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Coke en Stock (CCXLVII) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (h)

En commençant cette mini-série, à partir de l’arrestation par la DEA, à Zagreb, d’un colombien qui aurait été mêlé à une vente d’armes à l’AQMI, au Mali, je savais que je marcherai sur des œufs. Dès que l’on aborde le sujet de la vente non officielle d’ armes, ça devient vite sulfureux. Mais franchement, bien que cela fasse près de 10 ans maintenant que je m’intéresse au sujet, dont le primordial découvert fortuitement en 2009 dans les sables du désert, je ne m’attendais pas autant à retomber sur un autre volet de cette affaire tentaculaire, et un dossier bien français, dont j’avais déjà subodoré la présence dès 2011, il est vrai. Les services secrets français et américains jouent sur place une partie d’échecs qui nous échappe mais dont l’événement que je viens de vous rappeler n’est que le dernier avatar, à l’évidence, comme je vais vous le démontrer. Comme dans un puzzle, tout s’imbrique en effet parfaitement comme vous allez le constater … c’est ça, aujourd’hui, le plus étonnant ! Mais revenons d’abord à Bamako-Sénou, avec de drôles de machines laissées à l’abandon sur la latérite jouxtant l’aérodrome sur lequel l’armée française était venue s’installer lors de l’opération Serval décidée par François Hollande

Un gros porteur ensablé depuis 10 ans

Comme tout revient régulièrement, en effet, on s’aperçoit que notre fameux importateur de Gulfstream (cf notre épisode « b » ici), Jean-Claude Okongo Landji, fait aussi référence à une vieille histoire déjà décrite ailleurs, quand il parle d’un DC-9 qu’il aurait souhaité utiliser au Mali : « parmi les autres vues postées (sur un blog géré par l’équipe du fameux Eric Vernet, d’Aéro Service Mali et son Piper Navajo N202HF) « on découvrira aussi un DC-9 32, sur la piste bordée de latérite de Sénou-Bamako, un appareil de Trans African Airlines, immatriculé 3D-MES (il vient donc du Swaziland !). L’avion est très intéressant, car il est ancien, affiche 45 ans (il date de 1968) et il a été sorti visiblement du désert du Mojave où il avait été longuement entreposé (on le voit ici encore sous cocon en 2003), après avoir servi Air Canada depuis au moins 1996, loué par Xerox Canada Finance Inc. Cet appareil âgé, sorti du désert US et appartenant à une entreprise fantôme aurait-il servi de courrier à coke, lui aussi, comme l’avait le célèbre DC-9 mexicain pris avec 4,5 tonnes de coke à bord ? En tout cas, il intrigue sérieusement en effet. En tout cas, il ne peut pas se poser dans le désert, au contraire du 727, conçu également pour les pistes en terre, et ne peut décoller ou se poser que sur du dur. Que faisait-il à Bamako depuis 2005, voilà bien un autre mystère : selon les registres, cela ferait dix ans qu’il avait été vendu à STA (il avait été peint au Québec en 2003 aux couleurs de la société STA juste créée). Selon le Forum PPrune, fort bien informé par mes pilotes qui y participent, en date de 2005, une autre indication le rend plutôt inquiétant : ses pilotes auraient été vénézuéliens (à son arrivée, voilà qui pèse plutôt dans la balance du trajet retour vers leur mère patrie, ce qui signifierait que les cartels colombiens auraient songé dès 2003 à effectuer des vols transatlantiques de cocaïne !). Volait-t-il encore au moins en 2008 au moment où est pris le cliché ? Sur Google Earth on peut suivre ces (faibles) déplacements.;Jusqu’en 2010, on le tracte à un autre endroit et semble avoir effectué des vols en 2011 pour se retrouver en bout de tarmac à nouveau pour ne pas bouger en  2012. Son propriétaire… serait français (en fait lugano-français) : il s’agît de Melhem Élie Sabbague, en fait un malien originaire du liban et possédant la nationalité franco-libanaise ! Un deuxième DC-9 sera photographié au même endroit en 2011 ». Sabbague était alors associé au Sénégalais Pape Sow Thiam, détenteur de 10 % du capital, mais surtout ancien patron d’Air Afrique et directeur général de SAT. Pour compléter sa flotte, STA louait un A-310 et son équipage auprès de la compagnie française Euralair.  Pour compliquer la chose, un deuxième A310 était sous-loué à Air Togo. Un  A-310 de l’entreprise française Eagle Aviation fondée en 1999, comme son nom ne l’indiquait pas.  Eagle Aviation, dirigée par Manuel Garbaccio, dont le siège social se trouvait sur l’Aéroport de Saint-Nazaire et dont le siège opérationnel sur l’Aéroport de Paris-Charles de Gaulle (à Roissy). La DGAC suspendra son autorisation en 2008 « faute de garanties financières », puis elle sera placée en règlement judiciaire le 3 février 2009. En 2010, telle un Phœnix, elle tentera de redécoller sous le nom de Noor Airways (repris par Evsen, du nom de son dirigeant originaire venu d’Azerbaïdjan !). Euralair, elle, ne fera pas mieux puisque son patron, Alexandre Couvelaire, proche de Jacques Chirac, est passé en correctionnelle en 2013 pour avoir versé 150 000 euros environ à Antoine de Bizemont, un ex-photographe et son homme de paille, qui a reconnu qu’il ne dirigeait pas «réellement» Euralair : l’entreprise s’étant surtout fait connaître autrement en offrant plusieurs voyages au couple Chirac… Euralair avait aussi mis en danger ses passagers en « bricolant » un de ses Boeings 757 dont les réacteurs n’avaient pas été entretenus selon les normes. Euralair, passée aux commandes du franco-égyptien Raymond Lakah en 2003, sera finalement liquidée en décembre 2005…

Le DC-9 vu sur place présentant auparavant les couleurs du TZ-RMB d’Air Mali – ici en 2008 c’est le TZ-RMA, ex EC-EXF -, à l’évidence, les gazelles et le drapeau en moins (vu ici volant en 2012, il luttait déjà pour la survie de la compagnie, cloué au sol en 2013.  On a retrouvé les 3 autres DC-9 stockés… en Sardaigne sur l’aéroport d‘Olbia Costa Smerlada (il était passé italien, en I-AFRB entre deux), avec ses deux confrères TZ-RMC et TZ-RMB, le TZ-RMA restant toujours stocké semble t-il au Mali. Le quatrième DC-9 d’Air Mali, le TZ- RMK est le seul rescapé.  Il vole aujourd’hui encore chez Caspian Airlines (vu ici en 2015 à Teheran). On notera que les deux derniers sont ceux d‘Air Uganda, du Group Celestair également,  Air Mali, Air Burkina et Air Uganda, toutes du groupe Aga Khan (Akfed, pour Aga Khan Fund for Economic Development), avaient en effet été rassemblées en 2014 … sans succès.  En 2017, l’Afked a abandonné Air Burkina qui ne possède plus qu’un Embraer 170.  Les compagnies aériennes en Afrique ont toujours eu des difficultés à survivre ! Et à partir de fin 2017 aussi, le TZ-RM a fini en miettes, comme on peut le voir ici sur Google Earth (ici à droite). En résumé, les espoirs de la compagnie aérienne de Claude Okongo Landji reposaient sur du vent, ou plutôt de la ferraille ! Pouvait-il espérer faire naître une compagnie intérieure au Mali, l’espoir semblait démesuré, surtout avec pareils vieux coucous destinés à la ferraille ! Ses espoirs reposaient-il sur d’autres projets plus rémunérateurs (vous songez à quoi, là ? Vous aussi ?)…  Les américains, en l’arrêtant via la Croatie, auraient-ils mis les pieds dans une fourmilière ? Ou découvert un jeu pervers, celui des français sur place au Mali ?

