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Coke en stock (CCXVIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (8)

Hier, nous avons beaucoup appris en lisant l’intégralité du rapport sur la découverte en septembre 2016 d’un Cessna Conquest dissimulé sous un filet et des branchages en Guyana, à Yupukari.  Le document a été remis au ministre le 18 octobre 2016, mais l’année suivante, dix mois après en août 2017, un nouveau cas se présente… à une trentaine de km à peine de la première découverte !!!  Un autre avion abandonné sur une autre piste clandestine, cette fois, et bien plus gros (il peut monter à plus de 4 tonnes à pleine charge).  Et c’est effectivement la même histoire qui recommence, comme on va le voir.  La même, avec des participants déjà évoqués dans le fameux rapport !

Le nouvel avion est cette fois un gros Beechcraft 350, qui a été retrouvé vide, même pas dissimulém en pleine savane, en bout de piste illégale, près d’un bosquet, pas loin de la méga-ferme de Santa Fe aux imposants silos.  Cette fois, il affiche une immatriculation brésilienne, en PR-IMG.  Un officiel arrivé sur place déclare que « la piste d’atterrissage de 5 400 pieds de long (1600 m !) et de 45 pieds de large (13 mètres) semblait avoir subi des réparations récentes.
La bande en question avait été détruite par l’armée (GDF) il y a quelques années auparavant. De plus, elle est situé à environ huit kilomètres d’une autre piste d’atterrissage illégale, découverte il ya deux semaines par une patrouille du GDF en mission de reconnaissance à l’époque.  L’appareil,un Beechcraft Super King Air 350, porte l’inscription PR-IMG, qui serait liée à une banque d’investissement au Brésil »
. Effectivement, en juin 2016, on l’avait photographié à l’arrêt à l’ aéroport Uberlândia Ten. César Bombonato, au Brésil.  L’avion est magnifique en fait :


« Les informations suggèrent que l’entreprise a loué l’avion à une société basée à Rio. Toutefois, les responsables de la sécurité ont déclaré qu’il était fort possible que les exploitants de l’appareil puissent utiliser de faux détails d’immatriculation. Le fonctionnaire a déclaré qu’il s’agissait du mode opératoire normal des trafiquants de drogue. Plusieurs vérifications effectuées sur les données de vol du Beechcraft, âgé de 27 ans, ont eu lieu le 9 août. Les images disponibles en ligne correspondent à celles de l’avion, y compris sa livrée. Les données en ligne ont également fourni un bref aperçu de l’historique de l’avion. Par le passé, il a été suspendu par les autorités brésiliennes pour des raisons inconnues ».
L’avion ne peut pas être tout de suite ramené à Lethem ou à au Cheddi Jagan International Airport : il a une de ses hélices abîmée, elle a heurté un bloc de terre a l’atterrissage est est fêlée. « L’hélice a été légèrement endommagée, nous avons constaté qu’elle l’avait été pendant l’atterrissage de l’avion. Il a frappé un petit tas de terre. Les ingénieurs ont fait des vérifications et ils sont convaincus que les dégâts ne sont pas en dehors des limites et ils sont prêts à les résoudre », explique le responsable de la police.  En regardant attentivement une étonnante photo de l’intérieur de l’avion, qui effectivement, annonce PR-IMG sur son tableau de bord, on ne peut s’empêcher de penser à l’exemplaire précédent, en voyant cette fois le siège droit, celui du co-pilote, positionné plus haut que celui de ce dernier : aurait-on de nouveau assisté aux exploits d’une femme pilote « colombienne », encore une fois ? Toujours la même ?

L’avion en tout cas est bien brésilien : le voici photographié par George Trussell le 31 mars 2012 à Jacarepagua au Roberto Marinho Airport (SBJR), au Brésil.


