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Coke en stock (CCLXXVIII) : Belize, le maillon faible, retour historique

Des pistes et des pilotes de la CIA (Abbott), un système de blanchiment mis en place par un industriel et financier anglais, devenu lord éminemment respecté (Lord Ashcroft), le Belize avait plusieurs cartes dans son jeu pour devenir un pays-clé du trafic de coke.

Tout a commencé là-bas à la fin des années 80
L’arrivée de bateaux et d’avions chargés de cocaïne au Belize date de la fin des années 80. C’est ce que dit ici avec justesse Julie López dans « Organized Crime and Insecurity in Belize » de janvier 2013. « Le rôle du Belize dans le commerce international de la drogue a suivi une trajectoire similaire à celle de ses voisins. Lorsque le pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne le 21 septembre 1981, l’Amérique centrale n’était pas encore un couloir clé pour les expéditions de cocaïne. Les trafiquants utilisaient plutôt les Caraïbes, en particulier les Bahamas. Cela a commencé à changer à la fin des années 1980, les États-Unis ayant bloqué les opérations aux Bahamas et les trafiquants alliés au dictateur du Panama Manuel Noriega pour ouvrir l’Amérique centrale comme couloir de trafic. Depuis lors, le trafic de drogue est devenu le principal déclencheur de crimes violents en la région. Au Belize, les forces de sécurité et de défense relativement jeunes et institutionnellement faibles, incapables de limiter le trafic de drogue, ont été encore plus mises à l’épreuve ». La géographie s’y prêtait, alors que la consommation sur place était très faible, cette drogue était donc en transit au Belize : « la faible consommation de cocaïne – moins de 0,3% de la population du Belize, selon l’ONUDC – fait du Belize également un point de transit pour la cocaïne. Lovell note que la taille de la population ne rend pas le pays financièrement viable en tant que consommateur, mais son emplacement continue d’attirer les trafiquants. Sur le plan géographique, les principaux sujets de préoccupation sont la frontière nord du Belize de 174 milles avec le Mexique, comprenant les districts d’Orange Walk et de Corozal; et les quartiers sud de Tolède, à la frontière avec le Guatemala, et Stann Creek, avec une zone côtière sujette aux activités de transbordement. Selon le commissaire aux ports John Flowers, toute la zone côtière du Belize, parsemée de centaines de petites îles (connues localement sous le nom de cayes), est en danger. » 
Enfumer l’insurrection au Guatemala, via Belize ?

Les américains donc prévenus, et même déjà arrivés sur place mais pour toute autre chose. Episode méconnu de la présence US à Belize : venir en « aide » au Guatemala. Une drôle d’aide d’ailleurs, racontée ici dans le Magazine Mother Jones de févr.-mars 1989, un article signé Mary Jo Mc Conahay et Robin Kirk.  Une « aide » qui ressemble comme deux gouttes à ce qui a été fait au Viet-Nam avec l’Agent Orange de sinistre mémoire : « Les Guatémaltèques ne cultivent pas de coca (nota : ils y viennent) et la production de marijuana et de pavot à opium du pays est si faible qu’elle ne figure pas sur la liste des Nations Unies des pays producteurs de drogue. Nous y sommes entrés malgré tout. Selon un porte-parole du Département d’État, «les Guatémaltèques nous ont demandé de l’aide.» À partir du printemps 1987, des pilotes américains ont volé du Belize pour pulvériser le défoliant Roundup Up. L’ambassade au Guatemala indique qu’elle note « une augmentation significative de la culture de marijuana et de pavot » au cours de l’année dernière, donc la pulvérisation continue, le gouvernement guatémaltèque refusant « pour des raisons de sécurité » d’informer la population rurale où et quand cela se produira. Les régions guatémaltèques ciblées sont précisément celles où les troupes gouvernementales luttent contre trois armées de guérilla de gauche. Ces hautes terres et la jungle du nord abritent la mer civile dans laquelle nagent les poissons de la guérilla, et l’armée aimerait voir la mer se vider. « Que ce soit contre la drogue ou contre la guérilla, la pulvérisation ne peut-elle pas se faire de manière plus humaine? » a récemment plaidé un fermier dans les montagnes occidentales à un journaliste de la BBC alors qu’il était assis parmi des tomates rétrécies et des tas de feuilles tachées de noir de sa récolte de café, de maïs et de haricots. « Les fumigations nous achèvent », a déclaré un paysan près de Huehuetenango à un autre journaliste. Le porte-parole de l’opposition guatémaltèque Frank LaRue accuse la campagne de pulvérisation d’effacer les récoltes des paysans afin de détruire l’approvisionnement alimentaire des insurgés. Par conséquent, les paysans indiens sont obligés de quitter les zones reculées et dépendent de l’armée pour se nourrir. Des diplomates et des observateurs des droits de l’homme confirment que l’armée guatémaltèque, avec les États-Unis aide, fournit des vivres dans des conditions contrôlées dans le cadre de son vaste programme de contre-insurrection. Le Département d’État nie toute intention de contre-insurrection à la pulvérisation. Mais pour ceux qui sont sur le terrain, les dénégations sonnent creux. Curt Wands, un ancien technicien médical d’urgence qui forme des «médecins pieds nus», a passé deux mois à voyager dans des régions montagneuses reculées. « Les gens avaient peur », dit-il, à cause des avions qui ont déferlé et fumigé. Dans de nombreuses cliniques, Wands a vu des soldats, ce qui, selon lui, découragerait les Indiens touchés par les embruns de sortir de leur cachette pour obtenir de l’aide. Un membre de la tribu Mam sur les flancs d’un volcan à San Marcos l’a clairement expliqué à Wands: La guerre contre la drogue, a-t-il dit, «n’est qu’une autre tactique» de la contre-insurrection ». Lire ici le dossier sur la Guerre à la drogue via les herbicides. Les photos on été prises en Colombie semble-t-il, où on a pratiqué de même avec le mêmes engins … et le même produit. La photo du militaire US, le colonel Christopher Hughes, commandant de la Joint Task Force-Bravo de la Soto Cano Air Base, au Honduras a été prise a Belize durant l’exercice New Horizons Belize 2007.

