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Coke en Stock (CCXLIV) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (e) ?

Nous avons débuté il y a déjà quatre épisodes une recherche à propos du trafic historique de drogue arrivant en Europe.  Un trafic qui continue aujourd’hui comme on peut le constater.  En réalité, tout a commencé dans les années 70 avec des transferts de plus en plus importants de cocaïne partie le plus souvent de l’île Margarita à destination de l’Europe, à savoir en premier lieu de l’Espagne.  Toute une noria de skippers de voiliers ont été ainsi enrôlés par des trafiquants colombiens pour acheminer la coke vers l’Europe, via l’archipel des Açores notamment comme relais quand ce n’était pas le Cap-Vert.  Aujourd’hui encore, cette route « historique » demeure très fréquentée…

Le point de départ de tout le trafic: un bateau nommé « Liberté » !

Revenons à Marbella dans les années 70.  Il faut bien nourrir désormais toute la côte en cocaïne.  La jet-set qui déboule à faim de plaisirs.  Et comme les jets ne sont pas encore très répandus (1), c’est à la voile que l’on traverse l’Atlantique avec une cargaison de coke pour les approvisionner, en passant d’abord par l’Italie (car le maître-d’œuvre est la mafia, et son représentant de Marbella est romain d’origine !).  En 2001, les douaniers et la brigade financière de Goa interceptent en mer un voilier appelé le « Libera » (la Liberté !) à destination d’Anzio et le remorquent au port de Cala Galera, à Argentario.  Là, il l’inspectent et trouvent, après quelques difficultés, une cargaison cachée.  A bord, il y a 244 kilos de cocaïne pure, un record toutes catégories pour l’époque.  Un passionnant document retrouvé 18 ans plus tard dans les archives du journal Repubblica nous en détaille l’arrivée (on notera bien son point de départ au passage) :  « le voilier, appelé « Libera », avait un double fond dans un espace creux, mais le repaire n’avait pas trompé les enquêteurs qui surveillaient le bateau dès le 9 juin, alors qu’il avait largué ses amarres dans le port de Ile de Marfgarita (et oui, déjà, l’endroit est à l’origine du trafic !!!).  « Le « Liberté » a été perquisitionné le 5 août et la nouvelle a été gardée cachée jusqu’à hier par la Guardia di Finanza, qui a travaillé de concert avec la police espagnole (à l’époque les vedettes de la brigade sont des Meattini de 20 m, ici à droite).  Au cours des derniers jours, le juge Laviola a émis sept ordonnances de détention provisoire en prison.  Quatre personnes se sont retrouvées en prison, trois ont réussi à échapper aux menottes. Parmi les fugitifs, l’acheteur du gros lot de cocaïne (1520 milliard de lires la valeur en gros, au moins le quadruple au détail).(…).  Parmi les personnes arrêtées se trouve le nom de Luigi Protani, âgé de 47 ans, d’origine romaine mais résidant à Marbella depuis des années, entrepreneur en bâtiment et éditeur du célèbre magazine glamour (« Absolute », qui a donné son nom à l’enquête des finances). Personnage célèbre dans le magnifique monde de la Costa del Sol, Protani a été arrêté à la sortie de sa villa à Benalmadena, un véritable château avec piscine et terrains de football.  L’homme était au volant d’une Ferrari avec à ses côtés sa magnifique et jeune compagne, une beauté de couverture de magazine qui s’est révélée être totalement étrangère à l’histoire.  En prison ont été envoyés le frère de Protani, Giacinto, 53 ans, de Velletri, le cousin Fabio Lommi, 35 ans,  de Genzano et Luigi De Angelis, 48 ​​ans de Zagarolo. Outre les Catalans, on trouve aussi le bras droit de Protani, Sasha Babic, un slave cosmopolite (ah tiens la filière «  balkanique » existait déjà  !) et le skipper du « Libera », Loris De Dominicis.  Le playboy entrepreneur – et éditeur – était déjà depuis quelques années, dans le collimateur d’une vaste enquête antidrogue, mais les enquêteurs n’avaient pas réussi à l’arrêter.  Luigi Protani a parcouru le monde de manière continue et a su éviter les interceptions et les traques.  Ses contacts avec les Catalans se limitent à quelques conversations téléphoniques laconiques et il a fallu tous les efforts conjugués des policiers pour identifier le trafic de cocaïne qui s’est déplacé de l’Amérique du Sud vers la capitale.  Selon les enquêteurs, Protani avait organisé au plus deux expéditions par an, selon les enregistrements.  Sous la direction des services centraux de lutte contre la drogue, les enquêteurs ont également enregistré les dernières innovations internationales dans le domaine du trafic de drogue.  L’héroïne « tient » et, après la chute des talibans, les gangs tentent de planter de nouvelles cultures en Amérique du Sud.  Les gangs kosovars, qui gèrent maintenant presque tout, ont également essayé de cultiver la coca sur leur territoire, mais sans succès.  Et c’est aussi une bonne nouvelle, du moins pour le moment ».

