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Coke en stock (CCIX) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (44)

Lors de cette série, nous avons rencontré quelques scènes mythiques.  Celle de l’arrestation d’un avion de trafiquants par un pick-up de la police brésilienne qui s’était ruée à son abordage en est une.  Une fois l’avion retrouvé sur une autoroute, en train de se faire transférer, deuxième surprise, puisque son immatriculation (fausse) était très proche de celui qui avait participé à une autre scène mythique, celle d’un avion de narcos poursuivi à la mitrailleuse par un Tucano, poursuite qui avait été filmée au sol par un habitant du secteur où il évoluait.  Des narcos tels que Tony Boiada, chez qui on trouvera la caverne d’Ali Baba de tout bon trafiquant, avec le décorum ostentatoire qui leur sied tant :  bagues et colliers en or, armes décorées, voitures de luxe, un (petit) yacht et même… un hélicoptère.  Un narco bien typique de la région, qui se dissimulait comme étant éleveur bovin, ce qu’il n’oubliait pas de préciser en décorant de façon spéciale ses avions… on retrouvera même dans ce périple l’équivalent brésilien de l’attaque mythique elle aussi du train postal de Londres (1), version aviation !!!

 

Les narcos brésiliens se sont invités dans le grand jeu du trafic de cocaïne aérien il y a quelque temps maintenant.  Les descendants des pilotes des garimperos (voir l’épisode 37) leur ont facilité la tâche.  Il y a deux ans, déjà, j’avais commencé à en parler ici-même.  En commençant par une drôle de vidéo, l’attaque en plein ciel d’un Piper-Embraer 721 « Sertenajo » (un Cherokee 32R Lance Piper construit sous licence au Brésil). L’avion, un récidiviste de la contrebande de produits électroniques, avait fini par se poser, tant bien que mal, l’aile gauche et le fuselage troués par les balles des Tucanos brésiliens puis avait été conduit sur l’aérodrome de Paranavai.  Il en avait été extrait avec force prestation médiatique en compagnie d’autres avions retrouvés dans un hangar, dont le PT-EOF, un autre 721 C Sertenajo emmené lui aussi sur un camion plat, comme on peut le voir ici sur les deux clichés montrés.  Sur le second appareil de N° de série 721086, enregistré le 08 février 2012 au Brésil, on ne possède hélas aucun renseignement supplémentaire.  L’armée brésilienne avait mis en ligne en juillet 2017 la poursuite de l’appareil touché par ses avions, montrant au passage les vestiges du Seneca PT-IIJ retrouvé crashé en janvier 2017 dans la propriété d’un homme politique brésilien et pas des moindres, Blairo Maggi, le ministre de l’agriculture de Michel Temer, un avion venu lui aussi du Paraguay.  L’appareil, poursuivi lui aussi par les avions de la FAB amenait une demi-tonne de cocaïne sur place (lire ici l’événement, reporté en juillet, avec d’autres du même acabit).  On peut suivre ici en vidéo l’enlèvement des appareils, qui résume bien toute l’affaire. A la fin de la vidéo, l’avion bâché montré fugacement est le ZP-BLY, retrouvé au bord d’un champ de maïs d’Amaporã, près de Paranavai, au bout d’une piste clandestine de 900 mètres de long, l’aile droite en moins, et stocké comme il se pouvait près du terrain de foot de la garnison qui l’avait récupéré (photo ci-dessus à droite).  S’y ajoute aussi un troisième avion, le PT-RHZ (ici à gauche), découvert lors d’une opération de vérification de trafic de matériel électronique, comme l’avait indiqué le JT télévisé de Paranavai (voir un de nos épisodes précédents).  On notera que les brésiliens avaient une nette préférence pour leur production locale, l’Embraer produit sous licence Piper.

