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Coke en stock (CCCVII) : de la coke, des hélicos, des machines à sous… et Bolsonaro !

Les arrestations se sont donc succédées au Brésil durant l’année 2019, avec en vedette les sempiternels Beechcraft Baron 58 et des hélicoptères dont des « Esquilo » fabriqués sur place, on le rappelle. Avec parfois les deux pris ensemble, comme on va le voir. Des hélicos prisés par les narcotrafiquants qui sont des mafieux dont la drogue n’est pas la seule source de revenus : les salles de jeux clandestines et les casinos de l’ombre situés à la frontière bolivienne sont aussi au cœur du même réseau, comme le sont des policiers véreux ayant sombré dans les délits voir les assassinats.  Ce qui nous amène… à la famille présidentielle actuelle, eh oui, hélas !!!

Avoir du flair… et quatre pattes

Le 15 novembre 2019, sur l’Aéroclub de Manaus,  avenue Professor Nilton Lins, bairro Flores, à Manaus, on a le droit à une visite impromptue à quatre pattes  avec un chien renifleur qui piège d’emblée un avion de type Beechcraft Baron immatriculé PR-LAA, une belle machine. C’est le TH-663 enregistré ke 17 juin 2011 au Brésil, c’est l’ex N3AD de Net Aviation Inc dans le NantucketL’avion aurait atterri quelques instants seulement avant l’arrivée en hélicoptère de l’équipe de police (avec le chien !) à l’aéroclub, vers 14 heures; mais le pilote et le propriétaire de l’avion, présent sur place, ont déjà quitté les lieux, hélas. Ils ont dû se sentir piégés (ou l’hélico a fait trop de bruit) et ont décidé sur le champ de prendre la poudre d’escampette, laissant leur avion chargé à mort de drogue. Quelqu’un les aurait-il avertis ? Les deux personnes ayant fui étaient « connues », selon la police. La scène de l’inspection canine, filmée de bout en bout tourne à la démonstration de dressage, avec un berger allemand prêt à ouvrir lui-même les coffres de fuselage du Beech. L’avion est rempli de cartons contenant des pains de drogue : le total fait en effet 700 kilos ! Selon la police la drogue à bord, de deux sortes, pouvait provenir de Colombie (pour la marijuana skunk, qui a comme particularité de multiplier par cinq le risque de psychose, avec des délires et hallucinations par sa force en THC ! ) et du Pérou (pour la cocaïne). Voilà un avion qui voyagerait beaucoup ! Et un chien qui peur poser fièrement devant sa prise ! Double ration assurée pour lui !

Noël avant l’heure à Piaui

Le 10 décembre, c’est double fête et Noël avant l’heure pour le le Groupe de répression du crime organisé (GRECO), le bataillon d’opérations spéciales (Batalhão de Operações Policiais Especiais ou BOPE avec son fanion à tête de mort), la Division des opérations spéciales (DOE) et le quartier des stupéfiants (DEPRE).

Dans le nord de Teresina, à Piauí, une longue enquête menée par les quatre représentants des forces de police a payé puisque l’on vient de saisir en même temps un avion et un hélicoptère et… plus d’une tonne de coke (sans compter celle qui était restée dans l’avion qui n’avait pas été complètement déchargé à l’arrivée des policiers !!! C’est la plus grosse saisie de l’Etat : champagne pour tout le monde  !!! Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont trois pilotes d’avion, deux déjà avec des dossiers judiciaires derrière eux à Pernambuco. (Pernambouc) Dont João da Cruz Marques, qui a été garimpero (voir ici ce que c’est). Les autres prisonniers sont originaires de Bahia et du Pará. Tous habitaient dans trois résidences alentour qui avaient été louées. Le but était de conduire la drogue de Bahia à Fortaleza pour la charger dans des bateaux, destination l’Europe. Teresina ne devait être qu’une simple étape : le bail de leur logement expirait au bout de 10 jours. L’hélico capturé est un superbe Ecureuil (« Esquilo », là-bas) immatriculé PR-BBB, un Helibras AS-350 (il a été fabriqué au Brésil par la filiale d’Eurocopter), posté à Bacacheri, c’est le N°4164 enregistré depuis le 21 mars 2007 au Brésil. L‘avion est le Beechcraft Baron 58 PR-WFT de 1999 (le N° TH1883, ex N388LL) en très bon état, qui avait été vu en vente en octobre à Sorocaba pour 550 000 dollars, ce qui peut paraître plutôt élevé (ci-dessous).

