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Coke en stock (CCV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (40)

Au Brésil, on a donc affaire comme au Paraguay à un double trafic : celui de contrebande, au départ de cigarettes dans les années 60 et 70 puis celui de matériels électroniques, les taxes n’étant pas les mêmes entre pays cela permet des profits supplémentaires à qui arrive à passer hors de la frontière ce genre de marchandises.  Chaînes hifi, radios, lecteurs de DVD, tout y passe.  A ce trafic s’est progressivement mêlé l’écoulement des stocks paraguayens de marijuana, qui s’est lui-même doublé de celui de la coke bolivienne.  Le sud du pays, au Brésil est donc naturellement touché :  frontalier au Paraguay mais aussi avec l’Argentine, il étend la sphère d’influence des narcos boliviens notamment vers Buenos Aires, où le relais des navires partant vers l’Europe est plus que préoccupant.  Des avions accidentés sont achetés à bas prix, retapés et repeints dans des ateliers clandestins au Brésil, notamment dans le Mato Grosso, à Sinop, devenu fief narco fournisseur d’avions, certains, en bon état étant vendus par une habitante de la banlieue de Dallas, dont on a retrouvé facilement la trace chez les trafiquants… la FAA américaine ayant semble-t-il encore un fois perdu ou égaré leurs registres. 

Une découverte très intéressante en 2011

Les brésiliens sont en tout cas bien présents et bien installés dans le trafic provenant de Bolivie ou du Paraguay. Le 27 octobre 2011, la police nationale brésilienne, à la suite d’une enquête ayant duré une bonne année au moins, déclenche une rafle portant sur un trafic de drogue par avion, une opération lourde avec plus d’une cinquantaine de personnes à l’ouvrage, baptisée «  Touro  Branco » (dans le Minas Geiras, donc) et portant surtout sur trois états : le Mato Grosso, le Mato Grosso do Sul et celui de São Paulo.  Le point majeur de l’opération est une ferme située dans la région du Pantanal, dans le district d’Ouro Branco do Sul, dans la municipalité d’Itiquira, à 359 kilomètres de Cuiabá (pas loin de la célèbre chute d’eau), une ferme qui aurait servi à recevoir par air la drogue pour la distribuer ensuite par route selon un principe bien établi.  Selon la police, l’opération aboutit à délivrer plusieurs mandats d’arrêt dont deux délivrés à São Paulo, un à Itiquira (MT), un à Campo et Lacerda (MT) et un à Campo Grande. Un beau lot de pâte de cocaïne  (ici à gauche) est découvert durant les saisies, au total ce sera 1,2 tonne en effet qui s’empilera en paquets d’1 kilo environ.  Mais il y en aura davantage au final encore.  Dans les minutes du procès, on découvrira le nom du trafiquant intercepté en flagrant délit (c’est celui de Ricardo Ribeiro Santana, alias « Pernambuco« ), et celui de son pilote longuement écouté sur leurs téléphones portables par la police pendant des mois. « Le 18 septembre 2010, il y a eu   une autre arrestation en flagrant délit lors de cette enquête, étant donné que la police fédérale a réussi à surprendre Dionisio Paulo Da Silva, portant environ 152 kg de cocaïne appartenant à l’organisation criminelle de « Eurico » (Eurico Augusto Pereira, surnommé  “Quebrado”, ou « Le cassé »). Ce lot de cocaïne a commencé à être traité par « Eurico » et « Pernambuco », le premier en tant que vendeur et acheteur d’un deuxième, au début de septembre 2010. Ils ont recruté le pilote, Filho Do Merceneiri (« Rafael » ) comme transporteur de drogue avec l’utilisation d’un co-pilote… Le 6 septembre, lors d’une nouvelle connexion, « Pernambuco » se plaint à « Eurico » du manque de contact avec « Rafael », puisqu’il était déjà en possession du de la drogue (cf index 19262489). Dans la conversation suivante, « Pernambuco » affirme à « Eurico » qu’il a fixé à « Rafael » le délai de livraison de la drogue « à lundi au maximum » (index 19274987). La livraison n’a en fait pas eu lieu, parce que le 18 août le pilote Paulo Dionizio Da Silva, transportant des drogues par voie terrestre, a été arrêté par la police fédérale à Araraquara, une police qui a réussi à découvrir et saisir la drogue cachée dans une trappe sous l’avant du camion, et qui faisait 152,25 kg (cent cinquante-deux kilogrammes et vingt-cinq grammes de cocaïne). Les dialogues entre « Eurico », « Pernambuco » et « Rafae »l dans les jours qui ont suivi l’arrestation ne laissent aucun doute sur le fait que la drogue appartenait au premier et devait être livrée au second, « Rafael » apportant la drogue par voie aérienne,  transmise par le pilote « Paulo », pris en flagrant délit (index 19470247, 19470269, 19470285) ».  On ne peut mieux résumer !

