Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Coke en Stock (CCXLI) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (b) ?

Coke en Stock (CCXLI) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (b) ?

Encore une fois, je ne m’attendais pas à trouver ça, malgré l’habitude, c’est dire, puisque cela fait maintenant dix ans que je m’intéresse à ce sujet, débuté avec la découverte début novembre 2009 du Boeing incendié à Tarkint au Mali (le tout premier «  Air Cocaïne », lire ici le premier article, rédigé dès mars 2010).   Nous venons d’apprendre l’arrestation en Croatie, à Zagreb même, d’un trio de trafiquants ayant à leur tête un colombien, présenté comme organisateur d’un réseau transnational tentaculaire, en fuite après que l’on ait découvert son trafic de cocaïne dans les Antilles, avec comme point de départ le Guyana.  Son avion venait cette fois du… Mali, ce qui ravivait bien évidemment  la thèse des flux importants de cocaïne traversant l’Atlantique par jets privés ou par avions cargos, ce dont j’ai abondamment parlé ici-même et ailleurs.  Mais, franchement, en décortiquant dans les moindres détail l’annonce de son arrestation, je ne m’attendais pas à retomber sur un autre phénomène particulier, lui aussi déjà décrit et dont on va à nouveau découvrir l’ampleur.  Et encore moins je l’avoue, à me retrouver en face du clone de Viktor Bout, arrêté de la même façon, avec les mêmes arguments et les mêmes façons par la DEA (1), alors qu’il avait servi pendant des dizaines d’années les intérêts américains.  Vous parlerez peut-être de complot, à lire ce qui va suivre.  Alors, je vous le redis :  en débutant ces recherches, je ne m’attendais pas à tomber sur ça, car c’est… fort perturbant, comme découverte, puisque ça recoupe surtout des années de suspicions, celles éditées dans les années soixante dans l’ouvrage magistral de David Wise et Thomas. B.Ross (2).  Dix ans plus tard, malgré le fait que je suis devenu sans le chercher un peu un spécialiste du domaine, je m’en étonne encore… (3)

Je vous avais promis dans l’épisode précédent un Gulfstream, « dans les brumes de Zagreb », le voici ici à gauche, photographié en novembre 2018 par le spotter croate Goran Pivcic, qui l’a très bien décrit comme étant un fuselage de Gulfstream I (à turbines, le G-159) collé sur une aile nouvelle et doté d’une queue en T, et doté de réacteurs Spey dont la particularité est le bruit et les volutes de fumée noire qu’ils laissent derrière eux).  C’est un modèle II-B, qui a hérité de l’aile bien meilleure du modèle III, précise-t-il avec raison.  L’avion est le N4NR, le 255 ème de la série.  La visite a Zagreb de cet oiseau rare avait intrigué visiblement notre œil averti.  Et il y avait de quoi, puisque l’avion provenait alors directement du… Mali, de Tombouctou.  Entre les deux, en ligne droite, il y a 3 682 km (le Gulfstream ayant une large autonomie de 6  635 km, ce n’est pas un problème pour lui )… Le plus étonnant étant qu’à son bord il n‘y avait qu’un tel passager !!!  Autant vous prévenir tout de suite, nous n’allons pas visiter que la Croatie ou le Mali, dans cette nouvelle affaire… puisque c’est un second Viktor Bout, cet homme !

Tentative de désinformation orientée

La presse croate, la seule au départ à évoquer l’arrestation en citant les noms des occupants de l’appareil s’efforce de ne pas en dire trop, semble-t-il, en montrant une vidéo soigneusement cadrée de la visite de l’avion de manière à ce qu’on ne le reconnaisse pas.  Cette façon de filmer est véritablement orientée (on ne veut manifestement pas montrer tout l’appareil !), mais comme on va le voir plus tard des détails subtils vont ruiner la tentative de dissimuler une partie des faits.  Si l’on montre des visages, le jour de la saisie, ce sont ceux des deux pilotes seulement.  Le passager colombien, cité, ne le sera pas. Pourquoi donc, voilà tout le problème.  Pire encore avec, dans le principal site évoquant l’affaire, glissée au milieu des (rare) clichés bien sombres de la visite, on a ajouté la photo extérieure d’un avion, qui se révèle ne pas être le bon, mais bien un vieux Gulfstream IIB immatriculé N540EA. Un cliché pris, curieux choix, lors de l’une de ses visites en Israël, sur l’aéroport Ben Gourion, de quoi, à l’évidence mette en marche d’autres thèses complotistes connues et dangereuses comme on le sait. Etait-ce voulu ? Est-ce de l’incompétence journalistique (on aurait pris le premier cliché venu qui traînait là:  pas sûr, car Googe ne nous le trouve pas d’emblée !)… là encore, j’ai des doutes.  Le titre d’un des articles aussi étonne «Large Shipment of Cocaine Found in Private Plane in Zagreb », alors que dans le compartiment à bagages, entre deux boîtes d’huile pour moteurs, on a trouvé un paquet de 1,190 kilo seulement…  Sur le site du journal Tekegraf.rs, ce n’est guère mieux, puisqu’il ouvre par une photo de Piper Malibu… et une interview de quelques secondes d’une journaliste télévisée qui visiblement n’a rien à dire sur le sujet !

