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Coke en Stock (CCXLVI) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (g)

L’étude du dossier de la drogue circulant au Mali, débuté avec l’arrestation en novembre 2018 à Zagreb de l’américano-colombien décrit comme le cerveau du trafic, nous amène obligatoirement à décrire la terre d’arrivée privilégiée de la coke venant d’Amérique du Sud pour atterrir en Afrique de l’Ouest.  C’est bien sûr la Guinée-Bissau, où aujourd’hui encore rien n’est réglé et où continuent à atterrir des avions effectuant la traversée de l’Atlantique bourrés de cocaïne.  Le dernier en date s’étant fait pincer le… 30 mars dernier, la veille du moment où je finalisais cet article (1).

Le reportage accusateur

Un très intéressant reportage de Spécial Investigation de mars 2010, lisible ici, avait expliqué la méthode pour amener la drogue sur l’archipel des Bijagos et y décharger la coke. Un colombien disant s’appeler « Willmer » avait choisi de s’installer dans une petite maison ronde qui était tout simplement installée au bout d’une piste d’atterrissage débouchant sur l’Atlantique.  Des enfants interviewés parlaient de gros fûts à débarquer pour aider le colombien.  Ça ne pouvait être plus clair (cf ici à droite, l’image est saisissante) !!!

Dans une deuxième séquence, après un détour sur le massacre du président Viera et le rôle de l’amiral Bubu Na Tchuto (libéré en octobre 2016 après seulement trois ans de prison aux USA, après avoir été lui aussi piégé par des agents de la DEA, un homme qui protégeait ouvertement les narcos), arrive le nom de Papa Camara (ici à gauche), un lieutenant de l’armée mis en cause, avouant ayant lui-même déchargé l’avion sur les ordres de son supérieur Baciro Dabó, un ancien chanteur (?) devenu « Secretary of State for Public Order » du pays, en 2005, ce dernier ayant été assassiné lui aussi, peu de temps après (le 5 juin 2009), d’une rafale de Kalachinov alors qu’il dormait chez lui avec sa femme. Toute l’histoire baigne aussi dans le sang, dans ce pays  ravagé par le trafic de cocaïne. Il avait été surpris auparavant par un photographe de l’ONU en train de tenter de récupérer en son nom une cargaison de 630 kilos de coke (ici à gauche) saisie par la police (on le voit ici à droite en train de tenter de mettre la main sur l’objectif du photographe).  Dans la même séquence, on montrait une arme (une Kalachnikov) et des passeports saisis lors de la perquisition (ici à droite).
Dans la séquence suivante apparaît le N351SE en plein air d’abord (ici à gauche), puis dans un hangar (à droite, des photos toutes prises on le précise en juillet 2008). On y confirme que le chargement enlevé dès son arrivée, sur l’ordre de Baciro, avait été décrit à tout le monde comme étant des « médicaments », à savoir que l’on avait fait faire 5000 km à un jet pour débarquer ce genre de chargement, ce qui passe difficilement en effet ! Et très vite on en arrive aussi aux pilotes, dont on affiche les trois photos dans le reportage.  Aux commandes (à gauche), ce serait lui notre célèbre Carmelo Vasquez Guerra, un autre en train de se reposer dans l’avion (ici à droite) mais difficile ici de dire si celui en train de se reposer ressemble à nôtre à notre Carlos Luis Justiniano Núñez avec alors dix ans de moins à le comparer à une autre photo intermédiaire de lui, 
et un troisième pris en photo d’identification, qui aurait été en ce cas Daniel Aguedelo Acevedo.  Selon le Figaro « l’un des d’eux (c’est Carmelo Vasquez Guerra) était sous notice rouge, autrement dit sous mandat de recherche international, depuis une condamnation à vingt-cinq ans de prison au Mexique pour un transport de 6 tonnes de drogue. L’examen de son Palm par Interpol a révélé qu’il venait de toucher 900 000 dollars et qu’il en était à sa cinquième livraison depuis mars. De nombreuses personnalités du cru ont réclamé sa libération, finalement prononcée par un magistrat peu scrupuleux. » L’avion ou un autre, ou le même avec une autre décoration comme on va le voir, avait donc traversé déjà 4 fois auparavant l’Atlantique !!! (ici à droite on s’affaire dessus avant son redécollage). Les reporters avaient donc retrouvé toute l’affaire, plusieurs mois après, tout y était décrit en détail, y compris l’ahurissante implication de l’armée de Guinée Bissau.  Avait été expliquée aussi la mise en place élaborée du trafic avec la création  auparavant d’une fausse entreprise appelée Comec, dont le directeur était … colombien et s’appelait Camacho (ici à gauche), qui avait été interviewé devant deux crocodiles favoris, par la TV locale, en train d’expliquer tranquillement qu’il était là pour « saisir les opportunités » du pays…. dans une entreprise de façade complète, donc !!!  En fait, il attendait l’arrivée des avions de la coke, comme activité principale !!!

