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Coke en stock (CCCXXXI) : pilotes et caïds arrêtés

Il y a les avions bien sûr, mais aussi les pilotes, derrière ce trafic immense qui ravage tout le Brésil. Certains, on va le voir, sont des beaux cas d’espèce. Comme le sont les trafiquants, parmi lesquels de très jeunes… réputés comme étant les plus violents, sur le modèle des mexicains. On va en décrire un, une sorte de jeune freluquet devenu le second chef du PCC, pas moins, arrêté en bord  de plage d’Ipanema, dans sa villa luxueuse, alors qu’il s’activait surtout à la frontière avec le Paraguay, le pays relais indispensable aux boliviens et aux péruviens.

Les pilotes : hélicoptères et piments, la bonne recette ?

L’une des personnes repérées dans la rafle, en qualité de pilote narco, s’appelle Victor Pessoa. Il a été cité dans le long et excellent reportage TV de Fantastico (Globo) sur la saisie. Il détient l’entreprise Victor André Hoalnda Pessoa de Helicopter Aviation Support Servicos e Comercio Ltda, installée dans le Hangar 23C2 de l’aérodrome « municipal » Augusto de Oliveira Salvação d’Americana, et sa petite piste de 1100 m… , mais ses  24 hangars, étalés le long du même kilomètre !!!

Derrière lui, le longeant, la SP304, alias la Rodovia Luiz de Queirós, ancien fermier de Piracicaba à laquelle l’autoroute mène à une partie du réseau routier autour de SaoPaulo. Ce hangar est aussi l’adresse de l’école de vol de « Sierra Bravo Escola de Aviação » qui a tout d’une coquille vide avec un ou deux malheureux Cessna 150 (mais son hangar, partagé, cache un vieil Antonov magnifique, quel son!  C’est le PT-ZOV!). Du fond de son hangar , notre Victor exerce des « atividades auxiliares dos transportes aéreos« , traduisons par le transport de cocaïne, donc, pour simplifier, via aussi une deuxième entreprise appelée Americana Air Service (« Aas Americana Air Service Comercio e Servicos Eireli« ), qui a son siège, elle, à Belem. Mais il dirige aussi « Brazilian Black Pepper Co ». (une entreprise définie comme « Empresa Brasileira de Pimenta, Comercio, Importacao e Exportacao Ltda »). En somme le commerce du poivre noir et d’épices, de très bonne réputation culinaire au Brésil  !!! De quoi épicer le petit commerce ?

On trouve de tout à Americana et même des avions saisis. C’était arrivé le 27 avril 2013 à Foz do Iguaçu au départ avec un Beechcraft C-90 de 2001 acheté 1 250 000 dollars à la Wells Fargo Bank, immatriculé N51139  et inscrit chez une entreprise basée à Sorocaba appelée « R.V. BRÉSIL COMERCIAL IMPORTAÇÃO E EXPORTAÇÃO LTDA », faisant dans le commerce de gros de produits intermédiaires « non spécifiés » et comme activité secondaire « la représentation commerciale et agissant en tant « qu’agent du commerce de machines et d’équipements -, navires et aéronefs ». En réalité l’acheteur véritable de l’avion devenu PR-XIB avait été dissimulé par un montage bien tordu, l’acheteur se prétendant TM-EMPREENDIMENTOS, une société-écran, elle-même représentée par une deuxième, R.V. BRAZIL via une société d’aviation appelée BRAVAN AVIATION, utilisée pour l’occasion !!! Pour essayer de noyer le poisson le propriétaire avait expliqué qu’il avait déjà acheté le Piper Turbo Arrow PA28R N47415 (8R-7703372), devenu PR-FON de la même manière, ce qui s’est avéré vrai, aggravant le cas d’origine, car lui aussi sur fausse déclaration, la vente étant déjà plus que floue (il avait aussi été négocié par BRAVAN !). Le pilote attitré, Reyller Figueiredo Martins, (un pilote d’avions agricoles !) ne se rappelant plus bien devant le juge l’arrivée des deux avions… alors qu’il avait été aux commandes. Le contrôleur douanier ayant constaté la double entourloupe fera saisir l’aéronef et une proposition de peine financière en sus de la confiscation sera demandée. Et vlan ! Le véritable acheteur se cachait en fait à Ribeirão Preto, et il n’était pas qualifié pour opérer dans le commerce extérieur.  Il ne pouvait donc pas importer l’avion en son nom !!! L’avion vole toujours depuis… à l’aérodrome d’Americana et il a été annoncé à nouveau à la vente sur le net, chez JALO Aviation (à Sao Paulo) espérons avec un peu plus de sérieux ! Il est -évalué 3 millions de reais sur le marché brésilien (540 000 dollars environ, le prix d’un engin 10 ans plus ancien !).