Le gag c’est que cet avion, manifestement glissé dans les news pour faire diversion, ou par mégarde, appartient à AC Aviation, et son précédent propriétaire était la société  Sentient… qui annonçait fièrement ici être ravie d’avoir été choisie par Donald Trump pour les voyages en jet effectués pour sa chaîne d’hôtellerie…  de Mar-A-Lago, à Palm Beach, et pour le Trump International Hotel & Tower de  New York mais aussi pour l’Hotel & Tower de, Chicago, le Trump International Hotel & Tower, de Las Vegas, le Trump Park Avenue, et du  40 Wall Street, à New York, le Trump National Golf Club, de Bedminster, et Trump National Golf Club, Los Angeles.  Exciting upcoming properties include Trump SoHo New York, Trump Towers, d’Istanbul Sisli, le Trump International Hotel & Tower de Waikiki, le Trump International Hotel & Tower de Toronto, le Trump International Hotel & Tower à Dubai, et de Cap Cana, le Trump International Golf Club & Residences à Puerto Rico, et le Trump International Golf Links en Ecosse, de quoi réviser au passage toutes les sources de revenus actuels présidentiels… Bref, pour revenir à la découverte du kilo de coke dans l’avion de Zagreb, ça démarrait fort… question tentative de brouiller les pistes !!!

Un bien drôle de pilote

Si l’historique de l’avion va nous apprendre des choses assez étonnantes, il nous faut d’abord nous intéresser à son contenu, humain et matériel.  En sont descendus en effet un colombien, appelé David Cardona, un américain, Jean-Claude Okongo Landji et un nigérian, Jibrail Bala Adamu (ici à droite), ces derniers apparaissant plutôt abattus, ici à droite, pris en photo à bord de voitures de police dans le journal Jutarnji Vijesti.  Les deux hommes sont respectivement  le pilote et le co-pilote de l’appareil, Cardona ayant été le seul passager du long trajet, donc.  On rappelle que dans l’épisode précédent on a dit qu’ils étaient en fuite, pour Landji et Cardona, après la découverte du trafic de coke dans les Antilles à partir du Guyana…

Si le co-pilote ne nous dit rien ce n’est pas le cas du commandant de bord, dont le CV va nous apporter des renseignements surprenants.  Au Nigeria, avec le lot de pasteurs évangélistes dotés de luxueux jets privés, ce n’est pas ce qui manque comme emplois pour ces pilotes.  Ce n’est pas le travail qui manque en effet (ici une autre liste encore mélangeant businessmen et clergé (4).  Non, c’est le dénommé Jean Claude Okongo Landji qui nous intéresse plutôt, et pour cause.  Ancien pilote de Delta Airlines, aux USA, il a été le pilote d’hommes politiques importants, notamment celui de Lansana Kouyaté, ancien représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Somalie (ONUSOMII) en 1993, puis vice-président du Conseil Economique et Social de l’ONU, et ensuite Premier ministre de Guinée (Conakry).  Il a été nommé le 26 février 2007, juste après les terribles émeutes qui avaient fait 120 victimes, aidé sur place financièrement par un entremetteur local douteux, appelé Ousséni Banao. Un sulfureux « lobbyiste » originaire du Burkina-Faso, qui a été interdit de séjour au Sénégal, après avoir sévi en Guinée-Conakry et en Guinée Bissau…  Landji promet  alors de faire venir en Guinée un jet US pour les déplacements privés et diplomatiques du premier ministre.  Pour cela, il fonde un Trustee appelé Okland Aviation LLC (sans le « a » de Oakland !), installé dans un banal pavillon de Floride à Sunrise.  Créée en juillet 2006, la société sera dissoute le 14 septembre 2014.  Cela lui a permis de faire venir entre-temps un  Gulfstream IIB, dégotté paraît-il à Opa-Locka.  Il avait déjà créé en 2003 une autre société appelée Backland Aviation Corporation, installée en Floride mais à North Miami Beach cette fois, située dans un plein pied encore plus petit.  Cette société a été déclarée en Georgie, elle a eu une vie plus courte :  ouverte en 2004, elle a été close en 2008.  Cette fois c’est une petite maison d’Atlanta, rue Sugar Creek Falls, qui lui a servi de boîte aux lettres, avec sur place une seule secrétaire de déclarée.  On trouve aussi un obscur « Fly Simba Airlines S-A » à son nom, créé le 24 juin 2014 à Conakry, une « Entreprise immatriculée (Guinée) au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) » qui elle aussi ne débouche sur rien.  Lui-même se présentant comme commandant de bord actuellement chez « Air Excellence Niamey » (au Niger donc), inconnue elle aussi au bataillon, une société inscrite chez Linked’in au registre des « Transports routiers et ferroviaires » !!  Bref, on le voit, notre ancien commandant de bord a créé plusieurs entités qui semblent avoir très peu servi… ou qui ressemblent plutôt aux boîtes aux lettres multiples des passeurs de drogue !!!  Selon notre informateur, une fois l’avion arrivé il s’est mis à pas mal circuler, en Europe notamment, avec au passage quelques anecdotes savoureuses (le kérosène impayé, l’avion est bloqué un temps en Suisse, et notre pilote végétera plusieurs semaines à Paris dans un luxueux hôtel, abandonné en route par Kouyaté…). Aussi  un second appareil aurait été appelé, paraît-il, mais on en a gardé aucune trace.  Parmi les dates d’inscription des avions, l’une d’entre elle correspond :  c’est l’achat le 28 janvier 2008 du fameux  N4NR, mais par le Trustee Global Mission LLC, qui va nous emmener vers tout autre chose à vrai dire… pendant quelques chapitres !!!

