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Coke en stock (CCIV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (39)

Historiquement encore, cette nuée de petits Cessna ayant fondu sur le Brésil n’est pas une nouveauté.  Dès les années 70, la frénésie de la recherche de l’argent facile en Amazonie a amené des chercheurs d’or ou de pierre précieuses au Brésil.  En Guyane, ce seront les mêmes qui travailleront sur des chantiers d’orpaillage clandestins.  Pour les approvisionner est donc né à ce moment là le métier harassant de pilote de Garimpeiros, puisque c’était leur nom.  Une noria de petits avions (il y avait de tout, comme vous allez vous en apercevoir) a en effet pendant des années ravitaillé en tout le nécessaire ces fameux chercheurs d’or :  pièces détachées de machines, mais aussi celles d’avions, nourriture, alcool et… armes.  Leurs descendants actuels s’étant le plus souvent reconvertis dans le transport de coke bien plus rémunérateur, mais pas moins risqué comme on va aussi le voir aujourd’hui … en découvrant un gang venu se cacher dans une réserve indigène pour y installer un laboratoire et y faire atterrir une demi-douzaine d’avions !!!

Un précédent brésilien avec un labo lié à des aéronefs

En fait, on a eu l’impression, déjà en 2014 et 2015 de la répétition d’une autre grosse prise. Deux ans avant la « vérification » des hangars, en effet, la police paraguayenne avait déjà mis la main sur tout un lot d’avions disparates.  Un Embraer 721C Sertanejo immatriculé en Bolivie CP-1495, un Cessna « bolivien » CP-2004 ainsi qu’un autre Cessna 210 CP-2633 qui présentait la particularité d’être un appareil fantôme, car selon un rapport de la DGAC-01008 du 04 juin 2013, l’avion, ex N732WG, (21061828) il avait, selon les premières conclusions, tout simplement été « volé » (du moins c’est ce qu’on pensait).  On peut le voir ici à droite en 2009 atterrir aux Etats-Unis, à Long Beach… l’avion avait fait le trajet Miami-Great Exuma Island le lundi 1er mars 2010.  Un bout de chemin avant de rejoindre le Brésil… puis le Paraguay.

Les trois appareils en bon état étaient « secondés » par d’autres machines dont un vieux Cessna 210 toute première génération, au look désastreux, et une pièce rare, avec ce Comp’Air 10, engin qui se vend en kit, et qui est vraiment à part avec sa turbine tchèque Walter 601, ses 5 pales et sa double queue (pour entrer dans n’importe quel garage, selon le constructeur !).  Mais comment donc des narco-trafiquants avaient-il pu choisir un tel engin aussi reconnaissable entre tous (et faisant un bruit de réacteur, comme toute turbine) ???  La seule explication de ce choix d’engin aussi moche, et aux pièces difficiles à trouver c’est qu’il peut surtout emporter près d’une tonne de fret !  Le laboratoire de cristallisation est découvert à proximité d’une piste, comme le montre l’image ci-dessous (la photo est saisissante en effet).

 

La presse donne quelques indications précieuses de plus : « (…) la drogue était destinée à des groupes criminels comme le Primer Comando Capital, le Comando Vermelho  et le Primer Comando Catarinensee, ont indiqué les agents du Senad qui ont participé à l’enquête.  Les nationalités des détenus également préciser qu’il existe des organisations internationales liées aux drogues.  Selon les anti-drogues, le péruvien Miguel Adolfo Tenorio Rivera (âgé de 53 ans) était le chimiste chargé de préparer la drogue dans le laboratoire dans la base du narco »  Derrière cet attirail, il y avait en effet l’organisation pointilleuse et le réseau du narco  Esequiel De Souza Gomez avec son laboratoire de transformation de coke situé à Guavirá, à 60 kilómètres de Saltos del Guairá et à 15 seulement de la frontière avec le Brésil.  Le trafiquant possédait en effet en nom propre une « estancia »,  une exploitation agricole appelée  Águila Negra, (l' »Aigle Noir », on ignore si c’était un fan de Barbara) où le groupe effectuait un travail de préparation de la redistribution de la cocaïne une fois cristallisée.  Ci-dessous, une autre vue des abords de la ferme avec au premier plan le Cessna CP-200, à droite le CP-2633 et derrière le CP-1495  (l’hélicoptère Robinson blanc au fond semble être celui de la police) :

Le pouvoir paraguayen mettra également en scène la saisie des avions et de la drogue le 7 juin 2016 (au même titre que le Venezuela ou la Bolivie…).  On y distinguera à nouveau le fameux oiseau rare, ramené à Asuncion en fort piteux état… examiné par les membres du tribunal chargés de juger le gang (la juge Gloria Hermosa, et les magistrats Alba González et Rosarito Montanía, ici au premier plan).

