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Coke en stock (CCXVII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (7)

Vous vous rappelez ma mini-série mise en ligne l’été de l’année dernière, avec son titre en forme de question (1) ?  Et bien on peut presqu’affirmer aujourd’hui que l’on sait plus précisément ce qui s’y passait.  De nouveaux renseignements nous sont parvenus et se sont accumulés depuis, et mieux, ou pire encore, puisque depuis deux avions ont suivi un chemin similaire, prouvant un trafic international très organisé dont la grande surprise est la re-découverte d’un pilote bien connu par ses frasques passées…  Un homme dont je vous avait cité le nom et les exploits dès le premier épisode de la série (2) !!!  Eh bien il est de retour, soutenu à l’évidence par… des officiels vénézuéliens !!!  On tient là, avec lui et sa présence dans la nouvelle affaire, la preuve d’une collusion entre le crime organisé et un gouvernement qui est bien mêlé au trafic de cocaïne, ce dont aussi je vous parle ici-même depuis des mois. 

 

Retour donc en Guyana, avec notre avion dissimulé sous les arbres, et dont Falcon et moi vous avions retrouvé l’original après moult comparaisons de photos, une découverte aujourd’hui confirmée par ces nouveaux documents.  Preuve ma foi d’une certaine efficacité dans la recherche, comme quoi la ténacité paie aussi…  L’affaire avait fait grand bruit à l’époque et avait occupé la une des journaux guyanais, comme cette couverture du Guyana Chronique qui avait ensuite suivi l’affaire de près.  Dans l’épisode 4 de cette mini-série sur l’événement de Yupukari, j’avais plutôt égratigné le rapporteur de l’enquête, le Brigadier à la retraite Edward Collins qui, le 25 novembre 2016 (3), avait remis son rapport au ministre d’état Joseph Harmon.  A droite ici, la photo de la remise officielle le l’épais dossier de 239 pages (en fait une centaine, agrémentée d’une autre d’annexe comportant des photos prises sur place ou des listings de sites d’atterrissages.  Il est disponible désormais en ligne, son adresse est ici en annexe au bas de cette page).

Un rapport plus instructif qu’à première vue

Aujourd’hui, je dirais plutôt que son rapport contenait bien davantage qu’on n’avait pu en découvrir à l’époque, et que c’est donc plutôt son ministre de tutelle qui s’est bel et bien assis dessus (avec l’ancien président pesant toujours sur la hiérarchie tout s’explique (4 ) !).  Or on a appris depuis que ce rapport avait été précédé d’autres, laissés à l’écart par les autorités .  « Dans un rapport déposé le 13 Septembre 2016 (l’avion a été découvert près d’Essequibo, en Guyana, le 18 septembre 2016, on le rappelle) », le chef du renseignement affirmait en effet tout de go « que des avions atterrissent encore régulièrement au moment où il rédige le dossier entre les villages de Katoka, Fly Hill et de Rupununi où il est y a une piste d’atterrissage illégale, dont les conseillers municipaux ou de police locaux ont connaissance ».  Car visiblement,  il n’y a pas eu un seul atterrissage, mais plusieurs, en Guyana, avec des avions différents (5) !!!  En fait, ce ne sont pas les lieux d’atterrissages qui manquent près de Yupukari.  Ici à droite, un plus officiel à Aishalton, dont on peut voir ici la façon de s’y poser en Piper Malibu, celui de Lars Perkins alors en mission médicale.  Selon le pilote, seule la moitié de la piste était alors utilisable.  L’avion montré en incrustation est un de ceux d’Air Services Ltd qui possède aussi le 8R-BHR.  Celui découvert avait été dissimulé sous des branchages, en bordure d’une piste de terre spécialement préparé pour lui :