La même immatriculation, presque…

Une deuxième vidéo de l’enlèvement des avions  est visible ici.  Une troisième montre l’avion transporté… sans ses ailes démontées, ce qui est un peu ridicule.  Une quatrième est encore disponible.  Mais la plus intéressante est la cinquième, celle de la perquisition menée sur l’aérodrome lui-même.  L’occasion de se rappeler le fameux abordage fort médiatique (2) d’un Embraer par la police brésiienne, à bord d’un pick-up, l’avion ayant fini lui aussi comme les autres… sur un plateau de camion… (ici à droite).  Personne n’avait alors remarqué que cet appareil aussi avait été immatriculé PT-EKP, très proche visuellement du PT-EXP  (on peut presque les confondre sur la vidéo de son transfert par autoroute, ailes toujours fixées !!!  La vidéo complète de la poursuite est ici.  Mais à la suite de ces enlèvements, rien n’avait filtré sur les propriétaires des appareils.  Rien sur le PT-EOF, par exemple, dont on avait pourtant cerné l’appartenance, sur un site d’enregistrement d’avions  :

Un Piper Embraer EMB-721C numéro de série 721086 enregistré le 8 février 2012 dans les registres de l’ANAC brésilienne au nom donc de Tiago De Paula dont les recherches ne donnaient hélas rien de tangible. Le nom paraissant bien sûr plus brésilien que paraguayen ou bolivien.

Un gang de narcos découvert à Paranavai

En réalité, les trois appareils cités ont été liés non pas leur apparence mais par leur chargement.  Ils le sont à la suite d’une enquête de police et par un jugement lisible ici, qui montre que tout a été découvert sur leur activité, et dans lequel sont nommés les « trois aéronefs, avec différents pilotes : l’avion PT-RHZ, piloté par « Ray « , l’avion PT-EXP, piloté par « Mass » et l’avion paraguayen ZP-BLY, piloté par « Cuiaba » (3). Les avions d’Orlando utilisant les pistes d’atterrissage clandestines dans la région entre Icém / SP et Olympia / SP pour l’atterrissage et le déchargement. Le soutien logistique à terre était assuré par Marcos De Melo et son équipe. Bandeira est  responsable d’avoir transporté ces chargements jusqu’à Marcio,  à Sao Jose do Rio Preto le propriétaire de la société Oitava Regiao Transportes LTDA. À son tour, Marcio utilisait les camions de son entreprise pour transporter les marchandises illégales vers Wesley, dirigeant Osasco / SP. WESLEY et son personnel qui stockaient et distribuaient finalement de tels produits dans le Grand São Paulo, ainsi que dans d’autres états. Ainsi, Orlando offre un service de transport, aérien et terrestre, à ses clients, transportant des marchandises du Paraguay dans la région métropolitaine de São Paulo / SP. Il transporte, principalement, les charges pour Francisco Roldao De Oliveira, dit le «  Chicao ».  Les plus observateurs auront noté grâce à un cliché de JetPhotos que le troisième larron était muni du Venturi préféré des trafiquants (visible ici sur la photo ici à droite).  On retiendra aussi l’idée d’une organisation fort structurée tablant sur deux moyens de transport, la drogue une fois débarquée étant ensuite véhiculée par camion, par l’entreprise de transport sur route organisatrice du réseau.  Jusqu’ici on s’en doutait de cette passation de relais, mais on en a désormais la preuve flagrante.