Organisation méticuleuse et pilotes… brésiliens

Bien entendu, l’organisation d’Esequiel De Souza Gomez, très bien orchestrée, avait des pilotes attitrés.  Et plutôt des chevronnés (d’où peut-être le choix de l’incroyable Comp’Air !).  Tels les frères Luis Felipe et Marcos Antonio Roca Ali, des ressortissants boliviens d’origine, qui seront condamnés à 26 ans et demi et 29 ans respectivement d’emprisonnement à leur procès.  De sérieux récidivistes tous les deux : « Marcos (ici à droite) avait déjà été condamné en Bolivie pour trafic de drogue et s’était enfui de son pays.  On l’avait vu laissé des traces de son passage en Colombie, aux États-Unis et au Pérou, toujours pour le trafic de drogue.  Il faisait partie du gang de « Tête de paille ».  Marco Antonio avait été capturé pour la première fois en août 1994 en Colombie et en 2005, il avait été condamné à 16 ans de prison pour trafic. Il a été arrêté aux États-Unis et au Pérou, où il a purgé de courtes peines » (ci-dessous tout le groupe, le chef, De Souza Gomez, est à gauche à côté du militaire).

« En janvier 2001, dans la ville péruvienne de Poyeni, il est tombé alors qu’il conduisait un petit avion bolivien transportant des armes, de l’argent et de la cocaïne. En 2008, il a été appréhendé à l’aéroport de Trinidad en transportant 165 420 dollars, pour lesquels il a été interrogé » précise la presse, qui ajoute « Roca Ali, connu sous le pseudonyme de « président » ou « Prési » et « Negro » était recherché par le FELCN depuis 2005.  Les rapports de renseignements FELCN s’étant rendus compte qu’il est aussi le frère, du  côté de son père, de Jorge Roca Suarez , alias « Tête de paille », un gros trafiquant de drogue en Bolivie dans les années 80 condamné aux États-Unis à 65 ans de prison. » Ajoutons que le fameux Ali avait réussi à s’échapper de sa prison le 15 novembre 2012 … (on avait déjà évoqué son CV bien chargé ici-même, à l’épisode 25, souvenez-vous…).

Autre pilotes, autres circuits et… projets d’avenir dans le monde entier

Le 31 janvier 2016, des coups de feu retentissent à Ponta Porã (ville brésilienne de l’État du Mato Grosso do Sul) devant les écuries du Jockey Club de la municipalité. 20 coups de feu ont retenti, du 9 mm, tirés par un homme arrivé en couple sur une moto. L’homme exécuté s’appelle Atílio Erico Portillo Meza.  C’est le propriétaire de la « Fazenda Estancia Corralito », une ferme dans le département de Concepción.  Or notre homme est aussi un narcotrafiquant innovant, car il a plutôt choisi l’hélicoptère comme moyen de transport de la cocaïne.  Chaque semaine, sa ferme recevrait des avions et des hélicoptères. Ces derniers, chargés de 500 kilos de coke partent du Paraguay vers le Brésil.  Comme pilote, Portilo Mesa employait Alexandre José de Oliveira Junior, arrêté en novembre 2013 à Breterouba, Espírito Santo, avec 445 kilos de cocaïne dans un hélicoptère R66.  Là encore, on retombe sur des liens directs avec la politique : l’hélico appartenait au sénateur brésilien Zezé Perrella (PDT-MG), qui niera bien sûr avoir été au courant du trafic (lire ici ce que j’en ai déjà dit), entre autres ceci : « Il n’était pas venu de très loin en effet… Mais la veille il était encore au Paraguay, ce qui est encore plus étonnant et plus intriguant. Selon la police, une recherche faite dans son GPS avait montré que l’hélicoptère était encore dans le pays voisin, le 23 novembre, à Pedro Juan Cabalero, endroit où il avait très certainement chargé la coke »…  D’autres s’activent de même, dont Euder Jaramillo Perdomo. Lui, sa spécialité c’est la coke des Farcs, qu’il charge à la tonne lui aussi, et qui travaille au corps l’armée vénézuélienne pour lui rendre quelques services..  selon le journal O Estado « l’avion atterrissait à Aparte, une ville de l’Etat de Zulia, près de la base militaire de Maracaibo et au moins une fois les narco-trafiquants ont payé 100 000 dollars de plus pour sauver un avion dans un hangar de l’armée vénézuélienne » explique-t-il.  « Dans le cas du Honduras, O Estado dit que les trafiquants de drogue ont corrompu les policiers, qui ont reçu jusqu’à 200 000 dollars par vol pour permettre le passage des avions. Apparemment, les avions ont été abandonnés par les pilotes et ont utilisé de faux passeports pour retourner au Brésil le long de la frontière avec le Paraguay ». Mais l’organisation songeait à plus loin encore, et elle songeait surtout à d’autres moyens aériens  : « le résultat des réunions a été transmis à l’homme nommé responsable de l’organisation: Paulo Flores. Le 14 mai, Roland a consulté l’un des pilotes de l’organisation sur les avions qui pourraient traverser l’Atlantique, ce qui suggère un Learjet la famille 50, avec une portée de 4 600 kilomètres. Les trafiquants de drogue estiment que l’avion serait capable de transporter jusqu’à 1,2 tonne de cocaïne. L’échange de messages interceptés par la PF montre que l’organisation a décidé d’acheter un autre avion, un Falcon 200, d’une capacité de neuf passagers. Le 28 mai 2013, le groupe avait déjà un avion disponible au Suriname (nota : le Falcon N200CU de Jani King Aviation LLC aurait très bien ou faire l’affaire, le voici à droite à Sint Maarten – Princess Juliana Intl le 4 avril 2013). Dans vingt jours, les Colombiens allaient prendre la drogue au Suriname pour l’embarquement ».