Dix ans plus tard, autre bateau qui relie directement à la filière des Balkans

Libero Quotidiano nous donnera en 2012 deux autres exemples de cette organisation bien rôdée.  On démarre par l’affaire du Blaus VII (ici à gauche) : « Les skippers cocaïne ont pour la plupart une quarantaine d’années et sont passionnés d’aventure.  Vous les appelez des jeunes un peu lassés de la vie de bureau et de la routine; des difficultés qu’une tonne de cocaïne pure importait d’Amérique du Sud à bord de voiliers et de petits navires.  Les deux personnes que nous avons rencontrées affirment avoir fait partie de l’équipage à bord du Blaus VII, un bateau chargé de deux ou trois tonnes de cocaïne en déplacement avant d’être saisi. Un navire si grand qu’il est maintenant utilisé comme navire-école pour les cadets de la marine portugaise » (ici le compte-rendu de sa capture).  Le voilier appartenait à la famille Bellocco (un clan de la ‘Ndrangheta); «  le groupe avait acheté les stupéfiants par l’intermédiaire d’une association basée en Bulgarie, importée en Italie et dont le centre d’opérations était Milan. Des enquêtes ultérieures coordonnées par le parquet du district anti-mafia de Milan ont montré que les Bulgares avaient apparemment exercé l’activité de courtage également en faveur des Italiens et des étrangers qui importaient effectivement de la cocaïne en provenance d’Argentine (…)  Sept Italiens arrêtés.  Fabio et Lucio Cattelan, considérés comme des organisateurs de voyages et de recrutement de skippers ».  Dans l’ouvrage fondamental  « ZeroZeroZero: Look at Cocaine and All You See Is Powder. Look through cocaïne and you would see the world .. » de Roberto Saviano, on trouve d’autres noms de bateaux ayant été recrutés par les frères Cattelan : Le Mariposa, le Linnet, le Kololo II, skippé par un romain de 40 ans (les deux derniers interceptés sur les côtes de Sardaigne) mais aussi le Oct Challenger, un cargo de 62 mètres et cette fois arrêté en même temps que le Blaus VII.  Selon le livre, les deux skippers Gudo Massolino et Antonio d’Ercole venus de Turin, tous deux dépassant la soixantaine, auraient raté le rendez-vous aux Baléares et auraient disparu lors d’une tempête.

Un roi bulgare de la coke ?

Parmi les  personnes arrêtes, on trouve un Bulgare comme organisateur du réseau.  « En menottes également deux Paduans, père et fils, Antonio et Alessandro Melato.  Les deux ont pu organiser des équipages entiers transportant des croisières transocéaniques chargées de cocaïne, en particulier du Venezuela à l’Espagne.  Au cours des enquêtes de 2007, à une centaine de kilomètres de l’île de Madère, le voilier Blaus VII avait été intercepté et contenait 1 500 kilos d’hachisch.  Le bateau était dirigé par Paduan Mattia Voltan, engagé par Melato.  L’arrestation de Melato est toutefois intervenue lors d’un nouveau voyage pour drogues au départ de Dubrovnick, via la route africaine » (on peut le voir ici). En 2010, pour la troisième fois, le groupe avait subi un raid de la police cette fois pour trafic d’armes.  La filière des balkans était alors à nouveau évidente : « le « roi de la cocaïne » bulgare, Evelin Nikolov Banev aux multiples apparences pour brouiller les pistes (fort visibles ici dans ce chapitre ) et dont la fille avait été enlevée en 2013), qui attend un procès pour contrebande de six tonnes en Italie, a dirigé une partie de ses affaires depuis la Croatie »:  « Le rôle des deux Italiens dans l’organisation d’Evelyn Banev (surnommé Brendo) était extrêmement important.  Antonio Melato avait entre ses mains toute l’organisation de la contrebande: il a trouvé les navires, organisé les changements nécessaires à la contrebande de cet équipage et le fils d’Alessandro l’a aidé à tout faire. La contrebande a traversé la Croatie et Antonio Melato s’est installé à Dubrovnik il y a une décennie, suivi d’un de ses fils.  Antonio est le propriétaire de plusieurs propriétés, ainsi que d’un bateau de luxe. » Banev gérait un réseau de contrebande de cocaïne d’Argentine et du Venezuela vers l’Europe. La première contrebande de navires a eu lieu entre l’Espagne et les Baléares, mais lorsque les envois ont commencé à tomber entre les mains de la police, la contrebande a traversé d’autres pays, dont la Croatie.

Le lien évident entre le Venezuela, les Antilles et l’Espagne 

La suite ensuite de l’interview évoque le marin français arrêté en 2009 par les espagnols, mais il faut préciser qu’il avait été blanchi en 2011, ce que l’article oublie manifestement de préciser.  « L’enfer de Stéphane Colas débute le 23 juillet 2009.  Ce jour-là, le skipper breton, originaire de Plérin, près de Saint-Brieuc, débarque à Barcelone à bord d’un voilier qu’il a convoyé depuis le Venezuela (ici à droite).  Sur le quai, son coéquipier et lui sont accueillis par la police et la douane.  Elles suivent le bateau à la trace depuis des mois convaincues qu’une importante quantité de drogue s’y trouve. Pendant deux jours, les recherches à bord sont infructueuses.  Même les chiens renifleurs font chou-blanc.  Au troisième jour, c’est finalement le principal trafiquant présumé qui mène les enquêteurs aux réservoirs d’eau potable du navire.  Plus de 400 kg de cocaïne à l’état liquide y sont découverts. Stéphane Colas tombe des nues et se dit innocent » avait-on pu lire dans le Télégramme en 2011, qui avait en revanche nommé le responsable (2) : « Jordi Porta Laborda, le cerveau présumé de ce trafic. Ancien membre du Groupement antiterroriste de libération d’extrême droite (Gal), l’Espagnol a un très lourd passé judiciaire. Il a été condamné à 26 ans de prison pour l’assassinat d’un militant basque français en 1985.  Au cours de l’enquête, il a totalement mis hors de cause Stéphane Colas ». Laborda utilisait avec ses complices (des assassins en moto le plus souvent), dont Michel Domínguez, un ex policier, une société écran appelée Olgar Projects S.L.   « En mars de la même année, Ernesto V.C. et Antonio O.G.  Ils se sont rendus au Brésil, où ils ont retrouvé Jorge Porta et Pedro J.M., qui se sont rendus au Venezuela, bien que la composante GAL ait pris un avion pour retourner en Espagne.  Lorsque les accusés sont arrivés au port vénézuélien de La Cruz, ils ont rempli les dépôts de cocaïne dissoute dans du liquide et ont embauché Andrés F.M. et Stéphane M.C. pour piloter le navire à Barcelone.  Le 22 juillet 2009, le navire est arrivé au port du Forum de Sant Adrià de Besòs (Barcelone), où Jorge Porta et Pedro J.M. ont attendu, quand la police nationale a arrêté les membres du groupe. Le poids de cocaïne est de 482 776 kilos répartis dans 18 fûts, dont la valeur de marché est de 30 millions d’euros ».  En photo c’est en haut Dominguez avec José Amedo Foucé, l’un des chefs du du groupe paramilitaire clandestin. Le père d’Amedo avait aussi été champion national de tir au pistolet !!!   En-dessous, c’est Dominguez arrivant à son procès pour trafic de drogue.

