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Coke en stock (CCXV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (50)

Au Brésil toujours, sur lequel se concentre désormais notre enquête, c’est obligatoirement une affaire de trafic international : la drogue parvient de Colombie, du Pérou ou du Paraguay et traverse le pays pour se rendre sur la côte ou effectuer un détour vers l’Argentine pour rejoindre d’autres ports, destination l’Europe en ce qui concerne cette ouverture maritime. Le laxisme des autorités, évident, dû à une corruption omniprésente, facilite grandement la tâche des trafiquants qui ont tout le loisir de choisir le moyen d’effectuer la traversée : avions, hélicoptères, camions, véhicules particuliers. Un système qui existe depuis des décennies maintenant, et qui nous oblige à débuter aujourd’hui par une séquence « rétro »…

Début de la séquence rétro

Au Brésil règne un laxisme évident, celui que laisse perdurer la corruption qui est partout, et ce n’est pas le sort de Lula qui va me détromper. Voici un des exemples de cette situation désormais inextricable, où tout se paie et tout s’achète.  Nous sommes en 2006, il y donc 12 ans de cela, et cela commence par une incroyable course-poursuite. Une course policière qui démarre le lundi 13 novembre, près de Sao Paulo, où la police a été mise au parfum de l’envol imminent d’un lot de 200 kilos de cocaïne qui devrait être acheminée vers une piste clandestine près de Rio das Pedras, près de la cité dé Piracicaba (c’est à 125 km à peine en ligne droite de Sao Paulo). Les policiers ont été mis au courant par des écoutes en effet qu’une bande organisée effectue des vols de ce type depuis plusieurs mois maintenant (on le rappelle, ça se passait il y a 12 ans déjà !!!) et ils attendaient une importante livraison pour intervenir, ce qui semble être le cas.  Au moment où l’avion s’approche d’eux, les policiers déchantent : le pilote s’est aperçu de leur présence et s’est vite débarrassé de la marchandise, l’essaimant dans un champ de canne à sucre, ses acolytes s’efforçant d’en récupérer le maximum échangeant pour cela des coups de feu avec la police.  Le pilote suspicieux s’enfuit, donc, au plus vite, à bord de son Cessna immatriculé PT-JUF, vers une autre ferme de la région d’Araçatuba où il espère pouvoir se poser (un aéroport monopiste existe à cet endroit). Les policiers récupèrent la totalité de la cocaïne le lendemain, dans une ferme près de Piracicaba, enterrée juste à côté des bâtiments dans des fûts de plastique. Dans la propriété, sont récupérés 50 000 dollars (environ 107 000 reals), une radio permettant  de communiquer avec des avions et deux armes.  Bref, la panoplie complète qui a été découverte à chaque fois dans les fazendas hébergeant ce genre de trafic.  Fin du premier épisode.

Ce n’est pas encore fini…

Le deuxième épisode a lieu le lendemain, mardi 14 novembre 2006, donc.  Avec toujours le même appareil, ce Cessna de type T210L de numéro de série 21060157, enregistré deux ans auparavant au Brésil, le 16 janvier 2004, qui tente ce jour-là de se poser cette fois à l’aéroport Ramalho Franco de Penapolis (là où on trouvera le PT-JOA portant son ancienne livrée, ici en photo avec une compagnie.. animale montrant sa ruralité).  Mais très vite il redécolle, encore une fois : son pilote a l’œil, on l’a vu, et il s’est aperçu que la police l’attendait de nouveau sur place.  Le voilà donc qui s’envole vers une autre destination, une simple piste de terre, celle d’un terrain d’aviation agricole dans une plantation de canne à sucre, près de Buritama, mais là encore, les policiers, bien renseignés, sont là aussi à l’attendre (à gauche une grande fazenda à 19k m l’ouest de Buritama, avec une piste d’atterrissage de près de 1300 mètres de long.  Dans le secteur, chaque fazenda ou presque possède son appareil de « fumigation ».  J’ai déjà décrit ailleurs les problèmes posés par la dissémination de ces pistes, qui favorisent aussi les trafics de drogue. Notamment au Venezuela où les propriétés sont appelés là-bas fincas.  L’Apure en regorge.