Un bien petit monde, en définitive, avec les mêmes qui reviennent en boucle

Le Gulfstream de Guinée Bissau avait d’autres liens intéressants. L’avion saisi en République Dominicaine (cf notre épisode précédent) nous avait donné d’autres indications intéressantes en en effet, expliquées ici par Reporteros24 : « Un rapport du Centre africain d’études stratégiques publié en juin 2013 indiquait que l’organisation pour laquelle Justiniano et Vásquez travaillaient avait étendu ses tentacules à plusieurs pays du continent, tels que la Sierra Leone, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Mali. En Gambie, par exemple, les vénézuéliens Juan Carlos Sanchez, Juan Carlos Diaz, Esteban Zabala et Eric Bottini ont été arrêtés et condamnés à 50 ans de prison. Ce dernier faisait partie de la même structure qui fonctionnait en Bissau. En fait, la police l’a identifié comme étant celui qui était chargé de payer le loyer d’un hangar où la drogue apportée par Justiniano et Vásquez était cachée. Il a échappé à la persécution grâce aux avertissements de ses complices de l’appareil militaire de ce même pays. Selon le registre aérien, le bimoteur qui importait 359 kg de drogue en République dominicaine était basé à l’aéroport de Caracas de Charallave depuis 2010, année de son importation aux États-Unis. Mais en réalité, il avait passé la majeure partie de son temps entre Maturín et Margarita, où habite le pilote » (ah tiens, voici l’île à nouveau citée, celle où habite justement notre fugitif !!!).  Le second à bord étant aussi digne d’intérêt, c’était un vrai chanceux, le survivant d’un terrible crash  : « le co-pilote de cette appareil était Jorge Luis Henríquez Villalba, 44 ans. Son nom a été mentionné pour la première fois en juillet 2008 dans le cadre d’une enquête du parquet national aux compétences aéronautiques liée à l’incident d’un Beechcraft 58 sur la ferme Guaremal à Boca de Aroa, dans le Falcón. « L’avion de Villabal s‘était tout bonnement écrasé sur la ferme et lui-même avait été grièvement blessé à l’occasion, brûlé à 70% sur tout le corps.  Aux sauveteurs, il avait affirmé avoir été pris en otage par le pilote de l’avion…  pas retrouvé dans l’appareil totalement calciné !  « Comment donc les autorités judiciaires avaient-elles pu avaler pareille fable ?» avais-je alors écrit…  Les deux passagers du vol à destination des Caraïbes étaient Gregory José Frías Urbina et Gerardo Antonio Díaz Barroso, âgés respectivement de 23 et 38 ans. Le premier a été désigné comme membre supposé du groupe Los Pulgas, dirigé par Daniel Leal, connu pour avoir participé à un conflit sanglant avec le gang Meleán. Son père, Gregory Frias Quintero, a été abattu en mai 2009 dans le quartier Alberto Carnevalli de Maracaibo ».  Bref, notre fameux fugitif n’avait pas à chercher très loin pour trouver l’avion et le pilote idéaux pour s’enfuir…. Direction le Venezuela, qui hébergeait autant de personnes aussi peu recommandables ! Tout à l’air de se connecter, à l’aune de ces différents récits, et à l’histoire de se mettre en place en « connectant les points » comme disent si bien les anglo-saxons !!!