Un gang dangereux serré par deux pays

Sur le jugement, il faut revenir en précisant que c’est aussi la suite logique des grandes opérations conjointes anti-drogues menées dans quatre Etats du Brésil mais aussi au Paraguay, racontée ici en octobre 2016 par Globo.com.  « L’un de ces dirigeants commande le trafic de drogue à l’intérieur de la prison », a déclaré le délégué lors d’une conférence de presse. « Je peux dire que ce fut l’un des plus grands gangs qui peuvent être identifiés et que nous avons réussi à leur désarticulation (…). La seule personne qui peut être  citée, qui est déjà bien connue, et qui a envoyé les derniers ordres de la prison, est Jarvis Mendes Pavão «  Jarvis Pavão purge une peine au Paraguay depuis 2009, mais il a également été condamné au Brésil à 17 ans de prison pour trafic de drogue. Le gouvernement brésilien a déjà demandé l’extradition. Il est nommé par la Justice du Brésil en tant que représentant d’un gang de São Paulo qui opère à l’intérieur et à l’extérieur des prisons. Le trafiquant fait également l’objet d’une enquête pour le meurtre d’un autre trafiquant brésilien, Jorge Rafaat, en juin à Pedro Juan Caballero, à la frontière avec le Brésil. Rafaat a été pris en embuscade et tué par des tirs de mitrailleuses. La mort aurait fait partie du différend sur le contrôle de la vente et de la production de drogues dans la région. « Il est possible d’affirmer qu’il est le plus grand fournisseur de cocaïne, non seulement pour le Rio Grande do Sul, mais pour tout le Brésil », a déclaré le délégué lors de la conférence de presse. « Au cours de l’enquête, il a été transféré d’une prison de luxe à une autre unité pénitentiaire à Asuncion », a-t-il ajouté. » A droite, une partie de l’arsenal saisi chez les assaillants de Rafaat, assassiné on l’a vu en pleine rue à la mitrailleuse lourde.  On n’a pas affaire à des enfants de cœur, ce que montre aussi ce reportage saisissant qui révèle la capture de l’hélicoptère Robinson R-44 immatriculé PR-YFH (ici à gauche, c’est le numéro 11351 enregistré en 2011 au Brésil, il est devenu depuis le O1 de la Policia Civil).  L’engin a été aperçu dans un épisode précédent, il a été saisi en septembre 2014.  Comble de l’ironie, à la fin du reportage est montré l’avion de la police militaire ayant aidé à sa capture :  le PT-WSA… un Beechcraft Baron 58 qui n’est autre qu’un ancien avion de trafiquant, reversé par la justice à l’armée, et aujourd’hui transféré au service des transplanté dans l’Etat de Paranai  !!!  Ici, le reportage de sa livraison à l’armée pour le Grupamento Aeropolicial e Resgate Aéreo do Paraná (Graer-PR) le 17 juin 2012.  L’avion avait en fait été saisi en 2001 à proximité de Cuiabá, dans le Mato Grosso, utilisé par la bande de Luiz Fernando da Costa, et Fernandinho Beira-Mar avec à bord, déjà à l’épooque pas moins de 488,5 kilos de cocaïne partant du Paraguai pour desservir les villes de Rio de Janeiro et de São Paulo.  A droite ici son ancienne livrée au moment sa saisie.  L’avion était en très bon état.  L’avion, le TH-331, était pourtant déjà l’ex PP-ITW et PP-EFZ… Ironie du sort, un reportage de Globo montrait les difficultés du transport d’organes à Paravai, notamment en raison de l’état déplorable de la piste, en affichant les mêmes hangars visités, juste derrière la commentatrice….

The Long Route… pour attraper Tony

L’hélicoptère PR-YFH n’est pas un inconnu en effet : c’est celui de « Tony », dont le gang a effectivement été démantelé lors de l’Opération Denarius, vaste rafle décidée par la police en septembre 2014.  Le trafiquant visé était sous observation depuis des mois, vivant avec ostentation dans un luxe incroyable et n’hésitant pas à poser devant ses acquisitions, tel ici à droite son fameux Raven II Robinson, le PR-YFH (ici à gauche).  Un tel engin s’achète neuf ou d’occasion entre  200 000 à 500 000 dollars environ.  Le hangar où il résidait était à Umuarama; dans le fief de Tony Boiada, qui avait été arrêté dans un appartement de luxe dans la ville de Londrina. Pour blanchir l’argent, le fameux Tony s’était lancé dans l’élevage.  Dans l’une de ses fermes (il en possédait 7 !) dans le Mato Grosso, la police fédérale a fait la saisie de 3 500 têtes de bétail, qu’il vendait sur le marché tout ce qu’il y a de plus officiellement.  Outre ses juteuses fermes, il était propriétaire de 16 parcelles en ville, à Londrina et Umuarama, de 5 appartements de luxe, de 9 maisons, de 2 bâtiments commerciaux et d’une foultitude de comptes bancaires au noms de 17 personnes différentes plus des véhicules dont l’indispensable Mercedes Benz et même un bateau rapide appelé… Liberty, ça ne s’invente pas (en fait un modèle Rinker 246 Captiva Cuddy Liberty). La panoplie compète de l’arriviste outrancier (il aurait fait un bon rappeur !). Le tout évalué à 60 millions de reals (17 millions de dollars). Mais ce que l’on retiendra ici, c’est son outil de transport de cocaïne : un superbe Cessna trouvé à  à Umuarama lui aussi : le Cessna PR-PRR, dont le capot avant avait été décoré d’un sticker fort répandu, ’The Long Route » (ici il figure sans).