Les autres pilotes

Selon des informations du blog sarcastique de Noelia Brito, parmi les pilotes qui seraient responsables du transport aérien de cocaïne du Paraguay vers le Brésil pour être exportée ensuite vers l’Europe via les ports du nord-est, l’un des plus importants est surtout André Luiz Gomes Ferreira, de Pernambuco, que la juge fédérale du 4e tribunal fédéral, Amanda Torres a fait arrêter dans le cadre de l’opération «Além Mar», lancée le 18 août dernier, « Selon les enquêteurs, André Luiz Gomes Ferreira, qui est pilote d’hélicoptère, aurait une relation particulière avec l’organisation criminelle, notamment selon ses co-accusés Victor Pessoa et Romildo Queiroz. André Luiz séjournait au moment de son arrestation à l’hôtel do Forte, à Macapá (AP), accompagné de trois autres pilotes ». (Sílvio Berry Jr, Tulio Cabrera Barca et Luis Fernando Razuk). « Tous avaient été payés par Sívio Berry Júnior, qui serait le bras droit du trafiquant de drogue Luis Fernando da Costa, mieux connu sous le nom de «Fernandinho Beira Mar». »

Or lors des « visites » des policiers de l’opération Além Mar, la Police fédérale de Pernambuco est tombée sur une vieille connaissance, une vraie, avec une célébrité acquise pour son implication dans l’affaire «Helicoca»: Ronelso, Candido, pilote, souvenez-vous, du Robinson PR-GZP (surnommé Heliococa depuis), ou plutôt de l’un de ses amis. « Quelques jours avant le forfait qui a abouti à l’arrestation de Ronelson Cândido et de ses acolytes avait acquis deux appareils : l’hélicoptère PT-YUQ Un Bell Ranger 407 (N°53084) le Cessna Caravan, préfixé PT-TRC, (N°208B2307, ici à droite à l’aéroport de Bacacheri, sa base) ce dernier à exploité par la société Commander Brasil Administradora de Bens LTDA., lié à Romilton Queiroz Hosi (le bras droit des « méga-trafiquants » Fernandinho Beira-Mar et Leonardo Dias Mendonça)« . Actuellement, l’avion est immatriculé au nom de la société Helicon Taxi Aéreo LTDA, propriété de… André Gomez Ferreira !!!

« Un autre hélicoptère du pilote, le Sikorsky S-76C, avec préfixe PR-LCD, modèle qui se distingue par une plus grande capacité de charge, a soulevé des soupçons de la police, lorsqu’il a été retrouvé par la police gardé dans un endroit désert. En plus du trafic de drogue et du blanchiment d’argent, les enquêteurs pensent qu’André est impliqué dans l’extraction, l’achat et la vente illégaux d’or, peut-être de l’exploitation minière de la région amazonienne brésilienne. »

Romilton Queiroz Hosi, allié de Osvaldo Altino Juliano Filho, le Finofo, (condamné à 13 ans de prison en 2012), c’est le troisième gros poisson des pilotes du réseau: « en février 2002, tous deux ont été arrêtés à São Carlos, accusés d’être directement impliqués dans un envoi de 449,2 kilogrammes de pâte de cocaïne (record du pays à ce moment là). La drogue a été cachée dans un avion approché par la police alors qu’il était sur le point de décoller du Rio Verde de Mato Grosso (MS) vers l’intérieur de São Paulo ».L’avion était un Cessna, immatriculé PT-WTJ, (un modèle 210L, N° 21060081) qui s’était posé dans la ferme familiale d’Emerson Fittipaldi (l’ex champion de Formule 1) à Araraquara, et qui était piloté par Iram Tabô Faria.

