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Coke en stock (CCXCI): l’invasion du Yucatan

Au Mexique, deux états particuliers retiennent l’attention pour la réception des avions venus de l’est et de l’Atlantique : le Quintana Roo et le Campeche, situés tous les deux dans le Yucatan, à son extrémité Est, le second étant orienté vers le golfe du Mexique. Un troisième également, est celui qui sert d’école de vol à de vraies têtes brûlées (déjà évoquées ici rapidement) et sur lequel on va revenir via un exemple fort particulier qui a retenu notre attention. Pour les deux premiers, comme pour le Guatemala et le Belize, cela fait deux ans que ça ne s’arrête plus : toutes les semaines ou presque, un appareil s’y pose ou s’y écrase (il viennent de loin et sont bourrés d’essence, on le rappelle) pour y amener la cocaïne du Venezuela, qui l’a lui-même reçu de Colombie. C’est là encore une longue litanie, avec une augmentation sensible ces derniers mois de la charge emportée, et donc aussi du type d’avion.

L’ancêtre des vols actuels dans le Campeche

Honneur au grand ancien oublié, tout d’abord. Le 20 février 2004, un avion de type King Air a été retrouvé la veille posé en plein nuit sur un route, au kilomètre 10 de la route nationale Santa Adelaida-Palizada, entre le ranch « Las Américas » et un terrain de la compagnie « Constructora y Conservaciones del Golfo« , propriété de Javier López Osuna. Blanc, avec des bandes rouges et grises caractéristiques des années 80, c’est un Beech 200 King Air qui a été immatriculé aux USA N114JF (c’est le N° BB-237, de l’année 1977), et il provenait semble-t-il  du Venezuela ce jour-là. Il était enregistré chez Blue Water Reef International Research Tropic. Selon la FAA, l’engin avait en effet été exporté au Panama un peu avant, le 18 février 2004. En fait, il devait ensuite redécoller, mais il est resté scotché sur place : ses roues du côté gauche sont sorties de la piste et il s’est tout simplement enlisé. Il était probablement sur le point d’être incendié, car on l’a retrouvé complètement aspergé de carburant, au moment de l’arrivée rapide de troupes d’éléments de la 38e zone militaire, basée à Tenosique, à Tabasco, qui avaient empêché l’incendie. Elles avaient aussi arrêté les trois hommes qui étaient à bord : le pilote, Mario Pérez,, le copilote: Alfredo Pérez, et un passager : José Del Valle Cordoba. Trois colombiens ! Ils auraient apporté sur place une tonne de cocaïne, après avoir provoqué une alerte après l’entrée de l’avion dans l’espace aérien mexicain, dans la péninsule du Yucatan vers 0h45, la surveillance radar ayant déterminé qu’il se trouvait alors près de la municipalité de Palizada, à côté de l’État de Tabasco. Il avait décollé de l’aéroport Ocumare del Tuy, dans l’Etat de Miranda, au Venezuela, à 20h 36 UTC, le 18 février. Sur place, l’écoute des conversations préalables au décollage de l’avion, dévoilées aux mexicains par les vénézuéliens, avait révélé que le Sergent de la FAV Piero Alviarez, chef des services ATS de Tuy, affirmait alors que le N-114JF était en train de faire un simple vol d’essai au-dessus de la Maquetia, après être arrivé la veille du Panama, à 12 500 pieds d’altitude, et que l’homme qu’il avait eu au micro parlait avec un fort accent de type colombien. En fait de vol d’essai, l’avion s’était juste après volatilisé du ciel vénézuélien !! Sur place, au Mexique, deux camions ont été retrouvés à côté ainsi que 16 bidons d’essence vides, d’une capacité de 60 litres chacun et un autre de 20 litres sur la route où il s’est posé, vraisemblablement pour l’incendier (ici à gauche). La presse fait remarquer que « le nom « INB Ramírez G. y Compañía », calle 24 n ° 43 C-86, Medellín, Colombie  » a été vu sur l’une des étiquettes apposées sur l’un des bidons, confirmant l’origine sud-américaine de l’avion (qui serait donc allé chercher sa coke en Colombie). Sur la route encore, 9 lampes halogènes ont également été trouvées pour improviser le balisage de la route d’atterrissage et plusieurs arbres avaient même été abattus le long de son trajet au sol, preuve que tout avait été préparé pour le recevoir. A seulement 50 mètres de l’avion, dans le ranch d’à côté, il y avait abandonné un chargeur de fusils AK-47, typique, courbe, avec 21 cartouches prêtes. À l’intérieur de l’avion, on a aussi retrouvé trois extincteurs d’incendie, des cartes et des plans avec lesquels les présumés trafiquants de drogue se seraient guidés.

