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Coke en stock (CCCLIII) : un étrange hold-up à Curaçao qui mène en Turquie

L’avion dont je vous parlais l’épisode précédent, celui posé à Curaçao en octobre 2016 chargé de cocaïne, saisi sur place et mis aux enchères deux ans plus tard, va nous amener à deux brokers bien spéciaux. Deux escrocs dans le monde de l’aviation, propriétaires d’un autre appareil, un énorme cargo 747 qui va connaître du pays, puisqu’on va le retrouver en Moldavie et en Arménie, pas vraiment des pays dignes de confiance dans la profession des transports aériens. Ces deux-là sont turcs, et vont nous amener bientôt dans un pays moult fois cité ici, le Belize. C’est bien un réseau international qui se dissimule derrière ces livraisons de coke, dont les principales têtes pensantes sont au Paraguay… mais aussi en Turquie ! 

Asuncion, le fief narco des libanais

Le nœud de l’affaire du train de drogue dans les Antilles (à Aruba ou Curaçao)  ? Il faut le chercher plus loin en Amérique Centrale, et il a déjà été cité ici plus haut. Autour du Paraguay, et sa diaspora libanaise importante, sans aucun doute, avec un autre cas dont on n’a pu parler ici alors qu’on était sur le point de le faire fin 2018 à la suite de toute une série sur Asuncion dont étaient partis un nombre incroyable d’avions de coke comme vient récemment de le découvrir le site Bellingcat avec le N100QR, ici à vendre juste avant de finir en bouillie au Venezuela  (à condition que ce soit bien lui : je vais y revenir car l’article présente de sérieux manquements, même s’il aborde le cas des sociétés écrans en en citant huit pour la plupart décrites ici depuis longtemps). La première société dans la liste est celle gérée par l’avocat Donald B. Nevard, qui gère aussi AVIATION 1031 EXCHANGE LLC. Rien que le nom de ce Trustee interpelle en effet : si on envisage d’assurer  la cession (vente) d’aéronefs, d’équipements aéronautiques ou droits d’atterrissage, il existe aux USA la formule dite d’Exchange  1031, qui, comme son nom l’indique. permet « d’échanger des aéronefs, des équipements aéronautiques ou des droits d’atterrissage à usage qualifié (« des biens cédés ») contre d’autres aéronefs, équipements aéronautiques ou droits d’atterrissage à usage qualifié (« bien de remplacement »)  » dans le but bien sûr de reporter l’impôt fédéral entre les deux transactions. « Les échanges à terme 1031 sont utilisés lorsque l’avion cédé est vendu en premier et que l’avion de remplacement est acquis plus tard. Les échanges 1031 inversés sont utilisés lorsque l’avion de remplacement doit être acquis en premier et que la vente de l’avion abandonné se termine plus tard ».

Ci-dessous, j’ai remonté la liste des avions détectés par BellingCat autour de Maracaïbo au Venezuela, d’où ils sont tous partis ou se sont tous posés, avec leur représentation graphique, pour se faire une meilleure idée encore des dégâts de ce trafic tentaculaire: le Challenger cité aperçu à Petirossi est tout en bas du montage (notez le nombre de gros porteurs):

Il  y a peu de temps encore (en octobre 2020), on pouvait admirer à Asuncion même un fatras d’une trentaine de monomoteurs de type Cessna saisis pour trafic rangés au dehors d’un hangar en plein aéroport d’Asuncion, comme on l’avait décrit ici déjà en octobre et novembre 2018, cf le montage ci-dessous (ils ont tous disparu depuis, je vous expliquerai bientôt pourquoi : ils se sont en quelque sorte envolés, disons !). A l’origine c’était un hangar ouvert, où l’on avait regroupé les avions saisis pour trafic. Ici la description (on y est !) précise de son contenu (et là une vidéo de la visite J chaîne TV) avec les Les ZP-BBC, ZP-BBO, ZP- BCI, ZP-BCQ, ZP-BDK, ZP-BHF y ZP-TRW. Plus les ZP-BSP, ZP-BUM, ZP-TZP, ZP-TZR, ZP-BES, ZP-BAL et le ZP-BPC. Ça regorgeait d‘avions importés aussi . Le gros Citation biréacteur visible parmi eux dans le reportage télé est le PP-ISJ. On l’a revu récemment ici dans notre épisode d’avril dernier :  c’est « l’avion à 1 dollar » de l’homme d’affaires brésilien Jorge Alberto Vieira Studart Gomes !,

