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Coke en stock (CCLXII) : des politiciens véreux, des hélicoptères à foison et un pays gangréné

On l’avait vu pour le Honduras ces dernières années, c’est encore plus vrai aujourd’hui pour le Guatemala : les trafiquants affaiblissent la démocratie, dans le sens où un pays aux politiciens faibles et corrompus devient davantage attractif pour eux (1).  En ce sens, ce pays est devenu une vraie terre d’élection, sans mauvais jeu de mots.  On vient de s’en apercevoir lors de la dernière présidentielle, qui a vu le régime nouveau faire la chasse à ses prédécesseurs, accusés d’avoir détourné des sommes considérables des caisses de l’Etat, à leur seul profit. L’ancien président en personne, l’ineffable Jimmy Morales étant du lot, même s’il s’était targué de lutter davantage contre le trafic que ceux qui l’avaient précédé.  On s’aperçoit aujourd’hui que l’on peut y ajouter un volet drogue : chez ces gens-là il n’y a pas de petits profits, et le marché de la coke partout en plein essor en propose des stratosphériques ! Logique de les avoir vus succomber à la tentation !  A pays corrompu, c’est bien connu, marché de la coke florissant !!!

En liaison avec un ex-ministre fugitif

Vous vous rappelez la découverte en décembre 2018 du gros Beechcraft quasi neuf dans la zone montagneuse d’El Corozo près du rio Sarstún, à Izabal, près de Livingston, un avion caché sous les frondaisons avant d’être incendié par les trafiquants (lire notre épisode précédent, et photo ici à droite) !). Des habitants avaient dit à la police y avoir aperçu un politicien en cavale. Un homme recherché par la police depuis une année déjà à ce moment-là. Le trafic de drogues se jouant sur place avait un participant ou un spectateur étonnant : « le 26 octobre 2017, un groupe de villageois avait dénoncé au Congrès de la République qu’Alejandro Sinibaldi (ici à gauche), un ancien ministre du Guatemala devenu fugitif de la justice) se cachait sur les terres de Livingston, près de la zone frontalière avec le Belize, et qu’il avait voyagé à plusieurs reprises vers ce pays », note Prensa Libre.  Sinibaldi, c’est un cas typique de la corruption rampante gangrenant tout le pays : « voilà plus d’une année qu’Alejandro Sinibaldi Aparicio est en fuite. Nul ne sait où se cache l’ancien ministre des Communications, des Infrastructures et du Logement du Guatemala, depuis sa mise en cause dans plusieurs affaires nationales de corruption. Son compte Twitter est protégé. Et dans les procédures judiciaires en cours en Suisse, ses avocats Benjamin Borsodi et Sylvie Bertrand-Curreli se gardent bien de dévoiler son lieu de résidence actuel (à droite un des électeurs mécontents en train de s’en prendre violemment à une affiche électorale de Sinibaldi). Le Guatemala vient d’émettre un nouveau mandat d’arrêt à son encontre, cette fois dans l’affaire du Transurbano, le système de transports publics du pays. Lorsqu’il était député, Alejandro Sinibaldi Aparicio aurait fait verser à deux entreprises lui appartenant – Seguridad ASA et Servicios Marítimos y Aéreos del Norte – l’argent provenant d’un contrat pour améliorer la sécurité des arrêts de bus dans la capitale, sans que finalement rien ne soit entrepris. Cette procédure vient s’ajouter à toutes les autres qui courent contre le sémillant homme politique. La principale est surnommée au Guatemala «Construction et corruption».  Selon l’enquête du Ministère public national, Alejandro Sinibaldi Aparicio recevait jusqu’à 5% de pots-de-vin, lorsqu’il était ministre entre 2012 et 2014, de la part des entreprises à qui il octroyait les marchés publics. L’un des entrepreneurs impliqués vient d’ailleurs d’être condamné. L’homme est également impliqué dans l’affaire Odebrecht: en 2013, il aurait réclamé à l’entreprise brésilienne le paiement de commissions occultes pour l’adjudication d’un mandat de construction d’une route dans le Sud du pays, dont le paiement de trois millions de dollars à l’ancien candidat à la présidentielle Manuel Baldizón. L’un des banquiers brésiliens impliqués dans le schéma corruptif a témoigné cet été. Une partie de ces pots-de-vin passait par la Suisse, comme l’indiquent deux arrêts récents. Dans le premier, daté du 27 juin dernier mais rendu public le 17 septembre, les juges du Tribunal pénal fédéral rejettent le recours du Guatémaltèque. Qui se fait également débouter par le Tribunal fédéral (TF), comme l’indique l’arrêt daté du 28 août, publié le 13 septembre 2019. Ces documents rappellent que le Guatemala avait demandé l’entraide début 2017 dans le cadre d’une enquête sur l’ancien ministre. Les informations sur trois comptes bancaires dans deux banques ont été transmises. Les noms des établissements ne sont pas communiqués, mais un article de Bilan de 2017 évoquait le Credit Suisse et Santander Suisse, sur la base d’articles de presse au Guatemala. Selon l’arrêt du TF consulté par Gotham City, ces comptes étaient ouverts au nom de deux sociétés de droit panaméen, Intercontinental Media Structures Inc., et Madagascar Oil Company Inc » (lire ici). En janvier dernier, l’Etat saisissait deux grandes propriétés terriennes lui appartenant, les « fincas »  « El Cintular » et « El Carmen » (productrice de café), installées dans les municipalités de Pueblo Nuevo Viñas et Barberena, à Santa Rosa.

