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Coke en stock (CCCXII) : un petit rappel salutaire

Comme promis précédemment, on quitte quelques jours le Brésil. En juin dernier c’est un véritable coup de tonnerre qu’a provoqué un article de presse en Côte d’Ivoire. Paru dans Vice, avec un titre de mauvais goût et bien trop provocateur le desservant, il mettait en cause une très haute personnalité du pays et accusait toute une industrie locale, celle de la musique, de blanchiment. Un article hélas critiquable (1) et qui me semble insuffisant, laissant de côté des pans entiers de l’histoire du trafic dans la région, mais qui reposait bien sur des faits intangibles : le trafic de cocaïne à bien rongé le pays, alors qu’il y a quelques années encore c’était son voisin la Guinée et son « prolongement » géographique la Guinée-Bissau surtout que l’on montrait du doigt comme mauvais exemple. La côte tournée vers l’Ouest davantage que le côté Sud de la zone. Visite guidée de la région ...

En 2012, rien ne laissait prévoir en effet la conclusion actuelle  de nos deux journalistes provocateurs. Dans son long panorama du trafic de cocaïne en Afrique de l’ouest Georges Berghezan (lire ici) du GRIP avait affirmé que le pays échappait alors au désastre… mais il avait semble-t-il quand même pressenti que ça pouvait changer dans les temps à venir :  « si les nombreuses années d’instabilité, couplées à une politique de sanctions et de surveillance inter- nationales, ont pu mettre la Côte d’Ivoire à l’abri du gros trafic international, il est encore trop tôt, d’une part, pour savoir si l’intérêt des narcotrafiquants pour le pays est en train de croître et, d’autre part, pour évaluer la politique du nouveau gouvernement en matière de lutte contre la drogue ». Le pays, alors quelque peu immunisé, semble donc avoir beaucoup changé depuis.

La Guinée-Bissau avant la Côte d’Ivoire

A l’époque, l’accent était plutôt mis sur la Guinée-Bissau, et son régime de colonels narcos (à droite Antonio Indjai, qui avait évincé José Zamora Induta) , mais aussi et déjà la présence d’européens sur place faisant la navette, déjà, avec le Portugal, notamment avec un Cessna 402 bien répertorié. appartenant à une entreprise particulière, lié à l’affaire du Boeing retrouvé incendié au Mali et qui aurait amené à plusieurs reprises plus de 6 tonnes de coke d’un coup (on a suggéré 10 tonnes laissa semble excessif). On recherche alors son propriétaire : « qu’est devenu Ibrahima Gueye ces derniers temps est une bonne question, car personne ne sait vraiment. Il n’est plus venu au Mali depuis plusieurs mois. Ce qui lui est reproché est d’avoir affrété au moins le boeing de Tarkint et d’avoir en partenariat avec Eric Vernay (en fait Vernet) et Ben Hako, inculpés depuis mars dernier, d’avoir fait poser des avions sans autorisation au Mali. En particulier, un petit bimoteur de 6 à 10 places, un Cessna 402 C, immatriculé J5-GTA (ici à Evora au Portugal le 18 septembre 2009) que la presse donne pour familier au Mali. Rien d’étonnant sauf que les célèbres « spotters » que sont Tiago Palla et Jaoo Mellim ont plusieurs fois photographié le même coucou avec le même numéro à l’aérodrome d’Evora, au Portugal en septembre 2009. » Un Cessna 402 ? Le type d’avion le plus employé par les « Mermoz du trafic de coke »  ??? Voilà qui est extrêmement intéressant ! Un Boeing d’un côté, du même modèle que celui retrouvé en miettes, et de l’autre le prototype même des petits avions ayant traversé l’Atlantique ses dernières années pour amener la cocaïne : serait-on tombé sur le « client parfait », celui capable de tout expliquer à cette déferlante de drogue ? avais-je écrit ailleurs en  2011. L’avion bien cerné, effectuait des rotations suspicieuses puisqu’on l’avait vu successivement au Portugal, au Cap-Vert, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Mali. Et il était du type même que ceux qui tenteront les premier d’apporter de la coke colombienne en Afrique de l’ouest en osant traverser l’Atlantique, une véritable prouesse sur ce type d’appareil (il fallait l’équiper de fûts supplémentaires de carburant en cabine). Et à ce moment-là, une nouveauté dans le trafic de cocaïne !