Mais en 1997, rien ne va plus. Les américains tapent du pied, car ils ont constaté que la coke est bien présente sur le territoire devenu indépendant et doutent fortement de l’efficacité de la police locale : « Les informations provenant des enquêtes ont abouti au cartel de la vallée du Nord de la Colombie, l’un des nouveaux groupes qui ont vu le jour depuis que les chefs des cartels de Medellin et Cali ont été emprisonnés ou tués Les enquêteurs pensent qu’Albert Gordon, un pêcheur bélizien qui a été arrêté en mai à la suite d’informations développées lors des opérations de mars et avril, est un contact ici pour Jose Nelson Urrego Cardenas, connu sous le nom de «El Loco». Urrego est recherché pour coups et blessures à Cali et trafic de drogue à Bogota et Barranquilla. La police affirme qu’il est le contact du cartel de la vallée du Nord sur l’île de San Andres, le point de départ de la Colombie vers l’Amérique centrale et les Caraïbes. «De toute évidence, le trafic [au Belize] est géré depuis. . . La Colombie et le Mexique », a déclaré une source. Brooks a convenu que les trois à cinq gangs opérant au Belize sont contrôlés depuis l’extérieur du pays, ce qui rend la coopération internationale, telle que la réunion des enquêteurs sur les drogues du mois dernier, essentielle. En comparant les notes, les enquêteurs ont décidé que leurs suspects – Béliziens, Colombiens et Mexicains – avaient des liens avec Amado Carrillo Fuentes, le chef de file de la drogue accusé récemment décédé au Mexique ».  Fuentes, on le rappelle, était surnommé le « seigneur du ciel » en raison de sa flotte aérienne d’avions chargés de cocaïne… A Belize c’étaient certes plutôt des bateaux rapides (un exemple de 2011 ici à droite à Caye Caulker) qui apportaient à l’époque la cocaïne, en priorité, mais il y avait déjà aussi des avions. « En 1986, des centaines d’emballages étanches contenant un kilo de cocaïne flottaient dans le nord du lagon, au nord de Gales Point. L’année suivante, un avion transportant 560 kilos de marijuana s’est écrasé sur la piste d’atterrissage de l’hôtel Dangriga Pelican Beach (ici à gauche en 2016, remise à jour et goudronnée), et les autorités ont pris ailleurs un homme de Gales Point en direction de Chetumal avec de la marijuana. En 1988, un citoyen bélizien qui conduisait fréquemment de Gracie Rock à Gales Point a écrit au Belize Times: «Lors de mes nombreux voyages dans la région, j’ai personnellement vu des avions atterrir en plein jour sur la route. Je comprends d’autres personnes qui voyagent également dans la région que les avions atterrissent également la nuit. On pense généralement que la cargaison est de la drogue. « En effet, en 1990, les autorités antidrogue avaient identifié Wales Point comme une cible fréquente pour les programmes de trafic aérien, en particulier les largages de cocaïne. » On note tout de suite ici la particularité unique du pays : au Belize, les avions ont une fâcheuse tendance à se poser, effectivement, sur les routes !!! Le rapport « The Supply of Illicit Drugs to the United States from Foreign and Domestic Countries » de 1988 est sans ambiguïté là-dessus :… « début 1987, environ 1 100 hectares de cannabis étaient en culture au Belize. La plupart des cultures se faisaient dans des zones montagneuses reculées où l’accès au sol était difficile. Au Belize, il a été estimé qu’environ 900 kilogrammes de marijuana peuvent être récoltés sur un hectare de cannabis. Un effort continu d’éradication aérienne s’est révélé efficace pour détruire environ 80 pour cent du cannabis à la fin de 1987. La production de marijuana a été réduite d’environ 500 tonnes en 1986 à environ 200 tonnes en 1987, une réduction attribuée à des opérations d’éradication soutenues en 1987 par rapport à celles menées à intervalles réguliers en 1986. De petits avions, utilisant souvent des parachutages et des navires de ramassage, transportaient de la marijuana aux États-Unis à partir des nombreuses pistes d’atterrissage clandestines dans des régions reculées du Belize où la présence des forces de l’ordre était faible. La marijuana a également été introduite en contrebande aux États-Unis dans des navires privés ».

