Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Coke en stock (CCCLII) : quand les Pays-Bas, le Liban… et le Hezbollah mènent à Curaçao et à la Turquie

Coke en stock (CCCLII) : quand les Pays-Bas, le Liban… et le Hezbollah mènent à Curaçao et à la Turquie

L’implication turque dans le trafic des Antilles et du Golfe du Mexique, pour tout vous avouer, j’étais passé à côté. J’étais bien tombé, en janvier 2018, sur l’exemple d’un beau jet mis en vente à Willemstad, la capitale de l’île indépendante de Curaçao, après avoir été saisi pour trafic de drogue, mais comme je n’avais rien trouvé de faramineux à son sujet, j’avais rangé le dossier quelque part et l’avais depuis oublié. Tout ce que j’avais appris d’intéressant était que son propriétaire était un « entrepreneur turc« . Pour des tas de raisons, et d’autres cas à étudier, comme le Belize et le Quintana Roo qui commençaient sérieusement à frémir, j’étais passé à autre chose et surtout à côté d’une affaire qui aujourd’hui prend un tout autre sens, puisqu’on vient à nouveau d’intercepter cet été un jet de même origine au Brésil cette fois, appartenant également à un turc (et piloté par un turc !) contenant pas moins de 1,3 tonne de cocaïne à son bord, une saisie record sur un seul avion. Mais celui-là ce sera pour plus tard, si vous le voulez bien. Revenons d’abord sur cet exemplaire et cette fameuse filière turque, passablement négligée, ici comme ailleurs il est vrai, et qui va nous réserver de belles surprises comme vous allez le lire…

C’est vrai que l’annonce encore de janvier 2018 du Curaçao Chronicle qui avait suivi (ici à gauche, c’était le rappel de la capture faite deux ans auparavant) n’était pas très folichonne, non plus, car bien trop floue : « le jet privé du trafiquant de drogue turc qui s’est fait prendre juste avant le départ de Curaçao l’an dernier (en fait c’est le 30 octobre 2016) a récolté 700 000 dollars lors d’une vente aux enchères sur Internet. On ne sait pas qui est l’acheteur. Cela a été vu sur le site Web de la maison de vente aux enchères BVA Auctions. La vente aux enchères a débuté le 15 décembre avec une enchère d’ouverture de 100 000 $. Au total, le site d’enchères a reçu 33 offres. Bien que l’avion doive encore être préparé pour le vol, le montant pour le Bombardier Challenger 601-3A semble une aubaine. Des avions similaires, pouvant accueillir onze passagers et dotés de toutes les commodités, démarrent à 2 millions de dollars sur les places de marché en ligne, si les prix sont déjà annoncés. L’ancien propriétaire voulait s’envoler pour la Turquie avec 289 kilos de cocaïne. Cependant, l’homme d’affaires turc a été arrêté par la police l’année dernière et a été envoyé en prison. Depuis, l’avion est au sol (…) Le produit ira, après déduction d’une redevance et d’une allocation de dépenses pour BVA, au ministère public (OM) de Curaçao. L’OM utilisera l’argent pour la prévention du crime, comme la soi-disant équipe de récupération des actifs. Ces policiers essaient de prendre le plus d’argent possible aux criminels' ». Certes, mais à qui appartenait donc cet engin ? à quels trafiquants ? Ah, ça, c’est le début de notre enquête tardive du jour…

Le Hezbollah, souvent accusé, rarement prouvé (hélas)

Plantons d’abord le décor. Avant ça, l’île de Curaçao avait déjà attiré l’attention il y aune dizaine d’années maintenant en 2009 avec le 28 avril pas moins de dix-sept suspects arrêtés pour trafic de drogue sur l’île caribéenne néerlandaise. Une surprise pour les autorités étaient les liens des trafiquants avec l’étranger : « dans une tournure significative, les autorités de Curaçaon ont annoncé que les suspects avaient des liens avec des réseaux internationaux du crime organisé liés au Hezbollah au Liban ; les suspects sont accusés, entre autres, d’avoir canalisé une partie de leurs revenus vers le Hezbollah par le biais de mécanismes bancaires informels (St. Maarten Island Times, 2 mai ; Netherlands Info Services News, 30 avril ; AP, 29 avril). Quatre ressortissants libanais figuraient parmi les personnes arrêtées en plus d’un nombre non précisé de Colombiens, de Vénézuéliens, de Cubains, de Curaçaons et de Surinamais (St. Maarten Island Times, 2 mai; NIS News, 30 avril). Les autorités de Curaçao ont signalé que des responsables des Pays-Bas, de Belgique, de Colombie, du Venezuela et des États-Unis ont aidé à l’enquête (St. Maarten Island Times, 2 mai; NIS News, 30 avril) ». A l’époque on ne parlait pas  encore d’avions, mais de barques, de speed boats ou de cargos, tous provenant du Venezuela :  : »Les suspects se seraient spécialisés dans l’exportation de cocaïne colombienne qu’ils ont obtenue de contrebandiers qui ont transporté la drogue à Curaçao à l’aide de hors-bord et de cargos océaniques qui ont embarqué du Venezuela. Le réseau de drogue aurait également importé des armes, des munitions et du haschich des Pays-Bas à Curaçao. Des sources à Curaçao ont rapporté que les suspects avaient mis en place un stratagème élaboré pour blanchir leurs profits illicites. Entre autres choses, les passeurs ont acheté des propriétés à Curaçao, en Colombie, au Venezuela, en République dominicaine et au Liban. Le contingent basé à Curaçao du réseau de la drogue, par exemple, exploitait des entreprises légitimes sur l’île qui servaient de sociétés écrans pour leurs activités illicites (St. Maarten Island Times, 2 mai; NIS News, 30 avril) ».  