Epilogue : les condamnations pour le scandale du « Forum Philatélique »

En Espagne, il aura fallu finalement attendre le 13 juillet 2018 (et 12 ans de procédure !) pour que Francisco Briones (ici à gauche) soit condamné au total à 12 ans, 4 mois et 16 jours de prison (l’exdirecteur général du Fórum Filatélico Antonio Merino l’étant à 2 ans et 3 mois, José Carrera Sánchez à 2 ans et Rafael Ruiz Berrio à un an). A noter que parmi les condamnés, il y a Jean-François Saint-Laurent, installé en Suisse lequel, entre autres, avait créé de nombreuses compagnies liées au bureau d’avocats Mossack Fonseca.  Selon ici la Banque québécoise, « il avait créé en série des dizaines de sociétés-écrans québécoises pour des actionnaires domiciliés dans des paradis fiscaux ». Mais en janvier 2018, la Suisse et l’Espagne retiraient les accusations ainsi que pour deux collègues du Crédit Suisse ….« En effet, il appert qu’ils n’auraient jamais été administrateurs des sociétés en question et que leur présence dans les documents bancaires aurait découlé d’une erreur administrative de la part de la banque. » Drôle d’excuse, non ?

Tripatouillages d’avions et de pilotes

Nous n’avons pas oublié pour autant, rassurez-vous, un autre jet (ou plutôt le même comme on va le voir !), qui s’était retrouvé coincé alors qu’il s’apprêtait paraît-il à traverser l’Atlantique vers la Guinéee-Bissau, lui aussi (ça sert d’avoir de la mémoire dans ce dossier tentaculaire que je traite depuis près de 10 ans maintenant !). L’avion figure en fait dans un chapitre de livre au titre évocateur : « Narcojet » (« Cocaína para el mundo en aviones de lujo »).  Selon son auteur, Martha Soto, l’appareil qui devait s’apprêter à traverser l’Atlantique était bien de type Gulfstream. Elle cite à bord les dénommés « Charles Granon » et « José Fernando Acosta Gomez » comme participants. Des noms précieux, comme on va le voir plus loin.  Selon Martha Soto toujours, « il est prouvé que le niveau de sophistication des trafiquants a atteint un niveau tel qu’au moins un des aéronefs suspects arrivés dans le pays utilisait une plaque d’immatriculation pour un avion ambulancier international. Et au début de 2018, un Hawker, en plein vol, a été détecté, dont les pilotes ont refusé de répondre aux appels de l’avion d’interdiction de la FAC (Colombian Air Force). Après avoir vérifié son immatriculation, les inspecteurs ont découvert qu’il était à vendre et qu’un certain nombre de contacts étaient apparus sur Internet en Floride (États-Unis). Immédiatement, les agents ont appelé le propriétaire, prétendant être des acheteurs potentiels, et s’ils ont été invités à les laisser voir l’appareil, cet avion caché qui longeait l’espace aérien colombien a simplement indiqué qu’il était en réparation à Boca Raton, en Floride ». Ceci pour un cas récent. En Floride il s’en passe des belles on le sait. « «  Mais », comme le dit M. Soto, «  il y avait eu un cas encore plus grave, rapporté le 25 octobre 2017, qui impliquait un avion à réaction de type Bombardier, identique à celui qui est parti avec de la drogue de Londres. Avec le pavillon nord-américain et le N° de série 7140″ (c’est le N711M, ici à droite, un CL601) « l’avion de luxe devait décoller de l’aéroport de Querétaro (Mexique) et était en train de préparer à se rendre en Colombie. Lors de l’examen de routine, il a été découvert que le pilote, Joel Amaya Hoeflich, (qui annonce carrément dans Linked’in être « pilote de Cessna Citation Bravo pour Danipili s.a de C.V ») n’avait pas été enregistré dans la base de données FAA donnant l’autorisation de piloter ce type d’appareil » (2). Bingo, puisque le même appareil , le 7 janvier 2018 se fera arrêter à son retour de Colombie à Cozumel : « la police fédérale a obtenu aujourd’hui un avion immatriculé sous le numéro d’immatriculation étranger N711WM, en provenance de Colombie, qui a atterri à l’aérogare de Cozumel, Quintana Roo (un endroit fort prisé comme lieu de chutes d’avions bourrés de drogue, comme celui-ci, on va l’étudier aussi bientôt, vu que l’on a déjà retrouvé son propriétaire au contraire de l’ASN…). « Lors d’un examen d’aéronefs privés en provenance d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes, des agents fédéraux ont détecté le biréacteur Bombardier / Challenger de type CL601, dont le numéro de série ne correspondait pas à son certificat de navigabilité, c’est-à-dire qu’il était « piraté » (à droite la plaque le prouvant). L’avion appartenant alors à Wumac Inc : le 13 avril suivant, il était de retour chez son vendeur de départ, Gaughan Flying LLC !  Celui-là avait tout faux, avion comme pilotes ! Wumac Inc, à l’adresse d’un simple hangar de Portland devait aussi 8 159 dollars impayés de frais portuaires pour son CL600-2B19 N888GY a Aeroworks In. Inc qui l’avait gardé au sol de décembre 2011 à décembre 2013.  « Et pour ajouter un problème de plus, continue Soto, « son copilote présentait lui aussi de nombreux problèmes graves. « Le sous-officier de l’Air Force, auditeur chargé du contrôle à la DSNA, passa alors en revue les consultations respectives de la FAA aux États-Unis et ne trouva pas la licence enregistrée pour le copilote Carlos Andrés Gaona Salas, et sa licence, numéro 2417665, correspondait  à un autre pilote nommé David Doyle (il est commandant de bord sur Gulfstream 650 chhez PVT Flight Dept et ancien pilote sur Falcon 2000EX EASy) ! Bref, au Mexique, belle découverte, on peut faire voir n’importe quel avion, même pas certifié, piloté par quelqu’un avec un faux permis de piloter !!!  La totale !!!

