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Coke en stock CCLXXXVII : un président condamné et un avion en sursis…

Dans l’épisode précédent, nous avons découvert l’implication du gouvernement de Rafael Correa dans le trafic de cocaïne, lié à son soutien aux Farc, qui finançaient leur lutte en trafiquant comme on le sait.  Mais il n’y avait pas que de la cocaïne dans ce schéma de corruption. Le pétrole vénézuélien aussi, alors sous embargo, était également au palmarès des détournements d’argent. C’est la pugnacité d’un journaliste qui était venu à bout de l’affaire en épluchant un à un les vols présidentiels équatoriens, faits à bord d’un avion particulier, un Gulfstream d’une entreprise privée repéré car, pendant la majeure partie de ses vols, il n’avait transporté qu’un seul passager. Et c’est aussi son propriétaire qui venait de se faire pincer dans un Beechcraft saisi à Belize avec à bord une tonne de coke…(cf l’épisode précédent qui avait débuté par sa saisie, rappelez-vous).

Une histoire de pétrole… d’embargo, et de coke

Ce qu’avait découvert Gerardo Reyes (ci-dessous à gauche) était en fait une vraie bombe médiatique. Celle d’une implication présidentielle équatorienne dans le trafic, mêlant drogue et industrie pétrolière, celle qui contournait alors l’embargo  vénézuélien !!!  » Le législateur Jiménez a déclaré que de hauts responsables du régime auraient utilisé l’avion Gulfstream immatriculé aux États-Unis N378MB (ici à droite) pour entrer aux États-Unis. En février 2014, la Direction de l’aviation civile DAC, à la demande d’informations de l’assemblée susmentionné, a confirmé que depuis fin avril 2013, l’avion volait vers Miami et New York. L’avion susmentionné selon le registre de la FAA (USA), était au nom de Skyjet Elite Corp. Comment les enquêtes ont-elles commencé? Lorsque le législateur a appris qu’une disposition de mai 2013, publiée par Rafael Correa à son cabinet, mentionnait qu’aucun avion officiel ni de navire de la Flopec ne se rendait aux États-Unis, « nous avons décidé d’enquêter sur cette affaire », dit-il, même en voyage en Floride (…) À cette date, le Tribunal de première instance avait rendu sa sentence finale, obligeant l’Équateur à payer à la multinationale Chevron 96 millions de dollars. Pour sa part, Chevron avait commencé à enregistrer la sentence dans plusieurs États des États-Unis pour s’en prendre aussi à l’embargo. Ensuite, au gouvernement, le juge les a agressés, et Petroecuador et les FAE ont reçu l’ordre de suspendre leurs voyages aux Etats-Unis « , a déclaré Jiménez. À partir de ces dates, mai 2013, aucun avion présidentiel ni aucun navire de la Flopec (Flota Petrolera Ecuatoriana) n‘atteindraient plus les États-Unis ». Concernant les navires, quelque chose de spécial s’est produit alors, explique Jiménez:  «L’agence Reuters dans son enquête de novembre 2013, a indiqué que les navires de la Flopec qui chargeaient du brut équatorien à Esmeraldas (Equateur), livrés à Petrochina, étaient en train de les transborder devant les côtes du Panama à d’autres navires privés de la société Taurus Petroleum, dirigée par Enrique Cadena (ici à gauche) pour enfin livrer ce pétrole à la raffinerie de Chevron en Californie, aux États-Unis. De cette façon, les navires équatoriens étaient protégés contre le danger d’embargo« , explique Jiménez. »Mais en ce qui concerne les avions, la question qui nous est venue était: dans quels avions le cabinet présidentiel et leurs familles ont-ils été transportés, et pourquoi donc n’aimaient-ils pas voyager sur des vols de Tame? » (la compagnie régulière du pays). « En mai 2013, les avions présidentiels n’avaient pas voyagé dans aucune ville des États-Unis. Lors de voyages officiels dans « l’empire », le président et la délégation avaient voyagé à bord d’avions appartenant à la société Larrea Skyjet ». Le fief des Lorrea et de Skyjet était à Fort Lauderdale, dans un hangar bien particulier… comme on va le voir.