Bref, on le voit, on avait déjà tous les ingrédients d’un transfert massif de drogue… en 2004, preuve évidente que cela fait aujourd’hui plus de 15 ans que ça dure dans la région !!! Devenu  XB-LRI, une fois saisi, il semble qu’il ait été remis en vente par l’administration mexicaine pour prendre le matricule XB-LBR . Et, fait incroyable, il va refaire parler de lui dix ans plus tard exactement. Au Venezuela !!! Le 4 novembre, c’est en effet ce fameux XB-LBR que l’on retrouve en mille morceaux au sud-est d’Elorza, en Apure. Avec un ministre, Vladimir Padrino venu inspecter les vestiges, en déclarant qu’il a « été neutralisé » par les forces aériennes bolivariennes (FAB). Le début d’une longue fable dont il va prendre l’habitude, car l’avion s’était manifestement écrasé tout seul dans une zone fort marécageuse !

La deuxième grosse alerte dès 2005

L’alerte sur des narcotrafiquants bien installés dans la région avait sonné à nouveau en 2013 déjà, à l’ouest des villes d’El Gallito et Melchor Ocampo et au nord-est de Río Verde, où des éléments de l’armée mexicaine avaient trouvé plus de 50 bidons utilisés pour transporter du kérosène sur le site, pour alimenter un avion. Dans un abri de fortune, ils avaient aussi saisi « des hamacs, des tentes, de la nourriture, des lampes fluorescentes, des piles, des chaises et d’autres articles encore« . Un campement complet de narcotrafiquants ! Un avion ayant tenté de se poser sur une piste plutôt conséquente (ici à droite), tracée déjà au bulldozer et située près de la ville de Nuevo Tabasco, dans la municipalité de Bacalar. Or, là encore, en juin 2005 déjà, s’était écrasé dans le même secteur un Turbo-Commander immatriculé N572L qui avait été poursuivi par l’armée mexicaine et qui s’était écrasé entre El Gallito et Otilio Montaño, appartenant alors également à la municipalité d’Othón P. Blanco. Le second donc d’une longue série dont je vais rappeler les deux dernières années seulement ici. L’avion était bourré de coke, avec 1219 pains à l’intérieur pour 1,377 tonne de cocaïne un record pour l’époque !!! Mais d’autres éléments aussi avaient été découverts, et pas des moindres : « 421 000 pesos colombiens, 242 000 bolivars vénézuéliens et 1 419 dollars américains ont été retrouvés, en plus des corps de trois personnes qui, selon les identifications trouvées, portaient le nom de: Roberto Cedeño Guzmán, 40 ans, de nationalité mexicaine; Andrés Giraldo Monsalve, 29 ans; et Jorge Enrique Garcés Franco, 54 ans, tous deux de nationalité colombienne. Des documents ont également été obtenus, notamment deux billets d’avion émis par la compagnie aérienne Aerovías Nacionales de Colombia S.A. (Avianca), datée du 18 mai 2005, au nom d’Andrés Giraldo Monsalve et Jorge Enrique Garcés Franco, avec la route Medellín-Bogotá-Sao Paulo-Bogotá; un de plus au nom de Roberto Cedeño Guzmán, émis par la compagnie aérienne Copa Airlines, en date du 1er mars 2005; deux cartes de citoyenneté au nom d’Andrés Giraldo Monsalve et Garcés Franco Jorge Enrique, délivrées par le gouvernement de la République de Colombie. Une carte d’immigration temporaire au nom de Roberto Cedeño Guzmán, délivrée par le Département administratif de la sécurité de la République de Colombie, a également été découverte; quatre passeports, le premier au nom de Cedeño Guzmán Gorge Alberto, délivré par le ministère des Affaires étrangères du Mexique, le deuxième au nom de Cedeño Guzmán Jorge Alberto, délivré par l’ambassade du Mexique à Bogota, Colombie; et deux autres au nom de Garcés Franco Jorge Enrique et Giraldo Monsalve Andrés, émis par le gouvernement colombien, entre autres objets« . Une vraie mine que ce Turbo Commander !