Drôles d’avions et drôles de pilotes ou de passagers

Notre auteur continuant ici sa description de cette incroyable histoire : « En plus du mensonge, les responsables de Civil Aeronautica ont examiné les registres des captures internationales, et ils ont établi que, le 11 juin 2007, un pilote ayant la même identité avait été arrêté au Venezuela alors qu’il avait tenté d’embarquer 2,3 tonnes de cocaïne dans un avion battant pavillon américain à l’aéroport de Santiago Marino, sur l’Ile Margarita »… Et en effet : selon des documents de la Cour suprême vénézuélienne, Gaona Salas et ses collègues ont été traduits en justice le 29 novembre 2013 à Nueva Esparta, pour avoir tenté de transporter deux tonnes de cocaïne. En outre, pour porter illégalement quatre armes à feu de 9 millimètres, 22 000 dollars, 25 000 pesos colombiens et 1 000 francs congolais. Les billets en provenance de la République démocratique du Congo indiquaient la longueur des tentacules de la bande du capitaine Gaona Salas, qui avait déjà préparé le plan de vol pour transporter la drogue sur 9 616 kilomètres jusqu’à Brazzaville. Robert Charles Granon (on va voir plus tard que ce nom n’est pas correctement orthographié), l’un des passagers, était le guide du groupe. Il avait un passeport diplomatique et affirmait être un proche du président de la République du Congo. Malgré sa prétendue ascendance, il a été capturé et accusé de « complicité dans l’utilisation d’un faux document et de collaborateur immédiat dans l’infraction de trafic de stupéfiants ». « Une décennie après cet épisode, le narcopilote Gaona Salas semblait être revenu pour prendre son envol et, avec une permission falsifiée » note aussi Soto.. Le dénommé « Granon » ayant bien sûr bénéficié lui aussi de la même mansuétude, comme on va le voir plus loin dans cette enquête. A noter également que le 10 juillet 2007, Fox News avait proposé une autre version en déclarant qu’il y avait « deux américains à bord » et non un seul, et que « le ministre de la Justice, Pedro Carreno, a déclaré après la saisie que l’avion avait été arrêté par la Garde nationale sur la piste et que la cocaïne avait été saisie à l’intérieur de voitures au bord de la piste avant de pouvoir être chargée dans l’avion » (bref qu’il n’y avait pas de drogue à bord) et avait précisé que selon le co-pilote mexicain, Carlos Gaona Salas, celui-ci « a déclaré avoir atterri sur l’île pour faire le plein, car le vol était bon marché au Venezuela et qu’il se trouvait sur la trajectoire de vol entre Toluca, le Mexique et la Sierra Leone. Il a précisé que leur destination finale était le Congo. » Fox ajoutant que « dix suspects avaient déjà été arrêtés, « dont Georges Masudi, diplomate du Congo ». Ici c’est orthographié Masuchi et les vénézuéliens, comme Fox d’ailleurs, parlent de Charles Gagnon et non Gragnon : difficile de remonter une piste correcte avec ces infos déformées !