Consécutivement à l’affaire Sinibaldi, a été extradé également Jaime Ramón Aparicio Mejía, 54 ans, recherché par Interpol, arrêté dans l’aéroport de Buenos Aires, en Argentine. Il y était arrivé après avoir traversé le Panama, venu des États-Unis. Il gérait un réseau de sociétés qui signait des contrats avec l’État,  a obtenant au moins 5 milliards (de quetzals soit 596 089 750 euros) par an, depuis l’an 2000. Il aurait versé sur cela 8 millions d’euros à l’une des sociétés fictives de d’Alejandro Sinibaldi. C’est allé plus loin encore avec du copinage : « la fille de Jaime Aparicio, Gabriela María Aparicio Urízar, a servi pendant les trois premières années du gouvernement du Parti Patriote (PP) en tant que consul général à Miami, en Floride, aux États-Unis.  Sa nomination était due à sa proximité avec l’ancien vice-président, Roxana Baldetti, malgré l’absence de carrière ou d’expérience diplomatique et ses partisans inconstants et ineptes. Sa mère, Vivian Urízar et son ex-mari, Jaime Aparicio, étaient voisins, amis de Roxana Baldetti, bien avant qu’elle n’atteigne la vice-présidence. Leur relation date du fait qu’ils étaient voisins à Colonia Primero de Julio. Par la suite, la famille Baldetti et la famille Aparicio ont déménagé dans un secteur de la ville de San Cristobal, où ils ont poursuivi leurs sombres activités ». A droite, le yacht de Sinibaldi… bien entendu, le détournement de fonds publics exercé par cet individu explique en partie ses biens et leur acquisition frauduleuse, mais d’une ampleur telle que cela n’explique pas encore tout. Le doute subsiste, à son égard comme pour celui de ses proches, d’une possible association avec des trafiquants de cocaïne à qui il aurait pu proposer une impunité grâce à ses fonctions en haut lieu. Or, dans cette hypothèse de plus en plus probable depuis que le nouveau pouvoir en place déroule à grande enjambées une enquête tentaculaire sur ses méfaits, la découverte d’une seule photo accusatrice est devenue primordiale. Cette photo, c’est celle d’un petit avion d’allure anodine… Un petit Beechcraft Baron.

Politique et coke étroitement associée : la photo de l’avion qui plombe Jaime Aparicio

Tout aussi intéressante, sinon fondamentale, donc, est cette photo redécouverte récemment, ici à gauche, celle montrant Jaime Ramón Aparicio Mejía, descendant d’un petit Beechcraft bien connu : le TG-MCA, qui lui s’est fait refaire depuis une jeunesse à grand coups de pistolet à peinture (ci-dessus à droite)… car ce petit bimoteur était apparu en 2011 dans cette même saga, dans l’article « Coke en stock, acte XXV : Belize, l’Antonov de Viktor Bout et l’avion de l’autoroute ».  C’était lors de l’atterrissage sur une autoroute d’un gros bimoteur Beechcraft à Punta Gorda, dans l’Etat de Belize, en novembre 2010. Relire aujourd’hui la séquence donne une impression de déjà vu en effet : « le lendemain du crash, un étrange ballet allait apparaître au Philip Goldson International Airport. Un petit bimoteur immatriculé TG-MCA contenant 5 colombiens atterrissait. 4 jours plus tard il redécollait, sans ses passagers mais un deuxième appareil au registre, TG-MOR, le remplaçait, pour reprendre les 5 colombiens, direction le Guatemala, où les avions étaient enregistrés ! »
« Quelques jours avant, les autorités de Belize avaient arrêté « San Ignacio » Ottoniel Turcios Marroquin, chef de cartel guatémaltéque, qui vivait tranquillement à Belize !!! La filière colombienne passe aussi par le Guatémala ! Le 3 mars 2010, la police guatémaltèque arrêtait deux responsables du trafic : le chef de la police locale, Baltazar Gomez et l’homme à la tête de la division anti-drogue, Nelly Bonilla:
ils avaient revendu la cocaïne que leurs services avaient eux-mêmes saisis ! Turcios Marroquin (ci-dessous à gauche lors de son extradition) en tant que leur donneur d’ordres. Le pays doit faire face à une violence endémique dont l’origine s’explique facilement : c’est le contre-coup de la guerre des gangs mexicains. Au moment où Gomez et Bonilla étaient arrêtés, l’ancien Président du pays en personne, Alfonso Portillo, mêlé à l’affaire, et surtout au blanchiment de l’argent, avait tenté de s’échapper vers l’Etat de Belize ! Il avait été capturé de justesse en janvier 2010. « Alfonso Portillo, président de la république de 2000 à 2004, était a la tête d’un gouvernement considéré comme le plus corrompu de l’histoire du Guatemala (2). Il est accusé d’avoir transformé le bureau de la présidence en un guichet automatique personnel, »nous dit Patrice Gouy de RFI (3). L’argent, la drogue et les personnes politiques très haut placées : ceci à un bout des expéditions dirons-nous : logique de retrouver le même schéma en Afrique de l’Ouest, donc« . En 2011, je vous avais déjà trouvé sans le savoir un exemple précis et précieux de cette sidérante corruption et cette participation au trafic de coke : l’avion utilisé par Jaime Aparicio, était bien celui au service des trafiquants de drogue (dont le célèbre narcotrafiquant « El Loco » Daniel Barrera Barrera, ici à gauche lors de son extradition ), une piste guatémaltèque qui menait donc directement… au Venezuela !!

Des aveux en forme de bombe

La déflagration principale est venue plus tard, du Guatemala toujours, en octobre 2018 avec un article au lance-flammes, celui des aveux d’un pilote de narcos (repris ici), jusqu’ici plutôt oublié, et appelé Guillermo Lozano Bauer. Ayant trouvé refuge au Guatemala, puis aux USA, il a raconté à un juge US médusé sa longue et étonnante carrière. Ce long article je vous l’ai résumé, c’est une peu la pierre de Rosette d’un trafic perdurant depuis des années, et que j’ai suivi comme vous à la loupe en cherchant cet élément qui me manquait. « Devant un juge aux États-Unis, il a rappelé comment il transportait de la drogue et de l’argent pour des bonnets tels que Compa, Los Valle, Los Cachiros et Los Lorenzana; et comment il est devenu le pilote du président Otto Pérez et des dirigeants Manuel Zelaya et Porfirio Lobo (lire ici) au Honduras ». Pilote de chefs narcos et de présidents à la fois ! Pourquoi avait-il décroché, comme trafiquant, c’est simple à comprendre : il avait été en fait approché, comme d’autres … (voire menacé) par la DEA qui lui avait alors dit tout de go que «votre vie est en danger. Ils veulent vous tuer, ils soupçonnent que vous collaborez avec nous parce que vous volez pour le président Otto Pérez Molina… vous devez partir », lui a déclaré un agent de la DEA (United States Drug Enforcement Agency). Ce jour-là de janvier 2013, la vie de Guillermo Lozano a pris un tournant qui l’a forcé à fuir le Guatemala. Lorsque l’agent de la DEA lui a donné cet avertissement, Lozano était le pilote aviateur du président Otto Pérez Molina et de la vice-présidente Roxana Baldetti. La relation avec les deux ne se limitait pas au transport aérien. Selon le même pilote, le binôme présidentiel l’avait nommé opérateur de la société portuaire de Quetzal (EPQ) et il avait été chargé de négocier le paiement d’une commission (un pot-de-vin) de 30 millions de dollars avec la société espagnole du Terminal de Container de Barcelona (TCB) ). Le pot de vin était la condition pour leur accorder l’usufruit d’un terrain pour exploiter un terminal privé dans ce port du Pacifique ».  En somme l’homme était introduit dans les arcanes et les turpitudes d’un gouvernement qui se permettait tout pour enrichir ses membres personnellement : quand ce n’était pas avec le trafic de coke, et la protection des chefs de cartels, c’était en tripatouillant des accords commerciaux avec des pays tiers. Et pas n’importe lesquels, car il va sans dire que les premiers intéressés par la gestion d’un port espagnol étaient bien les trafiquants eux-mêmes, assurés quel leurs containers ne seraient pas visités en arrivant au port !!! En 2016, on avait révélé l’existence d’un centre de blanchiment d’argent au Terminal de Contenedores Quetzal (TCQ) dans le port, la paire immergée qui commençait à sortir de l’eau, l’autre bout étant en Espagne. L’aménagement des 34 hectares de containers de Puerto Quetzal ayant été l’objet de versements illicites tous azimuts dont les principaux bénéficiaires s’appelaient le président Otto Pérez Molina et l’ex premier ministre Roxana Baldetti !