Décidément, c’est à se demander quand il va en finir avec cette traque.  L’endroit est cette fois-là Fazenda Santo Hilário, située dans la municipalité de Coxim, près de São Gabriel do Oeste, dans la zone humide du nord de l’État. Le fleuve visible en bas de l’image Google Earth est le Rio Tiété, visible ici à droite qui se jette à l’Ouest dans le Parana. Sur la photo de droite, la ferme se situe sur l’une des pentes à droite. Voilà pour le décor où se passent les événements.  La fazenda existe toujours.

Cette fois, vraiment adroit, le pilote se permettra même un « touch an go » devant les policiers médusés et nargués !  Des avions de la piste d’atterrissage de Birigüi sont appelés pour tenter de le rattraper, et il s’enfuit à nouveau, cette fois vers le Mato Grosso do Sul.  Là où il finit par s’écraser, faute d’essence semble-t-il, parvenu dans le district d’Areado, et près la municipalité de São Gabriel do Oeste, à 149 kilomètres de Campo Grande (MS).  Il venait d’accomplir plus de 650 km en ligne droite, la distance séparant São Gabriel do Oeste de Penapolis.  Le pilote, sorti blessé de l’avion, secouru par des ouvriers agricoles s’enfuit à nouveau (décidément !), une fois les premiers soins reçus, à pied cette fois.  Avant de repartir, ce véritable fugitif de série télévisée, toujours en train d’échapper à la police, a confié aux gens qui l’ont secouru, venus de la Fazenda Bonito, une précieuse boîte en fer contenant de l’argent, en leur affirmant qu’il reviendrait plus tard la chercher.  En fait, dedans, il y en avait pour 709 930 dollars (environ 1,52 million de reals) plus 10 000 reals restés dans l’avion partiellement incendié, qui visiblement, transportait un paiement de livraison antérieure de coke !!!  Des personnes qui avaient pu le croiser, les policiers, avaient appris que notre homme s’appelait Marcelo Coelho de Souza et qu’il était âgé de 32 ans.  C’était donc lui l’éternel fugitif !  Ci-dessous, la Fazenda Nova Horizonte qui combine élevage et cultures, à une dizaine de km au Nord Ouest de Sa Gabriel do Oeste.  On distingue très bien sa piste d’atterrissage de « fumigation », en herbe, et son hangar technique.

Les trois avions concernés

Le samedi qui suit, la police a fait avancer son enquête, et à défaut de pouvoir saisir le PT-JUF, désormais détruit, elle met la main sur deux autres avions appartenant à la bande.  Le Cessna 210 PT-KCL, notamment, qui est saisi dans la ferme même de Santo Hilário (ici à droite dans sa version de saisie, photo au dessus), et un autre, toujours un Cessna, modèle 172 cette fois, le PT-JDF qui l’est lui dans l’aéroclub d’Aquidauana (Aeródromo Guanandy, ci-dessous à gauche). Des appareils évoqués déjà ici notamment dans l’épisode 33 … Les avions appartiennent à des prête-noms, qui s’appellent Afonso Carneiro Filho Pinheiro pour le PT-JDF, Vanderlei José Ramos, propriétaire du PT-JUF et à Anthony Nelson Blanco, celui du PT-KCL.  Vanderlei serait le bras de la bande de Sao Paulo, car son père participe également au groupe.  Il a été arrêté à l’occasion de la poursuite de l’avion, à l’intérieur de São Paulo, et fait l’objet d’une plainte pour détention d »arme illégale.  Le frère de Vanderlei fait également l’objet d’une enquête.  Bref, on a tous les protagonistes sous les verrous et leurs avions.  Enfin, les premiers… car il y en a d’autres, dont le responsable, qui a pris la fuite, lui aussi… Un homme, Alfonso Carneiro Pinheiro Filho, avait été nommé à tort comme propriétaire mais selon Campo Grande News, il l’avait bel et bien  vendu à Vanderlei Eurames Barbosa, 40 ans… Ci-dessous la piste du petit aérodrome en 2004 (elle n’a pas changé depuis, c’est à l’est de Guanandy, un quartier d’Aquidauana, Campo Grande étant à 130 km plein Est).  Ici, une vue filmée du vieux Cessna PT-BTR de l’aérodrome et de quelques autres appareils (le Cessna 172C 17249456 de Joas Viana De Souza E Outro, enregistré le 4 juillet 2008, c’est l’ex N1856Y).

