Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Coke en Stock (CCLI) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (l)

Coke en Stock (CCLI) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (l)

L’homme élu il y a deux ans à peine au Bénin, le 6 avril 2016, Patrice Talon, avait laissé entrevoir plein d’espoir pour renouveler le pays. Depuis, les béninois déchantent : son autoritarisme est rapidement apparu au grand jour, ses décisions surprenantes marquant l’exercice du pouvoir d’un homme obsédé par l’aviation, selon sa biographie. Dans ce contexte, la création d’une ligne aérienne intérieure improbable (vue à l’épisode précédent) ne pouvant concerner que les VIPs, au lieu de se lancer dans la mise en place d’une voie ferroviaire pouvant concerner tout le monde, est symptomatique de cette dérive présidentielle. Une ligne aérienne favorisée en plus haut lieu avec l’octroi de la nationalité béninoise à son dirigeant français, une faveur décidée au palais présidentiel, qui aujourd’hui encore continue à étonner. A cela s’ajoute l’usage de jets d’origine douteuse et même, et c’est encore plus sidérant, le retour de la société qui a été à l’origine du vol du 727 malien retrouvé calciné à Tarkint et ayant à plusieurs reprises servi à transporter des tonnes de coke. Aujourd’hui où l’on retrouve l’AQMI, l’EI et Al-Qaida aux bord du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad… et du Bénin, il y a de quoi s’inquiéter de cette réapparition surprise, la coke n’étant jamais loin des fournisseurs d’armes du terrorisme. Voilà qui ressemble davantage à un pacte signé avec le diable qu’à une mûre décision de désenclavement économique d’une région…