Les pilotes brésiliens ne rechignent pas à l’ouvrage, on le constate donc et l’on a vu jadis (et on va en reparler ci-dessous) :  être pilote de bush, ceux qui fournissent en ravitaillement les orpailleurs, est le plus souvent un enfer à vivre comme l’indique ici si bien The Gardian.  Après les jeunes boliviens écervelés, les paraguayens pas mieux lotis, voici venus les brésiliens, plus habitués aux bimoteurs, comme on le sait.  Plus âgés, en moyenne, aussi.  A noter qu’à l’occasion de l’affaire de l’hélico, le journal Estadao produira le 5 juin 2015 une des premières cartes montrant le nouveau trajet de la drogue du Sinop vers le Honduras… (elle figure ci-dessus et est ici en meilleure résolution).

Des brésiliens au Paraguay ?

Un Brésil omniprésent au Paraguay : une autre surprise de l’étude des saisies est la liste somme toute anodine des avions découverts dans la ferme de Salto del Guairá tout près d’Asunción, avec le jeune entrepreneur comme trafiquant.  Tout d’abord un cliché de bimoteur, aperçu devant son hangar où est encore le Cessna ZP-BFN.  Puis un autre pris de nuit, où l’on peut distinguer ses couleurs et son immatriculation « civile » : PT-VJK.  C’est un Embraer 810d, un Seneca construit au Brésil sous licence.  Or ces fameuses couleurs ne sont pad anodines… ni l’immatriculation, puisque que ce sont celles d’un avion des forces armées brésiliennes, photographié ici en 2010 avec son collègue du Guapo « 8 », un Aztec (PP-FRS) e Guapo « 16 » Seneca (PT-VJK) devant leur hangar du « Batalhão de Aviação da Brigada Militar do RS » !!!  On constate assez vite les différences de peinture extérieure, mais ce fameux PT-VJK (810696) en a bien connu deux différentes.

Les héritiers de la tradition des pilote des avions de Garimpeiros

D’où viennent ces pilotes aventureux ?  Du Brésil, où l’on serait tenté de parler de… tradition.  Le Brésil, et l’Amazonie, je ne vous apprends rien, regorgent de minéraux à extraire.  De l’or, bien sûr mais bien d’autres encore que s’efforcent de trouver les « garimpeiros » un mot péjoratif pour ces gratteurs de terre, le mot provenant de « Gudpeiro », des loup-garous en fait, selon la tradition, devenus plus tard « garimpeiro ».  Dans les années 80, un savoureux reportage nous montrait le rôle de ces pilotes chargés de ravitailler les garimpeiros, avec leurs avions taxi chargés à ras bord, les passagers assis sur leurs propres bagages (ici à droite). Le pilote  moustachu José Xavier Mendoça alias « Vié » nous expliquait de manière truculente son métier.  On pouvait admirer un Piper-Embraer éviter de peu un camion sur la route de terre où il se posait (ici à gauche), car les accidents de la sorte y étaient fréquents (ici à gauche l’un d’entre eux).  Les avions ravitailleurs étaient nombreux à l’époque, aucune route n’ayant encore été défrichée, comme c’est le cas aujourd’hui.  Sur l’aérodrome d’Itaituba, ça regorgeait de petits avions Cessna ou Piper-Embraer (tel le PT-RRX), ou des Bonanza (on aperçoit le PP-RPK) comme on peut le voir ici à gauche. Dans le reportage également, la pesée des bagages avec une vieille balance de meunier est aussi un moment savoureux.  Mais le métier était dangereux, très dangereux (comme pour les boliviens livreurs pour les mineurs, recrutés par El Chapo cf notre série sur le sujet).  Beaucoup de pilotes y ont laissé la vie, en effet.  On notera que l’EMB 720C, de Rio Branco Aerotaxi (le PT-RRX) aperçu dans le film s’était crashé et avait pris feu le 19 juillet 2003 avec 7 personnes à bord, après avoir  touché un arbre, suite à un problème de moteur et un chargement mal centré.  Deux personnes avaient été sévèrement blessées.  Les pilotes de garimpeiros avaient en fait tout inventé, y compris les réparations de fortune, comme le montre cet étonnant diaporama des années 70-80.  Le pilote qui avait survécu à ces effroyables conditions de vol et de vie pouvait, c’est sûr, tout affronter !!!  On notera au passage que les appareils n’ont pas beaucoup changé : Piper Seneca pour les bimoteurs et Cessna toutes catégories plus les Piper-Embraer pour les monomoteurs.  La preuve ici avec le PT-NJP embarquant les passagers d’un village.

