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Coke en stock (CCCLV) : au Belize la résolution d’une intrigante énigme

Avant de revenir à la Turquie, objet de cette série dans la série, nous allons revenir aujourd’hui vers le Belize avec la résolution d’une énigme tenace depuis une année. Celle d’un avion Learjet, engin moins employé que les Hawker et les Gulfstream préférés des trafiquants, débarqué sur une grande piste échafaudée sur un territoire mennonite et porteur d’un lot de cocaïne pas retrouvée bien sûr dans ce pays à la police fantoche. L’engin va en fait nous mener à un des grands falsificateurs d’immatriculations, comparable à Debbie Mercer- Erwyn et son Aircraft Guaranty Corp, aujourd’hui sous les barreaux. Lui échapper à l’infamie, en décédant avant que l’on ne découvre ses malversations, pourtant révélées au grand jour depuis… 2012 ! Une dernière surprise nous attend : le propriétaire bélizien de la piste !

Un cas exemplaire : le Learjet du commissaire priseur bélizien 

Petit retour en arrière obligatoire, donc, le 21 septembre 2020, au Belize avec un atterrissage que j’ai déjà évoqué deux fois ici (la dernière fois c’était le 21 juillet dernier !) sans avoir pu déterminer le fond de l’histoire, ce qui a tendance, vous le pensez bien, à m’irriter un peu. Mais aujourd’hui, tout s’éclaire enfin… A force de chercher (les vacances ça sert aussi à ça), et de recouper des informations, parfois bien surprenantes, dont celles dénichées bien sûr par l’ami Falcon, le maître ici des documents-clés on a fini par trouver l’appareil, encore une fois. L’avion s’était posé tranquillement sur une piste énorme, taillée à grands coups de bulldozer, et son contenu vidé par toute en armada de tâcherons vers en camion semi-remorque qui avaient laissé sur place des reliefs de repas, rappelez-vous… L’appareil, posé semble-t-il intact, avait été abimé lorsque l’on avait voulu l’écarter de la piste en les poussant sans ménagement dans un champ de maïs avec un vieux bulldozer ! C’est ce que l’on avait appris après coup, bien entendu. Car selon l’ineffable Chester Williams, le responsable de la police, du pays qui avait encore une fois raté le coche comme à son habitude, il avait réussi lui, « avec l’aide des forces de l’ordre mexicaines, à suivre l’avion, un jet G2 Gulf Stream qui se dirigeait vers cette région depuis l’Amérique du Sud ». 27 années de métier et pas fichu de distinguer un Gulfstream d’un Learjet, avouez que l’incompétence de ce type est affligeante et prend des proportions hallucinantes au fil du temps (surtout qu’il en a déjà vu débouler des Gulfstream, dont celui-ci)  !

Malgré les heures passées à chercher, pas moyen d’assurer l’identité de l’appareil. Il faudra attendre la parution et l’étude de deux clichés supplémentaires pour en confirmer la paternité. Celle de son tableau de bord, notamment resté en l’état depuis des lustres, ou de ses sièges encore recouverts de fourrure synthétique comme c’était la mode jadis, dans les années 90 encore (ici à gauche). Les deux clichés mis côte à côte sont formels : c’est bien le même engin dont une seule petite série d’équipements à été retirée… et pas remplacée (une seule plaque métallique grise marquant leur emplacement comme différence notable).  Une comparaison des boiseries donne le même résultat  : même teinte, même nature, là encore c’est bien le même appareil !

L’appareil resté longtemps inconnu était donc bien le N655JH, qui avait à peine était repeint, via quelques retouches au niveau de l’empennage et des nacelles de réacteurs.