L’avion, un Cessna 210M Centurion II, avait plutôt fière allure, et était muni sur son aile droite d’un radar, on peut le voir ici en train de décoller de l’aérodrome de Londrina, fief du trafic de matériel électronique de contrebande.  L’engin, bien connu a aussi été filmé sur l’aérodrome de Bacacheri (à Curitiba, au sud de Sao Paulo).  L’engin était le N°21061833, à savoir l’ex N210SE du revendeur Southern Cross Aviation Inc.  Il est revenu depuis aux states, à Oloathe, au Kansas tout d’abord, racheté en 2017 par Team Aero LLC puis par Aviation Trading Partners LLC cette année même.  Le registre de la FAA indique qu’il était arrivé un peu avant le 10 avril 2011 au Brésil, date à laquelle son certificat de navigabilité US avait été clos.  Comment un avion saisi au Brésil pour trafic de coke a-t-il pu revenir ainsi au USA ?  Je ne vois que la vente des saisies de l’Etat pour cela…

Une vieille histoire encore …

Des avions transporteurs de drogue, on a retrouvé quelques un au Brésil, par exemple, avec la découverte de pas moins de six avions d’un coup, tous dédiés au trafic de drogue : « les six avions qui, selon la police fédérale, ont été utilisés par le gang ont été saisis sur un aérodrome privé dans la zone rurale de la ville de Corumbá, dans le Mato Grosso do Sul, à la frontière avec la Bolivie. Selon l’agent (inspecteur) Jose Antonio Franco, chef de la Division des stupéfiants et a conduit la méga-opération, la bande transportait une grande quantité de cocaïne pure de la Bolivie à Corumba dans ces avions, et de cette ville la drogue était diffusée par plusieurs États au Brésil par la route ».  A droite, un extrait de la vidéo de la saisie effectuée à la tombée de la nuit.  Un des avions du trafiquant avait déjà été forcé d’atterrir par les avions de la FAB. « L’avion avec de la pâte à base de cocaïne a été repéré par l’armée de l’air brésilienne dans l’état de Mato Grosso do Sul et intercepté dans la zone rurale de Gabriel Monteiro, dans la région d’Araçatuba, le 16 novembre dernier. Selon le FAB, le Sêneca EMB-810C, PT-WHM (Embraer 810361), a été intercepté et forcé d’atterrir sur une ferme, où un atelier d’avion opère à la campagne. La drogue a été évaluée par la police à 7 millions de reals ».  Or le chef de la bande était tout sauf un inconnu, car il s’appelait Gerson Palermo.  En 2000, Gerson, qui avait déjà été arrêté trois autres fois par la police fédérale, mais avait étrangement été libéré (la corruption, deuxième mamelle du pays, rappelons-le) avait effectué son coup le plus fameux, un remake aérien du coup du train de Londres, en attaquant carrément un Boeing 737-2A1 (le PP-SMG) de la compagnie aérienne brésilienne VASP sur le petit aéroport de Porecatu, près de la ville de Foz do Iguaçu, dans le Parana, la frontière du Brésil avec l’Argentine et le Paraguay, (ici à droite) pour faire les poches des passagers et vider le compartiment à marchandises qui contenait il le savait, des millions en espèces.  L’avion avait été forcé de s’y poser (il pouvait le faire, disposant d’une piste de plus de 2000 mètres de long). « Seulement quatre personnes étaient à l’aéroport quand le Boeing a atterri, deux pilotes, un agent de sécurité et un mécanicien. L’aéroport de Porecatu était parfait pour un enlèvement, une excellente voie mais pas de protection, pas de police et pas de contrôle d’accès. »  Tout avait été dévalisé en moins de 12 minutes au sol.  Le gang avait bénéficié de complicités, à l »évidence.  Puis le gang avait rapidement fui, butin en poche !!!« Cinq millions de Reals (bien plus était espéré !) chargés sur neuf bagages par TGV, une entreprise de transport au service de Banco do Brasil ». L’avion, vidé de son argent avait ensuite redécollé vers Londrina, son aéroport normal d’arrivée.  Plusieurs membres du groupe seront plus tard arrêtés, mais l’argent jamais retrouvé.  Lors son arrestation en 2016, suite à l’interception du  PT-WHM, la police avait découvert 35 véhicules  appartenant au gang.  La justice s’intéressant de près aux 68 comptes bancaires attribués à la bande, totalisant la bagatelle de 2,2 millions d’euros, plus de la fausse monnaie.  800 kilos de cocaïne avait été saisis.  Pour arrêter l’un des assaillants, la police avait longuement  interrogé l’équipage et des passagers, qui au vu de photos avaient rapidement reconnu un suspect, Marcelo Moacir Borelli, car l’homme avait déjà commis deux autres assauts sur la firme TGV.  Il sera arrêté et condamné à 177 années de prison.  Il est mort bien avant, en 2007 du sida, après avoir refusé tout traitement.

