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Coke en stock CCLXXXIII : au Belize, les jets débarquent en masse !

Les avions remplis de drogue, c’est devenu commun au Belize. Le problème c’est que ça a pris une dimension absolument hallucinante depuis ces deux dernières années, avec une nette accélération des arrivées, dont désormais celle de gros jets à réaction qui se posent de façon quasiment mensuelle désormais, le reste, les appareils plus petits ou à hélices, le faisant de façon hebdomadaire.

Le jet posé sur la route

Le 24 avril 2018, c’est le choc des photos, pas besoin de celui des mots : on vient de découvrir en effet un jet, un biréacteur de plus de 10 tonnes, parqué sur le bord de la route (non bitumée) chemin reliant San Estevan à Progresso, à 3 miles du village de San Estevan dans l’Orange Walk District de Belize. Ce matin là, à la découverte de l’engin, on ne peut que constater que les transferts aériens de cocaïne viennent de prendre une toute autre dimension en effet !

L’engin est un Hawker 125-700, un biréacteur portant l’immatriculation (fausse) N818LD (c’est une immatriculation réelle, mais celle d’un autre appareil à l’évidence. C’est aussi celle d’un autre Hawker retrouvé sous les feuillages le 7 mars 2018 qui précédait au Venezuela (1) : les trafiquants se sont passé le mot, à l’évidence. A l’intérieur de celui d’Orange Walk, tout a été complètement vidé, et on a tenté d’y mettre le feu, mais sans y parvenir, selon la police.  Pour les autorités, c’est un vraie claque, car peu de temps auparavant, en décembre, elles venaient d’inaugurer en grande pompe au Belize Civil Aviation, leur réseau de surveillance aérienne, doté d’une « nouvelle technologie » vantée par les responsables. En fait, c’est une simple application d’ordinateur surveillant les transpondeur à bord des aéronefs, un peu comme FlightRadar. Le hic étant que ça nécessite que l’appareil le mette en marche, ce qui est rarement le cas, on le comprend aisément, des vols illégaux de contrebande de coke !!! Une seule arrivée d’avion chargé de coke vient de ruiner leur communication !!! Le pays ne dispose en effet d’aucun radar !!! Dans le reportage visible ici,  on comprend mieux ce qui s’est passé ce soir-là ; l’aile droite de l’avion a heurté des branches et l’appareil, roue avant tombée dans le bord de ruine herbeux, s’est immobilisé en travers. Les traces noires d’une tentative d’incendie sont visibles sous l’aile gauche. L’avion était destiné à pouvoir redécoller, en fait. On l’aurait comme les autres ravitaillé et il serait reparti une fois son chargement déposé !!! Dernier défi pour les policiers bien dépassés par l’événement et l’audace des trafiquants : « se présente aux responsables de la police bélizienne un défi majeur: comment déplacer le jet de taille moyenne de la route du village, où il est maintenant sous la garde des forces de sécurité du Belize. Bien qu’il soit très probablement encore en état de navigabilité, il n’y aurait aucun pilote au Belize qui pourrait le piloter depuis son emplacement actuel, » note la radio Amandala, qui rappelle que c’était le septième appareil de trafiquants de l’année… et nous n’en étions qu’en avril ! Pour ce qui est de l’appareil lui-même, une fois désembourbé et réparé, un pilote de talent dégoté, il a réussi à redécoller de la même route (chapeau !) pour rejoindre le 26 avril, soit à peine deux jours plus tard, la base de l’ADF Airwing, située à Ladyville sur l’aéroport Philip S. W. Goldson International (appelée aussi Price Barracks chez les militaires). Plus facile pour lui en effet de se poser sur une piste en dur de 3200 m en effet ! Le 17 janvier 2020, enfin, les autorités de Belize décidaient de se munir d’un radar à 12 millions de dollars. Il était temps !!!