Le Bénin et son avion présidentiel borgne

Que le nouveau président ait une dent contre l’aviation d’Etat (1), on arrive à le comprendre avec le mic-mac ayant entouré le cas de l’avion présidentiel présenté ici à droite comme étant devenu… borgne. Il y avait eu de quoi l’exaspérer en en effet. C’est la photo prise en 2009 à son retour d’un vol d’essai au-dessus de Cotonou et Porto-Novo après sa révision et dans lequel une de ses vitres de pare-brise s’était fendue, l’obligeant à se poser en urgence. L’avion revenait de Perpignan, resté quatre mois chez la société EAS Industries pour réparations. Ce n’était pas la première fois, la presse parlait déjà de « gouffre à milliards » (de francs CFA) à son encontre. L’avion vraiment « maudit », un ex Iberia (« Carinena ») acheté déjà complètement vidé de ses sièges à Bournemouth en 2006, était le 727-256Adv TY-24A, dont l’historique est lisible ici et avait été terminé le 26 mai 2009 : on avait mis trois ans pour l’aménager et lui remettre des moteurs !!! C’était déjà un canard boiteux avant même son arrivée au Bénin !!! Jamais en effet il ne satisfera aux demandes de l’Etat béninois. En juillet, il était déjà de retour à Perpignan, pour y revenir le 4 avril 2011, et voir son moteur central changé, cette fois-là. L’année suivante il revenait encore, au départ pour se faire repeindre seulement, mais on découvrira après coup que son moteur N°3 (à droite de l’avion) était lui aussi à changer, et il ne repartira que le 24 mars 2013… pour ne presque plus voler et être définitivement arrêté en mai 2016, pour repartir en Afrique du Sud, à Lanseria et finir stocké là-bas à Joburg. Le 25 octobre 2016, on le coupe en deux pour pouvoir le déplacer par la route. Mais avant de partir, le président Boni Yayi avait ordonné d’en commander un autre…. similaire (2) : « le conseil des ministres autorise le Ministre d’Etat chargé des Finances et le Directeur de Cabinet Militaire du Président de la République à organiser sur la base de deux (02) contrats l’acquisition d’un nouvel avion et la cession du B727-200, TY-24A en fin de vie en mai 2016 ». Le Boeing de remplacement (le TY-25A) fera son vol inaugural en direction de Parakou le 5 avril 2016, à savoir à 24 heures de l’ expiration de son mandat, le 6 avril… et sera aussitôt boudé par le nouvel arrivant du palais présidentiel qui préférait de loin voyager en Falcon (cf ici à gauche, on en profite au passage pour observer sa décoration, et on le comprend à vrai dire (3) !). Ce qui avait provoqué des remous dans le pays vu les sommes investies et cumulées pour retaper le vieux 727 complètement dépassé au final : le vieil appareil, par contrat, pour son retour prématuré, c’était également 500 000 dollars à fournir à son vendeur d’origine, plus et une avance du même montant, qu’il fallait déduire des 4 millions de dollars qui correspondaient à la valeur de cession du Boeing 727 Super 27 ! Tout cela donc uniquement pour le rendre à son propriétaire véritable !!! La résultante d’un contrat calamiteux signé jadis avec l’homme d’affaires le béninois Martin Rodriguez, surnommé le « bras droit du directeur de cabinet de Kadhafi », détenteur de l’hôtel Marina Sheraton, depuis parti s’exiler aux USA (et opposant virulent à Talon) !!! Le second 727, appelé pour le remplacer, le TY-25A, refusé lui aussi par Talon, repartira à peine arrivé directement à Lanseria pour y finir ses jours. Il avait été négocié à 2 milliards 500 millions FCfa  (3,8 millons d’euros, celui-là),. Suivant les clauses du contrat, le Bénin avait déjà avancé 500 millions (760 000 euros) non récupérables. Il était redevenu là-bas le N621AZ (serial 22968). C’était en fait l’ex HZ-HR3, le Boeing B727-2Y4 d’Hariri (?) de Saudi Oger LTD, l’ex avion présidentiel Afghan (le VP-CML (?)) et de Côte d’Ivoire (TU-VAO) et… surtout l’avion de Blue Falcon Incorporated, une société « discrète » du marchand d’armes David Topokh (ici à droite et la visite de l’avion par les envoyés du président Talon, qui dénoncent l’absence de plaque visible d’identification de l’avion… à savoir une tentative de magouille de vente, façon Bombardier CL-600-2B16 N711WM et sa plaque numérotée 5100 – cf notre épisode « g » ) ! LFMP News nous dira pudiquement que l’avion «semblait connaître quelques difficultés d’ordre documentaire », en montrant la plaque du modèle 24A et non la sienne, restée invisible. Entre-temps, le 18 août 2015, David Tokoph s’était tué en avion de collection dans le Nouveau-Mexique et il devait être le seul à savoir si c’était bien le N° 22968 qu’il avait tenté de fourguer une dernière fois… (lui-même voyageant en 727 N77AZ (ici à gauche). Sur son cas je reviendrai ici bientôt avec un dossier… bien épais, vous vous en doutez dès que l’on parle vente d’armes (ou de la CIA) ! Le N77AZ avait appartenu à AeroBénin, et c’était un habitué de l’aéroport d’Ostende, comme ici à droite le 21 juillet 2003 (Topokh possédant aussi le 7P-DPT). Des avions fort discrets, sans aucun signe extérieur de reconnaissance autre que leur immatriculation : un peu comme un certain Cessna 208 angolais « 5118 » ?… AeroBénin ne possédait aucun avion en propre et la compagnie était basée en Allemagne, tout en ayant comme base Brazzaville au Congo : allez comprendre ! Benin Littoral Airways, autre compagnie du pays, louait elle aussi les avions d’InterAir South Africa, des 737-200, de l’autre compagnie de David Topokh (ici à gauche)..; il va vraiment falloir que je vous reparle de ce personnage (très bientôt, c’est déjà rédigé !) !!! Toutes ces compagnies (Aero Benin, Africa Airways, Alafia Jet, Benin Golf Air, Benin Littoral Airways, Cotair, Royal Air, Trans Air Benin) ont été bannies du ciel européen pour manques de sécurité et normes de bruit, et ce dès… 2009 (des interdictions répétées en 20014 et 2016). En Angola, Topokh faisait aussi voler le Boeing 727-116C, immatriculé D2-ERI, ancien Seagreen Air Transport et Air Gemini, démantelé lui aussi dans sa base arrière d’Afrique du Sud. Ironiquement l’avion a aussi servi à l’ONU (montrant ici en 2006 à Manaus ses facultés pour traverser l’Atlantique). Au moins, remarquez, en débarquant président et en refusant d’utiliser l’avion d’un marchand d’armes, Talon avait évité les sarcasmes auxquels avait eu droit son voisin Alassane Ouattara avec son Gulfstream de campagne présidentielle… prêté gracieusement par David Topopkh :  « l’avion de Ouattara, le G-1159B Gulfstream II-B immatriculé N436JW ayant lui été répertorié comme appartenant bien au principal associé de Viktor Bout en Afrique, l’un des deux frères Tokoph, David (ici à gauche) très impliqué on le sait sur le continent, et très proche aussi de l’extrême droite sud-africaine. Dès que l’appartenance a été connue de tous, l’avion s’est transformé en N1B« . « Il a fait une demande de « ré-enregistrement »le 29 octobre 2010 » note l’auteur africain du papier ayant dénoncé les liens étroits entre Ouattara, Tokoph, et la CIA ! Un réengistrement en « N » à savoir, américain, et donc à la FAA ! Un enregistrement relié au « broker » Wenworth&Affiliates, qui annonce alors l’avion comme étant à vendre ! La firme qui aurait vendu un 767 (ancien Quantas) version VIP à Eric Schmidt, le fondateur de Google comme « jet privé »!

 