La Françafrique, ses gendarmes reconvertis et l’Algérie

En fait, il mettait le pied aussi dans un secteur miné. Par les trafics, s’entend bien. Et une forte présence française. Si le DC-9 rêvé par Claude Okongo Landji a fini en morceaux, un autre avion présent sur place au même endroit présentait aussi une histoire intéressante : « STA, la société du DC-9, utilise aussi des petits Let-410 Turbolet, (5V-TTG ou 3D-MCG, ou TU-TCV, l’appareil qui a été vu en réfection en Afrique du Sud en 2001) un avion aux performances STOL remarquables, fort utilisé sur de petites pistes, vu ici à Ougadougou, au Burkina Faso, avec une immatriculation… togolaise (ici un autre Let vu à Mopti, le 3X-GOK, un appareil guinéen). Voilà qui brouille les pistes davantage encore, ces appareils d’une même firme aux pays d’enregistrement différents (Air Mali possédant le RA-67551, déjà en ruine en 2007 et un Antonov déjà bien vieilli dès 1998). Selon le même forum, les avions de SAT volaient dans des conditions exécrables (800 kg de surchage sur les Let pour 6400 pour l’avion seul précise un pilote intervenant !) et en 2005 le DC-9 ne volait déjà plus, alors qu’en juillet 2003 on avait annoncé chez STA l’ouverture d’une ligne Paris-Bamako « pour concurrencer Air-France« , avec cet appareil et un A-310 affrêté auprès d’Euralair (le service a démarré en 2002 et Euralair fait faillite en 2003) ! En réalité, l’avion, arrivé en 2003, n’a plus volé depuis mai 2005 où il a été stocké à cette époque à Bamako-Sénou ! Les destinations prévues du DC-9 étant alors Dakar, Abidjan, Cotonou, Lomé, Brazzaville et Pointe-Noire. Tout ces informations intriguent en effet. Et une couche supplémentaire apparaît peu après encore, car en 2009, on retrouvait le propriétaire de STA comme directeur de Sophia Airlines, cette fois, une compagnie… ivoirienne, pour une liaison Abidjan vers le port de San Pedro (350 km), avec le seul Let 410-UVP TU-TBS. Une compagnie détentrice aussi d’un Beech B-90 et d’un 1900D (TU-TCS), détenue par Frédéric Lafont, un ancien légionnaire franco-ivoirien, et son associé Christophe Gallais, les fondateurs de Risk et Vision, deux sociétés de gardiennage. Souvent présentés comme des mercenaires, ce qu’ils réfutent bien entendu (on les trouve ici accusés de trafic d’armes) » ! Un vieux conflit avait opposé Lafont à Melhem Sabbague, l’ex-directeur général de la compagnie aérienne Sophia Airlines, alors soupçonné de détournements de fonds. Cette histoire nous mène bien plus loin encore…à noter que le Beechcraft 1900 de 1997 avait été revendu par Erling Fribert, Managing le danois à la tête de Rotate Aviation de Naerum (Danemark) qui en photo avait mis celle du CN-RLB de Solenta..(?). Il est aujourd’hui Sud-Africain (ZS-TMA) chez « Tassili Travail Aérien » qui  comme son nom ne l’indique guère est une société… algérienne; c’est une subdivision de la célèbre Sonatrach. Un des ses Let L-420 (le ZS-OUE) s’était planté à Hassi Messaoud-Oued Irara le 19 avril 2017, voir ici à droite). Enfin c’était, puisqu’elle a été dissoute sans explications en mars 2018 (Encore un autre méli-mélo !!!). Une surprenante suspension alors que quelques semaines plus tard on allait découvrir «  l’Escobar de Kouba », autrement dit Kamel Chikhi, celui qui allait bientôt mouiller un bon nombre de dignitaires algériens dans le trafic de coke… avec ses containers plein de 702 kilos de coke venue du Brésil et ayant transitée par le port espagnol de Santos avant d’arriver à Oran… La saisie coûtera sa tête au général-major Abdelghani Hamel, un proche de Bouteflika ! Et les répercussions sur la défiance vis-à-vis du pouvoir algérien, protecteur d’un terroriste comme Iyad Ag Ghaly (ici à droite) et profondément mêlé au trafic de coke, on la constate aujourd’hui, et elle est décriée désormais dans tout le pays, vu qu’elle touche au milieu militaire qui dirige en sous-main le pays… (cf la série en 5 épisodes débutée ici).  Dans l’émission de radio que l’on peut écouter  ici, on parle de 40 milliards de dinars de drogue (soit 29 811 8131 euros) et un des intervenants, Akram Kharief, spécialiste de défense, explique parfaitement bien le « pipeline logistique » du trafic interrompu.  Une intervention très, très intéressante:  pour lui la coke devait repartir vers « le sud de l’Europe ».  Sur le plateau, son voisin visiblement n’a pas compris ce qu’il voulait dire, comme on peut aussi le voir dans l’affligeant forum en commentaires sous son intention judicieuse. L’Algérie est surtout un relais, comme le dit Kaharief, et l’argent du trafic partagé avec  les trafiquants, car la drogue se vend bien plus cher en Europe qu’en Algérie même !

Un méli-mélo avec un rôle trouble pour cette même Sonatrach en 2013, avec de forts soupçons de trafic de drogue à Amenas, lieu d’une attaque d’islamistes de l’Aqmi. Une idée évoquée dans une vidéo par un professeur à Université de Londres (School of Oriental and African Studies auteur de « The Dark Sahara: America’s War on Terror in Africa ») qui reliait l’attaque au DRS algérien, un DRS manipulateur des islamistes en France lors des attentats de 1995, ou encore derrière l’affaire des moines de Tibérine.  « Dans cette vidéo, Jeremy Keenan donne sans détour une toute autre vision géopolitique du conflit au Mali et au Sahel : « Les services secrets (algériens et américains) ont un intérêt à maintenir un certain degré d’instabilité pour garder la zone sous le contrôle de l’AFRICOM (The United States Africa Command) », affirme l’expert. Alors que la journaliste dAl Jazeera lui demande d’apporter une preuve que ces groupes terroristes au Mali et au Sahel reçoivent l’appui du gouvernement algérien, Jeremy Keenan répond : « les leaders de ces groupes (dont l’AQMI) ont des liens directs avec les services secrets algériens (…) Ils sont tous impliqués dans l’immense trafic de la drogue qui transite dans la région, c’est l’épicentre du commerce de la cocaïne qui provient d’Amérique du Sud vers l’Europe, estimé à 10 milliards de dollars par an ». » On ne peut être plus clair, je pense ! Entretenir l’instabilité, pour se présenter ensuite en sauveur en envoyant des « formateurs » : la technique de la CIA est bien rôdée, elle dure depuis des décennies ! Cette même CIA est capable de s’associer à ceux qui souhaitent l’aider, par souci d’éviter l’expansion du communisme, cette vieille antienne qui marche toujours… chez certains militaires, plus proches de l’extrême droite qu’autre chose….

Le gendarme hyper communiquant et omniprésent médiatiquement

Des liens qui nous mènent également en France, à vrai dire, lors de cette enquête. Là où certains militaires ont développé une attitude ambiguë vis-à-vis du pouvoir politique.  Des proies toutes rêvées pour être manipulées. Et en effet : un texte de 2010 de Paris Match n’avait pas été tendre avec Lafont, décrit comme « un fervent supporter de l`ex-président Gbagbo », et sa société créée avec le colonel de gendarmerie à la retraite Raymond H.A. Carter à l’impressionnant palmarès (omniprésent sur le net comme en imprimé, comme ici aussi, il est aussi sculpteur et as du judo et de close-combat, l’inventeur d’un couteau spécial et a réussi à glisser dans sa bio « qu‘il s’intéresse aujourd’hui au niveau de l’expertise aux problèmes liés à la criminalité internationale » : et ce n’est pas faux, car il a effectivement aidé en Bosnie Carla del Ponte pour arrêter les généraux criminels serbes !!! »). Carter, par sa notoriété entretenue savamment par lui-même, « intéressait », c’est évident, d’autres pays, ou d’autre services…. secrets, comme l‘a écrit ici Julian Borger dans « The Butcher’s Trail: How the Search for Balkan War Criminals Became the World Most Successful Man »: « la CIA et le MI6 ne traiteraient pas avec Carter du fait de sa nationalité. Même la DGSE française le tenait à distance, car il n’était pas un des leurs, mais un policier. Il a commencé à voir dans le manque de coopération une entrave délibérée motivée par un désir dissimulé de protéger les criminels de guerre. «Je suis parvenu à la conclusion que la poursuite de la justice internationale se terminait là où la politique commençait», a déclaré Carter. Au moins une fois en mars 2004, il s’estimait bien informé de l’arrivée imminente de Karadzic à Zaovine, à la frontière bosno-serbe, mais les commandants de l’OTAN sur le terrain ont mis des jours à réagir. Alors que Carter devenait de plus en plus méfiant vis-à-vis des services de renseignement et plus secret, ses collègues de l’équipe de pistage lui reprochèrent de ne pas partager d’informations et devinrent rétifs ».  » Rétif  » lui-même à la DGSE, que faisait-il alors au Mali avec Lafont ? Comment le chantre claironné de la lutte contre le terrorisme avait-il pu s’associer à un mercenaire tel que Lafont, soupçonné de faire circuler des armes dans un pays malade du terrorisme ? Franchement, c’est incompréhensible ! Dans quel but, ou dans quel intérêt ? En 2011, un de ses lieutenants, Laurent Alvarès, avait été arrêté avec sur lui « 41 000 dollars, devant servir à payer des fournisseurs et du kérosène d’une petite compagnie de transport aérienne » (ah tiens, mais laquelle ?), arrêté en compagnie du colonel de gendarmerie en retraite Jean Marie Fontaine (ex-GIGN (que l’on retrouve ici aux écouteurs pour Bagbo), ex patron de Bip Assistance et de la société française de services de protection SOFRASEP, liquidée en 2012, proche d’Henri Konan Bedié et Jean Grégoire Charon, (l’ancien directeur de la formation de l’école de gendarmerie d’Abidjan !). Outre ceux cités, qui retrouvait-on ? L’ex responsable de la compagnie d’aviation citée plus haut, pardi : « ensuite, Melhem Elie Sabbague, un autre français, anciennement directeur général de Sophia Airlines appartenant à Lafont, qui l’avait limogé pour problèmes de gestion, a gardé une dent contre son ancien employeur. Sabbague a intenté plusieurs procédures judiciaires contre Lafont pour réclamer plusieurs centaines de millions fcfa à titre de dédommagements, mais toujours sans succès ». Que venait donc faire ici Sophia Airlines ?  On l’apprend quelque temps plus tard par une voie indirecte:  en 2010, quel hasard, le ministre de l’intérieur béninois d’alors, Félix Hessou  (ex Général de division) avait  dénoncé, je cite « le manque de professionnalisme de la société Sofrasep, car pour lui, l’aéroport de Cotonou était devenu la plaque tournante de la drogue, du trafic de devises etc »…  Et qu’utilisait donc comme avion Sophia Airlines ? Celui-ci : un Turbo Let, immatriculé TU-TCV  ou le TU-TBS orné d’un beau léopard sur la queue « fait a la main par un peintre ivoirien » et piloté par « Julien »Bref, on a des gens qui se font arrêter avec du liquide dans un aéroport pour payer l’essence d’avions à un endroit, accusés de faire dans le trafic de drogue ! La passoire Bénin-Burkina Faso – Niger ne s’étant pas vraiment améliorée depuis (où se trouve aujourd’hui l’ineffable Eric Vernet, grâcié on l’a vu par ATT et impliqué dans « Air Cocaïne » premier du nom). Au Bénin, pardi, comme on va le voir  !!!).  Fontaine, on le rappelle, a été condamné en 2013 à Abidjan pour  » pour concurrence déloyale avec la Société Assistance sûreté Corsaire et Compagnie SASCC » !!!  Rien n’aura jamais été simple, au Mali (comme en Côte d’Ivoire, ou au Burkina, ou même au Bénin) !!! Un hebdo avait même ensuite évoqué l’installation (ratée) de Lafont en 2013 au Maroc. Rien de simple, quand on retrouve sur place des gens bien étranges et un envoyé présidentiel qui se fait tirer dessus « par mégarde »… D’autres ont eu moins de chance : l’un d’entre eux en a perdu la vie, l’autre, lié à la Serbie son pays d’origine, a été pris en otage et libéré sous le gouvernement suivant qui n’a rien expliqué sur ce qu’il pouvait faire là-bas… Pour sûr, que la CIA connaissait bien Serge Lazarevic et ses exploits antérieurs, pourtant ! Marcher sur des œufs, vous-ai-je dit dès le début de cet épisode : on y est là…

