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Coke en Stock (CCXL) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (a) ?

Reprise ici d’une saga interrompue par la série sur le commerce des armes (1), avec cette fois l’apparition, bien loin de l’Amérique du Sud, d’un événement qui n’est pas sans en rappeler un autre, à savoir l’arrestation de Viktor Bout à Bangkok, piégé par des agents déguisés de la DEA venus lui commander des armes. L’arrestation  récente a eu lieue à Zagreb en Croatie, ce qui n’est pas non plus une surprise, tant depuis longtemps les Balkans (1) figurent dans le collimateur des observateurs attentifs du trafic de drogue côté Europe : on y trouvait en effet là-bas Stjepan Prnjat, surnommé « l’Escobar Croate« , qui a été arrêté le 10 mars 2018 seulement (2).

C’est l’arrestation cette fois d’un caïd colombien amené par pilote de nationalité américaine dans un jet en provenance du Mali, autre nœud primordial du trafic, comme j’ai pu déjà le répéter à plusieurs reprises.  Colombie, Mali, Croatie, voici les trois ingrédients primordiaux de ce qui pourrait ressembler à du déjà vu, en effet, avec l’accusation de tentative d’échanger de la coke contre des missiles, ce qui avait plombé Viktor Bout comme on a pu le voir.  Les circonstances, troublantes, semblant par trop similaires.  On va y ajouter également à cela le tableau de la Guyana, où, là aussi, rappelez-vous, les préparatifs d’une traversée de l’Atlantique par un avion bourré de cocaïne avaient été déjoués… en raison d’un problème technique (3).

Une découverte fondamentale passé inaperçue

Revenons tout d’abord à l’annonce proprement dite, royalement ignorée par les médias français, qui ne semblent pas comprendre à ce jour l’intérêt du sujet, alors qu’elle est peut-être l’une des clés d’un événement à l’origine de cette série qui en est près de 9 ans après à son 240 ème  épisode, je vous le rappelle…une série débutée avec cette image des restes d’un Boeing 727 retrouvé brûlé en plein désert malien, près de Tarkint (le véritable « Air-Cocaïne », ou le premier, le procès de ce qu’on a appelé de la même façon, jetant la confusion, démarrant cette semaine… il promet déjà, en tout cas). Il aura bien fallu ça pour exposer ce qui est bien un trafic tentaculaire, car mondial, de la cocaïne, partie d’Amérique du Sud pour traverser l’Atlantique et arriver sur la côte Ouest de l’Afrique, traverser le Sahel et rejoindre ensuite l’Europe centrale (via l’Italie) et la France, en traversant la Méditerranée.  Cette annonce c’est celle donc de l’arrestation le 31 octobre 2018 de David Cardona, un colombien de 54 ans fraîchement descendu à l’aéroport de Zagreb d’un vieux Gulfstram II, venu directement du…. Mali ! Arrêté, car recherché depuis l’été 2018 par Interpol avec ses complices (sa fiche n’y est plus en tout cas depuis hier).  Mais, dès l’annonce de cette arrestation, les journaux croates ont évoqué un trafic (4) en relation avec une saisie de plus de 600 kilos de cocaïne survenue sur un petit navire, à l’autre bout du monde, le 27 juillet 2018 exactement, dans les « Petites Antilles » sans plus de précisions (il s’agît en fait de la Barbade (5)).  C’est donc par cette première info que l’on va en premier décortiquer ce cas qui pourrait ressembler à un chaînon manquant de l’organisation multi-continents du trafic de cocaïne.  Tout commence à se faire jour, aujourd’hui, il semble bien…