En Equateur, le rôle trouble du pilote Jorge Kessler et son billard à deux bandes

Au milieu de ce trafic, un autre homme est aussi apparu ; Jorge Arévalo Kessler, au pedigree impressionnant ; c’est le neveu de l’ancien secrétaire à la défense du Mexique et l’ancien pilote personne du président Carlos Salinas qui a été lui-même lié au trafic de cocaïne ! Depuis longtemps, on le soupçonnait de travailler aussi pour la CIA et aurait, en ce qui concerne l’Equateur, beaucoup agi pour « mouiller » Correa…. Daniel Hopsicker, qui suit avec attention (et humour) le sujet depuis des décennies, l’a ainsi adroitement résumé : « le même réseau de trafiquants de drogue actif en Équateur était également à l’origine des vols appréhendés de deux avions américains en provenance de Saint-Pétersbourg, Floride. Saisis au Mexique transportant près de 10 tonnes de cocaïne. Des preuves peuvent être vues dans l’acte d’accusation de Kessler, dont la «vedette» est Alejandro Flores-Cacho. Les deux hommes travaillaient pour le colombien Pedro Antonio Bermudez Suaza,

« L’architecte » (son surnom), maintenant appelé le cerveau derrière les vols de Saint-Pétersbourg par pas moins une autorité que la DEA. Bermudez Suaza est l’un des seigneurs de la drogue les plus riches et les plus sophistiqués au monde, valant peut-être un demi-milliard de dollars » (à gauche le Beechcraft appartenant à Taxi Aéreo Antioqueño – TAN). « Dans les enregistrements des forces de l’ordre, on peut l’entendre parler avec le pilote affolé dans le cockpit du deuxième des deux avions américains éclatés dans le Yucatan, un Gulfstream II (N987SA) qui est tombé dans la jungle du Yucatan. Tracer la provenance des deux avions a conduit au bureau du procureur mexicain. Le bureau du général à l’endroit où l’argent était blanchi; la découverte surprenante que 378 milliards de dollars en drogues  avaient été lancés par le biais de la Wachovia Bank à Charlotte, NC… en seulement six ans ». L’affaire avait selon lui révélé le rôle de l’avocat de Louisiane Hugh Sibley et celle du broker Lee R Snider, de la société Broken Arrow, qui avait acheté pas moins huit avions à lui tout seul pour les trafiquants, dont même un Boeing 727 ! Snider, cité ici pour son Aero Jet Commander N°985, immatriculé N85JW, enregistré chez Constellation Airways Incorporated, et un Aero Jet Commander au numéro de série modifié par un  “3 ” à la place de “041”  et une immatriculation en N499TR (à droite ici parti à la casse chez Dodson, en 2013).

Kessler volait à bord de son Gulfstream II, anciennement N914MH, devenu au Mexique  XB-KIV et XC-LKS une fois saisi par le gouvernement). Il avait été arrêté avec ce Gulfstream XB-KIV (ici à gauche), en octobre 2007, au Mexique, venu de  l’Équateur à Toluca, et qui, après  être passé à l’examen par le scanner GT-200, s’était révélé positif pour l’identification de la cocaïne !!!

C’était aussi un des avions retrouvés « égarés » lors de l’affaire des avions du scandale de l’US Forest Service en 1990 selon Hopsicker. Il était répertorié chez International Air Response Inc, bien connu comme travaillant elle aussi pour la CIA (lire ici l’enquête en cours à ce propos). Lui était lié aux responsables chiliens : « l’histoire des 300 kilos affectés par la CIA-DEA par mois à l’appui d’un prétendu coup d’État de la CIA par la cocaïne commence avec Fernando Ulloa. Ulloa était inspecteur de la police fédérale chilienne (Policia de Investigaciones ou PDI). Il y a plus d’un an, il a découvert un réseau de drogue opérant à partir des stations locales de la CIA et de la DEA; avec l’aide et le soutien des autorités politiques chiliennes et de l’armée chilienne, le réseau trafique 300 kilos de cocaïne par mois ». De l’argent destiné… à renverser Rafael Correa, dans  le pays voisin ! L’idée avait été confirmée par le diplomate anglais controversé Craig Murray, devenu « whistleblower » (devenu soutien d’Assange). La CIA tenant à renverser Correa car ce dernier avait pris comme première décision en accédant au pouvoir d’expulser les militaires US de l’énorme base militaire de Manta, qui surveillait une bonne partie du Nord de l’Amérique du Sud de la Colombie et du Venezuela notamment, via ses énormes Awacs-Sentry… (ici à droite). Kessler nous le connaissons très bien ici : c’est celui qui s’était fait prendre avec dans son Aero Commander N382AA au train d’atterrissage cassé avec plus de 3 millions de dollars cachés dans les réservoirs de carburant de réserve de l’appareil !!! Extradé aux USA, il avait vite été relâché, preuve par l’exemple qu’il était lié de près au trafic, mais côté… américain !