Le système mis en place, un piège pour les skippers recrutés

On notera ici au passage le lien appuyé entre extrême-droite toujours vivace et le trafic de coke (il fallait bien s’équiper !). « Pour le procureur, les marins à bord du voilier, dont Stéphane Colas, étaient très expérimentés et ils ne pouvaient pas ignorer la présence de drogue à bord du bateau. Une thèse qui s’oppose à l’avis de deux experts en architecture navale qui ont témoigné, hier.  À la barre, les deux hommes ont indiqué au tribunal que la cocaïne, dissimulée dans les réservoirs d’eau potable du navire, n’était pas du tout décelable.  Colas (3), on le précise d’emblée, a été acquitté en 2011 par la justice espagnole.  C’est pourquoi on restera circonspect sur ce qu’a écrit Libero Quotidiano qui évoque quand même (en le citant) tout un système hyper-rodé :  «Le Venezuela (…) est aujourd’hui le principal pays utilisé pour envoyer de grandes quantités de cocaïne dans le monde entier».  Les organisations ont recours à des sociétés commerciales et industrielles officiellement dédiées à l’import-export, en tant qu’activité de couverture, « vous ne disposez donc pas de contrôles efficaces, et vous vous retrouvez alors dans une explosion de la Caraïbe avec ses îles si proches pour le plus grand marché mondial pour la cocaïne », un carrefour idéal non seulement pour les cargaisons en provenance du Brésil, du Pérou, de Colombie et du Venezuela,« mais un quadrant idéal pour le blanchiment d’argent, garanti par un système bancaire efficace ».  L’interview parlant d’un « groupe bien structuré, avec yachts, voiliers, des catamarans et même des bateaux à moteur; un groupe à la solde de la ‘ndrangheta « . Le personnel est expérimenté et digne de confiance, « des personnes qui avant chaque voyage reçoivent des coordonnées précises sur le lieu de transbordement: bien sûr toujours en haute mer, les cargos et même les super tankers avec le transpondeur éteint même pendant des semaines peuvent être localisés « .  « Une fois déchargé sur la côte espagnole, la cocaïne est triée par les différentes organisations et envoyée à destination avec tous les types de moyens. Des camions contrôlés par la Camorra et la ‘Ndrangheta, aux courriers peu méfiants, qui s’arrêtent non seulement en Italie, mais aussi en France et en Hollande avec leurs voitures. »

Les skippers… et la coke

On a vu ici en long et en large les pilotes, mais il y a donc aussi les skippers. « Un enquêteur du Service central de lutte contre la drogue (Central Antid Drug Service) déclare: « Les cartels de la drogue adoptent une stratégie de plus en plus agressive et expansionniste, avec des schémas de distribution en constante évolution. Les arrêter est pratiquement impossible « . Pensez simplement à un fait: le produit de la vente au détail de drogues (principalement de la cocaïne) est actuellement estimé à plus de 800 000 millions de dollars par an, un montant encore supérieur au budget national de nombreux pays.  Les skippers de cocaïne ne sont que la dernière trouvaille des cartels de la drogue, d’autant plus efficaces si on considère que 80% de la cocaïne est transportée par voie maritime:  « Il y a des skippers (..) qui suivent la route de l’Atlantique, avec les yachts et les catamarans approvisionnés au large des côtes colombienne ou brésilienne sur de vraies plateformes assemblées et démontées en quelques heures; ceux qui naviguent vers le Pacifique Sud et amènent les cargaisons à leur destination en Australie, après leur chargement au Pérou, et ceux qui suivent la route de l’Amérique latine, aux États-Unis, au Canada et en Europe «  (…) Il existe des skippers et des transporteurs de drogue, payés par leurs organisations pour découvrir de nouveaux débarquements sécurisés.  Comme les nouvelles routes vers l’Afrique, où depuis quelques années de vrais magasins sont entièrement équipés. « Une sorte de base de stockage idéale, car les contrôles sont peu nombreux et la corruption généralisée ». « Le Cap-Vert est donc aujourd’hui devenu un véritable centre de commandement et de contrôle opérationnel choisi par certains des plus importants trafiquants de drogue. La liste des principaux pays africains comprend également le Ghana, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.  Grâce aux skippers de cocaïne, la drogue, expédiée des ports du Brésil, du Suriname et du Venezuela atteint les îles Canaries, le Cap Vert et les Açores pour être transbordée sur des bateaux de pêche en provenance du Sénégal, du Togo et du Ghana ».  De là, les trafiquants de drogue assurent un transport direct en Espagne et au Portugal, décidant chaque fois d’envoyer une partie de la cargaison dans des pays tels que le Togo, le Ghana et la Guinée-Bissau pour leur confier les ballots de drogue, augmenter le prix de détail, réduire le maximum de risque de saisie.
Un système de diversification des itinéraires balisés par les capitaines et les équipages des navires de commerce est désormais facilité par de nouveaux itinéraires de transit dans différentes régions d’Afrique centrale et d’Asie du Sud-Est
. « En 2015, idem avec un autre voilier encore avec une tonne de coke à bord, parti des Barbardes mais ayant chargé sa cargaison à Puerto de La Cruz, au Venezuela !!!  Le trafic continue de la même façon ; le 5 septembre 2018, la police portugaise annonçant une saisie de 840 kilos de cocaïne (estimée par les autorités portugaises à 36 millions d’euros) à bord d’un catamaran battant pavillon français, venu des Caraïbes et stoppé au port de l’île de Faial, dans l’archipel portugais des Açores.