Un bateau pris en remorque

Je vous ai déjà évoqué une partie de l’affaire, dans un épisode précédent.  Celui, désormais bien connu de ce qui a trait à Yupukari, où un gros bimoteur Beechcraft qui s’apprêtait à faire un voyage avait été cloué au sol à cause d’un incident moteur et découvert abandonné dissimulé sous des branchages.  Ça se passait en effet au Guyana, relais important de la drogue venue de Colombie ou du Venezuela, avant d’être dispatchée vers les Antilles, le Mexique, le Honduras ou Belize ou même parfois directement vers l’Europe. En juin 2017, à la surprise générale, le responsable guyanais de la lutte anti-drogue, James Singh, s’était vu contraint de démissionner sous pression américaine, au prétexte d’un ratage monumental, celui d’avoir fouillé un navire sans trouver dedans de la drogue, trouvée elle par les garde-côtes US.  Le phénomène en prime s’était doublé d’un autre du même genre, mais   avec interception cette fois du contenu, puisque le 16 février 2017, un autre navire, « le Lady Michelle  avec quatre  marins Guyanais à bord (Mark Williams, Neville Jeffrey, Richard La Cruz et le capitaine Mohammed Nazim Hosein) avait été intercepté dans les eaux internationales, par les autorités des États-Unis et de Trinité et Tobago, et le navire garde-côtes Joseph Napier, (un navire rapide tout récent, d’un nouveau type (6), ici à droite, lors de sa mise en service en 2016 à Porto-Rico), une interception à 115 miles au nord de Paramaribo, au Suriname. Il y avait 4,2 tonnes de cocaïne à son bord (en 185 paquets, valant 128 millions de dollars en tout !)), la plus importante saisie depuis 20 ans » avais-je alors-dit.  C’est la taille du trafic qui avait alors  un peu sidéré les responsables de la lutte anti-drogue US, habitués pourtant à de belles saisies en mer. J’avais aussi précisé « qu’un trafiquant de drogue arrêté et emprisonné Barry Dataram (alias « Mogotani », condamné récemment à 4 ans de prison en 2016), avait déjà fait part de l’étrange et relative  « inactivité » de James Singh  au sein du Canu. Remarquez, d’avoir été responsable de la lutte anti-drogue dans un pays où le président a été condamné jadis pour trafic de coke n’a pas dû être chose aisée… Khemraj Ramjattan avait portant hésité un temps à le reprendre à son service… l’ancien président Donald Ramotar étant venu aussi à son secours (7) !!! En novembre 2013, il faut le rappeler on avait retrouvé 21 ballots de coke guyanaise (pour 50 millions de dollars !) dans l’Atiyah, (Ex-Alisam) un petit bateau de pêche avec des marins guyanais retrouvé à Accra… au Ghana, sur la côte ouest africaine !!! Verdict : 34 ans de prison pour les 3 guyanais ! ». Les marins cités étant le capitaine Ronald O’Neil Miller(guyanais) Premchand Singh (guyanais, comme Percival Junior Curt ), Ghanian Seth Grant, un guyanais installé au Brésil, mais aussi un australien, Samuel Monty. Lors de son procès, le capitaine âgé de 55 ans, condamné à 35 ans de prison, avait déclaré avoir eu un antécédent « il y a 18 ans pour avoir transporté de la cocaïne, qui l’avait conduit dans une prison néerlandaise pendant un an ». Bref un récidiviste, qui avait accepté d’effectuer la traversée risquée de plusieurs centaines de millions de dollars pour… quelques 7 000 dollars seulement !  C’était aussi Ricardo Ramirez le propriétaire du bateau intercepté puis relâché après a voir été fouillé. La remise en liberté du navire avant été fait sur ordre du président David Granger en personne après consultation du ministre de la sécurité, Khemraj Ramjattan, selon Singh, laissant entendre une collusion au plus haut niveau de l’Etat !!! A noter que peu de temps après que le bateau « vide » ait été libéré, le beau-frère de Ramirez, appelé Khemraj, avait été retrouvé criblé de balles, le 3 octobre 2017, dans le port de Kaituma, d’où le bateau était parti : avait-on fait de lui un dénonciateur, sur lequel on s’était vengé ? Ou plutôt sur lequel l’organisateur du trafic s’était vengé… A droite un garde-côtes US le Cutter, en train d’arraisonner un semi-submersible  devant les côtes de la République Dominicaine.  Car entre temps, un autre navire a été intercepté par les garde-côtes US, mais cette fois beaucoup plus facilement, car il avait été pisté dès sa sortie du port de de Kaituma au Guyana. Et à nouveau un petit bateau appartenant à Ramirez !  En septembre 2013, déjà, un petit bateau, le Miss Tiffany, n’était pas allé très loin après avoir été repéré et avoir jeté à la mer 55 balles de coton contenant de la coke. Un avion, puis un hélicoptère avaient alerté le Wave Knight,un ravitailleur récent pour l’arraisonner (vu aussi ici récemment). On avait décompté ce jour-là 1 300 kilos de coke valant 6,4 millions de livres. Le phénomène durait depuis des années, donc !!!

Le récit de la capture : fabrication par la DEA de la nasse pour les cueillir

Le 14 novembre 2018, tout s’éclaire en effet d’un coup avec un raid effectué sur diverses propriétés appartenant à Lowell qui conduisent à son inculpation aux USA où il se retrouve aussitôt en attente d’extradition. Le grand jury mis en place pour le juger est déjà prêt, car la DEA a déroulé depuis tout le récit de ses activités, dont la fameuse saisie de plus d’une demie-tonne de cocaïne dans le bateau déjà cité. Tout y est, en particulier la liaison prévue plus tard avec l’Afrique : « Lovell a été accusé d’avoir conspiré avec d’autres personnes pour expédier 600 kilogrammes de cocaïne aux Pays-Bas via les Açores, selon une enquête. Pour les enquêteurs américains, les choses ont été planifiées et en partie financées par des fonds blanchis provenant d’Afrique du Sud » (il ne manquerait plus que l’on retombe sur Lanseria, fief des trafics d’avions d’une bonne partie de l’Afrique, où l’on a retrouvé des avions fort intéressants dont je dois vous parler bientôt en effet !!!). « Lovell et plusieurs autres trafiquants présumés se sont rencontrés au Guyana et à la Jamaïque pour planifier l’envoi. vers le 5 juin 2018, Lovell aurait rencontré deux co-conspirateurs dans une résidence de Montego Bay, en Jamaïque. Lovell et deux autres accusés sont toujours détenus par les autorités jamaïcaines après leur arrestation, fin octobre 2018. La source a déclaré qu’ils seraient extradés vers le procès après l’achèvement des « procédures administratives ». Tout a été en effet pisté par les agents fédéraux US, à partir de la prise en mer, fin juillet 2018 à la Barbade (et des renseignements de Singh, à l’évidence) : « Jeffrey Stratton, agent de la Drug Enforcement Administration (DEA) aux États-Unis, a déclaré que la cocaïne avait été trouvée à bord d’un navire apatride dans les eaux internationales, à 350 milles des côtes de Diamond Valley, à la Barbade, le 27 juillet 2018, après que Lovell et d’autres conspirateurs eurent planifié l’envoi, 2018. La DEA a déclaré que l’infraction qui aurait été commise à bord d’un navire relevant de la juridiction de les États-Unis, citent Lovell pour avoir délibérément et intentionnellement distribué et détenu avec l’intention de distribuer une substance contrôlée ».