L’article continuant ainsi :« l’avertissement de l’agent DEA a changé tous les plans de Lozano. Comme il le pouvait, il a cherché refuge à Miami, où il est arrivé avec un visa de touriste. Cet auto-exil s’est produit il y a plus de cinq ans et n’est pas encore terminé. Au cours de cette période, il s’est consacré à témoigner contre plusieurs seigneurs honduriens et guatémaltèques, tout en ouvrant un asile qui lui permettrait de rester et de vivre dans ce pays et d’obtenir un statut juridique ». Le statut habituel de ceux qui sont devenus des repentis, en quelque sorte, en échange de ne pas être poursuivi et de ne pas finir sa vie en tôle.

L’hélicoptère comme navette à coke

Son histoire est assez sidérante, en tout : c’est celle de la mise en place d’une véritable  infrastructure aérienne dédiée aux trafiquants : »Lozano a commencé à piloter des hélicoptères en 1987. En janvier 2005, il a fondé Aeroservicios Centroamericanos, S.A. (nom commercial Aerocentro ou Aeroservicios) avec des bureaux à Guatemala City et à San Pedro Sula, Honduras. En plus d’offrir le transport aérien, elle disposait d’un atelier de maintenance et fournissait le service de d’hébergement et d’administration de leurs avions à des dizaines d’hommes d’affaires et de clients fortunés ». Ayant besoin d’argent pour alimenter son affaire, « en 2004, Lozano a commencé à voler pour un groupe restreint de trafiquants de drogue, notamment: Los Lorenzana (Waldemar et Elio Lorenzana Cordón, condamnés à la réclusion à perpétuité pour avoir envoyé des centaines de tonnes de cocaïne aux États-Unis », ils sont ici à gauche); « Les Cachiros du Honduras (les frères Javier Eriberto et Devis Leonel Rivera Maradiaga, extradés vers les États-Unis et qui ont avoué avoir versé un pot-de-vin de plus de 400 000 USD au président Porfirio Lobo et à son fils Fabio Lobo en échange d’une protection), ici à gauche; les frères Valle (Luis Alonso et Miguel Arnulfo Valle Valle, condamnés à 23 ans de prison aux États-Unis pour trafic de drogue, ci-contree à droite); et Sergio Neftalí Mejía Duarte, alias  » Compa », (ci-dessous à gauche) condamné à la réclusion à perpétuité pour trafic de drogue en mai dernier » : difficile de faire mieux dans le genre comme carnet d’adresses. Mais en 2007, il avait été en réalité contacté par la DEA, venue lui expliquer qu’il valait mieux collaborer avec elle s’il ne voulait pas finir sa vie en prison aux USA. « Lozano est devenu un collaborateur de la DEA et il les a informés de ses vols de drogue. Avec les agents, ils ont réussi à établir les itinéraires de leurs clients. Avec les enquêteurs, il a tenu des réunions personnelles ou par e-mails, partagé des photos des chargements et des enregistrements de ses conversations. Lozano a obtenu l’approbation de la DEA pour continuer à fournir ses hélicoptères au service des trafiquants de drogue. Il a mobilisé des tonnes de cocaïne pendant près de trois ans pour le hondurien Sergio Neftalí Mejía Duarte » alias « Compa ». On s’aperçoit une nouvelle fois du rôle fort trouble de la DEA, qui d’une certaine manière alimente et aide le trafic, dans le but claironné bien haut de ne s’en prendre qu’aux plus grands trafiquants. Certains, tels Daniel Hopsicker mettent en doute cette volonté entretenue de manière un peu trop voyante… ou bien doutent de son efficacité quand un élément extérieur vient mettre le grain de sable qui grippe tout, cet élément s’appelant… la CIA…!!!

Autre pilote et même hélico pour voler de l’or cette fois !

En 2016, des écologistes commencent à recevoir des rapports alarmants sur les activités minière illicites dans le secteur de La Puya. La mine Progreso VII Derivada d’Exploraciones Mineras de Guatemala (Exmingua)est l’objet de nombreuses critiques des indiens locaux, qui se sont mis en résistance contre son exploitation (elle déverse partout du mercure à tour de bras, comme toute mine d’or).  Arrêtée juridiquement, elle continue néanmoins à extraire… de nuit.  Pour évacuer ses sorties, elle emploie au petit matin … des hélicoptères.  Mieux encore puisqu’on envoie un jour au écologistes des vidéos montrant les allers-retours réguliers sur place d’un hélicoptère tout bleu. C’est un engin (ici à gauche amorçant sa descente vers la mine) provenant de chez Helicópteros Águila, S.A., une entreprise de création toute récente (et ex Sky Services, S.A) qui a des liens avec Aereoservicios Centroamericanos, S.A. (Aerocentro), comme par hasard : les deux ont ont en effet le même représentant qui est lui-même associé chez Agulà avec Guillermo Abraham Lozano del Pinal (ex Es président de Agroindustrias Lozano, celui de marque commerciale Lozano, et Guillermo Abraham Lozano Bauer, celui qui dirige Super Restaurantes, S.A. y Campus Café, S.A. Dans le hangar d’Aerocentro on côtoie régulièrement aussi Jorge Edgardo Archila Marroquín, le président du groupe Emisoras Unidas. Il est aussi le président de Publicidad Aérea Centroamericana, S.A. (ou Publiair). Que du beau linge, on le voit !!!

