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Coke en Stock (CCLXV) : le pivot du narco-état vénézuélien arrêté

On ne l’attendait plus :  ce 12 avril, un des piliers du système du trafic de cocaïne vénézuélien a été pris dans les filets de la police…. espagnole, à Madrid (qu’y faisait-il donc ?) et non à Aruba où il résidait régulièrement depuis des années. Une réelle surprise, l’homme ayant déjà failli être arrêté en 2014, mais s’en était sorti en faisant valoir une protection diplomatique, dans une longue séquence où avaient été évoquées à l’époque des négociations restées floues sur son arrestation et une reddition en échange de secrets d’Etat inavouables. Hugo Carvajal « El Pollo », le poulet, son surnom était depuis longtemps le maillon faible de tout le système Maduro (héritier par défaut du système Chavez).  Aujourd’hui, il risque fort de le mener plus vite que prévu à sa perte.  Adroit, l’homme avait déclaré récemment (le 21 février dernier) rejoindre l’opposant au régime, Juan Guaidó en espérant à l’évidence ainsi s’en sortir et effacer son étiquette de narco-trafiquant qui lui collait à la peau, quitte à subir les foudres du pouvoir en place : en somme il venait de jouer à quitte ou double.  Mais il a au final tout perdu.  Son arrestation, ignorée pour l’instant des médias français, est un événement important, puisqu’elle sonne le glas d’un narco-Etat, pas moins… par ailleurs toujours soutenu par des affidés aveugles.  Retour sur une carrière très représentative d’un Etat corrompu dont le trafic d cocaïne n’était qu’un des aspects de la vie politique, dans lequel d’autres personnages très haut placés sont eux aussi impliqués, tel le vice-président dont la famille est d’origine libanaise, rappelons-le.

En 2014, le quotidien vénézuélien El Nacional  surprend tout le monde en révélant, après une enquête serrée, un événement pendable : « les autorités vénézuéliennes n’ont pas révélé que de la cocaïne a été découverte dans un avion plus tôt dans l’année, soulevant de nouvelles questions à propos de la quantité de drogues en cours de transfert par le principal aéroport international du pays à destination de l’étranger. Un article publié par le journal vénézuélien El Nacional a révélé que les autorités avaient découvert 168 kilos de cocaïne dans un jet le 16 avril dernier. Ni le ministère public du Venezuela, ni les autorités de saisie anti-drogue n’ont divulgué l’information, a rapporté le journal. La cocaïne était emballée dans quatre valises à bord d’un avion lié à la République dominicaine. L’avion a décollé du plus grand aéroport international du Venezuela, celui de la Maiquetia, juste à l’extérieur de Caracas, mais a atterri à nouveau après seulement cinq minutes en l’air, après qu’un problème technique ait été signalé ».  Le gouvernement n’aurait pas déclaré avoir saisi 168 kilos de cocaïne ? Voilà qui révélait une ignorance feinte bien entretenue !!!  Que faisait à l’époque El Pollo, l’ex général nommé à Dirección General Sectorial de Inteligencia Militar (DGSIM) sous Chavez (ici à gauche fort bien entouré par les dignitaires du pays) ? A savoir celui à-même de connaître les secrets de l’Etat ? Celui qui, six ans auparavant était déjà apparu sur la liste Clinton de l’OFAC, accusé nommément d’empêcher les autorités vénézuéliennes anti-drogue d’intercepter les cargaisons de drogue des FARC, mais aussi d’avoir fourni en retour des armes et des documents d’identité aux membres de la guérilla colombienne.

