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Coke en Stock (CCXLII) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (c) ?

Dans le précédent article, nous sommes tombés sur un drôle de personnage inattendu en marge de l’étude d’un avion bien particulier, apparu récemment dans les radars de la lutte anti-drogue (et anti-terroriste comme on va le voir).  Cette  découverte est une surprise qui mérite qu’on s’y arrête quelques instants, car elle peut bien sûr nous éclairer sur le reste de l’affaire apparue comme on l’a dit d’abord dans la presse croate, un pays qui a fait l’objet on vient de le voir ici d’une longue enquête sur des livraison d’armes cachées, et effectuées par les USA pour alimenter le front anti Bachar el Assad, comme j’ai pu vous le dire ici-même.  Cette découverte est somme toute assez effrayante, à bien y regarder, car elle nous ramène à des années noires, celles de la dictature en Argentine et ses terribles conséquences sur la population.  Elle nous fait entrevoir aussi tout un monde de duplicité, dans lequel des escrocs notoires ont manipulé des gens au prétexte d’appartenir à un ordre religieux fabriqué de toutes pièces, ce qui n’est pas sans nous rappeler dans l’esprit les agissements de l’Ordre du Temple Solaire de sinistre mémoire…

L’incroyable parcours d’un espion présumé en soutane !!

Terrible découverte inattendue que voilà…  Aujourd’hui que résonnent les méfaits des prêtes argentins sur des enfants, avec à la tête du système un pape à l’allure bonne pâte qui a dû savoir quelque chose mais ne peut rien faire sans que tout l’édifice s’écroule (il a bien des problèmes à résoudre en effet) il faudrait aussi revenir sur ces années de dictature terrible, et surtout sur ceux qui s’en sont échappés, comme notre découverte du jour.  « La vérité est que sa carrière ecclésiastique a été météorique.  Entre cette date et le 18 mai 2008, cet homme a été proclamé premier évêque au cœur du pays, il a rejoint son saint Synode, il a assumé l’aumônerie de l’ordre de Bonaria, il a été élevé au rang d‘archiéparque et il a obtenu l’évêché de Milan. Lors de ce voyage, il adopta le nom de Valérian de Silio. Tant de faste dans le sein d’un culte non reconnu par la chancellerie ? Une telle question éclipsait la figure de l’évêque. Était-ce un charlatan de carnaval ? Il n’était pas tout à fait possible de rejeter cette présomption. D’autre part, personne n’a imaginé ce que c’était réellement: un répresseur de la dernière dictature militaire.  Son nom: Mario Alberto Mingolla Montrezza, écrit Ragendorfer (cf notre épisode précédent voir ici qui il est), qui a noté consciencieusement tout le parcours du bonhomme, celui qui, a un moment de sa vie, a côtoyé  Klaus Barbie en Bolivie :  « à peine âgé de 24 ans, Mingolla a su couvrir efficacement certains chapitres de son passé. Cependant, une version indique son lien précoce avec le groupe fasciste National Concentration Universitaire (CNU).  On pense que c’est précisément ce qui l’a amené à s’enrôler comme agent civil dans le bataillon 601.  Certains témoignages indiquent même qu’il était interrogateur dans le centre clandestin que la police fédérale dirigeait pour le compte de l’armée dans ses ateliers mécaniques. la rue Azopardo. En Bolivie, il n’a pas caché sa grande solvabilité opérationnelle. Il était à la fois habile à infiltrer des groupes de gauche et à chasser de nuit, aux côtés des gangs allemands, français et italiens nazis amenés par Barbie pour l’occasion. Mais il était aussi un grand érudit en contre-espionnage. Attaché au département VII – Opérations psychologiques -, il excellait en raison de la nature précise de ses rapports. À La Paz, il était à l’aise. Aujourd’hui cette ville était un sanctuaire pour les répresseurs, les mercenaires et les terroristes de droite (comme on a pu l’écrire en effet).  Pas à la légère, le ministre Arce Gómez (1) quant à conseiller aux opposants « de marcher avec le testament dans la poche ».  En seulement douze mois, il y a eu 500 meurtres et quatre mille détenus. Dans une telle récolte, le rôle de Mingolla et de ses compagnons d’armes n’était pas moindre. Le régime de García Mesa s’est effondré le 4 août 1981. Mingolla était alors au service de son remplaçant, le général Celso Villa Torrelio. Cela a été déclaré en 1983 par « Christián » lui-même sous une forme du ministère de l’Intérieur, sans mentionner son rôle dans la dictature de García Meza ». 