« Condamnés à 5 ans et 10 mois de prison pour trafic, Hosi et Finofo ont commencé à purger une peine dans la prison à sécurité maximale de Campo Grande. Le premier a fui début 2003, après avoir témoigné au City Forum, et n’a plus jamais été retrouvé ». Il avait fui une audience du tribunal, par la porte d’entrée du Campo Grande Forum, dans le Mato Grosso do Sul, en 2003, pour être repris plus tard. L’évasion aurait coûté 1 million de reais au trafiquant de drogue, selon un témoignage déposée à l’époque. Au cours des dernières années, il a subi une chirurgie plastique pour modifier son visage et éviter d’être reconnu par la police.

Les autres larrons encore

Alexandre José de Oliveira Junior, lui, ne nous est pas inconnu : c’était en 2013 le copilote de Rogério Almeida Antunes qui transportait 445 kilos de cocaïne dans le Robinson R44 PR-GZP devenu depuis  l’«Helicoca», qui appartenait au sénateur de l’époque Zezé Perrella, ami d’Aécio Neves. A l’époque il travaillait activement à coopter des pilotes pour transporter de la cocaïne au service de Sergio Qunitiliano Neto et Caio Bernasconi (alias Wihlian). Or il a de nouveau sévi… en 2018, avec un transport aérien de cocaïne en compagnie de Ronelson Candido Martins, pris tous le deux en flagrant délit en avril 2018, dans  un hélicoptère Ecureuil tout blanc ou presque  J’ai déjà évoqué ici cette arrestation.
Il a été découvert le 25 avril 2018 dans un hangar d’Arujá, dans le quartier de Jardim Fazenda Rincão, dans la région métropolitaine de São Paulo. C’est le PP-MAU, un « Esquilo » (Ecureuil) AS-350B2 (N°3465) fabriqué en 2002 et arrivé le 27 août 2010 seulement au Brésil. On peut l’admirer ici en vidéo en train de décoller du luxueux Condomínio Acapulco  à Guarujá, où il semblait avoir ses habitudes. L’hélicoptère découvert était complétement vide d’équipements ; il n’avait pas d’autre siège que  celui du pilote, dépourvu de tout rembourrage et son GPS avait même été retiré. À l’intérieur, les policiers venaient de découvrir des traces de cocaïne et deux bidons destinés à augmenter son autonomie, reliés à des pompes électriques (ici la vidéo de la découverte de l’hélico montrant ses deux énormes bidons supplémentaires, un de chaque côté, et le système des pompes électriques, ! Selon le commissaire arrivé sur les lieux, « l’appareil a été utilisé par des factions criminelles pour transporter des drogues de la Bolivie à São Paulo. Au cours des quatre derniers jours, l’hélicoptère a effectué 56 heures de voyage. Aucune n’a été enregistrée dans le journal de bord ou signalée à l’Agence nationale de l’aviation civile ». (les traces noires ici à droite sur l’engin sont celles du relevé d’empreintes par la police).« L’hélicoptère volait sans plan de vol, sans le dire à l’Anac, pendant le week-end, ce qui est typique d’un transporteur de drogue », a indiqué le responsable des enquêtes. Selon la police, l’hélicoptère est également au nom d’une entreprise factice. « C’est vraiment un système sophistiqué que la police peut difficilement identifier », a déclaré Carlos César Alves ». Pas loin de là, on retrouvera les 400 kilos de cocaïne qu’il avait apportés. Un pilote avait été arrêté à cette occasion avec un autre trafiquant: Luis Paulo Mattar Pereira et Willian Costa de Laia. Un troisième larron les complétait, lui aussi pilote, qui avait été menotté avec les deux autres.  Mais on l’a peut-être déjà oublié, celui-la, c’est vrai, puisqu’il s’appelle…  Rogério Almeida Antunes ! Celui de l’affaire du Robinson de 2013 !!! Le même homme, cinq ans après. L’ex-pilote de Gustavo Perrella !!!  Ronelson est aussi le propriétaire du beau PT-RYA (ici à gauche)  un Embraer-711ST P28 TN° 711420 modèle déjà décrit ici comme saisi. Dans un reportage TV, Junior s’était vanté d’avoir ouvert l’école de pilotage à la croissance la plus rapide de São Paulo, JR HELICOPTEROS ESCOLA DE AVIACAO CIVIL LTDA, une école qui «en deux ans… a augmenté sa flotte de deux à cinq hélicoptères», et avec laquelle il avait été conclu : «En quatre ans, Alexandre est passé de stagiaire à l’Agence nationale de l’aviation civile, ANAC, à un homme d’affaires respecté à Campo de Marte ». Respecté », hugh ?