Un homme-clé découvert 

Le brigadier, en fait, dans son épais dossier accuse d’emblée le voisinage, qui s’est tû, selon lui, à Yupukari, sous l’influence d’une personne fort active rencontrée à plusieurs reprises sur le site.  Selon lui, en effet, « un résident venu du Tabatinga Housing Scheme (une zone de construction de maisons nouvelles dont il est le bâtisseur principal, (retenons simplement le nom de l’entreprise, pour l’instant)) qui est le conducteur d’un véhicule et son propriétaire a été vu avec son véhicule sur une base régulière à cet endroit particulier avant et après que l’avion n’atterrisse » et qu’il était là, et a participé à l’atterrissage illégal d’avions à Parabara, Manwar, Mountain Point (ici à gauche, on distingue très bien de satellite les grosses pierres qui la bordent) et sur la piste d’atterrissage de Mandakara. «  Ce rapport indique en outre que l’homme basé à Tabatinga fournit aux agriculteurs dans la région des denrées alimentaires et d’autres nécessités et leur a également dit de garder les informations pour eux-mêmes, parce que les personnes qui sont impliquées étaient bien armées et dangereuses ».  L’endroit décrit avait servi de zone de ravitaillement aux avions : » Les agriculteurs, selon le chef des services de renseignement décrivent la zone comme une « station d’essence » où des avions sans marques d’immatriculation pouvaient être vus entre 14 h 30 et 16 h 30. « On a appris depuis qu’il y avait sur place le nombre de quinze conteneurs avec du carburant d’aviation et plusieurs avions  sont soupçonnés de s’être rendus à ce ravitaillement sur la piste d’atterrissage,  indique le rapport »  Ouf… voilà déjà bien des renseignements saisissants:  le premier est que le cas de Yupukari n’était donc pas un acte isolé, et que pas mal de gens étaient au courant dans la région !!!  Le second étant qu’il y avait sur place toute une organisation pour accueillir des avions.  Un trafic état bien en place !  L’effervescence était permanente sur les lieux, c’est ce qui ressort aussi de cette étonnante enquête, ce qui n’est pas loin de nous faire penser à ce qui s’est passé à des milliers de kilomètres de là à Tarkint, au Mali, ou les mêmes attitudes avaient été détectées dans la population locale.  Et surtout ce rapport rappelle que l’on avait bien tenté d’alerter en haut lieu sur le trafic visible… mais sans obtenir de réaction pour autant de la part des autorités !!!  Car beaucoup savaient, surtout ceux qui entretenaient notamment les pistes de savane entre les villages de Maunwar Savannahs, le bien nommé (la région entière est une zone de savane), de Katoonarib, Karaudarna, Kaicumbay et Parabara Savannahs, ou ceux de Katoka et Fly Hill.: « un homme et ses fils ainsi que le village de Parabara ont également été nommés dans un rapport daté du 12 février 2016 concernant la maintenance et la surveillance de la piste d’atterrissage. Un rapport dit également qu’un conseiller local est conscient de leur implication. »  Pour ce qui est de la localisation exacte, l’avion des trafiquants s’était posé selon le brigadier aux coordonnées  géographiques N 03°32’29″, W 059°22’33, pour ceux qui veulent y faire un tour sur Google Earth (qui hélas ne dispose pas de carte à jour sur l’endroit !).  L’entrepreneur de Lethem cité dans le rapport comme ayant fabriqué la piste (mais aussi les autres, comme on va le voir) s’appelant Hutashan Ramsingh, alias “Seon Singh” (ici à droite).  La presse, en 2017, nous présentera cette photo, dans des circonstances que nous verrons un peu plus tard, si vous le voulez bien…

L’aveu des résidents

Bref, beaucoup savaient, sur place.  C’est Kaiteur News, une bonne source d’infos locale, qui le précise : « Selon Collins, la décision d’organiser des réunions publiques dans plusieurs villages tels que Katoka, Kaicumbay, Yupukari et d’autres villages, et impliquant le président régional et responsable exécutif régional de la région Neuf (6), s’est révélé être un exercice utile, car il a permis de mieux comprendre dans les faits découverts au cours de l’enquête.  Le brigadier Collins a fait remarquer que, outre ce processus, un certain nombre de témoins oculaires se sont manifestés.  Après une enquête plus approfondie, des membres des forces de police guyanaises ont été conduits dans un campement abandonné à Yupukari, qui serait relié à des personnes susceptibles de connaître l’avion ».  

L’aéroport et son hangar à coke

« Le 13 septembre 2016, l’avion, portant le numéro d’immatriculation N767Z, a été signalé pour la première fois aux autorités par des résidents de la région ».  Dans un pays ou de drôles d’événements liés au trafic de drogue avaient eu lui les mois précédents, on le rappelle.  A gauche, ci-dessus, l’avion découvert ramené au Cheddi Jagan International Airport de Timehri, où l’on avait également découvert un trafic de cocaïne organisé autour de l’incroyable Khamraj Lall et de son Jet Commander N822QL, retrouvé bourré de billets de banque, ou de son hangar en dur édifié pour la circonstance et toujours bien visible aujourd’hui.  Lall travaillant pour un gang… américain de Rochester !  Il a été extradé depuis et après avoir plaidé coupable, avait été en un premier temps condamné en 2016 par le juge US Jay A. Garcia-Gregory à une année de prison plus la saisie de son avion est d’un demi-million de dollars.  Il avait au même moment proposé au gouvernement guyanais d’utiliser son fameux hangar bâti à ses frais…. Un second procès avait eu lieu le 8 septembre 2017 seulement dans le New Jersey.  Sa société était en effet basée à Gainesville en Ohio.   Le procureur US William E. Fitzpatrick avait requis contre lui 10 ans de prison minimum, sinon la prison à vie.