La soutane pour cacher la coke ?


« A partir de ce moment, il ne restera plus aucun vestige de son existence » note Ragendorfer, car l’homme de main des dictatures passera le reste de son temps à effacer ses traces et surtout se refaire une vie, non sans avoir tenté d’emporter de quoi vivre avec lui, mais ce qui ne marchera pas :  le 
26 mars 1987, selon l’auteur, « il a été arrêté à un poste frontalier par la police militaire du Brésil. Parmi ses effets personnels, Mingolla avait amassé 375 kilos de cocaïne ».  Ah tiens, il ne manquait plus que cela à son palmarès… Le voici donc en prison, pour trafic de cocaïne ! « Hébergé dans une prison de l’État de Santa Catarina, Mingolla a été associé à des prisonniers évangéliques. Dans de telles circonstances, il a vu la lumière du Seigneur. Et il a commencé à prêcher sa parole. Une fois sa peine purgée, il a été aumônier de la prison au nom du Conseil national des pasteurs. Puis il s’est tourné vers le culte syrien, avant d’atterrir dans l’église biélorusse slave. Un espace d’où il n’était pas étranger au trafic de drogue et au blanchiment d’argent » (l’auteur faisant clairement le lien entre les fameux évangélistes et le trafic de drogue, comme on a pu le faire ici à moult reprises avec les Mormons, alliés fidèles dans les années 60 des  expérimentations folles de la CIA). « Sa dernière apparition publique a eu lieu le 2 décembre, lors de la visite de Mgr Athanasios à Buenos Aires. Depuis lors, ses allées et venues sont un mystère. Une accumulation d’accusations de fraude l’a retiré de la circulation. Ce serait caché, disent-ils, quelque part en Pologne (2)Peut-être sera-t-il également recherché pour ses crimes contre l’humanité ».  Comme l’a été l’ignoble Antonio Domingo Bussi (mort en 2011, ici à droite et que l’on peut voir dans un interview incroyable ,visible ici, dans lequel il tente de se blanchir).  Un tueur qui avait été pourtant amnistié par Raoul Alfonsin !  

A gauche note ensoutané est ici en photo avec Franc Primozic, son ami « auxiliar de la Diócesis Ortodoxa de San Vicente » de la même église. Un article mordant du même auteur décrit « qu’il n’est pas nécessaire de faire beaucoup d’observations pour vérifier que cette soi-disant secte orthodoxe slave correspond, copie conforme, à un discours similaire à celui des secteurs les plus récalcitrants de l’extrême droite européenne et que, en revanche, les dialogues et les prières, sont ignorés ou négligés ». « La liberté totale d’action, sans aucun contrôle, a précédé l’action de cette secte patriarcale, qui gouverne la lointaine conurbation. Jusqu’à quand ? La question reste posée… ».  Qu’il se méfie, donc, notre homme en chasuble, prévient Ragendorfer, car les arrestations peuvent toujours avoir lieu, comme le démontre récemment celle de José Osvaldo Ribeiro, l’ancien numéro 2 du Bataillon 601 arrêté le 6 mai 2017, après avoir été condamné par la France à 35 ans de prison !!! Le lien douteux des tortionnaires avec l’église traditionnelle a existé.  Pour Michaël Prazan, dans son ouvrage « Une histoire du terrorisme », cela ne fait aucun doute, cette terreur mêlée a de la religion : cela expliquerait même l’affaire des bébés enlevés à leur mère par la police argentine : « les méthodes de dissimulation des crimes se sont perfectionnées au fil du temps. Les arrestations légales sont médiatisées pour servir de paravent aux exécutions d’anonymes, dont les liens avec la guérilla ne s’embarrassent ni de preuves, ni de jugements. Le bataillon 601 se consacre dans l’ombre aux basses besognes du nouveau régime. En dix ans. on comptera 30 000 « disparus ». 15 000 fusillés. 9 000 prisonniers politiques. Cinq cents bébés sont kidnappés, puis élevés par des familles proches du pouvoir. « Voler des bébés, c’était pour eux le moyen de terroriser la « subversion « , mais aussi un projet idéologique, analyse Miguel Benasayag. Il fallait faire de ces bébés des hommes nouveaux, élevés dans le cadre de la dictature. Il y avait derrière tout ça une sorte de dérive mystique, une vision particulière de la lutte contre le mal. Il ne faut pas oublier que les milieux de l’opération Condor entretenaient des liens étroits avec le Vatican et avec la Banque Ambrosiano. qui partageaient ce même mysticisme. »… absolument atterrant !  Et ce, quand on sait que le pape actuel est… Argentin !  On a bien tenté de le rappeler, à l’ancien évêque Jorge Mario Bergoglio pourtant… et pas qu’une fois, (3)  !  Mais, comme je vous l’ai déjà dit, ce bon François à d’autres diables à repousser.