Un pays qui avait sombré dans le trafic de drogue

Entre-temps, en 2007, la Guinée n’a pas résisté à l’influence de son sulfureux voisin, un pays où l’on chargeait alors les avions de sacs de coke comme on charge du ciment et l’on découvre, à la mort de son président Lasana Conté, qu’il est lui aussi gravement gangrené par la coke.  Car au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée (et Moussa Dadis Camara), on découvre que le propre fils de l’ex-président, Ousmane, vient d’avouer avoir fait partie d’un trafic de drogue (son frère Moussa, aussi).  L’entreprise familiale Mosmart semblant alors servir d’usine de raffinage pour la drogue colombienne à la place de faire dans l’éthanol !  Or Ousmane est aussi capitaine de l’armée !!!  Cela, les américains s’en doutaient depuis des lustres et n’avaient pas tardé à réagir : « dans une lettre au Congrès, le président Obama a désigné Ousmane Conté, fils aîné de l’ancien président guinéen Lansana Conté, comme « baron de la drogue », ouvrant la voie à la saisie de ses biens aux Etats-Unis. Un Mozambicain, un Mexicain et deux Afghans sont également cités dans cette lettre ». « Le fils du défunt président guinéen est donc désormais passible de sanctions. Tous les avoirs qu’il pourrait posséder dans des territoires sous juridiction américaine sont donc susceptibles d’être saisis. Une liste noire américaine existe depuis un peu plus de deux ans » ajoute-t-on.  C’est un gros pan d’iceberg qui vient de s’effondrer. Le symbole de cet effondrement, et la raison de la réaction rapide des USA, c’est l’interception par Wikileaks d’un fax dérangeant parti de l’ambassade US à Conakry, le 6 mars 2008.  Il débute ainsi : « la police guinéenne a saisi une cargaison de cocaïne, en quantité inconnue, et arrêté six suspects soupçonnés d’être d’origine latino-américaine. Toutes les demandes d’informations supplémentaires du gouvernement américain concernant les détails de la saisie ou des suspects sont restées sans réponse. La mission diplomatique a concentré ses efforts sur la destruction de la drogue et le résultat de ces efforts prouve que des éléments corrompus du gouvernement contrôlent parfaitement le pays. Exactement un mois après la saisie, l’ambassadeur (américain) et (les membres du bureau de sécurité régional américain) ont assisté à l’incinération présumée de 390 kilos de cocaïne. L’incinération est une farce qui ne trompe personne et met en lumière la possible complicité du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité guinéen et de hauts responsables de la police ». L’incinération prévue, retardée plusieurs fois avait en effet eu lieue.  Mais l’ambassadeur US, resté circonspect, avait ce jour-là demandé de prélever un échantillon avant d’y mettre le feu, au grand dam du directeur principal de la police Bangoura, qui avait alors affirmé que « la cocaïne avait été traitée avec des produits chimiques, la rendant inutilisable ». »À l’arrivée des ministres de l’Intérieur et de la Sécurité, Keita, et de la Justice, Paulette Kourouma, la demande de l’Ambassadeur des États-Unis de fournir un échantillon aléatoire de cocaïne a rapidement été rejetée. « Après l’incinération, (le Bureau de sécurité régional américain) a été autorisé à prélever un échantillon d’un emballage de cocaïne préalablement désigné ». L’analyse ne donnera certes rien de probant, mais les réticences énormes de la police guinéenne étaient restées en travers de la gorge, renforcées par un coup de fil reçu quelques semaines auparavant qui avait prévenu que c’était de la farine qui devait être brûlée et non de la coke !!!  Dès 2008, les USA savaient donc que le gouvernement de Guinée Conakry était passé de l’autre côté de la barrière, comme l’avait fait avant lui son voisin la Guinée-Bissau, ravagé par le fléau. Lansana Conté ancien soldat de l’armée française en Algérie, devenu dictateur avant sa mort (il était atteint d’une leucémie depuis 2002) dirigeait donc un narco-Etat !  A peine décédé, un autre militaire Moussa Dadis Camara, prenait le pouvoir, et promettait d’emblée de s’attaquer au trafic… Un bel espoir qui se tarira vite… avec l’éviction (par balles) de Camara.