Libération et confusion

La justice US étant plutôt complexe, et les avocats US redoutables, les premières charges et condamnation de 2016 avaient été suspendues par l’appel de 2017.  Le juge US avait alors surtout retenu la somme détournée de 7,549,775 de dollars déposés comme une fourmi dans 20 comptes bancaires différents, une somme que seul un trafic de coke de grande intensité avait pu générer, à l’évidence. Qu’est-il arrivé ensuite, difficile de le dire.  Toujours est-il que le 23 décembre 2017, voici que le journal Starbroek news annonce, à la surprise générale, que notre fameux pilote a gagné son appel contre la cour du New Jersey, qu’il a été libéré et placé chez lui sous surveillance électronique.  « Selon les documents judiciaires vus hier par Stabroek News, Khamraj Lall a été libéré sous caution (…) Son obligation a été fixée à 1 million de dollars américains, garantie par deux propriétés.  Un tiers dépositaire devait également être agréé par les services de pré-procès et il devra être incarcéré chez lui avec une surveillance électronique.  Il doit également remettre tous les passeports et documents de voyage et ne peut pas demander de nouveaux documents de voyage.  Le voyage a été limité au New Jersey et doit rendre sa licence de pilote.  Les deux propriétés en question sont situées 11 Sky Top Ridge, Oakland, New Jersey et au 139 Fountain Drive, Ringwood, New Jersey » (ici en photo à droite, le trafic rapporte, effectivement !). « Le juge  Steven C. Mannion en octobre de cette année avait rejeté la demande de Lall de mise en liberté provisoire après un examen et une audience de libération sous caution fondée sur une demande qu’il avait faite par son avocat, où les principaux arguments étaient qu’il n’est pas un risque de fuite ou la personne violente ».  Voici donc notre homme coincé aux Etats-Unis, donc, mais plus emprisonné.  Or une encore plus surprenante annonce tombe le 12 juin 2018 en provenance de Guyana.  On y a trouvé là-bas 35 kilogrammes de marijuana et 13,8 kilogrammes de cocaïne, dont les paquets sont montrés à la presse.  Les paquets ont été découverts dans deux bidons d’essence de plastique bleu déposées dans le coffre d’une voiture contrôlée par les policiers anti-narcos sur la Parika Public Road vers l’East Bank Essequibo.  Et qui voit-on apparaître comme noms ? Ceux-ci : Khamraj Lall, Rajendra Persaud, Marlon Lawrence, Cleve Thornhill et Doodnauth Chattergoon.  Oui, vous avez bien lu le nom du premier… mais il s’agît d’un homonyme, âgé de 39 ans seulement, celui-là, selon la police.  Ouf, ce n’était pas le même, on a crû un moment qu’il avait réussi à sectionner son bracelet électronique ! Il n’empêche:  13 kilos de coke, ça n’est pas rien non plus, et ça circule toujours bel et bien dans la région d’Essequibo !

« Une » pilote à bord ?

Revenons plutôt au rapport sur l’arrivée de l’avion de 2016.  Le brigadier affirme également, et c’est une autre surprise, « qu’une chose qui est ressortie de l’enquête que nous n’avions pas reconnue était l’implication d’une femme pilote, et cette révélation était due aux preuves volontaires présentées par les résidents » (…)  Un autre rapport de police, plus ancien encore, relève qu’il y a bien eu préparation des arrivées à Yupukari, dans laquelle une femme, effectivement, était apparue à plusieurs reprises (ce qui est plutôt rare chez les trafiquants) : « en date du 15 Décembre 2015, envoyé au commissaire de police Seelall Persaud » déclare lui « qu’une femme d’une compagnie aérienne locale (7) effectuait des visites quotidiennes dans les ranchs de Pirara et Montezero qui sont à proximité de la piste clandestine de Mandakara, piste qui avait été construite dans les années 1970 pour effectuer la navette de la viande de bœuf entre le ranch Pirara et la côte. Il signalait aussi que deux frères de la compagnie aérienne qui, salariés et  employés par la compagnie aérienne locale et le même officier du GRA « allaient à la pêche et la chasse dans les ranchs de Pirara, Markanata et Montezero (presque) tous les jours. « Il a été dit que les frères (les noms on été omis) ont connaissance des activités illégales qui ont lieu sur la piste d’atterrissage de Mandakara. Par ailleurs, un haut responsable de la police a été accusé d’avoir compromis une enquête sur la découverte d’un avion et d’une piste d’atterrissage illégaux dans le sud de la Guyane, a constaté la commission d’enquête ».  En somme, que l’on avait fait d’intenses repérages avant de s’y poser, et qu’un de ceux qui l’avaient fait était, surprise, « une femme pilote d’une compagnie locale », ce qui aujourd’hui encore ne doit pas être trop dur à retrouver (8) !!!  A droite, la piste illégale découverte en 2017 à Santa Fe (le nom d’un énorme ranch doté de silos) près de Rupurini : un vrai boulevard !

Ici à droite, un autre cas de figure : la piste de Katoka, citée elle aussi dans le dossier, une photo en réduction de celle-ci faite lors d’une manifestation tenue par le responsable Jeff Marco, venu défendre l’existence de la piste de terre pour aider par exemple à rapatrier plus rapidement à l’hôpital des personnes blessées en Cessna U-206.  Ce en quoi on ne peut le blâmer !  L’avion est ici celui ddu Remote Area Médical Inc (RAM), le N6HQ, une entreprise US (dite de « non profit » basée sur le volontariat) installée à Rockford dans le Tennessee, créée par Stan Brock.  Tout le dilemme, pour le Guyana, les pistes de terre sauvant aussi des vies comme apportant la mort via les trafiquants ! J’ai déjà signalé ici le problème que posent ces humanitaires souvent religieux qui se font infiltrer par des pilotes recrutés par des trafiquants.  Comme pour les Mennonites boliviens, le plus souvent ce sont eux qui entretiennent les pistes dont se servent à leur insu les trafiquants.  Lire ici l’exemple de l’avion détourné du pasteur Jefferson McKenney.