Le voyage en Angola de 2010, une tentative de déstabilisation ?

Notre ancien du Bataillon 601, défroqué, avait donc embarqué (en costume) en 2010 dans le Gulfstream de celui qui se surnomme l’apôtre (voir notre épisode précédent, on y revient) : difficile de le nier, les photos sont là pour le prouver !!! L’avion se dirigeait alors vers l’Angola, dans la région de Cabinda, alors en peine effervescence guerrière.  C’est le but de l’excursion qui avait intrigué, à l’époque. A bord, Mingolla Montrezza se présente comme envoyé de l’Ordre Bonaria, une secte d’aspect bien ridicule, dont il est devenu entre-temps évêque évangélique.  Il a embarqué en qualité » de »conseiller personnel de Jorge Tadeu ».  L’Ordre de Bonaria et sa cour fantastique.... et son leader qui adore se faire passer pour une victime en inclinant ses sources en accent circonflexe, tel un vrai personnage de dessin animé !!!  Le but du voyage n’était pas très clair.  Selon certains, Alfredo aurait ainsi habilement infiltré le mouvement « Mana », le voyage lui servant de couverture pour contacter les guérillas des Forces armées du FLEC de Cabinda, sécessionnistes, celles qui tentaient alors de déstabiliser la République démocratique du Congo voisine, avec l’aide appuyée de la CIA.  Ce qui signifiait alors que notre homme en soutane travaillait toujours pour elles, une théorie qui peur se tenir en effet quand on connaît ses antécédents et le goût de cette même CIA pour dissimuler d’anciens admirateurs de dictateursEn toile de fond, on trouvait la production pétrolière (avec la Cabinda Golf Oil Corporation et Chevron, obsession du gouvernement de G.W.Bush et des ses terribles conseillers dont Dick Cheney, qui n’a pas raté une seule occasion de promouvoir Halliburton – ce que fait aujourd’hui en son nom Donald Trump pour ses propres hôtels, il n’a rien inventé !).  Mais le « contact » sur place ne va pas pouvoir se faire.  Pour des raisons diverses, l’Angola va subitement interdire à l’Eglise Mana d’entrer désormais dans le pays. Le prétexte est le pompage d’argent vers l’étranger, effectivement bien réel : on a calculé qu’avec près de 800 000 fidèles et plus de 500 maisons et temples dans neuf provinces angolaises, l’église de Maná, devait rapporter un max à son fondateur : « Le plus grand centre régional était situé à Luanda, dans la baie, et pouvait accueillir 25 000 personnes par session. En supposant qu’il y ait un minimum de deux sessions chaque week-end et que chaque croyant contribue en moyenne 20 dollars, les services financiers peuvent générer près de quatre millions de dollars d’ici la fin du mois.  C’est de l’argent perçu en franchise d’impôt et en dehors de toute comptabilité organisée » avaient lancé les responsables du pays. » A gauche une photo prise à Luanda : la salle ne contient pas 25 000 personnes certes, mais il y en a pas mal quand même :  cette photo est extraite du site dans lequel elle est répertoriée dans la catégorie « Tadeu Milagres », je n’invente rien !!!  Ce qui n’était pas faux comme calcul en effet : en 2 mois à peine, l’apôtre pouvait s’offrir un nouveau Hawker 700 (estampillé du logo de l’église à côté de sa porte d’accès et le nom Josefa 2,cf ici à droite !) !  Ainsi, par décret-loi du 25 janvier 2008, le voilà interdit de séjour.  Viré par la porte, il revient par la fenêtre, 8 ans plus tard, la décision de 2008 du ministère de la Justice étant annulée en 2016 par la Cour suprême d’Angola… (Kristel Tadeu, femme d’apôtre, va pouvoir revenir lever le bras droit sur scène pour invoquer le seigneur !!!).  Cette même Cour, en 2015, avait dû statuer sur une autre cas pendable :  celle du pasteur Daniel Cem, un autre adventiste (décidément !) qui avait organisé son faux enlèvement, clichés sanglants à la clé… Ils ont déclaré en 2017 (après la réouverture de l’enquête) que c’était la propre famille du pasteur qui était dans le coup pour extorquer de l’argent à l’Eglise elle-même, en accord avec le pasteur indélicat !!! Le pasteur devait construire la future Adventist University, pour laquelle avait été collectés déjà 100 millions de kwanzas (environ 32 000 dollars dans un pays à 85 dollars de salaire moyen et où la vie est chère car tout est importé) !!! L’attitude de l’Eglise adventiste avait été sévèrement notée : « lorsque leurs administrateurs ont été accusés par Daniel Cem, la hiérarchie de l’Église adventiste en Afrique a estimé qu’ils devraient laisser le système de justice angolais suivre son cours, s’attendant à ce que les accusations ridicules contre leurs hommes d’église soient sans fondement. Cette attente a été malheureusement déçue ». On vous parle du ciel, mais on sait faire le mort quand la nécessité se fait sentir !