Un transvasement puis un largage en eaux anglaises prévus

Le témoignage de l’agent faisant le récit d’un long voyage à entreprendre : « pendant son voyage de 12 à 15 jours vers les îles des Açores, où la cocaïne devait être transférée sur un navire de pêche pour un voyage de 10 jours aux Pays-Bas, le navire a été intercepté dans les eaux internationales au large de la Barbade par des agents de la garde côtière des États-Unis ». L’histoire du transvasement d’un bateau à l’autre pour remonter vers l’Europe étant une première dans le genre, il me semble. Mais avant, il fallait rejoindre les Açores, d’où cet excès apparent de vivres à bord qui a tout de suite intrigué les enquêteurs … « L’équipe d’embarquement a également constaté que ce qui semblait être basé sur leur formation et leur expérience, il  avait un excès de quantité de carburant à bord du navire; et une offre excessive de rations, qui, selon leur formation et leur expérience, indiquait que les passagers du navire avaient l’intention de fournir de la carburant et des rations supplémentaires aux autres navires. Les membres de l’équipe d’embarquement ont observé des matelas dans la zone de repos de l’équipage du navire. Au-dessous des matelas et des planches de bois sous ces matelas, l’équipe d’embarquement a localisé des balles ou gros paquets enveloppés dans du plastique vert et transparent et emballés dans des sacs polochons qui semblaient contenir des stupéfiants en fonction de leur formation et de leur expérience. Deux échantillons provenant du terrain de balles ont été testés positifs pour la présence de cocaïne. L’équipe d’embarquement a récupéré environ 16 gros sacs polochons dans le navire, contenant chacun 8 balles. Au total, le contenu des balles pesait environ 624 kilogrammes. L’équipe d’embarquement a également récupéré un chargeur contenant environ 30 cartouches de munitions « , a déclaré l’agent de la DEA dans sa plainte ».  Le dossier de la saisie a donc en fait complètement confirmé la thèse de Singh d’un transvasement prévu de coke en haute mer : « selon la plainte, le co-conspirateur N°1 a déclaré que son navire aurait rencontré la cocaïne de Lovell et du co-conspirateur N°2 à environ 300 milles au large des côtes de la Guyane et du Suriname, puis a continué jusqu’au lieu de transfert le 25 juillet 2018. Le capitaine du navire venait du Venezuela ».  Ceci pour la première partie du chemin, la seconde étant prévue vers l’Europe cette fois : « une des sources de la DEA a rapporté le 25 juillet 2018 que le navire appartenant au premier co-conspirateur allait récupérer la cocaïne de lui et du quatrième conspirateur à environ 500 milles de Trinité-et-Tobago, et déposerait cette cocaïne entre les îles des Açores et l’Irlande. Le bateau devait livrer la cocaïne à un bateau de pêche au large des côtes d’Irlande pour le transborder aux Pays-Bas ».
Ce procédé est connu, le bateau laissant ses balles liées à des bouées équipées d’un GPS , récupérées ensuite par les pêcheurs.  Ici à droite le 18 février dernier, un bateau des garde-côtes irlandais est photographié en train de récupérer des balles de cocaïne tombées en mer au large de West Cork.  Quatre jeunes anglais à bord d’un bateau gonflable venaient de récupérer les balles larguées par un cargo quand leur embarcation a chaviré, deux étant retrouvés noyés.  Le 10 févier 2017, un autre chargement de ce type s’était échoué sur les côtes anglaises de Norfolk, (côté Ouest donc) des sacs de sports neufs attachés ) des bidons vides bien visibles leur servant de flotteurs  cette fois contenant pour 360 kilos de cocaïne, pour plus de 50 millions de livres sterling, abandonnés et rejetés par la marée...  (ici à droite et à gauche).  En 2018 la BBC ressortait un étonnant reportage sur un supposé cas de transfert de drogues via bateau de pêche de l’île de Wight, pour lequel cinq pécheurs du chalutier Galwad-Y-Mor avaient hérité de 104 années au total de prison… remettant en cause l’enquête, visiblement un peu rapidement conclue par la police sur le fait que le chalutier s’était « approché » d’un cargo le 29 mai 2010.  C’est cette fois l’énorme cargo brésilien MSC Oriane (vu ici en juin 2013 au Bahamas) qui s’était délesté en mer de son chargement de cocaïne.  Onze sacs de sport gris (de marque Montana) avaient été aperçus plus tard par les marins, tous attachés à des bouées.  Les marins avaient bien dit voir vu la bouée et les sacs qui flottaient, mais selon eux n’étaient en rien impliqués dans le trafic…ils avaient plaidé la navigation qui les avait amenés là par hasard, en suivant le banc de poissons à pêcher. Les sacs n’avaient pas été retrouvés à bord mais le 30 mai en baie de Freshwater.  Le chalutier depuis, pourrit à Southampton… un nouveau en acier semble l’avoir remplacé dès 2013. Le procédé consistant à laisser des paquets de coke accrochés à une bouée bien localisée est devenu universel : en novembre 2018, un garde-côtes US (le Thetis, N°910) en avait retrouvé 800 kilos, liés à deux bouées par des cordage dans lesquels une tortue de mer trop curieuse s’était fait prendre au piège En deux mois le Thetis avait glané 6,7 tonnes de cocaïne !  Plus « ordinairement », en juillet 2016, plus de 3 tonnes de cocaïne avaient été trouvées à bord du vieux remorqueur  MV Hamal, arrêté « à 100 miles d’Aberdeen » par le HMC Valiant (encore un modèle de chez Damen !) et le destroyer HMS Somerset . Un « tuyau » des narcotiques français avait indiqué aux anglais que le navire ayant quitté la Turquie, arborant pavillon tanzanien, avait fait une escale bien suspicieuse… au Guyana, à l’autre bout de l’Atlantique, pour le traverser à nouveau dans l’autre sens !!!  La coke était profondément dissimulée dans ses ballasts, il avait fallu y aller au chalumeau pour découvrir les 128 paquets de 25 kg chacun recouverts de sacs plastiques ! Il y en avait pour 512 millions de livres (584 millions d’euros) !