Hawker 700, le retour

Plus incongru encore, un autre Hawker va récidiver au même endroit, et ce, neuf mois plus tard ! Vers deux ou trois heures du matin le 3 décembre 2018, les riverains de San Estevan et Progresso réentendent en effet le même bruit qu’en avril : c’est en effet un Hawker similaire qui cherche à nouveau à se poser au même endroit, sur la même route, ou plutôt vers Progresso cette fois, sur une portion qui a été éclairée à nouveau par des balises disposées par les trafiquants, décidément bien implantés sur place. Un camion tentant de prendre ce soir-là le ferry de Pueblo Viejo sera arrêté.  Il sera soupçonné d’être de la partie, et tout s’accélérera  alors : « les occupants du véhicule ont ouvert le feu sur les forces de sécurité et que les hommes ont alors forcé le ferry à les faire traverser le fleuve. Les assaillants ont ensuite filé rapidement et lorsqu’ils ont atteint l’autre côté de la rivière, ils ont percuté leur véhicule dans un arbre« . L’avion était bien un avion de trafiquants !!! Et le fait qu’ils soient armés annonce une lourde charge à l’intérieur ! L’engin tourne autour de Progresso plusieurs minutes, mais, gênés par on ne sait quoi (une présence policière ?), ses pilotes décident au dernier moment de se dérouter et d’aller se poser ailleurs. Le problème c’est qu’ils sont alors à cours de carburant et doivent donc très vite se trouver une piste de remplacement : les voici qui foncent vers Chetumal, qui est au Mexique, à la frontière avec Belize : c’est à peine à 25 km en ligne droite ! L’engin y arrive vers 3h40 en demandant l’autorisation express de se poser, presqu’en panne de carburant. Une fois atterri, commence un étrange ballet : il se dirige vers l’ouest de la piste, à l’endroit où les  avions se positionnent pour leur décollage, ce qui a l’art d’intriguer la tour de contrôle bien sûr. Les pilotes en descendent, finalement… et s’éclipsent, abandonnant l’avion (ils espéraient peut-être pouvoir être ravitaillés rapidement sur place et ont fait chou blanc). L’équipage s’est alors enfui dans une clairière qui se trouvait parmi la végétation de l’aéroport, en sautant au dessus de la clôture, et il a disparu dans les rues des quartiers résidentiels de Milenio Y Jardines, en bordure de l’aéroport international de Chetumal. Les autorités montent à bord de l’avion au petit matin et découvrent 1,5 tonne de cocaïne à bord. Le packaging est impressionnant :

L’appareil, mieux encore, était immatriculé de façon saugrenue ; c’était le NN886N… car l’inscription a tout bonnement été posée à l’envers ! C’est donc le N988NN, qui est une fausse de toute façon jusque c’est celle d’un Boeing 737 d’American Airlines !!!

La chasse au modèle 

Pour ce qui est de ce fameux  Bae 700 de Chetumal, deux candidats plus probables se présentent, arborant la même livrée extérieure mais à tons de bleu, filets compris cette fois : une livrée identique à celle du N466MM sn 257059 de 1979 (ex N717AF) et le N650TC(ex N710AF), tous deux en livrée de Air4 Aviation LLC. Or le premier cité venait d’être mis en vente à un tarif imbattable : 263 278 dollars à peine, une vraie bouchée de pain pour un biréacteur, comme on peut le voir ici à gauche : il ferait un excellent candidat pour la mission de transport de drogue, à ce tarif dérisoire (même si les trajets récents du N650TC prêtent à confusion et en même temps l’exonèrent, car le vol vers Cancun a eu lieu deux jours après la saisie du premier). Etonnamment, l’avion sera largement exhibé sur les sites Deskgram et Instagram par le dénommé « hs125 pilot », en train de faire un passage bas dangereux portant encore cette immatriculation (cf ici à droite) ce qui aurait laissé entendre qu’il était aux mains d’un pilote plutôt casse-cou (comme peuvent l’être les mexicains on le sait:  on se rappelle en 2008 les deux pilotes mexicains venus faire – Toluca-  des tonneaux à un BAE 125 model 800A immatriculé N167DD !!!). L’homme présentant d’autres vues de l’avion laissant entendre qu’il le connaissait fort bien tout un lot impressionnant, du jamais vu dans le genre exposition d’un appareil de la sorte, vraiment. En ce sens, le pilote, nommé Mario Escalante, serait aussi le premier à avoir pris le risque d’étaler un sujet sensible disons, lui qui est capitaine chez RaJet Aeroservicios, qualifié sur Hawker HS-125 700, 800, 800XP Sabreliner NA-265/40 et Citation II. A un moment, il révèle aussi dans un hangar le même avion, mais immatriculé autrement en XA-UQN. Un appareil effectivement similaire comme on peut le constater ici, mais a immatriculation mexicaine, aperçu déjà en 2012 à Montreal : l’ex N717AF et N9395Y N°257059, précise-t-on. En fait la même que le N466MM, qui s’avérerait donc bien l’avion abandonné à Chetumal, redevenu américain après avoir été mexicain 