En 1995, dans la continuité des faits, des fast-boats avaient déjà été régulièrement repérés sur la côte. » En 1995, lorsque les garde-côtes des États-Unis ont chassé deux vedettes rapides dans les eaux territoriales du Belize, des trafiquants ont abandonné 1,1 tonne de cocaïne de Cali alors qu’ils tentaient de s’échapper. L’année suivante, des responsables béliziens ont interrompu un effort de transbordement d’une importante charge de cocaïne sur l’extrême sud des Sapodilla Cayes. En 1997, les autorités béliziennes ont trouvé 1 768 kilos de cocaïne sur un bateau immatriculé en Colombie à South Water Caye.  En 2001, la Marine royale britannique a alerté l’aile maritime du BDF d’un bateau rapide. Après une poursuite, quatre trafiquants se sont échappés; le cinquième, de Sinaloa, au Mexique, a été capturé et plus de 1 000 kilos de cocaïne ont été saisis (ici à droite). Puis, en 2005, une opération conjointe BDF-DEA a localisé 2 376 kilos de cocaïne enfouis sous une humble maison en bois sur pilotis à Tobacco Caye, à l’est de Dangriga (ici à droitee)  près de l’un des principaux canaux traversant la barrière de corail ». On peut déjà constater que le poids de la marchandise en poudre est bien conséquent. Il dépasse bien souvent la tonne !

Mais en réalité, l’arrestation de Gordon avait viré au fiasco, en raison de la corruption de la police locale. Or le fameux « pêcheur » arrêté était bien davantage que cela : « La police a confisqué un bateau appartenant à des Colombiens et 1 183 kilos de cocaïne cachés dans une mangrove des îles Turks, sur les récifs au vent. Le conspirateur bélizien Albert Gordon prétendait être un simple pêcheur, mais sa maison contenait vingt-cinq mille dollars; des équipements de communication coûteux, y compris des radios haute fréquence; et un système de positionnement mondial pour localiser le trafic aérien. Les autorités ont également découvert, qui tentaient de se cacher dans la maison de Gordons, deux Mexicains, deux habitants de Sarteneja et quatre Colombiens qui étaient entrés illégalement dans le pays, dont un dont le frère avait été emprisonné pendant cinq ans dans un remarquable cas de trafic de cocaïne de 1991 . » Mais l’affaire, pourtant bien établie, avait au final tourné court :  « Encore une fois, cependant, le gouvernement n’a pas réussi à poursuivre les suspects avec succès. L’inspecteur de police Daniel Itza avait trouvé une clé à la résidence Gordon qui convenait au bateau qui avait transporté la cocaïne. Cependant, les fonctionnaires ont congédié Itza pour mauvaise conduite dans une autre affaire, et il a soudainement disparu de son prochain emploi, en tant que chauffeur de taxi à Belize City, manquant ainsi de recevoir une citation à comparaître et un mandat d’arrêt pour témoigner. Le magistrat en chef Lord a alors jeté toute l’affaire hors du tribunal, absout Gordon et a ordonné l’expulsion des Colombiens, après qu’il aient payé des amendes de six cent dollars pour entrée illégale. Les médias béliziens ont remis en question la décision de Lord d’accorder à la police vingt-quatre heures pour localiser Itza, puis de classer l’affaire, moins de six mois après les arrestations. Le principal journal du pays a observé: «Pour les personnes et les organisations préoccupées par l’immense influence des barons de la drogue au Belize, tout ce scénario de la police, de la poursuite et du pouvoir judiciaire laisse un mauvais goût dans la bouche ». La corruption existait déjà et on ne peut pas dire qu’elle ait beaucoup baissé depuis, à voir la totale inefficacité actuelle de la police de Belize ! On retrouvera, le 3 mars 2015, le dénommé Gordon, alors âgé de 61 ans, décédé, asphyxié, dans sa cellule : il était tuberculeux, sous alimenté il avait à nouveau été arrêté, visiblement. Triste fin.