Adoubé par le sceau présidentiel

Comment donc une brochette de ministres (cf notre épisode précédent) a-t-elle pu se laisser gagner par un français ayant participé à une livraison de plusieurs tonnes de coke, qui cite aujourd’hui la vie de César pour se présenter, comme un pied de nez, un transporteur de drogue en compagnie d’un trafiquant assassin (l’un de des complices !) et d’un businessman lui-même mêlé à des affaires peu sûres, ça c’est certain, voilà qui laisse plutôt sans voix… A moins qu’en haut lieu on ait tellement envie de ligne aérienne que l’on est prêt à passer sur plein de choses… qui fâchent. Dans la biographie officielle sur Wikipedia, à propos du nouveau (et richissime président du pays avec un fortune estimée à 401 millions de dollars, qui a aussi essayé d’assassiner à deux reprises son prédécesseur on trouve ceci : « en deuxième année de maths-physique, Patrice Talon, qui depuis l’enfance est obsédé par les avions, réussit au concours de pilote de ligne d’Air Afrique et envoyé à la base aérienne de Digne, en France, pour la visite médicale. C’est à ce niveau que malheureusement son rêve d’enfance se brise puisqu’il est recalé pour « inaptitude moteur ». Chez Gagnon ça donne ça comme interprétation, celle d’un soutien en haut lieu pour le démarrage de la ligne : « pour le Directeur général de la compagnie, Charles Gagnon, les nouvelles perspectives offertes par le Programme d’action du gouvernement (Pag) du Président Patrice Talon pour le développement du tourisme et le désenclavement des principaux centres urbains, ont énormément contribué à la mise en œuvre de ce noble projet au Bénin »…  Un président qui, pour se faire, a lui-même signé le 24 mars 2017 un décret « important » pour comprendre un tel soutien inconditionnel à une telle équipe plus que douteuse : celui accordant la nationalité béninoise à… Claude Haro en personne (ici à gauche dans une forme plus raccourcie) !!! Autre découverte sidérante de ce dossier !!! Voici ce qui ressemble fort à un sésame pour ouvrir un tas de portes !!! L’emprise présidentielle sur cette compagnie en dit long, car comme on l’a vu, Patrice Talon exerce une forte autorité au sein de l’Etat du Bénin, qui commence à agacer sinon à effrayer, même... On lui a servi sur un plateau un de ces vieux rêves, mais à quel prix, quand on connaît un des responsables de cette bien étrange ligne aérienne ! Et que dire alors d’un président qui a fait écarter un rival encombrant en plantant sur son parcours 18 kilos de cocaïne (Ajavon avait été relaxé en première instance), alors qu’il soutient une ligne aérienne créée avec quelqu’un qui a participé à l’arrivée de dizaines de tonnes sur le continent africain (plus personne ne doute aujourd’hui de sa participation, et même d’ailleurs surtout depuis qu’Amadou Toumani Touré (ATT) l’a fait libérer en même temps que son collègue assassin espagnol) ? Ah, la présence française en Afrique ou au Bénin… elle n’est pas prête de s’effacer ! Le pays, aujourd’hui se méfie de la dérive autoritaire prise par le président Talon, qui muselle l’opposition en lui interdisant de présenter des candidats lors d’une élection devenue véritable mascarade de démocratie. Des émeutes ont éclaté depuis dans le pays. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir du Bénin…  Chez France 24, on évoque le terme de « despote éclairé », désormais, à son encontre ; un chemin pris sur le modèle de Paul Kagame dont la réputation n’est plus à faire non plus (l’homme qui fait assassiner à tour de bras ses opposants)… Dernièrement, dans Le Monde, on l’affublé d’une autre définition toute aussi définitive : « Patrice Talon veut transformer le Bénin en une immense SARL dont il serait l’unique actionnaire » écrit Francis Kpatindé, qui le baptise « Grand manitou de l’économie nationale », le journal ajoutant que « l’homme d’affaires devenu président a fait une « OPA » sur le Parlement en excluant l’opposition des législatives »…

Un garage à des milliers de kilomètres de là…

Dernière étrangeté encore, le nouvel appareil est entretenu… au Maroc, chez MDS Aviation, installé, vous l’auriez deviné peut-être… à Tit Mellil (Casablanca). C’est en effet un centre agréé par Piper mais aussi par Pratt&Whitney. Son directeur, Didier Cornet, était venu présenter l’appareil dont il a la charge de la maintenance, lors du lancement de la première liaison (il est ici à droite sous l’immatriculation du Cessna). Ce qui peut paraître curieux ou risqué : entre Cotonou et Casablanca il y a 3200 km en ligne directe et 5 670 km par la route, au cas où l’avion ne pourrait pas voler : on aurait plus vite fait de l’expédier en ce cas démonté par cargo, en container. Le garage d’Air Bénin Taxi n’est pas à côté, pour sûr… certes, mais pourquoi donc ?