Piaui a déjà été cité ici, notamment pour sa revente d’appareils saisis à des narcos et cédés à bas prix aux enchères… alimentant ainsi le système des trafiquants !!! Certains rachetés par des brokers américains, ravis de l’aubaine, tel le N918DT de Joao Malago un des avions de sa société North Atlantic Aircraft Services fournisseur récurrent d’avions aux narco-trafiquants !). Repassé chez Cirrus en 2019, il a été racheté le 3 avril dernier par l’obscur Pilot Discretion LLC d’Eric Davis et David J Mcaffee qui n’augure rien de bon sur son avenir… La société possédant aussi un Beech Bocanza VTail, le N8834M… à ne pas confondre avec un autre N918DT, un Cessna 210N (5785) qui lui est bien devenu… brésilien, en PP-BEN… Ici un bon reportage télé visuel sur la prise de l’hélico et de l’avion.

Fin 2019 on termine l’année brésilienne en fanfare à Comodoro, à 677 km de Cuiabá dans le Mato Grosso. Avec un beau plantage, le nez dans l’herbe, d’un vieux Cessna 206 qui annonce tout de suite d’où il vient, celui-là puisqu’il est immatriculé CP-1660. A savoir… de Bolivie. Une immatriculation qui nous dit quelque chose : « en  2014, la société de Loredo avait fait reparler d’elle, une nouvelle fois, avec un autre appareil, le Cessna 206, CP-1660, datant de 1981. L’avion avait subitement disparu pendant une semaine, emmené par un  pilote brésilien identifié comme étant Moïse Dos Santos Coinete, qui avait été arrêté à Capitan Bado, accusé d’avoir « emprunté » l’aéronef exploité comme avion-taxi.  L’avion (ici à droite) avait été retrouvé à Ype-Jhu, dans le département de Canindeyú, à la frontière avec le département d’Amambay » (au Paraguay donc).  Un Laredo déjà en cheville avec des brésiliens : « le fameux Laredo était revenu aux affaires, semble-t-il, avec une belle casserole familiale : en 1998, déjà, il a avait en effet été impliqué dans un trafic aérien de drogue  sur la piste même de l’Aéroport de San Ramón (Pérou), avec… un Cessna, immatriculé CP-1816, en cheville avec le trio d’une bande de trafiquants brésiliens : Edwin Douglas Limalobo Dorado (Cholo) et son frère Oscar Eduardo Limalobo Dorado (Borola), ainsi que Richard Ruiz Rojas.  Le pilote étant un dénommé Rubén Villavicencio Villavicencio… » Et les avions ceux importés par container le plus souvent par Martín Rapozo Villavicencio (de l’Alaska par exemple !), des avions comme le CP-1806 ici ayant eu tous des accidents et retapés à coups de massue et de rivets !!! Devenu une star de l’importation il avait eu droit à une parution Wikileaks…

Cette fois, il a tenté se poser dans une ferme au bord de la rivière Guaporé dans laquelle on va trouver un bel arsenal : 6 armes à feu; dont un fusil de calibre .308, un fusil de chasse de calibre 12, un pistolet de calibre .22, trois revolvers de calibre .38 et un de .22, plus des lots de cartouches. Au total, 436 emballages d’un kilo de cocaïne-base sont découverts çà l’intérieur du 206, étalés ensuite par la police autour de l’avion (ici à gauche). En voyant la police arriver, le pilote et le copilote ont réussi à sortir de l’avion et ont fui à travers les bois. A côté de l’avion une petite Fiat Strada attendait d’être chargée : pas sûr qu’elle aurait pu tout transborder ! Le responsable de la ferme, arrêté, avoue qu’il devait recevoir 30 000 reais (environ 5000 euros) pour autoriser chacun des atterrissages et décollages des avions chargés de drogue sur son terrain. Une troisième personne qui assurait également la sécurité des lieux est également arrêtée. Une deuxième voiture, une Fiat Uno (ces narcos ne roulent pas en SUV !), a été saisie. La police brésilienne exhibera peu après les 436 plaquettes de coke qui une fois étalées ressembleront étrangement à un tableau du casse-brique Arkanoïd (ici à droite) !!