Ces casse-cous impétueux capables d’atterrir par tout temps sur des pistes minuscules ont sévi pendant des années.  Leurs descendants existent, et vantent eux-mêmes leurs exploits en se filmant à l’aide de leur Go-Pro.  En voici un, jeune pilote chargeant comme une mule son Cessna immatriculé PT-ICV en se filmant en selfie (c’est bien une autre génération !).  Bien entendu, aujourd’hui ils se retrouvent liés au trafic de coke, bien plus rémunérateur que d’apporter de l’essence ou des bouteilles de coca aux gratteurs de terre.  En décembre 2016, le journal TV de TelefeNoticias révèle une séquence assez extraordinaire d’un atterrissage d’avion de trafiquants en pleine jungle, dans une sorte de couloir littéralement découpé dans les arbres.  Sidérant !!!

 

En fait la séquence avait été proposée par le pilote lui-même dès le mois de juin, sur le net, sous le nom de « Comandante: Robertinho » qui vantait ses exploits depuis un bon bout de temps déjà. La revoici sans le logo embarrassant de la société de TV.  L’homme, à l’origine, avait coupé les séquences où l’on apercevait l’immatriculation de son appareil (en PT-IZZ).  D’autres vidéos signées du « Comandante Robertinho » devenu un mythe sont disponibles, dont cette ahurissante trilogie dont l’exemple cité est le premier volet, le second étant le même exploit mais vu de l’intérieur du Cessna (un autre exemplaire en fait), et cet atterrissage au bord d’un fleuve, véritable prouesse encore une fois.  L’avion, selon le commentaire, se posant comme une fleur en moins de 170 mètres avec 600 kg de chargement !!! L’avion montré la première fois est vu ici de l’intérieur se posant sur une piste en dur fraîchement asphaltée.  L’atterrissage suivant sous les rires étant tout aussi risqué, sous un temps à ne pas mettre un Cessna dehors !!!  Des avions qui ont la réputation d’avoir un train extrêmement solide, ce qui se confirme !!!

Dans le milieu, on hésite pas non plus à se procurer les avions comme on peut, si on est trafiquant ; ainsi l’histoire du Cessna devenu PT-COF « emprunté » par une bande de délinquants mais retrouvé intact un peu plus tard (ici à droite).  On remarquera son immatriculation en simple auto-collant.… Ici le PT-JIM effectuant un transport des personnes vers un site garimpeiro.  L’avion est un 182P (18262510) appartenant à Miguel Cury, un chef de clinique, et mis en œuvre par Juiano Borges Alves.  Problème, l’homme avait été cité en 2007 dans un trafic de drogues  (mais relaxé) dans lesquels Jose Leite da Silva, ancien membre de la police militaire, Jota et Jesus José de Macedo, membres de la bande de Cabo Macedo avaient été sévèrement condamnés.  Le narco-trafiquant Bolivien Jesus Roma Penha ayant échappé lui à la capture.

 

Quelques exemples de pilotes de garimpeiros :

le volet plus ancien :

un autre docu : le premier qui se pose est un excellent STOL : un Helio Courier. Un vrai champion des atterrissages et décollages courts. Le roi du court... comme un fleur !

Un représentant actuel des pilotes de garimpeiros : admirez son siège à boules de bois comme ont les routiers ou les taxis parisiens… !!!

Le soutien des avions aux villages perdus au milieu de nulle part :

ici la piste de Crepurin en 2013 encore, avec le PT-IRU et le PT-BKD, ainsi que le Seneca PT-IYF

un récent (octobre 2016) à l’atterrissage (rude) près d’une mine qui pourrait être clandestine :

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en stock (CCIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (38)

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