Pour les narcos, ce premier transfert massif raté avait eu une importance : « après l’échec de cet atterrissage, le transit des avions via Quintana Roo a considérablement diminué, mais pas au Belize et au Guatemala, où les observations suspectes et leur atterrissage ont été constants, principalement très près de la frontière avec le Mexique. » Après, ça n’a repris qu’en 2013, comme indiqué, « mais cinq ans plus tard, en 2018, l’observation et l’atterrissage des avions se sont à nouveau intensifiés, mais sur le sol bélizien, principalement à Blue Creek, très près de la ville mexicaine de La Unión, ils ont été constants. Cette année-là, au moins 10 atterrissages ont été dénombrés, tous présentant des caractéristiques similaires, certains cas dans lesquels l’avion est descendu, déchargé et parti, et d’autres dans lesquels ils ont été incendiés »….  A droite, ci-dessus deux photos du nombre de bidons récupérés par l’armée mexicaine en 2013. Le Mexique avait donc reçu plutôt des avions de petite taille, après cette restructuration du trafic vers le Guatemala et Belize.

Une pluie de Cessnas

Le 7 juin 2018, dans le sud de l’État de Campeche, un avion atterrit sur une route de terre menant à un ranch dans la municipalité d’Escárcega, à deux kilomètres de la ville d’Altamira de Zináparo.  C’est un Cessna immatriculé XB-KXI qui est retrouvé incendié sur place après que son équipage ait réussi à fuir. On ne dispose pas d’infos sur ce q’il aurait pu transporter, mais son incinération ne laisse pas planer le doute.

En août 2018, c’est un Cessna qui est observé longuement en train de tourner au-dessus de San Pedro Peralta et de Morocoy, pursuivi par un avion de la Mexican Air Force. On finira par en retrouver un autre… mais en train de brûler, celui-là. « À environ 5 heures de l’après-midi, des citoyens de la région de San Pedro Peralta et Morocoy ont signalé un petit avion de l’armée de l’air mexicaine qui en suivait de près un autre, similaire à ceux utilisés pour le transfert de drogues. Quelques heures plus tard, ils ont remarqué la présence de quatre unités avec du personnel de l’armée mexicaine. De leur côté, des éléments de la police rurale d’État ont continué des visites de surveillance dans la région, mais rien n’a été officiellement signalé. Selon les informateurs, l’avion qui était pourchassé par les autorités détenait un vol bas, il a donc attiré l’attention des habitants. Ils ont indiqué qu’un deuxième avion FAM s’était joint à la poursuite. Enfin, il a été appris qu’il y a environ trois jours une autre poursuite avait été enregistrée, mais à cette occasion, trois hélicoptères de la marine et de la marine mexicaines ont rejoint l’opération de capture, qui s’est passée dans la zone connue sous le nom de Los Patios. L’avion calciné, apparemment un avion léger Cessna, a été localisé vers 20 heures, provoquant une forte mobilisation de l’armée et de toutes les sociétés de police vers la région, car au moins huit camionnettes de l’armée mexicaine se sont rendues au point de découverte, tandis que six autres se sont dirigés vers Miguel Alemán, en route vers El Gallito, où des débarquements de narco ont eu lieu les années précédentes ». Ah tiens c’est donc là aussi devenu commun ! L’avion s’est posé sur un chemin d’exploitation agricole et a été brûlé sur place (ci-contre à droite ce qu’il en reste). C’est « un Cessna, blanc à rayures rouges et bleues, immatriculé XB-OJY, qui a été localisé à quatre kilomètres de la ville de Payo Obispo. Sur le côté gauche de l’appareil , à côté d’une aile, il et avait des restes de sacs en nylon noir et du ruban de canne à sucre, utilisé pour emballer des paquets de cocaïne, ainsi que des restes d’un sac ainsi que des parties d’un bidon qui avait été divisé en deux, ce qui indiquait que qu’ils ont utilisé l’essence pour pulvériser l’avion et y mettre en feu. À environ 10 mètres se trouvaient 12 autres barils avec des de essence AVGas, au total à 600 litres de carburant, avec lesquels ils espéraient remplir le réservoir de l’avion, mais cela n’avait pu se faire ». L’immatriculation fausse choisie par les trafiquants était celle du Learjet de Construcciones Proteja qui s’était écrasé à l’atterrissage au Benito Juárez International Airport en 1976.