Un avion très intéressant, ma foi, qui a été un temps C-GMMA chez Wall-Mart Canada (?) et qui a même connu une brève carrière vénézuélienne : on l’avait aussi photographié (le 27 juin 2012 dans les hangars fort reconnaissables d’un célèbre aéroport, celui de Charallave  près de Caracas) :

Le 29 août 2012 il avait été racheté à Lear Aviation Group Inc de Dover (qui l’avait repris à Career Aviation Co. Inc.) par le dénommé Mario Pinto, au nom de la Societad Mercantil Estelar Latino America, qui en avait fait le YV523T . On l’a photographié au Paraguaná Josefa Camejo Int’ (au Venezuela) le 22 novembre 2012 :

La mise en place du système

Pour récupérer son immatriculation US plus pratique, face à la crise économique au Venezuela, et la fuite des capitaux concomittante, on l’avait ré-enregistré le 1er décembre 2016 chez Arvida Corp, une création totale, émanant du Delaware. Or un document hyper-important scelle le dossier désormais chargé de cet engin : le 9 juillet 2014 en effet, l’avion, retiré du registre vénézuélien le 10 avril précédent (cf le document ci-dessus à gauche) redevient américain… un document signé par celui qui se présente comme le responsable de Lear Aviation Group Inc, société dont le nom pouvait faire croire que c’est la fabricante de l’avion ce qui n’était pas le cas. C’était géré par un bureau déporté chez Incorporating Services Ltd (« Inc Service ») , à Dover. Autrement dit une boîte à lettres en bord de route (ici à gauche) !!

Selon lui, à part l’épisode au Venezuela, il le certifie, l’avion est bien toujours resté américain en N655JH (le 655 étant le N° du constructeur  !). Et celui qui appose son paraphe à ce document s’appelle Conrad S. Kulatz ! Et le document est sérieux , c’est une déposition sous serment effectuée chez une notaire de Floride, Barbara M.Davis. Au moment où il se pose au Belize, il appartient depuis peu, depuis le 14 septembre 2019, après un séjour chez Apogee Finance LLC; à une société de pièces détachées de Californie appelée JR Aviation LLC, dirigée par John Dors, installée à El Cajon en Californie qui dirige, ou dirigeait, Instrument Overhaul Avionics. C’est situé dans un des hangars du Gillespie Field, un petit aérodrome au nord est de San Diego, un ancien aérodrome des United States Marine Corps en 1942. Celui de la VMSB-141, Air Warning Squadron 10 et des TBM-3 Avenger, les avions torpilleurs de l’escadrille VT-37. Paradoxalement, c’est aussi devenu la base des hélicoptères du shérif de San Diego avec l’Aerial Support To Regional Enforcement Agencies (ASTREA).

L’engin avait été acheté 595 000 dollars, ou c’est du moins le tarif auquel on l’avait proposé à la vente :

De Gillespie, il était proposé comme « Medivec » basé… au Mexique ! L’annonce était tout sauf sérieuse : « 2000 miles d’autonomie sans escale, 4000 miles avec un seul arrêt de carburant- Service partout aux États-Unis- Mexique – pas de retard, nous avons l’autorisation d’exploitation du Mexique (évacuation aérienne la plus rapide du Mexique vers les hôpitaux de San Diego, en Californie) – Canada des États-Unis et du Mexique 1 à 2 passagers – Boissons chaudes et froides et collations« … une confusion entretenue avec d’autres Learjer en Medivec. Etrange façon de présenter un appareil !

Un avocat très connu… et pourtant impliqué tôt dans le trafic

Tout ceci est en vielle rengaine, à vrai dire. Conrad Kulatz est (ou plutôt était) en effet un vieil habitué ici, car il  était déjà en 2011 derrière le transfert par jet de Challenger 600 (le N600AM, ici à d roite) de l’Argentine vers l’Europe, sur l’aéroport principal d’El Prat International de Barcelone, en Espagne pour un chargement record de 900 kilos (près d’une tonne le record de l’époque !!), dans un avion faisant… dans le Medivec. De la coke chargée lors d’un voyage à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, dans lequel le pilote avait partagé le vol avec deux pontes du cartel de Sinaloa, selon la justice Argentine. L’entreprise médicale recrutée pour le transfert était douteuse depuis des années la société certificatrice Signature Flight Support lui ayant même refusé son autorisation de vol pas moins de 13 ans auparavant… L’avion appartenait à South Aviation Inc, une minuscule structure dirigée par un pilote, Fred Machado, et notre fameux avocat Conrad S.Kulatz. Le premier avait créé en 2007 une nouvelle société appelée Executive Jet Charters, avec exactement la même flotte que celle annoncée comme étant au départ celle de South Aviation. En photo ici à droite c’est Machado en compagnie du politicien argentin libéral José Luis Espert. Machado, qui est impliqué également dans la « Route de l’argent K » puisque l’un des avions utilisés dans les manœuvres de blanchiment d’argent de Lázaro Báez, appartenait à la société South Aviation ! L’avion derrière eux, le N28FM est enregistré chez JF Aircorp. Inc. géré par la boîte aux lettres Incorporating Services, Ltd  de Dover, dans le Delaware (la même que déjà citée ici) ! A gauche les nombreuses sociétés de Federico Machado.

