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Coke en stock (CCLXX) : de Fernando Godoy Cordón à Byron Ruiz, toute une histoire

Un colonel de l’armée guatémaltèque surpris dans un avion de narcos, portant sur lui un pistolet doré : l’image résume à elle seule où nous en sommes aujourd’hui au Guatemala, rongé par le narcotrafic depuis des lustres. C’est ce à quoi on a assisté début 2018 dans ce pays, malade au plus haut point du trafic de cocaïne.

Depuis au minimum dix ans, sinon bien davantage, comme son voisin du Honduras et sa pléthore d’avions transporteurs dont la multiplicité à fini par fabriquer un endroit où les parquer, une fois démembrés ou incendiés : un véritable cimetière à avions, à Brus Laguna, dans lequel on avait même retrouvé, rappelez-vous des vestiges de Gulfstream première génération, à hélices (1) !

Le 9 février 2018 c’est un peu la routine pour la police et l’armée guatémaltèque : elles viennent de pincer (de nuit) un énième petit Cessna alors qu’elles surveillaient la piste clandestine de la finca Machaquilá, qui est aussi et avant tout.. l’emplacement d’une scierie, installée en pleine forêt.

 

L’avion saisi, qui était en train d’être dissimulé par ses occupants sous des branchages de palmier, paraît bien ordinaire.  C’est un Cessna Centurion II bien classique en effet.  Son contenu l’est moins : s’il  y a bien des personnes à bord mais pas de drogue, il y a aussi 15 000 dollars, un fusil à pompe de calibre 12 millimètres, un téléphone satellite Immarsat encore emballé, un pick-up et trois armes à feu… un peu spéciales. Notamment des chargeurs dorés (?) et un silencieux couleur argent entièrement gravé, plus un Colt chromé et doré, lui aussi finement décoré.

Bref, à coup sûr, l’une des personnes arrêtées, à qui appartient cette arme, est très certainement un caïd, un chef mafieux, un chef de gang de narco-trafic, dont on connaît le goût pour l’or et le clinquant. Les plus jeunes posent assez sur Internet avec pour qu’on le sache : c’est ça, les Kalachinkovs dorées, les montres de riches, les jets privés, les Lamborghini ou les jeunes lionceaux comme animaux domestiques (certains étant assez idiots pour se faire pincer en s’étalant sur Instagram) !!!

L’avion du colonel déchu

Dans l’avion – de liaison donc, et non de transport- ils étaient quatre occupants : deux colombiens, Hernán José Méndez Arboleda et Miguel Ricardo Rodríguez Guillén, et deux guatémaltèques, Juan Antonio López Aguilar, et Otto Fernando Godoy Cordón, à qui appartient le Colt fort voyant. Or l’homme est aussi… colonel de l’armée guatémaltèque et l’arme est celle qui a été confisquée quelques mois auparavant par les forces de l’antidrogue du PNC-SGAIA à des trafiquants de drogue dans une ferme de Petén.  Le « colonel » est loin ce jour-là d’avoir l’apparence d’un chef militaire en uniforme : il est en pantalon et chemise sales et mouillés, et porte de gros brodequins de marche pleins de boue. Il a surtout l’ait contrit et abattu… avec ses menottes aux poignets ! Lors de fouille de sa maison on trouvera un GPS de type Garmin (ici à gauche), fort prisé en aviation. Bref, son compte était bon !