Asuncion, qui menait à ça aussi directement : « dans le sud du continent, une autre zone poreuse inquiète les Etats-Unis: la «Triple Frontière» entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine, plate-forme de trafics et de piratage où vit une communauté arabe de 25 000 personnes » (on y est, nous y voilà à nouveau !). « Depuis le 11 septembre 2001, l’ambassadeur américain au Paraguay soupçonne la zone, d’où partent annuellement des millions de dollars pour le monde entier, de financer des groupes terroristes islamistes. «Nous cherchons à savoir si cet argent va aux nécessiteux, aux familles où aux «héros de la guerre», a expliqué le procureur paraguayen Juan Carlos Duarte. » « On touche au but, » vous avais-je dit : je vais bientôt y revenir dans le détail, car au Paraguay ça ne s’arrange guère.  Sachez néanmoins que l’homme de 74 ans dont j’avais détecté le trafic après de minutieuses recherches (je n’étais pas le seul car un agent brésilien de la DEA l’avait découvert dès août 2013, déjà, mais on avait envoyé son épais dossier au panier pour des raisons que l’on ignore – rivalité avec le FBI ? La CIA ?, le pouvoir brésilien ?). Il a été depuis arrêté le 7 janvier 2020, alors qu’il avait sévi depuis des années au nez et à la barbe de tout le monde en revendant des avions d’occasion à bas prix. Ils avaient comme particularité d’avoir tous été accidentés. Des bricolages manifestes, pour tous !!! Et non sans hasard, c’était lui aussi, un libanais d’origine et même lié par sa famille (un vrai clan) à un ex-président du pays dans les années soixante !!! Allez, je vous offre une piste pour le trouver en attendant : celle d’un Cessna T210L Turbo Centurion, le N2558S, tombé en pleine rivière à Tulsa le 6 mars 201, un de ses engins rafistolé qu’il avait réussi à revendre un bon prix.. ce qui est inexplicable pour son cas.  C’est le temps qu’avait mis le FBI pour l’arrêter, alors que l’on savait tout sur lui à la DEA depuis au moins 2013, grâce à un volumineux dossier établi contre lui !!!

Un bel avion qui a mal vieilli depuis…

Un fois ce tableau exposé dans notre épisode précédent de cette fameuse île de Curaçao, et avoir appelé que les têtes pensantes du trafic sont plutôt localisées au Paraguay, ces approvisionneurs d’avions pour trafiquants, revenons donc à notre avion du moment stoppé le 30 octobre 2016 sur place, je vous le rappelle (c’est le thème du début de notre épisode précédent). Arrivé en bon état alors, c’était un autre Canadair Challenger 601-3A de 1989. A l’origine sorti en N614CC, devenu N153NS en Virginie et resté sous cette immatriculation jusque 2016 chez Skye Gryphon LLC Concord après deux changements de mains seulement.  Il était lors de sa saisie inscrit chez Nordik Kargo Havacilik AS, société turque (nous y voici) via le procédé déjà décrit ici d’Aircraft Guaranty Corp qui lui permettait de garder une immatriculation US pour cette firme bel et bien d’origine ottomane : il s’affichait en effet en N545SD (ici à gauche à Shanon le 29 septembre 2016. L’année suivante, un rapport d’inspection d’avant-vente aurait pu dissuader pas mal d’acheteurs potentiels (du courant chez un avion laissé longtemps sans entretien au dehors) :  fuites détectées dans le système hydraulique, les pneus décrits comme « pourris » car devenus trop secs, l’anti-patinage en rade, les batteries mortes. « L’enregistreur de données de vol s’éteint après 30 à 40 secondes à chaque fois qu’il est réinitialisé », « Les bases de données sont obsolètes depuis 14 mois », « Les batteries de secours sont faibles et s’éteindraient dans les 30 secondes suivant le test. « La balise inférieure est INOP », avaient noté les inspecteurs, qui avaient noté quand même le très bon état des réservoirs, avec le conseil d’ajouter un produit biocide lors du prochain remplissage. Bref, il n’était pas encore réduit à l’état d’épave, mais de le faire revoler prendrait du temps.

Le hold-up tenté sur leur propre avion !