Pour « vendre » davantage cette fameuse ligne improbable et ingérable, voici que l’on annonce qu’elle va aussi s’occuper du « Hadj » (le pèlerinage obligatoire à la Mecque), après les problèmes survenus en 2016 , avec des saoudiens devenus tatillons face à l’affluence. « Les membres du gouvernement réunis ce mercredi 13 mars 2019 ont approuvé la conclusion d’un accord de partenariat avec la compagnie aérienne Air Taxi Bénin pour le transport des pèlerins à la Mecque. Cet accord de partenariat entre dans le cadre des réformes du gouvernement qui vise à s’impliquer d’avantage dans l’organisation du Hadj et s’assurer des conditions de voyage des pèlerins avec des garanties de sécurité, de confort et un meilleur rapport qualité-prix ». Là encore ça semble totalement surréaliste : le plus gros avion disponible chez ABT fait 14 passagers maxi, et la Mecque est à… 4 358,99 km en ligne droite ! Air Bénin Taxi ne possède en propre aucun gros porteur, et devra avoir recours aux avions des saoudiens ! Peut-être pas la bonne solution « pour un bon prix »! Pour l’instant on a bien prévu une zone de transit, dans le quartier d’Akpakpa, celui de la grande mosquée du Quartier Jak, mais quid du trajet ? Ou des avions ? A quoi rimait donc cette annonce ? ATB n’avait visiblement pas la structure sur place en propre pour gérer un tel afflux (qui est aussi une organisation financière juteuse pour les compagnies) ! Il y a entre 2000 et 4000 personnes à transporter (3051 Béninois étaient attendus pour l’édition 2018 du Hadj, avec déjà ATB en lice selon le ministre Bachirou Gbadamassi) ! En 2018, on avait pourtant félicité ATB pour son travail …  avec les pèlerins, réalisé avec des avions loués, obligatoirement à d’autres compagnies. A noter qu’en 2016, trois ministres du gouvernement Talon s’y étaient déjà attelés… « Deux offres techniques et financières ont été présentées par les compagnies Westair Bénin et Air Taxi Bénin. Les deux compagnies ont déposé leurs plis le 24 mai 2016, respectivement à 17h28 avec une offre de 1835 dollars US TTC par pèlerin (Westair Bénin) et 17h50 avec 1775 dollars US TTC par pèlerin (Air Taxi Bénin). Ces deux propositions d’offres seront soumises à un comité technique ad’hoc composé d’experts de l’aviation civile et du Ministère de l’Economie et des Finances et une évaluation sera faite sous 48 heures ». On notera le décalage horaire de l’offre, la seconde étant moins élevée comme par miracle ! Westair avec ses deux 737 (200 et 400) et son Embraer CRJ200 venant juste à l’époque de recommencer ses vols, arrêtés l’année précédente ! Le 737-200 de Westair était loué à Aviogenex (c’était le YU-ANP, Boeing N°23912) avant de finir ses jours à.. Belgrade (ici à gauche) et ne pas réussir semble-t-il à être vendu ensuite. Ici on peut voir des pèlerins s’envoler du Bénin en 2016 à bord d’un avion… d’Ethiopian Airlines ! La même compagnie affrétée par « Cristal Tours » (et ATB) a en fait réalisé le pèlerinage de 2018. La présence sur place d’ATB, comme on peut le voir ici à gauche, avait été remarquée !! La compagnie aérienne n’étant ce jour-là qu’un simple organisateur de voyage… sans avion pour le réaliser !

 

Cerise sur le gâteau : le retour des mormons !

On n’en a pas encore fini avec les surprises ou les renaissances. Le 26 janvier 2018, un biréacteur bien connu sillonne l’Europe. On l’aperçoit ici (à droite) en transit en train de se poser à Shannon, photographié par le spotter Graham Nason. C’est une vieille connaissance, en fait, car il est immatriculé N111FA et c’est un vieux Gulfstream G-II8, vu ici au Paraguay sur l’aéroport de Petitrossi en octobre 2016. L’avion venu de Guayaquil en Equateur, était venu se poser le 4 août 2016 porteur de lingots de métal dont le contenu exact révélait de l’or dissimulé (à gauche ici sa fouille par des inspecteurs, à droite les plaques de métal découvertes). On l’a un peu oublié également, mais dans l’avion il y a avait aussi le dénommé Mark Daniels dont la vie n’a pas été un long fleuve tranquille, il semble comme indiqué ici. Il avait défrayé lui la chronique avec un Gulfstream III, le soir du 5 avril 2013, sur l’aérodrome Juan Manuel Gálvez de Roatan, au Honduras. Ses deux pilotes l’ayant tout simplement abandonné sur place ! L’avion depuis pourrit toujours sur place.  Les pilotes arrêtés plus tard s’appelaient Luís Felipe Parra, âgé de 34 ans, né en Colombie mais de nationalité américaine, et Hectór Manuel Guerra, le second pilote âgé de… 70 ans, en fait un « flight engineer » habitant Delray Beach en Floride. L’avion aux lingots appartenait alors à Best Aircraft Deals de Draper (Utah), depuis le 23 juillet 2016. Son propriétaire étant le mormon Marc Didier, déjà mêlé au vol qui s’était mal terminé du N917TF, retrouvé en miettes en plein mer, avec ses dizaine de paquets de coke surnageant (cf l’article ici). 
L’avion il est vrai ne lui appartenait plus, vendu à des mexicains : mais avec l’affaire des faux lingots, emmenés eux aussi par des gens qu’il a affirmé ne pas connaître, on est prêt à penser que Marc Didier à l’art de se mettre dans de beaux draps ! Depuis, pfuitt…. et, l’appareil, bloqué un temps par les autorités avait redécollé tranquillement sans être inquiété : n’oublions pas que Marc Didier a son frangin (Patrik) qui affiche être consul honoraire de Belgique à Salt Lake City, ça doit aider. Or surprise, l’avion visiteur de l’aéroport de Yoff on le retrouve, portant le nom d’Air Africa Assistance SARL, qui affiche comme nom de responsable Debrinna Gay et comme adresse une simple boîte postale (B.P. 8035)  installée à l’aéroport Leopold Sedar Senghor Int’l Airport de Dakar-Yoff, au Senegal (son commercial s’appelant Abdou Ndoye Ndiaye).