L’armée recrutée par les narcos

Les faits étaient clairement établis, même si l’homme niait tout en bloc. L’armée guatémaltèque, comme la colombienne ou la vénézuélien ou la hondurienne, a été recrutée par les narcos, qui y ont cherché des cadres ou des pilotes expérimentés. En dehors aussi de l’armée, les cartels ont cherché à recruter des pilotes, des fous-furieux parfois, des têtes brûlées comme ces jeunes boliviens et leurs acrobaties risquées en Cessna, décrites ici, ou bien l’un des pires dans le genre, un colombien véritable casse-cou : « le fait que la plupart des pilotes qui se consacrent à ces activités viennent des plaines orientales a une explication. L’un des pionniers et des chefs les plus importants de ces opérations de transport est un homme que les autorités internationales de lutte contre les stupéfiants ont déjà identifié. Il s’agit de Juan Ramírez, connu sous le pseudonyme de «Manicomio» (nota : ce qui signe « maison de fous ») pour sa façon risquée de voler. Il est né il y a 37 ans à Villavicencio et a commencé dans le monde des narco-avions à l’âge de 20 ans. Il a commencé comme assistant d’équipage pour les avions qui transportaient de la drogue une dizaine d’années avant les Farc de Vichada au Venezuela et au Suriname » (fief de distribution avec sn ex-président narco lui aussi !). « En peu de temps, il avait réussi à piloter l’avion et a commencé à travailler avec le trafiquant de drogue Daniel « The Crazy » (cf : le taré) Barrera (ils étaient faits pour s’entendre !). Surnommé Asylum (cf « l’asile » on dirait ici « le sorti de l’asile ») son efficacité à «réussir» l’ont amené à devenir en peu de temps le pilote préféré des narcos dans l’est du pays. «Asylum» a commencé à recruter et à former des pilotes qui pourraient travailler avec lui, car cela ne suffisait pas. Grâce à La majorité de ses élèves étaient ses amis de Villavicencio ou des jeunes ambitieux qu’il avait capté dans les dizaines d’écoles d’aviation qui existent dans les plaines. En peu de temps, il a réussi à former une flottille à son service, ce qui lui a permis de s’étendre à un point tel qu’il est aujourd’hui celui qui contrôle les principales routes aériennes sur la vaste frontière avec le Venezuela. »

« Selon les enquêtes des autorités, pas moins de 40 pilotes travaillent actuellement pour lui. Cette «puissance aérienne» qu’il a consolidée, «Manicomio» vole de moins en moins et est passé de salarié à partenaire de «Barrera» et Pedro Guerrero, alias «Chuchillo». » « Lorsqu’un de ses pilotes a tenté de devenir indépendant ou rebelle, il n’a pas hésité à le tuer. Entre 2008 et 2009, neuf pilotes sont morts aux mains de tueurs à gage à Meta, Cundinamarca et Bogotá, lors d’événements attribués à «Manicomio» par les autorités. Bien que l’utilisation d’avions par les trafiquants de drogue dure depuis des décennies, aujourd’hui, cette entreprise, au nom de cet homme, semble être dans les nuages ».Le « Manicomio » avec ces vols était devenu immensément riche : la Colombie saisira ses biens, des immenses haciendas en mai 2019 seulement. 43 immeubles en sa possession avaient été constatés. (ici à droite)

Dix ans que ça dure, sinon bien plus…

Il y a donc 10 ans au moins déjà que ça dure ainsi, comme je vous l’explique ici-même depuis tout ce temps.  On le présentait ainsi : « Le premier narcoavioneta de 2010 est tombé ». Ce fut l’un des gros titres de la presse hondurienne le 9 janvier (de 2010 donc). Il a évoqué la découverte d’un avion bimoteur sur une route d’un petit village appelé Arenas Blancas. Après l’atterrissage, les occupants de l’avion ont déchargé la cargaison de coca et incinéré l’avion. Bien que le fait ait occupé les premières pages, en réalité pour le Hondurien, la question est devenue quelque chose d’extrêmement familier ». « C’est le «narcoavioneta» – comme on les appelle – numéro 52 qui a été trouvée au cours des huit derniers mois. La plupart de ces avions ont décollé de Colombie et dans tous les cas, ils sont pilotés par des pilotes colombiens, presque tous de Llanos, principalement de Villavicencio. 48 autres avions de la mafia colombienne ont été signalés en 2009 au Guatemala, au Nicaragua et au Salvador, ce qui met en évidence le nouveau boom et l’existence d’une nouvelle génération de pilotes mafieux. Ironiquement, il y a peu de choses connues ou dont on parle dans le pays, contrairement à ce qui se passe en Amérique centrale. Là-bas, beaucoup d’histoires sur la façon dont les Colombiens arrivent et leurs envois de coke semblent être tirés d’un scénario d’un film hollywoodien ».