Les voiliers et la coke ça donne aussi cette incroyable nouvelle du 19 juillet 2018 :  « c’est une sacrée trouvaille qu’a réalisé la douane française cette semaine.  Au large de Saint-Martin, dans les Antilles françaises, les douanes françaises ont intercepté un bateau en train de brûler.  Celui-ci était un monocoque, qui appartenait à l’ancien skipper Nandor Fa. Le Hongrois a participé trois fois à la mythique course du Vendée Globe (le même bateau avait été skippé 3 fois au Vendée Globe par Raphaël Dinelli, et depuis il avait été rebaptisé Livie, mais il portait encore le « 77 » de Dinellei à l’avant).  « Il avait navigué dessus lors de l’édition 2016, terminant notamment huitième, avant de le vendre à un navigateur québécois.  Mais à l’intérieur de la coque se trouvait au final une tonne et demie de cocaïne.  Ce bateau faisait l’objet de soupçons de la part des douanes françaises depuis le 19 juillet dernier (c’est la frégate Germinal de la Marine nationale qui le suivait).  Après avoir mis le feu au Spirit of Hungary, les deux locataires canadiens ont tenté de s’enfuir à la nage mais ont été attrapés et ramenés en Martinique.  Le navire a, lui, été rapatrié vers le port ». 

L’esprit hongrois en flammes, tout un symbole ! « les deux skippers d’origine canadienne ont réussi à mettre le feu au bateau de 60 pieds pour brûler et couler la cargaison de drogue à son bord. L’incendie a été maîtrisé après deux heures de lutte. 1,5 tonne de cocaïne a finalement été retrouvée dissimulée dans la coque ».  Le film de l’interception est visible ici.  Selon Jean-Damien Moustier, le responsable français de l’antidrogue en Martinique, la drogue provenait… du Venezuela !  A gauche c’est le skipper tatoué à qui l’on montre la saisie de coke… selon la presse canadienne il s’agissait de « Martin Lepage, 53 ans et de Langis Bélanger, 55 ans.  Le premier serait de Sainte-Anne-des-Monts alors que le second proviendrait aussi de la région du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie. » Le journal le Soleil ajoutant « Au printemps 2017, le présumé passeur aurait séjourné pendant quelques mois en Europe, principalement en Italie. Sa femme serait allée le rejoindre plus tard. Selon nos sources, Martin Lepage aurait également passé quelques mois à Saint-Martin, dans les Caraïbes, d’où il aurait fait l’acquisition d’un gros voilier dans le but de le revendre. »

Une moisson ininterrompue qui se fait aux Açores

Cette histoire de skipper embarqué dans une sale histoire, c’est un peu la même chose qui était arrivée à l’infortuné skipper français, Olivier Thomas, détenu pour les mêmes raisons au Cap-Vert.  Il était à bord du « Rich Harvest » au nom prédestiné, qui a été découvert avec 1 157 kg de cocaïne à bord.  Son récit avait été fort marquant :  « sous le réservoir d’eau, il y a trois trappes recouvertes d’une plaque en acier boulonnée.  Chaque boulon est découpé à la meuleuse électrique. Ça fume de partout, on se croirait dans un atelier de métallurgie. Les policiers sont en sueur. L’air devient irrespirable. Le dernier boulon saute. La lourde plaque d’acier pivote et là, tout s’écroule. Des paquets entourés de plastique sont à l’intérieur. Sur le coup, je pense à des blocs de polystyrène pour flotter en cas de naufrage. Les policiers exultent de joie. Je n’y crois toujours pas, jusqu’au moment où un policier tire une aiguille de sa mallette et pose de la poudre pour la tester : ça vire au vert… Le verdict est là, devant mes yeux : de la cocaïne pure. » Un autre épisode rocambolesque s’est tenu le 29 juillet 2018 au large du Portugal avec un voilier cette fois pris en otages par un trafiquant voulant récupérer en mer une cargaison… du Maroc.  Le navigateur avait pu téléphoner pour prévenir la police. « Grâce à l’armée de l’air, le voilier a pu être localisé dans les eaux internationales, à près de 300 km des côtes de l’Algarve, région à l’extrême sud du Portugal« , l’assaillant étant Corse et « lié au grand banditisme !