Le CV du pilote de l’hélicoptère est tout aussi sidérant que celui que l’on vient de décrire : « Cesar Augusto Dávila Figueroa est un pilote d’aéronefs. Il a soutenu la campagne électorale du Patriot Party en 2011 et est devenu conseiller de la municipalité de Fraijanes par le PP (2012-2016), et il a été embauché comme conseiller technique opérationnel auprès du directeur général de l’aviation civile, son père est le capitaine à la retraite Cesar Augusto Dávila Menéndez, de la promotion 52 de l’École polytechnique, qui a obtenu son diplôme en 1951. En 1954, il faisait partie du mouvement des cadets qui étaient subordonnés au gouvernement contre-révolutionnaire du général Carlos Castillo Armas ». Cesar Augusto Dávila Figueroa; « est proche lui aussi du Patriot Party ». Le premier hélico aperçu sur place au-dessus de la mine est le TG-MIL (ci-dessus à droite), de Modern Services Group INC, installé au Panama.

« Selon le registre public du gouvernement du Panama, Modern Services Group a pour directeur / trésorier Franklin Keicher, qui apparaît comme associé avec Gustav Feucht dans des sociétés panaméennes et qui représente Sky Services ». Un autre appareil  a servi aussi. Des factures épluchées par nos écologistes montrent que Sky Services a effectué une prestation sur place en mars 2016 avec son hélicoptère TG-ECU , le même jour où celui-ci a été aperçu à la Puaya, venant charger des sacs portés à dos d’homme par des mineurs (voir ici la sidérante vidéo dans le site) !!!  On s’aperçoit vite que c’est tout une petit monde qui exploite cet or de façon illégale  : « un frère de Prana Suhr (fondateur de  Aereoservicios Centroamericanos, S.A)  est Haward Gilbert Suhr Castellanos, le pilote d’hélicoptère qui a volé pour l’ancien président Otto Pérez Molina, et co-fondateur avec Guillermo Lozano Bauer de la compagnie aérienne Aerocentro o Aereoservicios Centroamericanos, SA, comme établi dans un rapport précédent . L’épouse de Lozano Bauer est Ingrid María Gertrud Kretzchmar Walter de Lozano, qui apparaît comme représentant légal auprès de Gustav Alfred Feucht Tylor de Sky Services, l’une des sociétés qui possèdent les hélicoptères qui ont déplacé des sacs contenant des minéraux de La Puya au cours des derniers mois. et dont le fondateur principal est Raul Osoy Penados, ce dernier, propriétaire de Topsa et impliqué dans l’affaire TCQ ». Un Raul Osoy Penados, dont on va reparler dans quelques instants, justement !!!  Au total, quatre appareils ont été aperçus faire la navette de minerai à la Puya : les deux déjà cités, TG-ECU, TG-MIL auxquels il faut ajouter le TG-CHA (de Chop Air S.A division  de Helicópteros de Transportes Aéreos Guatemaltecos, S.A. (TAG) et un quatrième moins nettement précisé (le TG-GUA, ou plutôt TG-GEA ?).

Au Honduras, le déversement de coke continue

Tout devient plus clair, en tout cas avec les sidérant aveux de notre responsable d’entreprise servant les mafieux. Il nous manquait un élément en effet au Honduras, que nous avons étudié ici en long et large :  le relais des avions (tel celui-ci ici à droite) venus de loin déjà vers le Mexique, via… les hélicoptères, puis les bateaux : « pendant près de trois ans, Lozano a pris une habitude. Il a mis en toute son Bell 407 tôt et l’a soulevé, même si la brume ne s’était pas encore dissipée. Il se dirigeait vers la côte atlantique, vers le département de Gracias a Dios, dans la Mosquitía hondurienne, à la recherche de son prochain chargement et revenait avec lui pour le décharger dans une ferme près de San Esteban ou Juticalpa, Olancho, propriété de « Compa ». Ou jusqu’à San Pedro Sula. La drogue était jetée en mer par des avions ou des vedettes rapides de Colombie; les pêcheurs locaux venaient la saisir la nuit et l’emmenaient sur le continent où Lozano venait ensuite la chercher.  Son hélicoptère Bell 407 pouvait transporter jusqu’à 450 kilos » (4)

Depuis le trafic a perduré, sinon s’est même amplifié.  Ça continue en effet au Honduras : le 16 octobre dernier on interceptait à Gracia de Dios (à Brus Laguna) au même endroit à peu près que celui décrit par Lozano un petit bimoteur (un vieux Cessna de la série 300) chargé de 568 paquets de coke (ci-dessus). Le lendemain on retrouvait littéralement planté le nez en avant un Cessna Golden Eagle immatriculé XB-CPT avec à bord 800 kilos. Fait à noter, deux pilotes s’étaient complaisamment filmés sur You Tube à l’intérieur du même avion, en mode accéléré, accompagné d’une musique de hard-rock (voir le lien), effectuant des passages bas le long d’une côte indéterminée : sont-les même écervelés qui ont ainsi raté leur atterrissage ? Le blog est au nom du « capitaine Jacobo Arroyo » qui s’est aussi filmé à bord du XB-CMC, toujours accompagné par une musique signée Armin van Buuren… euh, lancinante, pour être poli (c’est ça ou du Iron Maiden chez lui !). Ici il vole vers Vallarta avec le XB-CPT avec la caméra GOPRO fixée à l’aile gauche (et toujours une musique de m…en soutien !). L’homme s’est aussi filmé aux commandes d’un Cessna 340 (avec les Stones, mis en remixé !) ou d’un bimoteur  C421B (le N92AM, un autre Golden Eagle). Visiblement, Arroyo adore se mettre en valeur... un peu trop, il semble. Est-ce le même qui se présentait plus jeune ainsi ? En ce cas, il serait… vénézuélien et aurait été cadet de l’aviation militaire bolivarienne !

Le 10, c’était un autre bimoteur encore, un Piper Seneca II qui avait été retrouvé vautré mais.. vide, cette fois… Les trafiquants avait détalé avant l’arrivée des soldats. Le 12 juin, toujours à Brus Laguna, un hélicoptère de l’armée s’est écrasé alors qu’il enquêtait sur une chute d’avion bimoteur porteur de drogues, immatriculé PT-OCY, un Beechcraft C-90 (ici à au dessus, et à droite). Encore une fois aussi c’était une immatriculation existante mais empruntée, un large autocollant ayant été apposé sur les flancs du Beech (cf ici à gauche).