Les grosses têtes et le vrai problème des faux papiers

Non, nous ne sommes ni chez Bouvard ni chez Ruqier. L’opération, plutôt réussie ne s’est pas contentée de saisie du matériel.  Toutes les grosses têtes du trafic sont tombées, en début d’année, comme prémisses de ce qui a suivi après : la cascade habituelle des épluchages après arrestation. L’un des principaux responsables de l’introduction de la drogue au Brésil a été pris dans le filet, c’était le trafiquant de drogue Sergio de Arruda Quintiliano, menotté une fois localisé dans un condominium de luxe à Balneário Camboriú.  Il a été arrêté en effet un peu auparavant, en février, et sa capture semble avoir précipité bel et bien les deux grosses rafales de l’été 2020. Plus connu sous le nom de « Minotauro », le Minotaure, c’est le membre principal du PCC agissant à la frontière Brésil-Paraguay. Celui-ci, largement soupçonné d’être à l’origine de la mort d’un policier, d’un avocat et d’un candidat à la mairie de la région, a été capturé avec 100 000 dollars en espèces sur lui. L’homme était en fait extrêmement dangereux et les policiers ont dû redoubler de patience et de précautions pour s’en saisir : il avait en effet déclaré la guerre à ses concurrents de Ponta Porã et Pedro Juan Caballero, voici quelques mois de cela, pour reprendre le contrôle du trafic de drogue et d’armes, après la mort de Jorge Rafaat Toumani, en juin 2016, l’extradition de Jarvis Gimenes Pavão vers le Brésil et l’arrestation d’Elton Leonel Rumich, alias Galãn (voir plus loin ici), l’année précédente sur la plage d’Ipanema, à Rio. Trois coups durs pour le réseau, dont un par élimination directe de trafiquants entre eux ! Il a été attrapé sur la côte de Santa Catarina, où, rappelez-vous, devait se rendre notre petit Van’s piloté par notre femme-pilote grande fan de Bolsonaro ! La présence discrète du Minotaure avait été grandement facilitée par l’usage de faux papiers. La révélation du procédé avait coûté la vie à un enquêteur, exécuté par le gang : »selon des sources à la frontière, le policier civil Wescley Dias Vasconcelos, 37 ans, avait découvert que Celso Espindola et Sérgio Quintiliano Neto étaient la même personne. Pour cette raison, le trafiquant aurait fait exécuter l’enquêteur. : Wescley a été abattu le 6 mars de l’année dernière à Ponta Porã« .

L’obtention de faux documents permettant de se fondre dans la masse étant la clé du problème : « interrogé par la radio ABC Cardinal, le ministre Arnaldo Giuzzio, chef du Senad (Secrétariat national anti-drogue), s’est dit préoccupé par la facilité des bandits à obtenir de faux documents dans ce pays. Il a admis que la corruption de la police et des agents du gouvernement facilite la vie des criminels au Paraguay, mais voit le problème de moins en moins. Le surintendant de la police fédérale du Mato Grosso do Sul, le délégué Cleo Mazzoti, estime qu’il est temps de renforcer la police à la frontière entre le Brésil et le Paraguay pour empêcher l’émergence d’un autre leadership du crime organisé, comme cela s’est produit avec le trafiquant de drogue Sérgio de Arruda Quintiliano Neto, le Minotaure. »