Changement d’orientation

Fin octobre 2018, ce sont cette fois deux avions qui sont retrouvés incendiés à quelques heures d’intervalle : un retrouvé dans un champ de sorgo près de la communauté  de  Río Verde, dans le village de Bacalar, l’autre en territoire frontalier avec le Belize. Le premier est un classique Cessna monomoteur immatriculé N335PG (immatriculation qui est fausse, c’est celle d’un Cirrus SR22 volant en France). Il appartient d’ailleurs à la bien connue Southern Aircraft Consultancy Inc Trustee, la société qui a « anonymisé » l’avion dans lequel est mort Emiliano Sala ! Au sol, on ne retrouve autour du premier que trois gros bouchons de fûts d’essence qui ont servi à incendier l’avion après qu’il se soit posé intact et ait réussi a décharger son contenu de drogue. On pense qu’il aurait pu en emporter 700 kilos ! Il s’est posé dans un champ appartenant au dénommé Juan F.K., originaire de Chihuahua et qui est mennonite (les voilà encore une fois cités !). Les autorités mexicaines relient cet engin à un autre retrouvé en train de brûler à la frontière de Belize, près du village de Progresso dans le Corozal District, et qui est un bimoteur dont on a retrouvé ici déjà la trace en effet. C’est celui donné en exemple du trafic par le demi-frère du ministre Anthony « Boots » Martinez, qui s’appelle Edward Vincent (cf l’épisode CCLXXXIII ici).  Selon la presse c’est alors le 7 eme avion de l’année dans le secteur. Tout se passe comme si ces avions avaient pour destination première le Mexique et que faute d’autonomie, ils se rabattaient au dernier moment sur le Quatemala ou le Belize, en effet. Bref, qu’ils font tous partie de la même organisation, qui ignore totalement les frontières !

Le 27 novembre 2018, un nouveau Cessna, un modèle Cessna 210N Centurion II, est retrouvé en miettes et incendié à Rio Verde, Bacalar. Ce n’est pas tant l’avion qui choque ce jour-là, mais plutôt l’énorme piste qu’il a ratée pour se poser. Il a été retrouvé à 5 km de là seulement.

Elle fait en effet 1100 mètres de long, ont été défrichés en pleine forêt et la piste est située à moins de 30 kilomètres de San Miguel. « La ville de San Miguel est située à environ 140 kilomètres de Chetumal et est l’une des villes les plus difficiles d’accès. En août dernier, le commandant de la 34e zone militaire, Miguel Ángel Huerta Ceballos, a confirmé la présence et l’atterrissage d’au moins quatre avions, où la drogue était vraisemblablement transportée dans le sud de l’État. L’armée a soutenu que Quintana Roo, étant un État touristique, est en demande de ce type de substance. En décembre 2013, des éléments de l’armée mexicaine ont creusé des tranchées pour désactiver et détruire une piste clandestine de 1,5 kilomètre découverte dans un ranch appelé « El Jarocho », au nord-ouest d’Ejido Nuevo Tabasco, à la frontière entre Bacalar, José María Morelos et Campeche. Selon les informations du Dialogue interaméricain de Washington, publiées en 2013, au cours des 30 dernières années, le phénomène du trafic de drogue au Belize s’est intensifié, ce qui est devenu un point important pour le trafic de cocaïne, de l’Amérique du Sud aux États-Unis« . La région possède par exemple le site archéologique de Kohunlich celui d’une ancienne cité Maya noyée dans la jungle et s’étendant sur 2km.  Pour y accéder, on a construit un petit aérodrome en dur, visible de Google Earth. Nul doute que les narcos l’utilisent également ! Comme d’ailleurs celui de Xcalak sur la côte ! On en reparlera bientôt !