Camara évincé, son successeur dépassé

Six ans plus tard, en 2014, l’Etat du pays est désastreux.  On écrit que « de source proche de services de sécurité étrangers, on déclare qu’un ou deux avions atterrissaient tous les mois l’an dernier en Guinée avec à bord de la cocaïne en provenance d’Amérique latine, dans le but d’approvisionner le marché européen. L’absence de chiffres exacts publiés par le gouvernement rend toutefois les estimations difficiles. « Quelle que soit l’attitude du chef de l’Etat, il est évident que les trafiquants peuvent opérer en Guinée. Ils sont profondément implantés ici, » a déclaré Stephen Ellis, chercheur au Centre d’études africaines de Leyde, aux Pays-Bas. Stephen Ellis a souligné que l’argent du trafic de drogue avait un effet corrosif sur les efforts entrepris par le gouvernement Condé pour améliorer la gouvernance ». Les sites miniers de taille gigantesque héritent souvent d’une piste d’approvisionnement dont la surveillance s’avère difficile : ainsi celle du complexe de bauxite de Sangaredi au nord-Ouest du pays, appartenant à la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG).  Une bien forte tentation pour les avions de passage !!!  A l’ouest, le « Kissidougou Airport » n’est guère mieux avec sa simple bande de terre...  Comment voulez-vous contrôler en effet ce genre d’endroit ? Il n’y a que des humanitaires ou des missionnaires pour se rendre là-bas (et ça, on le sait, intéresse aussi les trafiquants, hélas !).  Dadis Camara est déjà parti, blessé par balles à la tête à la suite d’une obscure situation (c’est son propre garde du corps qui lui a tiré dessus), à sa place a été élu Alpha Condé.  Le terrible massacre du 28 septembre 2009 l’ont en fait éjecté du pouvoir, et ce par la pression des français, qui l’ont rendu responsable des 159 morts de l’émeute sanglante.  Il tentera bien de revenir au pouvoir lors d’élection mais finira par jeter l’éponge définitivement, laissant le pays aux mains des trafiquants !

Avec la Russie et la Turquie à l’affût…

Pour ajouter au désastre en cours, à l’étranger, le richesses minières du pays attisent toujours autant les convoitises et de nouveaux visu sont sur les rangs, ou plutôt des revenants.  Ousmane raconte en effet à qui veut l’entendre qu’en 2002, Cellou Dalein Diallo, alors Premier ministre, a vendu l’usine de Friguia, à Fria, la « première usine d’alumine en terre d’Afrique » aux russes (à Rusal)  en trompant son père sur ce qui l’attendait. L’usine était restée fermée depuis la grande grève de 2012 : « En échange des investissements qui seront consentis, le géant russe, qui a vu son chiffre d’affaires baisser de près de 18 % au premier semestre 2016, à 3,89 milliards de dollars, a obtenu du gouvernement guinéen de solides contreparties. Avant de s’envoler en juin dernier pour un tête‑à-tête avec Vladimir Poutine à Moscou, Alpha Condé a fait adopter par l’Assemblée nationale la loi portant ratification de l’annexe 12 de la convention de concession minière pour la production de bauxite et d’alumine de Dian-Dian, signée avec Rusal en 2001. « Une étape majeure » vers la relance de Friguia, s’était réjoui le ministre des Mines. En effet, les revenus tirés de l’exploitation de Dian-Dian serviront « de support à Rusal pour financer la réparation de Friguia », renchérit-on dans l’entourage de la direction générale de Rusal. » L’usine, il faut le rappeler, a été construite en 1960 par les français de Péchiney !

La Russie est de retour en Afrique, en  effet, on est bien forcé de le constater !  Autre fait à retenir, Kouyaté, passé depuis dans l’opposition, étant aujourd’hui un de ceux critiquant le plus les voyages « quasi ininterrompus » du nouveau président  Alpha Condé  (qui circule aussi en hélicoptère présidentiel 3X-AAA, un Puma racheté à la Roumanie, et venu d’Osijek en Slavonie – Croatie)!!!  Le nouveau président voyage désormais aux frais de l’entrepreneur turc, ami d’Erdogan, dans un Gulfstream (le TC-VTN d’ATP Havacilik Ticaret A.S) affichant étrangement deux drapeaux de pays !!!  Guinée News se lançant ici dans une possible explication « Dans le cas guinéen, l’apparente connexion turque vient au mauvais moment pour l’image du gouvernement avec la controverse entourant le contrat – sans appel d’offre – de la concession du Port Autonome de Conakry accordé à Berat Albayrak, le gendre du président turc, homme d’affaires et politique, ancien PDG de la Çalık Holding. » Que ne ferait-on pas pour voyager en jet !!!  Et quelle propension désastreuse des dirigeants africains à vouloir à tout prix circuler en jet (vous allez me dire à leur décharge qu’il n’y a pas de structure routières dignes de ce nom en Afrique, et vous aurez raison !). Les prédicateurs en ont, des jets, mais pas les présidents (5) !!!  C’est plutôt paradoxal !

L’entrée (à nouveau) en jeu des Mormons (adventistes)

