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Coke en Stock (CCCXLV) : un été actif, avec toujours le Venezuela et l’état de Zulia au premier plan

Le 21 juillet, on était resté sur le Honduras, où ça continuait à « tomber comme des mouches », comme au Belize l’été précédent. A la mi-juillet, je vous avais dit que l’Etat de Zulia était en point de mire pour les décollages d’avions chargés de coke. Cela est resté largement d’actualité comme on va le voir, comme l’est aussi la mise en scène habituelle de la découverte d’épave d’avion là-bas au pays du Cartel de Los Soles. Aujourd’hui, au moins, on évite de dire que l’aviation bolivarienne les aurait abattus… ce qui ne convainc plus personne désormais depuis longtemps !

Le 20 juillet les vestiges de ce qui était un Hawker 700 ou 800 sont découverts à Jesús María Semprún. On n’est pas allé de main morte pour l’incendier : tout l’avant a fondu littéralement, cockpit compris dont il ne reste que les montants de verrière aux contours particulier d’un ancien modèle de Hawker. Cela ne fait plus qu’une cinquantaine de cm d’épaisseur au sol ! La tâche pour le reconnaître ne va pas être aisée. Encore une fois ce sont les moteurs (de type ancien, sans inverseurs de poussée, ceux des Hawker 700) ou l’empennage qui vont peut-être nous sauver. L’engin est en tout cas un Hawker modèle 700, comme le montre une autre série de clichés révélant la façon dont est fixé l’empennage horizontal sur le le vertical, à savoir situé un peu en avant sur ce modèle. Un autre cliché nous indique qu’il n’a pas de winglets, ce qui confirme l’observation précédente et nous révèle son train avant calciné (ci-dessus à droite comparé à un hacker 800, similaire). La piste où il s’est posé fait 30 mètres de large sur 2400 de long… mais les autorités vénézuéliennes ignoraient son existence, encore une fois… à croire qu’elles le font exprès ou qu’elles ne possèdent aucun avion pour survoler la zone réputée pour ses atterrissages clandestins (et ceux-là alors ?  Ou celui-là ?)…

De façon surprenante, les autorités nous indiquent l’endroit et ses coordonnées où aurait été trouvé l’appareil : 9°09’33.6″N et 72°29’42.8″W. C’est bien aux alentours de Jesús María Semprún, et vers le sud-est (ici  à gauche). Elle a été créée en 2017. Une seconde de même taille est visible à 20 km à l’est de Las Cruces (ici à droite), au nord d’El Pilar, celle-ci créée en 2018. Sur Google Earth, une longue trace blanche indique les deux sites, mais à une certaine altitude seulement (25 000 m !!). Google Earth ne propose pas de vue plus approchante depuis 2010, pour des raisons que l’on ignore… un peu plus au nord, à Aricuaisa, au 9° 34.941’N et 72° 47.233’O il y en a une autre, superbe, de 2200 m de long et de 18 m de large, qui semble avoir été asphaltée : c’est un aérodrome dûment répertorié (le SV74) !

Pour en revenir à notre engin du jour, ce sont bien les réacteurs et l’élément de design visible dessus qui nous permettent de l’identifier sans hésiter : c’est le N611MC, sans aucun doute possible, et c’est bien un … Hawker 700A, datant de 1979, le N°257080, aux vitres latérales de cockpit bien reconnaissables (comme ses vitres principales, planes, en effet), un avion aux douze registrations successives, dont 27 ans sous la même, celle de May Department Stores Co. à St Louis !

Un avion (et un propriétaire) connu (s)

Le problème c’est qu’on en a déjà parlé ici de cet appareil, ou plutôt de son dernier propriétaire et de son second Hawker, surpris en mauvaise posture, cabine vidée, prêt à embarquer de la coke. C’était en février dernier seulement ici sur Cent Papiers bien  sûr, relatant une drôle d’affaire précédente de 2020 : « mercredi dernier, 22 avril, un jet marqué de l’immatriculation N70QB, blanc à rayures kaki et bleu marine, et une queue bleu marine superposées, est arrivé de Monterrey, Nuevo León, à l’aéroport de Chetumal, sans sièges de passagers, confirmant que l’aérogare est utilisée pour des opérations de crime organisé ». C’est bien une immatriculation connue pour celui-là; c’est le Hawker 700A NA0289 (N°257125) datant de 1981 (ici à droite), mis en vente ici par Projets. Jetnet Llc l’a acheté le 13 mai 2016 et l’a revendu à Alfonso Anthony Romo, de San Diego en Californie le 21 août 2018 (il y était toujours en avril 2020).  