L’avion fantôme et ses pilotes zombies qui se déplacent après leur mort

Le 27 novembre 2018, c’est un Cessna 210N Centurion II bien classique qui se crashe a Rio Verde, Bacalar, près de la commune d’Othón P. Blanco, dans un endroit qui va devenir l’épicentre des arrivées les semaines… et les mois suivants, comme on a le voir… L’engin est complètement détruit et broyé, et trois corps d’occupants décédés ont été retrouvés, mais pas sur place comme on va le constater. Ils ont été laissés sur le bord d’une route, à quelques km de là (ici à droite). Ils sont tellement abîmés qu’on va parler un peu trop rapidement de tortures, or c’est bien l’impact au sol, extraordinairement violent, de leur avion qui les a laissés dans cet état-là. Ce sont Eléazar Lazcano Vega, Humberto Mariscal Quintero (qui réside à Culiacan) et Eduardo López Flores. Dans l’avion, ou ce qu’il en reste, on a trouvé de l’argent, des dollars américains, des pesos mexicains, ds passeports, dont celui de Mariscla Quintero ! (à droite) et de la cocaïne en quantité indéterminée car une grand partie a brûlé à l’impact. La police, soutenu par des soldats de la zone militaire 34 mexicaine, a dû parcourir des dizaines de kilomètres à travers la jungle, pour atteindre l’endroit où ils ont trouvé les restes de l’appareil, que les trafiquants avaient tenté de cacher parmi les buissons. Selon les informations « l’endroit est considéré comme une zone dominée par le crime organisé, raison pour laquelle il est estimé que des trafiquants de drogue, du même groupe ou de camps opposés, se sont rendus sur les lieux de l’accident et ont pris en charge le transfert des drogues, de l’argent et des corps, des pilotes qui sont finalement apparus dans les environs de la ville de Nuevo Bécar, dans les limites de la municipalité d’Othón P. Blanco, Quintana Roo, à plusieurs kilomètres du lieu de l’accident. L’hypothèse de la raison pour laquelle les corps ont été déplacés, selon les chercheurs, pourrait être qu’il s’agissait de détourner les investigations et d’essayer de séparer un événement d’un autre, mais les objets situés dans la zone sinistrée sont contraignants entre les deux événements. Selon le carnet de vol de l’appareil et les annotations dans un cahier qui a été retrouvé à moitié brûlé, trois personnes, de Sinaloa, qui venaient du Venezuela et les traces découvertes sur place, en équipage, indiquent qu’il s’agissait d’une forte cargaison de drogue et d’argent produit du transfert de la même chose.  Les 3 hommes, apparemment torturés et exécutés, ont vraiment péri lorsque le petit avion qu’ils essayaient d’atterrir lorsqu’ils ont essayé d’atterrir dans ce qu’ils pensaient être une piste de narco  » (l’hypothèse s’était avérée fausse comme on l’a vue, à droite les morceaux de l’avion retrouvés, dans le pick-up de la police : il reste peu de choses !). « Selon les résultats de l’autopsie, réalisée sur les corps d’Eléazar Lazcano Vega, Humberto Mariscal Quintero et Eduardo López Flores, dont la mort a été instantanée, les jambes arrachées, les hémorragies généralisées des viscères et les brûlures sur 80 pour cent de la surface corporelle, proviennent bien de l’énorme impact lorsque l’avion qui a été à moitié-brûlé s’est écrasé, et a pris feu. » On notera que la police a émis l’idée lors de ce crash d’une possible opération de leurre menée par un gang rival, qui aurait réussi à faire tomber l’appareil à fond de vitesse là où il n’aurait pas dû, confirmant une hypothèse formulée il y a plusieurs années déjà et décrite ici dans l’épisode « Coke en stock (CCLXXVII) : il y dix ans, une analyse visionnaire sur le trafic au Guatemala ».