Une visite à Disneyland qui finit mal

En fait tout a commencé par une autre arrestation, le 18 juillet 2014, dans un endroit inattendu, d’un procureur vénézuélien qui souhaitait passer tranquillement ses vacances en famille en allant visiter le célèbre Fantasy Land de Disney en Floride. A peine débarqué à Miami, en venant de Caracas, le voilà directement arrêté par des agents fédéraux américains :  c’est Benny Palmeri-Bacchi (ici à gauche) dont il s’agît, accusé lui aussi de couvrir le trafic de cocaïne dans le pays. Palmeri, pris au piège et risquant très gros, se met vite à table et balance largement: « selon des documents judiciaires, Palmeri a reçu 850 000 dollars pour aider à créer une fausse accusation concernant Jaime Alberto « Beto » Marin Zamora, un membre du cartel colombien du Norte del Valle. L’idée était d’utiliser cette fausse accusation pour éviter à Marín d’être extradé aux États-Unis ». C’était la première fois que l’on tombait sur un ordre… étatique, servant à protéger un narco-trafiquant. Sur le modèle de l’adversaire américain, qui a mis à plusieurs reprises au trou des personnalités gênantes (on songe au proche de Ben Laden, Ali Mohamed, à Viktor Bout ou plus récemment à l’américano colombien Cardona arrêté à Zagreb), l’état vénézuélien avait donc faussement incarcéré un trafiquant pour lui éviter de finir ses jours en prison.  Le procureur US chargé de l’affaire lui fait vite avouer qu’il n’est pas seul dans cette histoire et que, derrière lui, il y a tout un groupe de généraux en casquettes dorées, mais aussi le responsable des services secrets, Carvajal Barrios, accusé lui d’être lié au Cartel del Norte, responsable du trafic de 60% de la cocaïne importée aux États-Unis depuis les années 1980, et l’ancien chef du groupe, Wilber Varela, alias «  Jabon », (ici à gauche) mort assassiné en 2008 !

Une peine allégée en échange de renseignements

Déjà, à ce moment là, en 2014, un gros pan de mur (faite de coke ?) s’était effondré avec un troisième homme dont la position était vitale pour bloquer jusqu’ici toutes les enquêtes :  Rodolfo McTurk (ici à gauche avec la veste rouge des chavistes), un temps d’Interpol, directeur au Venezuela, accusé par le trafiquant devenu informateur Jaime Alberto Marin Zamora, surnommé Beto, d’être mouillé lui aussi : « Palmeri et McTurk ont tous deux créé des comptes bancaires secrets dans diverses banques à Miami et en Europe où se trouvaient leurs substantiels pots de vin déposés » avait ainsi révélé Richard Gregorie. Parmi les hommes clés de l’accusation, un dénommé Beto Marin, lieutenant de Varela, selon l’accusation. « Entre 2006 et Septembre 2010, Beto Marín (ici à droite lors de son arrestation – sur l’île de Margarita – on y revient encore une fois – le 16 septembre 2010) était le directeur du Cartel del Norte qui a envoyé au moins 30 tonnes de cocaïne aux États-Unis en provenance du Venezuela via diverses îles des Caraïbes et le Mexique ». Trente tonnes de coke !!!  En 2012, Marin avait déjà accepté de témoigner au tribunal fédéral de Miami contre Benny Palmeri-Bacchi, en contrepartie de 6 ans de prison seulement (il en risquait au minimum le quadruple).  Le 5 novembre 2015, Palmeri a plaidé coupable de « blanchiment d’argent, d’extorsion et d’obstruction de la justice » à Miami devant un tribunal fédéral, en évitant adroitement l’accusation de trafic de coke :  la rançon de ses aveux, pour sûr. « Coopérant » selon la presse avec la justice américaine (c’est-à-dire en étalant tout le système mis en place par El Pollo !), Palmeri a hérité au final en février 2015 de 6 ans et 8 mois de prison alors qu’il risquait dix ans de plus au minimum !  Un an avant l’arrestation à Disneyland, les Etats-Unis avaient déjà accusé (en mai 2013) « El Pollo » d’être responsable du trafic, ce que Palmeri avait largement confirmé par la suite.