Et une possibilité prévue d’apporter directement la drogue au Sahara !

Mais le dossier ouvert nous mène bien plus loin encore, avec une indication de taille.  Celle d’un plan B conduisant… sur la côte africaine… « Selon la plainte, les conspirateurs avaient mis en place des plans d’urgence pour la cocaïne à recevoir par le quatrième co-conspirateur à Bir Ganduz, sur la côte du Sahara occidental, avec l’aide des « Touaregs » s’il existait des avions pour y attendre les bateaux ».  Bir Gandouz, pour la première fois nommée étant une localité très au sud du Maroc et très proche de la Mauritanie : voilà qui nous ramène aux épisodes des « nouveaux Mermoz de l’Atlantique », presque dix ans plus tard  :  c’est à peine à 120 km à vol d’oiseau de Nouadhibou !!!  Un des vieux fiefs du Front Polisario honni par le pouvoir marocain… et activement soutenu par l’Algérie, dont les échos bruissent désormais d’un intense trafic de cocaïne remontant au plus hauts arcanes du pouvoir… ce dont je vous ai aussi parlé, déjà, ailleurs, en cinq épisodes (8).  Là-bas, à Bir Ganduz, aucune piste pour recevor des avions… mais une longue route bitumée (ici à droite) qui n’aurait pas du rebuter nos trafiquants…. ces acrobates du ciel comme on le sait.

Reconversion en roi de l’hôtellerie d’un tueur soupçonné

Shervington Lowell, arrêté en Jamaïque à sa descente d’avion au Norman-Manley International Airport, sur un vol régulier de Fly Jamaica, s’était fait facilement pister en raison de ses curieux et bien voyants investissements : il avait blanchi ses énormes gains cumulés du trafic de drogue dans l’hôtellerie : « c’est par l’intermédiaire de la société S & S Mining que Shervington et son frère Shawn ont acheté l’hôtel Tower Suites en 2015 au prix coûtant de 766 millions de dollars et ont entrepris des travaux de rénovation majeurs. Trois ans plus tard, en 2018, il a pu ouvrir le Leisure Inn Hotel à Berbice, dont le prix était d’environ 450 millions de dollars ». Lowell, est également le propriétaire du Leisure Inn Hotel, situé à New Amsterdam. Des hôtels où il n’apparaissait pas, étant gérés par « l’Operation’s Manager » Chandrika Hemraj. L’hôtel Tower Suites (cf à droite ici), d’une valeur de 766 millions de dollars avait été saisi depuis par la banque à la suite d’une rénovation à crédit jamais effectuée (mais encaissée).  Il avait appartenu auparavant à un groupe canadien Panther Recycling Corporation dirigé par Mike Mosgrove. La propre maire de Georgetown, Patricia Chase-Green était venue couper le ruban rouge de la réouverture. C’est une étrange histoire, car en 2014 le même hôtel appartenant alors à  Salim Azeez, copropriétaire avec un businessman américain (James Manbahal) et deux guyanais, (Bharti Persaud Misir et Varendra Shiwratan) avait déjà dû mettre la clé sous la porte et virer tous ses employés, impayés depuis des mois. Les suites de règlements de comptes entre mafieux.  En juin 2012, la villa personnelle de Salim Azeez avait été retrouvée totalement incendiée.  Azizz, on l’a vu aussi, détenait les New Line Aqua Farms, des fermes aquatiques d’élevage de poison qui lui servaient de paravent au trafic de drogue, sur le modèle créé par le trafiquant (français) Walter Amegan (toujours en fuite) et découvert au Sénégal…  Dans la ferme aquatique, celui qui la régissait s’appelait Seenarine Mathura, qui avait racheté l’hôtel après sa fermeture… acheté en sous-marin pour S&S Mining, dont le directeur était… Shawn Lovell, le frère de l’autre !  Le Leisure Inn Hotel (ici à gauche), lui, valant 450 millions avait ouvert en juillet 2018, avec comme responsable une dénommée Kesha Phillips qui se révélera être la propre femme de Shervington Howell (là aussi avec une cérémonie et la présence de politiques locaux dont Winifred Haywood la maire de New Amsterdam, venue pour couper le ruban). !!!