L’avion tueur de futurs mariés, l’Antonov coincé dans la boue

« Le 6 décembre, un avion bimoteur blanc avec le drapeau de la Colombie et l’immatriculation HK-4324-G, chargé de 500 kilos de cocaïne, a manqué d’essence avant d’atteindre sa destination. À 18 h, le pilote a choisi d’atterrir sur une route près de la ville de Yorito, au nord du Honduras (l‘avion était un bimoteur Cessna 303 Crusader qui pèse 2,3 tonns à pleine charge). « Au cours de l’opération, l’avion a «renversé» et tué un couple qui allait se marier et qui était sur la route. Une semaine plus tôt, les médias avaient enregistré l’histoire d’un motard qui est également décédé lorsqu’un petit avion avec de la coca tentait d’atterrir sur lui. Le choc n’a pas été moindre avec les quatre narcoavionetas qui ont «réussi» (à se poser) entre le 9 et le 17 septembre. L’un d’entre eux est tombé dans un cimetière.  Plusieurs camions sont arrivés pour décharger l’avion, puis l’ont incendié dans le champ sacré.
Un autre a atterri au milieu d’un abri indigène. Lorsque les narcos sont arrivés pour récupérer la cargaison, ils se sont déchaînés contre les indigènes qui ont refusé de restituer la coca tombée du ciel. Dans un autre cas, la surprise a été pour les autorités qui ont trouvé au milieu d’une route poussiéreuse qui relie deux petites municipalités rien de plus et rien de moins qu’un gigantesque avion cargo Antonov, d’une capacité de cinq tonnes, qui a été abandonné par les narcos après avoir chargé la coke dans plusieurs camions
(c’était le 29 août 2003, il s’était posé sur une piste de fortune, dans l’Orange Walk District de l’Etat de Belize, déjà, cette fois-là !).

L’incroyable cimetière des avions abandonnés par les narcos

« Les avions ne sont pas toujours retrouvés abandonnés sur les routes ou incinérés. Le 25 octobre de l’année dernière, grâce à un informateur, les autorités sont arrivées à un endroit connu sous le nom de Brus Laguna, qui avait été conditionné par les trafiquants de drogue comme une sorte de cimetière d’avions mafieux. À l’endroit ont été enterrés environ 20 artefacts entre des avions monomoteurs et bimoteurs, des hélicoptères et des avions-cargos, dont plusieurs Antonov » (j’ai expliqué ça ici en 2011). « Selon les calculs des autorités honduriennes, environ 100 tonnes de coca de Colombie ont pu entrer dans ce pays en 2009. Ces estimations peuvent même être prudentes, car elles sont basées sur des avions qui ont été trouvés blessés ou incinérés. Cela sans tenir compte des vols «réussis», ceux dans lesquels le pilote arrive à destination, décharge la coke et parvient à revenir vivant et l’avion intact ».

« L’entreprise est assez simple et très efficace. La plupart des avions utilisés sont volés au Brésil ou au Venezuela. De là, ils sont emmenés dans des «hangars» à Meta et à Vichada ou dans certaines populations vénézuéliennes où commence un processus que les trafiquants de drogue appellent l’«enchonche» (lire ici). Cela consiste à retirer les sièges et l’équipement de l’avion pour laisser l’espace nécessaire au chargement de la coke. De la même manière, ils conditionnent les flexibles pour faire le plein en plein vol des bidons avec de l’essence à l’intérieur de l’avion ».
Voilà qui nous ramenait en effet en arrière, voici quelques années, avec un montage photo fort parlant fait par un magazine décrivant la « carrière » de Byron Ruiz : on l’avait en effet fait figurer auprès de deux éléments essentiels pour lui et son trafic:
un avion,  un long Cessna  Conquest II (le XB-KBI déjà un mexicain !) et son collègue YV2028, dont je vous avais parlé jadis (en mars 2011 !!!), des avions débarqués eux aussi au Honduras, dans l’île de Roatan, (le second y est toujours, en train de pourrir, abandonné, en 2020),  mais aussi les indispensables relais que sont les mules, pour transporter leur cargaison une fois transvasée à terre :