Pour couronner le tout, le 1er octobre 2019 Juan Orlando Hernandez, président du pays, s’entendait dire en personne qu’il avait reçu un million de dollars de… El Chapo Guzman (lors du procès d’un de ses frères accusé de trafic de cocaïne) ! Le procureur américain ayant révélé l’affaire, Geoffrey Berman, s’était aussi attaqué auparavant à Porfirio Lobo son prédécesseur qui selon lui aurait aussi bénéficié du soutien financier des narcotrafiquants.  Selon un document publié en août 2019, Lobo, en 2009, qui était alors candidat à la présidentielle aurait reçu lui aussi de Guzman deux pots de vin d’un million de dollars !!! Lobo, j’avais expliqué ici le rôle de son fils, Fabio, arrêté à Haïti en pleine négociation de cocaïne : « chez les Lobo, en revanche, on était bien proche des « narcos ».  Outre une photo fort compromettante de l’ex président avec José Natividad « Chepe » Luna, truand notoire et trafiquant (alors que Porfirio était encore en exercice !) on avait remarqué que son propre frère Ramón Lobo fricotait avec la famille Rivera Maradiaga (il avait été photographié à un inauguration dans le fief du cartel).  Sa propre fille, Margarita, elle, ayant carrément été blessée lors de l’attaque en 2012 contre le trafiquant orge Aníbal Echeverría Ramos, alias “El Coque,” dont elle était la maîtresse.  El Coque survivra à une deuxième tentative d’assassinat, avant d’être arrêté et de se retrouver en prison au Honduras… et d’y mourir trois jours après… assassiné !  Comment à partir de là ne pas imaginer que El Chapo pouvait autant se sentir chez lui au Honduras !!! »

L’hélicoptère américain du narco

Revenons à notre mouton-pilote. « Une fois livrée par le pilote, la drogue était transportée dans des camions ou des voitures à double fond jusqu’à la frontière avec le Guatemala, ou près de Puerto Barrios, Izabal (un des nœuds du trafic donc !), où elle était récupérée par des acheteurs tels que Los Lorenzana (ici en juillet 2019 la capture de 192 kilos de coke à l’intérieur d’un contenait du port de Puerto Barrios). Il est également aller en amener à Agua Zarca, Huehuetenango, où il a été reçu par Walter el Zope Montejo, qui était responsable du franchissement de la frontière avec le Mexique »; »Lozano a déclaré que l’un des principaux clients de Compa était un Mexicain nommé César (Gastelum Serrano, alias Celia ou « la Dame », ici à droite et à gauche avec ses trois frères Alfredo, Jaime, et Guadalupe Candelario) qui présumait fièrement qu’il était très proche de (Joaquín) el Chapo Guzmán. Gastelum a été capturé en mai 2015 à Cancun, au Mexique (il portait sur lui c jour-là 12,5 kilos de coke !), et extradé vers les États-Unis. Accusé d’être le principal fournisseur de cocaïne de Guzmán et Ismael el Mayo Zambada, chefs du cartel de Sinaloa ». »Pour ses services, Lozano a facturé entre 80 dollars US et 200 dollars US par kilo de cocaïne transporté, le paiement dépendait de la distance et de la durée du voyage. En convoyage, il transportait ainsi 400 kilos à 100 dollars, soit environ 40 000 dollars, a estimé Lozano. Lors du transport d’argent, le taux forfaitaire était de 10 000 $ US, a-t-il ajouté ».

Le pire est à venir : c’edt la fourniture par notre homme d’un hélicoptère directement à un narco : « Compa » a toujours voulu avoir son propre hélicoptère, Lozano l’a fourni. Les deux ont signé un contrat où le pilote agirait comme agent lors de l’achat de l’avion. « Trouvez le meilleur hélicoptère à acheter », a-t-il ordonné. Après avoir cherché pendant un certain temps, Lozano a trouvé un hélicoptère au Vermont, aux États-Unis. UU., Appartenant à une société appelée Mainsfield Helifight. Lozano lui a versé environ 3 millions de dollars. Lozano lui-même a aidé à blanchir l’argent pour acheter l’avion. Pour cela, elle a acquis une société offshore au Panama, appelée Eros International Services, qui a servi à acquérir l’hélicoptère. Pour le payer, Lozano a pris un paquet de chèques signé par Compa et les a mis dans des enveloppes qu’il a envoyées au Vermont. Un pilote qui travaillait pour Lozano a été chargé de piloter l’appareil du Vermont au Honduras, faisant des escales au Mexique et au Guatemala. Pour ses services, Lozano a gagné une bonne commission pour le courtage de l’avion ». En  ce sens, la découvert du Bell Ranger immatriculé  N86AF au Etats-Unis et TG-LON au Guatemala, qui avait été annoncé comme mis en vente à Tucson au Texas chez un broker (Western Aviation) au tarif de 350 000 dollars était donc plus significative que je ne le pensais : j’avais déjà à l’époque touché au but, mais sans le savoir !! En 2015 déjà, mais on l’avait oublié, un autre Bell Ranger Bleu avait été découvert abandonné à Chiquimula, à 200 kilomètres à peine de la capitale. Autour celui 13 bidons (bleus) de combustible. Il était lisiblement immatriculé N407SG. L’engin valait 2 millions de dollars et il la été rapidement versé aux forces guatémaltèques. Un fausse immatriculation appartenant à un autre Bell du même nom mais rouge, visible en 2019 dans l’Utah (il peut être confondu avec le N407SH.