Revenons donc à notre fameux Gulfstream N4NR acheté disait-on en 2008 par Global Mission LLC comme je vous l’annonçais dans le précédent article de cette série.  Avant d’en arriver à son nouveau propriétaire, l’étude du précédent peut peut-être nous en dire davantage sur les mœurs dans le pays concerné. Derrière ce Trustee, se cache en réalité un autre prédicateur bien particulier, il s’agit de Jorge Tadeu, qui se surnomme lui-même « l’apôtre », rien que cela.  Né au Mozambique, c’est un ancien ingénieur civil touché un jour par la grâce de la foi qui lui est tombée dessus (ou une poutre de chantier, qui sait ?).  Le voici donc converti à Johannesburg, puis allant s’installer au Portugal pour fonder en 1984 l’Eglise de Mana, qui suit les préceptes adventistes (c’est-à-dire celle voisine des Mormons, tiens, les revoilà !).  Lui aussi a des pouvoirs magiques :  celui surtout de faire fructifier son tiroir caisse en bon apôtre… du commerce :  « Il a été le pionnier des enregistrements sur cassettes et sur cassettes VHS qui couvraient le monde et ont engendré de nombreuses personnes guéries et transformées » dit sa propre biographie en ligne.  A signaler que l’église mormone de Tadeu a eu comme influence majeure Lester Sumrall (ici avec Tadeu), un évangéliste anglais installé dans le Missouri dans les années après être passé par l’Argentine.  L’homme n’a cessé de jouer sur les peurs des gens et manipuler les faux miracles, en passant déjà les deux tiers de sa vie dans les avions.  L’une de ses dernières photos (il est mort en 1996), ici à droite, le montre descendant d’un Falcon !  Ici il est en photo à côté d’un avion appelé « Angel IV » (ce qui en laisse supposer trois autres) ! L’un de ses livres s’appelait « Les anges pour vous aider » : on ne savait pas que les anges étaient désormais dotés désormais de réacteurs !  Cette vidéo à sa gloire est édifiante il me semble… car le coup du miracle (« j’ai failli mourir »), il l’a fait dès ses débuts !!!  Sumrall a aussi été le pionnier des voyages en jet, a donc eu un descendant direct en la personne du fameux Jorge, avec l’achat d’un premier avion baptisé donc « Josafa  » (le Gulfstream  G-IIB N°255 immaticulé N4NR, celui qui nous intéresse aujourd’hui, puis un second un Hawker 700 cette fois… « Josafa 2 », donc (un modèle 125-700A N°257073) immatriculé N210RK, auquels on ajoute un troisième, un autre Gulfstream G-III (G-1159A) N°464 enregistré sous l’immatriculation N194PA (ici à droite).  Ce dernier a été semble-t-il revendu depuis, à Premier Aviation Holdings LLC, un broker.  Déjà remplacé par le N83PP, aussitôt surnommé « Favor of God »… ben tiens, si c’est Dieu qui le régale !!!  C’est à croire que chez lui l’avion est en effet un cadeau du ciel, puisqu’au fil des pages affligeantes de son site on ne trouve trois autres, du début de sa carrière d’évangéliste pour machine à sous :

L’escroquerie de la nourriture tombée du ciel 

D’où vient tout cet argent pour acheter pareil montures célestes, c’est là tout le problème de l’Afrique, aujourd’hui colonisée religieusement de manière éhontée. La manipulation des masses et l’entretien de l’obscurantisme qui va de pair est le propre des sectes religieuses qui font sourire ici en France, tant elles paraissent rétrogrades et manipulatrices.  Si la Igresia Mana de Tadeu ne semble pas en faire grand cas de la thèse dont je vais vous parler, la concurrence venue du Brésil et désireuse de conquérir l’Afrique est là pour la tanner : c’est un marché comme un autre à conquérir pour ces bonimenteurs qui vivent sur le dons des pauvres qu’ils rançonnent.  Comme exemple, au Brésil a resurgi ces deniers temps une thèse incroyable et dangereuse :  celle « de la nourriture envoyée par Dieu aux plus croyants ».  Autrement dit, pour éviter la famine, en Afrique, il faut se faire baptiser, car après, ça tombe du ciel, tout simplement !!!  C’est cela aussi l’origine du nom de l’église de notre prédicateur portugais ; la « manne céleste » Biblique.  En Angola, où il n’a pas réussi à s’implanter, ça a très bien marché en tout cas !  Car là-bas elle a été répandue par le pasteur Gérson Pires de Araujo, un brésilien lui aussi membre de l’église adventiste, qui, parlait de « miracle » et qui avait ressorti une vieille histoire datant de 1939 (avec une photo ici à l’appui !) elle-même fabriquée sur des textes bibliques dont James Tissot, ce « peintre énigmatique »  avait fait un tableau en 1902. On verra même sur YouTube des étudiants, le sourire béat des croyants aux lèvres, tenter d’en ramasser un peu de ces morceaux blancs au goût sucré… On se demande pourquoi chercher, d’ailleurs, car pour le fameux pasteur « il n’existe pas d’explication naturelle à ce phénomène ».  Alors que pourtant, il en existe bien une, et on la cultive même, mais pas en Afrique, en Sicile !!!  L’obscurantisme est bien présent, là ! Les bidules blancs savoureux et nourrissants ne tombent pas du ciel mais d’un arbre particulier, le Fraxinus ornus (Manna ash en américain !), autrement dit un bête frêne : « Cet édulcorant naturel, faisant référence aux épisodes bibliques et qui, dans l’imaginaire collectif, est un don divin, est obtenu par la solidification de la lymphe élaborée qui sort pendant la saison estivale des incisions sur la tige et sur les branches principales de certaines espèces de frênes (du genre Fraxinus L) cultivés uniquement dans des zones étroites du parc des Madonie, des poumons verts non contaminés, à environ 90 kilomètres de Palerme. Un cas unique dans le monde entier. » Les angolais ne sont pas les seuls à y croire : ici dans le Wisconsin, en 2009 encore, un autre pasteur va aussi en faire une nourriture envoyée par Dieu…  C’est signé Global Fire Ministries de Jeff Jansen de la « New Apostolic Reformation », le chef du « World Miracle Center » !!! (une autre espèce encore  ?).  Lui s’attaque aujourd’hui à la Tanzanie, avec une bonne dose de rock FM US : encore un qui a compris l’Afrique, ça se sent très vite !  Répugnant de néo-colonialisme !!!  Mais laissons les morceaux séchés de la sève du frêne, être emportés par le vent pour revenir à notre bonne vieille poudre…. aux mains d’un autre religieux… quel désastre !!!