Un hangar repéré depuis… 2014 !

Arrivons donc maintenant au fameux hangar cité. Tout cela, je vous l’avais déjà ici en novembre 2017.  Le 29 juillet 2014, c’est un hangar particulier de Fort Lauderdale qui avait fortement intéressé la DEA. Il y a six ans déjà, donc !!! Ce jour-là, l’organisme avait en effet saisi d’un coup trois appareils, visibles ici sur la photo à gauche.  Un condensé sur place du trafic de drogue, puisqu’il y avait sous le même toit un gros Gulfstream de 1981 arborant le numéro d’immatriculation N378MB, des Cessna 206 et deux petit Cessna bimoteurs :  un 421B immatriculé N-576RA (ici à droite) et un 421C immatriculé N438EL (ci-dessous à gauche).

Le Gulfstream G-1159 (plus tout jeune !) avait beaucoup volé les derniers mois avant sa saisie, annonce la DEA. L’appareil avait été vu un peu partout dans l’arc des Antilles et en Amérique du Sud, le plus souvent pour des vols particuliers car ne comportant qu’un seul passager, allumant tous les voyants de la suspicion.  On peut le voir ici à gauche abordant l’aéroport bien connu de St-Martin, survolant la plage bien connue située en bout de piste. Mais si la DEA s’est intéressée autant à lui, ce n’est pas pour des raisons touristiques.  Selon elle, lui et les deux Cessna auraient bien servi à transporter de la drogue.  Et ils appartenaient tous trois à la même société : « Sky Jet Elite Corporation » de Fort Lauderdale dont le président, Juan Pablo Larrea, est aussi  le frère cadet d’un ancien directeur de l’aviation civile de l’Equateur sous les gouvernements d’Alfredo Palacio González et de Rafael Correa Delgado, et également le responsable de l’école d’aviation de Guayaquil. La DEA, surtout soupçonnait que l’un des trois avions (le Gulfstream) « avait secrètement fourni des services à des hauts fonctionnaires du gouvernement du président équatorien Rafael Correa » nous avait dit la presse.

Bigre, on passe d’un cran, là, avec en prime la situation géographique du pays, frontalier du Pérou au sud et à l’ouest de la Colombie au nord !!!  Coincé entre deux gros pays producteurs de coke !!!  « 

« Univision a eu accès à certains dossiers de vol et a constaté qu’en 2013, l’avion a couvert des routes vers des destinations telles que Baltra et Cuenca en Equateur, Buenos Aires, en Argentine et vers New York. Dans 21 dossiers de vol obtenus par Univision, un seul passager est déclaré et sans que l’on ne donne son nom ». Les 21 vols de 2013 étaient tous partis de l’aéroport Simón Bolívar de Guayaquil. Selon la presse, les avions étaient en infraction, car pour pouvoir porter la lettre N, il faut en effet que leur propriétaire soit américain (ou une société installée aux USA). Ce qui ne semblait pas avoir été le cas de Sky Jet Elite. A signaler qu’en 2016 l’Equateur avait intercepté 26 tonnes de cocaïne… contre un record de 79,2 tonnes l’année précédente. Le pays connaissant aussi l’arrivée des Cessna comme une plaie d’Egypte… ou les saisies records sur cargos, telle celle de mai 2017 et les 5 tonnes d’un coup… du cargo Kraken I, ci-dessus à droite, qui partait alors pour l’Espagne. Le pilote, Miguel Eduardo Larrea (ci-dessus à droite devant un de ses avions d’école) avait déjà été arrêté au Mexique en 2014 pour des “illegals shipments”  à bord de ces appareils, mais il avait été rapidement relâché, à vous d’imaginer pourquoi…

