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Coke en stock CCLXXIX : Belize, les débuts du trafic, celui des Zetas

Le trafic à Belize va mettre un temps à se mettre en place, facilité par la proximité du Guatemala et son régime hautement politique corrompu. Au début, au seuil des années 2000, les gros porteurs ne l’ont pas encore atteint : les plus gros appareils aperçus se limitent à des Beechcrafts de type Queen Air (puis C-90 au fil du temps). Mais un Cartel mexicain y fait tranquillement son chemin, car sans concurrent sur place. Et c’est l’un des pires, celui des Zetas, des anciens policiers véreux mexicains virés trafiquants, ceux qui vont commettre rapidement les pires exactions au Mexique, en torturant, décapitant, pendant aux ponts des villes tous ceux qui s’opposent à leur hégémonie malfaisante. Au passage, nous allons retomber sur une famille mormone bien particulière, communauté qui est déjà revenue plusieurs fois ici dans cet énorme dossier de cocaïne.

Première alerte en 2001

En 2001, première apparition d’un trafic aérien, avec la découverte d’un appareil carbonisé, dans le district de Toledo, au sud du pays, dont la ville principale est Punta Gorda. « Le soir du 21 mars, un B.D.F. La patrouille a observé un avion qui tournait dans la zone du Sarstoon supérieur et, lorsqu’ils ont enquêté le lendemain matin, ils ont trouvé les restes brûlés d’un petit bimoteur. L’avion avait apparemment effectué un atterrissage sans succès sur une piste d’atterrissage illégale près des rives de la succursale de Savery du Sarstoon, à environ cinq kilomètres à l’est de Gracias a Dios Falls. La piste en question avait auparavant été désactivée par le B.D.F. en faisant de grands trous dans la piste en terre avec des explosifs. Les trafiquants de drogue avaient tenté de réparer les dégâts, mais on pense que le train d’atterrissage de l’avion s’est effondré au contact de la surface inégale. Aucun signe du pilote ou de drogue n’a été trouvé dans la région et il n’est pas clair si l’avion était là pour livrer ou ramasser une cargaison des États-Unis. stupéfiants liés. Mercredi, le B.D.F. a découvert une autre piste d’atterrissage précédemment désactivée à un mile à l’est, cette fois sur la rive nord de la rivière Sarstoon dans un endroit appelé « Happy Home ». Elle avait également été réhabilitée et était en cours de préparation pour être utilisée car plusieurs bidons d’essence et d’huile de lubrification ont été trouvés sur le site et pourraient être utilisés par des bateaux de grande puissance. Il n’y a pas d’accès routier à l’une ou l’autre des pistes d’atterrissage clandestines et les autorités sont fermement convaincues que la main-d’œuvre nécessaire pour reconstruire les pistes ne pouvait provenir que des villages guatémaltèques situés au sud du fleuve. La zone frontalière éloignée autour de l’embouchure du Sarstoon a longtemps été un foyer d’activité de drogue, car il y a de nombreuses criques pour que les bateaux se cachent et une présence policière très limitée par les deux pays ». L’article, hélas, ne précisait pas le type d’avion : Piper Aztec, Beech Baron, le temps n’était pas encore à de plus gros engins.

Le premier Beechraft

Le 5 septembre 2007 c’était cette fois un Beechcraft Queen Air qui s’était posé sur la piste d’Hector Silva Airstrip à Belmopan (on cite aussi le San Ignacio Airstrip dans son cas). L’avion avait été « strippé », complètement vidé de ses sièges, portait un registre américain (N75TM) et avait endommagé son train lors de l’atterrissage. En 2002, l’armée anglaise avait apporté son soutien à l’agrandissement de la piste de Belmopan pour les plus gros porteurs… tels les C-130 (ou même les C-17 !) ! Officiellement pour faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire en cas de besoin. L’inauguration avait eu lieu le 24 mai 2002. L’avion des trafiquants a fini ses jours au Matthew Spain Airport de Cayo, à Belize :

 