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En photo, ci-dessus à droite, on peut admirer deux versions du même PT-KCL à dix ans d’intervalle : lors de sa saisie, en haut et repeint à neuf aux frais de l’Etat… dans une décoration que ne renieraient pas les avions découverts au Paraguay en 2014 et 2016… Dans les deux cas l’appareil porte la mention « operaçôes aèreas », « SESP-MT », preuve qu’il a bien été versé dans les listes du département qui l’a recueilli, en l’occurrence ici le Mato Grosso (MT).  Le PT-JUF appartenait à Vanderlei Eurames Barbosa, ainsi qu’à son frère son frère Dirnei Jésus Ramos. Vanderlei Ramos qui avait aussi acquis un tracteur pour ouvrir une piste dans la ferme pour faciliter les atterrissages.  Parmi les personnes arrêtées ce jour-là, figuraient Simone Aguiar Ramos (la femme de Vanderlei) Andrea Samblas Favarelli (épouse de Dirnei de Jésus Ramos), Franscico Ramos (père de Vanderlei et Dirnei) Doroti Eurames de Araújo (la mère de Vanderlei Eurames Barbosa), Orlando Goncalves Filho Monica et Maria Gonçalves (les deux prête-noms utilisés par les frères Ramos).  Avaient été requis contre eux le délit de blanchiment d’argent, la dissimulation de biens, de droits et de valeurs dérivés d’activités liées au trafic de drogue.  En 2008, ils feront sans vergogne appel de leur incarcération en évoquant le principe de l’habeas corpus. L’avion  immatriculé PT-JUF emportait avec lui on le rappelle 709 000 dollars US et 10 000 reals, il était tombé le 14 novembre à São Gabriel, à 140 kilomètres de Campo Grande, dans la région du nord de l’état.

Des pistes partout !

Les endroits où atterrir sont nombreux en effet dans ce secteur.  Même au point de vue touristique on en tient compte, comme ici avec cette hostellerie traditionnelle, en chambre d’hôtes, installée au Sud Est du pays, en plein territoire du Mato Grosso do Sul.  La « Pousada Aguape » se trouve au cœur de la campagne d’Aquidauana, à 195 km de l’aéroport de Campo Grande » en dit la publicité, qui montre comme moyen de transport pour s’y rendre ou visiter la contrée…  un Cessna 182, à l’immatriculation indéterminée (photo ici à droite).  Là-bas, le taxi de brousse est bien l’avion !!! sans oublier les « fazendas », telle celle de San Marina, une autre « fazenda » mais tellement énorme que sa piste en dur, longue de 1,5 km, est répertoriée au catalogue des aéroports officiels sous le nom de Tres Lagoas, Mato Grosso do Sul, son indicatif étant le SSSF sur le répertoire ICAO (lat -20.1021996, long-52.4439011).  Une piste jouxtant une  fazenda de 2700 hectares,  avec un complexe de dix bâtiments, dont un manoir de 700 m2 et la fameuse piste d’atterrissage. Etrangement, elle présentait encore en 2006 un faste qui s’est totalement effondré depuis : aujourd’hui le site est dans un abandon total, sa piscine gigantesque devenue réservoir à eau glauque (mais on s’y pose encore parfois en petit avion… le soir venu). Car tout cela est la suite d’un comportement d’arriviste mafieux qui a mal fini : la propriété faisait partie des biens appartenant à Luiz Antonio Paolicchi, l’ancien (ancien) secrétaire aux finances de Maringá (dans le Parana) et celui qui est à l’image même de la déliquescence du pays.

Le 27 octobre 2011, on l’a en effet retrouvé mort, le corps ligoté dans le coffre d’une voiture retrouvée dans le district de Floriano, à Maringá (dans le nord-ouest de l’État).  Il avait été tué par balles, ce qui n’avait pas été une surprise, tant il avait mariné dans les magouilles de haut niveau.  L’année précédente, on venait de découvrir qu’il avait détourné de l’argent dans la société  Mineradora de Aguas Rainha Ltda, lui appartenant.  Selon les calculs, Paolicchi devait pas moins de 1 838 millions de reais au Trésor national.  Aidé par son complice Jairo Gianoto, le maire de Maringa, il avait beaucoup investi dans des des terrains agricoles, des fermes, dont San Marina était le joyau, des tracteurs, des moissonneuses, des voitures de luxe.. et aussi… des avions.  Jairo Gianoto avait aussi déposé de l’argent de la municipalité sur le compte de sa femme alors que Paolicchi avait lui investi près de 16 millions de dollars dans d’autres sociétés. Environ 2,8 millions de reais avaient même été utilisés pour s’offrir une part de l’usage d’un hélicoptère.  Paolicchi avait fini par fuir en Italie pendant 51 jours, et avait été arrêté à son retour au Brésil le 7 décembre 2000.  Ses trois assassins n’ont été condamnés qu’en février 2017.