Reste l’appareil saisi au Belize au début de notre épisode précédent et non incendié (pour une fois). On découvre grâce au frangin Juan Pablo Larrea lequel est-ce, une fois ramené à la base de Belize : c’est le N40RA un Beechcraft 200 (BB-104) sort en 1975,  comme le montre ici le journal télévise du lendemain matin. Il s’est enregistré le 9 juillet 2012 chez l’énigmatique Aircraft Toys Inc, dont le patron s’appelle Ismael Rodriguez. Il était basé au Texas, à une adresse qui ne veut rien dire et ne correspond à rien, car plusieurs photos de lui ont été prises dans cet Etat. On en profite à la télévision pour ajouter que l’ancien directeur de l’aviation civile fait également face à une procédure pénale pour crime organisé depuis juin 2019, après qu’une tonne de drogue ait été trouvée à la base aérienne de Manta en septembre 2018.  Selon le cliché montré c’était alors sous forme de chlorhydrate de cocaïne sa forme liquide.

Manque de chance pour lui, on avait filmé au même endroit le même avion lors de son arrivée à l’aéroport; bref, en, dix minutes à peine de journal télévisé, son compte était bon. On était surtout sur une équipe très, très proche du pouvoir équatorien…

Le bouquet  sur la base de la Manta

Pour clore le dossier une nouvelle supplémentaire vient charger encore un peu plus la mule de l’Equateur en septembre 2018  : « Plus d’une tonne de cocaïne, destinée au Mexique, a été saisie sur une base de la Force aérienne d’Equateur (FAE) et deux militaires arrêtés, ont annoncé aujourd’hui les autorités. Une enquête de plusieurs mois a permis d’identifier un réseau de trafic de drogue dirigé par des militaires de la FAE, a indiqué à la presse le directeur de la brigade anti-stupéfiants, le général Carlos Alulema.  Des agents de la police et du parquet ont perquisitionné mercredi des installations de la FAE à Manta, port de la côte Pacifique (sud-ouest), et découvert plus de 1,1 tonne de cocaïne stockée en vue de « son envoi ultérieur au Mexique », selon le rapport policier. Le commandant de la FAE, le général Patricio Mora, avait auparavant indiqué qu’un « véhicule qui transportait environ une tonne de drogue » avait été intercepté dans l’enceinte de l’aéroport de Manta et deux militaires interpellés (à droite l’entrée du camion, à gauche la saisie de cocaïne)  Lors d’une conférence de presse, il avait précisé que « les deux personnes détenues ne travaillent pas sur la base de Manta », soulignant que l’armée collabore avec les enquêteurs pour faire la lumière sur « ce cas isolé impliquant du personnel de la FAE ».  Si le petit camion Isuzu était un élément extérieur en effet, la drogue devait bien y être stockée sur la base, pour repartir paraît-il en Colombie, pour un envoi ultérieur vers … l’Australie ; c’est la drôle d’explication donnée en tout cas par le secrétaire d’État équatorien Serrano ! Idéal pour disculper les militaires dirons-nous ! Il y en avait pour 30 millions de dollars dans le camion !

Un Lochkheed Orion, pendant ce temps-là,  dépêché par les USA sur la base de Guayaquil, à la demande des équatoriens qui les avaient expulsés en 2008, avait commencé à faire des rotations au-dessus du Pacifique pour surveiller les go-fasts et les barques de pêche véhiculant la drogue… avec en soutien une Task Force qui ne fait pas toujours dans la dentelle, selon Insight Crime.

L’avion des frères Larrea, sa mort prochaine  annoncée…

On croit l’affaire terminée avec l’arrestation d’Eduardo Javier Larrea Cruz et la mise en cause de son frère, mais cette histoire nous a réservé une dernière surprise, et de taille. Tout le monde avait oublié depuis le fameux Gulfstream, certes plus tout jeune, des frères Larrea. Un examen attentif et régulier des registres de la FAA, l’organisme il est vrai qui certes ne note toujours pas tout, a révélé fort récemment une surprise de taille. Le 5 novembre 2019, le fameux N378MB a en effet changé de mains.