Si les premiers avions détectés étaient plutôt des Piper Aztec, les Beechcraft Queen Air puis King Air employés pour larguer des balles de marijuana avaient été vite réquisitionnés par les trafiquants pour se poser sur les routes de Belize pour y décharger plus facilement leur contenu de cocaïne, désormais. Le premier du genre est un Beechcraft C90  qui s’était posé sur la Northern Highway le 7 mars 2008. Un modèle post N°317, à extrémité de queue plate (voir ici l’explication). Très vite cela avait été « chaud » sur place: « La police d’Orange Walk a reçu un appel disant qu’il y avait des hommes masqués armés sur la Northern Highway entre les kilomètres 40 et 41 sur la route qui arrêtaient les véhicules (c’est est l’une des quatre routes principales du Belize) Elle relie Belize City au nord-ouest du pays). « En conséquence, ils ont alerté la Force de défense du Belize ainsi que l’Unité antidrogue et toutes les équipes ont répondu. L’avion devait initialement atterrir, déposer la drogue, se ravitaille, puis redécoller, Mais alors que l’avion était en train de faire le plein, les soldats du BDF étaient arrivés sur les lieux. Il y a eu un échange de coups de feu alors que les suspects ont ouvert le feu sur les soldats. «Ils ont immédiatement essuyé des tirs, ils ont répondu en nature et en conséquence, les hommes qui semblaient avoir fait le plein de l’avion se sont précipités dans les buissons voisins et un camion, qui était à côté de l’avion, s’est également envolé dans les buissons voisins.  » Cependant, cinq des balles ont déchiré le pare-brise du camion, blessant peut-être son conducteur, qui serait un ressortissant bélizien que la police connaît et il est recherché ». L’avion était affublé d’une immatriculation vénézuélienne fantaisiste. « À l’arrière du camion, la police a trouvé un réservoir Rotoplast de neuf cents gallons qui, selon les autorités, a été utilisé pour faire le plein de l’avion. Les plaques d’immatriculation Orange Walk du camion ont également été trouvées dans la cabine du véhicule. La police ne sait pas exactement combien se trouvaient à bord, mais ils se sont tous enfuis, laissant derrière eux des preuves à récupérer par les autorités. À ce moment-là, la police ne sait pas si la cargaison de drogue a été larguée à un autre endroit avant l’atterrissage de l’avion ou s’il a été transporté loin des lieux. Mais lorsque les policiers ont fouillé l’avion, ils n’ont trouvé que du kérosène. »  Nous retrouverons bientôt cet avion ici-même…

L’avion du phare et ses balles de coke flottante 

Ça redémarre cette fois le 15 avril 2010, par un de ces « wet drops », les largages de cocaïne d’avion au-dessus de l’eau, dans des fûts insubmersibles voire de simples sachets. Mais là, c’est un largage inattendu, l’avion retrouvé devant au départ se poser sur une étroite bande de sable en front de mer. C’est cette fois devant le récif de corail du Lighthouse à 24 miles à l’est de la capitale, Belize City. Mais ce soir-là, pour une raison indéterminée, l’opération se passe mal et l’avion plonge dans l’eau. Le lendemain, un des pêcheurs du coin envoie au port le message connu « Loto de mer découvert », ce qui signifie qu’il vient de tomber sur des sachets de plastique contenant de la coke. Sur les raisons du crash, le mystère subsiste : « la bande de sable était bien éclairée par les lampes solaires ou peut-être même alimentées et le ou le pilote a juste mal jugé sa hauteur et sa vitesse, pense-t-on. Il semblerait que ceux qui l’attendaient n’étaient pas préparés et mal équipés pour un accident marin, des opérations de sauvetage ou de récupération de nuit impliquant une plongée sous-marine et peuvent avoir abandonné leurs efforts avec la pointe du jour. Ou peut-être qu’ils ont été effrayés par le malheureux accident. De toute façon le corps d’un homme présumé être le pilote a été retrouvé par un pêcheur en vacances le vendredi, flottant à proximité du récif (…) Le pêcheur et son collègue n’avaient apparemment pas remarqué les débris et ont quitté les lieux à la recherche de la découverte d’autres corps, tandis que la police commençait son enquête. Quand ils sont revenus le lendemain dimanche, c’est alors seulement qu’ils ont découvert l’épave de l’appareil ».