Angel John Zabaneh, une affaire emblématique 

« En 1981, le vaste trafic de drogue dans le sud du Belize a gagné en publicité lorsque des agents de la division des stupéfiants du Texas ont rompu un réseau de contrebande de marijuana, appréhendant trois suspects. L’un d’eux a identifié son fournisseur comme étant Angel John Zabaneh, un célèbre cultivateur d’agrumes et de bananes d’une importante famille bélizienne d’origine libanaise.   » L’année suivante, les autorités béliziennes ont arrêté Zabaneh après avoir trouvé un entrepôt contenant de la marijuana transformée à Independence. Cependant, deux étrangers ont accepté la responsabilité des stupéfiants saisis, et Zabaneh a été accepté, bien qu’il n’ait pas été mis en prison, dans un complot de trafic et de distribution de marijuana. La chute de Zabaneh est survenue après que les responsables du contre-espionnage béliziens, dans un exemple notable de travail coopératif antidrogue avec les États-Unis. application de la loi, a mis sur écoute sa ligne téléphonique, a appris qu’il prévoyait de se rendre au Guatemala pour affaires et a transmis ces informations à la DEA. À Guatemala City, des fonctionnaires de police et un agent de DEA ont bloqué l’avion et les autorités de l’aéroport guatémaltèque ont détenu Zabaneh pendant la nuit comme indésirable. De par sa conception, son expulsion hors du pays a emprunté la route Guatcmala-Houston-Belizc, il était assis à côté d’zabacnun agent de la DEA, qui l’a dûment arrêté alors que l’avion approchait de l’aéroport de Houston. Bien que les actes d’accusation en Louisiane et au Mississippi aient finalement été rejetés, en 1986, un jury texan a reconnu Zabaneh coupable de complot en vue d’importer de la marijuana et d’en avoir détenu et distribué 527 kilos. »

Zabaneh étant un industriel de la banane, un gros industriel dans un petit pays et ses sociétés se sont effondrées avec son arrestation et sa condamnation, provocant un marasme national sur le produit (il faisait à lui seul 1/5 des exports !) : en 2015 et 2016 les exportations de banane de l’Etat tout entier se sont effondrées. L’accusation US était nette : la famille Zabaneh travaillait bien pour « El Chapo Guzman ». Un site rappelait aussi une chose importante : « les Béliziens peuvent se rappeler que Dion Zabaneh était impliqué dans une transaction de décembre 2004 dans laquelle il aurait reçu 6,2 milliards de dollars béliziens pour les convertir aux États-Unis, pour Belize Telemedia Limited (BTL), alors connue sous le nom de Belize Telecommunications Limited. L’argent n’a jamais été retourné à BTL. Pendant ce temps, le seul incident connu de Daniel Moreno (son associé) avec la police est lorsque son domicile a été systématiquement fouillé par le Gang Suppression Unit (GSU) en avril 2012 et il a été accusé de possession d’une seule cartouche de fusil de chasse. » Zabaneh posssédait aussi Mayan King Limited (une ferme de bananes dans le sud de Belize dirigée par John Zabaneh), Mid-South Investments Limited (un constructeur de bâtiments de  Coney Drive dans Belize City), Crown Paradise Enterprises Limited (une location d’appartements de villégiature et marina dans le Stann Creek District), et Belize Chemicals Limited (produits pharmaceutiques). La compagnie de son associé Moreno est Supermarket Company Limited de College Road dans la ville de Corozal. On trouvera plus tard que le dirigeant de sa ferme de production de bananes, Horst Schoenhoff, avait été impliqué déjà en 1990 aux USA dans une affaire de marijuana (et condamné à 15 ans de prison et 60 000 dollars d’amende aux USA,  et que ses associés et lui avaient été mouillés dans l’import d’avion colombiens envoyés aux USA, voir plus loin ici)…. Un journal local l’avait retrouvé aussi sur un registre de la Commission de la sécurité sociale qui venait de rendre public un avis d’investissement dans la presse. L’avis indiquait que le conseil d’administration de SSB proposait de prêter 1,5 million de dollars à Diverse Development Limited pour un volume d’«achat d’engrais et d’autres intrants», fin de citation. Comment avait-il pu passer au travers du radar de cette commission, mystère !  A noter que la société était enregistrée à Londres, au nom de Kerry Michael Edward How.