Des narcos à la vice-présidente 

« Le 10 octobre 2010, les forces honduriennes ont saisi l’hélicoptère Bell 206 avec une immatriculation guatémaltèque, TG-MEC, propriété d’Aerocentro (5), dans la communauté de Palacios, dans le département de Gracias a Dios. L’avion était piloté par Jorge Aguilar, un employé d’Aerocentro, qui avait dévié de son plan de vol initial entre deux villes de la zone Atlantique, et a effectué plusieurs vols non autorisés au-dessus de la Mosquitía hondurienne (au même moment on le rappelle, la DEA utilise les services d’un autre informateur qui était lui le fournisseur des avions : « Hector Alfonso Schneider-Lindo, qui dirige une société appelée Eagle Support Corporation. Ici à droite le Beech200, n° de série: BB-769 de 1981, immatrulé N623VP, d’Eagle Support Corp (il a été exporté… en Colombie !).Schneider est aussi celui qui avait racheté le célèbre Beech 300 Super King Air Fa-137, ex N467JB, ex C-FTLB. qui avait atterri un soir sur une route de Belize; balisée par la circonstance et qui avait été saisi. L’affaire avait directement remonté au Venezuela où l’engin était devenu le sujet d’une vive polémique à propos de la gestion de l’affaire par Tarek El Aissami, devenu depuis vice-président.  L’avion avait été découvert bourré de coke et de bidons, d’essence » avais-je écrit ici. « Pour sa défense, le pilote a allégué que la raison du détour était de transférer des passagers Denis Adalid Bautista Benítez, Bartolomé Bautista Milla et Óscar Modesto Elvir Hernández. Ces personnages avaient été capturés des mois plus tôt pour le crime d’association illicite et le port illégal d’armes à feu. Même Denis Bautista avait un mandat d’arrêt pour meurtre (nota : Benitez vient juste d’être tué à El Provenir, le 15 janvier 2020 après une terrible bagarre dans sa prison qui a fait 18 morts au total  !) Des sources de la police hondurienne ont rapporté que ces trois personnages faisaient partie de l’équipe de garde du corps d’un célèbre patron hondurien. Le ministère public hondurien a effectué un test de scanner ionique sur l’avion, qui a révélé des traces de cocaïne à l’intérieur. L’hélicoptère a été saisi on a retenu 6 000 dolars US en espèces au pilote pour avoir été payé pour ses services. (…). Le 7 décembre 2012, Howard Suhr (partenaire d’Aerocentro) et l’ancien député Juan Luis González – les deux pilotes de la société Lozano (plus Dennis Omar Calderón Calderón) – ont été capturés dans une maison de San Pedro Sula, dans le cadre d’une importante opération antidrogue impliquant une liste de 83 personnes. Cependant, un an plus tard (18 décembre 2013), Suhr et Gonzalez ont été acquittés des charges de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, et sont retournés au Guatemala » (la DEA devant être derrière cette libération…!). Le troisième larron arrêté ce jour-là avec eux était bien un homme politique : c’était Juan Luis González García, l’ancien député du Front républicain guatémaltèque !!! Lors de l’arrestation, la société possédait pas moins de 5 hélicoptères, écrit ici El Periodico, qui ajoute :  « selon Insight Crime, en 2010, les autorités honduriennes ont découvert dans la région de La Mosquitia un hélicoptère d’Aereocentro, qui lors de son examen a examiné les résidus de drogue à l’intérieur. Une publication de ce média spécialisé dans le crime organisé cite que, selon Southern Pulse, l’entreprise pourrait avoir des liens avec le cartel de Sinaloa ».

Suhr Castellanos pilotait également un petit avion, le TG-TNT (j’ai évoque ici-même l’appareil, et surtout son vendeur, Corban Air Entreprises Corp) et un hélicoptère, le TG-MIL, un Bell 206, au profit d’Osoy Penados, lui aussi accusé aujourd’hui de blanchiment d’argent, (et de financement électoral illicite) qui a rebaptisé la société Alliancee, S.A. Les procureurs enquêtant sur lui cherchant alors des liens avec Jonathan Chévez. Celui-ci, surnommé « Le magicien », est soupçonné d’avoir été le blanchisseur d’argent de l’ancienne vice-présidente Roxana Baldetti; l’homme est aujourd’hui en prison, lui aussi (ci-dessous les deux engins saisis en même temps par la justice).

Guillermo Lozano Bauer (et Suhr) pilotai(en)t également en 2011 lors de la campagne électorale les hélicoptères immatriculés TG-AMB (ici à droite) et TG-ORA, les initiales d’Otto Pérez, Roxana Baldetti et Alejandro Sinibaldi, mais dont l’enregistrement a été changé ensuite pour devenir TG-ESP (ici à gauche) qui est devenu la propriété de la seule vice-présidente Baldetti.

« Selon Jair Samayoa, ancien auditeur de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et actuellement collaborateur efficace dans l’affaire Coperacha, l’hélicoptère a longtemps été dans le hangar de Guillermo Lozano, qui était le pilote privé de Pérez Molina » (ancien président de la République du pays, lui aussi en prison !). A droite l’appareil TG-ESP, devenu FAG 117 (hélicoptère de secours, « rescate« ) dans l’armée guatémaltèque et ci-dessous le texte expliquant son reversement dans les services de l’Etat :

On l’a retrouvé aussi en train d’effectuer le retour à la base militaire pour tri et examen de tout un lot de drogue saisis à des trafiquants, ou comme ici entrain ou de participer à un exercice  d’aide humanitaire. Il sert à toit cet appareil : quand en 2017 Marixa Lemus, dite « La Patrona », chef d’un gang structure guatémaltèque d’assassins et de ravisseurs, ayant des liens connus avec des trafiquants de drogue du Salvador est arrêtée, c’est lui qui la transporte encadrée par des policiers.. Elle sera condamnée au Guatemala à 94 ans de prison pour crimes de complot pour meurtre, plagiat, enlèvement et association illicite, et le fait d’avoir « joué un rôle de pont » entre les trafiquants de drogue d’Amérique centrale, selon le tribunal (cf ci-dessous).

Les politiques et les hélicos : un amour immodéré au Guatemala

L’équipe autour de Roxana Baldetti tenait vraiment beaucoup à posséder chacun un, ou des, hélicoptère (s) : Sinibaldi en déclarera finalement deux, dissimulés sous des noms de sociétés offshores; tels le TG-ANM (des lettres des prénoms de ses enfants !), qui était la propriété de la société panaméenne Nimbus Assets Corp, et le TG-PDF de la société elle aussi située au Panama, Jamil Capital Assets Corp., et aussi celle de Servicios Aéreos y Valores, S. A., de  Gregorio Valdés. Sans oublier les appartements , la finca et le yacht (nommé « Bohemio ») …

On aime ce point les hélicos au Guatemala qu’en juin 2018 est révélé un énième scandale lié à ce genre d’engin très prisé par les politiques ; cette fois c’est un Aerospatiale (Airbus) à Fénestron bien reconnaissable, le N1626L (le EC 130 T2, N°7929) qui est rattrapé au Mexique. C’est un hélico qui a été vendu par une entreprise guatémaltèque Franconaves S.A (ici à droite),  à Luis Enrique Martinelli Linares,  le fils de l’ex-président panaméen Ricardo Martinelli Berrocal (6) C’est ce ue viennent de révéler led fameux Panama Papers !
Le parquet guatémaltèque  soupçonnant que l’appareil avait été acheté avec des fonds provenant des pots-de-vin d’Odebrecht.  Le cabinet d’avocats, intermédiaire entre Mossack Fonseca et Franconaves, était Legal Consultants, dont le directeur, Juan Manuel Molina, a été arrêté et détenu au Guatemala pour l’affaire Odebrecht !!! Le dossier de l’affaire est ici.