Gadoullet, l’homme ciblé

Car l’endroit est aussi le lieu d’une autre guerre, interne celle-là, qui oppose la DGSE au pouvoir français qui vient de changer de mains, avec François Hollande remplaçant Nicolas Sarkozy et Gadoullet (ici à gauche) mis en concurrence avec un autre envoyé gouvernemental (Lorenzi) : « en novembre 2011, un autre événement ravivera l’idée de manœuvres de l’ombre menées dans la région directement par le trio désormais habituel Guéant-Sarkozy-Squarcini : « un Français, négociateur dans la libération des otages enlevés en septembre 2010 par Aqmi dans le nord du Niger, a été blessé ce mercredi 23 novembre 2011, dans le nord du Mali. Selon les informations recueillies par RFI, cet homme aurait été légèrement blessé à l’épaule par des hommes armés dans la région de Gao. Il était accompagné d’un élu régional malien. Le Français blessé ce mercredi 23 novembre 2011 dans le nord du Mali n’est pas un inconnu en Afrique. Colonel de l’armée française, âgé de la soixantaine, il a été durant les années 2000, conseiller militaire du président tchadien Idriss Deby. »  L’élu malien cité étant un de ces intermédiaires douteux  tirant lui-même profit du négoce des otages. Visiblement, les journalistes savent déjà plein de choses mais n’osent pas dire le nom de l’individu. C’était en fait Jean-Marc Gadoullet (ici à gauche), un vieux de la vieille des services secrets, ancien lui-même de la DGSE, section fort de Noisy à Romainville (dont fera partie le « 11e choc » qui interviendra à Ouvéa le 5 mai 1988). Lui aussi c’est un ancien du Service Action !. Un système qui allait loin, très loin avais-je précisé : « un Gadoullet qui pourrait expliquer autre chose, tiens, au passage. Libération a en effet rappelé que lors des négociations, Areva aurait versé de l’argent, pour la libération des otages. Beaucoup d’argent : 12 millions d’euros.  Le hic, c’est que les otages n’ont pas été libérés (sauf trois) et qu’on ne sait pas exactement ce qu’il est devenu de l’entièreté de l’argent versé : « L’émissaire touareg envoyé pour récupérer ces otages jugés sans valeur est stoppé à Gao par une autre filière qui apparaît soudain sur le devant de la scène et dont Gadoullet aurait été l’un des maîtres d’œuvre. C’est du moins ce que pensent aujourd’hui nombre d’acteurs impliqués dans les négociations. Lesquels affirment aussi que le second réseau a, lui, monnayé la libération des trois otages, qui aura finalement lieu le 24 février. A quel prix ? Du côté d’Aqmi, la somme qui aurait été demandée est estimée à 2 millions d’euros. Mais des anciens d’Areva affirment que l’entreprise aurait versé 12 millions d’euros. Si ce scénario se révèle exact, que sont devenus les 10 millions de différence ? » De l’argent d’une rançon d’otages du Sahel qui aurait disparu ? Dans quelles poches ??? C’est encore plus fort que le système Bettencourt, cette filière ! »  A bien regarder le mouton, finalement, on le tond partout dans le monde !!!  Des enlèvements devenus une industrie, comme l’a si bien décrit en 2012 Serge Daniel dans un livre bien trop ignoré (ici à droite) . L’AQMI, pour s’armer, n’avait pas que la cocaïne venue de Colombie comme le disent les USA avec l’arrestation de « leur » colombien !!! Et ça, la CIA le sait très bien !!!

Un livreur de boites de sardines en forme de chargeurs de Kalachnikov !

Bref, notre bon commandant de bord Okongo Landji souhaitait d’installer dans un vide de vipères, pas moins ! Quelle idée pouvait-il avoir derrière la tête en achetant son Gulfstream pour le proposer au premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, bien aidé par le burkinabé Banao Ousseni, « l’homme qui vendait des boîtes sardines » comme il le prétend si bien ? Lui aussi est un homme à surveiller. Un homme aujourd’hui chez Zhong Jia et sa filiale OACM (Société Oriental Asset & Capital Management) » un groupe asiatique dont le capital est détenu par des Singapouriens, des Malais, des Thaïlandais en grande partie, très peu par des familles régnantes dans le Golfe » selon lui-même ? Un groupe chinois qui en 2006 avait obtenu la construction du barrage controversé d’Adjarala, sur le fleuve Mono entre le Bénin et le Togo, dans lequel la France serait intervenue : le projet datait de 1988 et au final il n’avait toujours pas commencé en 2017 (aujourd’hui on parle de… 2021) !!! Entretemps, des millions ont bien sûr disparu !!! Un commerçant plus que « sulfureux » ce « Banao », tout fier d’indiquer qu’il fait transiter désormais ses 4×4 importés de Chine par le port d’Anvers et non par la France ? Anvers, autre fief de trafics divers comme on le sait. Banao, celui qui vient nous parler football, sans qu’on lui demande  : «  J’ai un hôtel à Conakry et même s’il ne compte que 36 chambres, c’est l’hôtel des sportifs. L’équipe nationale de football, ainsi que les clubs qualifiés pour les compétitions africaines y prennent leurs quartiers. C’est géré par Abdoulaye Diakité, un étudiant que j’ai fait venir de France où il venait de terminer ses études. Il s’y plaît (est-ce le même ou un parent ?) dit-il à un journaliste venu lui parler d’autre chose. » Le même qui répondait ainsi, d’un revers de la main, aux accusations de trafic d’armes : « pour vous dire la vérité, les armes ne m’ont jamais tenté. Mais écoutez, lorsque des armées régulières ou des rébellions vous font confiance, elles peuvent vous demander toutes sortes de services. Si livrer des boîtes de sardines ou de tomates, de l’huile, du riz, des véhicules même, etc. à des miliciens et en contrepartie ils prélèvent sur leur stock de diamants pour vous payer et que vous allez les vendre au Japon ou en Belgique est ce qu’on appelle cela trafic illicite, je regrette, mais il n’y a aucun crime à cela ». Laissons-le donc à ses livraisons de fer blanc… payées en diamants du sang. Que faisait le bon docteur Banao, en ce cas, comme délégué de la Guinée-Bissau, repéré ici dans un entrefilet oublié d’un journal portugais ? Le gouvernement de Guinée-Bissau a déclaré vendredi qu’il n’avait pas connaissance d’un «envoyé spécial» de l’Etat d’Afrique de l’Ouest, qui aurait eu des entretiens cette semaine en Iran sur le renforcement de la coopération les liens entre Bissau et Téhéran. L’agence de presse iranienne Ears a porté que Ousseni E. Banao, « Envoyé spécial » de Guinée du Premier ministre Martinho N’Dafa Cabi, a rencontré mardi le Vice-président iranien Parviz Davoudi. Le soi-disant envoyé de Bissau et Davoudi ont discuté, entre autres questions, d’une possibilité de coopération entre l’Iran et l’Afrique, en particulier la Guinée, a déclaré l’agence  Ears » (extrait de « Portugal News » du 27 juin 2007, ici à droite). Que faisait donc l’homme qui avait soutenu financièrement notre propriétaire de Gulfstream en Guinée-Bissau, c’est bien là l’un des nœuds du problème, l’autre étant son accointance avec l’Iran, jamais en reste comme pays pourvoyeur d’armes comme on le sait. On trouvera au passage aussi le trafiquant Jacques Monsieur en train de tenter de fournir des réacteurs J85-21 (comme celui-ci à droite) destinés aux Northrop F-5 de Téhéran, on le rappelle… on nage dans l’espionnage, à l’évidence ! La CIA avait bel et bien songé à une époque à réarmer les avions iraniens… mais avec du matériel inefficace ou des réacteurs « plombés » incapables de marcher correctement !!!