C’est son douzième enregistrement depuis 1990, celui de la banque Bradesco. Quoiqu’il ait changé de mains encore, en étant annoncé comme étant en sous-traitante et en leasing désormais chez l’obscure Riwa S.A. Incorporacoes, Investimentos e Participacoes, une société brésilienne liée à Banco Bradesco.  Une société faisant dans le bâtiment, il semble.  L’avion est bien le PR-IMG, un Beech B300 Numéro de série FL-14 enregistré le 02 septembre 2010 au Brésil, et l’ex N350Q.  Pour le prouver davantage, la police du Guyana met en ligne sa plaque d’origine de numérotation chez Beechcraft, celle qui assure de l’absence de traficotage  (le fait est plutôt rare, autant le signaler !)… logiquement.  Déjà sous son ancienne immatriculation N350Q, l’avion avait fière allure malgré son âge (il a été mis en service en 1990 sous N207R) :

Un campement avait été prévu dans les environs

L’officiel, le directeur général du GCAA , le Lt Col (Ret’d) Egbert Field, interviewé par l’excellent  Stabroek News poursuit en affirmant « qu’il est sûr que l’emplacement exact de la piste d’atterrissage est improvisé, puisqu’elle n’est pas inscrite sur les tableaux de la GCAA, elle est situé à une courte distance de la piste d’atterrissage de Yupukari, où un avion a été trouvé septembre dernier. À ce jour, aucune arrestation n’a été faite dans cette découverte ».Le terrain en tout cas a été préparé pour sa venue ;  « Il a été labouré car quelqu’un est entré et a fait des travaux de nivellement. Lorsque mon équipe a enquêté, ils ont dit qu’un camion est arrivé et a enlevé le « bobcat » (« a backhoe », en fait une niveleuse) qui avait été utilisé pour effectuer les travaux sur la piste d’atterrissage. Tout cela est un mystère, du moins jusqu’à présent », a-t-il noté.  A bord, il découvre que l’avion contient « quantité de rations sèches, des fournitures médicales, des gants, des vêtements et de chaussures, deux postes de radio portatifs, des lampes de poche, des téléphones cellulaires et une carte d’identité » (mais on ne précise pas laquelle, hélas !).  De quoi refaire un campement provisoire en en effet.  Selon Field, ça n’a en effet pas cessé depuis l’affaire précédente : « de plus, la semaine dernière les détails de reconnaissance des Forces de défense du Guyana a trouvé une piste d’atterrissage illégale à Santa Fe. L’armée avait signalé Que la piste d’atterrissage était situé à environ cinq miles à l’ouest de la méga ferme de Santa Fe (celle aux imposants silos).  A part de ne pas avoir eu le temps de pousser l’avion vers les frondaisons toutes proches, c’est le même cas de figure que le précédent de 2016 à Yupukari qui a recommencé !!!  En fouinant un peu plus loin, les policiers trouvent du matériel enterré, un bidon d’essence, des outils rudimentaires dont un scie à chaîne pour déboiser (voir photos ci-dessus)…les vestiges d’un campement provisoire !

Le hasard fait parfois bien les choses

La découverte de l’emplacement de l’avion bloqué par son problème technique était dû à un gros coup de chance, à vrai dire.  Le scénario de la découverte est précisé quelque temps plus tard, c’est un heureux hasard pour les policiers avaient rencontré ce jour-là : « la découverte a révélé que la police avait visité la région et avait procédé à une vérification approfondie quand elle avait découvert une dizaine de bidons d’essence de 10 gallons dans les buissons et qu’une bande de terre avait été dégagée récemment. C’est alors que l’équipe se préparait à quitter la zone, qu’elle a observé un avion qui tournait au-dessus de lui à quelque distance. À son retour dans la zone dégagée, la police a vu trois hommes s’enfuir de l’appareil, qui avaient atterri. Les rapports indiquent qu’un véhicule a également été laissé par les hommes qui courraient, mais la police n’en a pas fait mention de leur arrestation, sauf pour dire qu’ils avaient sécurisé l’avion abandonné ».  Plus loin on peut lire que « cinq hommes étaient à bord de l’avion, du pilote, du copilote et de trois autres occupants ».  Pour ce qui est des raisons de l’atterrissage express du Beech, on en trouve aussi la raison : « il a été signalé qu’une fuite avait été découverte dans le réservoir de carburant de l’avion. Selon les enquêteurs, cela pourrait avoir provoqué l’atterrissage de l’avion en Guyana. Toutefois, il a été rapporté que l’un des organismes locaux chargés de l’application de la loi connaissait l’appareil depuis au moins trois semaines avant la divulgation. Il a été signalé que les responsables de la sécurité surveillaient l’avion pour voir si quelqu’un reviendrait pour le récupérer ».  Voire l’incendier, comme les trafiquants en ont la coutume !