… En décembre 1984, en effet, Schoenhoff , James R.Goff et trois autres, Benjamin Phillip Barrington, ancien de la guerre de Corée (il est décédé en 2018), Romulo Lonkuntze, Terry B. Drewes, avaient en effet participé à un import de marijuana aux USA avec deux colombiens, Munoz et de Becerra : « Selon le gouvernement, quatre des appelants, ainsi que d’autres, ont planifié et effectué l’importation de près de 1 000 livres de marijuana du Belize en novembre et début décembre 1984. Goff aurait été responsable de ce chargement, Drewes était son co -pilote et « kicker », Schoenhoff (ici à droite) était le « contact » avec la source ou les producteurs béliziens, et Barrington a prêté à Drewes et Goff un instrument de navigation Loran pour aider l’entreprise. Le 1er décembre, Goff et Drewes ont piloté un Twin Bonanza de Sweetwater, Texas, au Belize et ramassé la marijuana. Le plan initial était de «donner un coup de pied» à la charge (la larguer !) sur un site de largage près de Fort Stockton. Goff et Drewes ont toutefois décidé d’atterrir à l’aéroport de Sweetwater, où ils ont amené l’avion dans le hangar de Poe qui avait été loué par un co-conspirateur. Drewes et d’autres ont chargé la marijuana de l’avion sur un camion qui avait été équipé d’une coque de camping-car pour cacher son contenu. Une fois le camion chargé garé à plusieurs endroits, il a finalement été conduit à Tye, au Texas, où des agents du gouvernement ont saisi 969 livres de marijuana dans le camion ». En fait « La charge de quelque 45 sacs de marijuana a été larguée sur un site près de Pecos, au Texas, dans la nuit du 4 janvier 1985. Trente-huit sacs ont été récupérés par l’équipe au sol et chargés sur un camion qui a été conduit à Odessa et stationné pour la nuit au motel de Spratlen. Le lendemain, alors que le camion était chassé des agents du gouvernement chargés des stupéfiants, il l’ont suivi jusqu’à une maison isolée au bord du lac Granbury, au Texas » (…) Spratlen a également déclaré que le 9 ou le 10 janvier, Barrington et Schoenhoff se sont envolés pour Las Vegas avec un total de 660 000 dollars ». L’accusation évoquait au départ un Titan 404 Cessna, celui de Barrington, qui devait être piloté par Goff et Drewes. Mais « parce que le point de ramassage du sud de la Colombie aurait été au-delà de la portée du Titan 404, la « cachette » de cocaïne devait être déplacée vers un endroit plus au nord. Toutefois, avant que le déménagement ne soit accompli, la cocaïne aurait été confisquée par l’armée colombienne et l’importation prévue avait été annulée ». En 1974, Barrington s’était fait tancer par la FAA pour avoir transporté à Las Vegas (McCarran) des passagers sur le Cessna 337A N5322S bimoteur sans en avoir le droit. Il avait été suspendu de vol.

La corruption de la police pour les protéger 

Mais le problème sur place ce n’était pas que la drogue et les trafiquants, mais ceux qui les protégeaient. « En notant que les élites béliziennes ont généralement agi en toute impunité, rares sont ceux qui se souviennent d’un cas où une personnalité éminente a été sérieusement pénalisée pour comportement criminel. Et, la famille Zabaneh s’est démarquée au Belize, avec des membres particuliers ayant augmenté dans les affaires, la politique et la société au fil des ans. Si une grande partie de la famille n’a pris aucune part aux activités de trafic illégal, l’ampleur de l’implication des autres est rapidement devenue un sujet de controverse publique. En 1994, la police a appris le trafic de cocaïne sur Coco Plum Caye, une île au sud de Dangriga, propriété des Zabaneh. Les agents ont placé le cale sous surveillance et ont rapidement observé des activités suspectes. Une tentative d’interrompre une importante transaction de drogue s’est toutefois retournée contre lui lorsque la police est intervenue trop rapidement. Les autorités avaient repéré Michael Zabaneh dans son hors-bord à proximité, et bien qu’ils ne l’aient pas capturé, il a finalement choisi de se rendre. Pendant ce temps, la police a arrêté Richard Sjogreen, qui s’est décrit comme un ancien employé de la famille Zabaneh. Après avoir trouvé 3 kilos de cocaïne dans le bateau de Sjogreen, ils ont découvert 225 kilos enfouis dans le sable à proximité ».