C’est bien ce que j’avais décrit déjà en tout cas : la gangrène de la drogue s’était étendue depuis longtemps dans toute la région, de la Côte d’Ivoire au Mali et au Niger : « on retrouve tout ce beau monde cette année en Côte d’Ivoire en train de s’écharper, apprend-t-on, Sabbague ayant été remercié entretemps de chez Sophia Airlines… dont les avions avaient été cloués au sol par la nouvelle présidence ivoirienne, pour une coopération avec le régime de Gbagbo, relayée d’ailleurs par l’Express. Quel méli-mélo !!! « Melhem Sabbague, franco-libanais, est l’ex-directeur général de la compagnie aérienne Sophia Airlines. Soupçonné de détournements de fonds, il est licencié en mars 2010 » a-t-on appris depuis (on notera au passage le nom de l’avocat de Lafont : l’ineffable Gilbert Collard !). » Le fameux Let semblait encore voler il n’y a pas si longtemps, on le voit ici entre deux Beechcraft, pas loin du vieux Fokker TZ-ASH d’Air Mali abandonné lui aussi (depuis près de 20 ans, avec un intérieur dévastéça se voit ici en 2018, et quelque temps plus tard… plus apparent, mais non scrappé pour autant. A Bamako il y avait aussi le 3X-GDK d’Avion Express (ici en 2001).

L’extrême droite française pro US et les armes

Parler de livraison d’armes en France (et en Afrique) nous oblige aussi à ressortir le dossier de Jacques Monsieur (qui est belge mais habite en France, d’abord dans le Cher, puis plus tard à Tarascon, pour y élever « des chevaux blancs »), alias « Le Renard » ou « le Maréchal », et sa fine équipe dont le fils d’Hervé Bourges) et de son alter-ego Jean Bernard Lasnaud, un homme recherché par Interpol mais tranquillement installé en Floride, sous la protection de la CIA (Monsieur est ici à gauche). Le premier, tiens, quel hasard encore, a été condamné en octobre 2018 en Belgique à 4 ans de prison et à 1,2 million d’euros d’amende pour vente d’armes illégales (on avait évoqué la confiscation de 8,5 millions d’euros au départ !).  En récidive, en prime pour lui : « il  a été reconnu coupable d’avoir servi d’intermédaire dans des ventes de fusils d’assaut, de cartouches, d’avions de chasse ou encore de chars à destination notamment du Tchad, de l’Iran, de l’Indonésie et de la Mauritanie. Il avait soutenu avoir cessé ses activités de marchand d’armes depuis le début des années 2000 mais disait avoir néanmoins été recontacté par d’anciennes connaissances du milieu. « Le prévenu manque de toute crédibilité lorsqu’il affirme n’être qu’un intervenant ponctuel, sollicité en raison de son carnet d’adresses », a établi la cour. « Il s’est installé dans la délinquance nonobstant les avertissements sérieux que la justice lui adressa », a-t-elle poursuivi, rappelant que Jacques Monsieur était en état de récidive légale. « Alors qu’il fut libéré sous conditions par le tribunal de Grande instance de Bourges, le 13 juillet 2005, dont celle de s’abstenir de recevoir, de rencontrer, d’entrer en relation de quelque façon que ce soit, notamment avec U.-B., D. et I. (anciens contacts de Jacques Monsieur dans le cadre de ventes d’armes), le prévenu n’en eût cure puisqu’il multiplia les contacts avec ces personnes à peine quelques mois plus tard, manifestant de la sorte le mépris qu’il a, nonobstant un discours policé, pour les décisions de justice », a souligné la cour ».  Ses avocats ayant invoqué le fait qu’il n’était qu’un « espion de la CIA « : « par ailleurs, selon ses avocats, son activité de marchand d’armes était une couverture pour ses missions au bénéfice des services de renseignements américains ».  Une défense qui se tenait : à droite ici l’accusation du 2 septembre 2009 d’un tribunal américain d’Alabama le concernant qui restera… sans trop d’effets. Il sera en effet condamné en 2010 à 23 mois de prison seulement, après avoir été piégé par le FBI  alors qu’il en risquait 15, pour trafic d’armes ! «  une sentence relativement légère en raison de sa collaboration avec la justice américaine. » avait-on alors écrit, car elle avait surpris : dans le genre, les USA font rarement dans la mansuétude.  En France, idem, puisque  « dans le dossier instruit à Bourges, deux des associés de Jacques Monsieur ont affirmé avoir travaillé sous le contrôle de la DST (d’avant la DGSE) » écrit Libé en 2001.  On retiendra aussi à ce bilan interlope que le 22 mars 1997, qu’un des associés de Monsieur, James Cappiau, ancien militaire croate, était mort dans un attentat…  perpétré à Zagreb. Le second personnage cité comme accusé étant Dara Fotouhi, alias Dara Fatouhi, un iranien « vivant en France », l’une de ses entreprises s’appelant « Dadly » :  lui aussi dans les Panama Papers, et toujours considéré comme en fuite aux USA !  Monsieur achetait directement ses armes auprès de Modelex, la société d’armement de l’Etat iranien !  On était parti sur des livraisons d’armes d’un trafiquant colombien au Mali, comme l’indique le document de son arrestation, nous voici dans le marigot des vendeurs d’armes français, un univers tout aussi riche… de surprises et de coups fourrés !

Des vendeurs d’armes multicartes

Dans le Parisien, le 8 novembre 2002, Jean-Bernard Lasnaud avait déjà tout dit et tout déballé sur ce qui s’était passé en Serbie : « malgré l’embargo, il » (cf Jacques Monsieur) « assurait une livraison quotidienne aux Bosniaques. Les armes, notamment des obus de gros calibres, de fabrication iranienne, étaient livrées par un Antonov, un gros porteur de fabrication russe. Monsieur s’était arrangé pour que les Croates, pourtant en guerre avec les Bosniaques, autorisent quotidiennement le survol de leur espace aérien… Quel rôle jouait Jacques Monsieur avec Elf ? Jacques Monsieur était le vendeur d’armes d’Elf. Il avait ses rendez-vous avec les gens du groupe pétrolier à l’hôtel du Rhône, ici à Genève. Quand Elf avait besoin d’une livraison d’armes, ils faisaient appel à lui. Cela a été le cas avec le président du Congo, Pascal Lissouba. Monsieur l’a livré, en se faisant régler par Elf, qui se payait sur les futures livraisons de pétrole. Mais dans le cas du Congo, il a également livré Denis Sassou-N’guesso… l’ennemi de Lissouba. Monsieur a encore travaillé avec d’autres pays africains du giron d’Elf. Il a même livré la Côte d’Ivoire en casques de l’armée américaine. Aviez-vous des relations avec des services de renseignement officiels ? Tout le temps ! Comment croyez-vous que l’on travaille ! Avant que l’on m’arrête, la CIA voulait que j’infiltre une filière de vente d’armes des Farc, la guérilla de Colombie (c’est exactement le scénario avec lequel Viktor Bourt a été arrêté : il l’a donc échappé belle notre vendeur d’armes français!). « Je devais acheter un bateau, un thonier, et me fournir en matériel auprès de vendeurs du Monténégro. Et en France ? Il y a quelques années, un « marchand d’armes parisien » a monté une opération qui consistait à acheter des batteries de missiles à l’Est, à faire semblant de les livrer en Amérique latine avant de détourner le bateau vers l’Unita (NDLR : Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) , en Angola, et vers l’Afrique du Sud… J’ai prévenu la DGSE (Direction générale de la surveillance extérieure) de ce qui se tramait, et mon « officier traitant » est revenu me voir en me disant : On arrête tout, il ne faut surtout pas s’occuper de ce dossier . Le « marchand d’armes » parisien en question avait en fait la solide protection d’un ministre très influent » (2).  Pour ce qui est des arcanes des livraisons d’armes et des juteuses rétrocommissions pour alimenter les partis politiques, on en a bien une petite idée, à lire ici...