Les fameux »sacs de ciment » 

Le passage du Cessna 402 en Guinée Bissau avait été perçu comme un transporteur de biens étranges sacs expliqués comme étant des sacs de ciment, le mot codé pour éviter de dire cocaïne. Un bien étrange manège, avec alors des avions faisant la navette en provenance du Cap Vert ou du Sénégal, avait-on noté. « Le Monsieur débarque toujours à Bissau, mais aujourd’hui son arrivée est précédée par celle d’une unité militaire qui s’occupe de l’affaire et assure le transfert, manu militari, du « ciment » vers les véhicules militaires. Le Monsieur vient une fois par semaine dans un bimoteur chargé de sacs de »ciment ». L’opération militaire est régulièrement dirigée par un major récemment promu, homme de confiance d’Antonio Indjai, le nouveau chef de l’armée bissau-guinéenne (ici à droite). Cet officier a été arrêté, en 2009, dans la région de Jugudul, entre Bissau et Mansoa, accusé de transporter de la drogue. Il n’a jamais été mis en prison ni jugé et garde toute la confiance du chef de l’armée ». Exactement ce qu’on avait décelé lors de l’affaire du Gulfstream débarqué inopinément le 12 juillet 2008 (et mis en vente depuis !).  L’armée de Guinée-Bissau était à la tête du trafic, cela ne faisait aucun doute !

L’avion par lequel tout avait commencé

Le J5-GTA a été retrouvé abandonné à Évora – LPEV au Portugal, arrivé pour l’une des dernières fois sur place vers 2008 selon le célèbre bloggeur et spotteur Badges. C’était l’ex N1233T de 1984 arrivé en Angeterre en 2007 après qu’il ait été revendu le 12 avril 1984 par Ryan Air Service Inc à Anchorage en Alaska, et photographié ici à Gibraltar, la société nouvelle propriétaire y résidant. C’était un exemplaire typique en fait ; un avion qui aurait dû cette envoyé à la casse et acheté très bs coût par les trafiquants. Envoyé en en effet démonté par container, il n’avait pas dû coûter très cher, car il avait subi un accident le 8 octobre 19!6, celui du repli de son train principal droit ainsi expliqué : « la goupille de roulement et le fil de sécurité qui retenaient le pignon d’atterrissage principal épingle de tourilon avant ont été cassés et la goupille de tourillon avant sur le pignon d’atterrissage principal droit a été trouvé « sauvegardé « , libérant donc le tourillond’atterrissage principal droit ». Le même problème surviendra à nouveau le 3 octobre 2016 ) Oulu avec le Cessna 406 OH-OTL à Oulu Airport oen Finlande. La filière « alaskane » des avions en mauvais état soldés pour une bouchée de pain, était organisée on l’a vu par Martin Rapozo Villacencio, le fournisseur attitré d’avions aux narcos boliviens (confirmé par Wikileaks), et l’un des piliers « technique » du trafic intercontinental qui se mettait en place. L’une de ces ventes d’Aklaska ayant été retrouvée en… Amazonie : son Cessna « terrestre » (il vendait aussi des hydravions !) ex N9497, acheté lui aussi en Alaska, se promenait en effet en janvier 2015 encore sur l’aéroport de Trinidad dans le département amazonien de Beni, (en Bolivie).

 

Les Bijagos en ligne de mire

Ce Cessna avait été éclipsé en 2008 par un autre type d’avion, un jet, cette fois, lui aussi impliqué dans le trafic. C’est également un avion-phare du trafic intercontinental vers la Guinée-Bissau et l’archipel des Bigagos où les trafiquants avaient pignon sur rue, déjà, des colombiens gérant sur place des petites pistes pour Cessna ou vieux Antonov AN-2 biplans (ici à gauche), la mule aérienne locale. Dans la liste que fournira la Guinée-Bissau en 2009 des avions interdits de vols, figure justement  un Antonov 2, celui d’Astravia Bissau, immatriculé J5-GAC (ici à droite) dont c’est le seul avion. Il effectuait le trajet vers les Bijagos pour les touristes.

Il a été observé que les trafiquants utilisaient un Antonov de ce type dans le secteur.  Les autorités de Guinée-Bissau interdisaient aux touristes de le photographier !!! Le passionnant reportage de Special Investigation sur l’arrivée d’un jet bourré  de coke avait démontré images à l’appui cette forte implantation colombienne en Guinée-Bissau. Il regorge de détails saisissants sur le rôle fondamental joué par l‘archipel des Bijagos (2)  « un paradis sauvage hors du temps »déjà devenu fief narco à l ‘époque.