« Un atelier à la campagne ? »

Selon la police, le PT-WHM avait été réparé dans un atelier clandestin.  Or sur l’aérodrome de Paranavarai, un atelier de préparation d’avions existe bel et bien, appelé Aeropav (Aeropav Manutenção de Aeronaves Paranavaí LTDA), et il a aussi reçu la visite de la police à cette époque… pour redémarrer plus tard en 2015, toujours sur l’aéroport d’Edu Chaves, avec une nouvelle direction, paraît-il depuis 2012, en l’occurrence 3 mécanos devenus les propriétaires : Renato Secafim, Ricardo Secafim et Mauricio Vieira, des mécaniciens d’aéronefs « avec certification ANAC« .  C’était aussi un peu logique, puisque la société, fondée en 1979 (sous un autre nom), avait alors reçu une concession primaire de la ville pour 30 ans (elle travaillait donc en dehors des clous depuis 6 ans déjà).  Mais un détail saisissant des nouveaux propriétaires interpelle : celle  de l’annonce par Aeropav de la vente d’un Embraer 721 C de cet atelier dont l’immatriculation a été savamment occultée par une découpe de photo judicieuse, à part que les deux premières lettre visibles sont désormais en PR-O.. ou PQ.. au lieu de l’avion au fameux PT-EOF à priori embarqué par la police.  Ses propriétaires auraient-ils bataillé juridiquement pour le récupérer, on l’ignore.  L’atelier présent aussi un Cessna 337, enfin plutôt rare, et un Twin Commander fort prisé lui aussi dans le monde des trafiqants pour ses capacités d’emport et son aile haute lui permettant de se poser sur des chemins de terre.  C’est le PR-AFP, un Twin Commander 500-S 1861-40 enregistré en 2015 seulement au Brésil, et l’ex N582AC, vu ici en 2017 à l’aéroport Carlos Prate (à Belo Horizonte, sur la côte sud du pays).  Ce type d’appareil est souvent apparu au Honduras, notamment, ou a Belize.  L’un d’entre eux, porteur de drogue avait été intercepté sur les bords d’un champ, au Brésil, dans une hacienda.  El Chapo lui aussi s’était aussi intéressé à ce type d’appareil, ainsi que son pilote et trésorier, Jorge Arevalo Kessler.