Tout un gang de brésiliens, de paraguayens et de boliviens… jusqu’à des calabrais !

Au final, sur la totalité du raid, ce sont 4 297,58 kg de cocaïne (4 tonnes !!!) et 5 210,70 kgde marijuana  qui avaient été découverts  plus en devises 890 000 reals et 110 000 dollars en espèces. Un autre transporteur de la même organisation, Edenilson Moreira da Silva dit Gordinho « Le petit costaud » (c’est presque de l’Audiard) avait lui été pris à part avec 42 kilos de coke. Enfin, Everton Benteo Luiz, avait été lui accusé d’être l’intermédiaire de la bande avec des fournisseurs boliviens.  La presse donne tous les noms le 28 octobre 2011: « La police fédérale a arrêté hier à Cassilandia (MS), le vendeur de semences pour herbe, Eurico Augusto Pereira, 39, un résident de São João das Duas Pontes, nommé comme responsable d’un gang international de trafic de drogue qui a traité 47 millions de reais en un an. Selon Ivo de Freitas, la Surintendance de la PF à Sao Paulo, la cellule criminelle de Perego était responsable du courtage et de la gestion du trafic entre les Brésiliens, les Boliviens et Paraguayens. Lui et un autre trafiquant de drogue – qui n’a pas été nommé – étaient, en tant que délégué, les patrons de l’organisation criminelle et lavaient l’argent du crime de l’argent dans des entreprises, dans le domaine des semences agricoles et des magasins de voitures. Selon le PF, l’enquête d’un an a permis de découvrir des membres sud-américains, européens et brésiliens dans le cadre de l’organisation du trafic de cocaïne en Bolivie et de la marijuana au Paraguay. Depuis le début de l’enquête, 70 personnes ont été arrêtées, dont une soupçonnée de faire partie de la mafia italienne basée dans la région de Calabre. Ont également été saisis 4,3 tonnes de cocaïne et 5,2 tonnes de marijuana, en plus de 1 million de reals, 48 ​​véhicules et un avion. Le laboratoire de raffinage de drogue découvert par la police était installé à Barueri (dans l’état de Sao Paulo). L’an dernier, un avion avec 360 ​​kilos  de cocaïne a été saisi à Sales de Oliveira, dans la région de Ribeirão Preto. L’avion était immatriculé au nom d’un avocat de São Gabriel Del Oeste (j ‘ y reviendrai plus loin). » La description de « Perego » suit dans les divers jugements et contestations de ses avocats : « fils d’un couple d’agriculteurs, Pelego a été impliqué dans le crime en 2000, quand il a été arrêté avec une livre et demi de drogue. Cinq ans plus tard, il a fui la prison de Rio Claro et a kidnappé un conducteur, dans la même ville. Il a été condamné à 6 ans de prison pour vol et extorsion, mais a fait appel de la peine en liberté.  « L’appel est en attente de jugement », a déclaré son avocat, Claudio Schefer Jimenez, qui n’était pas au courant de la nouvelle condamnation à la prison de son  client. (…) Recherchée pendant la rédaction du rapport, une sœur de l’accusé ne voulait pas parler. Avec les revenus présumés de son entreprise dans le domaine des semences, Pelego a obtenu un patrimoine qui comprend des biens immobiliers à São João das Duas Pontes, Campo Grande et Cassilândia (MS). Il a construit un manoir à la ferme où il a été arrêté et, selon les policiers, portait une chaîne  et un bracelet en or avec des détails en émeraude, ainsi qu’une montre de luxe d’une valeur de 15 000 réais.. »  La panoplie complète de l’arrivisme narco !!!

