEA à Haïti. Il a plaidé coupable de trafic de drogue et doit être condamné le 30 mai ». C’est bien un narco-état dont on parle, et l’accord signé aux USA un dilemme :  celui d’avoir accepté la parole de l’assassin d’un centaine de personnes au total pour tenter de remonter plus loin encore dans le réseau. Une telle dénonciation de chef d’Etat est à ce prix il semble : « c’est un pacte avec le diable», a estimé un avocat proche du dossier. «Cet homme a avoué avoir tué 78 personnes», et pourtant le juge est «totalement libre de décider de sa sentence. Il pourrait sortir libre du tribunal et obtenir une nouvelle identité». Un diable condamné à changer de visage, s’il ne veut pas que ses anges noirs nous viennent un jour prochain le dessouder…

Le frère du président cité à la télévision comme trafiquant !

La preuve de cette collusion narco-politique on l’avait déjà  représentée visuellement le 13 mai 2016 avec l’image désormais classique d’un trafiquant arrêté, menottes aux mains, escorté de policiers dissimulant leurs visages par d’ex cagoules, pour éviter les représailles (photo ici à droite).  Or l’homme, Jeffrey Darío Guzmán Tobar, âgé à peine de 32 ans, est l’ex candidat à la mairie d’El Naranjito, près d’ El Paraiso, dans l’état du Copán (au Nord-Est près de la frontière guatémaltèque), et également l’ex dirigeant politique du parti Libertad y Refundación (Libre) . Il est l’un des 18 extradés aux Etats-Unis pour y être jugé par une cour de justice de Virginie pour organisation d’un réseau de cocaïne. Il avait été capturé début novembre 2017.  C’est un de ces leaders locaux qui s’ajoutent aux cinq « kingpins » de la drogue dans le pays, cités ici par Libertad Digital : Jesús Soto García, capturé le 28 octobre suivant, Carlos Arnoldo “Negro Lobo”, déjà emprisonné aux USA, Miguel Arnulfo Valle Valle (alias “Colocho” ) du cartel du même nom fondé avec ses deux frères Luis Alfonso et José Reynerio, tous originaires de la Entrada, et condamnés à 23 années de prison aux USA le 4 septembre 2017. Et aussi et bien sûr Javier Eriberto Rivera Maradiaga, cité ci-dessus, mais avec au dessous d’eux le top du top, selon le média à savoir Juan Orlando Hernandez  alias “El Hombre”, l’actuel président du pays, décrit en ce mots en effet par le journal ‘L’Humanité   « président par intérim du Honduras avec le plein contrôle du gouvernement, son niveau de pénétration dans les réseaux criminels locaux est inestimable pour les autorités américaines et dangereux pour les élites honduriennes. Leader d’un cartel qui travaille au sein de son institut politique, il a été accusé avec son frère Tony Hernández de créer une mafia qui a envahi toute l’institutionnalité de ce petit pays. Des maires de son parti politique ont collaboré avec le trafic de drogue jusqu’à ce qu’un fils de l’ex-président Porfirio Lobo ait été extradé aux États-Unis, car ils étaient impliqués dans ces activités. En huit ans de pouvoir, il a été responsable du démantèlement de ses cartels rivaux en utilisant la fragile institutionnalité avec le soutien et la surveillance des États-Unis d’Amérique ». Ça ne l’a pas empêché d’être réinvesti, samedi le 27 janvier 2018, pour un second mandat !!!  Il est présenté ici comme un Machiavel. Le président personnellement impliqué, on à peine à y croire. Et pourtant… En novembre 2017, un ex-capitaine de l’’armée, Santos Rodríguez était tranquillement venu sur les plateaux de TV, affirmer (ici à droite) qu’il avait découvert en 2014 qu’un hélicoptère qui avait atterri au Honduras avec à bord 600 kilos de cocaïne, mais quand il avait été promptement déchargé avant qu’il ne puisse effectuer la saisie de la cargaison.  Il avait été trouvé et « interceptada en la lat. 15° 39’ 09.3” y long. 84° 29’ 27.3” (soit à peine à 16 km de Brus Laguna). C’est ainsi qu’on avait pu le présenter comme découvert abandonné et vide (pendant le reportage était ressorti également l’image du Piper de 2009 YV-1440 investi à l’’épique par ses services) !!! Or selon lui, un informateur lui avait dit que « c’était l’hélicoptère du frère du président » (à savoir le fameux Tony Hernandez, cité le chapitre précédent, ici visible à gauche)). L’engin était connu en effet, je vous en ai déjà parlé.  Le 16 novembre 2017 j’avais laissé fortement supposer une collusion avec l’armée et les narcotrafiquants à son sujet et cité le lien probable avec le frère du président ! L’hélicoptère immatriculé  N86AF au Etats-Unis et TG-LON au Guatemala était assez ancien (il datait de 1975) avait été annoncé comme mis en vente à Tucson au Texas chez un broker (Western Aviation) au tarif de 350 000 dollars.