A vouloir voler trop bas…

Le métier de pilote trafiquant est un métier dangereux, on vous l’a déjà dit ici. A gauche l’appareil à qui est arrivé l’aventure qui suit et ci-dessous à droite son intérieur de l’époque : c’était encore un bel avion malgré son grand âge. Un appareil qui avait réussi, néanmoins, en 2019, à se poser lui aussi à Belize, sur une piste clandestine, et à repartir sans finir incinéré. Mais là c’était normal, car il n’apportait pas de la drogue, lui : il venait prendre sur place celle que des bateaux rapides ou des camions avaient stockée en venant du Guatemala par les camions. Selon le journal Riviera Maya News en effet, le soir du 13 mars, il avait réussi à se poser d’abord à Belize près de Temash, qui est situé au sud de l’Etat, dans le parc Sarstoon, pas loin de la baie d’Amatique, et ce pendant une heure au moins. On peut penser que c’était pour y faire le plein. Puis il s’était envolé et était allé à nouveau se poser au nord, cette fois pendant une demi-heure : là on peut facilement imaginer que c’était pour embarquer de la marchandise, plutôt. Si on savait tout cela précisément, après coup, c’est parce qu’un avion d’observation mexicain (un Citation 550 certainement) l‘avait suivi à la trace pendant plusieurs heures dans ses pérégrinations aériennes. sur ses écrans radars et ses caméras FLIR. Preuve que les malheureux béliziens se font survoler sans pouvoir y faire quelque chose, étant démunis de tout. Se sachant surveillés,  les pilotes mexicains de l’appareil, un Hawker, encore une fois, avaient très certainement pris le risque insensé de décider de voler très bas, vers le Mexique cette fois. Mal leur en avait pris ; à vouloir trop raser les arbres, poursuivis par le Cessna Citation mexicain, se sentant surveillés, ils s’étaient écrasés, à quelques kilomètres à peine à l’intérieur du pays, vers San Pedro Salta, à côté d’El Cedral, dans le Quintana Roo (à proximité de la municipalité d’Othon P.Blanco dans un site connu sous le nom de Las Ruinas). Je reviendrai ici plus tard sur toute la région du Quintana Roo et sa voisine le Campeche.

Rentré à sa base, le Cessna mexicain avait  indiqué l’endroit où son radar avait perdu le contact. Des troupes à pied envoyées sur place mettront des heures à le retrouver, littéralement enfoncé dans un treillis inextricable d’arbustes et de troncs divers, ayant tout fauché sur son passage à grande vitesse :

Il était entré à fond dans la forêt de broussailles (cf les photos ci-dessus) !!! Les soldats avaient dû découper à la machette les branches pour arriver à le rejoindre. Ils découvriront l’avion, un ancien Hawker 125-600 faussement immatriculé N18BA, le fuselage a peu près entier, mais les ailes séparées, arrachées, le train principal ayant tenté d’être sorti semble t-il (sur le Hawker l’aile est d’un seul tenant et plaquée sous le fuselage, cf à droite).