Il était encore il n’y a pas longtemps chez le dénommé Yevgeny Ayzenberg (qui est-il donc ?) qui possédait, tiens, étrange aussi, le Hawker N700KL racheté le 14 juin 2018 aux domaines US (dans une vente aux enchères des Marshals; l’avion ne pouvait effectivement plus voler et ne valait plus grand chose.  Il a été proposé à 125 000 dollars et a dû partir à moins !!!);  un appareil qui, encore plus étrange, est passé le 21 novembre 2019 chez notre TWA International Inc, de Carlos Villaurrutia, le broker désormais bien connu de Cheyenne dans le Wyoming littéralement spécialisé, comme on l’a découvert ici durant cette longue enquête, dans la vente aux narco-trafiquants !!! C’est en réalité une énorme boîte postale anonyme, on va en reparler, bien sûr !

L’entreprise vers qui ne cesse de converger les regards, épisode après épisode…. en effet. Le propriétaire d’une autre antiquité, le vieux Sabreliner 60 immatriculé N990PA qui s’était écrasé le 22 mars 2019 sur une page au Honduras. Et celui du Hawker N949CL, vendu à des mexicains le 21 mars 2017 et retrouvé incinéré à El Picudo, près de San Andrés. Notre vieux Gulfstream a lui aussi été récupéré dans le giron de TWA International Inc, si bien q’on ne lui donne pas beaucoup d’espoir de survie pour les mois à venir ; entre de telles mains il devait vite passer mexicain et venir se poser ou s’écraser logiquement très bientôt au Belize… ou au Guatemala !!! Avec ses collègues de chez TWA International, les prochains candidats aux vols douteux : Le N332BC, déjà retrouvé -intact- lui le 20 octobre 2019; à Blue Creek, Orange Walk, au Belize;  le N828PJ, N° 257005 un Hawker 125-700A et le Hawker 125-700A N°257088, ex 224EA, ex Vica Aviation,déjà devenu mexicain XA– (???)… Allez, profitons-en une dernière fois pour voir intact ce fameux N378MB :

Epilogue politique : une belle poignée de lourdes condamnations

L’affaire Juan Pablo Larrea a sérieusement ébranlé la maison politique équatorienne. Le 31 mai 2019, Alexis Mera, l’ancien secrétaire juridique de la présidence pendant la période Correa, est arrêté à Guayaquil pour l’affaire surnommée « Arroz Verde »  (« Riz vert  »). Une affaire de pots-de-vin versés par des entreprises en échange de contrats, dont le géant du BTP Odebrecht. Le géant brésilien de la construction a en effet payé quelque 33 millions de dollars à des hauts fonctionnaires équatoriens entre 2007 et 2016 .!!! Est arrêtée également l’ancienne ministre María de los Ángeles Duarte, ministre des transports,  justement (ici à droite), tous les deux pour des contributions de campagne illégales, au mouvement Alianza País (présidentiel) dont ils faisaient partie entre 2013 et 2014. S’ajoutent la corruption, l’association illicite et le trafic d’influence. Sont aussi arrêtés Pamela Martínez, ancienne conseillère de l’ancien président et son assistante, Laura Terán, alors fonctionnaire de la Cour constitutionnelle. En tout il y a 17 personnes d’impliquées et d’arrêtées !!!  C’est un véritable séisme politique. Le 8 avril 2020, la Cour nationale de justice de l’Équateur, le mardi 8 avril 2020, les condamne tous : le vice-président Jorge Glass, l’ancien secrétaire juridique Alexis Mera (ici à gauche), l’ancienne ministre María de los Ángeles Duarte, l’assistante Viviana Bonilla, l’ancien ministre Walter Solís (droite), l’ancien ministre Vinicio Alvarado, héritent tous d’une peine lourde : 8 ans de prison ! L’ancienne conseillère Pamela Martínez, s’en sort mieux avec 38 mois et 12 jours; et Laura Terán, déclarée simple complice, est condamnée à 19 mois seulement. Tous se sont vus aussi « condamnés à la perte des droits de participation (politique) pendant 25 ans »… Rafael Correa, lui aussi hérite de la peine de 8 ans par contumace. Car il est alors en fuite… réfugié depuis 2017 en Belgique, où il parle de « mascarade » à propos de sa condamnation  !!! Son successeur libéral, Lenín Moreno a lui littéralement ravagé le pays en moins de deux ans depuis le départ de Correa avec ses mesures économiques absurdes (comme la suppression les tarifs douaniers !) ; l’Equateur est aujourd’hui en pleine crise politique. Ce dont profitent bien sûr les trafiquants (et Correa qui ne désespère pas de revenir au pouvoir !) ! ,

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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