Réinventer la roue en redécouvrant un trafic déjà décrit

cockpit of a Piper PA-28 Cherokee aircraft, aerial view from Bubaque islandOn trouve trace de ce trafic plus tôt, déjà, dès 2005, en effet en Guinée-Bissau (ici à gauche le survol de Bubaque par un Piper PA-28 Cherokee), la plaque tournante de l’entrée de la drogue en Afrique comme l’avait très bien expliqué Alexandre Schmidt, le représentant régional pour l’Afrique occidentale et centrale pour l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime: « en avril 2005, la police judiciaire de Guinée-Bissau a investi un établissement situé dans l’archipel des Bijagos, saisissant un chargement de cocaïne transitant par ce pays. Un entrepôt, qui avait été utilisé pour expédier la drogue quiavait comme couverture un dépôt de transformation du poisson. Sur place, des ressortissants espagnols, vénézuélien et colombien ont été arrêtés avec 18 kilos de cocaïne, de la trésorerie et des armes. Le groupe utilisait une petite piste d’atterrissage clandestine pour aider le trafic de drogue en provenance d’Amérique du Sud vers l’Europe, en utilisant la Guinée-Bissau comme une zone de transit. » Elle est ici  à droite visitée par Spécial Investigation. « C’est la première fois que le trafic aérien est mis en cause. « Avant, dans les années 90, c’était le container maritime qui avait servi à introduire la coke en Afrique de l’Ouest. C’est qu’indique un rapport de 2011 « Les endroits idéaux d’hébergement pour du stockage et la redistribution du trafic de drogue étaient des petits pays stables, gérés par des institutions faibles et souvent contrôlés par les élites corruptibles. D’autres considérations comme la proximité géographique au Nigeria, l’unité culturelle de la population Yoruba, le fonctionnement d’un important port desservi par des routes commerciales transatlantiques font du Togo le premier emplacement pour la nouvelle route de la cocaïne. Les premiers envois à grande échelle de cocaïne exploités conjointement par les organisations de trafic de drogue latino-américains et européens avec l’aide des réseaux Afrique de l’Ouest a probablement commencé au Togo autour de la fin des années 1990. » 

Cela, on va en effet le vérifier un peu plus loin avec un trafiquant emblématique de la période. Sur une carte on constate que c’est plutôt sur le côté Est de la côte africaine que le trafic s’est concentré, le Togo ayant déjà perdu de son influence et la côte d’ivoire restant vierge de toute saisie en 2011 encore :

C’est en étudiant l’historique du trafic que l’on s’aperçoit donc que ce nouvel article n’apporte rien de neuf, à vrai dire, de ce que l’on savait déjà, à part le fait qu’un pays jusqu’ici épargné s’est gangréné en peu de temps. Derrière ce trafic, ou plutôt aux deux bouts, il y a toujours eu en effet des colombiens et des mafieux italiens de la Ndrangheta calabraise. Et au milieu le Nigéria, et les Yorubas, une ethnie qui a payé un lourd tribu à la traite négrière, dont une partie est disséminée en diaspora jusqu’en Amérique du Sud, ou à Cuba, et qui sert de relais entre continents. Un trafic qui a commencé par bateaux et par container, vers le Togo surtout, grâce à un trafiquant fort efficace (voir plus loin dans ce chapitre) .« Cette estimation est basée sur la mesure dans laquelle les réseaux avaient évolué en l’an 2000. Selon les dossiers  de l’opération Decollo menée par le Bureau du Procureur général italien anti-mafia, de 2000 à 2004 les familles calabraise Mancuso et  de la Ndrangheta ont livré plusieurs centaines de kilos de cocaïne de Colombie via le Togo le port de conteneurs de Gioia Tauro,  au sud de l’Italie. Le premier envoi de quelque 430 kilos de cocaïne en provenance de Carthagène (Colombie) via Lomé (Togo) qui est à seulement trois heures de Lagos, la capitale commerciale du Nigeria, en voiture (avec un trafic de voiture à Lagos normal). Les Yorubas sont l’un des principaux groupes ethniques du Golfe de Guinée, du Nigeria au Bénin et au Togo. La diaspora Yoruba est aussi présent dans les Caraïbes et en Amérique du Sud (au nord du Brésil). Le dernier arrivage de 250 kilos a eu lieu en janvier 2004. Dans ce cas, la cocaïne était dissimulée dans quels conteneurs contenant des billes, du cuir, du plastique et des boîtes de thon ». 

Extension vers l’Ouest à partir de 2005

Un trafic qui a essaimé et remonté progressivement vers l’Ouest, en partant du Togo, vers le Bénin, le Ghana, en évitant donc la Côte d’Ivoire et en s’étendant davantage vers les deux Guinées, mais aussi, déjà le Sénégal, où le début du tourisme de masse fait pulluler les boites de nuit et la prostitution. C’est là qu’un policier français bien connu (Michel Neyret) prendra régulièrement ses quartiers d’hiver, travaillant sur place ses liens avec la mafia française. On retrouvera 111 kg de cocaïne à Neuilly en 2010. Lire ici l’épisode  « Coke en stock (LVI) : de « Saly Vice » à Neuilly » (et son  étonnante  suite). L’occasion de se rappeler un autre élément constitutif du réseau reliant Colombie et Moyen-Orient cette fois,, survenu en 1999 avec l’affaire du Boeing 727 du prince Nayif bin Fawwaz al-Shaalan al-Saud, surpris au Bourget avec pas moins de deux tonnes de cocaïne à bord. « Le 16 mai 1999 le Boeing 727 atterrissait au Bourget, et les deux tonnes de drogues étaient débarquées discrètement à Noissy-le-Sec dans la résidence française du prince saoudien. La police française en retrouvera 800 kilos seulement. Pour obtenir la drogue, il avait rencontré directement Oscar Eduardo Campuzano Zapata, Juan Gabriel Usuga Norena et Carlos Alfonso Ramon Zapata -les membres du cartel de la drogue de Medellin-, à Marbella, où le roi Fahd possédait une énorme résidence. Les princes saoudiens, de vulgaires trafiquants ? Pour des bloggueurs ayant de l’humour, c’est bien la « French Deconnection » !! !