A bord, deux hommes, dont un d’origine colombienne, décédé, le pilote, son copilote étant grièvement blessé : soigné intensément sur place par les militaires (cf ici droite) , il décédera peu après. Aux côtés de l’avion, on a trouvé des restes cassés du train d’atterrissage ainsi que les vêtements ensanglantés du pilote décédé dans l’avion.

Dans la carlingue, il y a aussi 1,2 tonnes de cocaïne, remplissant tout le fuselage qui avait été vidé de ses sièges comme c’est désormais la pratique (ici à droite).

Malgré le peu d’éléments de décoration; mais grâce surtout aux notes prises par les mexicains, on retrouve quel appareil se dissimule sous la fausse immatriculation (N18BA,qui est celle d’un Hawker 700A existant mais qui n’a rien à voir).

C’est en fait le Hawker N°56046, en fait le N299GS, un très ancien Hawker (il date de 1975 !) ayant changé moult fois de mains, (25 fois, pour 18 propriétaires différents !) qui a été supprimé de registre US le 15 février 2018, pour avoir été vendu à ce moment là … au Mexique, bien sûr ! Sans surprise, l’avant-dernier « propriétaire » américain est l’anonymiseur Aircraft Guaranty Corporation, qui permet à un étranger de garder une immatriculation US. Même en étant narco-trafiquant mexicain ! L’avion a été vendu en dernier par la société « Administración Aeronaútica Internacional, s.a. de c.v.«  de Marco Alvarado Padilla, dont le chef pilote s’appelle Jaime Damian. L’adresse de ses bureaux est en fait celle d’un parking en plein Mexico (ici à droite) !! Il avait été annoncé à la vente au tarif de 600 000 dollars. Une paille, au regard de la tonne deux cents kilos de coke qu’il transportait !

Martinez le « whistleblower » (lanceur d’alerte) du Belize

Mais avant cela, un autre bombe médiatique était tombée au Belize en janvier 2019. Elle provenait du demi-frère du ministre Anthony « Boots » Martinez, qui s’appelle Edward Vincent. On ne sait pour quelle raison exactement, mais il tenait à  faire une conférence de presse après toute cette vague d’arrivées de drogue venue d’avions, qui venait juste d’être dénoncée par les USA, (ils venaient de déclarer Belize comme étant un narco-Etat), en citant notamment le rôle d’El Chapo dans le pays. Il n’y allait pas de main morte, ce jour-là, accusant plusieurs hauts responsables du département de police du Belize et des politiciens de haut rang d’être impliqués dans les atterrissages d’avions de drogue en étant associés aux cartels de la drogue ! En plus, il citait des noms, ce jour-là, ce qui lui avait valu on s’en doute en retour des menaces de mort… En septembre 2018, il avait fait parler de lui déjà lorsqu’il avait publié sur les réseaux sociaux des photos aériennes venues d’on ne sait où, d’une arrivée de drogue par avion, en décrivant l’endroit où il avait atterri, ce qui avait été vérifié par des journalistes comme étant exact. Aujourd’hui, il diffusait la vidéo de cette arrivée où l’on distingue très bien la noria de pick-up venus vider l’appareil qui avait raté son atterrissage mais sauvegardé sa cargaison, la vidéo se terminant par l’incendie de l’appareil. Une vidéo terrible pour les policiers, car c’étaient leurs  véhicule que l’on pouvait apercevoir venait décharger la chaîne de l’avion !!! Pour qui agissait-il ainsi, il n’y a que deux possibilités : celles liées à la réalisation technique des prises de vues infra-rouges, que seuls les mexicains ou les américains savent faire (les colombiens aussi, mais il est plus difficile pour eux de survoler Belize en passant inaperçus !). Ci-dessous un extrait de la vidéo, repassée en mode inversé : l’appareil est bien de la taille d’un Beechcraft 90, celui aperçu dans l’épisode précédent (1) :