Or cet appareil, on le retrouvait pourtant mis en vente annoncé à vil prix : 260 000 dollars seulement, une vraie paille (ici à gauche, repeint). Et il effectuait le dimanche 23 juillet 2020 le trajet suspicieux Corozal (Belize) – Mexico City :

 

« Les pilotes ont déclaré qu’ils effectuaient un test en vol à des fins d’achat, mais lorsque l’avion a été inspecté par des éléments de l’armée mexicaine stationnés à l’aérogare, ils ont remarqué des incohérences dans la documentation, l’immatriculation et le numéro de série. Par conséquent, ils ont effectué une inspection de l’avion et il a été découvert que les sièges n’étaient pas complets » (ici à droite ils l’étaient encore), ce qui a conduit les éléments des forces armées à le sécuriser (l’appareil est ici à gauche parqué à Chetumal, saisi par un téléobjectif). « Cependant, les pilotes et les passagers n’ont pas été arrêtés, car des éléments de la police fédérale et du personnel de l’aéronautique civile qui se trouvaient sur le site leur ont permis de quitter l’aéroport. L’avion a été abandonné sur la piste de l’aéroport de la capitale de l’État, sans que les pilotes ne reviennent le réclamer ». Depuis il l’a été, réclamé, comme on peut le voir lors du vol décrit. Romo détenant aussi depuis le 5 septembre 2019 le N611MC,(257080; ici à gauche), un autre Hawker (NA 0257, datant de 1979). Lui aussi, quel hasard, proposé aussi à la vente… après avoir été repeint avec le même schéma de design qu’à l’origine – en 2004, ici visible– mais avec du doré et du noir à la place du rouge pour faire joli… (c’est notre avion du jour). Voilà qui sent l’économie de moyens, ça !! Quand ce ne sont pas les Beechrafts, ce sont les Hawkers qui prennent le relais dans ce secteur très fréquenté, avais-je alors écrit de façon cette fois prémonitoire !!!

L’indien des Caraïbes se vautre au Venezuela 

Le 4 août, autre type d’avion dont l’aventure s’est terminée par un crash, visiblement : son épave est retrouvée gisant à l’envers sur le sol. c’est un Piper PA-31 Navajo de type Colemill Panther comme l’atteste visiblement son empennage vertical, arborant la fameuse panthère, il était venu des Caraïbes, et surtout d’un endroit déjà cité comme autre nœud de trafic de drogue.

Récemment d’ailleurs, puisqu’il a décollé lui aussi du Leonard Thompson Airport de Marsh Harbour, sur l’île d’Abaco, pas éloigné de Treasure Cays aux Bahamas – c’est à 25 km à peine ! (en y arrivant, lui, contrairement au N790JR  des infortunés Jason Allen, et Lavan Paul, lire ici leurs exploits ) .

 

L’appareil est bien un bimoteur bleu et blanc aux filets dorés sur l’arrière du fuselage, qui les a perdus à l’impact , ses deux moteurs lors d’un énorme cheval de bois il semble bien. Le choc a dû être énorme… mais  on a découvert extraites des débris ses deux occupants vivants (et légèrement blessés seulement, un vrai miracle !) : Nicolás Mayorga Cabrales, âgé de de 27 ans, le pilote colombien de l’appareil et Oran Theron Monroe, de 33 ans, son copilote, originaire des Bahamas. Le premier, Mayorga Cabrales s’est fait arrêter peu de temps après dans un centre de santé de la paroisse d’El Rosarito, après y venu demander de l’aide pour soigner les blessures causées par la chute et avoir passé trois jours dans une zone boisée. De son côté, Theron Monroe a été arrêté près de la zone où l’avion s’est écrasé, sur l’autoroute de Barranquitas.