(Re) parlons-en, des hélicos

Les brésiliens adorent les hélicoptères, vous le savez. On a encore en tête le nom du médiatique Felipe Ramos Morais et de ses exploits aux commandes de ses hélicoptères Robinson hyperactifs ou de son pilotage de Colibri dans l’affaire du narco  Gegê do Mangue e Paca, Emprisonné à Goiânia, Morais avait reconnu avoir transporté les victimes Rogério Jeremias de Simone, le «Gegê do Mangue»; et Fabiano Alves de Souza, le «Paca», sur les lieux du crime, et dans son hélico. L’instruction toujours en cours a connu un épisode retentissant fort dernièrement. Pour sa défense, Morais, qui se présente lui-même désormais comme indicateur, sans que la police ne lui reconnaisse ce rôle, avait évoqué avoir été roué de coups avant de participer contre son gré selon lui à l’expédition criminelle. Une déclaration bien tardive de celui qui a toujours été le pilote de trafiquants, en vraie tête brûlée du pilotage aérien dans un pays qui est… immense (lire ici le détail de ses exploits). Ci-dessous le dernier vol record de son mentor et formateur Tadeu dos Santos, avec qui il s’est fait arrêter en juillet 2012 à Picos : du Sinop à Acopiara, il y a 1 628 km en ligne droite et l’autonomie maximale d’un R44 dépasse à peine 500 km à vide, il fallait donc prévoir une intendance de ravitaillement d’essence pour celui-là chargé à mort de coke, le long de 5 courtes étapes, figurées ici !) :

Lors de l’affaire Morais on avait découvert bien après que le chef du groupe mafieux n’était autre qu’un officier de la police brésilienne (adjoint de la police militaire du Mato Grosso) appelé Silvio César Molina Azevedo (ici à droite), ce qui montrait aussi l’ampleur de l’intrusion des narcos dans l’Etat brésilien, rongé jusqu’à la moelle par la corruption comme on sait. Pour Molina, on a retrouvé fort récemment des preuves accablantes contre lui pendant la pandémie : « dans l’analyse, de nouveaux éléments collectés après juin 2018 ont été mis en évidence, lors des arrestations préventives. En mai 2019, Silvio Molina a fait l’objet d’une détention préventive décrétée par le juge d’État du Minas Gerais.Le soupçon porte sur la participation à un double homicide. Le 11 janvier 2018, deux corps ont été retrouvés dans une rivière du Minas Gerais. Selon la décision, il y avait des signes de participation à des exécutions violentes de membres de groupes rivaux. Des images d’un appareil de téléphone portable saisi au domicile de Silvio Molina pendant l’épidémie, avec des photos de personnes exécutées de sang-froid, prises et transmises avant même que les corps ne soient retrouvés par la police, de sorte que l’accusé a été placé en  détention préventive par la justice de l’Etat du Minas Gerais » selon Campo Grande News. Il risque d’y rester définitivement au vu de ce qui a été découvert. C’est lui qui commanditait les exécutions ! Un Molina qui menait grand train de vie en tant que militaire: ici à gauche lors du mariage luxueux d’une de ses filles… Molina père n’hésitant pas « à conduire autour de la ville de Mundo Novo une Ferrari évaluée à plusieurs millions de reals » selon ici TMS.