A droite la petite piste de terre située juste derrière Saly, le haut-lieu de la villégiature sénégalaise, qui a out d’une piste « narco » La première incursion par les Latinos guidée par les réseaux nigérians en Guinée Bissau peut être retracée à 2004, lorsque des Latinos ont ouvert une usine fictive de transformation de la pêche dans les îles Bijagos. Plus que probablement, cette évolution est liée aux contacts d’affaires de l’entourage corrompu du président Lansana Conté en Guinée, la défunte Conakry, avant 2004. Simultanément, les rumeurs sur le trafic de cocaïne à grande échelle via la Mauritanie Impliquant des proches PEP (les «  personnes politiques exposées ») a commencé en 2005. à la mi-2006, l’autoroute N°10, qui est devenue pleinement opérationnelle comme le prouve le nombre croissant de saisies de cocaïne en Europe facilitées par des ressortissants ouest-africains et le nombre croissant d’interceptions de grandes cargaisons de cocaïne ». Selon le Drug Report Word 2010 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, quelque 25 tonnes de cocaïne d’une valeur d’environ 6,8 milliards de dollars (prix de détail) sur les marchés européens de destination provenaient du trafic à travers l’Afrique de l’Ouest en 2008 » .

En 2013, des articles de presse décrivaient la reprise du trafic de cocaïne « à nouveau », à Gioia Tauro. Avec toujours aux commandes la même Ndrangheta ! En 2014 on y saisissait à nouveau 234 kg de cocaïne d’une valeur de 47 millions d’euros à bord d’un  cargo, la drogue était cachée dans un conteneur transportant des bananes venues de l’Equateur ! « l‘agence antidrogue italienne a estimé que 80% de la contrebande de cocaïne en Europe était livrée d’Amérique du Sud vers le port de Gioia Tauro, supposément sous contrôle de la « Ndrangheta, » un syndicat puissant basé en Calabre ». Cinq ans après, même scénario ! 

Le déplacement vers l’Ouest (et le Sénégal)

Et ce n’est pas fini : le 7 juin 2008, plus grosse prise encore avec l’arraisonnement au large du vieux cargo Opnor, en très mauvais état (il datait de 1961 !), battant pavillon panaméen, véritable épave flottante, intercepté avec 3,7 tonnes de cocaïne à bord par la marine espagnole, visiblement très bien renseignée : il s’apprêtait à descendre tout son chargement via des pirogues sur le rivage, au même endroit, sur la plage de M’bour, décidément haut lieu du trafic dans le pays. Le bateau était parti du Venezuela, mais avait fait un détour par le Antilles néerlandaises. Son capitaine était hollandais et à bord il dispose de quatre marins ghanéens. Dès 2008, certains tirent donc la sonnette d’alarme au Sénégal : la circulation de la drogue y est devenue en à peine deux années dantesque. Un rapport de l’ONU indique que le Sénégal est bel et bien devenu une plaque tournante du trafic, après son voisin de Guinée Bissau, alors en pleine tourmente politique. En interview, Antonio Matzitelli, représentant régional de l’office contre la drogue et le crime en Afrique centrale et de l’Ouest, le précise sans ambages le 30 janvier 2009, en affirmant clairement que le gouvernement sénégalais est dépassé et que « les trafiquants de drogue infiltrent la machine Etatique » : Tout d’abord les droguesarrivent en grande quantité par des avions privés. Et une fois arrivées sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest, elles sont stockées dans les entrepôts des trafiquants. Et de plus en plus, les trafiquants étrangers travaillent avec des partenaires locaux qui, avec l’argent de leurs prestations de service, achètent eux-mêmes des quantités croissantes qu’ils réexportent en grande quantité dans des containers par bateau ou par voie terrestre. Une autre partie de la drogue, du reste beaucoup moins importante, est exportée par courrier.  C’est ce qu’on appelle les « mules », c’est-à-dire, les individus qui sont souvent contactés sur place par des organisations criminelles locales et qui transportent dans les 400 grammes de drogue. Le plus souvent, ils le cachent à l’intérieur du corps ou dans leurs bagages. Ce réseau de « mules » se développe surtout au niveau des aéroports qui ont des vols internationaux.
Le Sénégal étant dans ce cas, enregistre un passage croissant des « mules ».