La coke des Farcs et le banquier de Chavez

El Pollo avait senti le vent venir, en se déclarant en retraite dès 2011.  Car avant sa mise en retrait de l’armée, toute une cascade d’arrestations ou de morts violentes avaient eu lieu, visant ses fournisseurs attitrés.  C’est la mort, d’abord, par un bombardement mené par la CIA, du chef des Farcs tué au milieu de son campement par des bombes guidées au laser, le , le pied déchiqueté par l’explosion, qui avait déjà sonné le glas pour lui :  le boulet venait de passer tout près de lui, ce que l’on apprendra deux années plus tard avec l’analyse d’éléments appartenant à un autre leader des Farcs, mort lui le dans la Serranía de la Macarena (Meta) (2) : « le 9 octobre 2010, le président colombien Juan Manuel Santos a révélé que dans les ordinateurs de Mono Jojoy (ici à droite) avaient été trouvés des documents révélant les alliances entre les FARC et les gangs criminels liés au trafic de drogue en Colombie.  Cela visait spécifiquement des conversations entre Mono Jojoy (à gauche son corps ramené dans la capitale, ici à gauche) et d’autres membres de la planification stratégique de la contrebande de drogues du secrétariat des FARC, tels que Daniel Barrera Barrera, alias « Loco Barrera alliances », et Luis Enrique Calle Serna « Comba » ou « Fighter » , le chef du gang criminel « Los Rastrojos ». Le calendrier des événements ne laissant que peu de doutes sur le soutien jusqu’alors dont bénéficiaient les narcotrafiquants auprès de Carjaval Barrios, qui avait empêché ou bloqué leur arrestation. D’autres têtes tombent également : en septembre 2011, autre coup dur pour le gouvernement, l’OFAC (U.S. Department of the Treasury’s Office of Foreign Assets) annonce qu’elle « sanctionne quatre fonctionnaires vénézuéliens, sur des données probantes récupérées dans les ordinateurs portables trouvés dans le camp des FARC où a été tué le commandant Raul Reyes. Cliver Alcala Cordones Antonio, nommé à la tête de la Región Estratégica de Defensa Integral de Guyana del Ejército (REDI Guyana). Le député Freddy Alirio Bernal Rosales, ancien maire de Caracas. L’officier de renseignement Ramon Isidro Madriz Moreno est aussi nommé,et enfin Jésus Amilcar Figueroa Salazar, alias « Tino » un homme politique décrit comme « un trafiquant d’armes pour les FARC (…) et un contact principal pour les dirigeants des FARC qui s’est installé au Venezuela »…  tous tombés comme par hasard une fois seulement Carjaval parti… parmi les « protégés », de riches arrivistes et des banquiers, dont la liste est ici. On y remarque par exemple Victor Vargas, à la tête de la banque Banco Occidental de Descuento (3), propriétaire d’une immense villa en Floride (le Caracas Country Club), alors qu’il est surveillé pourtant par la DEA, mais également d’un yacht, d’un hélicoptère Agusta 109 et d’un avion Gulfstream… (une belle bête, vu ici à gauche en train de décoller en 2013 de Curaçao, autre haut lieu du trafic… Vargas, « le banquier de Chavez « … , son successeur frappant quant à lui à d’autres guichets (russes) . Vargas sera également accusé, il y a peu de temps, par des clients de sa propre banque (Banco del Orinoco NV (BdO) d’avoir monté un système frauduleux de type Ponzi : « nous savons, pour des informations privilégiées, que le problème est beaucoup plus grave. Certaines de nos sources disent que BdO a annoncé un portefeuille d’investissements supérieur à un milliard de dollars. Cependant, le manque de liquidité de la Banque est évident et la Centrale Bank le sait. Le portefeuille d’investissement n’existe pas et les confirmations fournies par les prétendus dépositaires sont toutes fausses ». « Nos sources indiquent également que le manque de liquidités serait une conséquence de deux causes différentes: soit BdO a simplement perdu son portefeuille de placements, soit un tel portefeuille a été perdu. Dans les deux cas de figure, la situation est assez alarmante, car cela signifie que la banque centrale et les auditeurs indépendants ignorent quelque chose qu’ils auraient dû savoir depuis longtemps, agissant en conséquence pour protéger les fonds confiés à BdO par les déposants. Par conséquent, il semble que BdO soit en faillite et effectue des retraits et des virements électroniques avec des dépôts de nouveaux clients, comme dans les célèbres stratagèmes criminels de Ponzi’s et de Madoff, ou a utilisé son partenaire Bank BOD pour obtenir des fonds de transactions de change illégales au Venezuela ».