Le nouveau changement de nom des avions de Jorge

Le 7 juillet 2009, Jorge Tadeu, en fieffé communicant, change de stratégie et renouvelle sa communication avec nouvelle dénomination, « Church Josafat », aux emplacements précédents devant ses églises angolaises.  Il venait alors de se faire interdire d’évangéliser… selon la presse angolaise, »un groupe de dissidents pense que l’adoption du nom « Josaphat », dont a été baptisé l’avion de l’apôtre Jorge Tadeu, était une suggestion de ce dernier pour contrer les mesures prises par les autorités angolaises, notamment en ce qui concerne le patrimoine. Incapable d’entrer sur le territoire angolais, Tadeu a refait chaque mois son apparition sur scène à Oshakati, en Namibie (ici à gauche). Selon l’ancien dirigeant du Mana, Fleitas Gâmboa, dans une interview accordée à ce journal en mars de cette année, c’est ainsi que l’apôtre a admis qu’il «extrayait l’argent de l’Angola et le laissait entre les mains des croyants eux-mêmes».  Ses fidèles ont également mené des activités clandestines par petits groupes, notamment dans les municipalités de Sambizanga, Ingombota et Kilamba Kiaxi ».

« Le chef du département INAR, Francisco Brandão, a déclaré publiquement, par l’intermédiaire de la radio nationale angolaise, que ses membres, malgré leur interdiction, continuaient de fournir des services et d’envoyer de l’argent à l’étranger ». Cela deviendra une habitude chez lui puisque la com’ ayant encore changé depuis, les avions portent désormais un nouvel intitulé :  c’est désormais « Kuriakos », le nom de la chaîne de TV du groupe Igreja Mana !!!  Une chaîne qui diffusait en boucle au moment où j’écrivais ces lignes un film d’animation bien connu signé Dreamworks… ce qui s’appelle aussi de la récupération, à n’en point douter (maintenant, il y a pourtant des jets, pour traverser la Mer Rouge !) !

L’Ordre de Bonaria, une escroquerie organisée

Revenons au passager en soutane du Gulfstream. Un drôle de machin que cet ordre loufoque dont il se revendique … Depuis celui du Temple Solaire, à la hiérarchie aussi rigide que celle de cette secte bricolée, on se méfie… (y aurait-il eu à sa tête un second Jo Di Mambro, l’homme qui gérait la caisse, proche un temps des anciens du SAC ?).  Selon ses propres registres, cet Ordre a été créé le 8 décembre 2003 :« L’Ordre des Chevaliers de Notre-Dame Santa Maria de Buenos Aires, sous la protection du glorieux San Martin de Tours (OSMBA), est une Internationale non politique et œcuménique, sans but lucratif, constituée en Organisation indépendante non-Gouvernementale ( ONG), conformément à la Convention européenne sur la reconnaissance des personnes morales internationales non gouvernementales. Il est constitué à la lumière de l’art. 46 du Code civil de la République argentine ». « Il est organisé traditionnellement sous la forme chrétienne d’Ordre chevaleresque, comme un ordre équestre de miséricorde et, également, comme un ordre dédié à la guérison et à l’assistance du pauvre et du nécessaire. L’Ordre est spécialement dédié à la présence des patients, selon les opinions qui réglementent la cavalerie, suivant dans les siècles la Parole du Christ, sous la forme de la foi chrétienne; acquisition de la forme et du caractère de l’Ordre de Confrérie Catholique ». On rameute une vieille légende de Sardaigne, pour apporter un peu de crédit à cette fabrication de toute pièces.