Jusqu’à l’écœurement, et l’avion au bulldozer si révélateur

Le 29 avril 2018, le journal The Belize Times exprime son franc dégoût face à l’inaction évidente de la police à propos des arrivées constantes et répétitives de drogue. Le journal pointe aussi un doigt accusateur des complicités flagrantes : « Les avions qui atterrissent au Belize n’emportent pas des passagers dont les rêves deviendront réalité grâce à l’énigmatique M. Roarke. Et le Belize n’est certainement pas une île fantastique. Au cours des six dernières semaines seulement, cinq avions ont été confirmés à l’atterrissage, le dernier en date d’un avion d’affaires ayant atterri sur la route de San Estevan. Voici ces avions qui restent ici, certains brûlés et d’autres non. Il ne fait aucun doute que les avions atterrissent, se déchargent et reviennent à la base sans que le grand public en soit conscient. Et il ne fait aucun doute qu’il y a une implication aux plus hauts niveaux – des politiciens, à la police. Il existe des points communs reliant tous ces avions – ceux qui ont atterri au cours des dernières semaines. La police arrive toujours en retard – TOUJOURS. Les avions sont toujours trouvés vides et à partir de ce moment, la police refuse même de spéculer sur la nature de l’accusation. Le ou les pilotes disparaissent toujours sans laisser de trace, et en quelques jours, c’est comme si les avions n’étaient que le fruit de notre imagination. Récemment, dans un seul cas, une personne a été détenue près du site d’atterrissage. Elle a été libéré peu de temps après, prétendument après que des appels aient été faits à des personnes très haut placées dans la chaîne de commandement, et ça s’est vite terminé ».  la police reste muette à chaque fois dit le journal : « les Béliziens doivent se souvenir d’un avion qui a atterri il y a des années sur la piste d’atterrissage municipale. Rien n’est jamais venu de celui-là. Et rien ne viendra de celui-ci. Ou des autres qui ont atterri ». Et le journal de citer lui aussi des noms, ceux des politiciens corrompus par l’argent de la drogue : « Le procureur général Michad Peyrefitte fait son travail – qui consiste à se faner juste assez pour créer une certaine distraction. Mais même lui doit savoir que quelque chose ne va pas lorsque des avions anti-drogue peuvent atterrir au Belize sur une base hebdomadaire et que nos autorités sont TOUJOURS trop tard pour appréhender qui que ce soit ou pour trouver des drogues. Même un observateur occasionnel au Belize peut vous dire avec une certaine précision qui sont les acteurs locaux dans le transbordement de drogues au Belize. Des noms ont été appelés dans le nord – une de ces personnes est très étroitement liée au Parti démocratique uni, et d’autres très étroitement liées à un ministre dans le nord. La personne qui a été détenue très brièvement récemment a été remise en détention à une personne ayant des liens avec la politique et les enfers criminels« . Quelle charge conte la politique du pays et la corruption au plus haut niveau !!!

L’avion et le bulldozer

La charge devient, un peu plus loin, épique : « la vérité est que l’administration Barrow (cf le premier ministre) / Faber (le leader de l’UDP qui vient de démissionner) a été incompétente en matière de criminalité à tous les niveaux. Ce n’est un secret pour personne qu’il y a une corruption rampante et scandaleuse au Cabinet. Cette corruption et cette criminalité se sont propagées à la police et à d’autres organismes gouvernementaux. Beaucoup dans les rangs inférieurs voient ceux au-dessus d’eux s’enrichir et suivent cet exemple. Il est ridicule que l’UDP blâme les États-Unis pour la corruption dans leurs propres rangs, et ridicule de s’attendre à ce que les États-Unis combattent le crime que l’UDP a autorisé, que ce soit délibérément ou par une mauvaise gestion et une incompétence flagrantes« .