Des Mormons pour inaugurer l’hôtel ?

Evénement particulier dont on notera plus tard l’importance, lorsqu’en juin 2017 on avait annoncé la réouverture « rénovée » du Tower Suites, les premiers à s’en servir pour y tenir une convention étaient, surprise, des Adventistes des Saints des Derniers jours, pour leur première convention bi-annuelle en Guyana, selon le magazine StarBroek. Une clientèle pas vraiment réputée pour faire la fête… pourtant !!! Il est vrai que le président Ramotar avait en 2015 salué ces mêmes Adventistes pour leurs efforts pour « maintenir la paix dans le pays« … le 19 mars, il avait également « assisté à un service spécial de célébration religieuse ans une église Adventiste du Septième Jour dans la ville capitale Georgetown » et le  27 mars 2018, il avait lui-même lancé le camp de scouts au Creek Loo Campsite, Linden Highway (ci-dessous à gauche). Voilà un président bien proche des saints des derniers jours… et de ses armées de fidèles, futurs votants !!!  En Guyana, Global Missions Inc, un des organismes des Adventistes Mormons annonce  5 églises en Guyana :  à Georgetown, Moruca, Port Kaituma, Thomas Hill à Wauna. Etait-ce la présence d’une piscine (ici à droite) si chère aux baptêmes des adventistes, ces chrétiens du III eme type qui font le sabbat et des gens très organisés, qui avait emporté leur adhésion ? Mais que venaient donc faire ces religieux d’un type particulier, disons, dans cet endroit ? Surtout que l’on se souvient aussi de leur addiction pour d’autres choses moins recommandables… et de grands utilisateurs de vieux Gulfstream  (9) ???  Savaient-il alors, eux si à cheval sur les principes de vie, que le patron de l’hôtel avait un temps été recherché pour soupçons d’assassinats ? En 2010, à la suite d’exécutions en série pendant 5 semaines de suite, la police l’avait en effet interrogé, après avoir affiché sur les murs sa photo comme homme recherche … mais sans succès (les mauvaise langues locales disant plutôt sans trop d’efforts de la part de la police !).  Six hommes avaient été abattus en un premier temps, qui selon la police auraient tous travaillé « pour le même homme »; les deux derniers tués par la même arme. Le 4 septembre 2010, 5 autres encre étaient mortes, dont une femme de 23 ans et son fils de 3 ans, retrouvés criblés de balles. Les trois autres, Steve Jupiter, Christopher Gordon et Sherwin Jerome semblaient avoir été eux aussi avoir exécutés, pour ne pas avoir respecté un contrat de transfert de drogue selon ce qu’on avait pu savoir. Dans, tous les cas, on avait pointé comme possible commanditaire… Shervington Lovell, relâché faute de preuves (ou bénéficiant de solides soutien en haut lieu) !