Un avion fort intéressant !
Les évangélistes bonimenteurs sont devenus riches et voyagent comme des chefs d’état, c’est à dire en jets.  On répertorie donc chez Jorge un Beech 90 très « années 70 » en déco (il apparaît chez Tadeu dans une vidéo dérangeante, puisque faite en compagnie  d’un pasteur brésilien controversé, venu afficher le sien, le PT-WJD, ici à droite, dans une sorte de concours indécent du pasteur le plus fortuné (6).  Mais aussi un Learjet (modifié à réacteurs plus gros, des Garrett TFE-731-2-2B, comme ceux de l’USAF, appelés C-21A, le même que possédait Pat Robertson (7) et plus étonnant un long, très long Swearingen SA.227AT Merlin IIIS, le  N313D. Le genre d’avion rapide à turbopropulseurs qui a dû lui avoir donné envie d’acheter un jet !  Quand Jorge Tadeu achète le N4NR, il est encore bleu, et ressemble donc à l’appareil ici à gauche (les premiers coups de pistolet à peinture ayant été très moches). En 2008, et en 2010 il est en effet toujours bleu et blanc. Pour ce qui est de l’intérieur, c’est un drôle de site qui vous nous le décrire en apportant à la clé une information cruciale.  Dans ces pages, on peut voir un individu autre que le couple Tadeu (la femme du showman effectue elle aussi des tours de scène pour chauffer la salle en attendant le mari : c’est une entreprise très familiale, cette rente religieuse !).  Cet homme va nous révéler un cliché de l’intérieur de l’avion, Jorge Tadeu lui-même, en laissant apparaître un autre cliché dans une de ces pages à sa gloire (ci-dessous à gauche).  Les deux clichés, à l’air plutôt anodins, vont devenir très intéressants lorsque les enquêteurs croates et ceux de la DEA américaine vont entrer dans l’avion intercepté à Zagreb avec un petit chargement de coke, promesse on le sait d’une plus grosse livraison, pour appâter le client.  Un procédé qui avait déjà piégé, quel hasard, les neveux de Cilia Florès, la première dame du Venezuela, arrêtée de la même façon à Haïti.  Les deux ou trois images montrées évitaient soigneusement de révéler quel avion était-ce exactement.  A la vue de sa zone de stockage de bagages avec son filet et la porte aux deux extrémités arrondies façon bateau (ici à droite), on savait néanmoins déjà que c’était un Gulfstream II, c’est sûr, mais rien encore ne démontrait qu’il s’agissait effectivement du N4NR.  Or, des éléments très précis comme la table rabattante d’un très ancien modèle, aux emplacements pour boissons chromés, les sièges de couleur beige et le motif surtout répétitif de la moquette sont visibles, clairement, sur un bout de vidéo de la visite des inspecteurs et sur ce cliché à gauche.  Cet extrait (ci-dessous) nous permet de dire que c’est bien le N4NR qui était atterri à Zagreb avec comme seul passager celui, qui, à l’évidence maintenant avait été enregistré par la DEA en train de préparer l’envoi en Europe de 600 kilos de cocaïne (cf le récit de notre épisode précédent) !!!  C’est donc bien l’avion du « prophète » adventiste (devenu ex-avion), trahi par sa moquette qui s’est posé à Zagreb, notre spotter était bien tombé dessus au bon moment  !!  On avait donc bien fait de faire un détour par notre manipulateur de roues en extase religieuse !  C’est bien celui-là !  Enfin l’ex-avion, à vrai dire, car … il a changé de mains en 2016 !!!  Bien nous n’en avons pas fini avec nos surprises !

Un sacré drôle de passager à bord

Ce n’est pas une digression, avant d’aller plus loin (à Zagreb), mais il nous faut aujourd’hui nous intéresser à cet homme, qui est très particulier disons, ma foi, pour rester dans la tonalité de ces hommes d’église, ou plutôt de ces escrocs patentés.  L’homme assis à gauche sur la photo de l’intérieur de l’avion du « prophète » Tadeu, celui-là, franchement, personne ne s’attendait à la le voir, ou à le retrouver.  C’est celui filmé ici (à droite) en train d’escalader en 2010 l’échelle de coupée du Gulfstream encore bleu et blanc alors.  Cette découverte est la plus sidérante en fait, car elle laisse entrevoir une autre théorie que celle que l’on nous vend manifestement aujourd’hui… Celui-là n’est pas évangéliste, n’éructe pas sur scène pour mettre les gens en transes, ne jette pas sa bouteille d’eau (ici à droite) pour bénir la salle- quel mépris-,  ni de brandit des béquilles à la main pour monter qu’il est capable de miracles, c’est un prêtre, tout simplement.  Mais un prêtre très, très particulier, à vrai dire.  Et ces agissements sont bien pires que ceux que l’on vient ici de décrire !  Il s’appelle en effet Alfredo Mingola,et il est ici à gauche sur la photo avec le couple Tadeu (Jorge et Cristel) monté sur les premiers marches de l’avion (photo gauche ci-desous).  Selon un éditorialiste argentin connu et respecté, Ricardo Ragendorfer, qui a suivi sa trace pendant des années, l’auteur en 1997 de « La Secta Del Gatillo:  la Boanenrense, historia criminel de la provincia de Buenos Aire », (un film sorti en 2001 s’en est inspiré) mais aussi et surtout de « Los doblados: Las infiltraciones del Batallón 601 en la guerrilla argentina »; ce fameux homme en soutane aurait pris le déguisement pour tenter de dissimuler ses actions passées au sein du fameux et terrible Bataillon 601, le corps spécial des services de renseignement de l’armée argentine chargé des sales boulots ordonnés par les sanglants militaires dictateurs alors au pouvoir…  celui qui « coordonnait les assassinats et les disparitions forcées » ou qui était chargé de torturer, placé sous la direction du général Cristino Nicolaides, de sinistre mémoire  !  Terrible découverte !!!