Ah tiens encore, voici des français impliqués ? Mais dans quel but ? argent ou idéologie ? Les deux, mon capitaine : des anticommunistes viscéraux, prêts à aider les USA tant que faire ils pouvaient : « En fait, Lasnaud faisait la promotion des États-Unis »(1) écrit sans détours Stan Zimmerman, dans «  A history of smuggling in Florida », qui explique que les USA ont bien armés les musulmans croates : « lorsqu’il a pris des dispositions pour que certains des stocks d’armes argentines soient introduits clandestinement en Croatie en violation de l’embargo des Nations Unies.  Les États-Unis voulaient se séparer du gouvernement yougoslave dans la république musulmane séparatiste et étaient soumis à des pressions diplomatiques importantes de la part de plusieurs pays du Moyen-Orient. Cependant, un embargo sur les armes était en place, de sorte que le gouvernement américain devait se tourner vers Lasnaud. Frontline / World raconte : « leDr. Daniel Nelson, ancien consultant en matière de prolifération des armes auprès du Département d’État, était en Croatie à l’époque des ventes. Nelson dit qu’au début des années 90, les États-Unis était en faveur de l’armement de la Croatie mais ne voulait pas violer ouvertement la loi (aux USA). Cependant Au lieu de cela, les fonctionnaires ont simplement fait un clin d’œil aux envois d’armes en provenance d’Argentine, d’Afrique du Sud, de Hongrie, de Slovénie, de Bulgarie, de Pologne, d’Ukraine et d’Iran. Aux États-Unis des gens essayaient de trouver des sources [d’armes] – islamiques, et celles qui ne l’étaient pas. Et l’Argentine en faisait partie, dit Nelson.  » Après avoir fui sa communauté fermée à Fort Lauderdale en 2002, Lasnaud a été arrêté à Genève, en Suisse, et extradé vers l’Argentine, où il a été interrogé. Le journal en ligne Los Andes a rapporté le 12 octobre 2004 que Lasnaud avait été relâché et avait quitté l’Argentine. On ignore depuis où il se trouve ». Sur les livraisons américaines durant la période, je vous renvoie à cet épisode paru en décembre dernier chez Cent Papiers.

Lasnaud étant lui, visiblement, et ouvertement sous la protection des américains… lié aux contrats signés jadis, et aujourd’hui toujours actif …  n’hésitant pas même à venir parader en France dans la cour même des Invalides, comme on peut le voir ici à droite en photo, affichant sur sa cravate un beau lys doré à côté de ses décorations. La photo émanant de son propre compte internet chez Google !  Il faut oser ! Un Lasnaud qui en a possède des biscuits, pour se protéger, et des révélations croustillantes plein son sac, telle celle-ci faite à des policiers suisses venus un jour l’interroger :  « je veux être extradé en France », prévient-il, promettant à plusieurs magistrats français « des révélations dans différentes enquêtes judiciaires… » Il affirme ainsi que Thierry Imbot  (3), l’espion de l’affaire des frégates de Taïwan, n’est pas tombé tout seul de sa fenêtre en réparant un store… « Il a été poussé », assure Lasnaud, conscient au passage de se faire quelques ennemis ».  Un avis réédité ici :  « Il m’a dit qu’il savait tout sur ce dossier et que les commissions étaient gigantesques . Si je parle, tout explose , m’a-t-il dit, en faisant un grand mouvement des bras. Je ne crois donc pas une seule seconde à son « accident » en réparant un store… Il a été poussé »… les poussettes du haut d’immeuble, une vieille tradition chez certains !!

Lasnaud s’est fait également arrêter le 11 mai 2018 en Espagne, où il était recherché depuis 2003, pour un trafic d’armes réalisé il y a des années de cela en faveur de l’ineffable argentin Carlos Menem, pour des ventes à l’Equateur (lors de « l’Opération Mouette ») et en Croatie !!! En France, personne n’en a parlé : la presse a ignoré l’événement !!! Il risquait alors 12 années de prison. En 2001, Lasnaud, alias François Lasnosky (son vrai nom en fait, alors qu’il se fait aussi appeler François Laroche !), avait déjà été arrêté en Suisse mais était passé au travers de la prison (la faculté des marchands d’armes à passer à travers les mailles du filet en dit long sur leurs liens politiques en plus haut lieu !). « Petit-fils de l’ancien grand rabbin de Varsovie (Pologne), engagé dans la légion étrangère pendant la guerre d’Algérie, puis reconverti dans les « affaires » de vente d’armes, Lasnaud a effectivement travaillé en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, en Amérique latine » avait écrit Libération pour résumer brièvement son sulfureux CV. A gauche ici son enregistrement comme fournisseur officiel comme « Strategic Consultant » du gouvernement US !!!  Aux USA, il a en effet pignon sur rue !

Lors de son audition en Suisse, il avait été révélé des liens surprenants avec notamment Georges Starckmann, qui a été un temps patron du cabaret parisien l’Alcazar.  Il s’était fait piéger, lui aussi, et ses enregistrements avaient abouti sur une radio suisse et diffusés lors d’un feuilleton appelé de façon humoristique «Noir canon et rose culotte» (Starckmann ayant écrit le livre « Noir canon » !) : on avait pu y entendre une quinzaine d’enregistrements pirates assez savoureux du marchand d’armes, évoquant sans détours des commandes vers l’Irak et l’Iran !!!  Vendre des armes étant aussi un métier dangereux comme on l’a vu avec Imbot : « l‘officier de liaison de Jean-Bernard Lasnaud en Argentine était le capitaine Horacio Estrada, qui a ensuite été accusé de torture et de meurtre dans la « sale guerre » du pays. En août 1998, les autorités judiciaires argentines ont mis en cause les ventes d’armes d’Estrada en Croatie et en Équateur. Il a dit qu’il connaissait Lasnaud, mais a nié avoir fait affaire avec lui. Quatre jours plus tard, Horacio Estrada a été retrouvé abattu à la maison »: un suicide selon les argentins ! » « il y avait 92 messages électroniques de son ordinateur à Lasnaud. Le dernier concernait environ 1 500 fusils qui se dirigeaient vers la Sierra Leone, qui faisait également partie des forces armées de l’ONU ». Sans surprise, avec de tels soutiens, il évitait en novembre 2018 l’extraction vers l’Argentine… les USA protègent en fait depuis longtemps l’un des plus grands vendeurs d’armes au monde (via sa société Caribbean Group, une protection comme le fait aussi la France…).  Mais ils arrêtent Viktor Bout, ou le trafiquant colombien du jour, en l’accusant lui aussi de vendre des armes… allez donc comprendre ce paradoxe !  Il est donc grand temps, je pense, d’en arriver à un autre français, présent au Mali, avec un avion bien spécial comme on v a le voir….

Retour sur le Boeing du désert : l’odyssée d’un gros Cessna

Des français, on en avait vus pas mal au Mali, on vient de le dire. Les photos aériennes de Sénou-Bamako ne montrent pas que la fin du DC-9 déchiqueté à la main. Dans plusieurs clichés on retrouve un avion dont visiblement on ne sait pas quoi faire et qui encombre lui aussi le terrain alors qu’il est encore en état de voler.  C’est un Cessna 208B version Super Cargomaster qui arbore toujours les couleurs de la société chez qui il a été acheté, à savoir sur l’île de Lanzarote, aux Canaries. J’ai longuement expliqué déjà ailleurs qui était le propriétaire de cet appareil si reconnaissable, à l’origine l’EC-IKM vu ici à gauche le 4 juin 2006 au décollage de…Lanzarote, justement. Lanzarote Aerocargo aurait acheté son appareil en Allemagne en fait, au départ, car l’avion a aussi arboré l’immatriculation D-FMCG qui porte le N°208B-0948, il a été construit en 2002.

L’avion N°208B-0948, c’est justement aujourd’hui un Cessna Cargo, arrivé en 2016 chez Long Beach en Californie (qui possédait un beau DC-3 comme on peut le voir ci-dessus à ses côtés), et portant désormais là-bas l’immatriculation N9187, chez Catalina Flying Boats Air Freight Service, vu ici à l’entretien moteur. Le DC-3 est parti en juin 2017 « pour un travail humanitaire » en Afrique du Sud nous indique Press Telegram, évoquant la présence de deux Cessna Caravan dans la société venus remplacer le fameux DC-3, remis à jour avec un programme à 3 millions de dollars avant de partir en Afrique. Les deux Caravan étant le N960B et le N9187, celui qui nous intéresse aujourd’hui.