 

Un transfert brésilien à plusieurs milliers de dollars, et ce n’est pas Neymar

Dans un tel contexte de protection en plus haut lieu, le trafic ne peut que perdurer, voire s’amplifier, hélas, car les cartels de drogue jouent aux dominos avec leurs dirigeants. Un pion remplace et pousse l’autre, et tout continue… Leonel Rivera Maradiaga Devis a déjà été remplacé par d’autres. Mais le trafic, lui, s‘adapte et change une nouvelle fois, avec la réapparition de vols directs du Venezuela,  réalisés avec des avions qui recommencent à prendre de l’embonpoint.  Moins d’avions… mais des plus gros donc ces derniers mois !  Au Honduras, peu de Cessna monomoteurs, plutôt des bimoteurs qui tombent, donc.  Fin décembre 2017 c’est un énième Embraer-Navajo EMB 820 blanc aux moteurs noirs  et filets or et gris qui est retrouvé dans un champ de Brus Laguna.  Il est immatriculé PT-RCI, vous avais-je dit sans erreur possible cette fois sur l’avion.  C’est bien un brésilien d’origine photographié ici Curitiba Bacacheri – SBBI au Brésil le 29 juillet précédent.  Aucun doute c’est bien le même, N° 820116 enregistré le 26 juillet 2007 là-bas (pris en photo ici en 2014,, et ici son certifict de navigabilité brésilien).. l’engin était fort connu, circulait beaucoup au Brésil, il est pris en photo ici au Campo de Marte Airport à São Paulo, par le spotteur Mattheus Herrera (voir dans sa liste). Celui-ci aussi rappelle des souvenirs, celui de l’arrivée le le 22 juillet 2010 d’un appareil similaire avec pas loin 27 barils de carburant ! On arrête sur place trois personnes dont un jeune présenté comme responsable du trafic, Carlos Israël Port Barralaga (24 ans ) et un homme plus âgé Xindel Zúñiga Brock (54 ans), accompagnant un chargement de 64 colis de cocaïne  « évalués à 16 750 milliers de lempiras »,  (700 000 dollars) mais aussi on découvre un pistolet, 10 machettes, cinq pelles, deux pioches et plusieurs conteneurs de carburant. L’avion visiblement venait soit installer un camp, soit le déménager : une surprenante photo de son intérieur le montre fort démuni, très allégé sinon déjà presque désossé, avec les indispensables tuyaux bleus de gestion des bidons à bord.  Il venait de loin, à l’évidence.
Des cosses de câbles électriques sur les flancs semblent indiquer une gestion par pompe électrique à bord de cette essence dont on retrouve pas loi quelques bidons de plastique blanc. Le site qui raconte la saisie en évoque aussi une autre précédente : « les opérateurs judiciaires ont trouvé deux balles contenant 64 kilos de cocaïne. Ils ont également localisé une autre piste clandestine, dans laquelle les occupants ont tenté d’atterrir l’avion, alors qu’ils ont trouvé 420 kilos d’alcaloïde dans une hacienda ». Visiblement, dans le secteur on ne se contente donc pas d’amener la coke, on semble bien la transformer aussi. Encore un changement dans la nature du trafic ? Les paquets de coke transportés étaient siglés « Fallen » ou du logo de la pomme d’Apple, à défaut de Ronaldo ou Neymar, cette fois. Les rois du transfert !!!!