L’entrée en lice des « galiciens » 

Le 26 juin précédent un autre voilier plus classique avait été intercepté avec 1 400 kilos à bord, dissimulé dans sa coke qui avait dû être sciée, les sachets de coke contenant des « briques » toutes identiques, marquées d’une panthère noire comme signe distinctif (toutes les photos dessus sont celles de cette saisie).  Le 3 juillet, les autorités espagnoles pinçaient encore un autre voilier, toujours aux environs des Açores à destination de Galice, cette fois,  en Espagne avec 1, 5 tonne de coke à bord. Trois marins croates à bord.  Dans un deuxième navire appelé le Wallstreet, 1,4 tonne et deux ressortissants croates (aux initiales (V. C. et K. A. en fait Vice Copic et Karlos Antoviz ) et un citoyen américain ( nommé pudiquement par la police R. P. H, en fait il s’agissait de Roberto Juan Price Huelín, installé à Malaga (2).  Le « Wallstreet » prise en chasse par le patrouilleur de la marine espagnole «Atalaya», arborait un pavillon hollandais.  Les militaires montés à bord n’en étaient pas revenus :  les 90 millions d’euros de coke en  54 ballots n’étaient même pas dissimulés, « ils occupaient n’importe quelle place à bord« .  Selon un journal, « le navire aurait fait plusieurs escales dans des ports de Catalogne, de Murcie, d’Andalousie et des îles Canaries avant de se rendre dans les Caraïbes pour charger de la cocaïne. »  Selon le chef de la police espagnole « les organisations galiciennes travaillent pendant l’été, partent à la recherche de voiliers, elles le font depuis le début de leur vie et, comme elles sont douées pour le faire, elles continuent de le faire ». « Il est clair que le Wall Street s’est amarré à Las Palmas le 20 avril en tant qu’étape précédente pour parcourir les 4 800 kilomètres (2 591 milles marins) qui manquaient encore vers la Guayana ». L’engin tombé en panne en Méditerranée était arrivé le 3 avril à Carthagène (en Murcie), puis le lendemain jusqu’à Motril (en Andalousie) pour arriver à Marbella (on y revient !) :  en fait cela ressemblait fort à une façade de croisière pour tromper ses suiveurs.  La discrétion sur le yacht intercepté s’expliquait par le fait que c’est un voilier très récent (aux lignes très basses de type Contest hollandais de grande taille, un 67CS comme le PH3) valant lui-même une fortune (plus de 3 millions de dollars), au contraire de tous les autres… mais ça ne nous disait pas qui était son loup, jusqu’à cet article qui explique que « Vice Copic et de Karlos Antoviz, poursuivis pour trafic d’héroïne en 2009 et 2007, respectivement.  Les deux Croates ont « une formation militaire et sont très disciplinés », ce qui a conduit Greco Galicia à conclure que « c’est une organisation beaucoup plus dangereuse que celle initialement interprétée ». Le fait que les détenus prenaient toutes les précautions possibles, utilisaient la technologies la plus avancées et, à l’occasion, identifiaient les agents qui les avaient suivis, confirme qu’il s’agit d’une organisation sophistiquée disposant de suffisamment d’argent pour concrétiser ses projets. » La police remontera vite alors au groupe (galicien) de Sito Miñanco (ici à droite et à gauche), comprenant Ramón Prado Bugallo (avec son bras droit Luis Enrique García alias «Alan» « le Colombien » et avec David Perez Lago, dit le « petit» ( » Niño »), le propre fils d’Esther Lago, celle jadis condamnée pour trafic de drogue (avec son mari Laureano Oubiña, le conseiller de Vilagarcía nommé par le PSOE, mené par le bout du nez par sa femme, une ambitieuse secrétaire devenue organisatrice du trafic dans les années 90 et grande fan de la série TV Falcon Crest).  Sa mère, sous tranquillisants, s’était tuée en s’endormant dans sa Toyota Land Cruiser en s’écrasant contre une maison en rentrant chez elle.  Minbanco avait en fait déjà été arrêté 2 fois pour trafic de drogue !!!  « Sito Miñanco, aujourd’hui en prison, avait réussi à s’échapper, bien qu’il ait été arrêté en janvier 1991 dans une villa de Pozuelo de Alarcón (Madrid) lorsque, cartes marines sur la table et téléphone satellite à l’oreille, en train d’organiser le débarquement de 2,5 tonnes de cocaïne par l’estuaire d’Arousa. Le trafiquant a effectué sept des vingt années de prison imposées par cette arrestation.  En août 2001, alors qu’il attendait une nouvelle peine pour trafic de haschisch, Sito Miñanco a été arrêté, également en flagrant délit, lorsqu’on avait contrôlé un bateau de pêche situé à Villaviciosa de Odón (Madrid) effectuant le transfert de cinq tonnes de cocaïne du navire de commerce Agios Konstantinos au milieu de l’Atlantique. Il avait alors été condamné à 16 ans et 10 mois de prison et à une amende de 390 millions d’euros ».  Son arrestation remettait à jour un endroit déjà cité ici à plusieurs reprises raconte El Pais : « Selon des sources proches de l’enquête, le dispositif de police s’est accéléré en octobre après la saisie en haute mer de 3 800 kilos de cocaïne dissimulés dans le Thoran, un remorqueur arborant le drapeau de la Barbade.  C’était l’opération Briol, coordonnée par le juge du tribunal national Fernando Andreu. Les enquêtes ouvertes visant à trouver l’organisme responsable de l’envoi de ces 165 balles de drogue et de leur réception en Espagne ont conduit à Sito Miñanco. » Le remorqueur Thoran décrit ici, battant pavillon des Comores, avait été, intercepté le 7 octobre 2017, entre le Portugal et les îles Canaries, avec 3,8 tonnes de coke à bord.  Je vous avais rappelé son saisissant trajet: 