D’autres avions encore ?

Le blocage aux sol du Beechcraft ne semble pas freiner l’ardeur des trafiquants.  Le 17 septembre suivant, nouvelle alerte : « les rapports suivants indiquent que plusieurs aéronefs ont atterri sur une piste d’atterrissage illégale près de Parabara, dans le sud de Rupununi, les forces de l’ordre ont été dépêchées dans la région pour mener une enquête. Selon des informations provenant de la région, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, des avions ont été observés et ont ensuite atterri dans la savane de Parabara, au sud de Lumid Pau. Le président de la région Neuf, Bryan Allicock, a confirmé lundi qu’une équipe comprenant la Force de défense de la Guyane (GDF) se trouvait vendredi pour enquêter sur ces informations. Il a déclaré que l’équipe devait retourner à Lethem mercredi. « Nous avons reçu des messages de la région qui ont été vus là-bas », a déclaré Allicock. Une source de l’aviation a confirmé que plusieurs cas d’atterrissage d’aéronefs près de Parabara ont été signalés et que des rapports au sol indiquent que les plans passent généralement très peu de temps au sol avant de décoller. Au cours du week-end, ce journal aurait eu les infos provenant des services de la circulation aérienne, à l’Autorité de l’aviation civile de Guyana (GCAA) ».  Comme on l’a écrit hier, ce sont 8 pistes clandestines qui seront découvertes, sur un total de 40 dans le secteut, offcielles comprises. Toutes rayonnant autour de Lethem.

Et cette fois encore c’est une pilote…

… d’une compagnie officielle, mais qui a vu passer au dessus d’elle l’avion des trafiquants et qui l’avait aussi  signalé aux autorités : « selon certaines informations, une femme pilote attachée à une compagnie aérienne nationale d’Ogle volait de la piste d’atterrissage de Kaieteur Falls vers la côte, lorsqu’elle a observé un avion au-dessusc d’elle. L’observation a déclenché une alarme, car le contrôle de la circulation aérienne ne connaissait aucune circulation supplémentaire dans le voisinage. L’arrière-pays du pays a été mis à l’honneur ces derniers mois après la découverte de plusieurs avions illégaux sur des pistes illégitimes construites dans le Rupununi. L’incident le plus récent concerne un avion de luxe Beechcraft King Air portant l’immatriculation PR-IMG, qui a été découvert abandonné sur une piste d’atterrissage illégale dans le nord de Rupununi. «  C’est situé, rappelons-le, en plein groupe d’indigènes Wapichan qui sont répartis dans 21 villages différents.  Un peu comme les trafiquants se servent de la communauté Mennonite en Bolivie (lire ici). !!!  La zone est à proximité de la frontière avec le Brésil, et bien des avions tentent le coup de la traverser, écrit le 20 septembre 2017 Guyanachronicle.com :  « un média brésilien, Folha Boa Vista, a rapporté qu’après avoir reçu des rapports anonymes, un avion était tombé du ciel et s’était écrasé dans le bassin du Rio Branco, près de la ville de Caracaraí, dans la région sud de Roraima, et le service des incendies a ouvert des enquêtes sur ces rapports. Lundi matin, une équipe d’agents de la force publique a découvert l’épave d’un petit avion Cessna. À l’intérieur du cockpit se trouvait le corps du pilote et environ 100 kilos de cocaïne pressée, la plus grande cargaison saisie récemment à Roraima, selon le rapport. La police brésilienne a été informée que le pilote avait perdu le contrôle de l’avion qui s’est ensuite écrasé sur le Rio Branco ». Le magazine donnant même le nom du pilote décédé : Donizete Amaral. Un autre homme, copilote, avait été retrouvé blessé,parait-il, mais, recueilli par un paysan et soigné, il avait réussi à s’enfuir ensuite en moto !!! Le Cessna de l’infortuné Amaral était le PT-JPW, un modèle U206F Stationair (N°U20602357 ) enregistré au Brésil depuis le 18 septembre 1995 , vu ici en photo à l’aéroport Brigadeiro Protásio de Oliveira et indiqué comme appartenant à « Brabo Táxi Aereo ». En fait il avait changé de propriétaire, le 24 juillet 2017, le nouveau s’appelant Raimundo Dos Santos Souza, en voyant à la clé son certificat de vol suspendu !!! Il n’avait donc plus le droit de voler !!!