Pour ce qui est du type d’avion, ce n’est pas un bimoteur mais plutôt un de ces Cessna 208 Caravan à caisson ventral, modèle habitué des pistes de Belize (comme ceux de Tropic Air – qui a lui aussi eu des déboires- ou de Maya Island Air) : « des témoins de la région qui ont vu l’avion pendant les trois jours où il est resté dans la mer a dit que c’était un petit avion blanc avec un seul moteur. Le moteur s’est détaché du fuselage, et a plongé dans les eaux profondes de près de 20 mètres. Les pêcheurs de passage de la zone autour de 10 heures de la nuit le mardi 6 avril, ont rapporté avoir vu les phares d’atterrissage de la piste éclairant la piste d’atterrissage privée sur l’île. Il semble que l’appareil a dépassé la piste et a atterri dans la mer où il s’est immergé, à la pointe sud de l’île. Peut-être aussi qu’il manquait de carburant, disent certains ». Le plus étonnant de l’histoire, c’est la découverte que vont faire les médecins légistes sur le corps récupéré : ce n’est visiblement pas celui du pilote.  Son autopsie révèle qu’il a été tué, et probablement torturé avant et qu’il était bien mort avant de plonger dans les eaux : ses poumons ne contiennent pas d’eau ! Belize est bien sur le chemin d’un mafia violente. Et comme telle, on cite déjà la « Fonseca Organization ». Et une surprise de taille avec la présence dedans d’un ancien ministre et même d’un ancien premier ministre du pays, Ralph Fonseca, et de surtout Robert Hertular, déjà extradé aux USA pour l’exportation de 6 tonnes de cocaïne ! Sur Wikipedia, il n’y a aucune indication de ça dans le CV de Fonseca. La presse retrouve dans les jours qui suivent un bateau non enregistré qui était resté la nuit au bout du terrain d’atterrissage où s’était crashé l’avion. Le bateau appartient à un dénommé Damien Chamberlain, le directeur de Belize Engineering Co. Ltd. Le lendemain du crash, l’arrivée inopinée et filmée du directeur de la police, Doug Singh, discutant avec lui avant de repartir, laissait aux quelques observateurs présents une drôle d’impression. Quelque chose ne tourne pas rond dans ce dossier.

Au bout, des Lanborghinis, des Bugattis… des Mormons et un shérif US véreux !