Heureusement, comme vous allez bientôt le découvrir, notre insaisissable « Gagnon »  a laissé des traces ailleurs… notamment au Mali et dans un pays voisin, ce qui va nous permettre de relier les points entre eux, comme disent si bien les anglo-saxons : « connecting the dots ». Avec au bout à la fois une réelle surprise et de vieilles connaissances remontant à novembre 2009… Selon NBC News c’était bien  » Ganon » qui était accrédité comme représentant du Congo et non le premier cité.  Celui du président Joseph Kabila, à savoir bien de la République démocratique du Congo !!! Une affirmation aussitôt démentie par Theodore Mogalo, le porte-parole de Joseph Kabila en personne ! Un Kabila, très en cheville avec la Belgique et Ostende, où son père opposant de Mobutu, mort assassiné en 2001 (4), croisait les avions bourrés d’armes d’un certain David Tokoph, associé à Moïse Katumbi (j’y reviendrai bientôt.  Il circulait au moment de sa mort dans le Gulfstream G-IV N180CH, basé à Lanseria, visible ci-dessus à droite).

Le texte officiel vénézuélien révèle la fameuse immatriculation de l’avion (5) : c’était en fait le N211SJ… le 75ième Gulfstream G-IIB construit ex Kraft Foods, appartenant alors à New World Aircraft GIIB-075 LLC , puis revendu le 29 mars 2007 à Mobarak Aircraft LLC.

L’avion serait devenu mexicain le 9 juillet 2007, devenant alors XB-KHU selon Plane Logger.  Or on n’en trouve aucune trace de ce mexicain ! En février 2011, j’avais comparé déjà cet appareil de Mobarak à celui débarqué au Sierra Leone lesté de 600 kilos de coke. Or l’avion « avait été photographié à Caracas à La Carlota (General Francisco Miranda) en juin 2008 encore. Des spotters malins l’avaient pris en photo auparavant avectrois autres prises de guerre des vénézueliens (Un Cessna Citation numéro 2470 et deux Aero Commander, ici à droite) » avais-je alors écrit. L’avion « rebaptisé 0010, pour s’en servir comme avion de VIPs pour ses généraux » avais-je ajouté.  Le problème c’est qu’il n’existe pas de cliché du XB-KHU !!! Aucune trace de l’avion depuis ce qui devait être sa saisie, mais bel et bien exporté ensuite par Mobarack, et après que l’on ait démontré que c’était lui qui aurait dû faire la traversée de l’Atlantique... L’Etat US avait-il ainsi laissé acheter l’avion par des trafiquants potentiels ?  On sait que c’est le N351SE de LB Aviation Inc (ici à gauche) qui effectuera la traversée, le 12 juillet 2008, avec 600 kilos de cocaïne à bord (vite disparue comme on l’a vu, escamotée par les militaires de Guinée-Bissau !). Et avec comme pilote un revenant, Carmelo Vicente Vázquez Guerra, le frère de Miguel, le pilote du fameux DC-9 de Ciudad del Carmen, resté coincé au sol dans l’Etat du Campeche avec 5, 5 tonnes de coke à bord, l’avion de SkyWay, déguisé en avion gouvernemental ! Mon intuition décrite ici par comparaison était-elle la bonne ?