Le Beech rapatrié, un responsable de l’infrastructure mafieuse déféré

Une fois son problème d’hélice réparé, voici-donc notre appareil brésilien qui s’envole le 17 août 2017 vers le Cheddi Jagan International Airport (CJIA), Timehri pour y être rapatrié… comme le précédent. La photo (ici à gauche) est prise par les services de l’armée, tout semble rentrer dans l’ordre… mais tout n’est pas terminé pour autant. Les policiers sous les ordres de Wendell Blanhum sont en effet tombés rapidement sur les « préparateurs »   de la piste qui avait été auparavant bulldozérisée. La justice les suit et inculpe deux jeunes gens, des porteurs de pelles qui font figure de lampistes : Wazim King, 37 ans et Nathan Hamilton, 21 ans tous deux de de Lethem, la ville centralisant le réseau de pistes illégales selon l’enquête du fameux bridgadier. A gauche l’usine avec l’engin de terrassement utilisé, un modèle de scrapper en fait; une niveleuse pour aplanir le sol, un engin de terrassement.

Selon leur avocat l’un des deux jeunes accusés avait facilement avoué avoir conduit la niveleuse pour préparer la piste. Mais elle inculpe aussi notre fameux Shawn Huston Singh du Tabatinga Housing Scheme le businessman de Lethem faisant dans le bâtiment, rendu responsable de la préparation de plusieurs pistes clandestines, dont les deux où ont été retrouvés les appareils. Le même qui avait préparé la piste du Cessna Conquest de 2016 ! Après avoir été emprisonné, le 25 août, puis libéré sous caution de 50 000 dollars, le voici à nouveau arrêté en décembre 2017 dans l’attente désormais de son procès pour avoir facilité le trafic de drogue. La conclusion vient d’elle-même avec cette inculpation : c’est donc bien le même groupe de trafiquants cerné par le rapport du brigadier Collins (cf l’épisode précédent) qui continue d’agir… de la même façon !!!