 « L’Ordre tire son origine du culte mariano de la Vierge de Bonaria. Selon la légende, en 1370, un bateau de ce partio d’Espagne aurait été surpris par une tempête; les marins ont décidé de jeter à la mer toute la charge entre eux une lourde caisse. À peine la boîte fut jetée à la mer, la tempête se calma. La boîte est donc arrivée à Cágliri, juste sous la colline de Bonaria; les frères du couvent, en l’ouvrant, ont découvert une statue en bois de la Vierge Marie qui tenait dans une main l’enfant Jésus et dans une autre une bougie allumée. La dévotion à la statue miraculeuse se répandit immédiatement dans toute la Sardaigne, spécialement entre les marins qui l’invoquaient comme protecteur. »… l’ordre a été créé par José María Mosquera, fils d’un charpentier galicien qui a émigré en Suisse et qui s’était bombardé lui-même comme étant « Iosephus Emmanuel III – prince de la famille du Septimian Bathzabbay le Tadmur, prince de Champdor, comte de Turdes Valter, duc de Santiago Apostol, Lord Manor of Perry du Royaume-Uni » … plus 22 titres de noblesse en rab, il n’est pas mesquin sur le sujet.  L’accumulation de titres est grotesque, et cette création surréaliste semble chercher à masquer autre chose, comme l’avait fait le Temple Solaire. On pense à de l’argent…. bien évidemment !

Et bingo, car José Manuel Mosquera Castelo a aussi déjà montré d’autres talents que religieux : dans l’escroquerie, il sera jugé pour ça à Tenerife en avril 2016, pour une affaire de fraude visant à escroquer des hommes d’affaires.  On parle de 750 000 euros pompés entre 2008 et 2012.  Lui, c’est un Jo Di Mambro puissance 10 à n’en point douter !  Son procès avait été rocambolesque : on avait par exemple décrit que « l’un des hommes qui s’était fait responsable de banque pour promouvoir l’escroquerie était d’origine argentine et jouait de la guitare et chantait dans plusieurs hôtels du sud de Ténérife » !!! Et ce n’était pas la première fois que le nom de Mosquera avait été associé à une arnaque. Une escroquerie mémorable, et bien plus grande, a mené en prison toute une équipe liée à lui, celle où il avait embobiné Antonio González, le promoteur du site immobilier Trampolín Hills à Campos del Río en Murcie qui devait offrir au départ 2 570 logements facturés en moyenne 120 000 euros, au milieu de 290 000 mètres carrés d’espaces de loisirs:  parcours de golf, jardins, piscines, centres commerciaux … Voici ce qu’il en reste depuis :

Le projet dans lequel avait été impliqué Swiss Financial Corporation et V.F. Financial Services, deux organismes contrôlés en fait par Jose Maria Alarcón Cabo, l’un des hommes de confiance de Mosquera, a vite été abandonné.  Rien ou presque n’a été construit (quelques villas d’un goût douteux qui servaient d’appâts).  C’était un pompe à fric, moins fatigante, certes, que les shows de notre « prophète ». « Aujourd’hui, Trampolin Hills a déclaré faillite et partage la propriété de ce rien avec 1 700 familles dans toute l’Espagne et même au Royaume-Uni et en Irlande. Ils ont tous payé des montants différents pour la réservation et l’avance de leurs appartements ». Mosquera, quel hasard encore, avait tout inscrit au Panama, mais aussi dans une banque de Saint-Vincent-et-les Grenadines, « un petit paradis fiscal situé sur cette île des Petites Antilles ».  Nous y revoilà !!!  Au passage, Gonzalez avait lui-même été bombardé « Comte de San Juan de Gea pour l’Ordre de Bonaria » !!! L’avocat de Gonzalez, José Antonio García a pris aussi 14 ans de prison dans l’affaire pour avoir trompé ses clients.  Il est vrai que dans l’ordre on ose tout (c’est à ça que qu’on le reconnaît avait dit Audiard).  Ainsi ici celui qui s’intitule « Duke Mark Augusto of Latakia » (Lataquie en Syrie !) qui se dit  « représentant des Templiers« , et pose ici avec d’autres sérieux clients en se réclamant travailler avec « l’Organisation United Nation Economical and Social Council O.N.U, l’ International Penal Court of Europe C.P.I – CICC, l’International Rescue Committee; l’United States Congress Certificate of Honour ou l’International Parliament for Safety and Peace… » sans que ce ne soit prouvé.  On le verra aussi serrer ostensiblement la pince à Andrei Dashutin de l’ambassade de Biélorussie à Londres…  et ici celle de Mr. Carlos Medellín Becerra, l’ambassadeur de Colombie… (ou même celle du  ministre Luis Plata Paez, ancien président de Proexport, aujourd’hui au Albright Stonebridge Group !!!  Le roi des cocktails d’ambassade, pour sûr !