En juin 2019 on trouve 788 kilos de coke dans un cargo RORO arrivé à Dakar, dissimulée dans 15 voitures Renault Kwid qu’il transportait.
Il venait directement du Brésil. Quelques jours avant, 238 kilos avaient déjà été saisis, transportés de la même façon (mais découverts dans le système de ventilation du navire). Les deux cargos incriminés, le Grande Nigeria et le Grande Africa appartiennent à Italian Grimaldi installée à Paranagua, au sud Brésil. Coût pour Grimaldi : 9 millions d’euros de perte : « la Douane a autorisé la mainlevée de la saisie sur les navires « Grand Nigeria » et « Grande Africa » dans lesquels avait été découverte la drogue saisie au Port de Dakar. Selon Libération, les deux bateaux ont quitté les eaux sénégalaises après avoir payé 6 milliards à la Douane (9 146 917,62 euros) qui a renoncé à toute réclamation contre Grimaldi ». 

Un gang dangereux

Les responsables sont vite cernés : »très vite, les policiers de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) se mettent sur le coup. Plusieurs personnes sont arrêtées et interrogées, notamment des transitaires, des travailleurs du port, ainsi que le commandant italien du Grande Nigeria, un membre de l’équipage et un couple de jeunes Allemands qui voyageaient à bord. À partir de ces auditions et de numéros issus de téléphones qu’ils ont exploités, les agents de l’OCRTIS identifient trois hommes qu’ils considèrent comme les têtes du réseau au Sénégal : Amadou Gueye (le nom a été changé. – nota: ou le prénom seulement ???-), Ismaïla Ousmane Ba et Ibrahima Thiam, dit « Toubey ». Tous étaient présents à proximité du port le soir de la première saisie. Le premier, un Sénégalais installé en Italie, a repris l’avion dès le lendemain et est toujours recherché. Le second, Ismaïla Ousmane Ba, un Français d’origine sénégalaise (il est né à la  Seyne-sur-mer) qui fait de l’import-export entre les deux pays, est cueilli le 20 août dans le quartier dakarois de Yoff après la filature d’un de ses « petits ». Le troisième, déjà connu des services de police pour son implication dans des trafics de voitures volées, a fini par se rendre quelques jours plus tard après une cavale qui l’a mené en Gambie et en Guinée-Bissau. Finalement, une enquête hors norme, dans les méandres d’un vaste réseau de trafic international de cocaïne qui s’étend du Sénégal à l’Europe en passant par le Brésil. Alertées par Interpol, qui a envoyé une mission à Dakar fin juillet, les polices de plusieurs pays travaillent aujourd’hui sur cette affaire. » Ismaïla Ousmane Ba « présente un lourd CV : entre 1992 et 2015, il a été condamné, en France, à plusieurs reprises, pour recel de biens provenant d’un vol, association de malfaiteurs, complicité de meurtre, trafic international de drogue etc. » A Dakar sa société (fictive) s’appelait Agro Market « une startup de jeunes étudiants »

« Pour rappel, la Douane réclame près de 243, 21 milliards de Fcfa en guise d’amendes. Dans le détail, Il s’agit, de 99, 227 milliards Fcfa pour les deux sociétés dans l’affaire de la première saisie de 238 kilogrammes de cocaïne et de 143,997 milliards Fcfa pour Grimaldi après les 798 kilogrammes saisis dans son navire « Grande Nigéria ».

Une drogue d’origine.. brésilienne : 