Pour chance, on a aussi retrouvé dans les débris la plaque d’immatriculation obligatoire de l’appareil (ici à gauche), qui indique qu’il s’agirait du Centurión II, fabriqué par la compagnie de Wichita au Kansas, avec le certificat de type 3A21, un modèle: T210N portant le numéro de série 21063765, nous dit clairement cette plaque. Une rapide enquête nous mène à une société US appelée Freelance Air, d’Atlanta, en Géorgie, qui est spécialisée dans la photo aérienne à l’aide d’une caméra de type boule FLIR implantée sur le côte gauche du fuselage (ici à droite). L’avion portait alors l’immatriculation N907RY. Le problème est que cette plaque avait aussi été attribuée au Cessna mexicain XB-LNX, qui aurait été déclaré « détruit » dans un accident avec un autre Cessna, un U206G XB-AYW, numéro U20604399, endommagé seulement lui lors d’un accident, survenu à Villa Benito Juárez Airport, à Navolato. Les mystères de l’aviation mexicaine, qui arrive à faire revoler – et revendre donc aux USA- des avions présentés comme « détruits » !!!

En mars 2019, c’est un Cessna 206 tout aussi classique qui est alpagué sur une piste près d’El Balsas, dans la municipalité de Coahuayutla sur la Costa Grande, limitrophe de Michoacán, dans l’Etat de Guerrero. Il est bleu et blanc et immatriculé XB-HJF et son train gauche s’est embarqué dans une partie de terrain effondré sous son poids, bloquant sa progression au sol. Le passage était bien trop étroit pour lui ! L’engin aurait décollé de de Xalapa, région de Veracruz. A bord , pas moins de 299 pains de cocaïne dans des sacs de toile, comme il est de coutume dans ce genre de transport.. Il avait été détecté l’après-midi par le système aérien du Secrétariat de la Défense nationale en train de survoler l’État de Guerrero.

Le 12 mars 2019, un autre appareil a été retrouvé complètement fracassé à San Pedro Peralta, au sud de Quintana Roo.  Il a survolé à basse altitude la ville située près de la zone archéologique de Dzibanché, à Xpujil, dans la zone de Calakmul, à une heure et demie à peine de la frontière de Chetumal, puis s’est soudainement écrasé. L’avion est en miettes, tombé en pleine forêt. Selon 7 News (magazine de Belize), « on dit que l’avion de type Cessna qui est couramment utilisé dans le commerce de drogues illicites a été suivi par radar, quittant une zone du sud du Belize près de la région de Sarstoon et de Temash. Selon les autorités fédérales mexicaines, le radar a perdu la trace de l’avion pendant une demi-heure dans la partie la plus septentrionale du Belize, près de la baie de Chetumal, mais il a ensuite été capté à un kilomètre au sud de la baie. Le rapport poursuit en disant qu’à douze kilomètres de San Pedro Peralta, l’avion a commencé à subir une défaillance mécanique et s’est écrasé dans un champ ». En fait de Cessna, c’est un Piper Navajo, reconnaissable à ses vitres et son antenne de toit.