En remontant la filière de la corruption, celle passant par Fonseca, on tombe sur un rival de taille, John Birchman Saldivar, accusé d’avoir reçu  50 000 dollars d’un industriel. Et celui-ci nous mène à un autre personnage sulfureux.  Le Belize mène parfois loin et à de terribles turpitudes… Quelqu’un d’impliqué dans une sombre histoire de biocarburant ou plutôt à une fraude sur le produit, une fraude à 470 millions de dollars au sein de la Washakie Renewable Energy Co. L’homme s’appelle Jacob Kingston, il vient de l’Utah, et il est… mormon (et comme on va le voir polygame), et membre du très influent Davis County Cooperative Society, appelée aussi « The Order », comme Isaiah kingston. Le dernier impliqué dans l’histoire s’appelant Lev Dermen (de son vrai nom Levon Termendzhyan), un arménien responsable d’une chaîne de restauration de camionneurs. Les enquêteurs retrouvent sur leurs chemins respectifs de luxueuses propriétés, de voitures de luxe de très haut niveau (notamment une Bugatti Veyron de 1,72 million de dollars et une Lamborghini Aventador de 2015, une Lamborghini Murcielago de 2008, une Ferrari 599  de 2007 et même 6 camions Kenworth T660 !), plus une villa à Istanbul et beaucoup plus dérangeant encore avec un dernier larron : un homme d’affaires turc, Sezgin Baran Korkmaz… qui est un proche du président Recep Tayyip Erdogan !!! Parmi leurs méfaits, la corruption enregistrée du Sheriff Lee Baca, de Los Angeles County, déjà impliqué dans une histoire de comportement douteux avec ses prisonniers (au point d’en avoir laissé mourir un en prison), ou avec ses démêlés avec Mel Gibson ou Paris Hilton, pour fermer les yeux sur leurs agissements. Baca a fini lui-même en prison !!! Une bien belle fraude qui rappelle celle à la the carbone ici en France : « en transportant une charge de biodiesel à l’intérieur et à l’extérieur du pays et en falsifiant prétendument des rapports à l’Agence fédérale de protection de l’environnement, Kingston a déclaré que lui et Dermen avaient pu obtenir plus de 2 $ par gallon en paiements et en crédits de carburant renouvelable encore et encore pour le même approvisionnement en carburant. En partant du pays vers l’Inde et le Panama, le carburant serait étiqueté «biodiesel», mais revenant dans les ports de Californie et du Texas, le même carburant serait rebaptisé «matière première» ou l’une des diverses huiles végétales et graisses de cuisson utilisées dans la production de biodiesel. Kingston et la société auraient ensuite prétendu à tort avoir raffiné la matière première de la raffinerie de l’Utah afin de recevoir des millions de dollars en incitatifs fédéraux, selon les frais fédéraux. » À un moment de son témoignage, Kingston a déclaré que lui et Dermen s’étaient arrangés pour «faire tourner» les mêmes 15 millions de gallons de biodiesel si souvent qu’ils pouvaient réclamer plus de 250 millions de dollars en incitatifs fédéraux dans le cadre du programme environnemental visant à encourager une combustion plus propre. combustibles et autonomie énergétique. ». Bref une escroquerie en forme de tonneau des Danaïdes, mais à bio-fuel !… Dans la secte mormone de la famille Kingston, on avait pu découvrir bien des turpitudes : John Kingston lui-même avait passé plusieurs mois en prison pour avoir battu la sœur de Jacob et Isaiah quand celle-ci avait tenté de s’échapper pour éviter d’être mariée à 15 ans à son oncle, David Ortell Kingston, qui avait donc eu des relations sexuelles incestueuses avec elle avec le soutien de Jacob, Isaiah et leur père ! David avait pris lui 4 ans de prison. Jeremy Kington lui avait été condamné pour avoir épousé sa tante, LuaAnn, qui n’avait alors que 14 ans. Etrangement, ce n’est pas la première fois que l’on retombe sur des mormons liés à des affaires douteuses, dont celle de transfert de coke… A noter, ce n’est pas tout en effet, que parmi les saisies des policiers il y avait eu les bâtiments de la société Desert Tech, ex Desert Tactical Arms un fabricant d’armes créé en 2007 par Nick Young, le neveu de Paul Elden Kingston.!!! A 9 000 euros le fusil « bullpup », sûr que la religion a de quoi payer ses faux frais… mais qu’en pense donc Dieu?

L’avion « récupéré » par les mexicains

Tout aussi  intrigante est la récupération en 2011, à la barbe de la police, d’un vieil avion amené au départ au Belize par des mexicains (un modèle « Excalibur » avec moteurs 8 cylindres Lycoming IO-720 visiblement, d’après la photo fournie, voir tous en bas).  A gauche c’est un Piper Navajo saisi aux trafiquants à la même époque. « La police du Belize dit qu’elle enquête sur une série d’événements étranges à l’aéroport international Philip Goldson (PGIA) impliquant trois avions mexicains, le principal étant un avion précédemment confisqué (d’une opération de drogue présumée) qui a été sorti du Belize sans autorisation l’autorisation après que deux hommes, que la police n’a pas nommés, ont été autorisés à le prendre lors d’un vol d’essai, mais ne sont jamais revenus. Le ministre de la Police et de la Sécurité publique, Doug Singh, a déclaré à Amandala aujourd’hui, jeudi, que la police n’a toujours pas résolu le mystère d’un Beechcraft Queen Air 65 immatriculé au Mexique, qui a apparemment été sorti du pays, violant ainsi l’approbation officielle de son départ. jusqu’à Dangriga pour un vol d’essai. Il a quitté l’aéroport international Philip Goldson à 6 h 42. le samedi 29 janvier 2011. Singh a déclaré que la chose déconcertante à propos de cette affaire est qu’il n’y a pas de documentation à la disposition de la police pour indiquer qui sont les hommes qui ont décollé avec l’avion. Il a dit que trois véhicules sont entrés dans l’enceinte de l’aéroport ce matin-là. La possibilité d’une collusion avec les habitants fait l’objet d’une enquête par la police. Les observateurs trouvent étrange, cependant, que les autorités béliziennes indiquent qu’elles ne connaissent pas les noms des hommes qui sont partis avec le Beechcraft, en particulier le pilote, qui aurait dû présenter une sorte de documentation officielle pour obtenir l’autorisation de voler dans l’espace aérien du Belize. Ici, autre récit du même événement  :  l’avion était le XB-LRP qui venait de Jamaïque. ,-note-t-on. A gauche ci-dessus c’est un avion – un Queen Air Excalibur- ayant servi à de la contrebande de drogue dans les années 85, montré dans un reportage sur la RAF encore seulement sur place en 19991 à Belize avec ces Harrier… c’est à regarder ici (c’est en 3 épisodes).