Le Piper griffon ou la créature de Frankeinsten des airs

Le 2 février 2018, c’est un autre appareil qui se vautre dans un champ, près d’Evans, à Brus Laguna – Gracias a Dios. On le découvre le lendemain. La presse le décrit comme étant  « de couleur blanche et café, sans tenir d’immatriculation ni drapeau». Il est supposé bien sûr avoir amené de la drogue. Voilà qui ne va pas trop aider à le reconnaître, celui-là. Il est plutôt bordeaux que café, d’abord !!! « L’avion a été détruit à moitié et une équipe de police antidrogue a mené des enquêtes sur l’affaire. La supposée drogue est tracée avec une équipe canine, étant donné qu’il y a apparemment des informations qui se trouvent encore autour de cette événement » (à propos d’un trafic). L’avion est fichu, son aile gauche a été arrachée  et s’est repliée.  Il s’est posé en catastrophe train rentré.  Malgré cela, l’avion est reconnaissable comme modèle, c’est un Piper PA-34-200T au nez allongé et aux vitres latérales au nombre de quatre dont celle arrière qui est fort typique.

Pour l’ASN, on ne connait pas son origine. Pourtant… en regardant attentivement ses marquages bizarroïdes, on ne peut éviter de remarquer qu’il a été grossièrement repeint en blanc, et qu’il semble surtout le résultat étonnant d’un mélange de deux carcasses, une à fond bleu et l’autre plutôt lie de vin, les deux arborant des filets de décoration comme on en faisait au milieu des années 70 (comme celle de cette carcasse de fuselage). Le tout repeint à la louche de peinture blanche délimitée au cordeau, en ligne droite !!! Les extrémités des ailes sont restées peintes en diagonale, comme c’était la mode… il y a plus de 40 ans !!! Pour fabriquer cette sorte de griffon ou de chimère de Seneca II, un hypothétique candidat apparaît vite (cette fois on sera moins péremptoire quand même !). C’est le N1494X (N°34-7570262) de chez VIP en Floride, le même vendeur que l’Embraer retrouvé dans la canne à sucre (à gauche c’est sa photo de mise en vente, on distingue la diagonale sur l’aile). VIP c’est aussi Skytrade Aviation Inc, dirigée par Henry A. Torres. L’annonce est aujourd’hui « expirée » (comme celle de ce bout de fuselage , ou ces morceaux là à rassembler, qui montrent bien les fameuses stries vues sur l’engin du crash, ici son ancien « N » américain). La société possède le N965WG, ex SABENA Arline Training Center et le le N8318H. Fabriqué en 1975 (il affiche ses 43 ans), l’engin a connu de sérieux déboires, le 27 juillet 2009 à Mount Holly dans le New-Jersey avec d’abord un témoin de rétractage de train intermittent et la découverte à l’atterrissage que le train d’atterrissage avait été déplacé de sa position de montage normale et le longeron principal endommagé, très certainement en raison d’un « hard landing » précédent. Or quatre ans plus tard l’avion qui était couleur bordeaux à filets dorés… comme le côté du fuselage et les ailes de notre accidenté, était revendu et exporté… en Colombie !!!  Son certificat de vol US s’arrêtant le 19 décembre 2013.  Là-bas il y est devenu le HK-5030-G chez Adevia, une école de pilotage colombienne installée à l’Aeropuerto de Palonegro à Bucaramanga. Etrangement, son calendrier est totalement vide. Et Bucaramanga est un fief narco ! L’école a également pour formateur entre autres une femme, il faut le noter, appelée Claudia-Patricia Benavides (je le précise car depuis un certain rapport de police guyanais, c’est une pilote colombienne que l’on recherche activement). Le 10 août de l’année dernière le Piper de l’école, un PA-28 immatriculé HK-1894-G s’est écrasé proximité de l’aéroport Flaminio Suárez Guaymaral, au nord situé de Bogotá, mais sans gravité pour l’élève et son instructeur de vol. Plus de peur que de mal. L’avion s’est posé sur un terrain de golf, mais en y arrachant son aile droite. D’autres candidats sont possibles pour le « Griffon » de Seneca : le CC-CVX chilien (34-7670240) mis ici en vente en ligne aurait pu faire un candidat, mais il a été photographié le 7 janvier 2018 à la Serena encore en très bon état. Le N2355 de 1977, un autre PA-34-200T, (N°34-7870080) pourrait tout aussi bien faire l’affaire. En tout cas, ce genre d’engin n’est pas un gros investissement : il s’en vend vers 100 000 dollars et parfois moins comme ici ce Seneca II de 1980 offert à 99 500 dollars (85 000 euros), équipement compris.