Un trajet bien rodé qui vient tout juste de changer

« Le fait que les avions soient volés explique dans une large mesure pourquoi, dans de nombreux cas, les narcos les laissent abandonnés ou incinèrent lorsqu’ils «réussissent» (leur mission)  « La drogue est chargée sur des voies très proches de la frontière avec le Venezuela, afin d’être dans l’espace aérien de ce pays en quelques minutes et ainsi éviter, s’il est détecté, que les FAC puissent les intercepter. Les itinéraires sont simples: de Colombie ils partent pour le Venezuela; de là, ils partent pour l’Amérique centrale, où la drogue est déchargée et continue son transit par voie terrestre ou maritime vers les États-Unis. Au cours de l’année écoulée, l’instabilité politique que connaît le Honduras a fait de ce pays la destination privilégiée, précisément en raison de problèmes internes ».

Aujourd’hui, le paradigme a changé : les avions vont plus loin encore, d’où l’usage aussi d’avions à réaction pour emporter plus d’un coup : ils passent le Honduras désormais pour voler directement vers le Belize ou le Guatemala. Ils vont rarement directement vers le Mexique, mieux équipé que les deux autres pays en avions de détection. S’ils y vont, ils visent en priorité désormais le Quintana Roo, à l’Est du Yucatan (ici en vert clair intégral), comme département…

Parmi les trafiquants, un homme avait émergé pendant toute une décennie : Baron Ruiz, parti se réfugier au Honduras, son pays natal.  » c’était l’homme aux mille visages. Sa capacité à improviser avec différentes tenues et traits de personnalité lui a permis de se faufiler dans le monde sombre de la mafia. Cependant, aucune retouche ne cache la nature de l’homme, encore moins celle d’un gangster. Cet individu de 30 ans l’a compris lorsque les autorités guatémaltèques l’ont surpris lors de son voyage pour rencontrer sa famille. Je me sentais comme un gros animal et je voulais protéger tout ce que j’avais » avait-il dit.

Baron Ruiz, (jeune) star déchue du trafic

« Ses soupçons étaient vrais, mais ses calculs étaient erronés. La route vers le lieu de rencontre était le scénario parfait pour la conclusion de l’opération que les autorités colombiennes ont déployée depuis l’année dernière. Là, debout sur une route du département de Zacapa (Guatemala), il a laissé tomber son masque et a dû admettre que son nom n’était pas José Manuel Fúnez Suárez, comme son identité l’avait indiqué ».

« Le Hondurien a fait l’objet d’une enquête pour plus de 100 délits », selon les principaux médias d’Amérique centrale. Ce n’était pas pour moins. Non seulement Ruiz a travaillé avec plusieurs organisations pour faciliter les pistes d’atterrissage des avions légers, puis le transport de marchandises, mais il a également été syndiqué pour plusieurs meurtres et un massacre à Gracias a Dios le 12 juin 2015 au cours desquels neuf personnes sont mortes.  (…) Ce redouté chef du trafic de drogue était responsable de la réception et de l’introduction des expéditions via le Chiapas et Oaxaca pour les emmener aux États-Unis. Les trafiquants de drogue colombiens avaient très peur car à chaque fois qu’une cargaison partait, l’un d’entre eux était sûr d’accompagner le voyage jusqu’à ce que la cargaison soit distribuée ». Ruiz est tombé au milieu d’une opération qui, depuis octobre dernier, a conduit la police anti-stupéfiants main dans la main avec la DEA et les autorités anglaises. Ils cherchent à frapper un vaste réseau international qui facilite le transport de drogue et aide à recruter des pilotes dans la région ».  Ici à droite, les armes retrouvées abandonnées après le massacre de la salle des  fêtes de Gracias à Dios: éloquent.

« La stratégie du groupe est simple et efficace. L’aviation continue d’offrir le moyen le plus sûr et le plus rapide de transporter la cocaïne. Par conséquent, dans le style de son premier mentor, Amado Carrillo Fuentes (le Seigneur des cieux), Ruiz se consacra à la construction d’un empire calculé en millions de pesos. Ce n’est qu’à partir de la piste au Venezuela, identifiée par deux agents colombiens infiltrés de Norte de Santander, que les autorités colombiennes ont découvert que deux narco-avions partaient chaque semaine pour l’Amérique centrale. Ceci, sans compter les centaines de pistes clandestines déjà référencées. Au Brésil, par exemple, quelques jours avant l’opération, une cargaison de deux tonnes que Ruiz avait l’intention d’envoyer en Amérique centrale est tombée ».