Comme pour confirmer ces dires, le 16 juillet 2019 , « on revient aux fondamentaux » de ces vols de coke, avec un bon vieil appareil à hélices en effet ; un gros Beechcraft 200 qui a ainsi été retrouvé incendié -bien sûr- dans le coin de Graham Creek près de Toledo, à la frontière guatémaltèque (photos ci-dessus). Comme d’habitude pas de drogue découverte, ni de pilotes, enfuis bien sûr, comme il est de règle là-bas…. pour la police. Mais cette fois, à côté de l’épave incendié, on peut voir un très gros bulldozer (bien visible à droite sur le cliché présentant l’avion incendié vu d’hélicoptère) capable de créer une piste clandestine, ou venu en renfort ici pour sortir des ornières bien visibles le gros bimoteur. Bref, la preuve évidente d’une organisation possédant de gros moyens logistiques !!!

L’avion brûlé arbore une décoration typique du milieu des années 70, vers 1975-77 même plus tôt. Les avions des Babcock Scandinavian AirAmbulance, avant de devenir tous jaunes affichaient par exemple une déco assez similaire. Mais ça n’en est pas un. En cherchant encore, selon ses critères d’âge, avec un peu de patience, on finit par trouver lequel est-ce : c’est celui annoncé ici à gauche comme « vendu » par Gantt Aviation, société installée depuis 1971 à Georgetown, au Texas, un avion ambulance, tiens, justement, équipé en « Air Medical Configuration », (il a même porté logo du  Kangaroo Crew’s Texas Children’s Hospital !). C’est l’exemplaire  BB-161 qui date de 1976, immatriculé N114SB (cf ci-dessus).

Le dernier propriétaire du N11SB  est selon la FAA , la société Jetsteam Aviation Inc, (sans le « r » de jetstream donc !) installée à Cheyenne dans le Wyoming. Or cette dernière a bel et bien exporté l’appareil au Mexique le 18 mars 2019 ! Elément troublant, la page d’accueil de leur site (ici à droite) est totalement figée, et tout autant inopérante. Un fake complet !!! Encore un dont l’origine est indiscutable ! Idem pour sa page Facebook. On découvre vite aussi que ce n’est pas son seul appareil, malgré cette indigente présentation. Elle possède un Cessna T210N, numéro de série 21063645, le N4850C acheté le 1er mars 2019, qui a été aperçu dans la série TV NCIS: Los Angeles (ici à gauche), un PiperR PA-31-350 Navajo, numéro: 31-7952159 immatriculé N3529W, basé semble-t-il à Sedona en Arizona (ici à droite),  un autre Cessna 210, numéro 21061710, immatriculé N998BA, un Cessna 340 (340-0330) immatriculé N69489 (ici à gauche) mais aussi deux autres appareils fort intéressants : un vieux Gulfstream  G-1159,
le numéro 196  immatriculé N213JA acheté en 2017 et qui… comme par hasard, tiens donc,  a lui aussi  été exporté au Mexique, dès le 5 mars (ici à droite). Ci-dessous le certificat attestant que le Gulfstream est bien devenu mexicain, le 7 mars 2017, signé d’une part de José Omar Hernandez Solano responsable du registre de l’aéronautique mexicaine, et par le PDG de Jetsteam Aviation : c’est ainsi que l’on apprend qu’il s’appelle Antonio Cedillo Medina que l’on retrouve sur Linked’In, ici à droite, y annonçant « dix ans d’expérience » à la tête de Jetsteam :

Ex N829GL, ancien N619MC, il est ici pris en flagrant délit de vol, avant son rachat, de Miami à Santiago de Queretaro au Mexique : c’était semble-t-il un habitué de ce genre de trajet !!! Un prochain candidat à une mission de transport de coke ?

Le problème étant qu’avec le N213JA on a aussi un autre document signé de Cedillo demandant à la FAA de radier l’appareil de ses registres américains, mais à la date du 13 mai 2019 !!! Soit plus de deux ans après être devenu mexicain !!! Que cela signifie-t-il ?