Les politiciens brésiliens et les avions

Des politiciens véreux qui conduisent à des avions ? Un autre exemple avec Silval da Cunha Barbosa, homme politique brésilien affilié au PMDB et gouverneur du Mato Grosso entre 2010 et 2014. Pris dans le filet de la justice pour avoir organisé tout un système de pots de vins juteux, lui ayant apporté au minium 70 millions de reals d’actifs.  Parmi ceux-ci, des biens immobiliers et des terrains : un terrain d’une valeur de 860 000, reals à Sinop, mais aussi  la ferme Serra Dourada II à Peixoto de Azevedo, d’une valeur de33,1 millions de reals, et la ferme Golden Pond, elle aussi à Peixoto, évaluée à 10,4 millions de reams sans oublier et une propriété dans le quartier Rodoviária Parque à Cuiabá, évaluée à 1,2 million de reais..  Plus un avion, saisi et versé depuis à l’Etat du Mato Grosso.  Le PT-VXR, un Embraer EMB-202A (2000123) enregistré au 18 octobre 2012 au Brésil et encore en bon état. « L’avion, d’une valeur de 900 000 reais, est équipé d’un radar météorologique et d’un Storm Scope, qui permettent la circulation pendant les périodes de pluie en détectant l’humidité et les orages électriques sur la trajectoire de vol ».

Un vaste trafic international, dès 2006, déjà…

Car il s’agît bien d’un trafic international derrière ces allées et venues d’avion.  Le 20 janvier 2007, la police présente à la presse sa vision de l’organisation derrière toute l’affaire décrite ici au début de ce chapitre.  A lire son compte-rendu, on a la désagréable impression, 12 ans après, de lire l’arrestation d’un gang d’aujourd’hui : rien n’a changé depuis, au Brésil !  Selon elle, la cocaïne, en effet, « était amenée des pays voisins au Brésil et transportée aux États-Unis, au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et même en Afrique, dans des conteneurs sur des cargos. Le groupe a également utilisé des «mules», des gens attirés pour transporter la drogue autour du corps et dans les bagages ». Mais elle nous apprend aussi un surprenant lien avec des « spécialistes » du trafic de drogue.  Et ce ne sont pas des colombiens : »les enquêtes qui ont abouti à l’Opération Kolibra ont duré deux ans et ont commencé après les informations envoyées par la police de l’Allemagne que les Libanais installés au Brésil opéraient un système de trafic international de drogue ».  Ah tiens, voilà les libanais, dont on connaît l’installation surtout au Paraguay.  Le gang, en tout cas, a été redoutablement efficace, estime la police : « l’estimation est que le groupe a déménagé plus de 1 million de dollars.  Les personnes arrêtées pendant l’opération seront responsables des crimes du trafic international de stupéfiants et de l’association de trafic de drogue, ainsi que du blanchiment d’argent ». 

L’annonce de libanais dans le coup : tiens, tiens…

On apprend aussi la fin du gang, avec la capture de l’ensemble de ses membres « Le dernier membre a été arrêté dans l’après-midi dans la région de Campinas, à l’intérieur de São Paulo à Pedro Costa, est considéré comme l’un des leaders de l’organisation criminelle, est responsable de l’arrivée de la drogue colombienne au Brésil.  A Maranhão, la FP a déclaré avoir arrêté Ali Hussein Osman, un  libanais naturalisé brésilien (c’est lui le lien avec les « spécialistes libanais), qui vit à São Paulo; Marcone de Oliveira Trindade, qui prétend être un avocat et travaille dans une entreprise de télécommunications, et Dilson de Jesus Almeida Costa, qui travaille pour la marine ».  Voilà pour les têtes du réseau, reste le « blanchisseur » :  « Tenilas Rocha Dias et son père, Paulo Salinete Dias, ont aussi été arrêtés, ainsi que Joacir Bambil, tous à Dourados, à 220 kilomètres au sud de Campo Grande. Rocha Dias possède un magasin vidéo qui serait utilisé comme façade pour le blanchiment d’argent, selon la PF » .  Nous sommes bien il y a une dizaine d’années, puisqu’il y avait encore des cassettes VHS en location ou à la vente dans les magasins !!!  Sans oublier bien sûr nôtre éternel fugitif, qui avait déjà réussi à se faire à nouveau la belle, de façon terrestre cette fois après avoir fini par se faire (enfin) pincer :  « le pilote Marcelo Coelho de Souza, qui avait été arrêté en novembre dernier pour trafic de drogue et relâché le mois suivant, il a de nouveau été arrêté.  En novembre, Souza avait atterri d’urgence dans une ferme de São Gabriel do Oeste, à 140 kilomètres au nord de Campo Grande.  Près de l’aéronef abandonné, le pilote a laissé 709 000 dollars ».  Arrêté, donc, lui et ses collègues, les propriétaires d’avions : « les frères Vanderlei José Ramos et Dirnei de Jesus Ramos ont également reçu de nouveaux mandats d’arrêt aujourd’hui en raison des enquêtes sur l’opération Kolibra.  Les deux sont incarcérés depuis novembre de l’année dernière dans la prison de la PF à Campo Grande, accusés de trafic de drogue ».  Fin de l’épisode, donc.