Les hommes se sont donc bien extraits seuls de l’avion, mais les militaires vénézuéliens arrivés bien après ne ratent pas l’occasion de se mettre en scène fusil à la main comme si de dangereux trafiquants armés étaient encore à bord : le cliché vire instantanément au grotesque avec les soldats tenant en joue des occupants imaginaires (voir ci-dessus à gauche). Ce n’est pas la première fois que les hommes de Padrino se montrent ainsi ridicules, mais là il faut avouer que ça vire au grandiose… ça ne s’améliore pas avec un autre cliché montrant un militaire désignant l’immatriculation de l’avion retourné : C6-ACS… qui est fausse, car c’est celle en fait d’un gros Cessna 208B habitué du Palm Beach Airport. Selon l’enquête des vénézuéliens, les deux hommes devaient atterrir sur l’une des pistes clandestines utilisées par les trafiquants de drogue de la commune de Machiques puis devaient ensuite acheminer une cargaison de drogue vers les Bahamas.

Les magouilles de Randy

Oran Theron Monroe (ici à gauche blessé à l’œil et son collègue colombien portant des éraflures au visage) avait été déclaré manquant à l’appel depuis le 23 juillet, au large d’Abaco où on avait cherché vainement l’appareil qu’il semblait avoir « emprunté ». Monroe serait un pilote ayant travaillé pour Sky Bahamas et  auparavant pour Southern Air Charter, le patron le Sky Bahamas ayant déclaré entretemps  qu’un de ses avions, inconnu au registre, un Navajo Panther, lui aurait été volé. Or ce fameux patron est un cas d’espèce à lui seul, et il n’est pas sûr que son ex-employé ait agi de son seul chef, à bien étudier son cas. Récemment, la presse s’était en effet inquiétée du sort de son entreprise, visiblement défaillante : « elle a annoncé en septembre qu’elle suspendait immédiatement ses vols vers l’aéroport Arthur’s Town de Cat Island en raison de problèmes de sécurité liés à la piste ». En fait, la compagnie aérienne a discrètement suspendu ses opérations vers Grand Bahama, ce qui en faisait alors le deuxième transporteur majeur à arrêter les vols à destination et en provenance de l’île. Ce qui avait pour le moins surpris : « Mais était-ce tout à fait vrai ? Aujourd’hui, nous notons avec un vif intérêt qu’aucune réservation sur Sky n’est autorisée à destination de Freeport et que la compagnie aérienne ne figure plus sur la liste des vols à destination et en provenance de Grand Bahama – mais POURQUOI ? Personne ne dit pourquoi ? Même les tentatives de le faire en ligne ne sont pas possibles. La compagnie aérienne est-elle en haut du ruisseau ? Fait-elle face à de sérieuses pertes financières sur ces marchés locaux ? Ou peut-être qu’un scandale plus important est sur le point d’éclater impliquant une enquête internationale du gouvernement américain sur un investisseur potentiel de la compagnie aérienne ? Les esprits curieux veulent savoir – QUE SE PASSE-T-IL DANS LA GESTION ET LES OPÉRATIONS de Sky Bahamas ? » avait-on pu lire en effet. « Des sources proches de Nassau Airport Development Company [APD] confirment que la compagnie aérienne doit des milliers de dollars à la société de gestion de l’aéroport en termes de contrats de location impayés avec la société de gestion de l’aéroport. Dans une lettre envoyée à la compagnie aérienne le 9 janvier 2017, il a été confirmé que, jusqu’en décembre de l’année dernière, Sky devait à NAD quelque six cent vingt et un mille six cent quatre-vingt-dix dollars et quatre-vingt-un cents (621 690,81 $) ». Et cela n’est qu’un bout de l’iceberg en fait. En cause, un homme : Randy Butler.