L’aide précieuse des villageois alentour, une pilote colombienne repérée

Les trafiquants l’ont en effet bien compris : aider les trafiquants et se taire.  Pour la commission que je cite ici, l’aide des villageois autour de l’opération a en effet été évidente et flagrante : « la Commission a constaté qu’il existait un camp logistique / administratif situé à environ 3 kilomètres à l’ouest de la piste et que les personnes impliquées dans les activités illégales comprenaient des hommes d’affaires brésiliens, colombiens et de Lethem avec des habitants des villages voisins.pour terminer le travail. Il y avait au moins une femme d’origine colombienne et elle a été identifiée comme étant le copilote qui a été bloquée dans le sud de la Guyana à la suite de la défaillance de l’avion (il avait visiblement un défaut sur un de ses moteurs, ce qui l’a empêché de redécoller).  La Commission a constaté que la construction de la piste d’atterrissage et du camp avait été facilitée par des hommes d’affaires et des habitants des villages voisins de Katoka et Yupukari, notamment par ses villages satellites de Kwatata, Kaicumby et Fly Hill. Il a été constaté que les habitants des environs de la piste d’atterrissage illégale étaient des « gardiens » dans le secteur des avions immobilisés ».  Pour la troisième fois dans le rapport, on évoque bien une femme pilote, colombienne.

Un pick-up en soutien

Sur le chemin menant au site d’atterrissage, les enquêteurs ont aussi trouvé une voiture, un pick-up renversé et abandonné : manifestement celle d’un conducteur ne connaissant pas le coin.  Un habitant de la région l’avait lui aussi repéré : « Peu de temps après, alors que sa femme et lui s’étaient déjà rendus dans la crique de Wariku, ils ont rattrapé le dit véhicule coincé dans la zone boueuse de la route.  Ses occupants comprenaient le « grand homme blanc » et un petit « homme noir ».  Mis à part l’homme noir, ils ne parlaient aucune langue reconnaissable.  L' »homme noir » parlait portugais et était capable de communiquer avec M. Andrea, qui connaissait très bien la langue.  M. Andrea les a avisés que renverser le véhicule le ferait sortir de l’ornière.  Ce qu’ils ont fait (…) Andrea a déclaré à la Commission qu’il avait cependant constaté qu’il y avait de «petites» valises sur le toit du véhicule.  Il a témoigné avoir plus tard rapporté l’incident à son conseiller principal du village de Quatata et à M. Russian Dorrick de Toshao, du village de Yupakari.  C’était une réunion publique dans le village de Quatata.  Les deux témoignages ont été refusés lors de la réunion du commissaire du dimanche 10 octobre 2016. »   L’’homme cité est un éducateur indigène de Yupukari qui participe au National Toshaos Council.

Des atterrissages très préparés et très organisés 

« Le rapport indique qu’à Parabâra, la police a reçu des informations comme quoi un avion avait touché le sol en janvier dernier une nuit au clair de lune, et qu’il y avait plusieurs endroits éclairés par des feux le long de la piste pour assurer piste d’atterrissage à l’avion. Un rapport de police a indiqué que plusieurs personnes étaient impliquées dans l’entretien et la surveillance de la piste d’atterrissage, située à environ sept miles du village. Les personnes nommées sont un homme et ses fils du village de Karawadaru, situé dans le sud profond de Rupununi. Selon la police aussi, le chef du village a une connaissance claire de la « participation populaire dans le maintien de la piste d’atterrissage », et un agriculteur de la région a deux endroits secrets dans les buissons à côté de sa ferme, où il stocke le carburant et d’autres équipements qui ont réussi à entretenir la bande. Il a été noté aussi qu’un membre du conseil du village de Karawadaru, qui est également membre du groupe de police communautaire (CPG) est liée à l’une des personnes qui maintient la bande de Parabâra, et que que lui, aussi, a clairement la connaissance de tout ce qui se passe.  Le Conseil de développement du Rupununi Sud (SRSA), qui regroupe à Wapishana 21 villages dans la région Neuf  avait noté la présence de plusieurs pistes d’atterrissage illégales à Parabâra est c’est l’un des nombreux défis auxquels est confronté le groupe autochtone Wapichan.  Selon des informations provenant de la région, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, des avions ont été observés et ont ensuite atterri dans la savane de Parabara, au sud de Lumid Pau ».  Les autochtones ne pouvaient ne pas avoir vu les préparatifs.  En se rendant plusieurs mois plus tard sur place le comité d’enquête photographiera plusieurs éléments probants, dont un surprenant bateau gonflable de secours d’avion (ici à gauche) ou une tour de vigie et de contrôle faite de rondins de bois (ici à droite), comme celles aperçues dans le Vraem au Pérou, en moins sophistiqué il est vrai, découverte à Marakanata, un zone hélas pas couverte par Google Earth.  Désolé pour la qualité, mais le rapport proprement dit, disponible en ligne, a été fait à partir d’une photocopie de faible qualité.