« L’engin, avec seulement les sièges de pilote et de copilote, apparemment destiné au transport de marchandises, a une histoire intéressante. Il a été confisqué par le gouvernement du Belize il y a quelques années dans la région de Belmopan, à la suite d’une opération de drogue présumée, et a ensuite été vendu aux enchères, selon les rapports de la police. (La photo qui apparaît avec cet article est une image de l’avion d’origine, qui a depuis été rénové.) Selon les informations d’Amandala (une radio de Belize), l’engin, construit en 1960, avait été immatriculé aux États-Unis auprès de Runway Enterprises Inc. de Floride (une société appartenant à Biro Ninoska mais maintenant inactive) sous le numéro de série LF-19. L’engin a été enregistré jusqu’à il y a un an sous le nom de N19LF aux États-Unis, «N» étant le code pour les États-Unis. Or Ninoska détenait B S AIRLINES SUPPLY, CORP. » Installé à Miami, c’était le propriétaire notamment du King Air 65 N168SB passé chez Luxury Air-Land Toys Corporation, dirigée par Jorge Ortiz, en 2014. Devenu V3-HHN – et donc à Bleize- chez Salim Ahmed Bin Etadmao-Belize Aviation Engineering Company Ltd en 2011 et auparavant YV-516CP chez Avivensa Servicios Avensa. Je l’avais repéré ici en 2015 avec d’autres King Air 90, acronymes (les YV-465CP  et YV-467CP) visible sur la base aérienne de Francisco de Miranda. C’était le LW-322 : ce serait peut-être bien le fameux « LF-19 » en fait. « Puis, en janvier 2010, le Beechcraft a été radié aux États-Unis et exporté au Mexique, comme l’a indiqué la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis. Selon les informations officielles du Belize, le numéro d’enregistrement de Beechcraft au Mexique était XB-LRP, «X» étant le code de ce pays. L’engin, évalué à environ un demi-million de dollars du Belize, est arrivé au Belize de la Jamaïque en avril 2010 pour des réparations, a déclaré Singh. Amandala a appris qu’il avait été hébergé au PGIA dans un hangar privé de Belize Civil Engineering Co. Ltd., géré par Glis Marin, jusqu’à ce qu’il soit retiré du Belize ce week-end. L’avion a été pris lors d’un vol d’essai en août dernier et de nouveau en octobre. Lors de cette troisième sortie, il n’est pas revenu, même si, selon Singh, le vol n’avait pas l’autorisation d’aller plus loin que Dangriga. Des sources d’Amandala disent seulement que l’engin, qui avait été suffisamment alimenté pour un long vol, est allé « vers le sud », mais personne ne dit quoi que ce soit sur l’emplacement de l’avion ».

Des mexicains qui se sentaient comme chez eux, à Belize… La preuve étant l’arrivée d’un hélicoptère Bell 412, arrivé sur place immatriculé XA-UCD, appartenant à Aeroservicios Especializados SA de CV, et qui était devenu toujours sur place XA-HSK, transféré à Heliservicio Campeche, pour entrer ensuite à la « Comision Federal de Electricidad » pour le gouvernement Mexicain. Il repassera N267MS à Vancouver pour Well Fargo Bank Northwest NA avant de partir chez Ultimate Heli en Afrique du Sud (ZS-HND ) et finir… en Antarctique pour la campagne de 2019 (ici droite) ! Ce que n’avaient pas apprécié les béliziens, c’est que le passage du XA-UCD au XA-HSK ce soit fait chez eux au mépris de toutes les règles d’immatriculation aériennes.

Qui se cache derrière le trafic au Belize : Los Zetas

Si la drogue a envahi le pays, on ne sait pas encore quel Cartel exactement en est le pourvoyeur. L’examen d’une carte de l’influence respective de ces groupes de narcotrafiquants nous éclaire rapidement : le Belize est tombé sous la coupe de Los Zetas.  Or c’est aussi un des plus violents !