Les hélicoptères sont très prisés par les élites politiciennes du pays, donc, et parfois c’est gênant quand on regarde ce qu’ils font entre deux quand ils ne les baladent pas dans les cieux. En décembre 2015, la sous-direction générale de l’analyse et de l’information anti-stupéfiants (la SGAIA) intercepte (au sol) un hélicoptère type Ecureuil AS350 B3, rouge et marron-gris, retrouvé posé dans la ferme Gallardo, à El Jocotillo, à Villa Canales. l’hélicoptère semble avoir subi des dommages mécaniques et il a atterri là-bas en express il semble. La police le soupçonne surtout d’avoir apporté de la drogue mais cela s’avère négatif. Il porte l’immatriculation TG-TAL. Sa valeur, neuve, est de 3,4 millions d’euros selon la police. Or c’est le transport aérien préféré de la candidate à la présidence de l’unité nationale de l’espoir (UNE), Sandra Torres. On apprend qu’elle a effectué avec  environ 120 heures de vol au cours de la campagne. Très vite on s’aperçoit de choses étranges à son propos : selon Óscar Argueta, le secrétaire général de l’UNE, justement, il aurait été loué à Guatemala Air Transportation (TAG), or c’est faux, il appartient de fait Axis Development S.A., une société offshore située au Panama ! Selon le bien renseigné El Periodico; « le registre public du Panama indique que la société offshore a été constituée par le cabinet d’avocats Quijano & Asociados. Le président-directeur général de la société Axis Development S.A. est Vernon Emmanuel Salazar Zurita, qui apparaît également en tant que président et directeur d’entreprises qui ont aidé des politiciens colombiens à acquérir des hélicoptères avec de l’argent provenant de pots-de-vin accordés par l’entreprise de construction Odebrecht, selon le journal panaméen La Prensa et Caracol Radio de Colombia »…
On retombe sur le même facilitateur à trafic en tous genres : Odebrecht !!!  En 2017 déjà, un hélico récent de type MD 600N à fière allure pourtant, immatriculé N245SE, qui s’était écrasé à la Aurora avec à bord trois Mexicains (les frères Julio, Ramón et Leticia Velasco) et le pilote guatémaltèque Daniel Castillo et qui se dirigeait alors vers le département oriental de Zacapa, va transporter une simple bouteille en plastique contenant de la cocaïne. Consommation personnelle ou bien test d’apport de lots plus conséquents on ne l’a jamais su.

Quant à savoir pourquoi autant d’hélicoptères circulent au Guatemala, c’est tout simplement parce qu’ils sont aussi devenus les principaux auxiliaires des grandes propriétés de canne à sucre, engagés dans des travaux divers, dont la pulvérisation d’insecticides à la place des habituels avions agricoles bien connus (Air Tractor, Piper Shawnee, etc…).

On en a eu la preuve le 24 septembre 2017 avec la chute de l’un d’entre eux, immatriculé TG-WAB,dans la Finca del Ingenio Santa Ana dans la municipalité de Santa Lucia, Cotzumalguapa, dans le département de l’ Escuintla. Les deux occupants s’en était heureusement sortis vivants.. avec beaucoup de chance, à voir l’état de la cabine de leur Bell Jet Ranger III (N°2065), ici à gauche.

 

Quinze ans de prison pour trafic de drogue pour un candidat à la présidentielle !

Le 11 février dernier (c’est tout récent !), autre coup de tonnerre avec la condamnation aux Etats-Unis à 15 années de prison du politicien Mario Estrada, ancien candidat à la présidentielle, lui aussi, pour…  trafic de drogue. Il avait été arrêté en avril dernier à Miami avec son conseiller Juan Pablo González Mayorga, arrêté lui aussi (il sera jugé en avril prochain) : tous deux avaient été piégés par des agents de la DEA. Selon le Matin, « Mario Estrada avait aussi réclamé que le cartel mette à sa disposition des hommes de main dans le but d’assassiner ses rivaux politiques ». Le juge US aura une phrase pour résumer son activité politique : « il a vendu le pays au cartel de Sinaloa » !!! Les preuves contre lui étaient accablantes : « Un document daté d’octobre dernier, mais rendu public par un tribunal du district sud de New York en 2020, révèle certains résultats de la négociation que le président guatémaltèque a acceptés. Le document numéro 18, daté de juillet 2019, révèle qu’Estrada a demandé 12 millions de dollars au cartel de Sinaloa. Le dossier révèle également qu’Estrada a accepté une avance de 10 000 dollars en espèces, transaction dont il existe même une photo prise d’une vidéo de la réunion ». Pur noircir encore plus l’état du pays, il avait  aussi invité dans son énorme propriété (l’Hacienda Santa Fe, ici à droite) située au kilomètre 88 de la route nationale 19, la route principale qui mène à Jalapa Jimmy Morales, l’ex président déchu récemment (le 14 janvier 2020) plombant un peu plus encore ce dernier, déjà passablement handicapé par des plaintes d’abus sexuels en plus de celles de corruption à son encontre ! L’hélicoptère aperçu ici à gauche durant la campagne d’Estrada avait été privé de vol peu de temps après, confié à la SENABED pendant la fin de l’enquête sur lui. «  L’engin (TG-MEO) aussi avait servi à Jimmy Morales :  La « Unidad de Extinción de Dominio del Ministerio Público » (« L’unité d’extinction de domaine du ministère public » chargée des saisies administratives) a effectué un mandat de perquisition dans le cercle aérien de l’aéroport international de La Aurora, où l’hélicoptère TG-MEO était situé, attribué à M. Mario Estrada Orellana », a déclaré le ministère public. L’hélicoptère d’Estrada est sorti cette semaine, après qu’il sera confirmé que le président Jimmy Morales l’a utilisé pour déménager dans une entreprise PNC à San Marcos en janvier 2018. » Attribué en fait au départ au ministère de l’intérieur, il n’avait pas le droit de servir à une campagne électorale… quand on dit qu’ils se permettaient tout !

(1) on l’a vu ici longuement pour le Honduras, il est vrai mais aussi pour le Paraguay, et c’est la même chose en Bolivie, au Brésil ou au Venezuela !