Une arrestation rocambolesque et des palabres

El Pollo avait fait d’Aruba son fief. Logique, l’île, comme celle de Margarita amplement décrite ici ces derniers temps, permettait une discrétion assurée pour les expéditions de drogue vers l’Europe comme vers l’arc des Antilles ou les USA. Pas un jour où l’on ne retrouve sur ses plages les vestiges d’une embarcation ayant sera servi au transport de drogue, comme ici à gauche en décembre 2018 (ou à droite ici en mai 2015). Un bon nombre de voiliers arrivés en Espagne en étaient partis. L’île faisant partie des Petites Antilles n’est pas vénézuélienne… mais en effet, elle est restée hollandaise (elle n’est située qu’à 27 km à peine au nord de la côte vénézuélienne !).  Si bien que d’y habiter en qualité de vénézuélien nécessite sinon un passeport, du moins d’un certaine protection diplomatique.  C’est là que justement le 23 juillet 2013  Carvajal Barrios, alors fraîchement nommé par Maduro consul sur place (en janvier 2014), est soudainement arrêté sur place par le gouvernement néerlandais, sur pression, on s’en doute, du gouvernement US et de l’implacable procureur Gregorie, qui ne lâche pas ses proies aussi facilement.  Après Palmeri, c’est alors un second coup dur pour l’après Chavez. L’occasion immédiate pour Maduro de crier au complot, bien entendu, en faisant appel à l’immunité diplomatique de son envoyé très spécial :  » le Président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, a soutenu le consul désigné à Aruba, le major général Hugo Carvajal Barrios, et a décrit la situation comme « une embuscade » et une partie de sa détention comme une « campagne monté par l’Empire » par les autorités diplomatiques néerlandaises ». Le président ajoutant « à partir du moment où il a été arrêté, il a obtenu le plein soutien du gouvernement, de l’Etat, qui est à côté de lui, du peuple et des forces armées. Cette embuscade ne fait que renforcer l’unité des civils et des militaires, et le patriotisme « . On le voit, à ce moment-là encore, Maduro exprime toute sa confiance à celui qui est nommé comme responsable depuis des années du trafic des généraux vénézuéliens. Mais très vite aussi, on va sentir cette confiance s’ébranler, car notre poulet retenu un temps au frigo va rencontrer sur place des agents de la DEA, on en est sûr aujourd’hui, pour de longues tractations restées … sans suite. Que s’est-il passé durant ce temps, on l’ignore, mais pour beaucoup Carjaval, qui venait de voir l’exemple de son ami Palmeri s’orienter vers une réduction de peine en cas d’extradition, avait dû peser le pour et le contre… embarrassant d’autant Mazduro.  Ce dernier, pour ne pas perdre totalement la face, lui organisera donc une réception très médiatisée à son retour (ici à gauche)… libéré par les hollandais, mais en le mettant tout aussi vite à l’écart de la vie publique vénézuélienne, doutant désormais de sa sincérité à son égard. La mise en scène de son retour est resté mémorable en effet. Comme ses menaces deux ans plus tard d’attaquer les médias qui l’avaient selon lui « sali »….

Le poulet voyageur 

En fait l’avion même qui l’avait ramené était à l’image de la gigantesque pyramide de corruption régnant dans le pays.  Il était revenu en Bombardier Learjet 45 YV2738 , un avion appartenant à l’Etat via sa société de pétrole (PDSA), alors qu’il était parti à Aruba dans un autre un Cessna Ce550 Citation II immatriculé N9GY, qui était déjà en lui-même un bel aveu... (son propriétaire texan possédant aussi le N99GY). Un site, le Setty’s notebook, l’avait particulièrement bien décrit : « comme je l’ai écrit à l’époque, l’une des parties les plus bizarres de toute l’affaire était la rumeur répandue que l’avion qui transportait Carvajal à Aruba portait le numéro de queue N9GY (ici à droite en 2010 au DeKalb Peachtree Airport, à Atlanta). Cet avion est inscrit à une société du Delaware appelée Global Air Services Corp.  Selon un dossier déposé auprès du Secrétaire d’État du Texas, Global Air Services Corp. n’est finalement qu’une partie de l’empire d’entreprise des vastes champs pétrolifères du Venezuela dont le responsable est Roberto Rincon ». « César Batiz a rédigé un long portrait, fascinant, de Rincón ce week-end, dans Armando.Info, un nouveau journal d’informations. Je l’ai aidé à rédiger l’histoire, principalement la collecte d’informations sur les entreprises et sur les avions texans de Rincon. C’est une pièce très curieuse du puzzle que vous, cher lecteur, pourriez peut-être aider à expliquer. Les propriétaires d’avion peuvent conserver leurs dossiers de vol en temps réel hors des sites comme FlightAware.com en déposant une demande de confidentialité auprès de La Federal Aviation Administration. Toutefois, les dossiers de vol sont toujours des documents publics. Nous avons déposé une demande sous le nom du Freedom of Information Act à la FAA pour obtenir les dossiers de vol pour N9GY. Voici ce que nous avons obtenu pour les dates en question : voir les écrans du 23/11/2014 au 10/10/19″. Comme vous pouvez le voir, les dossiers indiquent que l’avion est arrivé à Orlando le 18 juillet et n’est pas reparti avant le 5 août. Mais nous avons des gens autour des Caraïbes qui prétendent avoir vu cet avion pendant cette période. Et puis, le 6 août, le même avion est arrivé à Merritt Island (c’est à deux pas de Cap Canaveral), sans jamais avoir enregistré de plan de vol pour y arriver. Que s’est-il donc passé ? Quelqu’un dans le monde de l’aviation peut-il nous expliquer cela ? »…  En somme, on avait déjà largement observé qu’à l’époque, le fameux  »Poulet » avait beaucoup plus circulé qu’on avait pu le dire, et cela, Maduro l’avait appris.  Car selon EL TIEMPO « Carvajal avait lui-même déjà envoyé des preuves aux États-Unis contre El Aissami et avait fait savoir qu’il possédait des faits essentiels sur la fortune cachée des chefs du Parti socialiste unifié du Venezuela, du parti Chávez et du président de la Révolution bolivarienne ». « à propos de ce chapitre, le chef du renseignement et de la contre-intelligence du pouvoir, jadis puissant, a déclaré qu’il fallait surveiller l’argent au Liban, à Dubaï, à Hong Kong, en Europe et aux États-Unis ».  Bref, Maduro savait déjà que Carjaval l’avait trahi en 2014 !!!