Celui brûlé dans le champ de canne à sucre

Le 21 février c’est un  EMB-810C (Piper Seneca II) qui a été  retrouvé incendié à Los Caraos, Choloma, au Honduras près d’une plantation de canne à sucre : l’info avait été rapidement donnée sur Twitter par « Planes of Legend » (2). J’ai déjà évoqué son cas ici-même(cf l’épidode N°18 de la série sur les fournisseurs d’avions) : l’avion était brésilien (PT-RMT, un Embraer EMB-810C (N°810441) enregistré le 03 janvier 2013 au Brésil) qui avait peu de temps avant mis en vente pour un prix dérisoire (180 000 reals, 56 000 dollars seulement,): celui d’un voyage sans retour…  à son bord on avait trouvé 4 paquets de cocaïne présumée évalués à 16,750 millions de lempiras..

Un Navajo chez les indiens

En mars (2018 toujours), le 1er, ça continue et c’est un Piper Navajo Chieftain (Embraer 820 au Brésil ) qui déboule à Los Llanos de Warunta, près de la municipalié de Puerto Lempira, dans le département de Gracias a Dios, il est immatriculé YV-1236 et donc présumé vénézuélien, mais avec un lettrage vert qui ne correspond en rien à la déco extérieure : ça a manifestement été rajouté, fait dans un lettrage rapporté fabriqué à la hâte. Innovation, les trafiquants l’ont imprimé sur un adhésif transparent, cette fois et non sur du papier blanc comme ils en avaient jusqu’ici l’habitude. Eux aussi adaptent leur techniques. L’immatriculation est fausse, ou empruntée à un autre ; c’est celle en réalité d’un Piper PA-28R-200 Cherokee Arrow II vénézuélien existant. Ce type d’engin se négocie à bas prix. Au Brésil, un avion de ce type mais à turbines (le  modèle 821, PT-RVT – 820138– datant de 1985), saisi, a été remis en vente le 4 août 2017 par l’Etat 340.500 reals (86 000 dollars !). Il porte les décorations typiques d’un avion des années autour de 1985, comme ici celui proposé à la vente en 2013 chez IJet (mais son cockpit est différent). 