Une corruption qui a longtemps bloqué les enquêtes sur le campus Zebaneh « Malgré ces preuves, l’affaire judiciaire s’est rapidement effondrée. Même après que Sjogreen a été libéré sous caution, a fui le pays, puis a été de nouveau arrêté à son retour au Belize des mois plus tard, aucune condamnation n’a été prononcée. L’affaire a été entendue à Dangriga et présidée par un juge de la Cour suprême George Meerabux, qui a été mis en accusation pour corruption de nombreuses années plus tard, est devenu le premier juge de l’histoire du Belize à être révoqué involontairement. Des éléments de preuve tirés de l’enquête sur la mise en accusation entreprise par le Conseil consultatif du Belize sembleraient indiquer que dans l’affaire Sjogrccn, le juge Meerabux avait profondément miné le travail du procureur de la Couronne Dionne Gallimore. Lors de la procédure disciplinaire judiciaire, l’agent de police Lincoln Jones, chauffeur de Meerabuxs, a déclaré que lors du procès Sjogrccn, il avait trouvé une pile de billets de cent dollars de quatre pouces d’épaisseur dans un sac dans la salle des juges, dont Meerabux lui a donné deux cents dollars. Il a également déclaré que, sur le chemin du retour à Belize City, le juge Meerabux a déclaré: « Joncsy, si j’obtiens cinq ans de contrat, je serai millionnaire. ». Dans une décision qui a rendu furieux les États-Unis Le personnel de l’ambassade et a appelé au Belize pour sa mise en accusation, le directeur par intérim des poursuites publiques I.atchman Sooknandan, a choisi de classer l’affaire contre Michael Zabaneh. Bien que Sooknandan ait cité le manque de preuves et les manigances de la police, un inspecteur de police très familier avec l’affaire avait observé: «Nous sommes convaincus qu’il y a suffisamment de preuves pour porter cette affaire devant les tribunaux», et le procureur général par intérim Wilfred Elrington a déclaré de manière concluante, «Ihe l’affaire aurait dû être tranchée par un tribunal. » Enfin, le procureur général Dean Barrow a choisi d’accepter la décision Sooknandans, même si, pour certains, cette décision a été entachée parce que Barrow son frère, Denys, représentait l’accusé. Bien que la théorie selon laquelle la corruption ou l’intimidation ait pu être impliquée n’ait jamais été prouvée, les soupçons persistent:  «L’affaire Ihe Coco Plum Caye illustre comment les autorités béliziennes n’ont pas réussi à poursuivre avec succès un trafic substantiel qui aurait impliqué des élites locales. Les forces de l’ordre ont bâclé la livraison surveillée. Un jury ne condamnerait même pas le suspect pris avec les drogues. Des pressions ont peut-être été exercées au sein du système de justice pénale, et un éminent Bélizien pris dans cette affaire n’a jamais eu à faire face à des accusations devant les tribunaux. Ce type de cas très médiatisé a ensuite eu des conséquences qui se sont répercutées lorsque les Beliziens ont décidé de participer ou de résister au trafic de drogue. L’affaire Coco Plum Caye défendait la proposition selon laquelle des sommes importantes pourraient être empochées, tandis que de graves répercussions seraient évitées, si l’on aidait les principaux réseaux à transborder de la cocaïne à travers le Belize. » Bref, tout était en place pour une omerta entretenue, dont on voit encore aujourd’hui les effets. Tous les jours désormais des avions se posent bourrés de cocaïne et les gens soient ne disent rien, soient attendent que la police ne fasse rien….

En 1997, les jeux sont faits : Belize est officiellement reconnue touché par le trafic

Ça devient officiel dans le milieu années 90, comme devient en même temps le fait que l’on constate que sur place rien n’est fait pour l’endiguer : personne n’est condamné. Il faudra attendre le cas d’Angel John Zabaneh pour que ça change un peu, mais au bout d’une très longue procédure. »Le gouvernement du Belize a reconnu que la drogue était devenue un problème au sein de la population et une source majeure de criminalité, en particulier les meurtres de membres de gangs à Belize City. Le Plan national de contrôle des drogues a été créé en janvier 1996 avec l’aide du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (The Reporter 1996). Il y a aussi la Pride Belize Foundation, une ONG qui travaille sur la prévention et l’éducation en matière de drogue, qui a reçu plus de 2,5 millions de dollars de l’USAID sur 11 ans. Cependant, avec la fermeture du bureau de l’USAID au Belize en juin 1997, cette seule source de financement a été supprimée (page d’accueil de la Pride Belize Foundation). Les discussions des ministres du gouvernement et leur implication dans le commerce de la drogue se sont également intensifiées. Les scandales dans les années 80 de plusieurs ministres du gouvernement qui tiraient de l’argent du commerce de la marijuana sont similaires à la discussion d’aujourd’hui sur les liens du cartel de la cocaïne entre les ministres du gouvernement et le routage de la cocaïne à travers le Belize. Aucune condamnation n’a jamais été obtenue. Malgré les effets manifestement dévastateurs de la participation au commerce de la drogue, les gens ramassent encore des balles de cocaïne tombées pendant la nuit et les vendent pour une richesse instantanée. Le village de Xcalak a été inondé de cocaïne après qu’un avion colombien a largué de nombreux sacs de cocaïne emballés dans du plastique, un flotteur sur chacun, juste à l’extérieur du récif. Au cours des jours suivants, un homme a été tué à la machette et a été retrouvé flottant le long du littoral, et un autre avait disparu. Les villageois ont affirmé qu’il s’agissait d’une lutte pour le transport de cocaïne. Des sacs en plastique noir ont été retrouvés enfouis dans la brousse. Il y a encore plus de cette activité dans le sud, à Placencia et Dandriga. Bien que personne ne sache combien de cocaïne et d’héroïne transitent par le Belize, la quantité a sensiblement augmenté. Le rapport du Département d’État note que les chances de poursuivre des affaires de drogue sont pratiquement nulles. L’arrestation en 1996 du gendre du ministre de l’Intérieur Elito Urbina pour avoir dirigé une piste d’atterrissage illégale où un avion suivi par les États-Unis, dans lequel la Drug Enforcement Agency avait constaté qu’il transportait 286 kilos (849 livres) de cocaïne, sans aucune condamnation (…) dans ce cas, cependant, en raison d’enquêtes mal gérées et de la destruction de dossiers dans un mystérieux incendie de voiture de police »(Farah 1997, A27). »