Une certaine raideur devant la caméra

Le chef de l’état, coincé, avait conclu, d’un commun accord avec El Pollo, de paraître encore les meilleurs amis du monde devant des vénézuéliens censés les croire.  Mais dans ce régime de dupes, où lorsque l’on met en scène des « arrestations » d’avion qui sont en fait tous des abandons en pleine brousse, et qu’au moment de révéler la vraie immatriculation on se ravise et on coupe la séquence vidéo (4), les jours du Poulet étaient désormais comptés, et il le savait.  En bon tacticien, rompu aux arcanes des coups tordus de ses anciens état de services, il avait donc attendu la montée en puissance du rival de Maduro pour s’y rallier, dans un retournement de situation grand guignolesque le 21 février dernier, ce qui n’était pas un surprise connaissant l’individu.  A ce moment-là, il tablait déjà sur la fin du pouvoir actuel et sa possible rédemption dans le futur :  faire des yeux doux pour éviter de se faire arrêter et extrader aux USA où un sentence d’emprisonnement l’attend toujours (et ce d’autant plus que la première négociation ayant  échoué en 2014, il ne peut plus espérer de cadeaux de la Justice US) ! Sa posture nouvelle en costume endimanché aux allures de déclaration présidentielle pour annoncer son ralliement à Guaido contrastant énormément avec la tenue t-shirt et casquette précédente (cf à gauche), à un point tel d’en être devenu risible (ici à droite) !!!  A se demander avec quoi on avait bien pu empeser le tissu de ses habits neufs bien trop raides comme sa prestation télévisuelle ratée !  Une telle allure pour réclamer au passage le soulèvement de l’armée contre Maduro présenté avec force comme illégitime, sentant bien aussi le calcul politique à long terme, et non une réelle vertu nouvelle assumée, cela ne faisait pas très sérieux en définitive… (5)

Coup d’arrêt à une farce

Cela fait longtemps que tout ce régime est une farce gigantesque, mais avec cet ancien ami épaule contre épaule du président moustachu, réclamant aujourd’hui sa tête, il faut avouer que l’on est arrivé à un sommet (6) !  A cette partie d’échecs, il vient de perdre gros en se rendant en Espagne pour on ne sait quelle raison. On découvrira peut-être bien dans quelques jours que c’était peut-être aussi pour s’affairer dans ce qu’il a toujours maîtrisé, davantage encore que la politique : le trafic de cocaïne (il aurait pu passer par Tolède… d’où venait cet oiseau -là).  L’Espagne, où l’on retrouve un peu trop souvent également par terre des hélicoptères abandonnés, comme ici en 2015 à Níjar, près d’Almería, cet hélicoptère polonais PZL-Swidnik W3AS Sokol (EC-KIR)  « emprunté » au loueur SKYHelicópteros, piloté par un trafiquant albanais et remplaçant de hasch marocain. A gauche c’est lAérospatiale AS 350B EcureuilF-HJPC  (N°1153), ex N802DB,F-GINV) saisi en mars 2016 (vu ici à Sabadell en 2010).