Le freluquet mitrailleur et le Paraguay

L’un des mandats d’arrêts préventifs lancé lors de l’Opération visait aussi le (très jeune, il n’a que… 19 ans !) trafiquant de drogue Elton Leonel Rumich da Silva, connu celui-là sous le nom de « Galan« , après une longue enquête qui a souligné qu’il avait utilisé tout un tas de pseudos pour blanchir de l’argent provenant du trafic de drogue. C’est lui le second chef du PCC (premier commandement de la capitale) dans la région frontalière paraguayenne, largement soupçonné d’avoir fait exécuter en plein rue son rival Jorge Rafaat Toumani. : il était tout aussi dangereux que le précédent, sinon plus encore ! C’était devenu le spécialiste en armes, munitions et explosifs de la bande. Or ce dernier, en août 2020, est déjà à l’ombre depuis plus d’un an ! C’est en fait l’analyse de ses mouvements d’argent sur des comptes bancaires dans des agences de Ponta Porã qui ont permis de remonter cette fois sur le bien mal acquis, comme les avions, dont les deux jets, et les yachts. Il n’avait pas trop pris de précaution pour dissimuler ses comptes, en parfait immature persuadé de son immunité. Sa capture l’année précédente (?) avait fait l’objet d’un opération de police dédiée, appelée « Spollium » (pillage, en latin). Il avait été arrêté en effet en février 2019 en short et t-shirt de teenager dans sa luxueuse villa avec, garé dans sa rue, son 4×4 BMW (son garage regorgeant déjà de gros véhicules) : encore et toujours la panoplie complète du narco. A peine arrêté et envoyé à la prison de Bangu I de Rio de Janeiro, on avait dû déjà le transférer à la prison fédérale de Mossoró (RN), après que la police de Rio eut découvert qu’il prévoyait déjà de consacrer 2 millions de reais pour soudoyer des agents et s’échapper carrément par la porte d’entrée de Bangu I !!! Il continuait à diriger son gang de l’intérieur de sa prison  (un cas fréquent au Brésil, comme on l’a vu) ! Son arrestation avait été à son image : grotesque. Le jeune bandit, rentré au Brésil en février 2018 après être allé un temps se réfugier en Bolivie, avait en fait été arrêté par la police de Rio en train de se faire tatouer la jambe droite, tranquillement, dans un studio sur la plage d’Ipanema (photo ici à gauche) !!! Ridicule ! Quant on pense que c’est ce genre de freluquet qui élimine ses adversaires à la mitrailleuse lourde, ça fait froid dans le dos !

Un freluquet hyperviolent et très, très organisé, avec un structure… familiale : « les enquêtes portent sur l’achat, la vente et la simulation de transferts de propriétés situées à Ponta Porã et dans les villes de São Paulo (Diadema, Santos et Presidente Prudente) pour le compte de pseudos ou des sociétés écran. Selon la plainte, les transactions ont totalisé 43 actes de blanchiment d’argent entre 2013 et 2019. Actuellement, JB figure toujours en tant que propriétaire officiel de 36 propriétés situées à Ponta Porã. Au moins 8 actes de blanchiment d’argent impliquant des véhicules ont également été découverts. L’organisation criminelle tenait des feuilles de calcul pour contrôler les dépenses liées à l’entreprise et, souvent, la comptabilité était confondue avec les états financiers du trafic de drogue et d’armes (…) La plainte a été acceptée par le juge Júlia Cavalcante Silva Barbosa. «Plus précisément, la pièce décrit de manière adéquate l’existence d’une organisation criminelle structurée, en théorie, dirigée par Elton Leonel Rumich da Silva qui, assisté de personnes en qui il avait confiance, aurait dissimulé la propriété des droits d’entreprise sur JB Progresso, une société appartenant à par lequel il a commencé à acquérir des biens puis à dissimuler et dissimuler leurs biens en s’inscrivant au nom des personnes interposées », informe le magistrat. Les personnes de confiance d’Elton seraient trois femmes avec lesquelles il avait des relations aimantes et des enfants, ainsi qu’un ex-beau-frère et le frère de son constructeur. Les cinq sont également accusés dans le procès pour blanchiment d’argent. »