Une affaire de famille… et ses conséquences

Fait notable dans l’affaire, le rôle incroyable tenu par la femme de Molina, révélé par le dossier « Family Ties » (Operação Laços de Família) qui a permis de démêler l’écheveau des meurtres commandités et par là remonter aussi la filière de drogue, mais aussi une autre, toute aussi mafieuse. Selon l’ordonnance de Bruno Cezar da Cunha Teixeira, le juge de l’affaire, Jéssica Piovezan Azevedo Molina, l’épouse du militaire et sa fille Roseleia Teixeira Piovezan Molina voulaient en effet participer aux exécutions pour venger le meurtre du frère de Jessica, Jefferson Henrique Piovezan Azevedo Molina (ici à gauche) âgé de 25 ans, survenu en juin de l’année précédente. « En juillet de l’année dernière, la mère (ici à droite) et la fille se sont rendues à Rio Grande do Norte pour recevoir des trafiquants identifiés comme Bebé, Vavá et Pacote. À l’époque, ils auraient reçu dans le cadre du paiement un véhicule Hyundai Tucson 2016. En fait, la police a identifié plusieurs véhicules utilisés comme moyen de paiement, comme les Dodge RAM, Azera et une BMW 320. Lorsque son mari a été arrêté de septembre en décembre 2015 avec Douglas Alves Rocha, Bodinho, Jéssica avait négocié des relations avec d’autres criminels (…) Il y a plus de 12 ans, la femme de Silvio était éclaireuse pour la contrebande de cigarettes. Lorsque la police a trouvé de la drogue sur le site Internet de Renê Goulart, une interception téléphonique a révèlé que Rose utilisait un langage crypté pour parler de l’exécution: « on m’a dit que Ma Dengue (nota : le gangster assassiné à bord de l’hélico de Morais !) avait merdé ». Selon le magistrat, le groupe se préparait à venger le meurtre de Jefferson en achetant des armes, en contactant la police et des hommes armés. Jessica était la plus déterminée à venger son frère ». Jefferson Henrique Piovezan Azevedo Molina, 25 ans, alias « Jeffinho Molina » avait été tué, ou plutôt exécuté à Mundo Novo, par au moins 10 coups de feu, tirés d’une moto montée par deux hommes, alors qu’il dînait en ville. Une exécution mafieuse type ! Il avait en réalité un lourd passé : « arrêté en septembre 2016 pour possession illégale d’une arme à feu, il était accompagné à l’époque d’un fugitif de justice, identifié comme Adayldo de Freitas Ferreira, considéré comme le plus grand trafiquant de drogue du Nord-Est. Au moment où les deux hommes étaient en possession de deux pistolets calibre .38, les individus se trouvaient à Salto Del Guairá et essayaient d’entrer au Brésil lorsqu’ils ont fini par être arrêtés à l’IRS ».  En février dernier, Roseleia Teixeira Piovezan, celle qui était donc devenue  la matriarche d’une organisation criminelle, a été condamnée à sept ans et six mois d’emprisonnement, tandis que sa fille, Jéssica Piovezan Azevedo, a été condamnée elle à quatre ans, neuf mois et 18 jours …

Des exécutions ciblées à répétition sur fond de machines à sous

Des truands qui s’en prennent aux fils de policiers, c’est désormais une pratique courante d’intimidation au Brésil : en juillet 2018, dans la ville paraguayenne de Salto Del Guairá, près de Mundo Novo, l’adolescent nommé  João Victor Richena Costa, 17 ans mieux connu sous le nom de «Pingo», fils de l’ex-policier militaire Fábio Costa, a été abattu de 30 coups de pistolet. En 2019, c’est Matheus Coutinho Xavier, fils du capitaine de la police militaire Paulo Roberto Teixeira Xavier, qui a été assassiné de 7 coups de fusil, alors qu’il manœuvrait le camion de son père faisant de lui « le troisième mort d’enfants de policiers militaires impliqués dans la vie de crime dans le Mato Grosso do Sul ». Et même quatre avec Jefferson Molina ! Car le premier du genre dans ses exécutions lié à l’argent des jeux de hasard  aura bien été Andrey Galileu Cunha, exécuté le 23 février 2012, devant une école adventiste, sur la Rua Rio Grande do Sul, à Campo Grande, par deux hommes armés à moto. Il était aux côtés de Pedro Gonçalves qui était le propriétaire d’un casino clandestin, découvert en janvier 2012, dans le quartier de Santo Amaro, à Campo Grande… la filière des jeux étant bien le nœud du problème !!!