Caché dans la camionnette 

Les fameux « galiciens » sont liés à Robert Dawes, encore lui, c’est ce qu’on découvre le 5 janvier 2017, avec sept britanniques de plus qui viennent à nouveau d’être arrêtés.  Cette fois ce sont 3,5 tonnes de coke qui sont saisies, d’une valeur estimée d’un demi-milliard de livres, trouvées dans un hangar au nord-est de Pontevedra en Galice. Une camionnette Renault en contenait 750 kilos à elle seule dissimulés dans son faux plafonnier, au-dessus de sa cabine.  Parmi les sept anglais, cinq sont de Liverpool, les deux autres de Kingston upon Thames dans le Surrey et de Thornbury, dans le Gloucestershire. «  Au même moment, des policiers arrêtaient les trafiquants néerlandais dans la ville voisine de Saint-Jacques-de-Compostelle et huit personnes à Malaga, dont les sept Britanniques du gang qui avaient acheté la cocaïne pour leur distribution ultérieure.  Outre la drogue, la police a également saisi près de 9oo 000 livres en euros, ainsi que le pistolet, quatre voitures et une motocyclette. Un porte-parole de la police a déclaré que les deux trafiquants néerlandais présumés – arrêtés dans le magnifique hôtel cinq étoiles de Saint-Jacques-de- Compostelle, HostaJ Dos Reis Catolicos, sur la célèbre place QJmadoiro. de la ville – se sont fait remarquer en lançant des billets de 500 euros comme si c’était de l’eau. La Galice, où le groupe a été arrêté, est un point d’entrée important pour la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud. « Le chef présumé du gang de drogue britannique basé à Costa del Sol aurait rencontré les hollandais à L’hôtel ».  On notera l’attitude des trafiquants, bien sûr d’eux avec la séance des billets jetés en l’air…

Retour… en Irlande et une redécouverte « historique »

En 2010, un homme sourit, il a fait une bonne affaire : c’est Emer Stafford, de Tipperary qui vit à Killybegs, dans le comté de Donegal, qui vient de racheter une bouchée de pain un catamaran de 12 mètres, le  » Lucky Day » qu’il a déjà rebaptisé Imeera.  Il n’a en effet payé que 58 000 euros lors de sa vente aux enchères des douanes espagnoles, débutées à 20 000.  Un très bonne affaire pour un modèle Tobago de Fountaine-Pajot de 1997, en très bon état (ici à droite) acheté au départ 93 000 !!!  Le navire était amarré dans le port de La Corogne, dans le nord de l’Espagne, depuis la saisie au large de West Cork en juillet 2007, de coke pour 400 millions de livres en 62 ballots, repérées flottant sur l’eau avec un bidon hermétique (« Pele box ») contenant un téléphone mobile, un satellitaire et un  talkie-walkie. On retourne ainsi à notre tout premier épisode et au trio Terry Wharrie – Martin Wanden – Joe Daly (un ancien policier) !!!  Le Lucky Day venait des Barbades, avec de la coke colombienne.  Le propriétaire du pneumatique précédent ayant sombré, Lee Dryden, se faisant pincer en 2012 à bord d’un autre voilier, le Delfin, attrapé au Portugal, à Olhao dans Algarve, avec  178 kilos de cocaïne à bord (ici à droite).

En 2015,  un raid au Portugal, comme en Espagne, débusque 3,5 tonnes de coke (10 millions de dollars) supplémentaires ayant pour tête de réseau un « recruteur-évaluateur » de footballeurs (« scout », selon le terme anglais), « vivant dans un hôtel luxueux de Madrid ».  « Les drogues étaient parfois transportées dans de grands voiliers, mais la principale méthode utilisée par le groupe consistait à faufiler d’énormes quantités de cocaïne sur des navires marchands à destination de l’Espagne.  Une fois le navire arrivé dans les eaux espagnoles, les membres de l’équipage, qui faisaient partie du gang, lançaient des sacs de cocaïne par-dessus bord, ramassés par de petites embarcations et acheminés vers des ports situés sur la côte méditerranéenne espagnole. Un autre système utilisé par le groupe surnommé le « crochet aveugle » consistait à dissimuler la cocaïne parmi d’autres marchandises légalement expédiées en Espagne à l’insu de l’importateur. Le gang aurait fait appel à une entreprise de transfert d’argent pour blanchir l’argent gagné grâce au trafic de drogue ».  En décembre, la police découvre un nouveau moyen pour déguiser la coke, inventé par des dealers anglais de Liverpool :   cette fois, ce sont des fausses palettes de transport qui se révèlent être de la cocaïne teintée compressée pour ressembler à du bois et supportant des sacs… sans coke dedans !!  Pour être sûrs de leur coup, les trafiquants avaient adjoint 24 tonnes de charbon au chargement, pour dérouter les chiens sniffeurs de la police. Les 40 palettes représentant 1,5 tonne de coke au total, soit 240 millions de livres sterling.  Deux des membres du gang dont le chef du gang de Liverpool seront arrêtés à Dubaï.  On ne donnera que leurs initiales :  » LRA » et « « JJM ».  Le chef, « LRA », s’était installé à Dubaï en revenant de Thaïlande.  A Chiva, près de Valence, c’est l’usine de charbon qui servait de labo pour la cocaïne !

Des fans de foot ? Pour sûr !!!  Le 27 mai 2018, le phénomène à noter est que l’un des dealers chez qui on avait trouvé 9 kg de cocaine, 7kg d’héroïne et 10 000 pilules de MDMA, Peter Atherton, chef d’un groupe de Wirral, qui avait amené 303 kg de cocaïne à Liverpool en moins de cinq mois et avait fuit en Espagne, s’est fait en effet pincer… en allant bêtement regarder le match Liverpool-Seville !!!  Son gang répartissait la coke autour de Liverpool et au Pays de Galles. Chez lui, outre la drogue, on retrouvera 200 000 livres sterling, plus du diazepam, des balances électroniques, une quantité de téléphones mobiles et même un « Bug Detector » PS/9-Pro 7000 FX (vendu 1 400 000 livres, il permet de contrecarrer les détections d’appels téléphoniques ou radios, ou d’en localiser l’émetteur : c’est un détecteur de micro-espion) ! Comme pour assurer son statut de trafiquant, il possédait aussi un iPhone doré, et toute une série de Rolex et d’Audmars Piguet, les montres parmi les plus luxueuses !  Dans le gang la « machine à laver », était de couleur bleue et blanche : celle des Skyblues ou Citizens !  Un adepte du « coucou smurfing », qui n’était autre que Ryan McDowell, un ancien joueur de football de Manchester City en effet qui avait fini sa carrière à Peterborough après être passé par Burscough (en 2003) !!!  Il a pris 5 ans de prison.