Un Minuano cette fois

Les minutes de l’enquête portant sur l’arrivée des fameux 360 kilos de coke sont édifiantes. « Saisie de 360 ​​kilos de cocaïne, dans Sales de Oliveira / SP : selon les informations recueillies au cours de cette enquête, le 25 septembre 2010, au poste de péage situé dans les ventes Ville Oliveira / SP, ont été arrêtés Fabio Alexandre Porto ( alias Aeroz, signifiant « riz »), Sergio Aparecido Dias dos Reis ( dit « Neguinho ») , André Luis Bernardo ( alias « Tibas »), Fabio Luis Barbosa de Oliveira ( dit « Binho »), les membres de l’organisation d’une enquête criminelle, subordonnée à « Batista » (Joao), portant un peu plus de 360 ​​kg de cocaïne, comme indiqué dans le document de Police 718-2010-DPF / RPO / SP. Avec les éléments recueillis au cours de l’enquête, il est possible de déduire que Valmor José Gonçalves a négocié les détails de la livraison de la cocaïne en Bolivie avec un étranger, non identifié, appelé « Alan » et « avec Romario » (Hugo Jimenez) (à gauche l’emplacement du coffre de l’avion où était la coke).  Il a incombé à Clovis ( dit l’« allemand ») la tâche d’aller chercher la drogue dans le sol bolivien, de l’amener sur le territoire national, et de la livrer ici à « Batista » (Joao), pour qu’il la transporte à Sao Paolo pour la vendre. Il a été constaté que placé sous les ordres de Ruiz Clovis Ribeiro ( dit l »« allemand »), le pilote bolivien était Adolfo en charge de l’avion avec de la cocaïne; déversée dans la région de Guaira et qu’il a volé l’avion à l’aéroclub de Penapolis / SP, où l’aéronef était utilisé, pour ensuite être dissimulé ». L’aéroclub en question étant une vraie institution depuis sa fondation en 1941.  Après quelques recherches, on finit par trouver l’appareil qui a servi au transfert de coke.  C’est un Embraer, comme on peut le voir.  Coup de chance, les deux lettres finales de son immatriculation nous permettent de retrouver l’original : c’est le PT-ECL, manifestement (un Embraer 720025, modèle EMB-720D Minuano – un PA-32 donc), photographié ici au Sorocaba Airport de, São Paulo, le 17 janvier 2009  (et sur la photo à droite le 20 décembre 2008 au même endroit).  Un avion qui dissimule toute un organisation élaborée, comme on le verra bientôt ici-même.

Jeune membre de gang et pilote, deux métiers dangereux

On ne se refait pas chez les trafiquants brésiliens : on vole donc brésilien !…. Un autre avion apparu auparavant dans le secteur était le Cessna immatriculé PT-IEA, venu de l’Amambay en 2009.  Il ne transportait pas 360 kilos de coke celui-là mais 177 de crack plus un peu de cocaïne Un appareil bien connu, puisqu’il nous ramène à San Juan Pedro Caballero, un des nœuds du trafic de coke aérien !!!  Avec un bien jeune pilote à bord, amón Daniel Franco Fleitas !!!  Un avion numéro de série 210-59617 (impossible d’en trouver l’origine) qui cherchait à rejoindre l’estancia “San Ramón”, dans le Chaco mais qui était tombé avant, sur panne mécanique, due semble-t-il à une mauvaise estimation de la quantité de combustible nécessaire . On ne sait ce que les narcotraficants ont reproché ensuite au jeune pilote visiblement maladroit (une perte d’exploitation ?), toujours est-il que le 26 janvier, 2012, il avait été l’objet de tirs sur sa voiture, et avait dû se réfugier… dans un commissariat au poste de police du 2ème arrondissement de Généal Diaz (au Paraguay) !!!  Ci-contre à droite la voiture criblée de balles.  Et la radio relatant les faits de rappeler deux événements étonnants qui avaient précédé : « le 23 février 2011, des agents de la Senad agents ayant installé un barrage routier à proximité de la Colonie Chirigüelo, avaient arrêté une voiture Toyota Corolla, sans plaque, sortie de l’aéroport pour vérifier ses occupants. La voiture appartenait à Ramon Franco Daniel Fleitas (le jeune pilote du PT-IEA), avec à bord le brésilien Edson Brésilien Dos Santos Serqueiro, alias « Edinho » qui, au moment de son arrestation, était porteur d’un faux document au nom de Joao Francisco Netto et un colombien identifié comme Eduardo Andres Rodriguez Benavides (âgé de 34 ans), qui, en mai 2003, avait été arrêté lors d »une expédition de cocaïne près de l’aéroport…. Or le 7 décembre qui avait suivi, le même Ramon Franco Daniel Fleitas avait de nouveau été arrêté sur l’aérodrome même de Pedro Juan Caballero en compagnie (déjà) de Hugo Alberto Ayala Zolabarrieta, Luis Orlando Benitez Bogado et du brésilien Felipe Aias Gómes de Pesoa, alias « Michichi » … (à droite l’image de l’arrestation de Michichi, alors recherché au Brésil… pour trafic de coke, une photo de Ultima Hora). Tous avaient été alors décrits comme membres du PCC (Primer Comando Capital) le gang brésilien bien connu.