Et la DEA qui joue avec le trafic.. comme bon lui semble

Le trafic une fois mis en place, les agents de la DEA en font ce qu’ils veulent. Vexée de voir les champs de marijuana s’étendre dans le pays, alors qu’elle tente de circonscrire ceux du pays voisin à grands coups de Round Up, elle s’en est prise à une tête de turc qui semblait lui résister :  « les contrevenants peuvent même être reconnus coupables de délits liés à la drogue sans posséder aucune drogue. Elijio Briceno, ancien ministre de l’Énergie et des Communications du Belize, a été arrêté en avril 1985 après avoir accepté l’argent du front d’agents de la DEA à Miami pour de prétendues drogues qu’il n’avait jamais livrées. Les troubles de Briceno ont commencé en octobre précédent, alors qu’il était encore au service du gouvernement du Belize, une nation qui avait attiré l’hostilité de l’administration Reagan pour son attitude décontractée envers la marijuana. Briceno en particulier avait offensé la DEA en s’opposant officiellement à sa demande de pulvériser des champs de marijuana avec du paraquat toxique (du Round Up). (Au Belize, la DEA n’est pas entravée par les restrictions de l’Environmental Protection Agency) ». Des menaces, ou un piège, la technique habituelle américains lui ont alors été appliquées :  « alors que Briceno était toujours au pouvoir, l’agent de la DEA, Robert Ridler, s’est approché de Briceno, lui demandant d’acheter de la cocaïne ou de la marijuana (l’entrevue avait eu lieu à Chetumal au Mexique !). Lorsque Briceno a exprimé son intérêt, la DEA l’a importé de venir aux États-Unis avec quelques marchandises. Selon l’avocat de Briceno, Reber Boult, Briceno a reporté la DEA, insistant pour qu’ils lui apportent d’abord l’argent. Des semaines de marchandage s’ensuivirent, au cours desquelles le parti de Briceno perdit les élections de 1984 et Briceno commença à faire face à des difficultés financières. Enfin, la DEA l’a persuadé de se rendre à Miami en échange de quelque 32 400 dollars ». Bien sûr là c’était la deuxième solution choisie par la DEA, via un informant-aviseur resté dans l’ombre :Briceno a été arrêté lorsqu »il a récupéré l’argent. Il a été inculpé de trois chefs de complot et de 20 chefs d’utilisation du téléphone pour commettre un crime fédéral (passible d’une peine de quatre ans chacun); la DEA elle-même avait initié au moins 16 des appels, et en téléphonant à Briceno depuis la Caroline du Nord, elle a réussi à faire juger Briceno à Wilmington, l’un des quartiers les plus conservateurs et les plus enclins à des condamnations du pays. Devant le tribunal, l’avocat Boult a fait valoir que son client n’avait pas l’intention de livrer de la drogue mais qu’il ne cherchait que l’argent, une arnaque pas rare au Belize. Alors que les porte-parole de la DEA ont décrit Briceno comme un « grand revendeur de marijuana », Boult a fait valoir qu’il n’avait aucune des ressources, des capacités ou de la richesse d’un grand concessionnaire. Selon une déclaration sous serment d’un témoin, l’agent de la DEA, Russell Reina, avait admis en privé que « Briceno n’était pas un pivot ». Néanmoins, Briceno (mort en 2016) a été condamné à sept ans (il en risquait 48 !) et à une amende de 50 000 dollars, au grand scandale de ses compatriotes béliziens. Plus de 3 000 de ses concitoyens ont signé une pétition pour sa libération. « Les Béliziens se rendent soudain compte que le gouvernement américain, par le biais de ses agents de la DEA, a peu ou pas d’égard pour les droits constitutionnels de nos citoyens béliziens et la souveraineté de notre pays », a estimé un chroniqueur du Belize Times ». Aujourd’hui, le leader d’opposition du PUP ( People’s United Party) est Johnny Briceno, son propre fils... pour lequel il avait fait campagne juste avant de décéder.