Une histoire  de « scout » ?
Qui était donc ce fameux « scout-man » de Madrid ???  On trouvera chez lui 865 000 dollars !!! Un texte récent, édité après la mort d’Emiliano Sala, explique ce qu’est ce rôle (c’est le « scout » français Romain Poirot qui s’y colle) : « mais même dans le cas français, les dérives se multiplient, avec des collaborations parfois troubles entre intermédiaires non officiels et agents FFF. « J’ai vu des dossiers où un agent étranger sans autorisation récupère les 10% (la commission maximum sur un transfert de joueur) via un agent français et prend encore 300 000 euros via un contrat de +scouting+ (repérage de joueur), qui n’était qu’un prétexte », raconte à l’AFP un agent sous couvert d’anonymat.  La DNCG, le gendarme financier du foot français, est bien chargée de surveiller l’activité des agents depuis 2017, mais « ils ne peuvent pas contrôler les avocats ni les agents étrangers », souligne cette source, selon laquelle « les clubs sont complices et la DNCG ne fait rien ». »  L’article cite le nom d’Ousmane Dembélé de Rennes à Dortmund dans cette ponction d’argent de transfert (représenté par Moussa Sissoko, il est aujourd’hui au FC Barcelone).  Les agents intermédiaires s’appelant cette fois Martial Kodjia et Badou Sambagué (son avocat) qui se seraient récupérés 400 000 euros au passage à Dortmund !  Avec une autre indication savoureuse : «outre ces dossiers complexes, existent aussi de simples arnaques, notamment sur les réseaux sociaux.  La FIFPro, le syndicat mondial des joueurs, a récemment pointé du doigt les pratiques d’un dénommé Steve Mac Hughes, qui garantissait à des jeunes joueurs des essais ou des contrats en Grande-Bretagne ou en Asie contre rémunération. « Aucun des joueurs n’a parlé ou vu la personne, toutes les communications sont passées par LinkedIn et Whatsapp.  Après avoir envoyé l’argent via un compte Western Union, la personne a rompu tout contact ».  Un fake-agent !  Des joueurs de Bangor City (Pays de Galles) et de Dumfermline (Ecosse) auraient été piégés, décrits ici par « Tribuna Expresso ».  « Il m’a écrit pour dire que Bangor cherchait un joueur de mon poste.  Cela semblait très réaliste. Il avait besoin d’argent pour payer mon hébergement.  Je l’ai payé.  Quand je suis arrivé à l’aéroport de Manchester, il n’y avait personne et il n’a pas répondu à ma question ou aux appels téléphoniques « , a expliqué un joueur.  Un autre a expliqué que le présumé homme d’affaires lui avait dit que Dunfermline était intéressé, qu’il lui suffisait de signer des papiers et de le payer: « J’ai payé, il a dit que le club enverrait le contrat, puis il m’a bloqué sur Whatsapp. »

En 2018, on finissait (enfin) par tomber sur un vieux parrain de 85 ans :  Manuel Charlín Gama et son fils Melchor, 57 ans du « clan de los Charlines, » de Galice, un gang « historique » saisissant depuis plus de 30 ans.  La veille, c’était au tour de Jacinto Santos Viñas, l’envoyeur des 2,5 tonnes aux Açores et surtout aussi celui des 36 tonnes de haschich saisis dans le cargo panaméen Volga I (ancien Paloma Reefer et Puente Castrelos, dont le premier voyage avait conduit à Nouadhibou !) découverts dans le port de Marin (à Pontevedra, on y revient!) en janvier 1996 :  il affichait 22 ans de carrière derrière lui !!!  Le clan avait 15 millions déposés dans les banques suisses et s’était récemment déversé dans des restaurants en Chine… mais hélas, le 11 août 2018, un juge relâchait le fils et le parrain, « faute de preuves suffisantes« …

 

(1) le premier Gulfstream II effectue son premier vol a lieu le .  Grumman l’appelle toujours G-1159 à ce moment-là.  Elle pose sa marque et son logo sur la porte à escalier de l’appareil. Il a gardé le fuselage du monde à turbines, avec un avant plus pointu mais  a changé d’ailes.  Il est certifié le 19 octobre 1967.  On en a construit 258 avant de passer au G-III, le GIIB  étant un mix entre un G-II et l’aile plus novatrice  du GIII.  Le tout premier immatriculé N55RG est à la fois un prototype et un avion de production, la première fois que l’on brûle ainsi les étapes du lancement d’un avion.