Nos découvertes en cascade sur le rôle obscur de personnages mêlés à des dictatures et à des opérations tordues de maintien de l’ordre ou de déstabilisation de pays ne nous ont pas fait oublier notre point de départ, à savoir un seul avion, ce fameux Gulfstream IIB détenu une bonne paire d’années par ce pasteur devenu millionnaire, installé au Portugal.  Mais il nous faut davantage encore creuser la filière de la cocaïne, pour nous y retrouver puisque je vous rappelle que c’est à partir d’une saisie dans les Antilles que cela a démarré.  Un peu de patience, donc et attendons ce que l’on va découvrir dès demain, à savoir un pan entier du trafic mondial de cocaïne, rien de moins, depuis… les années 7o !!!

(1) un ministre étroitement lié à la cocaïne, comme on peut le lire ici :

Coke en stock (CXCIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (28)

Coke en stock (CXCIV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (29)

et ici également :

Coke en stock (CXCV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (30)

(2) cela pourrait s’expliquer facilement : comme on va le voir un peu plus loin, c’est de Pologne que parviendront les armes fournies au Contras par Oliver North, et en ce cas, notre curé aurait encore œuvré pour la CIA, tout simplement !!!

(3)  « Autre chef d’accusation contre le nouveau pape: il aurait fermé les yeux sur l’enlèvement d’enfants de dissidents pendant la dictature. «Pourquoi ne citez-vous pas Bergoglio à comparaître?», s’était enquise, lors d’un autre procès contre la Junte, Estela de la Cuadra, fille de la première présidente des Grands-mères de la place de Mai, la célèbre association qui cherche à retrouver les enfants volés aux victimes du régime militaire. Estela, dont la sœur Elena est une «desaparecida», possède des lettres envoyées par son père à Bergoglio quand il était à la tête des jésuites. Il y demande de l’aide pour retrouver sa fille et sa petite-fille, celle-ci étant née après l’enlèvement. «Comment se fait-il qu’il prétende n’être au courant du vol d’enfants que depuis dix ans?», demandait Estela à la justice argentine en 2011. » L’Eglise n’a pas que la pédophilie comme problème, à l’évidence…

(4) on a révélé tardivement que Carlos Alberto Gaviria Vélez, le frère aîné de José Obdulio Gaviria Velez, conseiller du président Uribe, était directement lié à Luis Carlos Molina Yepes l’homme qui a participé à la planification de l’assassinat de Guillermo Cano Isaza, le beau-père de l’ambassadeur Carlos Medellín Becerra qui avait aussitôt démissionné de son poste.  Une mort emblématique, le 17 décembre 1986 du dirigent du journal El Espectador qui venait juste de dénoncer l’infiltration de la mafia de la drogue dans la vie politique nationale !!!  Un assassinat ciblé, très certainement par le clan d’Alvaro Uribe, dont le propre père a été étroitement mêlé au trafic de cocaïne comme on le sait.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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3 Commentaire

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    Augustin Diamacoune

    Passionnant.
    Derrière la pseudo Église biélorusse, on retrouve Viktor Busà
    Le parlement mondial pour la paix, IBSSA sécurité, et un nombre d’escroqueries internationales.

    • avatar
      Augustin Diamacoune

      Parlement de la sécurité et de la paix machin.
      Pasteur Dessart donc ecoovie.
      IBSSA security et leur fondation de protection de l’enfance…
      Vos articles sont top
      Merci

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