D’au7res avions ont été repérés chez Machado. Essentiellement une douzaine d’appareils, annoncés, dont surtout trois visibles sur le site de la société : deux Hawker 800, (N414PE – un 800A, N250GM- un XP) ci-dessus) un Hawker 700, un Gulfstream IIB… et dans la liste encore, un Challenger 601.

Tout cela est aujourd’hui terminé. On aura mis le temps, mais Interpol a fini par arrêter Machado le 13 avril dernier (2021), en Argentine, au Neuquén airport, proche de ses convictions politiques propres à l’Argentin du passé, si vous voyez ce que je veux dire. Avec lui c’est le château de cartes créé par Kulatz qui s’est écroulé. Dix ans après ses débuts comme trafiquant notoire (on n’ose dire de haut vol) ! Après Kulatz, Machado était passé chez… Debbie Mercer- Erwyn et Aircraft Guaranty Corp pour anonymiser ses appareils. Contraint et forcé, car Conrad Kulatz, éminent membre du barreau de Floride, qui n’aura donc jamais été inquiété de toute sa vie, déjà malade, s’était retiré de la profession dès 2016, et il vient de décéder récemment, le 20 mars 2021. Il est parti dans le déshonneur, ce qu’a oublié sa rubrique nécrologique.  Juste avant de prendre sa retraite, en juillet 2016, le même barreau de Floride l’avait classé comme inadmissible à exercer le droit, parce qu’il ne remplissait plus les conditions de formation juridique continue !!! Une piètre sanction au regard du mal effectué pendant toutes ces années !!!

Car Machado était aussi celui derrière lui par exemple le gros Gulfstream N450BD qui avait prévu de se poser à Belize le 16 juillet 2020, lesté de sa tonne et demie de coke, et qui avait été contraint de se poser au Guatemala, pour y finir incendié « et puis il y a la drogue: ils la lient à 1556 kilos trouvés dans un avion abandonné au Mexique censé être à destination du Belize, plus de 2,5 tonnes de poudre au Guatemala, retrouvées le 16 novembre dans un jet Gulfstream lII saisi dans le parc national de Laguna del Tigre,avec un pilote mexicain et un ancien policier costaricien impliqués dans le mélange qui ont passé sept mois incarcérés dans une prison guatémaltèque, selon le journal El Periódico ». Le Gulfstream cité, le N450BD avait été suivi tout le long de son trajet par les forces colombiennes et leurs avions d’observation (ici à gauche). La première étape pour la remontée vers une filière que j’avais dénoncé pourtant ici depuis des mois et qui menait invariablement à Aircraft Guaranty Corp et l’anonymisation scandaleuse des avions permettant aux trafiquants de les faire voler aux USA sous un nom-paravent. Précédé par les anonymisations de Conrad Kulatz !!!

Conrad Kulatz, sa vie, son œuvre… et la coke

Un Kulatz jamais poursuivi donc, qui était tout sauf un inconnu en effet : son cabinet, même après sa disparition, s’est occupé de pas mal d’avions mêlés à des transferts de drogue , pendant des années, dont parfois de beaux records, effectués par de beau spécimens :