Un petit groupe, en fait, autour de lui. En août 2019, à Amambay, les policiers paraguayens avaient arrêté une grosse Mercedes-Benz conduite sans papiers par deux individus équipés d’un pistolet de calibre 9 mm avec des chargeurs à 15 coups et d’un autre chargeur de 30 projectiles. La voiture contenait aussi de l’argent en coupures de différents pays. Les deux hommes étaient jeunes, ils avaient le même âge : 23 ans. Il s’agit d’Emmanuel Díaz Gómez, et d’Édgar David Speranza Rojas, 23 ans. Le premier avait déjà fait un séjour en prison à 18 ans, le 18 novembre 2014, au centre de détention de Pedro Juan Caballero. Il y avait été contacté par…  Elton Leonel Rumich Da Silva, alias Galán, qui se faisait alors appeler « Ronaldo Rodrigo Benítes » sur son compte bancaire ! A ce moment-là, c’était discret: la Banque du Paraguay « Banco Amambay S.A ». était aux mains des frères du Président-narco (Cartes) et traficotait allègrement depuis 1995 sous le nom d’Amambay Trust Bank Ltd dans les îles Cook !!! Les deux sont alors en relation avec le trafiquant connu Jarvis Chimenes Pavão, emprisonné lui dans la célèbre prison de Tacumbú près d’Asuncion (il a été extradé ensuite, en 2017, vers le Brésil). C’est lui qui y avait fait construire à coups de dollars un vrai salon !!! Lire ici les faits qu’on lui reprochait. Des criminels réfugiés dans des lieux de villégiature, ce n’est pas ce qui manque au Brésil. Incidemment, c’est aussi à la fin janvier 2019 qu’avait été arrêté également un des plus anciens fugitifs recherchés par Interpol, Jaime Enrique Saade Cormane, celui-là après 26 années de fugue : c’était l’assassin à Barranquilla d’une jeune étudiante de 18 ans, Nancy Maeste Vargas, lâchement violée et assassinée en 1994.  Il avait déguisé son meurtre en prétendu suicide (on l’avait retrouvée avec une balle dans la tête). De quoi peut-être faire réfléchir sur la pseudo-immunité dont se targuent certains criminels comme le jeune Galan, car il avait fallu travailler ce dossier pour retrouver Cormane, devenu méconnaissable avec le temps…

Autres larrons arrêtés

Connu sous le nom de «Ryguasú», Edson Barbosa Salinas, l’un des autres responsables du trafic s’est fait lui encore plus bêtement arrêter en portant illégalement un pistolet sur l’Avenida Brasil. Son arrestation a en effet eu lieu lors d’une bagarre de circulation entre lui, son beau-frère de 28 ans et un autre conducteur de 23 ans qui était présent sur place avec sa femme et ses deux enfants. C’est lui qui aurait repris les rênes du grenue après l’arrestation du Minautore : « selon le rapport de police, Edson Salinas, alias «Salinas Riguaçu», a succèdé à Sérgio Arruda Quintiliano Neto, alias le «Minotauro». Il est également nommé à la tête actuelle du PCC (premier commandement de la capitale) dans la région frontalière entre Ponta Porã et Pedro Juan Caballero. Les données montrent que, avec un autre accusé, qui serait son bras droit et est en fuite, il a mené des attaques contre des rivaux ». Les enquêtes indiquent que Salinas est responsable des exécutions de Chico Gimenez, l’oncle de Jarvis Pavão, et de l’avocate Laura Marcela Casuso. Il y a toujours des informations selon lesquelles il était propriétaire de la maison où 15 membres du premier échelon du PCC, dirigé par Minotauro, ont été arrêtés en février 2019. » L’arrestation de Salinas avait été de l’ordre du grotesque et est racontée ici : « au début, le jeune homme de 23 ans, qui avait également un pistolet dans sa voiture, se rendait au domicile de sa belle-mère avec sa famille lorsqu’il a donné avec son Toyota SW4 un coup d’apple de pleins phares au conducteur d’une Wolkswagen Gol qui se trouvait devant lui. Celui-ci, âgé de 28 ans aurait alors freiné à mort, forçant Salinas à le dépasser sur la droite. À ce moment-là, Edson, qui était dans le siège du passager du SW4, aurait pointé le pistolet sur le conducteur de la Gol. Les personnes impliquées sont sorties des voitures lorsque les menaces de Salinas contre l’autre conducteur ont commencé. «Vous ne me connaissez pas, je vais vous tuer, vous ne savez pas avec à qui vous vous prenez», aurait-il dit. » » Bref, une rixe ordinaire de circulation urbaine, initiée par un sans-cervelle total ! A l’intérieur de la voiture, les policiers trouveront une deuxième pistolet et 20 000 dollars !