L’avion a en fait été loué à AAA et n’a pas été vendu. On croit rêver, à retomber sur le même avion, mais non… le pointage vers le nom donne en effet le même logo que notre AAA décrit depuis plusieurs chapitres ici ! Le nom sonne étrangement, puisque l’associé de Vernet, un sénégalais s’appelait Ibrahim Geye… Ses pilotes officiels étant Amadou Ndiaye Konne et François Tall. Il existe bien un pilote au nom voisin, c’est en plus le président du Syndicat des pilotes de ligne sénégalais, et le vice-président et trésorier de l’UMPL, le commandant Amadou Ndiaye Koné. On peut apercevoir ici à gauche l’appareil stationné à Dakar-Yoff, juste derrière le mur du concurrent Arc en Ciel Aviation. L’avion traverse régulièrement l’Atlantique, on peut s’en apercevoir ici à droite atterrissant tous inverseurs déployés sur l’aéroport de Fortaleza au Brésil le 22 janvier 2018. De retrouver pareil appareil, déjà incriminé dans une opération glauque, aux mains d’un groupe à réputation plus que douteuse, montre une forme de convergence de ce trafic international. Encore une fois, on « connecte les points » !  Car comme je vous l’ai dit dans le premier épisode, « l’exemplaire N88LN de Marc Didier,  inscrit chez « 4141TR LLC » une divisions de Strong Tower Services, LLC, un autre Trustee qui autorise des non-américains à transférer l’immatriculation en « N » chez eux, a été mis en vente vainement et proposé un temps sur eBay à 44 900 dollars, mais il n’est pas parti (une seule offre, qui a été refusée par le propriétaire !  « Il n’a pas trouvé preneur et il a commencé à être démantelé en novembre dernier comme on peut le voir ici, avec pour commencer les réacteurs… sur le Fort Lauderdale Executive Airport, où il était depuis stocké consigné par la police » avais-je écrit. Idem pour son N721CN, lui aussi stocké à Fort Lauderdale, et lui aussi rendu sur place par un sticker bien visible des US Marshall… L’avion cité aujourd’hui a effectué quant à lui un vol Santiago du Chili-Saint Domingue, survolant Bogota et Aruba le 17 octobre 2017. L’appareil affiche comme numéro de série le 307. Or il n’est plus aujourd’hui le N111FA, mais désormais le N111FU (ici à droite) et ce depuis le 13 avril 2018, sans avoir changé de propriétaire pour autant, restant chez Best Aircraft Deals de Draper. Le 14 mars dernier, il effectuait des ronds dans le ciel d’Orlando, pendant une heure environ comme lorsque l’on teste une modification à bord, ou après une révision moteur (ici à gauche). L’explication est visible ici : le N111FU vient d’être proposé à la vente…  pour son 38 ieme anniversaire (l’occasion de vérifier son intérieur, bien le même que lors de la fouille de 2016, avec un divan sur le flanc similaire) ! J’ai comme avis que les prochains acheteurs qui ont l’acheté à bas prix (en-dessous du million de dollars) vont l’utiliser comme l’avaient fait ceux du N917TF… un pressentiment en quelques sorte. Un prochain plongeon annoncé, ou un atterrissage express dans la brousse de Belize ? Les paris sont ouverts !

La réapparition d’Africa Air Assistance !

On croit à nouveau rêver, mais non. On a bien lu, c’est bien le nom d’Africa Air Assistance qui a été cité on l’a vu dans l’arrivée du Gulfstream à Yoff. Au Sénégal, l’autre pendant de la société qui avait affrété en 2009 le Boeing du désert.  Elle est donc à nouveau réapparue ! Comme par magie. Et avec les mêmes grosses ficelles sur le site web la présentant, fait de façon aussi grossière que le précédent… ou que celui d’Air Bénin Taxi ! Comme on vient de le dire, c’est de façon logicielle qu’Air Africa Assistance tente de nous faire croire qu’elle possède un Boeing 737-400 de type Combi (moitié cargo-moitié passager) alors qu’elle n’en possède aucun. Démonstration par l’exemple ici à droite avec la superposition des deux clichés. Pour ce faire, elle colle grâce à Photoshop une partie du logo traditionnel d’AAA sur l’empennage d’un avion tout blanc, ce qui facilite la chose à vrai dire aussi, et en lui ajoutant pour le rendre crédible une immatriculation qui est en réalité fantaisiste : N6100S (c’est celle d’un autogyre US modèle 18A Flymobil !). Pour être plus incohérent encore, ce même avion est taxé de Boeing 737-400 6V-AHH dans le même site ! L’avion d’origine étant vite retrouvé : c’est le ZS-SMJ, un avion de chez Safair volant depuis 1986, aux 11 immatriculations successives !!! A la décharge d’AAA, il faut savoir que la compagnie Bulgare, toute aussi floue, Aviostart, dotée de Piaggios P180 Avanti a aussi utilisé la même photo pour faire croire à un 737 Cargo dans son inventaire (c’est la deuxième de cette page), alors qu’elle n’en avait aucun ! Sur le site d’AAA aussi est affiché le fameux Gulfstream N111FA qui ne lui appartient pas non plus (ici à gauche). Voilà qui fait déjà beaucoup. Mais il y a pire encore, dans le sabir de la page d’explication du site : on y parle en effet (dans un français approximatif) d’un avion cargo, maintenant : « Boeing 727-200 6v-GB est le plus important cargo couvre l’Afrique. Le plus important cargo couvre l’Afrique de l’Ouest , parce que 727-200 6v-GB, est donc un CARGO en plus est un 6V-GB. Notre rayon d’action couvre l’Afrique de l’Ouest en attendant de desservir très prochainement le reste du continent et l’Europe. Africa air est installé à Dakar et Bissau comme bases. Global Air est une Compagnie privée de transports aériens de « passagers et frets » spécialisée en Maintenance technique »  « Boeing 727 est un avion de ligne triréacteur à fuselage étroit conçu et construit par Boeing Commercial Airplanes entre le début des années 1960 et 1984« . « Pour la raison que ces versions «  (???). Il peut emporter de 149 à 189 passagers et les derniers modèles peuvent voler sur une distance de 5 000 km »(..) « les successeurs du 727 comptent certaines versions du 737 ainsi que le 757-200 probablement »… Dans ce fatras digne d’un enfant de 4 ans, on évoque donc aussi une obscure compagnie détentrice d’un appareil cargo, dont la photo a subi les mêmes retouches à la louche , en faisant appel il semble bien cette fois au talent d’un architecte (?) manipulant les logiciels 3D (alias  « Synoreyni Concept » du nom de son responsable. Ça donne ceci comme images (cf les deux exemples ci-dessus). Outre le fait que d’un exemple à l’autre le lettrage de Global Air change, on est intrigué par l’appareil, qui n’est visiblement pas un appareil cargo… et qui surtout nous en rappelle un fort connu. C’est en effet, à peine maquillé, que le célèbre « Pointe de Sangomar » 6V-AEF, le Boeing attitré du président sénégalais Abdoulaye Wade (annoncé en vente en 2013 pour 2 495 000 dollars qui a été retapé chez EAS à Perpignan) est retourné à Dakar en 2017, (rejeté par Macky Tall, et invendable en définitive,  il vole toujours aujourd’hui, mais comme « avion de projection de troupes », versé à l’armée sénégalaise !). Ce qu’on a peine à imaginer également avec des militaires dans un avion pour VIP !!! Un avion dont on retrouve vite les photos d’origine comme celle ci-dessous (j’avais cité son cas d’avion rafistolé, déjà, dès 2002 ici) :