Dans un article saisissant, intitulé « « L’incroyable histoire d’un répresseur,  Mgr Mario Alberto Mingolla: un serviteur du terrorisme d’État », Ricardo Ragendorfer nous décrit en détail la vie incroyable de ce faux prêtre, devenu « haut dignitaire de la soi-disant église orthodoxe biélorusse slave » en fait une sorte de secte créée de toutes pièces en Argentine (je n’entre pas ici dans la subtile distinction entre secte et religion, selon moi, la première étant une seconde ratée, la seconde la première… mais qui réussit).  « La vérité est que sa carrière ecclésiastique a été météorique. Entre cette date et le 18 mai 2008, cet homme a été proclamé premier évêque du credo du pays, il a rejoint son saint Synode, il a assumé l’aumônerie de l’ordre de Bonaria, il a été élevé au rang d’archiéparque et il a obtenu l’évêché. de Milan. Lors de ce voyage, il adopta le nom de Valérian de Silio. Tant de faste dans le sein d’un culte non reconnu par la chancellerie?  Une telle question éclipsait la figure de l’évêque. Était-ce un charlatan de carnaval? Il n’était pas tout à fait possible de rejeter cette présomption. D’autre part, personne n’a imaginé ce que c’était réellement: un répresseur de la dernière dictature militaire. Son nom: Mario Alberto Mingolla Montrezza ».  Un assassin supposé ayant en quelque sorte pris des habits de clown, selon la plume acerbe de Ragendorfer !

C’est la seconde découverte du jour, et elle nécessite un plus long développement je pense, ce qui nous allons faire dès demain, en mettant de côté pour l’instant notre Gulfstream de Zagreb.  Vous allez voir, c’est surtout… très inquiétant !!!  Ce n’est pas en effet tous les jours que l’on découvre ainsi des gens qui ont côtoyé jadis un temps Klaus Barbie !

 

 

(1) on relève cette chose étonnante à son propos :  alors que l’avion qui a servi au transport du kilo de coke trouvé à bord vient tout juste d’être racheté, le bureau de la DEA à Zagreb est ouvert le 16 novembre 2016 (annoncé par un simple Tweet par Julieta Valls Noyes l’ambassadrice en Croatie, nommée en 2015 par Obama, en 2014 elle avait souhaité le bombardement en Syrie des ravitaillements en pétrole de l’EI).  La coïncidence, en elle-même, peut en effet poser question… puisque l’homme visé a commencé à être pisté à partir de la saisie de 2016, justement, dans les Antilles.  En somme on lui a préparé à Zagreb la nasse pour le ferrer, ce gros poisson !

(2) il finira par devenir la Bible sur le fonctionnement des USA depuis l’après seconde guerre mondiale.  Un ouvrage magistral qui explique les errements de la guerre du Viet-Nam, les manipulations extérieures, notamment en Amérique du Sud où la CIA a assassiné, ou fait assassiner à tour de bras des dirigeants qui ne lui plaisaient pas (je pense à Orlando Lettelier notamment, assassiné à Washington même, par une bombe placée sous sa voiture et à l’Operation Condor !) et surtout à l’omnipotence d’un organisme devenu fou et fonctionnant à vide, en dehors de tout contrôle de la présidence, réduite à l’état de marionnette : son plus bel exemplaire étant aujourd’hui au pouvoir !!!  « Puppet Trump » est le sommet de ce phénomène démarré un peu avant l’ère Kennedy, qui a payé cher de s’être mis en travers de ces vues.  Tant que les USA ne font pas totalement la lumière sur l’assassinat de ce président, le phénomène est amené à se poursuivre, hélas.  Pour approcher un peu l’état d’esprit de la période, on peut à nouveau se délecter du film « Les trois jours du Condor » de Sydney Pollack (avec un remarquable Max Van Sydow auprès de Redford, salué récemment en France), qui décrit bien le peu de cas que l’on fait des personnes, à ce stade avancé de la manipulation politique… le film proposant comme scénario de départ une opération prévue de de la CIA sur l’occupation militaire des puits de pétrole au Moyen-Orient comme tache de fond (regardez, c’est en effet clairement cité) !!!  On peut le voir comme prophétique, bien avant l’envahissement de l’Irak, créé de toutes pièces et reposant sur des mensonges flagrants, aujourd’hui on le sait.  David Wise, ce journaliste méticuleux, est récemment décédé, le 9 octobre 2018.  Lorsque l’ouvrage est sorti, la CIA avait envisagé d’en acheter tous les exemplaires imprimés, avant de se raviser, l’éditeur n’étant pas disposé à reculer…  Nota : Lorsque j’a décrit en détail les aventures du jeune Diveroli, et ses livraisons d’armes des dépôts de l’ex union soviétique, c’est devenu ensuite un film, d’ailleurs assez réussi (avec Jonah Hill, remarquable !).  L’histoire de Viktor Bout a été moins bien traitée par Hollywood, malheureusement. Vous avez aujourd’hui avec ce que je vais vous décrire tous les ingrédients d’une prochaine production à coup sûr… avec ce nouveau récit étonnant !