Poursuite en plein ciel d’une espèce rare


Le 11 mai, c’est du direct ou presque : on va se croire pendant une petite heure au total dans le tournage d’un film hollywoodien : un des Hawker Beechcraft T-6A Texan II (non armé, ici à droite) des forces aériennes mexicaines a pris en chasse en effet un petit bimoteur de narco trafiquant, faussement immatriculé N428V (ci-dessus, c’est celle d’un vrai Beechcraft 90 de Sélect Aviation Services LLC proposé à la vente) à hauteur de la ville de Los Naranjos, et s’est mis à le poursuivre, d’abord en altitude pendant au moins une demi-heure devant des milliers de témoins médusés, puis de plus en plus à basse altitude, juste au-dessus du sol, espérant lui faire vider ses réservoirs et l’obliger à se poser faute de carburant. Les pilotes du « Cheyenne », véritablement surpris, mais maîtrisant toujours leur appareil, tenteront de le distancer et essaieront de se poser en express sur la piste de Jalisquillo, à Los Naranjos -Tres Valles, dans l’Etat de Veracruz (18.34568 N, -96.184795 O).  Ils rateront, hélas pour eux, la manœuvre, le « Cheyenne » posé trop long » quittant la piste, traversant une allée par le travers et allant s’écraser en bordure d’une clôture en s’embrasant aussitôt. Les deux occupants, sortis miraculeusement indemnes se précipitent à l’extérieur, armés, menacent alors un malheureux caporal de l’armée qui passait par là en voiture et l’emmènent en otage dans son véhicule, une Pontiac, puis l’abandonnent dans une station-service dans la communauté de Los Naranjos et fuient avec vers une destination inconnue. Une opération audacieuse de bout en bout qui aurait pu se terminer par un carnage si l’avion était tombé sur la population. On ignore ce que transportait exactement l’appareil, complètement détruit. Le plus étonnant encore c’est que ce n’est pas un Piper Cheyenne comme le clame ici l’ASN. C’est bien un Beechcraft, modèle B-90, mais qui a été équipé, chose rarissime, de réservoirs de bouts d’ailes d’un Piper Cheyenne !!! Une modification pour accroître bien sûr son autonomie, mais totalement inédite ! On l’a même équipé d’une vieille antenne radio en V de Beech Bonanza ! C’est quasiment un modèle unique qui s’est écrasé à Jalisquillo !!! Etonnante perte !!!

Tout le monde se tait, dans le Campeche

Le 25 juin 2019  à la « Laguna Valeriana », à cinq kilomètres de la ville de Bel-Ha, Calakmul, on avait trouvé un Cessna immatriculé N913J complètement incinéré en bordure de forêt, dans une région difficilement accessible. Personne ne se berçant d’illusions sur ce à quoi il avait pu servir et transporter pour finir ainsi. Por Esto ! précise : « le site où se trouvent les restes de l’avion Cessna blanc avec des bandes rouges et avec un « J » dans le stabilisateur vertical, est dans la partie ouest de la lagune de La Valeriana, qui est sèche à 95 pour cent de sa surface, et près du domaine de La Fortuna, apparemment sans surveillance. Il ne reste que la queue de l’avion, où la plaque d’immatriculation, et ses couleurs sont blanches avec des rayures rouges; une partie des structures de l’aile et de l’hélice. Il se trouve également à 160 kilomètres de Chetumal, la capitale de Quintana Roo, à côté du tronçon de la route nationale entre Xpujil et Dzitbalchén, dans l’État de Campeche. Pour arriver à cet endroit, vous devez passer par une route de récolte près de la communauté de Bel Ha, dans la municipalité de Calakmul, Campeche, qui par ses lignes prolonge le transfert sur plus de 7 kilomètres dans la jungle intérieure. Actuellement, et en raison du manque de pluie, il est possible de circuler dans une camionnette, mais au volant, en raison des mauvaises conditions du terrain; mais pendant la saison des pluies, l’accès est totalement difficile en véhicule, il ne peut donc être atteint qu’à pied ou à cheval. (…) Au centre de la lagune, il y a un terrain plat avec des clairières, et dans la partie ouest de la jungle brûlée et, à l’intérieur, l’avion Cessna totalement incinéré et sans surveillance. Ils l’ont laissé abandonné parce que la plupart de ce qui était de l’avion n’est plus que de la ferraille, car il n’y a rien qui puisse être récupéré. En revanche, les habitants des communautés environnantes de Bel Ha insistent sur le fait qu’ils n’ont rien entendu ni vu et qu’ils ne savent pas si l’endroit est utilisé par des personnes pour des activités illégales. « ... Bref, les gens du coin savaient. Mais n’ont rien dit, par peur des trafiquants !

 

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