(2) « Extradé vers les États-Unis le  il est incarcéré dans la prison fédérale de Manhattan et comparaît le  devant un juge fédéral new-yorkais. Il est accusé d’avoir détourné 70 millions de dollars de fonds publics. Il invoque l’illégalité de la procédure dont il fait l’objet.  Le il est condamné par un tribunal de New York à 5 ans et 10 mois de prison. Il admet pendant le procès avoir touché 2,5 millions de dollars de pots-de-vin de Taïwan et avoir également blanchi de l’argent sale dans des banques américaines. » En réalité il n’a fait qu’un an de tôle et il est rentré au pays dès le 26 février 2015 ! S’il ne souhaite plus faire partie de la politique, sa (jeune) femme si…

(3) son successeur n’a guère fait mieux : en novembre 2019, Jimmy Morales, populiste en diable lui aussi (c’est un ancien comédien qui, pendant quinze ans, avec son frère Sammy, a présenté l’émission comique télévisée « Moralejas» – Moralités » !!!), a exigé le départ de la commission anticorruption de l’ONU ! Or celle-ci avait été efficace : « elle a (…) permis l’arrestation de l’ex-président Alfonso Portillo (2000-2004), condamné aux Etats-Unis pour détournement de fonds publics. Ses enquêtes ont aussi mené à l’arrestation et l’incarcération d’importants chefs d’entreprise, de militaires et de personnalités politiques qui se croyaient jusque-là intouchables. Dernière personnalité mise en cause, l’ex-première dame et finaliste à la présidentielle Sandra Torres, arrêtée lundi pour son implication présumée dans une affaire de corruption au sein de son parti remontant à 2015, selon enquête du parquet menée conjointement avec la Cicig » (elle était arrivée en tête au premier tour avec 24% des voix !!!). « Alors que la mission a démantelé 70 structures criminelles, fait juger 600 personnes et obtenu 400 condamnations, son départ laisse désormais planer l’incertitude sur le sort des enquêtes en cours et sur la poursuite de la lutte contre l’impunité. « Il y a eu des enquêtes sur des puissants, qui se cachaient et qui ont été démasqués, des membres de l’élite économique qui étaient intouchables. Ils (…) ne veulent plus qu’aucun scandale ne soit mis au jour », s’indigne Eleonora Muralles, présidente de l’association Familles et amis contre la délinquance et les enlèvements (FADS). » Torres est ici descendant de son hélico… fourni par Odebrecht comme cité ici plus haut !

(4) ce ballet d’hélicos n’est pas sans nous en rappeler deux autres, en France : celui des Corses venus du Maroc et celui d’hélicoptère français cités en 2010 dans la tourmente de la découverte du Boeing du Mali, précurseur de toute cette interminable série.

(5) nota : la société exige toujours, elle est installée désormais au Panama : voici son HP-1936AE, un Bell 206 L-1 LongRanger II.

(6) « En mai 2017, Interpol émet une notice rouge (demande d’arrestation internationale) en vue d’une extradition de Ricardo Martinell, installé à Miami. La justice panaméenne accuse l’ancien président d’avoir fait espionner les conversations téléphoniques d’environ 150 personnes, dont des journalistes, des responsables de la société civile et des membres de l’opposition. Il est également soupçonné d’être à l’origine de la surfacturation d’un contrat de 45 millions de dollars d’achat d’aliments pour des écoles. Ses deux fils sont eux accusés d’avoir reçu au moins 22 millions de dollars de l’entreprise brésilienne Odebrecht, impliquée dans un vaste scandale de corruption. L’argent avait ensuite été dissimulé sur des comptes bancaires en Suisse. Le 11 juin 2018, il est extradé par les Etats-Unis vers le Panama. Il est acquitté le 10 août… » (Wikipédia)

 

PS : A noter qu’il y a eu aussi un français de cité et de retrouvé dans le pays : Jean-Claude Pijuant, natif de Perpignan, soupçonné de trafic de drogue depuis 1996 (?) et dont la France avait réclamé l’extradition. Il a été arrêté en février 2018 à Livingston : il était recherché depuis des années par Interpol (ici à gauche on est en train de lui lire ses droits et le motif de son arrestation). Pas pour de la coke, en ce qui le concerne, mais pour du cannabis « Il est soupçonné d’être le « chef de file » d’un réseau de trafic de drogue qui, depuis 1996 aurait transporté « par voie maritime » quelque 2,6 t de résine de cannabis entre le Maroc, les Pays-Bas, la France et l’Espagne, a précisé le policier » écrit le Parisien. « 21 novembre 1996 au matin, après des mois d’enquête, une vedette des douanes interpelle le voilier anglais « Lady Duncan », à la sortie de Port Camargue dans le Gard. A son bord, trois hommes d’équipage de nationalités différentes et une centaine de colis soigneusement emballés : au total, 2700 kilos de résine de cannabis. L’affaire remonte à l’interception d’un voilier : « la drogue, en provenance du Maroc via l’Espagne devait être réceptionnée par plusieurs individus dont l’américain Michael Sherman. Le dispositif de surveillance est éventé et l’homme prend la fuite. 15 ans plus tard, en 2011, Michael Sherman comparaissait devant la Cour d’Assises spéciale, et était condamné. D’autres acteurs de cette affaire étaient alors à l’étranger et comptaient y rester : c’est le cas du Perpignanais Jean-Claude Pijuant. Il démarre alors le début d’une longue cavale. Selon nos confrères de Midi Libre, il se trouvait aux Philippines lors du coup de filet des douanes en 1996. Il aurait ensuite travaillé comme plongeur sur épaves en Australie avant d’atterrir au Guatemala. C’est là qu’il sera arrêté, après des années de cavale. En décembre 2017, il prend le risque de refaire ses papiers à l’ambassade de France, sans savoir qu’il est toujours recherché sur mandat d’arrêt. En janvier 2018, il était arrêté par Interpol puis extradé en France. » En avril dernier il a été jugé, après 23 ans de cavale, tarif : cinq ans de prison, dont trois avec sursis; mais avec à régler avec ses contenus une amende douanière de 1,67 million d’euros ! Le procès avait surtout démonté l’organisation implacable du trafic, décrite par la pocureure : « vous avez une escouade de bateaux qui sont achetés sous couvert de société-écrans implantées à l’étranger. Des implantations immobilières, à Malaga, sur la Cote d’Azur, à Amsterdam, à Port-Camargue, avec un atelier particulièrement structuré de conditionnement.  Des véhicules terrestres, des camionettes aménagées, des locations de voiture, et la mobilisation de moyens humains. Chacun a un rôle déterminé.  Pour que ces personnes puissent réussir dans leur trafic, il faut aussi des petites mains qui assurent la logistique, des skippers qui acheminent ces voiliers » poursuit la magistrate ». Voilà qui nous rappelle d’autres pages en effet.. (voire celle-ci).

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Qui signe l article ?

  2. avatar

    c’est marqué… vous avez même son avatar….

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