Méli-mélo des enregistrements et ateliers de masquage

L’opération Touro Branco révèle de fait plusieurs choses. D’abord que des avions portent des immatriculations trompeuses, parfois. Véritable appareil enregistré ou appareil cloné à l’image d’un avion existant ? On s’y perd en effet, et c’est d’ailleurs bien ce que recherchent les trafiquants !  Devant un hangar, on photographie le PT-IVK, par exemple, soupçonné d’avoir servi au trafic (ici à gauche).  C’est d’après le registre, le  T210L N° de série 21059954 inscrit le 23  juin 2009 au Brésil, ce qui est alors fort récent.  Difficile d’aller plus loin :  le numéro de série reste muet.  La production du 210 est arrêtée depuis 1986.  Qu’a fait l’avion entre 2006, dernière année de sa production ou les années antérieures ?  Mystère sur toute la ligne.  D’où sort donc cet appareil ?  Pourquoi la FAA n’a-t-elle aucun souvenir de lui ?  Il n’a jamais été enregistré aux USA ?  Mais où donc, alors avant de devenir brésilien en 2009 seulement.  Autre découverte pas très rassurante, celle d’un Beechcraft bien particulier. Je vous avais déjà trouvé le cliché (ici à droite).  Mais sans avoir pu déceler son immatriculation. Une autre photo, retrouvée avec plus ou moins de chance nous la donne (ici à gauche) ce serait donc le PP-JMP, paraît-il.  Un brésilien de plus, donc.  Selon les archives brésiliennes, c’est le Beech modèle 95-B55, n° de série TC-1569.  L’avion est l’ancien N1899W, passé de Tolliver Donald L, à Vero Beach, Floride à… Rolim Freight Forward Inc, de Miami, toujours en Floride, le 10 août 2010.  L’avion a perdu son certificat de vol US le  26 octobre 2010, ayant été très certainement déjà envoyé au Brésil par une agence dont je reparlerai très bientôt… Ce qui est plutôt inquiétant est de voir que l’appareil était en train de passer à l’atelier de peinture, bardé de bandes masquantes… pour prendre une nouvelle apparence.  Etrangement, son numéro d’immatriculation avait été peint avant le reste, alors qu’il est toujours appliqué en dernier, et c’est logique… est-ce parce qu’au départ il avait été construit comme étant un T-42A, à savoir un Beechcraft militaire comme ici le N4167P ? Toujours est-il qu’on cherchait à maquiller quelque chose, semble-t-il lorsqu’il a été découvert.  Pour ce qui est de l’endroit où on l’avait découvert encore bardé de ses collants de masquage, aucune hésitation : c’était bien sur l’aérodrome de Sinop (1) même qu’il avait posé, un endroit reconnaissable à son hangar en hauteur avec son auvent si reconnaissable (cf ci-dessous) !!!

Une simple inversion de lettres !