Le récit de l’opération de surveillance de la DEA

A partir de la saisie des premiers kilos de coke 2017, les activités suspectes de Shervington Lovell, avaient donc été dès lors suivies de près par les américains, ou plutôt au départ celles du petit bateau de bois de transvasement, celui appartenant à son collègue Ramirez (ici à droite, Lovell possédait aussi un autre bateau, le Shiva Hope, avec lequel il aurait aussi effectuées des convoyages de drogue entre la Jamaïque et Saint-Martin.). Une surveillance active avait donc été mise en place, qui avait suivi à partir de la mi-2017 l’équipe dans ses multiples déplacements, notamment par des vols réguliers les menant dans d’autre pays, nourrissant chez les inspecteurs US le soupçon d’une grosse opération en cours pour l’année 2018 à venir. L’ambassadeur US Perry Holloway l’avouera en effet le 7 décembre 2018 : l’équipe était sous surveillance de la DEA « depuis plusieurs années » même, selon lui.  Voire, pour cette même DEA, d’être tentée par une infiltration, tant les détails révélés aujourd’hui par elle sont saisissants. Visiblement on a effectivement enregistré ou filmé les réunions des préparatifs, comme à l’habitude d’une filature du FBI, les conspirateurs se grillant alors irrémédiablement sans s’en rendre compte. Les scènes décrites faisant beaucoup penser au piégeage de Victor Bout amené en Espagne pour discuter de l’envoi d’armes des Farcs par des agents déguisés. « Selon Stratton, vers le 18 avril (2018 donc), deux des accusés ont rencontré Lovell et deux autres conspirateurs non désignés comme accusés dans un hôtel de Georgetown, en Guyane. D’après les enregistrements de la réunion, le groupe a discuté de l’envoi d’une cargaison d’environ 400 kilogrammes de cocaïne aux Pays-Bas » (on en saisira 624 au total) « pour laquelle l’un des accusés a déclaré qu’il assurerait le transport. C’est lors de cette réunion que Lovell aurait prétendu qu’il cherchait un moyen de récupérer ses revenus après la vente de la cocaïne aux Pays-Bas puisqu’il avait précédemment blanchi de l’argent aux États-Unis et au Canada, mais jamais aux Pays-Bas ». Un premier aveu qui le perdra, pour sûr lors de son procès. « Le 5 juin, une autre réunion a eu lieu dans une résidence de Montego Bay, en Jamaïque, où des discussions sur le transport de la drogue aux Pays-Bas ont eu lieu. Ils ont tous convenu de fournir une partie des quelque 400 000 dollars américains pour le transbordement des médicaments. L’un des accusés a déclaré qu’il aurait acheté pour trois mois de rations pour le voyage » (une partie en avait été rétribué en effet comme on l’a vu). « En l’absence de Lovell (ici à droite), les accusés se sont réunis à Georgetown le 23 juin, au cours desquels ont été relevées les coordonnées auxquelles le bateau devait amener la cocaïne jusqu’au navire de transbordement. Le navire devait être chargé de la cocaïne appartenant prétendument à Lovell et à une autre personne. Puis, le 5 juillet, Lovell et les autres se sont rencontrés en Guyane, où les accusés ont accepté de payer à l’un des co-conspirateurs 100 000 USD ainsi que 25 kilogrammes de cocaïne en contrepartie de l’expédition de cocaïne. Ils ont fourni 45 000 USD en espèces lors de cette réunion. Une autre réunion a eu lieu le même jour dans une chambre d’hôtel et des plans ont également été fixés pour l’envoi prochain de cocaïne aux Pays-Bas ». Reste une dernière réunion, qui a lieu chez… l’expéditeur , à savoir en Colombie. « Une réunion a eu lieu le 16 juillet en Colombie, mais Lovell était absent. Des discussions ont eu lieu sur leurs plans. L’un des co-conspirateurs a versé 295 000 USD en paiement de l’opération et il a été révélé que cette somme avait été blanchie en provenance d’Afrique du Sud. Il était prévu que le navire récupère la cocaïne de la petite embarcation située à 500 milles de Trinité-et-Tobago » (la première île au nord du Venezuela). « Le navire a appareillé le 19 juillet, mais huit jours plus tard, le 27 juillet, un bateau des garde-côtes américains l’a intercepté à proximité de la Barbade. Le navire n’affichait aucune nationalité par pavillon ou autrement. Lorsque la Garde côtière s’est approchée du navire, un passager s’est présenté comme le «capitaine» du navire. Il a ensuite été identifié comme un ressortissant vénézuélien ayant assisté aux réunions. Une grande quantité de carburant a été trouvée sur le bateau ». Bref, le piège venait de se refermer !

Des bateaux remplis de coke à un avion très particulier

Deux autres complices savaient été arrêtés en même temps que lui, il s’agit de Ricardo Ramirez, déjà cité, un colombien, et Steven Antonius originaire du Suriname. A la mi-novembre, alors qu’on s’achemine vers l’extraction aux USA du principal inculpé, la presse lâche d’autres noms : « ce n’est pas clair si Lovell, qui est également propriétaire du Leisure Inn Hotel à New Amsterdam, a déjà été extradé aux États-Unis, mais il a maintenant été inculpé de complot en vue de violer la loi antidrogue ( Maritime Drug Enforcement Law). Il a été inculpé avec David Cardona-Cardona, Jean-Claude Okongo Landji, Jibril Adamu, Agremiro Zapata-Castro et Steven Antonius. Alors que Lovell fait face à une seule accusation, ses coaccusés font également face à plusieurs autres accusations, dont la distribution de cocaïne aux États-Unis à l’aide d’un avion et la possession d’une arme à feu ». Tiens voilà qu’un avion est maintenant cité !!!  Un autre journal écrivant que l’on soupçonne également « que l’hôtelier est lié à l’un des avions illégaux découverts à l’intérieur entre 2014 et 2016″. « Ces avions soupçonnés venaient de Colombie » (ah tiens, on aurait retrouvé le commanditaire de Xochil S. Figueroa et Adriel Acevedo, de l’entreprise Yeli !!!).  Selon la presse de langue néerlandaise « Le trio est soupçonné, entre autres, de la contrebande de 624 kilos de cocaïne via les Açores vers les Pays-Bas. Le Colombien est considéré comme le pivot dans l’ensemble, car il assure la coordination de la distribution de cocaïne dans la région ainsi que du Suriname via des bateaux et des semi-submersibles. Antonius serait l’homme qui s’occupait des affaires locales pour lui, entre autres choses, de la collecte d’argent. On dit qu’aucun des trois suspects ne s’est opposé à leur extradition ». 