Le patron de l’entreprise, Randy Butler (ici à droite), avait été auparavant mêlé à un énorme scandale financier révélé récemment, en 2020 seulement, et ayant couru sur plusieurs années, qui avait abouti à la démission du premier ministre des Bahamas, Peter Turnquest, qui était aussi alors le Director and General Manager d’Alpha Aviation et d’Advanced Aviation,  il avait signé 11 chèques totalisant 1.5 million de dollars à  Sky Bahamas entre le 7 juillet  2008 et le 22 avril 2016, alors que ce même Turnquest pointait au conseil d’administration de Sky Bahamas !! Mieux encore : il avait aussi parafé 14 chèques à Aviation Oversight (AOG) pour un total de 1,6 million de dollars, or AOG Maintenance contenait aussi dans dans son CA Randy Butler, le patron toujours de Sky Bahamas !!!  5 chèques de plus avaient été signés à Aviation Oversight, pour 476 040 dollars entre le 12 août 2016 et le 5 décembre. Des sommes astronomiques qui n’étaient pas les seules engrangées. Au final, l’ancien financier de Skybahama, Fred Kaiser, patron également d’Alpha Aviation et Advanced Aviation, avait par exemple accepté de payer à l’Internal Revenue Service (IRS) environ 36 millions de dollars en 2004 après avoir plaidé coupable d’évasion fiscale (ça baigne depuis pour lui il semble), il avait alors déclaré au tribunal que Butler comme était le réceptionniste d’un programme de « faux prêts » de 28 millions de dollars. Le but étant selon Kaiser « l’enrichissement personnel de Mr Butler » selon sa déposition Le 25  novembre 2020, Orveille Turnquest, cerné, avait fini par proposer sa démission… contraint et forcé par les révélations des énormes sommes versées en pure perte par son gouvernement. Butler semblant lui échapper au désastre… par on ne sait quel miracle ou quelle corruption en plus haut lieu.

Sky Bahamas avait eu durant la période eu de sérieux problèmes de sécurité avec ses SAAB340, notées par une commission de contrôle de 2019 de l’Autorité de l’aviation civile des Bahamas, mais Butler avait alors aussitôt menacé de fermer l’entreprise de 63 personnes  et même lui de démissionner en août 2019, ce qu’il s’était bien garder de faire en réalité. Son entreprise avait une fort mauvaise réputation en raison de la répétition de ses incidents. Ses avions avaient connu de sérieux problèmes en effet, dont un atterrissage train relevé (ci-dessous) ou un retour à la base un des moteurs en panne en 2016, rendant ses cinq passagers apeurés, et le plus notable le 13 juin 2013 avec son Saab 340B (C6-SBJ) un autre atterrissage fort brutal qui avait terminé après plusieurs rebonds au repliage, carrément d’une des deux ailes !!! Les deux pilotes à bord ne s’étant pas entendus, la piste étant invisible sous la pluie battante, avec l’essuie-glace du commandant de bord hors service ce jour-là, avait constaté le rapport qui avait suivi l’incident !!  Défaillance technique, incompétence des pilotes, météo exécrable, les ingrédients qui auraient pu tourner à une catastrophe bien plus grave encore. Ce jour-là, les 24 passagers avaient eu de la chance ! Plus encore pour chauffer davantage l’atmosphère locale : en aout 2019 Sky Bahamas avait carrément été expulsé de ses bureaux de l’aéroport par AOG Maintenance, et Butler avait bénéficié d’une injonction du tribunal condamnant AOG !!! En résumé, donc, le président d’une société d’aviation en extrême difficultés qui avait un lourd passé de malversations financières se serait-il trouvé le pigeon idéal pour jouer les transporteurs de kilos de cocaïne rémunérateurs ??? On peut y songer en effet. A noter que Southern Air Charter a vu aussi sa carrière émaillée d’incidents d’atterrissage, comme celui des son Beechcraft 100 le 9 mars 2012 à Deadmans Cay sur Long Island ou plus anciennement celle de son Beechraft 1900C N79YV le 22 octobre 2004.