Une enquête littéralement sabotée

Le dossier du brigadier insiste aussi sur les freins apportés à l’avancée de la connaissance des faits, une fois l’enquête lancée :  » l’enquête a trouvé que le commandant sous-divisionnaire de la police Banwarie n’a pas réussi à prendre en charge la scène du crime, que cela crée un environnement pour abus de preuves, principalement les empreintes digitales qui se sont toutes avérées être tachées ».  L’homme chargé de l’enquête préliminaire avait tout bâclé, rendant la suite des poursuites inexploitable :  « la Commission a appris qu’elle n’avait pas pris en charge l’aéronef au moment de sa découverte et que c’était une scène de crime dont la préservation aurait dû être conforme aux procédures établies.  La Commission a conclu que ce laps Causé l’enquête ou toute autre enquête à refuser des informations précieuses dans le suivi des activités de l’avion étranger, « Collins a déclaré au président David Granger dans la Commission du rapport d’enquête en date du 25 novembre, ici en 2016.  Collins a également déclaré que les forces de sécurité auraient pu faire plus que ce que l’avion avait été trouvé et que des éléments de preuve ont été mis en évidence indiquant l’implication présumée de personnes ou de personnes.  La Commission a conclu qu’il y avait suffisamment de preuves pour lancer une série d’opérations conjointes plus actives et plus solides que celles qui étaient en cours.  Le moins que la commission attendait était d’aller fouiller le Ranch de Melville », déclarait-il.  Bref, le rapporteur disait que l’on avait assisté à un vrai sabotage de l’enquête de police, et qu’il fallait interroger encore une personne qui aurait des choses importantes à dire, car cela n’avait pas été fait !!!  On n’a même pas pris soin de relever les empreintes à bord de l’avion abandonné sous les feuillages !!!  Tout avait été dénoncé en plus avant même la découverte du Cessna Conquest : « selon les documents à l’appui du rapport établi par l’ancien Force de défense du Guyana (GDF) Chef d’état-major, le général Edward Collins, il a été déclaré que le surintendant principal, Linden Denny avait fait plusieurs rapports de la présence d’avions dans les villages de Achiwib, Katoka , Mandakara, Munwar Savannah, Parabara et à Tampem ». Bref, ça se savait !!!  Mais on a manifestement laissé faire !!!  L’inspecteur avait aussi relevé sur place la présence de tuyaux et de bidons d’essence, dont la photo est présentée dans le rapport et que la presse avait aussi montrée (ici à gauche), autre preuve qu’on s’était occupé sur place de l’appareil et qu’on avait bien tenté de l’approvisionner.

C’était bien celui-là, en tout cas, venu de Colombie !

Vient enfin, dans le long texte, qu’arrive un propos sur l’avion lui-même : « plusieurs étaient parmi les personnes qui avaient une connaissance du Cessna 441 Conquest II et de la construction d’une piste d’atterrissage illégale où il a atterri.  Dissimulé dans un couvert végétal épais, découvert le 14 septembre 2016, il y avait de fausses marques d’immatriculation « N767M » au lieu du marquage authentique « N533M » et le numéro de série 441-0222. Les enquêteurs pensent que l’avion a commencé son voyage de près de Medellin, en Colombie et a probablement été piloté par un homme blanc et grand du Brésil, accompagné d’une femme de plus petite taille » (c’est la quatrième allusion à la personne).  « Selon la commission « l’avion pourrait avoir rencontré des problèmes de moteur et a été forcé d’atterrir en Guyana. Plusieurs résidents à proximité de l’avion et la piste d’atterrissage illégale auraient fourni un soutien aux personnes associées aux activités illégales.  Selon Lindon Denny l’ancien membre du service de l’Autorité fiscale du Guyana (Guyana Revenue Authority) a été « liée aux activités de l’avion trouvé et il a été découvert qu’il aurait également été impliqué dans le trafic humain, en particulier des ressortissants de nationalité Cubaine  de l’autre côté de la frontière entre la Guyane et le Brésil ».  Bref, une collusion flagrante avec un représentant gouvernemental !  Dans le dossier, l’enquêteur a noté la présence du GPS de l’avion (un Garmin 530, en démo ici en Californie) et des données anciennes qu’il contenait encore.  « La location montrée est le  N39 oo.oo là où le 39eme de Latitude Nord recoupe le 095 de Longitude Ouest, ce qui pointe vers ver l’Etat du Kansas aux USA ».  L’avion N533M, repéré par Falcon et moi-même, provenait en effet du Kansas (il est ici en photo près de Seattle et là à Oklahoma).  La photo qui avait permis de le retrouver avait été prise en 2004 en Oklahoma.  L’inspecteur avait comme nous retrouvé les acheteurs : « La Commission a également entendu et reçu des preuves photographiques confirmant que la date de son enregistrement aux États-Unis était le 16 septembre 2015.  C’était la date à laquelle le certificat a été délivré à « Yeli Aircraft LLC, 10311 Oasis Street Appartement A2, San Antonio, Texas Bexar USA, Code postal 78216-4005.  » C’était aussi la même date où l’avion a été désenregistré en conséquence d’être exporté au Mexique à la suite de sa vente à un acheteur dans ce pays.  La Commission n’a pas été en mesure de déterminer son identité pour le moment ».  Le trafic guyanais était bien orienté vers le Mexique !  Mais pour ce qui est de l’origine de la drogue, c’est l’étude des fréquences radios utilisées par l’avion et décrite page 47 qui allait en dire davantage :  « le lieutenant-colonel Fields, directeur de la GCAA, a témoigné que la première fréquence est généralement la première avec l’autre comme secours.  Tracée sur la carte aéronautique la première a été tracée vers Marinilla, département d’Antioquia, en Colombie, une ville située à l’extérieur de la tristement célèbre ville de Medellin.  L’autre a été tracé à Ambelema, également de Colombie ».  Voilà qui renforce encore davantage l’idée d’une pilote colombienne présentée avec insistance par Collins !!!  Dans la région on cultive aussi du riz, du maïs et du coton, et ce ne sont donc pas les pistes de « fumigation » qui manquent pour se poser discrètement… (photo ici à droite d’El Tiempo).