L’échappée

Pas de traces alors des autres co-accusés, échappés fissa du pays, un mandat d’arrêt d’Interpol aux fesses, dès l’annonce du début des arrestations, mais sans se faire bêtement prendre comme leur maladroit leader à sa descente d’avion de Jamaïque.  Envolés bien plus loin, en réalité, comme on va le voir.  Et pas par un vol régulier, car parmi la liste de ces fameux co-inculpés, il y a un pilote chevronné, tiens, quel hasard, pour un groupe que l’on soupçonne d’avoir effectué des atterrissages illicites en Guyana ou au Suriname.  C’est Jean-Claude Okongo Landji, qui, lui, est… américain.  Et avec celui-là, l’affaire déjà bien passionnante va prendre une toute autre dimension à vrai dire, comme on va le voir dès demain … retour à notre point de départ de l’article, et en même temps, partons donc en déjà direction Zagreb, ou un vieux Grumman II nous attend avec impatience, coincé dans la brume croate…

(1) Il manque encore quelques épisodes à paraître au delà du N°64 – le N°239 du total- à propos du Paraguay, pour clore le sujet, un endroit où l’on peut trouver encore aujourd’hui mis en vente un avion – via un prête-nom – similaire à celui dans lequel est disparu Emilio Sala et dont le propriétaire est une des autres clés de ce réseau pantagruélique comme on va bientôt le voir ici-même. L’homme tente aujourd’hui de vendre un vieux bimoteur, décrit ici-même dans notre épisode CCXXXVIII (= 238).  Je vous en reparle très bientôt… bien entendu !

(2) j’avais décrit dès 2011 les liens entre la production de cocaïne bolivienne et la mafia serbe, organisée autour du clan Klan Zemun, celui responsable du meurtre de Zoran Djindjic, Opposant politique de Slobodan Milošević, mort assassiné le à Belgrade, d’un tir en plein cœur effectué à distance par un sniper équipé d’un fusil d’assaut à lunette Hekler & Koch G3 de calibre .308.). A l’époque déjà, armes et drogue étaient en relation étroite;: « Darko Šarić et son complice Goran Soković avait démontré par l’exemple que les armes et la drogue étaient liés, les deux ayant été découverts en abondance chez eux (le troisième larron étant Željko Vujanovic). Pour les seules armes, on peut relire ceci.

3) la série est lisible ici :

Coke en stock (CXXIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (1) ?

les numéros suivants sont les CXXIVCXXVCXXVI, CXXVII, CXXVIII, CXXIX; Ci-dessous ce qu’on y avait trouvé à Yupuraki :

 

(4) Ici décrit dans Total Croatia News : « au début de 2017, les autorités douanières ont découvert un certain nombre de conteneurs soupçonnés d’être utilisés pour le trafic de drogue lors du profilage régulier des conteneurs dans le port de Rijeka. En raison de l’activité criminelle généralisée des groupes en Europe et des liens illégaux étroits existant entre les membres de la cellule criminelle croate qui fait partie du « cartel des Balkans » et du « cartel colombien », qui opère dans plusieurs pays d’Amérique latine, Les autorités croates ont eu recours au mécanisme d’assistance judiciaire internationale et à la coopération policière internationale pour étendre l’enquête pénale à plusieurs pays. En collaboration avec la DEA et la police nationale colombienne, un conteneur a été détecté au Panama. Le conteneur contenait des débris de métal servant de couverture à une quantité importante de cocaïne censée être introduite en contrebande en Europe. Le porte-conteneurs commercial est arrivé dans le port de Rijeka le 3 mars. La police et les agents des douanes ont fouillé le conteneur au cours des deux prochains jours. Ils ont trouvé 100 kilogrammes de cocaïne emballés dans 100 emballages rectangulaires scellés avec du caoutchouc et du ruban adhésif autocollant dans des creux en acier spécialement préparés à cet effet. La cocaïne était hermétiquement fermée et recouverte de plomb et de laine de verre ».  Le cargo avait été intercepté et examiné à Malte, le container étant destiné à Zagreb, via Algeciras, en provenance du Panama.

(5) les Antilles (iles caraïtes) comprennent le chapelet d’îles allant de Trinidad et Tobago proche du Venezuela jusqu’aux Bahamas au nord. La Barbade est la plus à l’Ouest de toutes :

(6) Pour tout savoir sur la série des garde-côtes de type Napier :

https://media.defense.gov/2018/Apr/11/2001901927/-1/-1/0/FLYNN_SENTINEL-CLASS-FRC-2018.PDF

– Il y en a plus de 52 de prévus pour les USA, dont la livraison devait s’étendre jusqu’après 2021. Ils sont construits là-bas sous licence par Bollinger SY à Lockport en Louisiane. Tous ont pour modèle le  Damen Stan Patrol 4708, (40 mètres sur 8 au départ) un modèle de design hollandais de 42 m de long, simple mais fort réussi, construit aussi pour l’Afrique du Sud, et d’autres pays comme la Bulgarie ou le Honduras et le Vietnam (ou le Venezuela !), l’Equateur, ou encore les Bahamas, auquel a été jouté aux USA une rampe arrière pour descendre un canot gonflable rigide de 7,9 m de long. Dans les années 90, il avait fait ses preuves avec sa proue étroite (« axe bow ») dans les Antilles Hollandaises, d’où son succès dans le secteur du Golfe du Mexique aujourd’hui encore. La propulsion est assurée par deux moteurs de 4300KW, des valeurs sûres comme le sont les Caterpillar 3516B TA-HD. C’est une des plus belles réussites navales de ces 30 dernières années !