Première alerte en 2001

En 2001, première apparition d’un trafic aérien, avec la découverte d’un appareil carbonisé, dans le district de Toledo, au sud du pays, dont la ville principale est Punta Gorda. « Le soir du 21 mars, un B.D.F. La patrouille a observé un avion qui tournait dans la zone du Sarstoon supérieur et, lorsqu’ils ont enquêté le lendemain matin, ils ont trouvé les restes brûlés d’un petit bimoteur. L’avion avait apparemment effectué un atterrissage sans succès sur une piste d’atterrissage illégale près des rives de la succursale de Savery du Sarstoon, à environ cinq kilomètres à l’est de Gracias a Dios Falls. La piste en question avait auparavant été désactivée par le B.D.F. en faisant de grands trous dans la piste en terre avec des explosifs. Les trafiquants de drogue avaient tenté de réparer les dégâts, mais on pense que le train d’atterrissage de l’avion s’est effondré au contact de la surface inégale. Aucun signe du pilote ou de drogue n’a été trouvé dans la région et il n’est pas clair si l’avion était là pour livrer ou ramasser une cargaison des États-Unis. stupéfiants liés. Mercredi, le B.D.F. a découvert une autre piste d’atterrissage précédemment désactivée à un mile à l’est, cette fois sur la rive nord de la rivière Sarstoon dans un endroit appelé « Happy Home ». Elle avait également été réhabilité et était en cours de préparation pour être utilisé car plusieurs bidons d’essence et d’huile de lubrification ont été trouvés sur le site et pourraient être utilisés par des bateaux de grande puissance. Il n’y a pas d’accès routier à l’une ou l’autre des pistes d’atterrissage clandestines et les autorités sont fermement convaincues que la main-d’œuvre nécessaire pour reconstruire les pistes ne pouvait provenir que des villages guatémaltèques situés au sud du fleuve. La zone frontalière éloignée autour de l’embouchure du Sarstoon a longtemps été un foyer d’activité de drogue, car il y a de nombreuses criques pour que les bateaux se cachent et une présence policière très limitée par les deux pays ». L’article, hélas, ne précisait pas le type d’avion : Piper Aztec, Beech Baron, le temps n’était pas encore à de plus gros engins.

Le chalutier à un milliard 

Le nouveau siècle allait vite s’avérer être celui de la consommation de masse de la coke. En 2001 également, ce n’est pas d’avions dont on parle dans la presse mais de bateaux. Un grand chalutier déjà bien rouillé, long de 52 mètres et 538 tonnes, construit en 1969 par Kanasashi Heavy Industries, de Shizuoka au Japon (ici à gauche), arrêté par les gardes-côtes US au large de la Californie:  le Svesda Maru qui avait à son bord 10 hommes d’équipage, 2 russes et 8 ukrainiens. Il avait été repéré le 28 avril au large d’Acapulco, au Mexique, car il n’emportait pratiquement aucun équipement de pêche de visible sur son pont ou ne s’en s’était jamais servi durant son périple : les trafiquants avaient oublié ce détail visible d’avion de surveillance Orion !!!  Il avait donc été pisté et intercepté le 3 mai pour être remorqué par les garde-côtes à San Diego où les policiers mettront cinq jours à le fouiller et finir par découvrir la drogue, dissimulée dans plusieurs compartiments secrets, pour ce bateau qui ne pêchait jamais. Il sortiront en effet pas moins de 11,9 tonnes de cocaïne de cocaïne, record toutes catégories de l’époque, d’une valeur de 844 millions de dollars, pas loin du milliard, donc ! Elle remplira tout un quai de San Diego (ici à gauche) ! Un des marins russes, Alexandre Chagovic, sera déclaré en 2004 «non coupable» avec ses collègues de toutes les charges retenues contre lui. Agé de soixante-sept ans, il avait accepté tout bonnement une offre de travailler sur un bateau de pêche en Amérique du Sud en 2001 comme a réussi à le prouver son avocat du cabinet Russell Babcock. Il avait été jeté en prison pendant trois ans pour rien ! On avait découvert dans son procès le rôle trouble d’un informateur colombien et aussi les trajets préalables du navire en Équateur, au Panama et en Colombie, montrant que très certainement la cocaïne avait été installée à bord dans le port de Guayaquil, en Équateur et non en mer, comme l’avait dit l’informateur (c’était impossible à faire pour la dissimuler comme elle l’avait été au fond des cales). Or ce chalutier était enregistré au Belize jouant les pavillons de complaisance  !!! Depuis, le navire est redevenu… équatorien (et l’Erika I, enregistré à Malte). Le record sera battu le  24 avril 2007 avec le Gatun, un cargo panaméen arrêté par le garde-côtes californien Sherman, avec 20 tonnes de cocaïne transbordées à Alameda, d‘une valeur brute de 350 millions et de 880 millions à la revente.

 

 

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