Celui avait été découvert le 29 août 2020 avec 356 kilos de cocaïne répartis en 1 205 paquets, contenus dans 41 ballots de coke, Dans un beau Falcon Dassault type 200, comme je vous l’avais expliqué, datant de 1985 (c’est le N°504 de production) qui a démarré sa carrière aux USA sous l’immatriculation N217FJ, est devenu un temps australien, en VH-CPE (chez Consolidated Press Holdings Ltd) pour devenir Falcon 504 Aviation Inc. de Dover dans le Delaware  (devenu le N504FJ, alias « Simi one« ) et être exporté au Mexique pour y devenir le le 20 octobre 2014 XB-OAP, sous lequel il a été retrouvé posé sur le ventre, train rentré, après une atterrissage express raté en plein aérodrome mexicain et non sur une piste clandestine. « Selon les données recueillies, l’avion a été détecté par le personnel de l’armée de l’air mexicaine alors qu’il survolait le territoire de Tabasco, tout près de la municipalité de Tenosique, à la frontière avec le Guatemala. Au moment de l’interception, le pilote s’est rendu à Palenque, où il a dû effectuer une manœuvre d’atterrissage d’urgence en raison de la pression militaire. Lors de l’atterrissage, les membres d’équipage ont fui l’avion » d’après El Heraldo de Chiapas.. A droit, extrait de « Coke en Stock (CCLX) : les prédécesseurs du M-Fish » d’octobre 2019 la liste des nombreuses entreprises créées par Conrad Kulatz pour faire diversion.

L’avion étant littéralement bourré de balles de coton contenant des paquets de drogue. Ici l’appareil à Toluca au Mexique le 19 mars 2015, inverseurs de poussée sortis. Pour une fois, l’avion n’avait pas été incendié, remarquez ! Ils n’en avaient pas eu le temps cette fois-là ! Devant lui, son incroyable cargaison !!!

Le surprenant propriétaire de la piste du Learjet 

Revenons à notre Learjet-clé : il s’était posé, a-t-on dit, sur une large piste. Et pas qu’un peu : un cliché reproduit par Belize 5 News nous en a donné un bon aperçu, ici à gauche. De la belle ouvrage (ici à droite vue du sol) ! Ce n’est pas une route existante mais ça mène à un petite  ferme de 262 acres  (1 km2 !) dans le London Area de l’Orange Walk District  (là où un nombre incalculables de jets se sont posés !) . Pour une fois Chester Williams, qui s’est précipité pour dire « qu’il n’y avait rien dans l’avion » (et sans nous dire si un test de détection de cocaïne avait été fait dedans, soit le B-A BA de la moindre enquête) nous informe qu’il a arrêté cinq personnes dont un mineur : « une enquête ultérieure sur l’atterrissage de l’avion a conduit à l’arrestation de cinq personnes. Ces personnes sont en garde à vue alors que l’enquête se poursuit. L’une des personnes détenues est le propriétaire de la ferme sur laquelle l’avion a atterri. Une autre personne est un mennonite qui possède un bulldozer qui a également été trouvé sur les lieux et nous pensons que le bulldozer a été utilisé pour sortir l’avion de la route et l’a poussé dans des buissons. Nous avons également trouvé un tracteur avec un lame qui, selon nous, a été utilisé pour nettoyer la zone. Un certain nombre de lumières ont été trouvées qui, selon nous, ont été utilisées pour éclairer la piste d’atterrissage de fortune pour l’atterrissage de l’avion. Nous avons également trouvé une scie électrique qui a été utilisée pour abattre certains poteaux le long de la route et nous avons trouvé des motos qui, selon nous, ont été utilisées par certaines des personnes qui ont aidé à l’atterrissage de l’avion ». Les mennonites avec des bulldozers, ça peut surprendre, mais pas dans le quartier de Spanish Lookout qui a été bâti par les mennonites arrivés en 1958, comme on l’expliquera bientôt. Ces gens-là sont équipés pour depuis longtemps !

Le choc des cultures : mennonites et Coppola côte à côte !!

Sur Google Earth, un peu à l’est de Santa Martha, situé juste au Sud du Spanish Lookout mennonite, on distingue non pas une mais deux énormes pistes de plus de 800 mètres de long, pour 20 mètres de large, toutes deux existantes depuis au moins 2014. Nous n’avons pas encore terminé avec le surprises que nous réserve Belize. L’une des des deux est crayeuse, elle est intitulée « Blanceneaux Lodge Air Strip », et toutes les deux sont reliées à leurs habitations respectives. La piste Blancaneaux débouche sur un hôtel, le Mountain Pine Ridge Reserve, un ensemble de « cottages rustiques chics dans complexe de luxe boisé avec spa, 2 restaurants et équitation » !! En réalité, tout ça appartient à la famille Coppola, celle du réalisateur US  !!! Pour se rendre à l’hôtel, les invités prennent une carriole style mennonite !!