Mais la police a aussi saisi lors de cette opération de 2011 d’autres avions, dont deux seulement vont faire l’objet de communication visuelle.  Le premier est un Cessna 210 très intéressant : sur l’image fournie, il est en effet immatriculé visiblement PR-FGV (il est ici à droite en haut, avec derrière lui deux avions agricoles, car il a été saisi sur une propriété de ce type comme on l’a vu).  En réalité, le registre brésilien ne le connaît pas.  Mais, surprise, il a bel et bien enregistré un Cessna 210N sous l’appellation PR-FVG, ex N8106G, de numéro de série 59406 qui s’avère être le N8106G d’origine. La comparaison rapide de ce dernier avec notre « faux FVG » montre de façon flagrante que les trafiquants n’ont rien repeint du tout et ont simplement inversé deux lettres de l’immatriculation officielle de l’engin appartenant auparavant à une société dénommée Rolim Freight Forward Inc (une société de location d’avions, visible ici), qui selon la FAA, a son propriétaire installé à Miami) et qui se retrouve citée ici pour la deuxième fois !!!  On retrouve même sa date de livraison, grâce à un voyage enregistré dès le samedi 10 juillet 2010, de Miami vers… Puerto Plaza, l’étape habituelle en autonomie pour un appareil de ce type se rendant au Brésil (on ignore quel pilote a effectué le trajet de livraison) :

Il faut aussi le noter, « RolimFreight », dirigé par  Amilcar Rolim, détient aussi d’autres avions, et en a vendu aussi au Brésil.  La société  présente sur son site le Beechcraft B58 N49MU, et le N135CL un Piper Cheyenne PA-31-T, un Seneca V PR-IGB, le N350PB, un PA-31 Navajo à winglets, vu ici en Angleterre, un Piper PA46R-350T Mirage N312DS (ex N6084X, venu des Pays-Bas), mais aussi un hélicoptère Robinson R44 N4603H, deux Piper (A-34-220T) N100GP et N512LP, et elle vend même actuellement également son Piper Navajo Panther N926HB…  proposé à 280 000 euros chez Controller.com.  La société Rolim a aussi exporté au Brésil, comme on l’a dit, tel en 2011 ce Beech Baron E-55 N6395S TE-987, ici à gauche, supprimé des registres US le 13 janvier 2012. En 2010, Rolim a aussi exporté au Brésil toujours  le N6644R le Beech 58 TH-544 à Winglets également.  Comme le le N264BC un Piper Malibu Mexicain pas très fréquent, modèle PA46-500TP, ancien AvivaJet, exporté tout récemment au Brésil lui aussi… 

L’avion a donc bel et bien été exporté l’année précédente au Brésil, il a perdu sa licence de vol US le 30 août 2010.  Ceci pour le premier avion saisi.  Il semble y en avoir eu trois de saisis, lors de la rafle de 2011, mais on entendra parler du second que… 6 ans plus tard, en mars 2017, lorsqu’une annonce gouvernementale affichera sa mise aux enchères, l’appareil étant resté stocké dans un hangar de l’aérodrome de Teruel, le long de la BR-163, à Campo Grande, celui de l’Oficina e Recuperaçao de Aeronaves Ltda. L’appareil, un Cessna 182 Skyline, immatriculé PT-JKL (18262664) datant de 1974, a été vendu au final après 40 enchères successives … 110 500 reals (32 612 dollars seulement). Evalué et proposé au départ à 80 000 reais, dont en fait 51 040 de frais de gardiennage depuis sa saisie… Est-il depuis reparti dans le circuit de la coke, on l’ignore… à ce prix très concurrentiel, c’est un risque plus que certain de le revoir bientôt avec un seul siège à l’intérieur en effet !