Dans l’appareil, posé à un endroit sillonné par de longues traces cf ci-dessus) et montrant un énorme bâtiment indéterminé pas loin sont trouvés un surprenant chargement de gros bidons blancs et de plus étranges faisceaux de branchages, une pompe électrique à essence bleue est retrouvée au sol. L’avion est lui aussi complètement désossé à l’intérieur, des câbles électriques apparent sur ses flancs. On ne comprend pas très bien l’usage des faisceaux de branchage découverts à bord, en revanche. Ce qui semble être une pelle est aussi disposée devant l’avion. L’avion n’emportait pas que des branches : dans un couvre-lit enroulé on trouve  treize paquets (d’un kilo) enrobés de ruban adhésif noir et siglés « Fallen : (les trafiquants ont les mêmes fournisseurs que les précédents).  C’est là où était cachée la coke (dans les coffres de pontons de moteur, particularité du modèle d’avion). Mais aussi un téléphone portable de marque Samsung, gris, un autre portable de marque Motorola, de couleur noire, tous deux tactiles, et un troisième portable plus classique, un Nokia de couleur rouge et à clavier et de l’argent hondurien en plusieurs types de coupures, mais aussi un fusil M16 «  de couleur noire » qui semble avoir pas mal servi, avec plusieurs chargeurs et des munitions, explique la presse, qui précise aussi qu’un suspect a été arrêté : il s’appelle Barnnaby Amaury Suarez, et il est de nationalité colombienne.  Il réside dans l’île de Providencia (une des îles de boucaniers de l’archipel de San Andrés, Providencia et Santa Catalina), est âgé de 40 ans exerçant la profession de mécanicien.  Au moment de la saisie, la presse précise aussi que c’est le quatrième de l’année d’avion ainsi arrêté.  Or nous ne sommes alors qu’au tout début mars : il en tombe déjà deux par mois !!! Et c’est toujours la piste colombienne que l’on suit ! A noter la visite très instructive de la région et de ses nombreuses aires d’atterrisage ici par  le missionnaire Sean Donnelly, le président et fondateur du Missionary Air Group.  Et ici ce que l’on voit au passage quand on survole la zone humide lagunaire  de Puerto Lempira (à bord du Let de CM Airlines).

Brûlé sur place par l’armée, cette fois

C’est un début d’année 2018 chargé auquel on assiste. Le 3 février suivant, ça recommence en effe et c’est cette fois un Cessna T210N (à train rentrant, reconnaissable à son ouverture de capot supérieure type Naca sur la droite, ses double phares centraux séparés et ses entrées d’air plutôt rectangulaires) qui est retrouvé à « 20 miles » de Brus Laguna, encore et toujours. Au sud de Brus Laguna il y une piste répertoriée, au 15° 44′ 7N 84° 32’ 36W celle d’Araslaya (3) visible ici à droite. L’engin gris et blanc est en parfait état extérieur. L’avion était indiqué comme étant le N469C: une fausse, selon l’ASN !!!. En mars, on assiste à une scène assez surréaliste avec lui et avec en direct l’incinération de l’avion des narcos qui avait été capturé à Llanos de Rapa, Brus Laguna. Dommage, il paraissait fraîchement repeint !!! Dedans il n’y avait qu’un seul siège, le passager ayant été remplacé par un énorme bidon d’essence (cf ici à droite) !!! Il n’était donc pas en voyage d’agrément ! En voilà un qui devait encore venir de loin, à l’évidence. Un 210 de ce type à une autonomie de plus de 1 500 km sans cet appoint. Après une tentative infructueuse des fonctionnaires, il finit par s’enflammer. Et on comprend alors à quoi servent les fameux faisceaux de brindilles emportés part le précédent Navajo : à y mettre le feu, tout simplement !

Habituellement se sont les trafiquants qui incendient leurs propres avions. Quand ils ne possèdent pas de base ou de camp pour les ravitailler… Un camp, mais voilà c’est bien sûr, il ne manquait plus que ça !!!  Ce que nous verrons demain bien entendu !

(1) selon RFI, «  L’enquête a révélé que ce pactole aurait servi à payer les frais universitaires et les opérations chirurgicales de plusieurs proches de la famille Lobo. Le ministère public a assuré qu’une demi-douzaine de propriétés du couple présidentiel serait saisies si Rosa Bonilla de Lobo était déclarée coupable. Neuf collaborateurs seraient impliqués dans les malversations, parmi lesquels un beau-frère de l’ex-première dame, lui aussi arrêté. Ils seront tous les deux jugés par le tribunal pénal chargé des affaires de corruption au Honduras. »