Pour ce qui est des acheteurs, Yeli Aircraft ne s’était pas intéressé qu’à cet exemplaire :  outre le fameux Cessna 441 4410222 (N5530C), la société avait aussi acheté des Cessna 172, 206, 210 et un Piper PA-31 Navajo, son Cessna T210M 21063782 de 1980 ne lui ayant pas coûté une fortune, puisqu’acheté 106 000 dollars en Ohio à Western Skyways.  Idem pour leur Cessna 172RG Cutlass de 1980 (N6533V) acheté en 2014 à José Cervantes, de San Diego (Californie).  Leur Navajo immatriculé N300HF (31-7812008), avait été capté en train de se rendre ici se rendant directement en Colombie. en 2013, après avoir été racheté à Blue Grass Aircraft Inc, le 20 juillet 2012..  Le Cessna Centurion répertorie N2013S vu sur eBay leur avait plu tout de suite:  sur le web il était présenté  la vente déjà vidé de ses sièges arrière, et muni d’un seul siège (cf ici à droite) !!!   Le 1 octobre 2015, le voici acheté par les mexicains, lui aussi !  La liaison triangulaire Mexique-Colombie-Guyana, relayée par des acheteurs d’avions texans apparaît en filigrane dans tout le rapport !

Un témoin étonnant appelé à la barre

Mais il y a plus surprenant encore.  Tout le monde l’a oublié depuis, mais en octobre 2016 la commission chargée de l’enquête avait « souhaité rencontrer un autre témoin ».  Un drôle de zèbre, ma foi, présenté comme simple « entrepreneur guyanais ».  Mais laissons Demerarawaves nous le raconter, car c’est plutôt… savoureux, sachant qui était ce témoin surprise… « La commission d’enquête sur le bimoteur Cessna, qui a été découvert illégalement dans le sud de la Guyane le mois dernier, a tiré parti de l’expertise de l’aviateur guyanais Michael Brassington.  Il a été convoqué par le commissaire de l’enquête, le brigadier à la retraite Edward Collins, pour comparaître sous serment à l’enquête sur Lethem, à Rupununi ». L’homme ne contestant pas la nouvelle :  « J’ai été convoqué.  On m’a plus ou moins donné l’ordre de comparaître devant le commissaire et, à la lumière de mon expérience et de mon expérience en tant que capitaine de nombreux avions et de mes voyages à travers le monde, ils m’ont montré des photos et m’ont posé des questions (le brigadier le soupçonnait-il alors d’être derrière le trafic, on l’imagine sans peine, car comme expert c’est surtout celui du trafic d’héroïne qu’il avait effectué dans les années 2000 en Floride !!!). « J’ai été condamné aux États-Unis à la suite d’un accident d’avion survenu dans le New Jersey il y a 11 ans », a déclaré à Demerara Waves Online News.  Brassington a déclaré que durant sa comparution sous serment d’une heure, il a été interrogé sur le type d’avion.  Il a déclaré qu’il n’était pas tenu de soumettre un mémorandum auparavant, mais a été placé devant la barre et a répondu aux questions.  Le président David Granger a ordonné à Collins d’enquêter sur un certain nombre d’aspects liés à l’arrivée et la présence du Cessna avion en Guyane, et s’il y avait une défaillance dans la coordination et le partage d’informations et de renseignements entre les organismes chargés de l’application de la loi. Les autorités viennent d’apprendre que le numéro d’enregistrement américain sur l’avion est faux. Brassington, l’ancien président et chef pilote de la compagnie charter de luxe Platinum Jet Management LLC, a été condamné à deux ans en 2011 après avoir été reconnu coupable de l’accusation d’atteinte à la sécurité d’un aéronef en vol lié à la dissimulation de substances dangereuses sur ravitaillement en carburant et le poids.  Selon les enquêteurs du National Transportation Safety Board, l’aéroport de Teterbero, basé à New York, a déclaré que c’était le plus grand aéroport des États-Unis. Le bombardier Bombardier Challenger 600 a traversé une clôture, traversé plusieurs voies et pénétré dans un entrepôt où il a explosé, blessant plusieurs personnes… »

Que venait faire-là Brassington, on se le demande encore.  A part lui faire avouer une implication comme spécialiste du trafic de drogue (Collins avait-il eu un pressentiment ?), je ne vois pas à quoi ça pouvait rimer… on notera en effet que le nom de Brassington n’apparaît pas une seule fois dans le document final de la commission… sauf dans la liste des rendez-vous d’interview comme on peut le voir ci-dessus; ou son nom demeure mais aucun de ses propos.  Avait-on censuré le brigadier ?  Caviardé son rapport ? Quel rôle jouait alors sur place Brassington, réfugié dans son pays d’origine après ses longs déboires aux USA ???  Sa seule apparition ne peut qu’intriguer, à connaître son CV si chargé (et celui de son frère, pilote lui aussi ; vous avez aussi remarqué la présence sur l’une des pistes clandestines de deux pilotes frères ?) !