Il y en a un qui un jour avait tenté de vendre la Tour Eiffel : au Sénégal, on essaie de vendre aujourd’hui l’avion présidentiel en le présentant comme un vulgaire avion cargo ! Comme dirait Audiard, ça ose tout…. cette fois le site de Global Air a été fabriqué chez Wix, logiciel pour débutants du web. Le texte intitulé « appros de nous (sic) indique ceci : « Global Air est une Compagnie privée  de transports aériens de « passagers et frets » spécialisée en Maintenance technique. Africa Air assure toutes les formes de locations et transferts ; notamment les évacuations sanitaires avec un avion « médicalisable » à tout moment. Son rayon d’action couvre l’Afrique de l’Ouest en attendant de desservir très prochainement le reste du continent et l’Europe. Africa air est installé à Dakar et Bissau comme bases principales ». L’avion est présenté comme étant le « 727-200 6V-GB ». Aucun appareil ne portant cette immatriculation sénégalaise. Le 17 juin 2014, la presse nous avait appris que Youssoupha Guèye  le « patron d’Africa Air Assistance » selon la presse, avait été libéré et qu’aucun charge n’avait été retenue contre lui. Et ce, 3 ans après les faits qui lui avaient été reprochés, à savoir de l’escroquerie, pour 200 millions de francs Cfa, envers un commerçant tunisien, Didri Mohsen (condamnation prononcée en 2012 bien après l’expulsion de ses hangars en 2009). En fait, « Youssoupha est le frère de « Ibou », le surnom de Ibrahima Geye, le patron d’Africa Air Assistance. Depuis l’affaire du Boeing il était lui devenu introuvable. Est-ce derrière la renaissance du nom AAA ? L’usage du même vieux fond de site Internet en usage en 2009 (ici à droite c’est en effet flagrant) pourrait le laisser entendre en effet… l’ancien réseau est-il en train de se réactiver ? Avec le Sénégal et le Bénin, ce dernier pour remplacer le Mali ?

Une question surgit alors, à fureter sur le net en quête d’un avion pouvant correspondre à cet avion mystère maquillé:  L’avion de Wade serait-il en vente, après tout, discrètement, à l’étranger ? En ce cas, nos fantômes sénégalais auraient encore plus de mal à être crédibles, l’avion n’étant même plus au Sénégal ! Bingo : Aux Etats-Unis, un site de broker propose en effet deux avions 727 à vendre en ce moment même (cf ci-dessus), dont un décrit comme « avion VIP » et les deux en tout cas équipés de conversions Valsan Super 27, soit exactement celle qu’avait subi le Boeing présidentiel sénégalais, avec aussi des réservoirs supplémentaires pour trajets longue distance. Le vendeur est Jack Kendall, de OK Aviation. L’avion présenté, dont on a soigneusement effacé l’immatriculation (ici à gauche) ressemble comme deux gouttes d’eau à la Pointe de Sangomar… couleurs, winglets, logo Valsan sur les réacteurs… l’avion si longtemps « soigné » à Perpignan !!! Son intérieur VIP est visible ici. Tarif annoncé sur le site français du LFMP: 2 495 000 seulement ! (ce qui semble dérisoire par comparaison avec ce 727 Super 27 similaire qui a été vendu 27 millions de dollars). En 2014, c’est aussi avec un Super 27, le ZS-PVX de Fortune Air, – photo de son intérieur ici à droite – avec lequel Jacob Zuma s’était rendu à New-York. Les vieux 727 VIP continuent à plaire en Afrique, il semble bien. Ce qui semble un paradoxe, le dernier 727 emportant des passagers (EP-ASB) ayant volé le 13 janvier 2019, 56 ans après le premier vol du modèle. Kendall est un spécialiste des ventes d’avions, il était intervenu pour préciser que le DC-9, bourré de cocaïne coincé au Mexique et piloté par Carmelo Vasquez Guerra, n’avait pas eu comme vendeur Jorge Corrales, car celui-ci lui était inconnu, alors qu’il connaissait tous les vendeurs de DC-9 aux USA. Orientant ainsi les suspicions… vers la CIA ! A gauche, l’intérieur de l’avion de Wade, celui mis en vente chez OK Aviation.