Les deux sortes de pilotes : les vieux renards et les jeunes loups

Notre fin observateur nous donne ici une vision d’un monde particulier présentant déjà une évolution au fil du temps : « les Boliviens, les Colombiens, les Mexicains et les Vénézuéliens pilotent principalement des avions de différentes catégories. Les autorités ont réussi à identifier des pilotes expérimentés qui ont souvent fait défection ou sont retraités de l’armée de l’air mexicaine. »

« En fait, il n’y a pas plus de deux mois, ils ont arrêté le colonel de l’armée guatémaltèque Otto Fernando Godoy Cordón alors qu’il gardait l’un des chargements par avion ».

« Mais il est également vrai que l’entreprise regorge de jeunes recrues qui ne calculent pas les risques. Par conséquent, les responsables paient généralement, dans le cadre de leur modus operandi, leurs études à certains pilotes jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur licence de vol. » Parmi eux, on recrute de jeunes bolivien, de véritables têtes brûlées. L’un d’entre eux avait sidéré l’internet il y a peu encore en se faisant filmer par ses amis en train d’évoluer à très basse altitude dans un endroit où se baignaient de jeunes enfants. La séquence aurait pu tourner à la scène d’horreur avec ce qu’il s’était permis de faire. La vidéo du passage n’est plus disponible depuis : l’avion en heurtant un pont de bois avait perdu un de des ailerons en fibre de verre qui avait virevolté au-dessus d’enfants qui nageaient à l’endroit de son passage bas ! C’était le Le 21 janvier 2018, à bord du Cessna CP-2879, de l’aéroport María Cristina Leigue de Áñez près de San Ramón, que l’on retrouvera peu de temps après mêlé à un trafic de drogue (ici à gauche) ! Deux sortes de pilotes, donc, les chevronnés, souvent soixantenaires, anciens des lignes commerciales rompus à tous les types d’avions, capables aussi de piloter des jets, et les jeunes loups, parfois sans cervelle, limités aux seuls Cessna ou parfois aux petits bimoteurs à hélices. Le monde des narcos bouge aussi et change avec son époque : côté trafiquants, l’apparition de plus jeunes habitués aux techniques nouvelles joue un rôle particulier comme on va le voir dans la guerre sur place entre clans (Cartels)….

 

(1) Voici que j’avais dit en 2011 déjà : Dans le Los Angeles Times de juillet 2008, le cas de Peten avait été bien décrit : c’est devenu un véritable porte-avions de trafiquants. « De retour dans la capitale, Guatemala City, à 200 miles au sud,les responsables de la sécurité pensent que Peten est un vaste « Aérodrome » où les avions de tailles différentes se posent sur des champs herbeux taillés dans la forêt ancienne empruntés par des trafiquants de drogue se présentant comme les éleveurs de bétail. »L’avion arrive, et ils enlèvent les clôtures des pâturages et en un instant ils ont une piste d’atterrissage », dit un analyste de la sécurité et ancien militaire qui parle sous couvert d’anonymat par crainte des représailles des puissants barons de la drogue. Les avions de déchargement en 10 minutes environ, et font le plein avec le carburant d’aviation transportés dans des camionnettes. A une époque, environ 40 bandes clandestines et des aérodromes de fortune étaient situés dans le secteur de Peten, selon un responsable de la sécurité guatémaltèque qui demande de ne pas être nommé parce qu’il n’est pas autorisé à s’exprimer publiquement. Les bandes varient en longueur de 2 2500 à 4 500 pieds. « Les pilotes volent très bas au-dessus de la jungle, et nous ne pouvons pas les voir parce que notre radar est aveugle à moins de 400 mètres de haut », soit environ 1.300 pieds, dit. le fonctionnaire « Ce sont de réels kamikazes. » Conclusion : la frontière nord du Guatemala est un gruyère. Mais il n’y a pas que ça qui facilite la tâche des trafiquants…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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