Une découverte… photographique

Reste à savoir d’ou viennent vraiment ces avions « brésiliens ».  C’est à la fois le hasard, ou la chance, voire la curiosité… et les prouesses de Photoshop qui vont nous faire découvrir une autre filière d’approvisionnement des avions des narcos brésiliens.  Pour ceux de Gerson Palermo, on ne retrouve pour l’instant que le petit Cessna 182P qui était à gauche sur la photo.  C’est en fait le PT-ITU, ne provenant pas vraiment de loin puisqu’ayant appartenu à la société de Luiz Feitosa Rodrigues « Pan Taxi Aereo LTDA », qui avait eu un différent sur sa propriété avec son filleul Rodrigo de Queiroz Rolim, ainsi que sur un Seneca Seneca III Embraer 810D PT-VAN.  On ignore comment l’avion avait atterri dans les mains du gang (ici à droite le PT-ITUn aperçu chez nous déjà à l’épisode 31).  Une photo d’un autre raid de la police ne nous aide pas davantage, car on ne distingue que le type des avions et c’est tout (quoi que l’Embraer EMB-711C Corisco central fasse beaucoup penser au PT-NJJ 711107– un des rare à arborer ces demi-tons de couleur verte avec le N32278 un Piper PA-28-151 Cherokee Warrior vu ici à Curitiba Aiport) :

 

 

(1) tout le monde a encore l’endroit en tête : ce fameux pont (le Bridego Bridge) immortalisé à sa manière dans le film humoristique Le Cerveau. A noter que le film avait failli ne pas se faire… en raison des événements de mai 68, qui avaient empêché son tournage… les hippies vus par Gérard Oury, toute une époque !

(2) il y en  eu un autre visible ici, en mai 2013 sur un Cessna 210 immatriculé PT-WLL, à Santa Vitoria, dans le Minas Gerais. Un abordage très impressionnant, sous les tirs de pistolet !!!  L’avion était le  N°21062881, l’ex N6013N, ex Travel Air MFG CO.

(3) Le juge avait utilisé leurs pseudos.  « Cuiaba n’était pas vraiment un inconnu non plus, en réalité, dans ce pays rongé par la corruption à tous les étages : il avait en effet failli devenir maire en 2008  (et vous aussi vous le connaissez bien car c’est l’un des sujets de notre épisode 6 de cette saga !!! »« L’ancien résident de Amaporã avoue le pilotage de l’avion trouvé dans canavial. Selon le délégué Carlos Henrique Gomes Rossato, l’homme arrêté a avoué qu’il pilotait l’avion trouve sur une piste clandestine. Il n’a pas expliqué la raison pour laquelle l’aéronef ait été retrouvé sans l’aile droite. L’ancien résident d’Amaporã a confessé l’atterrissage de l’appareil dans les champs de canne à sucre Cet avion a été abandonné dans une plantation de canne à sucre à proximité d’Amaporã. L’arrestation de l’ancien résident de Amaporã avec 422 kilos de cocaïne provenant du Paraguay va mettre de l’ordre dans le mystère de l’avion abandonné dans une plantation de canne à sucre en mars dans la région du Paranavaí. Au moment de l’arrestation, Rossato Gomes et son équipe cherchaient des véhicules volés qui pourraient être abandonnés dans les champs de canne, mais ils ont trouvé l’avion près d’une piste clandestine recouverte d’une toile. À l’intérieur de l’avion, il n’y avait que le siège du pilote, ce qui a fait soupçonner qu’il était utilisé pour quelque chose d’illégal. L’aile de l’avion a été retrouvée le même jour dans un hangar d’avion de l’aéroport de Paranavaí. L’homme arrêté au Paraguay a 30 ans et se trouvait sur une propriété où 422 kilos de cocaïne et cinq avions ont été saisis. Il s’était présenté la position de maire à Amaporã en l’an 2008 et avait perdu le combat. »  L’homme dont on parle, qui s’appelait en fait Malus Pinheiro, ne pourra que regretter de ne pas avoir été élu : il s’est pris 15 années de prison en 2017 lors de son procès.  L’accusé avait bel et bien été candidat à la mairie d’Amapora, en 2008, et c’était  aussi et surtout le propre  fils du politicien Alvino Pinheiro, du Parti travailliste brésilien (PTB).  Comme co-accusés, Alexis Ramón Fariña s’est vu condamner à 20 ans pour avoir tenté d’expédier la drogue en Afrique de L’Ouest. Le  21 août 2014, 867 kilos de cocaïne avaient en effet été trouvées dans cachées des sacs de jute contenant du riz e partance pour l’Afrique.  La cocaïne avait été trouvé à l’intérieur d’un conteneur dans le port Fenix ​​d’Asuncion.  

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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