Nous revoici donc aux USA, après un long détour il est vrai : l’heure est venue de retrouver le collègue, ou plutôt le patron, de notre pilote de Gulfstream N4NR égaré à Zagreb, à savoir Jean-Claude Okongo Landji.  Il s’appelle David Cardona. C’est un américano-colombien, notre fameux clone de Viktor Bout… Les circonstances dans lesquelles ont l’a arrêté rappelant par trop en effet celles du « maître de guerre » à Bangkok… (4)

 

 

 

(1) il semble aussi être contre les compagnies privées qui ne lui plaisent pas car elles ont refusé de servir de carpette à des ministres jouant aux passe-droits. L’affaire de l’éviction scandaleuse de la responsable d’Air France, Christine Quantin, interdite de séjour par volonté présidentielle est encore dans toutes les mémoires au Bénin. L’ambassadrice de France venue jouer madame les bons offices n’avait rien pu faire…  le fait du Prince, une pratique courante en Afrique, selon Air France : « il s’agit d’incidents récurrents entre des officiels béninois et Air France, l’expulsion de Christine Quantin n’est que le dernier en date. Alors que la compagnie aérienne applique juste ses procédures internes et ses mesures de sûreté pour assurer un décollage en temps et en heure, ces officiels béninois demandaient souvent à retarder un avion parce qu’ils ne sont pas encore arrivés à l’aéroport ! » René Dumont, ce visionnaire, avait écrit jadis « l’Afrique Noire est mal partie« , ouvrage fondamental dont on recommande chaudement la lecture. Maintenant on sait pourquoi les avions du Bénin ne partaient jamais à l’heure… sans que cette fois les français aient pu y être pour quelque chose…

 

(2) Le cas présidentiel est un peu spécial va-t-on dire.. Par deux fois la justice française lui avait épargné d’être extradé à la demande de Yayi. A la deuxième tentative ratée, on avait assisté à une drôle de scène, un juge béninois l’ayant absous avait tenté de s’enfuir… aux Etats-Unis, avec des valises pleines d’argent :« dans la procédure béninoise, le 17 mai 2013, le juge d’instruction Angelo Houssou, ordonne un « non-lieu à poursuivre » dans les affaires de tentative d’empoisonnement et de coup d’État contre le président Thomas Boni Yayi, (l‘ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) considérant que sans passage à l’acte, il n’y avait pas d’infraction de tentative d’assassinat. Le juge d’instruction a été intercepté le soir même de la publication de son ordonnance de non-lieu à Sèmè-Kraké, alors qu’il tentait de se rendre à Lagos, transportant plusieurs valises contenant entre autres de l’argent liquide, et un visa pour les États-Unis. Il a été ramené à son domicile de Cotonou, qui reste surveillé par une brigade anti-criminalité ». Ici on peut lire un complément troublant : « Patrice Talon a-t-il voulu attenter à la vie du chef de l’État en octobre 2012, alors que les deux hommes se trouvaient à Bruxelles ? L’intéressé a toujours nié, et la justice béninoise a rendu un non-lieu. Appelés en renfort, les scientifiques d’un laboratoire du FBI américain ont toutefois découvert que le contenu de certaines ampoules que Boni Yayi devait ingérer avait bien été remplacé par de la psilocybine (un hallucinogène), du sufentanyl (un analgésique), de la kétamine (un anesthésique) et de l’atracurium (un agent entraînant un blocage neuromusculaire). » On rappelle aussi que son ancien fidèle devenu opposant, le « roi du poulet » l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, devenu patron du patronat, a été écarté après avoir été accusé par Talon d’avoir importé 18 kilos de cocaïne découverts dans un des containers de sa société Comon S.A. Le navire qui l’emportait, avait eu il est vrai un cheminement étrange : parti du Brésil vers le Nigéria avait fait un transbordement à Las Palmas, puis devait repartir vers Lomé, mais il s’était à nouveau dirigé vers le Nigéria avant d’arriver au Bénin. Ajavon a été condamné à 20 ans de prison en son absence en octobre 2018. Il s’est exilé… en France (où Talon avait trouvé avant lui refuge !!!). Avant le coup de la drogue, Ajavon avait été l’objet d’un acharnement financier… On ne se met pas en travers de Patrice Talon, visiblement. La France ayant pris sa part, dans cette affaire tortueuse, en refusant de l’extrader.. sous le gouvernement Hollande, on le rappelle. De même pour Ajavon, qui a obtenu l’exil politique… mais sous Macron ! On voudrait garder la main sur l’Afrique qu’on ne s’y prendrait pas autrement, en ménageant ainsi chèvre et chou !