(3) et m’en inquiète beaucoup, sachant qui a propension à tout voir ainsi… j’ai déjà à plusieurs reprises ici affirmé quelle était ma position sur les sujets récurrents de ce monde qui mélange et confond tout: « chemtrail », conquête lunaire, extraterrestres, Zone 51 et Roswell, nazis au pôle, vaccins, etc…  bref tout le petit monde des gens mal informés (ou antisémites) !!!

(4) Le phénomène n’est pas que nigérian, d’autres pays africains sont touchés.  Si certains volent en modèles plus récents (plus grands et plus chers), ces pasteurs se contentent encore de vieux Gulfstream III, tel l’ineffable, jeune et prétendu prophète Sheperd Bushiri venu du Malawi, le fondateur de la « Enlightened Christian Gathering Church » installée à Pretoria. Lui n’a rien trouvé de mieux que d’immatriculer son avion (enfin l’un de ces jets car il en possède trois autres en plus de ses luxueuses voitures !) ZS-VIP, ça ne s’invente pas !!!  Sa rente religieuse, il la tient de prétendre savoir guérir le sida !!! Scandaleux !  Ici un autre exemple de ses « super-pouvoirs » (on se croirait dans un spectacle de Messmer).  Pour ce qui est de payer le kérosène, c’est simple :  il facture 25 000 dollars le repas partagé avec lui !  Mais le vente tourne, il ne semble plus vraiment convaincre désormais:  lors d’un mouvement de foule, dans une de ces messes, récemment, trois femmes étaient mortes écrasées et son équipe s’était empressée de mettre de côté le corps sans même prévenir la police

(5) certains se débrouillent autrement, tel l’actuel président de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara avec son Gulfstream « historique » fourni par une personnalité (décédée depuis) dont je vais aussi vous (re) parler bientôt !!!  Il utilise aussi le N598F….avec ses déplacements tarifiés ici … jugé « inquiétants ».  Le Gulfstream officiel TU-VAF n’étant pas au mieux il semble… à noter qu’il en existait un autre, accidenté en 1988 et reconstruit  avec les ailes du  G-1159B c/n 104 pour devenir N1761W…

(6) dans ce document il s’attribue ici le rétablissement d’un gamin de 4 ans tombé du 7eme état d’un immeuble : « il a été hospitalisé pour des soins intensifs, mais en moins de 15 jours, il a été complètement guéri par le POUVOIR DE DIEU » revendique-t-il… sidérant ! Dans une autre vidéo affligeante, on peut voir que l’argent (liquide) accumulé par la Igresia Mana intéresse bien des gens et des convoitises… avec en 2013 un gang, envoyé par un pasteur lui-même, ayant tenté un raid (armé) contre sa propre église pour la voler…  Un internaute moqueur commente : « la différence est que cette fois il volait sans prévenir les fidèles »…

(7) en ce qui le concerne ce n’est guère reluisant non plus. En 2013, un documentaire bien à charge expliquait ce qui se cachait derrière son expédition au Rwanda pour « aller porter des médicaments », en recrutant Robert Hinkle, comme pilote. En fait de médicaments, Robertson allait surtout, selon le documentaire, visiter la mine de diamants d’African Development Company Ltd., à Kinshasa, la mine elle-même étant à Kamonia. Une concession qui lui avait été offerte par Mobutu ! Il en était tout simplement le  président et seul actionnaire !!!  Dans le film on le voit discuter tranquillement avec Théoneste Bagosora, jugé responsable plus tard du génocide !!!  Selon le pilote, l’avion de Robertson portait sur la queue « Operation Blessing International », une opération qui a effectivement apporté de l’aide sur place, notamment celle de Médecins sans Frontière qui accusa Robertson d’avoir tiré la couverture à lui lors de l’opération.  L’auteur du documentaire fit donc ses excuses aux opérateur d’OBI, mais on avait appris au passage que Robertson possédait bien une mine sur place !  Le gros Lockheed L-1011 P4-MED avait participé en juillet 1995 à l’opération, rebaptisé « The Flying Hospital ». Resté 15 ans sous cocon dans le désert, offert à Global Flight Relief, l’avion a été racheté en 2016 par TriStar History pour être préservé (et non revoler).

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

Coke en Stock (CCX) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (a) ?

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Amnon Weinstein et les « Violons de l’Espoir »

Les « Violons de l’Espoir » sont un ensemble d’instruments à cordes (violons, altos et violoncelles) qui ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.