Pariculièrement bien camouflé

Le 8 août, Hernán David García Perozo, général « 3 soleils, le nouveau responsable vénézuélien du Codai  (Comando de Defensa Aeroespacial Integral) fait une autre révélation sur son compte Twitter : a été découvert selon lui par ses troupes, dissimulé et camouflé sous de la végétation rapportée, sur le seuil d’une piste improvisée située au sud du lac Maracaibo, un énième avion s’apprêtant à partir, ou tout comme. Comme à son habitude, le régime s’empresse de brouiller les photos en les lardans de divers sigles (CEOFANB), mais malgré cela et après quelques nettoyages on découvre qu’il s’agit d’un bimoteur, fort court, ramassé, au nez fuyant et fort bas et à l’empennage imposant en envergure. Les eaux environnantes laissent plutôt entrevoir un avion en cours de démantèlement avant un enfouissage. En tout cas, la zone où il est exposé a été largement aplanie au bulldozer ou à la niveleuse. On songe à un Embraer EMB-121 Xingu, mais son empennage horizontal est plus en angle que celui émergeant des feuilles. Un bon candidat aurait pu être le PT-FEG, mais il aurait fallu faire des prouesses pour le refaire voler… il s’était en effet vautré en effet à Campinas au Brésil le 2 avril 2019, « damaged beyond repair » ! L’été dernier, un modèle du genre avait été découvert incendié au Guatemala un Xingu II, le PP EIJ brésilien, alors un nouveau venu parmi la gamme d’avions transporteurs de coke… L’autre appareil à empennage norizontal large et haut et le Piper PA-42 Cheyenne III, la courbe de son nez pouvant avoisiner la partie visible sous les feuillages, mais l’avion est moins ramassé sur lui-même. La dernière supposition étant un Beech F90 « high tail » de 1979 (l’empennage des Beech 200). Encore un mystère à élucider, donc ! La situation n’est pas sans rappeler le cas du Hawker N966RJ de JetSteam Inc, numéro 257129 (lire ici), celui retrouvé dissimulé sous des branchages au Venezuela dans un parc naturel portant le faux numéro  N818LD (ici à droite).

L’avion tout droit venu de la série TV Narcos !!

Quand ce ne sont pas de vieux Hawker que l’on sacrifie pour un dernier voyage, ce sont des Gulfstream, tout aussi anciens. Le 11 août; l’armée bolivarianne pose devant un gros biréacteur incendié, prêt à décoller au bout d’une très longue piste de terre. Un autre cliché vu d’hélicoptère révèle que l’appareil incinéré était effectivement en phase de décollage, et qu’il sortait surtout des frondaisons, via un chemin le menant à l’abri des arbres… un cliché (ici à gauche) plutôt saisissant, montrant ces préparatifs très élaborés des trafiquants. Non seulement ils construisent au bulldozer des pistes énormes, mais ils songent aussi à y dissimuler dans les abords des avions de taille respectable (le GIII de chez Grumman fait 23,72 m d’envergure !).

Ce n’est pas un Hawker, cette fois, mais bien un autre habité des missions kamikazes à coke : c’est effectivement un bon vieux Gulfstream GIII (G-1159A) datant des années 80. Plus exactement, l’examen de son empennage et de son fuselage arrière intacts laisse entrevoir les couleurs du N200SK de Ford Electric Co, à Cheyenne (Wyoming), ici à droite,  devenu le 23 août 2017 le XB-OZA au Mexique (ici  à gauche) lors de son achat par le dénommé Rafael R Ramirez. Un (gros) avion ancien (il atteint 31 615 kg à pleine charge; la piste de terre qui le reçoit a intérêt à être bien damée !)) : celui-ci est âgé de 41 ans et il est banni des cieux US depuis 2015 car il n’est pas équipé de « Huskits » sur ses Rolls-Royce Spey pour le rendre plus silencieux (il file néanmoins les 928 km/h maxi) ! Jusqu’ici, on est dans ce qui est devenu l’ordinaire des vols de cocaïne, un trafic de drogue devenu tellement courant quil a eu  droit à sa série TV à grande audience sur Netflix, intitulée Narcos. On sait que l’un de ses préparateurs chargé des repérages (Carlos Muñoz Portal) a été froidement assassiné par des narcos, le 11 septembre 2017 à San Bartolo Actopan. Ils avaient dû considérer ses trouvailles de décor trop proches de la réalité (il préparait la saison 4). Or justement, l’avion du jour, le XB-OZA figure dans un épisode de la série Narcos Mexico, déclinaison de la première, comme on peut le voir ici à gauche dans ce cliché publicitaire pour la série ! Quand la réalité rejoint étrangement  la fiction !! (la série est grosse consommatrice d’avions et d’hélicoptères, répertoriés en partie ici).

L’été, comme le précédent a été chargé, donc… et il n’est pas non plus encore fini; on peut s’attendre à d’autres surprises, hélas. Et tout ça sans avoir évoqué le cas du Brésil que nous allons examiner dans le prochain épisode de la série …

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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