Un cliché troublant retrouvé depuis en fait foi : c’est la photo prise le 12 février 2008 d’un Gulfstream arborant bien le numéro N351SE mais aux couleurs… du N211SJ (voir plus bas ici) ! Sidérante découverte et confirmation de l’intuition : tout concorde, y compris le fait que les lettres couleur bordeaux paraissaient bien plus larges que les originales qu’elles recouvraient, tout simplement !!! Ce serait donc bien le fameux N211SJ !!! Les « réparations » de Boca Raton auraient bien consisté à le repeindre (ici on distingue bien les filets au-dessus de la couleur bordeaux dont le jaune-marin qui ne « s’explique » pas, le schéma classique étant la reprise de la couleur de base à cet endroit !  L’appareil qui ne devait pas partir… car officiellement saisi (par les vénézuéliens !) aurait donc bel et bien fait la traversée !!! A partir de là, difficile de ne pas parler de complicités entre le Venezuela… et les USA (et donc de la CIA), à moins que le but du jeu était justement de laisser faire les vénézuéliens, pour mieux les piéger ensuite !!!  Sachant aujourd’hui que c’est le même pilote que l’on a retrouvé en République Dominicaine… et qu’il résidait à Margarita, le cercle se restreint beaucoup en effet !!! Un cercle incluant d’autres personnes, il est vrai aussi, car, souvenez-vous, et c’est dit aussi dans le documentaire, le FBI envoyé sur place avait été fort dépité de voir les pilotes rapidement libérés… en même temps que ceux de l’avion venu aider à la remise en état du fameux Gulfstream. Un vieux Fokker F-27, immatriculé en Guinée Bissau mais venu semble-t-il de… Dakar ! Et un appareil bien connu des spécialistes du trafic de coke comme on va le préciser à nouveau très bientôt ici même !

Voilà nous y sommes (enfin !) : on en revient, une fois encore, à un vieux Gulfstream IIB. Il serait temps, donc, de revenir également à celui toujours coincé dans les brumes de Zagreb, le point de départ de cette série, une parenthèse majeure au sein de cette longue étude de « Coke en Stock »…  puisqu’elle nous ramène au tout premier, et au Mali !!!  Mais les choses ne sont jamais simples en la matière et il va nous falloir encore un peu patienter, avant de repartir (enfin) à Zagreb, pour faire à nouveau un long détour par ce pays, ainsi que par son presque voisin le Bénin (via le Niger ou le Burkina Faso aux frontières bien poreuses comme on le sait), mais également par la France comme vous allez le voir… On est en train de démêler 10 ans de trafic, là, on peut bien se permettre tous ces détours. Vous verrez, ça réserve de sacrées surprises encore !!!

(1) j’y reviendrai obligatoirement, le temps d’aller faire un tour du côté de Tolède dont est originaire l’avion… immatriculé EC-JXM et appartenant  la société Heli World (ici à droite en photo de passage au Mans, le 8 mai 2016). Et d’aller faire un tour au 40°14’6 N et au 4°1’35 W sur Google Earth, pour découvrir un terrain de jeu idéal pour trafiquants… le 21 janvier draine Tolède avait été citée comme plaque tournante d’un trafic de cocaïne, avec Malaga, Valence, Valladolid et Pontevedra. Trois tonnes de coke avaient été saisies : « les membres de cette organisation criminelle, qui sont de nationalité espagnole, colombienne et albanaise, étaient encadrés par des « chimistes ou des chefs » de réseaux de trafic de drogue, venus d’Amérique latine pour leur apprendre la procédure de fabrication et de préparation des stupéfiants, ainsi que des méthodes de camouflage de la drogue produite « … La Spain Connection pour la cocaïne ? Le hasch étant plutôt à Malaga, en liaison avec.. Liverpool ?