Je vous l’avais expliqué ici en octobre 2108 : le chemin était celui du Brésil comme point d’envoi essentiel vers surtout Giao Tauro en Italie. « Le danger principal que représente aujourd’hui le PCC, c’est en effet son organisation méthodique et surtout le fait de s’être charge de l’ouverture du marché européen initié par les colombiens, en liaison en Italie avec la mafia calabraise. De Bolivie, pour Marcelo Godoy Fuminho dirige désormais tout, « envoyant des armes au PCC ou remplissant les conteneurs dans les ports de Santos, Itajaí et Rio destination l’Europe ou armant des voiliers dans le nord-est pour envoyer de la cocaïne en Afrique et en Europe. Pour cela il s’était fait l’allié de la Ndrangheta, la mafia calabraise. En 2016, un voilier envoyé de Bahia par Fumiho a été saisi par la Direction antimafia de l’Italie à l’approche du port de Gioia Tauro, le port de conteneurs géant de la Calabre, en Italie du Sud. Il amenait  500 kilos de cocaïne dans un filet sous sa coque. » Gian Tauro porte de Calabre, étant une plaque tournante, comme on le sait, mêlant drogue par containers entiers, mais aussi des armes. La drogue souvent présentée comme « colombienne » est aussi passée entre les mains du PCC. En 2016, le porte-container MSC Poh Lin délivrait ainsi 83 kilos de coke (colombienne) à la Ndrangheta. En 2017, l’arrestation d’un groupe de mafieux calabrais annonçait  le transfert de 8 m3 de coke  pour 17,637 livres (8 tonnes !), dans les ports calabrais ! Le 28 octobre 2016 un porte container, le Rio de Janeiro, armé à Singapour, amenait pour 84 millions de dollars de cocaïne à Gioia Tauro : les paquets de coke avaient été jetés à la mer juste avants son arrivée au port, une pratique devenue courante : « les autorités ont déclaré que la drogue avait été jetée par-dessus bord dans un effort du gang du crime organisé calabrais, le Ndrangheta, pour éviter de vérifier les conteneurs entrants. Les drogues ont été déposées sur la côte pour être ramassées plus tard. Le plan n’a pas fonctionné, cependant, car les autorités surveillaient l’expédition, trouvant 385 kilos de cocaïne, emballés dans 17 sacs étanches, flottant en mer. La méthode est considérée comme assez délicate par les trafiquants pour contourner les autorités. La Ndrangheta est considérée comme l’un des réseaux criminels les plus riches et les plus puissants d’Europe. Le groupe a, entre autres crimes, joué un rôle clé, en partenariat avec les criminels organisés d’Amérique latine, dans la contrebande de stupéfiants vers l’Europe «  écrit l’OCCRP » Un transport pouvant prendre d’autres aspects inattendus ; en 2015 la police découvrait 49 kilos de coke dissimulée dans une cargaison d’encornets  congelés  (du «  totani »), provenant d’Argentine. En juin, 4 tonnes avaient été trouvées dans le même port de Gioia Tauro. La fois suivante, la cargaison de 43 millions de dollars était cachée dans des bananes provenant d’Equateur. Si Fuminho n’est toujours pas tombé, il n’en est pas de même pour d’autres leaders tel , Eduardo Aparecido de Almeida, alias « Piska » arrêté à Asuncion le 18 juillet de cet été. En le débusquant, dans son appartement de quartier de luxe de la rue Austria, entre Viena et Bélgica, on avait découvert ce dont on se doutait depuis des lustres : pour vivre incognito, Piska avait eu recours à l’aide d’un fonctionnaire de police  Carlos Alfredo Mendoza, qui lui avait fabriqué de faux papiers. » On constate ici le procédé des paquets largués en mer, attachés à une bouée…  à venir chercher par petit bateau de pêcheur le même procédé que celui dénoncé en Côte d’Ivoire par nous deux journalistes ! Un procédé universel (ici aux Philippines !).

Au départ, le trafic était maritime, exclusivement : «des apports des policiers indiquent donc l’achat et la remise en état des bateaux de pêche, des semi-épaves en Afrique de l’Ouest par les opérateurs latino-américains (à gauche découpe de vieux bateaux de pêche à Nouadhibou en Mauritanie) et leurs partenaires européens et africains pour les opérations de simple expédition. La gestion globale des opérations maritimes, le reconditionnement des chalutiers de pêche, et les relations avec les opérateurs portuaires et maritimes ont été souvent assignés à des ressortissants espagnols (galiciens en particulier) ONUDC, Rapport mondial sur les drogues 2010, (NY, NY: Nations Unies), Juin 2010, page 242) en raison de leur longue expérience et une présence partout sur les rives de l’Atlantique. Les équipages étant généralement constitués de Latinos et d’Africains de l’Ouest. » Ce à quoi s’ajoutent des cargos, qui lâchent leur contenu auprès des côtes, les ballots étant récupérés par des pêcheurs mis dans la confidence, ou par des voiliers dans laquelle la came est dissimulée, parfois jusque dans le lest de la quille pour déjouer les inspections. Celle qui voyage par container se dissimule dans des tas d’objets divers, jusque des fontaines en stuc ou des poutres de bois évidées, quand ce n’est pas dans des poêles à double épaisseur ou des bananes elles aussi factices. L’imagination, à ce stade, est sans bornes, on l’a vu. Pour ce qui est « galiciens » spécialisés, lire le chapitre « L’entrée en lice des « galiciens »  » ici dans l’épisode Coke en Stock (CCXLIV) : le chaînon manquant du trafic ou un autre Viktor Bout (e) « Le yacht en illustration est le  Wallstreet, intercepté en juillet 2018 aux environs des Açores à destination de la Galice, avec 1,5 tonne de coke à bord. Ses coccupants étaient… des croates (Vice Copic et Karlos Antoviz ) et un citoyen américain ( nommé pudiquement par la police R. P. H, en fait il s’agissait de Roberto Juan Price Huelín, installé à Malaga.