(2) l’homme suit les catastrophes aériennes mais poste aussi des informations amusantes. Telle celle de cet Airbus à vendre à Charleroi en Belgique, devenu une pizzeria puis un bar, et mis en vente 100 000 euros. Un engin immatriculé jadis F-BHBG qui fait penser au fameux « Constellation breton », ancien d’Air France à avoir effectué 600 fois la traversée de l’Atlantique, et avoir vu aussi une de ses hélices se perdre en vol et vernir se ficher dans son fuselage le 18 septembre 1959 !  Un avion devenu l’icône de la discothèque du Moulin, à la Croix-Neuve, au Juch, pas loin de Qimper. L’engin est visible de Google Earth au 48°02’07 » N – 4°14’42,40″ O ! J’ai la chance de connaître un ami qui à fait ses classes de pilote avec son ancien commandant de bord !

(3) plusieurs pistes locales sont dûment répertoriées ici. C’est ainsi qu’on y découvre par exemple celle de Barra Del Patuca, de 900 mètres de long, situé esur la côte nord, une de celles que les avions venant du Venezuela peuvent découvrir en premier, orientée est-ouest, elle est pile en effet dans  leur trajectoire d’arrivée (cf ici à droite).  L’endroit est connu, il avait été cité en avril 2014 lorsque bizarrement l’Opération Yuque de surveillance des vols narcos avait été suspendue.  Elle devait suivre celle de 2012 qui avait duré de mai à juillet. L’explication est que les USA avaient reproché au Honduras la destruction de deux avions dans les Caraïbes au mois d’août 2013, par des avions de la Force aérienne du Honduras (FAH) « sans suivre certains protocoles (d’engagement)  et unilatéralement. » Des événements qui jusqu’alors avaient été tenus secrets.  Selon le journal El Herald, ce n’étaient pas 2 mais 3 avions qui avaient été abattus, dont l’un à proximité de Guanaja ». L’homme sur la sellette étant alors Ruiz Pastor Landa, le chef des opérions aériennes du pays. Il avait été éjecté du commandement de la Honduran Air Force le 23 août, la veille d’une viste du général Douglas Fraser, Commandant de l’US Southern Command… Le journal avait révélé que l’opération précédente avait utilisé six hélicoptères du gouvernement américain, mais pilotés par des aviateurs guatémaltèques. Le le 12 juin 2012, deux occupants d’un petit avion étaient attrapés dans le secteur de Gualaco (et Catacamas), près d’Olancho, avaient été abattus par ces hélicoptères et leur avion incendié après. Le premier aurait été abattu au sol « après s’être montré menaçant), sans sommations, le second était un brésilien. A l’époque où ça s’était su, j’avais écrit que « sur place, les débris évoquaient bien des tirs suivis d’un crash et d’un incendie consécutif… Les mauvaises langues disant que les USA avaient râlé pour la seule crainte de voir un de leurs agents infiltrés lui aussi abattu, un jour ou l’autre… « Le 3 juillet, un pilote s’était écrasé dans la communauté de Los Lirios, (près de Guanaja, dans les Iles de la Bahía, le berceau du cacao) abattu lui aussi. En 2007 déjà un gros Cessna Conquest s’y était déjà posé le XB-BKI rempli de coke. Un avion bien connu désormais. L’opération de mai 2014, qui avait vu des civils honduriens tués par des agents de la DEA américaine (lire ici le chapitre « Le rôle intrigant des avions d’observations US« ) avait aussi dû jouer un rôle dans ce retrait. Or ces événements tragiques avaient eu lieu à… Barra del Patuca,  dans le département de Gracias a Dios. En 2011 j’avais alors écrit « Les avions se sont tous vautrés, dès la côte passée, à Brus Laguna, Warunta, Iriona, Farallones Colon, La Masica, Jocon ou El Negrito. Ou sur deux iles, celles de Guanaja et d’Utila. Un seul est allé plus loin à l’intérieur du pays, à San Francisco de Becerra. Un petit Cessna 172 avec 500 kilos de coke à bord ».

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

Article précédent:

 

Coke en stock (CCXX) : la réorientation du trafic, le Honduras comme première destination aérienne (1)

 

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