Bref, on en était là avec ce qui était bien un trafic de cocaïne organisé sur plusieurs sites d’atterrissages et non un seul … quand arrive une année plus tard un avion encore plus imposant que celui de Yupukari, et qui vient se poser à une trentaine de km de là sur une des autres pistes préparées par le même entrepreneur de Lethem.  Comme l’affirmait le brigadier en retraite, celui qui avait convoqué l’ineffable Brassington, le trafic n’avait donc en rien cessé depuis le le 18 septembre 2016… ce que nous allons vérifier incessamment bien entendu… dans le prochain volet !!!

 

Le document principal : le dossier du brigadier général Collins.

 

(1) vous pouvez la relire ici si vous en avez oublié les détails et les contours. La relecture de ses 6 chapitres va vous aider à mieux comprendre ce qui vient juste de se passer en juillet dernier au même endroit.

Coke en stock (CXXIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (1) ?

Coke en stock (CXXIV): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (2) ?

Coke en stock (CXXV): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (3) ?

Coke en stock (CXXVI): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (4) ?

Coke en stock (CXXVII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (5) ?

Coke en stock (CXXVIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (6) ?

(2) si je vous dit qu’il s’était fait pincer en juillet 2000 avec 20 kilos d’héroïne comme copilote du Learjet de Wally J. Hilliard celui qui avait acheté Huffman Aviation avec Ruddy Dekkers, le formateur de Mohamed Atta et Marwan al-Shehh, avouez que cela va vous rappeler des souvenirs… je suis aussi vous rappeler qu’il était le directeur de la compagnie ayant à son service l’un des rares pilotes a être entré directement à Teterboro dans un hangar sans passer par la porte avec un Challenger 600 de 9 tonnes ; cela devrait vous éclairer davantage… ils ne sont pas nombreux à avoir réussi l’exploit !

(3) le rapport de 239 pages est lisible ici.  Sa lecture attentive change toute la donne, puisqu’elle est aujourd’hui… prophétique, avec la nouvelle affaire dans l’affaire.  Mais il semble bien que ce rapport ait été amputé, comme il est dit un plus plus loin dans l’article.

(4) on rappelle ici que l’ancien président Bouterse est toujours condamné pour trafic de cocaïne…à défaut de l’être un jour pour le massacre de 15 opposants… rappelons l’atavisme familial chez lui, avec son fils Dino, condamné à 16 ans de prison en mars 2015 par la justice américaine, pour «tentative de soutien au Hezbollah libanais, complot pour importer de la cocaïne et port d’arme à feu en liaison avec ce complot»… et je ne parle même pas d’une certaine photo avec le ferrailleur hollandais Dirk Staphorst … dont voici le résumé « Dirk Staphorst a été repéré internationalement pour une peine de 180 jours après une condamnation pour blanchiment d’argent. Il est également reconnu internationalement. « Paultje » (son surnom) a déjà été arrêté pour possession d’armes à feu, prise d’otages, menaces graves et possession de drogues dures. Dirk Staphorst est le fils d’un ancien officier, Dick Staphorst, connu au Suriname.  En tant que soldat hollandais, Dick Staphorst a dirigé le bureau des sports au Suriname en 1975 où Desi Bouterse était venu travailler’.  Le 5 décembre 2017, Ruben Rozendaal, un des accusateurs de Bouterse pour les massacres du 8 décembre 1982 (comme participant) avait été retrouvé mort chez lui.  Verdict: suicide.

(5) l’auteur du rapport en a dénombré 8 parmi les 40 au total de répertoriées.

APPENDIX 18: LIST OF AIRSTRIPS IN REGION 9 

Below is a List of the AUTHORISED AIRSTRIPS in Region 9 as obtained from the GCAA

and the Remote Area Medical Service (RAMS):

DEEP SOUTH RUPUNUNI 

1. Gunns Strip Village

2. Achiwuib Village

3. Karudanawa

4. Village

5. Awariwauna Village

6. Maruranau Village

7. Shea Village

SOUTH CENTRAL RUPUNUNI.

8. Rupunau Village

9. Sand Creek Village

10. Dadanawa Ranch

11. Wichabai Ranch

12. Potarinau Village

13. Mountain Point

CENTRAL RUPUNUNI 

14. Lethem town
15. Manari Ranch
16. Parishara Village

17. Mandakara
18. Meritizero
19. Karinambo Ranch

20. KatokaVillage

21. Good Hope

NORTH RUPUNUNI 

22. Toka Village
23. YakarintaVillage

24. Rewa Village
25. Apoteri Village

26. Surama Village

27. Fair View Village

28. Annai Village

SOUTH PAKARIMAS 

29. Karasabai Village

30. Taushida Village
31. Tiperu Village
32. RukumataVillage

33. Yurong Paru Village

The under mentioned are the ILLEGAL AIRSTRIPS: 

DEEP SOUTH RUPUNUNI 

34. Bashaidrun Village

35. Wakadanawa
36. Tamton
37. Manwar

SOUTH CENTRAL RUPUNUNI.