Le 18 mars dernier notre nouvelle recrue effectuait par exemple encore un trajet Avalon (Long-Beach) vers Catalina Island dont il assure la liaison quotidienne. C’est Rizjets qui nous donne une indication supplémentaire : le 18 septembre 2015, l’avion est passé entre les mains de la firme Dodson Aviation Inc à Ottawa KS, réputée pour ses ferraillages (et son association depuis des lustres avec quelques beaux cas d’espèces de tripatouillages de la CIA, j’avais par hasard et déduction déjà flairé ici la piste probable de Dodson au Mali !!!) !!! Pour la FAA, il n’y en a bien qu’un seul, en effet de 208B0948: résultat, notre avion malien a été depuis… revendu.  Et effectivement, puisqu’on retrouve son annonce de vente ici, proposée le 15 août 2016, qui précise que l’avion avait été entièrement révisé en avril, repeint en blanc en mai, et qu’il s’appelait déjà le N9187 !!! Ci-contre à droite, son retrait de l’endroit entre les containers amenés par l’armée française, entre le 1er et le 14 février 2015, constaté par vue satellite. Et ci-dessous au milieu des containers fin 2014 à Bamako :


A noter que l’engin est doté d’une double liaison pour afficher la météo et le trafic aérien, un GL-88 Garmin qui a lui seul coûte près de 4000 euros. L’avion qui appartenait à Africa Air Assistance depuis le 5 mai 2009 sous l’immatriculation J5-GAS a donc bel et bien quitté discrètement Bamako et rejoint la côte Ouest des USA, on suppose par ses propres moyens (grâce à un pilote « ferry », comme par exemple le texan Joe Casey, qui avait amené un Beechcraft 200 (ZS-OEB) à Bamako 2012 (notre ferryman est aussi celui qui a amené le Piper Malibu du lord anglais ayant emmené l’agent français d’Emiliano Sala !

Oublié, donc, le Cessna immatriculé en Guinée-Bissau et longuement abandonné entre les containers de l’armée française (comme photographié en décembre 2014)… On avait assisté à sa remise en état discrète, à grands coups de balais (et derrière lui le vieil Islander 5V-TTB de STA Mali)… ou avec la vérification de son moteur (ici à gauche). Mais ce ne sont pas les clichés de son nettoyage en vue de son redécollage qui nous avaient le plus intéressés : non c’étaient ceux de son pilote, en l’occurrence…
Eric Vernet en personne, apparu il y a plusieurs années maintenant sur l’aéroport de Sulamaniyah, situé en Irak (au nord au Kurdistan irakien à la frontière poreuse avec l’Iran). Une localisation très étonnante. L’avion lui avait été fourni par Anders I.B. Nielsen, un danois, qui était à la tête de Globe Air Service Ltd. et chez Newton Air, Ltd., mais aussi d’International Aviation College Ilorin Nigeria : il était alors domicilié à Dakar.. sur l’île de Ngor, au large de la presqu’île du Cap-Vert !!! L’école a été suspendue en août 2018 et Nielsen tente depuis de la refaire en Tanzanie.  Interrogé par un confrère à propos de l’avion, dont les certificats de l’ADAC de Guinée Bissau avait été joints, Nielsen lui avait répondu : « Vernet n’a jamais possédé ou vendu cet avion. D’où avez-vous obtenu les certificats ??? » Alors que ces derniers étaient disponibles sur le net signés au nom de Mariama Diuouf, la secrétaire de Africa Air Assistance qui habitait à Yoof !!! (cf  à gauche ici les bureaux de AAA). C’est à Ngor qu’en 2009 sera arrêté le français Olivier Georges Nunez Hernandez directeur d’exploitation d’une carrière de granit avec 5 kilos de coke sur lui, sur le parking des taxis de Blessing, avec Tompson Anyiam et Félix Anyawu; les trois occupaient l’hôtel ‘’Le Virage ». A Ngor, une île célèbre, connue aussi pour la présence discrète…de France Gall, qui s’y était installée, pour la petite histoire. Un Vernet qui n’hésitera pas à se faire prendre en photo à Souleimaniye, aux côtés d’un pilote des forces irakiennes utilisant un appareil similaire au sien… (cf les photos ci-dessous un peu plus loin dans l’article) un avion encore immatriculé EC-IKM, son immatriculation de Lanzarote !!! Que pouvait venir faire en 2008 à cet endroit cet avion, déjà aux commandes d’Eric Vernet laisse perplexe en effet… Cela ne s’explique en rien ! Les photos avaient été prises par un membre de Lafarge North America pour ne rien arranger…pour ceux qui douteraient de l’emplacement, notre imprudent Vernet fera un autre selfie avec un technicien local et sur le cliché, derrière lui, on distinguait très bien la tour caractéristique de l’aéroport (au passage on héritera des deux surnoms des deux personnes posant : « Babell and Olly »). Mais ce n’est pas la seule surprise de cette localisation étonnante… (ci-dessous une carte simplifiée pour mieux prendre conscience de la totale incongruité de l’emplacement où ont été faites les photos : c’est assez surréaliste comme déplacement d’avion. Entre les deux il y a 5 913 km, entre Agadir, qui est en face de Lazarote et Sulamaniyah, il y a 5 104 km soit 2 ravitaillements obligatoires avec une autonomie de 1700 km pour le 208B ! ) :

Drôle de découverte

Dans un hangar discret de l’aéroport de Sulamaniyah, au détour du net, on rencontrera en effet un peu plus tard (en 2013) un autre « confrère » de type Cessna Caravan : le N443JP, lors ce qui semble être une visite scolaire impromptue de son hangar (ici à gauche). Un drôle de lascar aussi celui-là : auparavant il était immatriculé RA-67182, et avait volé pour  Tatarstan Air – Ak Bars Aero (ex OJSC Bugulma Air Enterprise, une ancienne division d’Aeroflot ). Une vue élargie de l’appareil en vol montre un siglage fait de lettres différentes, une version très amateur d’une immatriculation. En 2013 le voici remis en vente chez Aerostrust.. à Fort Lauderdale nous révélant au passage sa plaque de fabrication moteur et son numéro de fabrication : le 5043 (son moteur étant en 1294). Au départ, le 9 décembre 2013 il avait été exporté en… Russie, sous l’immatriculation N81491, à partir de « Globeflyers Inc. Valley Center KS », qui semble bien floue comme entreprise. On voit ici son vol de transfert « ferry ». Ak Bars fera faillite en 2015. On croit cette histoire terminée là… mais non : la FAA, dans sa grande mansuétude indique que le N443JP, modèle 5043, a été ensuite vendu par «  208B Trading Co Llc ». Une société elle aussi aux contours flous et aux activités surprenantes.  La société  « 208 Trading Co» possède en fait 4 autres 208B dont le N446JP qui s’est posé en urgence le 4 avril 2016, dans un champ de maïs non encore poussé (ouf !),  à McGregor au Texas.  La société est gérée par une boite postale du Delaware qui en gère… 10 000 autres !  Son N244JP a effectué récemment (en juin 2018) un vol de Nome, dans l’Alaska à … Magadan en Russie ce qui n’est pas très commun :

Son N446JP a lui traversé de Goose Bay au Canada vers le Groenland il y a deux mois à peine:

Des Cessna Caravan russes ?

Mais le plus étonnant peut-être est que le fameux N443JP, dont on parlait en commençant ce chapitre, a été vendu et enregistré en février 2016 chez Southern Aircraft Consultancy Inc Trustee, de Bungay dans le Norfolk, en Angleterre. C’est le propriétaire, on l’a vu, de l’avion dans lequel s’est tué Emilano Sala !  Sidérante découverte ! Depuis, impossible d’en trouver la localisation ni une seule photo… plus on avance, plus ça devient étrange ce dossier !!! A noter que c’est le seul Cessna 208B enregistré chez la firme mise en cause récemment en Angleterre !!! Un ex Cessna russe devenu anglais et dont on ignore l’activité actuelle sur le territoire, cela fait quelque peu gratter la tête. A quoi peut-il bien servir aujourd’hui ? Il n’indique aucun vol récent ! Un autre Cessna de son ex-entreprise avait été « spotté » en Allemagne à Dresde, en décembre 2015, puis les 30 mars5 avril et 30 juin 2016 laissant entendre que cela aurait pu être sa nouvelle base… allemande (portant toujours son immatriculation russe RA-67177 du Tarstatan)  !  Un avion aperçu après la disparition de la société déclarée en faillite dès 2015 ! Une société qui affichait aussi le RA-67173, et qui volait en Europe en France, en Angleterre, en Pologne, en Ukraine mais aussi en Espagne et au Portugal… ici à droite, il était même de passage à… Brest ! Ci-dessus une photo du « nid » de Cessna russes à leur arrivée encore tous en « N » et annoncés par Jet Transfer, représentant officiel de Cessna Aircraft en Russie. On en dénombre 9, parmi eux le N8148U, le N81504 le , N8149V, le N8148V – devenu depuis N438JP chez TVPX Aircraft Solutions Inc Trustee, de Brett King, tous vendus et exportés vers les russes par Globeflyers Inc. Valley Center KS). Les avions ont été mis en vente après la faillite de 2015 pour  83 millions de roubles. (RA-67413; RA-67438, un peu plus de 1, 1 million d’euros) et 73 millions de roubles (pour le RA-67443, un peu moins d’1 million d’euros). A gauche ici le RA-67435 devenu … tout blanc, devant le RA-76429 du Ministry of Emergency Situations (EMERCOM) !!