Avec quel avion était-il arrivé à Madrid, voilà aussi ce qui serait intéressant à savoir. L’homme, c’est sûr était depuis sa déclaration pro-Guaido devenu la cible des pro-Maduro.  L’ont-ils poussé eux-même vers cette sortie, il ne le semble pas et ce n’est pas dans leur intérêt, tant il aura de choses à dire et de secrets à avouer pendant son procès à venir. Mais la vengeance étant un plat qui se mange froid, les réseaux sociaux ont laissé traîner de bien étranges photos, depuis l’annonce de ce ralliement à son adversaire : celles traficotées par les partisans de Maduro, pour enfoncer son ancien ministre retourné contre lui.  On y voit par exemple un « Poulet » arrêté par la DEA (cf ici à gauche). Or, l’image nous avait paru suspecte, nous en rappelant une autre. Et effectivement, si on vous les présente ensemble, comme ici à gauche… en-dessous c’est l’originale, émanant de l’arrestation durant l’Operación Yunque , qui date de 2012 et a été menée au Honduras, celle de trafiquants abandonnant leurs avions du côté de Brus Laguna, dans la Mosquitia, notamment. Cet Etat ne ment pas seulement sur les avions qu’il prétend abattre…

Nota : à Madrid, où les autorités cherchent toujours à qui appartient exactement un DC-9 MD-87 immatriculé EC-KRV ex Saicus Air (sa déco actuelle), ex Pronair  et Iberia, que personne ne réclame depuis des mois maintenant. Il y est depuis le 6 décembre 2010 ! une histoire qui n’est pas sans en rappeler une autre… (lire ici et là également). Quand on sait ce qu’on peut mettre dans un DC-9… c’est vrai ça…

 

 

Nota 2 : dans cette très longue saga de la coke aux chiffres romains (on a dépassé les 240 aujourd’hui), j’avais expliqué qui était « El Pollo » Carnaval dans l’épisode LXXXVII  (N°88) rédigé il y a 4 ans déjà.  J’en ai repris aujourd’hui de larges extraits.. . aujourd’hui devenus prophétiques.

(1) bien manipulés ici par l’équipe de RT, qui s’est emparé vite fait de cet événement surréaliste passé lui aussi à la trappe il semble… les médias ayant plutôt noté l’allocution de Maduro ironisant sur ce qui se passait alors en France… L’ineffable Sputnik y allant de sa couche supplémentaire…  avec ses participants admirateurs «  jaunesques » dotés d’une profondeur de pensée incommensurable… Parmi les soutiens inconditionnels, il y a l’ineffable Oscar Fortin qu’on ne présente plus ici…  en février dernier voici encore ce qu’il écrivait, celui -là : « À la veille de ces grands événements, je m’affirme confiant que Maduro conduira son peuple à la victoire et que l’empire et ses acolytes devront en assumer les conséquences. L’énergie, déployée par la super lune de mercredi dernier, saura les y accompagner. Ce sera alors une grande victoire pour les peuples de l’Amérique latine et du monde. L’empire aura trouvé chaussure à son pied. » Le terme « l’Empire »  est une expression de Soral, on le rappelle…

(2) repéré lui par une observation particulièrement habile de la CIA, attribué aux services secrets colombiens : « le 23 septembre 2010, El Mono Jojoy a été abattu par l’armée colombienne lors d’une opération militaire réunissant les forces terrestre et aérienne, menée dans la Serranía de la Macarena (département de Meta ». La localisation du chef guérillero a été effectuée par les services de renseignement colombiens grâce à des bottes contenant un GPS : ayant intercepté une communication des FARC indiquant que le commandant du Bloc oriental avait besoin de bottes particulières en conséquence d’effets secondaires de son diabète, les services colombiens sont parvenus à lui faire livrer cette paire de bottes. Le GPS a détecté des mouvements à partir du lundi 21 septembre, ce qui a donné lieu à un bombardement infructueux ce jour-là. Après ce bombardement, Jojoy a rejoint un autre campement qui est à son tour bombardé le 23 septembre vers 2 heures du matin. Cette fois, Jorge Briceño et huit autres guérilleros sont tués. » Pour y arriver, les forces colombiennes avaient eu recours obligatoirement à un avion qu’elles ne possédaient pas : le Dash RC-7B/EO-5B “Crazy Hawk” venu de Fort Bliss, et piloté par des mercenaires employés par la firme  California Microwave Incorporated (CMI), une des entreprises « fantômes » de la CIA. Le prototype en fait de tous ceux qui, déguisés en avions civils, sillonnent aujourd’hui l’Afrique… et la Libye ! A droite ici c’est l’appareil EO-5C.