Mais elle possède aussi,  ou possédait aussi, cette bien étrange société… bingo… un Hawker, et oui, un bon vieil Hawker HS 125-700A de 1981 immatriculé N966RJ, numéro 257129…. et sachez qu’il nous intéresse celui-là, pensez donc : c’est tout simplement celui que l’on a retrouvé dissimulé sous des branchages au Venezuela dans un parc naturel portant le faux numéro  N818LD (après en avoir porté un autre, faux aussi mais mexicain) !!! Une société américaine, ayant pignon sur rue, inscrite sur Linked’In, et un faux site internet visible par tous, vend donc des avions à des trafiquants est on la laisse faire ? Mais de qui se moque-t-on là ?

A noter que le fondateur de la société Gantt, le broker chevronné Johnny Gantt, fondateur de la National Aircraft Resale Association (devenue International Aircraft Dealers Association -IADA) est décédé à 83 ans le 14 mai 2019. « Il a aidé à fonder la National Aircraft Resale Association en 1991 afin de mettre en place un code d’éthique dans le domaine de l’acquisition, de la vente et du commerce d’avions.  » À cette fin, Gantt Aviation est devenu mondialement connu comme un revendeur honnête et honnête également sur le marché mondial, une distinction qui a rendu son fondateur fier », a déclaré l’IADA »… Mouais; paix à son âme, alors, comme on dit, on ne sait pas s’il a avoué ce pêché là à Saint Pierre, celui que l’on a présenté à son décès comme un saint homme !

Pour l’instant, passé la surprise, retenons surtout l’adresse donnée par Jetsteam Aviation Inc : 1712 Pioneer avenue, à Cheyenne, Wyoming (c’est l’adresse de bureaux à louer, visible ici à gauche). Et gardons là en tête, car j’ai comme l’idée que l’on va en reparler très bientôt ici-même…

Les Mennonites de la partie et un tweet prémonitoire 

Le 21 décembre 2018, c’est cette fois un avion de type Cessna 210 Centurion arborant un petit drapeau mexicain qui est retrouvé au petit matin  près de la ville de Barranco, dans le district de Toledo, un avion qui serait « arrivé directement (de nuit) du Vénézuela », dit-on un peu vite. Il s’est posé sur la piste connue et privée de Plett, et on a retrouvé à côté des réservoirs de carburant et des sièges enlevés, mais pas de drogue à l’intérieur  ; il était venu plutôt pour en charger il semble bien Détail à noter, deux policiers de Punta Gorda, Peter Graham et John Ordóñez ont été arrêtés sur place, ils attendaient visiblement de pouvoir charger l’avion en compagnie d’un guatémaltèque (en photo ici à gauche menotté dans un pick-up, l’un des policiers est ici à droite). La piste appartient à un businessman mennonite, communauté dont on connaît les liens étranges avec le trafic de drogue, ou plutôt le silence qu’elle entretient à son propos quand un bon nombre d’avions se pose sur ses terrains. Ce n’est pas la première fois qu’elle est mise en cause, en Bolivie comme au Canada, comme je l’ai déjà écrit ici-même. Problème supplémentaire : un homme, le dénommé Edward Vincent cité plus haut, avait carrément annoncé à l’avance sur Twitter (11 jours avant !) l’arrivée de cet avion et à cet endroit précis (cf ici à gauche) : d’où tenait-il donc ses renseignements ? De fuites de policiers béliziens restés intègres, s’il en existe encore ? De celles de services de renseignements américains ou mexicains ? Une fuite du Venezuela ? Cela à de quoi intriguer, en tout cas, une telle précision !!!

(1) on notera que la surveillance aérienne dans la région est aussi le fait d’avions colombiens, équipés de nacelles FLIR comme on le sait. Un exemplaire de Nacional du 20 décembre 2019 nous a révélé en effet que c’était bien l’armée colombienne qui avait suivi de bout en bout l’arrivée de l’énorme Gulfstream mexicain XB-PVI posé au Guatemala décrit ici dans l’épisode de février dernier (Coke en Stock (CCLXIII) : Jet de brousse et détour par l’Argentine) comme j’avais déjà pu le préciser.

La caméra du Citation de surveillance colombien avait même permis en effet de distinguer au sol les hommes venus le décharger avec leurs gros pick-up (ici à gauche).

 

 

 

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