Une autre entreprise russe, tout aussi  éphémère, Tomsk Avia, avait aussi acheté en août 2012 des Cessna du même type, revendus également après en prêt-bail et une faillite retentissante. La firme avait prévenu ouvrir une ligne régionale qui n’a jamais décollé. L’appareil RA-67413 de chez Tomsk avait comme numéro de série 208В2393, le RA-67438 le 208B2386) et le Cessna RA-67443 était le 208B2394. Le RA-67438 de Tomsk Avia; comme ses collègues, affichant une déco fort « américaine » comme on peut le voir ici à droite. Le RA-67443 avait été annoncé en vente avec « son hélice endommagée et les panneaux internes du système antigivrage de l’aile déformés« . Tomsk avait très vite croulé sous les dettes, le directeur de la société ayant été inculpé de 18 infractions pénales, dont le non-respect du paiement des dettes devant un tribunal russe. En mars 2015, des agents avaient été obligés de saisir carrément deux aéroports appartenant au transporteur, celui de Strezhevoy et celui de Kargasok (voisins de Tomsk). Etrangement, Tomsk Avia n’annonçait qu’un seul Cessna 208 à son registre, alors que les photos montrent le contraire ! On retrouvera pourtant un appareil du lot, l’ex RA-67438 (le 208B2386) mais aux couleurs de … la République Démocratique du Congo, avec le 5X-MRH, volant au nom du United Nations Humanitarian Air Service (UNHAS), lors d’un crash survenu le 30 mars 2018 sur une piste improvisée à Kamonia. Combien de Cessna ex russes devenus tous blancs va-t-on retrouver aujourd’hui en Afrique ???

A Bamako, le  Service Aérien Humanitaire des Nations Unies (UNHAS) avait surtout montré un Dornier (le 5Y-EKA) et un Beech 1900 arborant un drapeau d’Afrique du Sud. Un Beech similaire, le ZS-PHL de Sahel Services, a disparu en mer le 7 avril 2013 dans un vol « ferry de Lanseria à Bamako, au dessus de Sao Tomé. L’avion, l’ex Tomsk Avia, lui avait été accidenté et détruit (ici à droite), immatriculé chez Air Serv International (voir ici) il était alors en route lui aussi pour… Bamako et s’était retourné au décollage, blessant gravement ses 5 occupants (à gauche ici c’est le Cessna ET-AOF de l’UNHAS en Ethiopie, un des 6 Cessna 208 d’ Abyssinian Services qui possède aussi un ET-AMI, venu d’Africair Inc, l’ex N10966) ! AirServ utilisait une piste improvisée fréquemment par les missionnaires de MAF West Congo. Air Serv, qui utilise toujours un Cessna 208 immatriculé 5X-ACE, c’est l’ex N718BT (208B0898), (et également le Cessna N8HZ (208B0980):

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Un Cessna bien voyageur 

Revenons à notre Cessna Cargo malien et à sa surprenante visite irakienne. L’un des Cessna 208 militaires irakiens, le cinquième, était arrivé le 29 mars 2008 à Kirkuk. En 2015, l’armée  irakienne annoncera avoir perdu le Cessna le YI-119, du Squadron 3, de l’Iraqi Air Force équipé de missiles Hellfire, une perte revendiquée par Daesh. Sur l’un des clichés (ci-contre à gauche), on voit très bien Vernet manipuler un appareil photo numérique pour prendre de clichés de son propre avion. Et de celui en même temps (ici à droite) et au passage son nouveau collègue de piste en uniforme irakien… (ici à gauche et à droite). Un avion décidément bien voyageur, que ce futur J5-GAS, puisqu’il avait également croisé au Maroc en juillet 2011 à Tit Mellil (Casablanca) un petit Cessna le TY-TPB (dans le fond de l’image ci-dessous) parti de Cotonou vers Turin puis retour (en octobre) à Cotonou. L’étape marocaine étant en effet sur l’improbable trajet du Cessna… pour se rendre en Irak, en passant par la Méditerranée.

Tia Mellil, c’est à quelques 2 326 km de distance de Cotonou… mais en même temps, en suivant à la trace le petit Cessna, on allait retomber sur autre chose encore de tout aussi passionnant que ce que vous venez de lire. Car c’est une vraie boîte de Pandore, ce nouveau dossier !

 

 

Nota : ce n’est pas le seul appareil à s’être posé en pleine Opération Serval. Celle-ci a vu les premiers avions gros porteurs C-130 Hercules et C-160 Transall amener  200 militaires du 21e RIMA les 10 au 11 janvier 2013. Le 17 janvier 2013, c’est un tout autre type d’avion qui s’est posé à Bamako : un superbe 237 VIP, immatriculé N111VM d‘International JetClub Limited (ici à droite), installé à Farnborough (et rachetée depuis par Hangar 8 plc). A bord deux pilotes : Ricardo Alfredo « Rick » Velez un pilote américain de Gresham (dans l’Ontario) aguerri (avec un grand-père pilote de DC-6, il est licencié depuis 1997, avec 10 500 heures de vol sur B-737, G550, G-IV, LJ35 et LJ25), comme pilote principal (présenté aussi comme « ayant mené de vastes opérations aériennes internationales pour le Ministère de la Défense et l’Agence de Renseignements », c’est à dire pour la CIA) et un vétéran anglais John Rowe, comme co-pilote. L’avion vient tout simplement de Dallas, aux Etats-Unis, ou plus exactement en droite ligne de Nassau où deux passagers seulement étaient montés à bord (???). L’avion ne restera que quelques heures sur place à Bamako (pour refaire le plein ?) avant de foncer vers les Maldives et se poser à 22h30 le même soir à Port Moresby… en Papouasie-Nouvelle-Guinée (ici à droite le lendemain), alors que l’aéroport était fermé, toutes lampes éteintes. Etrange vol et surprenant atterrissage ! C’est un vol record qui vient d’être fait : de Bamako aux Maldives il y a 9 000 km en ligne droite, et 8 300 km de Gan à Port Moresby, toujours en ligne droite !!! de Nassau à Bamako, il y a déjà 7 351 km : c’est un vol de plus de 24 000 km qui vient d’être fait (plus de la moitié du tour de la Terre, je ne vous dis pas la facture en kérosène !). Autre incongruité, les deux occupants,  « une heure après que l’équipage de cabine et les pilotes ont quitté l’aéroport, sont revenus avec des sacs à ordures en plastique prétendant qu’ils voulaient nettoyer la cabine de l’avion ». Drôles de passagers, si soucieux eux-mêmes de la propreté de l’appareil loué (une fortune, vu le périple !!!). Ils étaient montés aux Bahamas et n’étaient restés que quelques temps à Bamako, sans que l’on sache très bien ce qu’ils avaient pu y faire. L’un d’entre fera un selfie devant le nez de l’avion : c’est Pascal Vu Anh Quan Saken, l’autre étant son frère. Les deux étant impliqués dans ce qu’on peut appeler le kidnapping au Vanuatu du voilier Phocea, intercepté sur place avec à bord des armes, de la drogue et des dizaines de passeports… qu’est ce que l’on peut transporter dans la précipitation sur la moitié de la terre, via un moyen de transport aussi onéreux, je vous laisse deviner… les activités de Saken, si prompt à menacer les sites du net qui osent parler de lui et de ses amis… d’Orianenbourg.

(1) « Le vrai nom de Lasnaud était Bernard Lasnosky, d’origine polonaise mais né en Alsace française. Il avait utilisé l’en-tête d’une entreprise basée au Panama, mais plusieurs documents datant de cette période montrent que les numéros de téléphone de cette société étaient tous situés à Bruxelles. Pour ses opérations en Belgique avec plusieurs autres trafiquants condamnés, il a utilisé de faux noms tels que « Jean-François Bernard », puis « de Bernard ». À ce titre, il était impliqué dans un trafic illicite à destination de la Libye, de l’Iran, de l’Afrique du Sud et de plusieurs autres destinations sous embargo. Des informations provenant de la section française d’Interpol montrent que Lasnaud est effectivement né en France en 1942. Il était connu en France sous les divers pseudonymes qu’il utilisa plus tard en Belgique et également sous le nom de «François Laroche». Les informations montrent que Lasnaud a été condamné à sept reprises en France, principalement pour crimes financiers. Il avait été condamné en 1979 pour la vente illégale de 500 Heckler & Koch 21 à la Somalie et à nouveau en 1980 pour l’utilisation de faux documents officiels. Après une série de six condamnations, Lasnaud a apparemment quitté la France pour s’installer à Bruxelles, où il a de nouveau été condamné en 1983. Bien qu’il ne soit pas autorisé à exporter des armes en Belgique, il a pu utiliser celle d’un autre condamné pour son compte. ses propres offres. En 1993, les autorités judiciaires françaises ont à nouveau condamné Lasnaud pour «escroquerie». Après cela, on pensait que Lasnaud avait déménagé aux États-Unis, où il avait créé plusieurs sociétés. Des documents récents de la division des sociétés de Floride montrent que Lasnaud a utilisé divers prénoms – «Jean-Bernard», «Jean-Bertrand», «Gean-Bertrand», etc., et qu’il a dirigé au moins dix sociétés de la même adresse Fort Lauderdale. Selon une source diplomatique belge, Jean-Bernard Lasnaud aurait été interrogé en janvier 1996 au Venezuela au sujet du navire danois Hornestrand (ici à droite), chargé de munitions fabriquées en Belgique et conformes aux normes de l’OTAN, en provenance d’Iran (dans le cargo on trouvera dans la cale sous la trappe trois conteneurs avec au total environ 20 tonnes d’explosifs gélatineux et de cordeaux détonants. Dans la cale inférieure se trouvait 225 t de Seismo-Gelit 2 sur 9 229 caisses). Les autorités douanières et de police vénézuéliennes ont bloqué le navire après avoir découvert le contenu réel de la cargaison. Peu de temps après, Lasnaud a été libéré. Selon un journaliste du quotidien argentin Clarin, qui a écrit un livre sur ces affaires, 9 200 000 cartouches de munitions de 7,62 mm (type FAL) ont été expédiées du port iranien à Guayaquil (Équateur). Lorsque nous avons appelé l’affréteur du Hornestrand dans les bureaux d’une compagnie de transport maritime danoise, il a déclaré que «cela n’était pas de nos affaires». Le responsable des services de fret du Hornestrand a déclaré ne jamais avoir entendu parler de Lasnaud. »