Le père de l’infortuné Matheus, il est vrai, a lui aussi un CV chargé : Paulo Roberto Teixeira Xavier, capitaine de PM (sa carte ici à gauche) « a été arrêté en 2009 dans le cadre de «l’Opération Las Vegas», condamné à 7 ans de prison en régime fermé pour mensonge, pour avoir maintenu un établissement commercial, ce qui est interdit aux officiers et ce qui est  de la corruption passive ». Ses machines à sous et d’autres jeux de hasard, c’est à noter, fonctionnaient également en Bolivie à Porto Quijarro. « À l’époque, il avait été dénoncé par le parquet comme responsable de la logistique et de la sécurité de l’organisation exploitant des machines à sous dans la capitale« . Déjà à l’époque, 18 véhicules de son gang avaient été saisis, en plus des 97 machines à sous, de l’argent, des ordinateurs portables… mais aussi un engin volant décrit comme un avion, alors qu’il s’agissait d’un hélicoptère bien connu : celui de Morais !! ! Le fameux EC – 130 PR-YHB rouge orangé et noir ! » (saisi, depuis 2018 il a été versé au Ciopaer, et sert d’hélicoptère pour transporter des bébés sous incubateurs). Environ deux ans après son arrestation, en 2011, la STF (Cour fédérale suprême) a accordé l’habeas corpus au capitaine qui, à ce moment-là, purgeait déjà sa peine en régime semi-ouvert ». Comme chef de gang il y avait le major à la retraite de la police militaire Sérgio Roberto de Carvalho, déjà arrêté en arrêté en 2007 dans le cadre de l’opération Checkmate, et l’on retrouvait sans surprise aussi dans les noms celui Andrei Galileu Cunha, abattu en 2012, qui avait « déjà été arrêté au moins quatre fois pour implication dans des machines à sous« ;« La mort d’Andrey a été attribuée à la lutte pour le monopole du jeu. Le crime, selon les enquêtes, a été commis par les policiers en civil Mário Cesar Velasques Alle, Flaviano Cantacini et Robson Ribeiro Motta, arrêtés trois mois plus tard et nommés membres d’un gang qui était en concurrence avec le groupe d’Andrey dans l’exploration des machines à sous dans la ville ». A droite une des Range Rover de luxe saisie lors de l’opération « Laços de Família ».

La Bolsonaro connection

Il n’y a eu que ces jeunes d’abattus sommairement. « Le lieutenant Ilson Martins de Figueiredo, 62 ans, alors chef de la sécurité de l’Assemblée législative du Mato Grosso do Sul, a été tué à 6 heures du matin le 11 juin sur l’Avenida Guaicurus. La camionnette dans laquelle il se trouvait a été touchée par au moins 45 coups de fusil, la même arme utilisée dans l’exécution d’aujourd’hui. Aux premières heures du 18 octobre 2018, Marcel Costa Hernandes Colombo, 31 ans, connu sous le nom du « Playboy da Mansão », a été la deuxième cible des hommes armés de l’année, abattus par un pistolet 9 mm, alors qu’il se trouvait dans un bar de l’Avenida Fernando Corrêa da Costa, en Vila Rosa Pires. Marcel avait été la cible de l’opération Harpócrates, menée par la PF (Police fédérale) le 21 décembre. Le procès a enquêté sur la vente de produits importés sans payer de taxes – un crime d’appropriation illicite » . Des policiers véreux organisés en gangs violents, voilà qui nous amène… au plus haut de l’Etat, avec un président trumpien nageant dans le milieu… et celui  de la « famille » à la brésilienne :  la mère et la femme d’Adriano da Nóbrega, un des pires gangsters de Rio lié à des milices de favelas étaient salariés de l’Etat, employées par Flávio Bolsonaro, le fils aîné de Jair Bolsonaro !!! En fait deux beaux emplois fictifs, puisque que c’était en fait Flavio qui touchait l’argent à leur place !!!