(3) il préfère nettement voler dans les avions de chez LTI (Liza Transport International), du groupe EBOMAF de l’homme d’affaires burkinabè Mahamadou Bonkoungou, devenu « celui qui fait voler les présidents« . L’homme qui se lie facilement aux présidents….en leur proposant de les balader dans le ciel, mais pas pour rien, à bien regarder. Il a par exemple prêté son Falcon X7, à Georges Weah qui, une fois devenu président du Libéria, a en retour signé un juteux  contrat à sa société Ebomaf, « le premier contrat le plus important de son mandat : la construction de 260 km de route, pour un montant de 234 milliards FCFA ». Et ce n’est pas le seul exemple, indique IvoireSoir.net : « En Côte d’Ivoire, Bonkoungou a eu ses premiers importants marchés après la présidentielle d’octobre 2015, sous le premier ministre Daniel Kablan Duncan qui a validé ses premiers contrats en conseil de gouvernement. En effet, trois mois après la réélection d’Alassane Ouattara, Ebomaf rafle le marché de construction de l’axe stade de Korhogo-Karakoro-aéroport, dans le fief d’, alors secrétaire général de la présidence et directeur de campagne de Ouattara, lors de la présidentielle de 2015 (à droite ici c’est le second Falcon, le 7X F-HLTI (ex XT-EBO) de Bonkoungou, dans lequel monte Le président Talon). Presque à la même période, l’entreprise obtient le marché de construction de l’aéroport de San Pedro. Quelle a été la part qu’a prise Bonkoungou, rendu puissant au Burkina Faso, par , aujourd’hui exilé en Côte d’Ivoire, dans le financement de la campagne de 2015 ? Difficile à savoir. Une chose est certaine, l’homme d’affaires vient de rafler un important marché. L’Etat de Côte d’Ivoire s’est portée garante d’un prêt de 179.73 milliards FCFA octroyé par Afreximbank, à Ebomaf, pour « la construction de 224 kilomètres d’infrastructures routières ». En langage simple, si Ebomaf n’arrive pas à rembourser ce prêt, le Trésor ivoirien se chargera de le faire à sa place. Cette pratique financière est régulière, même si très peu d’entreprises ivoiriennes en bénéficient. Le marché raflé par Ebomaf est aussi opaque. Habituellement, le conseil des ministres communique sur les villes bénéficiaires, cette fois-ci, le porte-parole du gouvernement s’est borné à annoncer le nombre de kilomètres, sans donner de détails, ni sur les localités bénéficiaires, ni sur la nature des infrastructures routières. » Au Bénin c’est une autre affaire, celle des 15 milliards de francs CFA, ceux que Mahamadou Bonkoungou aurait remis à , candidat battu à la présidentielle de 2016 par Talon, comme financement d’une partie de sa campagne électorale. Une fois battu, Bonkoungou les lui aurait réclamés…. arguant « d’escroquerie aggravée » et de « tentative d’escroquerie en bande organisée » selon IvoireSoir.net. A gauche, le président Talon montant à bord du  Falcon 900 Ex Easy, immatriculé F-HEBO, et basé au Bourget, l’ex TC-AZR turc appartenant à la State Oil Company of Azerbaijan Republic (SOCAR)L’avion avait été repeint en juillet 2016 chez QAPS à Lelystad, (c’est à 50 km au nord-est d’Amsterdam) aux couleurs souhaitées par Bonkoungou, comme on peut le voir ici à gauche à son arrivée et à droite une fois repeint.

(4) Et ce n’est pas tout : V. Bout était aussi dans le coup de l’Opération Turquoise, comme l’a révélé le toujours frétillant Bakchich. Le site n’y était pas allé par quatre chemins : ce n’étaient pas des Transall… mais bien des Antonov qui ont servi pour transporter les armes et l’intendance française. Oui, ceux de ce bon Viktor : « l’histoire officielle, telle qu’elle a été racontée par une brochette de généraux devant la mission d’information de l’Assemblée nationale en 1998, omet certains détails de ce formidable transport de troupes. Pour expédier au plus vite sur le théâtre des opérations soldats, armes, hélices et véhicules de toutes sortes, sans oublier de gigantesques volumes de carburant, on ne s’est pas trop renseigné sur celui qui avait pu fournir les énormes cargos seuls capables de ce tour de force. Eh oui c’est un trafiquant d’armes. » Au ministère de la Défense, on évoquera bien les noms des appareils « Pour la mise en place des forces de Turquoise, il a été fait appel à une centaine de rotations d’Antonov qui, à partir de cinq plates-formes en France, notamment Roissy, Nantes, Istres et Lyon, ont amené les personnels, les matériels et les ressources. «  Mais surtout pas celui de l’affréteur principal, qui n’était autre que… l’indispensable Viktor Bout ! La France a soutenu le régime d’Habyariamana contre l’offensive du Front patriotique rwandais de Paul Kagamé de 1988 à 1994 notamment en envoyant officiellement un million d’euros d’armes en 1991, trois millions en 1992, et plus d’un million d’euros en 1993…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Quel avenir pour les restes humains du musée Dupuytren ?

L’actualité récente a mis en lumière les scandaleuses conditions de conservation, dans les locaux du ...

One comment

  1. avatar

    Au magnifique auteur de cet article, le Benin vous dit merci.
    Merci de nous avoir ouvert les yeux per votre travail d’investigation incroyable.

Répondre à Mon pays Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.