38. Sand creek Village (Santa Cruz)
39. Sawariwau Village (Crystal Spring)

CENTRAL RUPUNUNI. 

40. Yupukari Village (Awarikuru creek)

(6) Le petit pays est divisé en 10 régions, chacune dirigée par un Regional Democratic Council (RDC)  et non en départements.  Selon le ministère,  « Les régions montagneuses de Kanuku et de Kamoa et les vastes savanes de Rupununi constituent la région du Haut Takutu-Haut Essequibo. Les monts Kanuku forestiers divisent cette région en deux.  Les savanes du nord ont une superficie d’environ 2 000 milles carrés et les savanes du sud, 2 500 milles carrés. La population de 15 087 habitants vit dans des villages amérindiens dispersés et des programmes de colonisation. En raison des savanes herbeuses, le Rupununi est considéré comme un «pays de bétail». La plupart des bovins sont élevés pour produire du bœuf et quelques-uns sont destinés au lait. Il y a de grands ranchs à Aishalton, Annai, Dadanawa et Karanambo. Une grande partie de la viande de boeuf produite ici est vendue au Brésil voisin, car le transport vers les autres régions du Guyana, en particulier la région quatre, est très coûteux. Les habitants de cette région exploitent également des pierres semi-précieuses parmi les contreforts des monts Kamoa et parmi les montagnes de Marundi. Une grande variété de production manuelle est produite dans plusieurs des dix-sept villages amérindiens et vendue principalement au Brésil. Dans la région des neuf, vous pouvez voir la loutre géante, l‘Arapaima (le plus grand poisson d’eau douce au monde) et le Caïman noir ».

(7) L’enquêteur est très précis au sujet de la taille surprenante du pilote : « de plus, les preuves photographiques ont montré que les deux seuls sièges restants dans l’avion étaient ceux des pilotes. Et la Commission a noté que le siège du copilote était réglé de manière inhabituelle. Cela suggérait que l’occupant pouvait être une personne plus petite ou une femme qui devait ainsi voir avec le rabat anti-éblouissement. Il a également indiqué qu’à un moment donné, au moins une autre personne était à bord de l’aéronef pour aider le pilote. Cette personne aurait également pu être un pilote de secours pour les missions de vol plus longues ». Belle découverte en effet et juste conclusion liant la taille et les témoignages !

(8) quoique… Comme pilotes guyanais qui seraient frères, on en a de connus en effet…: au Guyana, comme ailleurs, les femmes sont désormais plus nombreuses à voler.  Comme exemples de femmes pilotes, on pour citer l’une des plus jeune pilote guyanaise actuelle (ici à droite), qui travaille chez Roraima Airways, équipé de Britten Islander, elle s’appelle Amber Low et elle n’a que 23 ans.  C’est la fille d’un gynécologue réputé, le Dr Guy Low.  Elle a été détrônée depuis par LeShaun Berkley, 22 ans, venue de chez Air Services Limited et qui a été formée à Miami chez Dean International.  Elle aussi est au service de Roraima, comme copilote d’Islande.  Chez Roraima on trouve aussi Debbie Gouveia (ici le message de Noel rassurant de son mari créateur de Roramai Airways, en juin 2018 son Trislander avait pris feu dans son hangar).  La firme est dotée depuis de M-28 Skytruck, dérivé de l’Antonov An-28.  Mais la toute première pilote guyanaise s’appelle Lucy Golas: elle a obtenu son diplôme en 1961, à l’âge de 19 ans !  En 2012, c’est Feriel Ally qui a été la première à piloter au Guyana un Cessna 208 Grand Caravan (chez Guyana Air Services). L’une des plus impressionnantes étant Beverley Drake, aujourd’hui retraitée, avec une longue carrière démarrée dans les années 70 sur Britten Islander (elle est ici à droite sur la photo), pour l’armée guyanaise, commandant de bord sur Twin Otter et Hawker Siddley 748, et qui a été chargée des enquêtes d’accidents au NTSB.  C’est elle qui s’est occupée de l’accident du vol TWA 800, le 747 qui a explosé après avoir décollé de New York en 1996.  Elle tient aussi la page des  « Guyanese Female Pilots » sur Facebook.  On notera que voler au dessus de la jungle demeure risqué : l’Islander 8R-GRA de Roraima s’est écrasé le 24 août 2016 près de la piste d’Eteringbang, tuant  son pilote expérimenté Collin Martin (il avait effectué 19 rotations le même jour et apportait alors de l’essence pour des mineurs), et le 9 août 2017 au même endroit c’est le Cessna 8R-GPR qui a eu des difficultés, blessant son pilote, Dominic Waddell.  Le 28 août 2017 on retrouvait le corps du pilote du Cessna 206 d’Air Services Ltd, celui du capitaine Imran Khan; entre les villages de Chi-Chi et Mahdia, en Région 8.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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