Il est acheté par Robert Galvin le PDG de Motorola qui commence seulement à songer à fabriquer des téléphones portables… (ce sera le DynaTAC sorti le 3 avril  1973, ici à droite qui fait 33 cm de long, avec une autonomie limitée à une heure et pèse près de 800 grammes et coûte 3995 dollars !).  Il en restera propriétaire pendant 44 ans (il est mort en 2011) avant de le voir partir au musée de Charlotte !  A Boca Raton, une firme s’est spécialisée dans le refurbishing des anciens modèle.  Elle s’appelle Nonstop Aviation (handicapé aujourd’hui par des réacteurs Spey trop bruyants:  ça siffle, quel bruit, un kit onéreux « Stage III, HushKit » est obligatoire désormais dessus, il mélange entrée d’air et reverse) qui consomment trop et laissent derrière eux beaucoup de fumée.  L’avion a gardé ses couleurs d’origine, blanc et bleu Corvette.  Toute une époque en effet !  L’avion se négocie aujourd’hui à moins de 200 000 euros, comme ce modèle SP de 1977.  C’est la énième apparition du fameux N721CN qui a appartenu à deux Maharadjahs  dont un, Suresh Maharaj, avait été arrêté pour trafic de cocaïne.  Il appartient depuis le 8 septembre 2018 à Agathonicos Pamboukis de Clinton en Ohio : un nostalgique aurait-on pu croire, car il est âgé de 85 ans !  Mais on le connaît bien ici cet avion : il était devenu N609PA en 2015, vendu entre-temps à Abakan-Avia… les détenteurs du DC-9 de Mexico (devenu lui XA-UNZ).  Le 7 octobre 2015, il avait été acheté une bouchée de pain par l’ineffable Marc Didier, un affairiste Mormon bien connu ici dans la saga...

(2)  une bande criminelle devenue la main armée des terroristes néofascistes : « la Banda della Magliana est mêlée aux drames politiques des « années de plomb », (anni di piombo) et de la stratégie de la tension au cours de la Guerre froide.  La justice italienne a démontré que la bande entretenait des liens étroits avec des organisations mafieuses telles que Cosa Nostra, Camorraet ‘Ndrangheta, mais aussi avec l’extrême droite italienne, dont les activistes néofascistes Nuclei Armati Rivoluzionari (NAR), responsable de l’attentat de la gare de Bologne en 1980, les services secrets (SISMI) et des figures politiques comme Licio Gelli, grand-maître francmaçon de la loge P2 (Propaganda Due).  P2 est impliquée avec l’organisation clandestine anti-communiste Gladiodans la stratégie de la tension durant la Guerre froide ; des attaques terroristes furent alors faussement attribuées à des organisations révolutionnaires de façade pour cacher les vrais commanditaires. Ces liens, sans relation avec ses activités criminelles avérées comme le trafic de drogue, les paris équestres, le blanchiment d’argent…) ». La drogue servant de monnaie au sein de la bande.

– Sur le GAL, lire ceci chez l’ami Fievet :

ESPAGNE (les années sombres du terrorisme et du narcotrafic d’Etat): retour sur les cloaques de Felipe Gonzalez, José Barrionuevo, José Luis Corcuera, Rafael Vera et des mercenaires du GAL

(3) on le retrouve en 2016 à lancer un bateau à voile en aluminium signé Bernard Nivelt « construit en Ukraine dans un atelier de chaudronnerie de bois et de composite », l’Explorer 54, « gréé en côtre avec mât carbone et bôme canoé, » à quille rentrante pour la société Futuna, annoncé à 595 000 euros HT.  A sa libération, il parlait d’abord de s’installer à Barcelone

(4)  c’est au même endroit que l’on a arrêté le britannique Robert Dawes, officiellement gérant de société de meubles d’antiquités (celui ici à droite, qui apparaît aussi dans le dossier sur l’avion dans lequel est mort Emiliano Sala) et surnommé « Teflon Dan » pour avoir passé au travers du filet pendant des années.  Le 12 novembre 2015. Originaire de la ville anglaise de Nottingham, c’est la justice française qui le réclamait car… c’est lui l’envoyeur de 1,3 tonne de cocaïne, saisie à Roissy en septembre 2013, « l’une des plus importantes saisies jamais réalisées en France métropolitaine ».  On le pistait depuis 2007.  C’est un associé, Nathan Wheat, qui l’avait plombé (l’autre étant Kane Price, plus les « logisticiens Italiens Vincenzo Aprea et Carmine Russo), selon Le Monde « Wheat s’est rendu au Venezuela en avril 2013 avec l’un des associés du réputé « Drug Lord » et des surveillances attestent qu’il l’a rencontré mi-juillet 2013 à Malaga, où il réside. Le 24 septembre 2014, dans un hôtel de luxe madrilène, Robert Dawes parle business avec deux Colombiens, dont l’un serait lié au cartel de Cali. Il ignore qu’il est filmé et enregistré par la Guardia civil » (comme le fait la DEA). « Il vante la maîtrise de son commerce – routes maritimes et circuits de fret, techniques d’importation variées, relais dans les ports d’Europe, commission de 30 %… Puis il tient des propos qui collent à l’affaire de Roissy, pas peu fier malgré la saisie et les arrestations qui ont suivi à Paris et à Caracas : « Tu sais, au Venezuela, la grande histoire que j’ai fait là-bas, j’ai fait 1 200 kg dans les mallettes, tu as vu la chose dans la presse, c’est l’un des travaux les plus grands qu’ils ont fait là-bas à Paris, depuis le Venezuela… » Dawes héritera de 22 ans de prison plus une amende douanière de 30 millions d’euros, les autres écopant de treize, douze, neuf et cinq ans de prison.  Lors de son procès déjà, les méthodes du commissaire François Thierry, chef de de l’Ocrtis, avaient été jugées « controversées »… Dawes avait mis de côté 10 millions de livres sterling, dissimulés à Dubaï.

Nota: « le « Coucou smurfing » est une forme de blanchiment d’argent. C’est relativement simple à utiliser pour les criminels. Il peut être utilisé pour transférer d’importantes sommes d’argent illicites des pays du premier monde réglementé (où les prix des drogues sont élevés) vers des refuges sûrs (où les trafiquants de drogue peuvent avoir une vie bien remplie) et vers des pays d’origine de la drogue ». » Les groupes de smurfing de coucous sont des syndicats dédiés de criminels organisés qui aident d’autres criminels (généralement mais pas nécessairement exclusivement des commerçants) à transférer de l’argent illégal. »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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Coke en Stock (CCXIII) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (d) ?

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