C’est ce qu’il s’était passé après son arrivée qui m’avait complètement échappé à vrai dire. Ça a été en fait totalement rocambolesque comme vous allez le voir. Lors de sa saisie, Curaçao avait émis un notice rédigée dans la langue locale (le fameux  papiamentu !), ce qui n’était pas fait pour aider (voir l’épisode précédent), et idem pour le compte rendu du procès l’année suivante des trois hommes arrêtés ce jour-là. Un journal de langue anglaise avait traduit ensuite, fort heureusement : « la cour de justice a récemment traité l’affaire contre deux suspects turcs et un suspect local. Le procureur les a accusés pour leur intention d’exporter 289 kg de cocaïne le 30 octobre 2018. La police avait arrêté le trio sur le parking de l’aéroport de Hato. Le trio tentait d’utiliser l’avion privé du pilote qui est l’un des suspects. La police a également confisqué un « Glock » avec 45 balles, des masques, des ciseaux de fer, un gilet pare-balles, des gants et une lumière orange. L’enquête a déterminé que la drogue était destinée à Istanbul en Turquie. Ceci, selon le plan de vol de l’avion. Le procureur a requis 6 ans pour E.W. de Curaçao, 6 ans pour M.T de Turquie et 5 ans pour K.A. aussi de Turquie ». Selon ce que l’on avait compris, l’un d’entre eux, le pilote (M.T) sorti de l’avion précédemment avec son copilote (K.A), était revenu le soir même, mais accompagné du troisième larron, un homme de main local, tous deux munis de gants et de cagoules, d’une lampe (et d’un pistolet Glock) pour tenter de récupérer la drogue restée à bord (ici à gauche), une camionnette les attendant au dehors pour les embarquer. Bref une vraie tentative de hold-up et de sauvetage de leur mine d’or en poudre… menée par de vrais forbans, mais qui étaient, et c’est ça qui surprend, les policiers, également les propriétaires de l’avion, assistés d’un troisième homme recruté localement à Curaçao même (le dénommé E.W). Le pilote, assez âgé, la cinquantaine, avait été rapidement montré à la télévision (en haut à gauche), menotté dans le dos, conduit par la police. Bref, on restait sur notre faim avec ces seules initiales fournies (surtout « M.T ». et « K.A ».), les seules à se mettre sous la dent !! Au final aussi, le 5 avril 2017; la justice de Curaçao déclarera coupable «  »E.W » et « M.T », mais relaxera de façon surprenante le dénommé « K.A » » : il n’était pas remonté dans l’avion, celui-là, selon les juges, plutôt bien disposés à son égard !

Deux entrepreneurs véreux, deux véritables forbans

Et puis, en cherchant un peu on finit par tomber sur l’information principale : le fameux « M.T », c’est en fait Metin Timucin, il est alors âgé de 52 ans. A partir de là, sur les sites spécialisés tels que PPrune, les langues se délient vite à son égard:  si « E.W » demeure un inconnu, on a vite fait de cerner le second cité, le dénommé « K.A ».  C’est donc obligatoirement l’associé habituel du premier, Kazim Alemdag, les deux étant effectivement deux entrepreneurs turcs travaillant ensemble dans le domaine de l’aviation. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils traînent tous les deux une réputation exécrable d’entrepreneurs en aviation, accusés notamment d’employer les pilotes et d’oublier de les payer, invariablement. C’est au sein de deux entités successives qu’ils ont exploités ces gens. La première s’appelait Eurex Airlines et l’autre Ark Air, enregistrée pour cette dernière… en Arménie !!! Un participant du forum PPrune n’y était pas avec le dos de la cuillère pour les décrire, en déclarant « qu’il est de notre devoir de réclamer notre argent et de garder ces criminels hors d’affaire avant qu’il ne soit trop tard pour d’autres nouvelles victimes. Voici les adresses e-mail des agents de l’Autorité de l’aviation civile arménienne » (suivent 8 adresses en @aviatib.am.

Leur appareil-phare étant un énorme Boeing Cargo 747-281B (SF, à nez ouvrant, cf ici à droite) datant de 1985 ; le 4L-KMK chez Eurex Cargo, un ancien JA8168 racheté à Nippon Airlines (Japon), racheté par les deux forbans le 21 janvier 2009:  un  appareil vu le plus souvent à Liège comme ici à gauche, en novembre 2011, devenu ensuite N747BN, le 23 février 2011 chez l’inconnu Yiltas Ulusta – il s’est inscrit chez Aircraft Guaranty Corp, ce qui le rend fort suspicieux, cela pouvait être le pseudo des deux mêmes individus – puis lEK-74799 d’Ark Air le 26  mai 2011, qui le loue alors à Jet-Star (qui est une société Moldave) au 25 août 2012 sous l’immatriculation ER-BBS (ici aperçu à Berlin en 2013).  Moldave ? Voilà qui n’est pas fait pour rassurer non plus ce mic-mac passant par la Turquie, L’Arménie ou la Moldavie, pas vraiment des garanties en matière d’aviation ou de commerce par avion (c’est l’ombre de Viktor Bout qui plane toujours en effet) !