(7) il avait déjà été prié de quitter ses responsabilités en 2015 après plusieurs fiascos, dont celui de la découverte de 286 kilos de coke dissimulés dans un container réfrigéré de crevettes surgelées découvert au terminal Hook du port de Guyana.  On le voit ici en veste claire  en train d’inspecter avec son supérieur le ministre Clement Rohee (pas à l’abri lui-même dans ce pays !) un des semi-submersibles trouvé au large des côtes. « Un engin construit au Guyana même » , selon le ministre dont on allait bientôt découvrir les successeurs... fabriqués à Saramacca, au Suriname ! Selon France-Guyane du 10 Septembre 2018 ces sous-marins changeaient la donne, la drogue transitant avant par le Brésil et Belem  : « La déviation de la route des narcotrafiquants se confirme. La semaine dernière, France-Guyane révélait une arrestation survenue au Portugal qui laissait supposer que les mules et les trafiquants passaient dorénavant par le Brésil pour rejoindre le Portugal. Une piste confirmée une fois de plus mardi, alors que la police fédérale du Brésil, avec le soutien de la marine, a intercepté 600 kilos de cocaïne, entre les municipalités de Afuá et de Chaves, situées sur l’île de Marajó.  Quatre personnes ont été arrêtées et deux navires ont été saisis, dont l’un transportant la cargaison de 600 kilos de cocaïne. Selon les premiers éléments de l’enquête, la drogue venait du Suriname et avait Bélem pour destination. Au total, une soixantaine de militaires ont participé à cette opération. La semaine dernière, un Néerlandais en provenance du Suriname a également été interpellé par la police fédérale brésilienne. Une arrestation survenue après l’interception de 1 558 kilos de cocaïne dans un entrepôt à Belém. La police fédérale pense que les deux affaires sont liées car il s’agit d’un même emballage utilisé et d’une qualité égale ».

(8) la saga est ici :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-1-129361

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-2-129431

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-3-129411

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-4-129487

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-5-129536

(9) les affaires n’ont pas l’air d’avoir été fort florissantes pour le propriétaire mormon du Hawker découvert en pièces détachées en pleine mer : son modèle N88LN (ici à droite), désormais inscrit chez « 4141TR LLC » un divisions de Strong Tower Services, LLC, un autre Trustee qui autorise des non-américains à transférer l’immatriculation en « N » chez eux, a été proposé un temps sur eBay à 44 900 dollars, mais il n’est pas parti (une seule offre, qui a été refusée par le propriétaire !), et il a été proposé ailleurs à… 15 000 sur CWSAMS (Asset Management and Sales), le « prime contractor for U.S. Treasury Seized Real Estate program » à savoir les offres de vente de produits saisis pour impayé fonciers…. (mais aussi en vertu « de l’application de la législation sur l’immigration et les douanes, et les services secrets américains« ). Mais, là encore, il n’a pas trouvé preneur et il a commencé à être démantelé en novembre dernier comme on peut le voir ici, avec pour commencer les réacteurs… sur le Fort Lauderdale Executive Airport, où il était depuis stocké consigné par la police.  Le voilà réduit au poids de la ferraille !!!  Il est vrai aussi que le 1er décembre 2016 il s’était pris un des phares d’atterrissage de bout de piste… Le N721CN est passé chez Agathonicos Prambrokis Heritage qui tente toujours de le vendre à 199 000 dollars, ce qu’il n’est pas sûr d’atteindre non plus. La société semble avoir été créée que pour cela, car elle ne pointe vers rien d’autre. Il date de 1997, a donc dépassé les 40 ans, ses réacteurs sont trop bruyants et crachent trop de fumée… on peut dire la même chose du modèle N721CN, lui aussi stocké à Fort Lauderdale, et lui aussi rendu sur place par un sticker bien visible des US Marshall. Voilà qui sent le roussi… pour notre Mormon.  Surprise de plus, pour le N88LN, on l’a parqué juste à côté du N335VB, un des deux Westwind appartenant à Khamraj Lall, condamné pour trafic de drogue… au Guyana !!!  Un voisinage qui semble en dire long… les deux articles consacrés au phénomène sont lisibles ici :

Coke en stock (C) : et si c’était des mormons ?

Coke en stock (CXVII): les mormons… encore, et la découverte d’un véritable consortium international de contrebandiers

Nota : le document de la BBC sur le cas des marins anglais (à ce jour seul le plus jeune est sorti de prison) : 7 ans de sa vie perdu, déjà, il n’avait que 19 ans lors des faits. Le problème relève par la police étant la présence à bord d’un ressortissant étranger, immigrant sans carte de séjour arrivé des Balkans, appelé Zoran Dresic (il s’était inscrit sous le nom de « Veljko Protic »). Pour le juge anglais, de nombreux appels téléphoniques faits par lui ce soir-là étaient la preuve de son implication dans le trafic de drogue…

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