Un réseau résolument international : Allemagne et Liban sont cités

Ajoutons aussi que capturé lors  de cette opération Kolibra, le libanais Joseph Nour Eddine Nasrallah (ici à droite), sera condamné en mai 2008 à huit ans de prison à la suite de l’enquête. L’homme était surnommé le « cheikh » et possédait une luxueuse maison dans la ville de Valinhos (ici à gauche), dans l’État de São Paulo, ses co-accusés s’appelant  Paulo Salinet Dias, Joacir Bambil et Tenilas Rocha Dias.  C’est tout un réseau libano-brésilien qui avait été démantelé à la suite d’écoutes , décrit ici en détail par Extra le 06 mai 2008  : « Après avoir écouté un appel téléphonique entre les membres du régime qui étaient surveillés avec l’approbation du tribunal, le 4 mai 2006, la police fédérale a saisi 30 kilos de cocaïne dans une camionnette Corsa garée dans le stationnement de la station de Barra Funda, à São Paulo. La clé du véhicule était en possession de Rogério de Avila Xavier, qui a été arrêté en flagrant délit. À la demande de Paulo Salinet Dias, Tenilas Rocha Dias a acheté le billet d’avion de Campo Grande à São Paulo à Rogério, qui était responsable du transport de la drogue. Paul a également négocié le lien entre l’acheteur de cocaïne Joseph et le fournisseur Joacir qui a également acheté le véhicule. Selon les écoutes téléphoniques, il a été constaté, alors, que Joseph était, en effet, l’acheteur de la drogue. Joacir était responsable de la fourniture de la drogue et de l’achat de la  camionnette. Paul a assuré la liaison entre l’acheteur Joseph et le fournisseur du véhicule et Tenilas a fourni une assistance matérielle en achetant le billet à Rogério. L’opération Kolibra a débuté en janvier 2005 après l’envoi au Brésil de renseignements de la police allemande démontrant l’existence de Libanais vivant au Brésil qui exploitaient un système international de trafic de drogue. Depuis deux ans, des années de surveillance téléphonique, le PF a révélé que Joseph Nour Eddine Nasrallah a également appelé « Cabeção »» par les membres du groupe, était l’un des dirigeants de l’organisation au Brésil.  Jamal Hassan Bakri et Hamssi Taha sont mentionnés dans l’enquête de police comme ses  principaux auxiliaires. Jamal était en charge de la logistique, tandis que Hamssi était en charge de l’administration, participant activement aux négociations pour la drogue. La PF a découvert que le gang avait acquis de la cocaïne dans des pays voisins du Brésil et l’avait exportée vers les États-Unis, le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse et le continent africain. Afin de transporter le stupéfiant, les conteneurs étaient amenés sur des cargos ».  De Bambil, on remonte à Edvaldo Muniz da Silva (ici à droite), lors de la rafle suivante de l’Opération Denarius de 2104 dans laquelle sera saisi l’hélicoptère PR-YFH du fameux trafiquant frimeur « Tony » Boiada… preuve qu’il y a bien continuité entre les groupes de trafiquants… en 2015 on finit par attraper Paulo César (ici à droite), dernier de l’équipe du « cheikh » a avoir été capturé porteur sur lui de 36 kilos de coke !  Condamné en 2007 et déclaré déjà en fuite la même année, il vivait en fait dans une bien plus petite de San Fernando à Campinas, mais qui était équipée d’un système de surveillance fort de 10 caméras.  En 2011, le fameux « cheikh » Joseph Nour Eddine Nasrallah avait bien tenté d’échapper sans succès de sa prison en prétextant une révision de son procès. En photo ci-dessous, son énorme villa dans la ville de Valinhos, à moins de 40 km de Sao Paulo, restée en chantier depuis son arrestation: « Le manoir de 3 000 pieds carrés dans un condominium de luxe était évalué à environ 40 millions de dollars. En plus d’une baignoire de marbre et d’or, le manoir à deux étages avait des piliers de 15 pieds de haut bordés de marbre et de chapiteaux plaqués or. Les murs du manoir étaient en marbre importé ». Visiblement, le trafic rapportait gros…très gros !