La Moldavie, terre d’accueil… et de corruption

L ‘historique de cet appareil et de comment il est devenu moldave est aussi une belle entourloupe, à vrai dire. En mai 2012, Timucin avait tenté un autre coup en effet : celui d’embobiner -avec brio-  le premier ministre Moldave, Vlad Filat (ici à gauche dans le cockpit du cargo avec semble-t-il Minucin lui-même), via le secrétaire général du gouvernement, Victor Bodiu. en tenant une réunion le 4 mai avec les représentants de l’Association des employeurs aéronautiques de Moldavie (APAM) et Bodiu. Voici ce qu’on en avait retenu : « la société de leasing turque a l’intention de lancer, en partenariat avec l’opérateur aérien de la République de Moldavie « Jet Star », le projet d’exploitation d’avions Boeing 747 Cargo, avec l’enregistrement de l’avion dans le registre aérien de la République de Moldavie .type Boeing 747, qui sera utilisé dans la fourniture de services de transport Cargo pour les missions humanitaires des Nations Unies »… rien que ça ! Que d’ambitions en effet !!! Timucin en ayant remis aussitôt une couche en faisant visiter son avion Cargo 747 au premier ministre en personne :  « le directeur général de la société de leasing turque, Metin Timucin, a indiqué « qu’il entend étudier la possibilité de participer à la modernisation de l’un des deux aéroports régionaux – Marculesti ou Balti, en créant un Hub Cargo régional, mais aussi des hangars de service technique. d’avions, selon les normes. Metin Timucin a mentionné que le personnel employé dans l’entreprise sera principalement composé de citoyens moldaves, y compris des ingénieurs et des mécaniciens qui seront formés à l’étranger ». C’est ainsi que le 747 est devenu Moldave… et que personne n’a vu non plus réaliser les promesses, et qu’en octobre 2015 surtout, Vlad Filat (ici à gauche dans la soute du 747 avec l’un des dirigeants de la firme turque, peut-être bien Kazim Alemdag dont on ne possède pas de photo pour le vérifier), a été arrêté par la police au sein même du Parlement, soupçonné d’avoir détourné à son profit pas moins de 250 millions de dollars US… Du grand art : il est alors accusé d’avoir détourné  » 1 milliard de dollars de trois banques moldaves, pas moins (via  la Banque des Economies, Unibank et la Banque sociale). Dont 250 millions versés en pots de vin sur le compte de « Fortuna United », le nom de deux coquilles vides appartenant à Filat aux Seychelles » ! Le 27 juin 2016, Filat écopait de 9 années de prison (19 avaient été requises). Il a été libéré récemment, le 3 décembre 2019 après quatre années effectivement effectuées. Son jugement pour blanchiment n’avait pas été rendu à cette heure.

L’histoire avait été désolante (on ne connaît pas le montant du pot-de-vin laissé par nos deux compères à Filat). Elle s’était poursuivie en Angleterre en 2019 avec Vlad Luca Filat, le fils de l’ex premier ministre, une cour de justice lui demandant de rendre au fisc anglais 600,817 livres indus de son père indique ici l’OCCRP : « La décision relève des nouvelles dispositions de confiscation établies par la loi sur les finances pénales de 2017, qui autorise la confiscation des fonds liés à des biens terroristes et des produits de l’évasion fiscale. Vlad Luca Filat, 22 ans, est étudiant à Londres, où il a emménagé en juillet 2016. Bien qu’il n’ait aucun revenu enregistré au Royaume-Uni, l’enquête de la NCA a révélé que le jeune Filat loue un appartement à Knightsbridge, un quartier aisé de Londres, pour 1 288 dollars par jour (???). Il a dépensé des sommes importantes en produits et services de luxe, en achetant une Bentley « Bentayga » pour 257 700 dollars chez un concessionnaire Mayfair. Les fonds sur les comptes bancaires du jeune Filat seraient le produit d’activités illégales perpétrées par son père, Vladimir Filat, 49 ans. » Navrant jusqu’au bout ! Après l’expérience moldave, le cargo lui était donc devenu… arménien si l’on suit bien !!