Une vieille connaissance et le roi de la fête à Rio

Ce n’est donc pas l’intelligence qui domine dans le gang et c’est le moins qu’on puisse dire. L’un des deniers nommés parmi les poursuivis est Dario Messer, alors toujours en fuite, présenté comme un simple agent de change, qui s’était pris bêtement en photo une arme à la main (ici à droite)  :  « l’opération Fluminense Lava Jato placée dans les rues aujourd’hui a révélé que l’organisateur du bureau de change Dario Messer avait un bureau à la frontière entre le Brésil et le Paraguay, entre la ville paraguayenne Pedro Juan Caballero et la brésilienne Ponta Porã, Mato Grosso do Sul. C’est dans cette région que Messer était hébergé par l’un de ses acolytes, Antônio Joaquim da Mota, résidant à Pedro Juan Caballero et Ponta Porã, et un associé des abattoirs Frigoforte et Silverbeef. Lui-même, surnommé Tonho, était chargé de livrer 10 000 dollars par mois à Myra Athayde, la petite amie de Messer. Selon le PF, la famille Mota est liée au trafic de drogue, à la contrebande de cigarettes et au blanchiment d’argent à la frontière. Lors de la récente arrestation de Sergio de Arruda Quintiliano, qui, selon le PF, fait partie du PCC, un contrat a été retrouvé dans son carnet entre une société de Joaquim Mota et des trafiquants de drogue. C’est chez Mota, où il était caché l’année dernière, que Messer a pris le selfie avec un pistolet ». Messer faisait des fiestas mémorables à Rio en haut de sa terrasse invitant des centaines de personnes.

Messer, le véritable banquier des trafiquants, avait des relations, dont une fort embarrassante en particulier : « Dario Messer, connu sous le nom de «doleiro dos doleiros» en Amérique latine, a appris qu’il serait arrêté par l’opération Lava Jato début 2018. Grâce à la fuite de ces informations privilégiées, l’opérateur financier qui, selon les autorités brésiliennes, a contribué à cacher et à détourner des millions de politiciens et les hommes d’affaires au cours des dernières décennies ont réussi à échapper à un mandat d’arrêt en mai de la même année. Le vétéran des scandales politiques ne pouvait tout simplement pas empêcher son argent et ses actifs d’être bloqués par les tribunaux. Fugitif, sans accès aux comptes bancaires et en contact avec ses acolytes d’un réseau de blanchiment d’argent étroitement surveillé, Messer s’est tourné vers un ami. «Malheureusement, mes ressources ont été bloquées et je dois faire appel à votre aide pour couvrir les frais juridiques», a-t-il écrit dans une lettre manuscrite. L’ami était alors le président du Paraguay, Horácio Cartes (2013-2018) »… Messer aurait blanchi la bagatelle de 1,6 milliard de dollars ces dernières années !!! Il pouvait s’en offrir des fiestas sur sa terrasse (ici à gauche) ! « La liste des actifs de Messer comprend quatre propriétés, deux résidentielles et deux commerciales dans les quartiers d’Ipanema et de Leblon (les plus chers de Rio).Sa collection d’art comprenait des peintures de Di Cavalcanti « (cf ici à droite). « Dans le matériel vu par la police fédérale lors de l’opération de 2018, il y a même un dessin avec une dédicace de Di Cavalcanti au Polonais Mordko Messer, déjà décédé, le père de Dario et nommé premier bureau de change à travailler au Brésil. » L’homme avait chez lui 570 numéros de téléphone, répartis sur 19 pages virtuelles de sociétés ! Outre l’ancien président du Paragay, Merer avait comme amis Pastor Everaldo, ancien candidat du Planalto en 2014 et aujourd’hui président du PSC le Parti social chrétien, et membre de l’Assemblée de Dieu, un mouvement évangélique (en 2012 une ancienne compagne l’avait accusé d’agressions et de menaces de mort !), et Jayder Soares, patron de Grande Rio, une école de samba traditionnelle de Baixada Fluminense (ici à gauche sur la photo).

 

 

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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