Comme le rappelle The Intercept, lors du meurtre de la juge Patricia Acioli; le même fils avait posté un tweet (ici à gauche) affirmant qu’elle avait « provoqué » les milices… en réalité ses meurtriers ! Honteux !!! Le meilleur ami de Favio s’appelle Fabrício Queiroz; qui a été membre de la Police Militaire de Rio de 1987  et qui est devenu le conseiller parlementaire de Flávio Bolsonaro en 2007 : il connait bien le président, et ce depuis 1980, date à laquelle il était parachutiste avec lui dans la même compagnie !!! Et c’est aussi le grand copain d’… Adriano Magalhães da Nóbrega ! L’un des chefs de la milice du Rio das Pedras !!!

Nobrega et Queiroz ont été impliqués dans le meurtre en 2003 dans la favela Cidade de Deus, d’un technicien frigoriste, tué lors dans une opération de police dans des circonstances floues. Nobrega, l’année suivante se retrouve à nouveau accusé de meurtre, celui de Leandro dos Santos Lima, 24 ans, un voiturier, qui avait eu le tort de dénoncer la veille les miliciens. Pourtant ce n’est que 9 ans plus tard pourtant que Nobrega sera viré de la police, pour participation à des jeux clandestins (on y revient !) !!! Nobrega a pris alors la fuite, jusque sa mort à l’âge de 43 ans, le 9 février 2020, abattu par la police militaire de Bahia. Peu de temps après, Flavio Bolsonaro publiera sur Twitter des photos de son autopsie, prenant ouvertement sa défense et parlant « d’assassinat« , laissant même entendre qu’il aurait été torturé !!! Immonde !

Et ce n’est pas fini avec les Bolsonaro : quand la police brésilienne en mars 2019 découvre la plus grande cache d’armes du pays (117 M16 automatiques, tous neufs, démontés !) chez les assassins de la militante Marielle Franco (assassinée le avec son chauffeur Anderson Gomes tué avec elle), cet amoncellement d’armes est trouvé dans une villa appartenant à Alexandre Mota de Souza, lui-même lié à un officier de police, Ronnie Lessa, qui avait mis en dépôt chez Souza les armes en lui demandant de ne pas ouvrir les caisses. Or, lui aussi, c’est un un proche de la famille Bolsonaro, rappelle The Intercept ! (1). En octobre 2019 un portier d’immeuble a même fait une déposition sous serment sidérante : Ronnie Lessa, principal suspect du meurtre de la conseillère Marielle Franco et de son chauffeur, Ander Gomes (avec Elcio Queiroz tous deux ici à droite), se trouvait dans la copropriété Vivendas da Barra où vit justement… Jair Bolsonaro, et ce peu de temps avant de se rendre sur le lieu du crime !!! Il habitent en effet dans la même rue !! Le plus jeune fils de Bolsonaro, issu de son deuxième mariage, Jair Renan, âgé de 20 ans était en fait en relation suivie avec la fille de Lessa !