(2) On pense aussi à Pierre Falcone, sous Mitterrand cette fois, résumé ici par RFI : « l’homme par qui le scandale est arrivé en France. Cet élégant multi-millionnaire, habitué de la jet set, au carnet d’adresses prestigieux, est en prison depuis le 1er décembre dernier dans le cadre de l’Angolagate. Il dirige la société de ventes d’armes Brenco international et il est conseiller de la Sofremi, service de ventes d’armes du ministère de l’Intérieur. Il a pour associé Arcadi Gaydamak. Dans les années 1970, ils étaient devenus mandataires d’une usine d’armement en Slovaquie, ZTS-OSOS. Tous deux sont aujourd’hui accusés d’avoir reçu du président angolais Dos Santos la somme de 500 millions de dollars, en échange d’armes. Lors d’une perquisition au domicile de Falcone, les enquêteurs découvrent le nom de Jean-Christophe Mitterrand, le fils de l’ancien président français qui fut conseiller Afrique de l’Elysée de 1986 à 1992. Celui-ci passera Noël en prison dont il sortira après avoir versé une caution de cinq millions de francs. Outre le «trafic d’armes», Jean-Christophe Mitterrand est inculpé «d’abus de biens sociaux, recels et trafic d’influence». Dans cette affaire, le ministre de la Défense Alain Richard a déposé une plainte pour «commerces d’armes illicite». Le nom de Falcone apparaît également dans l’enquête sur une vente d’armes au Cameroun, en 1994. Les autorités camerounaises démentent. Enfin, Falcone n’a pas seulement exercé sur le continent africain. En 1991, il aurait vendu des hélicoptères polonais à la Birmanie ».

(3) ce n’était pas n’importe qui en plus : « Thierry Imbot était en effet le fils du général René Imbot (ici à droite, décédé en 2007), devenu patron des Services spéciaux après l’affaire Greenpeace, de 1985 à 1987. Le général l’avait introduit à la DGSE, où il avait occupé plusieurs postes de «résident» à l’étranger. Après avoir été en poste à l’ambassade de France à Pékin, puis à Taiwan, il avait rejoint Washington, où il avait créé une société de consulting opérant en Afrique dans le domaine de l’armement. Selon le Quai d’Orsay, Thierry Imbot disposait encore d’un statut de fonctionnaire aux Nations Unies. » Son père était resté célèbre pour son intervention télévisée de 1985 après le Rainbow Warrior sur les « branches pourries coupées » au sein de la DGSE. Son supérieur était alors Paul Quiles, alors que l’on s’apercevra bien après que le ministre des armées françaises, Charles Hernu, son prédécesseurétait en fait très certainement un agent soviétique à la même époque !!!!

 

document :

https://justicestudies.eku.edu/sites/justicestudies.eku.edu/files/armstrafficking.pdf

avec sa très bonne conclusion :

 

http://www.lloydthomas.org/5-SpecialStudies/ArmsTrade.html

Notorious arms dealers in modern history

Globalization and the Illicit Traffic in Arms


L’un des meilleurs connaisseurs du trafic est Willy Van Damme, et son blog en flamand, mais que l’on peut découvrir grâce aux traducteurs en ligne. Très éclairant sur la période reprenant le travail de l’équipe de l’ancien hebdomadaire local De Voorpost… d’extrême droite (Willy  intervient aussi logiquement sur RT, on reste bien dans le domaine -fermé habituellement- de l’extrême droite, fort liée aux armées comme on le sait) :

https://willyvandamme.wordpress.com/category/jacques-monsieur/page/3/

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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3 Commentaire

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    Lafont à commencé avec un autre gendarme : Montoya

    ( la presence de Lasnaud à l’enterrement de Jerome
    Muriaux a surpris nombre beaucoup de
    Monde)

  2. avatar

    un petit rappel ?

    parce que Vatry et Chateauroux ont servi à ces avions…

    http://www.francesoir.fr/transports/aeroport-de-paris-vatry-220-millions-d-euros-envoles
    lire ça aussi en forum :
    Dans la mouvance des trafiquants d’armes russo-israëliens Victor BOUT et David MININ :
    l’ex-pandore français Robert MONTOYA , reconverti dans le trafic d’armes en Afrique .
    Il a appartenu aux unités d’élite de la gendarmerie : GIGN et GSPR ;
    il a infiltré des filières de drogue et collaboré avec la fameuse cellule de l’ Elysée .
    Mais il a été condamné dans l’affaire des plombiers de l’ Elysée .

    Il s’installe alors à Lomé , au Togo ; il vend des avions de combat russes et des roquettes à la Côte d’ Ivoire qui les utilise pour bombarder des militaires … français du camp de la Licorne , à Bouaké ,
    avec des pilotes slaves aux commandes ( 10 morts , 33 blessés )MONTOYA est représentant attitré d’une entreprise d’armement d’un pays peu démocratique : la Biélorussie .
    Malgré l’embargo décrété par l’ONU , contre la Côte d’Ivoire , MONTOYA , ex-protégé d’ EYADEMA,continue à livrer des armes qui transitent par le Togo .
    La juge d’instruction aux armées , Brigitte RAYNAUD , s’intéresse à son cas ;mais elle se heurte , de la part de MAM , à des refus de déclassification de dossiers d’audition de mercenaires . Mme RAYNAUD est promptement mutée …
    MONTOYA , propriétaire de nombreuses entreprises florissantes , vit toujours libre au Togo …
    Source : « Les trafics d’armes » de Laurent LEGER
    P.S. J’espère que les nombreux gendarmes de ce forum réagiront !

    Autre trafiquant : Alfred SIRVEN
    Toujours d’après le livre de LEGER :
    « La stratégie de SIRVEN , toute de dérivation , était simple : pour pomper des fonds , il se greffait sur un marché via deux ou trois sociétés de consultants , créées de toutes pièces et enregistrées dans un paradis fiscal
    et dégageait une commission en échange , officiellement , de prestations fournies .
    En réalité , ces prestations si cher payées , ressemblaient plutôt à du vent !
    SIRVEN ne gardait qu’une partie , le reste s’évaporait vers des hommes politiques ou des chefs d’entreprise
    Exemple fameux : les frégates de TAIWAN où , faisant valoir son rôle d’intermédiaire actif , SIRVEN avait réclamé une commission de 160 millions de francs à THOMSON-CSF ( THALES aujourd’hui ) !
    Dans le carnet d’adresses de SIRVEN , des hommes-clés de l’armement figuraient en toutes lettres :
    – Gérard HIBON , ex- vice président de l’ Aérospatiale
    – les 2 frères LETHIER :Philippe qui réussit à vendre 436 chars LECLERC aux EAU, contrat de 3,2 milliards d’euros
    et Pierre , ex-chef de cabinet de 2 patrons des services secrets , condamné dans l’affaire ELF
    – Jean-Paul SOULIE , intermédiaire sur les marchés d’armes avec le QATAR
    – etc …
    SIRVEN s’était vanté de » pouvoir faire sauter 20 fois la République française  » !
    Mais il a été condamné à 5 ans de prison ferme et est décédé avant d’avoir purgé la totalité de sa peine …
    sur montoya
    http://geo-phile.net/IMG/pdf/Robert_Montoya_le_gendarme_vendeur_de_bombes__L._Leg er_.pdf

    c’est ici :
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/viktor-bout-et-les-usa-ou-mickey-80897

    un peu de patience, je reviendrai sur le personnage bientôt…
    https://www.google.com/search?client=safari&rls=en&q=montoya+armes+agoravox&ie=UTF-8&oe=UTF-8

    parlez-nous donc de Muriaux, puisque que vous semblez suivre l’affaire de près..
    Jerome
    https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Mais-qui-a-tue-l-avocat-magicien-158263

  3. avatar

    Jerome Muriaux est intéressant, de l’annonce accidentelle à la télévision faite le jour même par JL Fiamenghi, au fait que J.Muriaux se confiant à un proche se sentait « lâché ».
    Cet avocat, passsionné de l’Est en particulier de la Roumanie, gerait quelques sociétés, sont l’une à chypre.
    Il avait mis à disposition dans son cabinet, un bureau à un Franco-tunisien ( proche de Lasnaud) et son compère ancien agriculteur des Deux Sevres.

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