(2) On se doute aujourd’hui un peu pourquoi  : on repérera plus tard que Danipili s.a de C.V n’était autre en effet que la société propriétaire du Hawker 125- 700A XB-PDD (N°257129, ci-dessus) qui a été retrouvé le 6 mars 2018 dissimulé sous des filets et des branchages (cf à gauche) dans l’Etat du Guarico, au Venezuela, abandonné vide, en pleine brousse, par des trafiquants de drogue, avec pas loin de lui des bidons de kérosène pour le recharger et même une moto abandonnée elle aussi !!!

C’était sur les rives de la rivière San Bartolo, près du parc national Aguaro.Guariquito, à La Mercedes del Llano.

Les parcs nationaux sont très prisés par les trafiquants depuis quelque temps : à La Gloria, près de Villa del Rosario (Zulia), les forces armées bolivariennes ont découvert au même moment un avion à turbopropulseur Beechcraft B-350 rempli de bidons de coke et d’essence.

Sur le Hawker,  on avait accolé à l’occasion sur sa vraie immatriculation une fausse, en « N818 LD » (cf ici à gauche une pratique courante on le sait), manifestement fixée à la va-vite avec des lettres de taille inégale !!!  Si celui-là n’a pas servi à des trafiquants... à parier, pour sûr, que son pilote s’appelait Joel Amaya Hoeflich, ou bien Carlos Andrés Gaona !!!  Ce Hawker nous a fortement rappelé un Gulfstream posé en 2014 en plein parc Aguaro Guariquito !!!

 

 

(3) selon Wikipedia : « alors qu’il se trouve isolé politiquement et diplomatiquement, Laurent-Désiré Kabila est abattu dans des circonstances non encore éclaircies, au début de l’après-midi du , soit 40 ans jour pour jour après l’assassinat de Patrice Lumumba, dans sa résidence, le palais de Marbre, à Kinshasa, par un ancien enfant-soldat devenu membre de sa garde, Rashidi Mizele (ou Rashidi Kasereka selon d’autres), qui est abattu sur place quelques instants plus tard par l’aide de camp Eddy Kapend. Dans ses affaires (selon Wikipédia toujours), on trouvera une missive signée de l’attachée militaire de l’ambassade américaine de l’époque : « en cas de problème, contactez ce numéro » (la photo d’une vidéo retrouvée par la RTBF le montre descendu d’un Bombardier Challenger 601).

A gauche une photo plus nette de l’assassin (présumé, tant l’assassinat demeure baignant dans le flou…)

 

(4) Extrait du document officiel de la police vénézuélienne « les fonctionnaires F.L.M., E.E. et GTP, ainsi que le témoin SNV, ce dernier dans les installations de la deuxième compagnie de la Garde nationale située dans l’ASM, ont observé l’existence d’une cargaison composée de 74 sacs, contenant ces 2 050 colis rectangulaires, qui, une fois soumis à l’expertise chimique, de l’expert GL, (?..) a indiqué qu’il s’agissait du médicament communément appelé Cocaïne Clorhydrate pour un poids de 2 042 kilogrammes … De la même manière, il a été démontré l’existence d’un avion immatriculé N211SJ qui, arrivé à 10 heures environ, était arrivé à l’aéroport international SM le 8 juin 2007, en provenance de Toluca, au Mexique, avec un équipage composé de quatre personnes, y compris des ressortissants mexicains et africains, qui assisteraient à une réunion dans un hôtel bien connu de l’île, et qu’il était prévu l’heure de départ à 9 heures le matin du 9 juin 2007 à 1 heure du matin, ce dont témoignent pleinement les déclarations des citoyens J.A.V.B., W.C., J.D., F.L. [Et] EVELIO Frontado, qui ont été unanimes à conclure l’heure d’arrivée de l’apparreil, le nombre d’équipage et ce qu’ils ont eu à faire sur l’île au cours de leur séjour, comme l’heure de départ vers une autre destination ». 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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