Londrina comme plaque tournante

Avec da Silva, on tombait sur le même type d’organisation avec une ferme d’élevage comme « blanchisserie » et…un hélicoptère; mais aussi avec une inquiétante récidive  :  Londrina a servi de résidence à la tête d’un gang de trafic de drogue international désarticulé par la police fédérale (PF). L’éleveur de bétail a été arrêté ce matin dans un appartement à Gleba Palhano. Sa petite amie était située dans une autre propriété, sur la rue Piauí, au centre-ville. Les informations déterminées par le Tram indiquent que le trafiquant présumé est Edvaldo Muniz da Silva. Il avait déjà été arrêté par la police fédérale en 2003, quand il a été repéré, avec quatre autres comparsas, transportant plus de 70 kilos de cocaïne. Le délégué du PF à Londrina, Elvis Secco, a rapporté que la cocaïne déplacée par le gang n’était pas passée par la ville. Londrina était domiciliée et principalement pour le blanchiment d’argent, avec l’achat de biens immobiliers et d’articles de luxe. » Un hélicoptère appartenant à l’éleveur de bétail a été saisi à Aeroporto 14 Bis (celui de Londrina, donc) dans la campagne. L’appareil n’était pas utilisé pour le trafic de drogue, mais pour des excursions ».  Malaise, surtout, quand on découvre des utilisateurs de l’hélicoptère de Londdina, qui est bien le fameux PR-YFH utilisé par Tiago Amaral, (José Tiago Camargo do Amaral) député de l’État du Parana élu au PSB et Alex Canziani, député fédéral pour la TBP, qui avaient fait le même vol pour Guaraci dans le nord du Parana, le 5 septembre 2014, explique ici Canal 38…  « L’hélicoptère avait la même immatriculation (PR-YFH) que celui saisi par le PF ce matin à l’aéroport 14 Bis »… savaient-ils à qui ils avaient affaire ? Difficile d’imaginer qu’ils puissent l’ignorer, sur  un si petit aéroport.  Ci-dessous l’aérodrome de Londrina, qui n’a cessé de grandir depuis des années, ajoutant plusieurs hangars à ceux existants :

On notera que le 22 novembre 2017 quatre avions agricoles (deux étaient visibles à droite de l’aérodrome sur Google Earth) seront saisis sur l’Aéroport 14 Bis, de  Londrina, lors de l’opération Drift II.  L’avion alors montré était le PT-UAX, un Embraer EMB-201A (200524)  utilisé depuis le 28 août 2008.. «  L’action vise à lutter contre les irrégularités dans l’application de produits agrochimiques par les compagnies d’aviation agricole. Il y avait aussi Cornelius vérifie et Tamarana, aussi bien dans le nord du Parana, et le président Castelo Branco, dans le nord-ouest de l’État. A Cornelio, 30 litres de produits agrochimiques ont été saisis. Les sociétés qui utilisent ces avions ont été condamnées à une amende par l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA) à 1 million $ par l’absence de licence de l’Institut environnemental Parana (IAP) pour avoir travaillé avec des pesticides ».  A Londrina, c’est en effet la société TMA la plus présente. Le 29 janvier 2016, un drôle d’accident s’était produit à Londrina, avec  modèle d’avion Air Tractor qui s’était écrasé à l’aéroport 14 Bis, après des ennuis de moteur : en essayant de retourner sur la piste, l’avion avait finalement perdu de l’altitude et était entré en collision avec un combi Wolskwagen de l’autoroute Carlos João Strass (PR-545) !!!  Il y avait eu cinq morts et quatre autres blessés.  Le pilote s’en était sorti avec des blessures modérées et des brûlures !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en stock (CCXIV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (49)

 


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