Installation dès 2005

« A partir de 2005, la répétition d’exemples de l’utilisation accrue d’avions pour les expéditions directes de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud à l’Ouest et des envois vers Afrique et le transfert de petits envois de cocaïne dans la région de Afrique de l’Ouest sont apparus. Bien que la preuve incontestée de routes aériennes directes d’Amérique du Sud à l’Afrique occidentale soit devenu seulement disponible en 2007, les informations collectées en Guinée et en Guinée Bissau datent l’ouverture de la route par air en 2005 et certaines données suggèrent les routes aériennes ouvertes, même avant 2005. En avril 2005, la police judiciaire de la Guinée-Bissau a attaqué un centre fictif de transformation du poisson dans les îles Bijagos, pour saisir 18 kilogrammes de cocaïne et une importante cache d’armes. Les autorités de la Guinée-Bissau afin arrêté trois en espagnol, deux du Venezuela, et deux ressortissants colombiens. Selon les informations mises à disposition par la Guinée-Bissau, le groupe a utilisé un petit avion pour déplacer les envois de cocaïne à partir de la Guinée-Bissau via Cap Skirring (au Sénégal) vers Las Palmas (Espagne) .Nota: c’est à Cap Skirring qu’officiait aussi le petit Cherokee 6V-AHY d’Aerotaxi d’ Olivier Moussiaux, (ici à gauche) pilote professionnel passionné et instructeur, -il possédait aussi le 6V-AIA-, qui a fini à l’eau en janvier 2011 juste en face de la plage de M’Bour. Bien entendu, Moussiaux n’est pour rien dans ce trafic, il était venu pour poursuivre son rêve de pilote, avoir sa société à lui pour pouvoir voler tous les jours.ou presque. Le passager (François Boucher) et ses deux enfants avaient été sauvés ce jour-là par les piroguiers locaux.

Aux Bijagos, le trafic était donc déjà bien installé. « L’opération a utilisé un petit aéroport clandestin, situé près de l’installation décrite, pour aider à transporter les expéditions. Un an plus tard, après avoir suivi des rapports par les médias nationaux et internationaux des débarquements clandestins et la saisie d’un camion chargé de carburant d’aviation dans la forêt près de la frontière avec la Guinée, le chef d’état-major de la Guinée-Bissau, le général Tagme Na Waye a annoncé, l’installation d’artillerie anti-aérienne dans les îles Bijagos. .Selon Tagme à l’époque, « Tout avion détectée dans cette zone sans autorisation sera abattu » À compter de 2007, la police des deux côtés des autorités de l’Atlantique a commencé à rapporter des saisies de cocaïne destinées à l’Afrique occidentale impliquant l’utilisation d’avions. En juin 2007 2,5 tonnes de cocaïne à bord d’un avion à destination de la Sierra Leone ont été saisies par le Venezuela. Le rapport « International Drivers of Corruption A Tool for Analysis: A Tool for Analysisde l’OECD décrit ce transfert page 56. « Les contrebandiers présumés se préparaient à le charger un avion privé à destination de la Sierra Leone, a dit Rojas Figueroade l’Agence bolivarienne d’information. Il n’a pas dit commentles autorités avaient appris la destination de l’Afrique de l’Ouest, une façon courante pour la cocaïne colombienne à destination de l’Europe. Quatre officiers de police qui ont aidé à transporter le cocaïne sur le tarmac de l’aéroportété détenus en même temps qu’un garde de sécurité de l’aéroport et de quatre étrangers, dont un américain, deux Mexicains et un habitant du Sierra Leone nationale, à précisé Rojas Figueroa ». Dans le livre « Cocaine Confidential: True Stories Behind the World’s Most Notorious Narcotics » de Wensley Clarkson on en apprend un peu plus sur ce vol, qui devait se faire avec un Grumman Gulfstream. La police des deux côtés de l’Atlantique pensait que les cartels volaient en jets d’affaires Gulfstream , dont certains sont donc utilisés comme moyen de transport par les barons de la cocaïne eux-mêmes et ensuite étaient par eux à des trafiquants ».