(3) décrit ici par un connaisseur  : « Victor Vargas était certes riche avant que Chavez accède au pouvoir, mais il est connu aujourd’hui comme « le banquier préféré de Chavez » (une caractérisation qu’il refuse). Propriétaire du Banco Occidental de Descuento (BOD), raffiné, cultivé et philanthrope, il ne peut pas nier que les 14 ans de Chavez ont été une bénédiction pour ses affaires. Le secret ? Les opérations effectuées sur les titres de la dette émis par le gouvernement. Les choses vont si bien pour lui qu’en 2008, il a acheté une maison à Palm Beach pour 71 millions de dollars. Il aime le polo et il est propriétaire de l’équipe des Chouettes de Caracas, avec laquelle il organise des tournois aux États-Unis et en Angleterre et emploie les meilleurs joueurs de polo argentins. Sa fille Margarita a épousé Luis Alfonso de Bourbon, duc d’Anjou, petit-fils du dictateur Franco. Et bien qu’il jure n’avoir rencontré le président que deux fois dans sa vie, Vargas vit et travaille sans aucun problème dans le Venezuela révolutionnaire, un pays dont le président dit qu’il déteste les riches et qu’être riche, c’est mal ».

`(4) la séquence est visible ici  : à 37 secondes du début, alors que le représentant sur place, José Ramon Castillo Garcia s’apprête à montrer l’immatriculation caché sous la faussez, il se ravise, recolle (???) l’adhésif, et la caméra s’arrête !!! Phénoménal ! Car Garcia est le chef de la Oficina Nacional Antidrogas, ONA !!!  En un seul geste , il révèle la mise en scène et ce qu’est un narco-état !!!

(5) pas beaucoup plus sérieux d’apprendre que Carjaval serait entré en Espagne avec un un faux passeport vénézuélien portant le nom de José Mourinho, l’ancien entraîneur de l’équipe du Real Madrid et de Manchester United !!!

(6) Au cours d’une interview avec le New York Times parue le 21 février 2019, Carjaval avait eu la langue plutôt bien pendue, en reconnaissant tout un tas de choses dont je vous avais aussi parlé depuis longtemps déjà :

1) Il a rappelé un incident survenu en 2012, alors que son service était tombé sur le luxueux ranch appartenant à Walid Makled arrêté puis extradé depuis aussi USA.  Carvajal a déclaré que son équipe avait alors intercepté une cargaison de 400 kilos de cocaïne, qui était arrivée au ranch dans un petit avion.. et peu après selon lui, Carvajal avait reçu un appel téléphonique des forces armées qui affirmaient que le chargement ne contenait pas de stupéfiants. Makled avait donc repris en mains sa cargaison.  Selon lui, les deux responsables alors s’appelaient El Aissami, le vice-président et Nestot Reverol, les accusant au passage d’avoir reçu des pots de vin et d’ignorer le trafic de drogue. On se souvient surtout des interventions fortement médiatisées d’un Nestot Reverol toujours le premier à expliquer que les jets encore fumants abandonnés dans la brousse par les trafiquants avaient été abattus par ses avions de chasse, ce dont tout le monde doutait fortement, et moi ici le premier..ou bien  la farce des « avions vérifiés ». 

2) Carvajal a également dénoncé Reverol pour avoir laissé des avions atterrir avec de la drogue lorsqu’il dirigeait l’ONA. Il a déclaré qu’en 2012, il avait appelé Reverol pour signaler un avion suspect , mais que Reverol n’avait alors rien fait et que l’avion avait continué son chemin. « Je suis sûr qu’il transportait une charge de drogue « , avait déclaré Carvajal.  Laissant le pays devenir un vrai porte-avions pour trafiquants.  L’exemple de l’adhésif non enlevé cité ici étant probant en ce sens…

Tout ce dont on se doutait depuis des années ,et ce que j’ai pu vous expliquer ici comme ailleurs…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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