Le trafic est manifestement protégé en (très haut) lieu

Shawn Huston Singh  n’avait pas agi seul. Dans le dossier, Lindon Denny avait découvert et affirmé devant la Commission « que des enquêtes discrètes menées entre le 10 juillet et le 10 août 2016 à Lethem suggéraient que Rayan Khan, officier recouvreur des impôts, le GRA , avait été lié étroitement aux activités de l’avion. « De plus, des informations ont indiqué que depuis la découverte de l’avion, un homme d’affaires éminent de Lethem, soupçonné d’avoir été impliqué dans les activités de l’avion, s’est enfui au Brésil voisin ». Mais Denny avait fait une autre découverte, avec la déposition explosive de l’éleveur local René Melville, qu’il tenait tant à interviewer et pour une raison aujourd’hui évidente : « pendant ce temps, un ami proche de Khan, René Melville, qui a eu un entretien individuel avec la Commission, a corroboré les conclusions de Denny. Il a déclaré à la Commission: « Les gens étaient là quand nous étions là-bas, les colombiens. Ils étaient là. Mercredi soir (14 septembre 2016), ils s’en sont allés au Brésil. La nuit vers 2 heures du matin jusqu’à 3 heures du matin ou à minuit, ils sont sortis du camp de Santa Fe dans lequel ils avaient une sortie dérobée. La dame (Clara George) les a croisées là-bas. Le patron, appelé « Brazo », ce même homme, Brazo, et sa femme sont rentrés au Brésil. Ils sont partis » … Brazo voulant dire «  bras », pour préciser. Mais ce témoin-clé va aller plus loin encore :  «  Dans une transcription de l’interview individuelle avec le commissaire Collins, Melville s’était engagé à dire tout ce qu’il savait. « Cette chose se passe depuis longtemps. Je sais, je le sais depuis longtemps … et les gens du gouvernement du PPP (le People’s Progressive Party, de gauche socialisante, viré jadis par les actions de la CIA auprès des anglais) qui était avant (au pouvoir) … les ministres et tous étaient impliqués « , a déclaré l’homme. Il a déclaré à la Commission que le premier avion est arrivé à Marakanata où il habite. L’homme a expliqué que lorsque l’avion est arrivé là-bas, il a appelé un ministre dont il ne se souvient pas du nom » (on imagine en effet le poids des représailles sur votre «  gorge profonde » d’un Watergate guyanais). « Le ministre n’a pas dit ce que vous m’avez dit, à savoir d’envoyer la police … et  la police n’est jamais venue. Quelques mois après, je suis arrivé chez des gens pour m’entendre dire le nom de l’homme à qui je faisais le rapport… Je ne sais pas comment ils avaient su que je faisais un rapport à cet homme… Vous voyez, cet homme est impliqué. Je vais signaler à un témoin que cet homme (le ministre) est impliqué … mais je ne peux pas vous dire quel ministre », a déclaré Melville. Interrogé sur la raison pour laquelle il avait appelé le ministère, Melville a dit qu’il lui avait été conseillé de le faire. J’ai dit à la Commission que ça été fait en même temps qu’ils ont trouvé l’avion illégal. En outre, la Commission s’est inquiétée du fait que la piste d’atterrissage illégale soit restée intacte malgré le retrait de l’avion illégal de la bande de Timehri. » Ouah, c’est du lourd, à ce stade ! Qui René Melville visait-il ?  On ne le sait.  L’actuel ministre de la sécurité en Guyana, on le précise, s’appelle Khemraj Ramjattan.  Placé sur la sellette, pressé de s’exprimer, il a répondu juste après  à l’opposition qui s’inquiétait de l’augmentation du nombre d’affaires liées à la drogue que  » certains organismes chargés de l’application des lois bénéficient désormais de la surveillance par satellite au Guyana. Il a expliqué que CANU avait mené des opérations dans lesquelles des Colombiens avaient été arrêtés et qu’Interpol avait aidé à accroître les difficultés des trafiquants de drogue, notamment en raison de l’intégration des forces de l’ordre. En ajoutant que pour 2018, neuf cas de blanchiment d’argent ont été remis à la Cellule spéciale de lutte contre la criminalité organisée (SOCU), ainsi que huit renvois de l’Unité des stupéfiants des douanes (CANU). En ce qui concerne le blanchiment d’argent, M. Ramjattan a déclaré que la remise en cause des dossiers bancaires n’était pas prévue par la loi ». Certes, mais pourquoi reviennent-ils aussi facilement, est-on tenté de lui rétorquer…