Comment relancer le petit commerce 

C’est à ce moment là aussi que les deux larrons avaient donc créé « NORDİK KARGO HAVACILIK ANONİM ŞİRKETİ » la société gérant leur Challenger d’Aruba, celui saisi plein de coke, en tant que société anonyme, le 24 avril 2011 exactement, et qui opèrera donc tout ce qu’il y a de plus officiellement sous l’égide de la Chambre de commerce d’Istanbul. Visiblement, les deux compères  cherchaient alors des fonds pour relancer l’activité de leur gros cargo. De l’argent vite fait : celui que rapporte une livraison de coke, par exemple. Le 747, lui, n’a pas entre-temps redécollé.  Il est lui resté longtemps stocké à Djakarta (il y est ici à droite photographié en avril 2014 et il n’a plus volé après 2013 semble-t-il).  On craignait de lui voir connaître le sort des deux 747-400 (l’un d’entre eux ici) retrouvés au Senai International Airport, à Johor Bahru, anciennement appelé Aéroport International Sultan Ismail en Malaisie !). Mis en vente, et resté longtemps sans acheteur, il ne semble plus avoir volé depuis presqu’une décennie maintenant, et à avoir fini, fort récemment, chez l’obscur Greenapple Inc (une société Philippine ?)  le 30 juin 2021, devenu le N287DE. Il est « stocké » à nouveau, il paraît. Mais l’endroit n’est pas précisé ! Ça sent la fin de vie et le dépeçage proche ! Par curiosité, nous sommes allés le voir stocké avec Google Earth. On le distingue très bien, muni de ses protège- réacteurs rouges  à côté de ses collèges en 2014 effectivement (cf ici à gauche). Cela  correspond à la photo prise au  sol le 24 mai 2014 par le spotteur Fauzan Rasyadi. Si ces collègues immédiats voient leurs réacteurs démontés dans les photos qui suivent, il y échappe, et on le déplace un peu plus au nord sur le tarmac, aux côtés d’autres 737 ou 777 bien serrés contre lui. Le 747 à ses côtés étant tête-bêche, ce qui correspond à un autre cliché plus récent du 5 juin 2018 pris par Firat Cimenli cette fois (ici à droite). Mais en 3019 et 2020 il n’en reste plus qu’un comme voisin et c’est celui dont l’empennage contient bien du bleu strié de jaune : c’est donc bien toujours lui. Fait intéressant:  le cliché de  juillet 2020 le montre avec ses capots moteurs ouverts. Preuve qu’ils sont toujours là et que l’on est en train de les inspecter (ci-dessous). En avril 2021, il y est toujours, capots refermés. Mais il est dans un endroit tel qu’ il ne peut plus s’extraire à moins de déplacer plusieurs appareils !!! Et manque de chance quand le satellite passe au-dessus de Djakarta la fois suivante un nuage empêche de vérifier où il en est. Mais il ne peut plus que difficilement sortir de la nasse dans laquelle on l’a attiré !!!

Il est donc plutôt destiné à être dépecé qu’à être préparé pour revoler. Mais on en a vu d’autres, d’épaves volantes, reprendre leur envol, c’est vrai aussi ! En fait l’adresse de Wilmington donnée par l’acheteur est celle de Global Corporate Services Inc, une boîte aux lettres relais classique et anonymisée. On peut y créer une société en deux minutes,  » sans avocat » et « à partir de 295 dollars« , nous dit sa publicité ! Une énième entourloupe ? Qui donc se cache derrière cet achat surprise de dernière minutes ou derniers instants pour le vieux cargo en partance pour la destruction ? Un ferrailleur ?

Et leur Challenger alors, au fait ? Oh, ça a mis du temps mais il a été finalement racheté, il y a quelques mois seulement … (l’acheteur à 700 000 dollars qui a remporté la vente aux enchères on ne sait donc qui c’était, il ne s’est pas fait connaître et il ne l’a pas enregistré : serait-ce un des habitués d’Aircraft Guaranty Corp ? ).  Il a été racheté donc le 9 décembre 2020 par AJ Aviation Holdings LLC, de Fort Lauderdale, dirigée par Jonathan Alexander Ewing, un « Aero Law Lawyer » un avocat spécialisé dans le domaine de l’aviation (ici à droite dans un appareil indéterminé qui pourrait être un hélicoptère S-61 u S-64E Skycrane) !

Le 29  mars précédent, on l’avait photographié encore sur le tarmac de Willemstad Curacao-Hato d’où il n’avait toujours pas bougé, lors de l’arrivée du dernier voyage du 747 KL0736 de la KLM (photo ci-dessous). Or une photo prise le 7 février précédent le montrait au même endroit exactement. Sur Google Earth c’est en date d’octobre 2020, et il n’avait pas bougé non plus, les roues toujours bloquées par deux cales de fonte (ici à droite).

On souhaite après coup bien du plaisir à notre avocat pour le remettre en état de vol… (va falloir songer à changer les pneus, cf ici à gauche !) 5 ans après son dernier vol et être resté ainsi aussi longtemps à l’air libre !!!

 

 

 

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