 Les narco-avions de Rita

Les avions parfois fournis par Rolim Freight, ou des avions volés, vous ai-je dit au début de cet article en citant le fameux N732WG « disparu » (21061828), pour expliquer leur provenance ?  Pas toujours, à revenir sur la personnalité de la  propriétaire de l’avion « disparu » cité au début de cet article, appelée Rita V Ramallo (alias Veronica R Ramallo ou Veronica R Morales), une femme d’une cinquantaine d’années aujourd’hui habitant alors Garland (à Dallas donc, au Texas), dans une maison bien ordinaire, pas très loin du Duck Creek Golf Club (et vivant aujourd’hui plutôt à Sachse).  Car la dame possédait aussi le Cessna N198DK, un T210M de 1978 (21062870) exporté un peu avant le 14 octobre 2009…en Bolivie, ici lors de son convoyage de Miami vers les Bahamas semble-t-il. Et cet avion-là modifie la donne, celle du premier appareil perçu comme « volé » … Le second avion, un Cessna 210, y était en effet devenu le CP-2606.  Un appareil retrouvé… roue avant plantée dans la terre par la police de Santiago del Estero en Argentine, abandonné dans un champ de soja, avec à l’intérieur des restes de cocaïne… (photo ici à droite).  Mais aussi le N54GA un Twin Commander de 1983 (Rockwell 695A Jetprop 1000 N°96066 exporté lui aussi en Bolivie au 16 mars 2012, photographié ici à gauche en train de parader à Palm Springs en 2002.  Ou le Piper N8434H de 1981 (34-8133219), expédié dans le même pays au 31 décembre 2009. Un avion ayant appartenu à Arctic Barnabas Ministries, des missionnaires fondamentalistes installés en Alaska (décidément, après Rapozo, on y revient encore une fois !).  L’avion s’était planté le 30 décembre 1992 à Elbridge dans l’Etat de New-York après une panne de jauge d’essence.  En Bolivie il était devenu le CP-2631, appartenant à Ismael Freddy Menacho Fernandez (l’avion est visible ici à droite).  Un propriétaire « intéressant »; en effet, puisqu’on le retrouvera le 6 septembre 2015 raflé avec six comparses à la suite de la découverte d’un Cessna bien chargé de 10 paquets blancs de 42 kilos chacun pleins de cocaïne, chargés à bord de l’avion découvert à  Paraguarí, à côté du parc Bernardino Caballero…  Le Cessna pris sur le fait à Tacary, dans le disctrict d’Ybycuí, affichant l’immatriculation paraguayenne ZP-BHB !  L’avion, un comble, avait comme pilote un colonel retraité de l’armée bolivienne !!! Le Cessna, quel hasard, s’était posé dans la propriété agricole d’un certain Jorge Fabián García Benítez (âgé de 20 ans seulement), habitant Pedro Juan Caballero, dans le département de l’Amambay  (décidément )!!!  Arrêtés, les trafiquants avaient essayé de suborner la police en lui proposant 50 millions de guaranís…

Rita V Ramallo possédait aussi le N758CV (ici à gauche), un autre Cessna R172K de 1978.  Non ne cherchez pas non plus… car il a été envoyé lui aussi en janvier 2009 en Bolivie….Et ce n’est pas fini puisqu’on trouve aussi chez elle encore le N4877Z atterri en Bolivie un peu avant le N4877Z (U20606040,un 206G) le 19 juin 2009, date d’expiration de sa licence aux USA. L’avion y était devenu le CP-2588  inscrit au nom de José Ernesto Quintana Becerra.  Selon un rapport de la DGAC bolivienne (DGAC-01008/2013 du 04-06-13), l’appareil est considéré comme « disparu » depuis janvier 2012 !!!  Encore une autre « disparition » à laquelle les avions vendus par Rita semble avoir été abonnés !!  Ou encore le N87AM, un Cessna U206G de 1985  (U20606888) exporté lui aussi, toujours en Bolivie avant le 30 juillet 2009.  Devenu là-bas CP-2592, ici à droite en photo à Trinidad – Jorge Henrich Arauz.  Ou toujours le N42206 un Cessna de type: 182L (CN: 18258899) un avion accidenté le 25 novembre 2011 à Branson.  Celui-là semble être resté au pays : une exception, à ce stade.  Comment cette dame a-t-elle pu acheter autant d’appareils et surtout ne les vendre qu’en Bolivie demeure une énigme.  On constate surtout que la FAA ne semble pas trop avoir fait son travail, encore une fois en ne signalant pas ces expéditions à répétition se terminant le plus souvent par du narco-trafic !!!

(1) toujours au top question livraisons de coke : le 22 août 2017 on a trouvé un avion contenant 300 kilos de coke, bien coincés derrière les sièges d’un drôle d’avion, avec un copilote bolivien : c’est un Vans RV-10, la peinture noire des montants de portes lui donne une toute autre allure, plutôt déconcertante à première vue… le Vans, vendu en kit (il n’y a pas de groupe de fans au Brésil), est un hyperdoué de la consommation de kérosène, mais aussi des atterrissages et décollages courts ! Le Vans, donné au départ pour 50 kilos pas plus de bagages était là bourré à ras bords de coke !!!  Il était immatriculé PT-ZTA (numéro de série 312085). Depuis, l’avion, de 2011,  a été remis en vente…. 670 000 reals (un peu moins de 200 000 dollars).  Alors qu’il a été saisi, logiquement !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en stock (CCIV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (39)

 

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