Pour arriver là, c’est le Cessna 208B de Tropic Air qu’il faut prendre. C’est donc la seconde, la piste des narcos (celle ci-dessous à droite) !  Les deux cordonnées Google Earth sont 17° 2.268’N, 88° 57.330’O et   17° 3.723’N , 88° 51.656’O : immanquables l’une comme l’autre ! qu’on ne me dise pas que la police ne sait pas utiliser le logiciel !

Revenons à nos trafiquant arrêtés. C’est l’avocat de deux détenus qui prend le relais pour nous asséner une autre découverte l’un des deux est un paysan mennonite, c’est en effet le propriétaire du fameux bulldozer et il s’appelle Isaac Petka.

Un second sbire est lui le propriétaire du camion semi-remorque plat qui a amené le bulldozer dans la zone où l’avion a atterri. Le premier est un employé de la ferme, où l’on a retrouvé une arme automatique prohibée dont le propriétaire joue manifestement les innocents, en appelant tout de site son avocat. L’affaire aurait dû faire logiquement grand bruit, car l’homme, Noel Codd n’est autre que le principal commissaire-priseur du pays., qui vend de tout à l’encan, maisons, terrains, bateaux, voitures saisis par la poulie… sauf des avions. Enfin jusqu’à une date récente, car le gouvernement a décidé, récemment de mettre aux enchères plusieurs jets saisis ces derniers mois, comme on l’a déjà vu en juillet dernier (ici visibles sur Google Earth les deux Hakers N818LD, N322BC et N311BD,  le Grumman recordman d’apport de coke !)…

Ce qui risquait de donner une situation surréaliste comme seul ce pays de pacotille sait en faire : celui qui a vu un avion chargé de cocaïne se poser dans sa propriété allait vendre des avions ayant fait la même chose !!! Sidérant !!

Une dernière surprise venue d’outre tombe

Mais ce n’est pas encore la principale surprise concernant le dénommé Noel Codd : figurez-vous qu’il avait déjà fait parler de lui en 2013, déjà… et dans des circonstances qui nous replongent dans l’univers de la coke et de la délinquance… le 16 mai 2013, deux villas faites de bois brûlent entièrement à Belize, en banlieue d’Orange Walk Town; dans le secteur de Tower Hill Bridge. L’année précédente elle avait reçu la visite de la police qui y avait trouvé des armes en quantité « et assez de munitions pour une petite armée » (ci-dessous à gauche). Son précédent propriétaire avait fui le pays après qu’on l’ait accusé d’avoir assassiné son voisin (en novembre 2012). Cela vous rappelle des choses bien sûr : c’est l’incroyable odyssée de John MacAfee » le déglingo de Belize »qui vient de se terminer tragiquement en Espagne par son suicide en juin dernier.  Il avait tenté d’établir sur place son laboratoire de production de drogue et ne cachait pas son addiction à la cocaïne. Le nouveau propriétaire des lieux était alors venu constater les dégâts ; or il s’appelait… Noel Codd (ici à droite à cette époque) !! Les deux bâtiments étaient sur le point d’être revendus par lui, et McAfee, en apprenant le désastre avait laissé entendre qu’elles lui appartenaient toujours alors que ce n’était plus le cas ; « c’était ma dernière propriété au Belize, partie en fumée. C’est une sensation très libératrice de ne pas avoir d’impôts lourds à payer ou de salaires pour l’entretien et l’électricité et ainsi de suite. Alors ils m’ont fait une faveur. » Fidèle à ses habitudes provocatrices, il avait accusé un politicien local, Landy Burns, l’élu de la ville d’Orange Walk East d’être derrière le sinistre. Une dernière fanfaronnade mais qui n’explique pas qui donc alors en voulait à cette époque à … Noel Codd (John McAfee lui-même ?) !!!

Voilà donc ce qu’est aujourd’hui le Belize, ou comment un pays envahi par l’élevage de poulets est devenu l‘état croupion des trafiquants de cocaïne…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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