Arroser largement, pour avoir la paix

Pour que cela fonctionne bien, il avait fallu mettre en place quelques principes simples. Le premier étant la discrétion monnayée sur place avec les autoctochnes selon un principe mafieux classique. « Marco explique: «Les grands noms aiment venir ici maintenant et encore et habituellement ils arrivent à l’improviste sur un LearJet , qui est ensuite renvoyé pour ramasser de la coke en Amérique du Sud, puis arrive de retour en Afrique du Sud pour ramasser le chef de cartel lors du vol de retour. Ces gars-là ne veulent pas perdre de l’argent si ça peut aider. La dernière fois que même les autorités ont arrêté un Gulfstream en Afrique de l’Ouest , il était de retour en 2007 alors qu’il essayait de quitter le Venezuela, en direction de la Sierra Leone. «Je travaillais pour les Colombiens et j’ai été leur représentant en Afrique de l’Ouest pendantdix-huit mois», explique Marco. «Fondamentalement, mon travail consistait à garantir que les aérodromes où les avions débarquaient thèse étaient prêts pour leur arrivée. Ce qui impliquait de transporter beaucoup de dollars afin de soudoyer avec les gens. Souvent, cela m’amenait à, devoir payer tout le monde des enfants locaux dans le village jusqu’aux les flics dans la station de police la plus proche pour assurer que les avions ne seraient pas gênés. A un moment, j’avais quatre aérodromes différents sous ma coupe. Les habitants étaient si habitués aux avions qui entrent et sortent qu’ils ne les remarquaient plus. L’essentiel pour moi c’était d’éviter toute interférence avec les vols. Il y a eu un problème avec un prêtre local au Ghana, qui a qualifié les vols «d’avions du diable ». Mais je l’ai retourné après qu’il ait écrit un article pour le journal local. J’ai fait un grand don à sa caisse de l’église et je n’ai plus jamais entendu un seul mot de plainte après »… On le voit, dès 2005 de fort mauvaises habitudes ont été prises : les narcos arrosent beaucooup, pour avoir la paix, comme à leur habitude partout ailleurs (et en Italie !)!

Mais tout cela ce n’est rien encore avec la déferlante d’avions qui va suivre les années suivantes dans l’Afrique de l’Ouest, comme on va le voir…

 

(1) pour avoir laissé trop de place à des témoignages pris à la volée. Il manque singulièrement de recul et d’analyse, sinon de profondeur. C’est du Vice en fait : le choc des mots avant tout. Provoquer, pour attirer le chaland. On en arriverait presque à préférer une reportage de Paris Match avec plus de poids aux mots… et de meilleures photos. Pour moi, c’est une enquête bâclée faite en laps de temps trop court, et un résultat préjudiciable ; le fait de mettre ainsi en cause un ministre devient suspicieux, car on peut peu toujours penser que l’homme, sur place un présidentiable, possède de solide ennemis prêts à tout pour l’écarter. Y compris tenter de le compromettre. Le fameux titre racoleur contre lequel je m’insurge ? « Comment votre conso de coke fout la merde en Afrique de l’Ouest », qui inclut donc le lecteur dans la consommation de cocaïne !!! Désolé, mais ça n’est pas le cas de tout le monde ! Et que dire du lancement : « si vous aimez sniffer, et que vous comptez bien y aller de plus belle avec le déconfinement, voici un petit retour à la réalité pour vous : le trait de coke que vous appréciez tant ne fait pas seulement des ravages dans votre nez, mais aussi en Afrique de l’Ouest. VICE est parti en mission à Abidjan, ville portuaire et capitale économique de la Côte d’Ivoire, mais aussi haut lieu stratégique du trafic de cocaïne. » C’est vraiment un style d’écriture à la mode, pour faire branché, et pour tout dire assez putassier comme méthode de racolage littéraire ! Comme l’est aussi l’interview de « l’escort-man » présenté comme l’un des mignons du ministre !

(2) l’archipel joue le même rôle pour la Guinée-Bissau que Sao Tomé & Principe pour la Guinée: lire ici ce qu’y s’y passait en 2011.

 

Sur la Guinée-Bissau ;

le rapport fondamental :

https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/SpecialReport-Guinea-Bissau-JUN2013-EN.pdf

http://graphics.thomsonreuters.com/13/07/GUINEA-STING.pdf

https://www.files.ethz.ch/isn/184921/VanRiper_monograph_Final.pdf

Général :

http://www.securitycouncilreport.org/atf/cf/%7B65BFCF9B-6D27-4E9C-8CD3-CF6E4FF96FF9%7D/WA%20Cocaine%20Trafficking%20(UNODC%20Sit%20Report).pdf

https://www.ecoi.net/en/file/local/1272197/1930_1360237038_drug-trafficking-westafrica-english.pdf

http://www.wacommissionondrugs.org/WACD_report_June_2014_english.pdf

sur la Ndrangheta :

https://www.cambridge.org/core/journals/international-annals-of-criminology/article/between-local-and-global-the-ndranghetas-drug-trafficking-route/C3996BE6CBABCB974526B2DD9DF8FFC6/core-reader

https://www.legal-tools.org/doc/860cff/pdf/

autre document

https://narco133.rssing.com/chan-10578909/all_p1.html

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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