Ah la famille au Brésil … celle de Don Corleone Bolsonaro

Face à ses accumulations de preuves des diverses implications de Flavio et de l’étalage de ses liens flagrants avec la pègre brésilienne, le père, devenu président, se devait de réagir. C’est chose faite le 5 septembre avec une décision bien dans son style trumpien : celle de manipuler la Justice du pays, en la personne de la juge de première instance de Rio de Janeiro, visiblement fort peu indépendante, Cristina Feijo, qui a ordonné à la principale chaîne de TV, Globo de faire désormais des reportages à propos de Flavio !!! Ce dernier évoquant… comme Trump, des « fakes news » son propos, alors que les faits sont là, accablants pour lui !! Une décision ubuesque , faisant la risée du net avec un président vitre comparé au Parrain et affublé du sobriquet hilarant  de « Bolsomito » !!! Des faits de corruption familiale indéniables en effet : « le magazine Crusoé a affirmé le mois dernier que Fabricio Queiroz, un policier à la retraite, ami de Jair Bolsonaro et ancien conseiller de Flavio Bolsonaro, aurait déposé 21 chèques d’un total de 72 000 reais (environ 22 000 dollars) sur le compte de Michelle Bolsonaro, l’épouse du président, entre 2011 et 2016. D’autres documents indiquent que l’épouse de Queiroz aurait déposé 17 000 reais supplémentaires sur le compte de Michelle Bolsonaro, portant la valeur totale à 89 000 reais » explique ce 6 mars le Monde. La dame a pourtant bien souvent la main sur le cœur, comme son mari d’ailleurs… qui a enfin résolu de mettre un masque, comme Trump (et comme lui, il l’enlève le plus souvent… : les deux époux ont été atteints du Covid19 au final). Feijo, c’est à noter, est l’une des 18 nouveaux juges de la Cour de justice de Rio de Janeiro. Le Brésil, emmené par ce président fou, a atteint les 4 millions de cas de Covid19 pour plus de 123 000 décès, derrière les Etats-Unis. Le style trumpien a fait des émules, hélas.

Pour ce qui est des aventures de cet autre grotesque et inculte qu’est Jair Bolsonaro, il y a bien sur l’épisode de la découverte d’un beau lot de cocaïne dans son avion présidentiel en juin 2019, lors du déplacement en Espagne du président brésilien au sommet du G20. Cet été, une nouvelle information est parvenue à propos de cet événement, et c’est pourquoi on va en parler un peu plus tard si vous le voulez bien…. à droite l’excellent titre du New-York Times qui avait relaté les faits…

1) « En , la police trouve que les balles qui ont été utilisées dans l’assassinat de Marielle Franco sont les mêmes que celles utilisées lors de l’exécution simultanée de 17 personnes dans les villes de Barueri et Osasco dans l’État de São Paulo en 2015. Ces balles faisaient partie d´un lot vendu à la police fédérale de Brasilia en 2006. Deux ex-militaires faisant partie des milices (organisations qui contrôlent le crime organisé) soupçonnées d’avoir pris part à son assassinat sont arrêtés en juillet. Selon la presse brésilienne, trois hommes politiques — Edson Albertassi, Paulo Melo et Jorge Picciani — seraient impliqués dans l’assassinat de Marielle Franco. Ces trois députés de l’État de Rio de Janeiro appartiennent au Mouvement démocratique brésilien (MDB) du président d’alors Michel Temer. Pour Richard Nunes, le secrétaire à la sécurité de l´état de Rio, Marielle Franco aurait été considérée comme une menace par les milices qui contrôlent le cadastre des terres dans les bidonvilles et son assassinat aurait été planifié dès 2017″.

PS : les hélicos plaisent aussi beaucoup au Mexique également… le 12 juillet sur Instagram un engin de ce genre tout rouge est subitement apparu (avec un second bâché derrière lui). C’était sur le compte d’Iván Archivaldo Guzmán, celui qui se présente déjà comme un héritier (direct) de l’empire de son père. « L’histoire a été publiée le 12 juillet à 22h00, heure locale à Mexico, et n’est restée visible que pendant 40 minutes. Les hélicoptères sont garés dans un endroit que l’on peut voir désert et avec quelques palmiers, sans aucun message. Les experts de l’aviation consultés par Blog del Narco ont souligné qu’il s’agit du modèle Robinson R22 II, qui en raison de sa simplicité a un coût de marché d’environ 330000 USD, et est à usage civil, car sa simplicité et sa faible capacité le limitent à vols très basiques. » dit le journal, ignorant les exploits avec des brésiliens comme Morais ! En fait l’engin semble être le XB-JZD de  l’école d’aviation Aeroanahuac, vu ici au México City Licenciado Benito Juarez Airport.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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