Au début, on hésite encore : « Le seul lien entre les Zetas et le Belize est le trafiquant de drogue guatémaltèque Otoniel Turcios Marroquín (ici à gauche), qui a été arrêté au Belize en octobre 2010 sur la base d’une demande d’extradition américaine. Au Guatemala, les autorités de lutte contre les stupéfiants ont lié Turcios aux Zetas depuis 2009, une affirmation confirmée par un ancien responsable fédéral américain. Quelques jours avant l’arrestation de Turcios, l’armée et la police guatémaltèques ont échangé des tirs nourris avec une caravane Zeta de quelque 20 véhicules et 60 hommes dans le nord du Petén. La caravane est originaire de la frontière occidentale du Belize, selon un haut responsable guatémaltèque.  L’arrestation de Turcios près de cette zone indique un lien possible avec l’incident vec les Zetas quelques jours plus tôt. Lovell dit que les documents du cas au Belize ne révèlent aucun lien entre Turcios et les Zetas, ni son implication dans le trafic de drogue au Guatemala. Le Belize a simplement répondu à la demande d’extradition des États-Unis. Cependant, sa présence au Belize en 2010 pourrait indiquer que les Zetas avaient déjà utilisé le pays au moins comme porte d’entrée. Des preuves supplémentaires de la présence des Zetas au Belize sont apparues le 15 mai 2011 après le massacre de 27 paysans à La Libertad, Petén, Guatemala. Les autorités guatémaltèques ont indiqué qu’un véhicule 4×4 avec des plaques d’immatriculation béliziennes, appartenant à l’Organisation des États américains et volé au conducteur, avait été retrouvé abandonné sur les lieux du crime. »

La conclusion (provisoire) on la laisse faire par Jean-Louis Briquet et Gilles Favarel-Garrigues dans  « Milieux criminels et pouvoirs politiques: Les ressorts illicites de l’Etat », une conclusion inattendue dans le sens où elle rejoint la thèse complotiste si chère à Donald Trump, celle de forces cachées, reliées entre elles dans le monde entier, qui tirent les ficelles derrière les chefs d’Etat (nous appellerons plutôt ça des profiteurs internationaux sans foi ni loi, comme l’est la mafia) : « Les Caraïbes et l’Amérique centrale sont deux régions qui ont été choisies comme voies de trafic par les cartels de la drogue. Selon le département d’État américain, le Belize occupe de ce point de vue une position privilégiée, entre les pays producteurs d’Amérique du Sud et les pays consommateurs d’Europe et d’Amérique du Nord, offrant une étape idéale pour les trafiquants. Le Belize présente d’autres atouts géographiques pour convoyer la drogue à grande échelle : des frontières communes avec le Mexique et le Guatemala, de grandes étendues couvertes de forêts, une côte non protégée, de nombreuses îles, des voies d’eau intérieures, une forêt équatoriale inhabitée et un dispositif institutionnel rudimentaire de lutte contre le trafic. Dans la presse locale, on a partiellement imputé aux cartels de la drogue l’augmentation du trafic des drogues dites dures ; ces cartels utiliseraient les anciennes voies de trafic de la marijuana du Belize vers le Mexique (nota : celles que nous avons retrouvées ici même) pour écouler cocaïne et héroïne sur le marché américain. L’une des caractéristiques frappantes du commerce de drogues est liée au fait que les cultivateurs, les trafiquants et les vendeurs sont de plus en plus souvent payés en drogue plutôt qu’en argent liquide. Ceci signifie que les pays de transit sont confrontés à un accroissement de la disponibilité des drogues, c’est-à-dire à une progression de la toxicomanie, voire à une augmentation de la criminalité. L’interrelation entre la finance offshore, le blanchiment d’argent et le trafic de drogues a ainsi produit de nouvelles formes de gouvernement au Belize, qui renvoient au concept de shadow state chez W. Reno (William Reno, à propos du  Sierra Leone), lorsque les élites tirent de l’économie mondiale des ressources qui garantissent leur pouvoir politique et économique au niveau national. Ces réseaux « mondiaux-locaux » qui traversent les économies officielle et souterraine exercent le pouvoir « réel ». »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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