Un trafic aux voies parfois particulières

L’inefficacité des services de surveillance du trafic est pourtant patente. Un épisode rocambolesque l’a encore prouvé en 2015, il n’y a pas si longtemps. De Guyana, on a déjà tout tenté ou presque pour envoyer de la coke à l’étranger : sous des caisses de crevettes, en fourrant des ananas, des tourtes au fromage, du poivre « wri-wri » ou même des poissons congelés. ou même encore des « pommes de lait » (Chrysophyllum cainito) une spécialité locale délicieuse, appelée aussi Star Apple, ou encore des awaras (le fruit de l’Astrocaryum vulgare, un palmier). Ou parfois plus classiquement dans des chaussures.  La plupart du temps, on l’a vu, des paquets ou des cartons envoyés de l’aéroport Internacional Cheddi Jagan au sud de Georgetown. Les trafiquants locaux rivalisent d’ingéniosité… et visent aussi de plus en plus l’Europe, en passant par bateaux et par des ports, cette fois.  C’est là tout le danger du trafic.  Pour arriver jusqu’en Grèce, à Aspropyrgos, ils ont donc innové encore une fois, en septembre 2015 en recrutant d’abord un ex-top model masculin, d’origine hollandaise, et… de la ferraille, remplissant à ras bords tout un container (ici à droite).  Soit plusieurs tonnes à trier pour trouver les quelques kilos dissimulés. C’est le coup de l’aiguille dans la botte de foin, en quelque sorte, de quoi décourager les douaniers ! Soigneusement cachés dans des tubes de fer, la coke avait ainsi été envoyée sans encombre. Il y avait 27,170 kg de cocaïne dans 13 enrobages de plastique dissimulés dans 4 gros tubes (d’anciens essieux de camions en fait).  Il y en avait pour 1.5 million d’euros ! Trois hommes sont d’abord arrêtés le modèle, grec, âgé de 38 ans, un Guyanais de 48 et un Hollandais, de 38 ans.  Le récit de leur tentative avortée est racontée ici par GR Reporter :  « comme il est apparu, dès le début de 2015, le guyanais  âgé de 48 ans opérant aux Pays-Bas, et le Grec, âgé de 38 ans, essayaient de mettre un pied dans les importations de cocaïne et de créer un réseau à eux. Ils avaient eu déjà l’occasion d’utiliser le Guyana pour l’expédition continue de quantités de cocaïne en Grèce et vendus au détail dans d’autres pays européens. Au début de l’été, sur la base de la collaboration entre les groupes criminels en Guyana, le conteneur de fret a été envoyé avec la ferraille à sa position légitime. Le cargo est arrivé au port du Pirée en accomplissant une expédition d’essai. Le 28 août 2015, deux autres conteneurs, à nouveau chargés de ferraille, sont arrivés au port du Pirée. L’un d’entre eux contenait de la cocaïne, cachée dans les essieux des véhicules, spécialement aménagés à cet effet. Vendredi prochain, la charge de la cocaïne devait être récupérée par les membres du groupe dans l’entrepôt Aspropyrgos, où tout le chargement de ferraille était arrivé. Pour ce faire, le grec et le Hollandais sont arrivés à l’entrepôt et ont été arrêtés par la police lors de l’extraction de la cocaïne ».

Les policiers savent qui pilotait cette fois

Revenons à Santa Fe, où l’on a appris pas mal de choses.  Le chef de la police, David Ramnarine, déclare un peu plus tard aux journalistes « que deux passeports et cartes d’identité avaient été trouvés dans l’appareil et qu’ils correspondaient. Les deux passeports se sont avérés être deux personnes (un Colombien et un Brésilien – on aurait cru entendre une colombienne et un brésilien)  car il y avait des pièces d’identité qui ont également été retrouvées sur place et qui correspondaient à ce qui était dans le passeport », a-t-il déclaré. Ramnarine a déclaré que les enquêteurs ont passé environ une semaine et demie dans la zone au cours de laquelle un certain nombre de personnes ont été interrogées et qu’un certain nombre de pistes ont été poursuivies ». Il explique: « Ils ont passé un peu de temps, une bonne partie d’une semaine et demie dans la région, certaines personnes ont été interviewées et un certain nombre de pistes ont été poursuivies et à ce moment-là, sur la base des conseils reçus hier (dimanche) en quelques jours, ils termineront ce rapport qui sera les autorités compétentes, y compris le conseiller juridique (de la police) si nécessaire « .

L’exemple du ratage précédent semble avoir porté ses fruits… Quoique… en Guyana, on n’est jamais à l’abri d’une troisième arrivée, ni de la réapparition de personnes bien connues, comme on va le voir ici… dès demain !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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Coke en stock (CCXVII): que se préparait-il donc à Yupukakri, au Guyana (7)

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