Il y a plus de dix ans donc, l’île était déjà fort attractive pour les trafics, y compris le trafic aérien, mais plutôt via les vols aériennes publiques : « la proximité géographique de Curaçao avec la côte vénézuélienne en fait un point de transbordement idéal pour les stupéfiants – en particulier la cocaïne colombienne – les armes et autres produits de contrebande originaires d’Amérique latine et d’autres parties des Caraïbes destinés aux marchés internationaux. Les contrebandiers locaux et étrangers sont également connus pour exploiter les liaisons aériennes directes de l’île avec les Pays-Bas et pour resserrer les liens européens pour expédier leurs marchandises. La zone de libre-échange (ZLE) et les installations maritimes et portuaires de pointe qui ont fait de Curaçao une plaque tournante du commerce mondial légitime et du trafic de navires de croisière à passagers sont également propices à la contrebande et à d’autres activités illicites » .

Une manipulation, ou une affaire beaucoup plus simple ?

Tout a été bon pour masquer au maximum le rôle du Hezbollah, en réalité. La meilleure est celle qui suit. Suite aux arrestations de Curaçao, bizarrement un diplomate US, James E. Hogan (c’est en fait le vice-consul des Indes Néerlandaises sur place) disparaissait subitement dans la nuit du 24 septembre 2009 . En janvier 2010, un site russe en avait ses choux blancs, en accusant la DEA de chercher à tout prix des poux là où il y en a pas selon lui (cf envers  le Hezbollah surtout), laissant entendre qu’à force d’avoir orchestré un tel ramdam sur place les véritables trafiquants (« colombiens ») avaient pris le représentant US haut placé comme cible et l’avaient donc supprimé en représailles . Le texte était plutôt…vindicatif venait à l’aide surtout adu Venezuela allié de Moscou sous Chavez (président depuis 1998)  : « La DEA a essayé pendant une décennie mais n’a pas réussi à découvrir de liens entre le Venezuela et les groupes de drogue du Hezbollah, mais il ne fait aucun doute que de nouvelles campagnes de propagande ciblant le Venezuela sont en cours. Certains éléments du scénario fictif déjà livré selon lequel des bateaux à moteur rapides du Venezuela à Curaçao ont été divulgués aux médias. Les bateaux à moteur transportant de la drogue d’Amérique du Sud vers les îles des Caraïbes sont une réalité, mais la vérité est qu’ils sont enregistrés en Colombie. La DEA est connue pour donner le feu vert au trafic de drogue sous son propre contrôle tout en supprimant la concurrence dans le secteur très rentable pour les États-Unis (et la DEA), qui est posé par des acteurs «non affiliés». Les agences américaines considèrent Curaçao, Aruba et Bonaire comme leur propre arrière-cour. Pour la DEA, des épisodes à la hollywoodienne avec de mauvais flics mettant de la drogue dans les poches d’innocents, etc. sont une pratique courante. Sans surprise, certains pays d’Amérique latine expulsent des agents de la DEA et refusent de coopérer avec l’agence américaine. » Or, les speed-boats partaient bien du Venezuela, direction Curaçao ou Aruba, c’est difficile à nier (et aujourd’hui ce sont les avions)  !!

Huit jours après sa disparition, autre chant de sirène : on avait découvert grâce à un plongeur sur une plage des vêtements, un téléphone portable, porteurs des traces de sang contenant son ADNmais toujours pas son corps, et idem toujours en octobre. On en restera là pendant 4 années… sans aucune avancée notable . Mais patatras : le 15 février 2013, à la surprise générale, la justice US confirme la condamnation fin 2012 d’Abby Beard Hogan, âgée alors de 50 ans, la femme du diplomate, à un an de prison ferme, plus deux années de probation pour obstruction manifeste dans l’enquête sur son propre mari. « Selon des documents judiciaires, après des entretiens avec les forces de l’ordre,  Abby Hogan a supprimé plus de 300 e-mails de son compte de messagerie. Ces e-mails contenaient des informations dont Abby Hogan savait qu’elles étaient pertinentes pour des questions spécifiques qui lui avaient été posées par les forces de l’ordre. les e-mails contenaient également des informations qu’elle avait déjà déformées ou qu’elle avait sciemment omises lors de ses entretiens avec les forces de l’ordre, notamment qu’elle était engagée dans une liaison extraconjugale ; la nuit où James Hogan a disparu, le couple s’était disputé et il a quitté la maison en colère et bouleversé; et qu’elle ne voulait pas que les forces de l’ordre sachent ce qui s’était passé ce soir-là. » Et comme le corps n’a jamais été retrouvé, on n’avait pu la condamner pour meurtre, bien sûr. Tout l’argumentaire anti-DEA et pro-Hezbollah de Nil Nikandrov tombait cependant à l’eau, si je puis dire…

Le dossier explosif de 2021

Le rôle du Hezbollah, toujours très actif, vient pourtant à nouveau d’être montré et a été très bien expliqué ici avec la découverte en début d’année 2021 de la mise en place d’un réseau bien particulier à un endroit particulier  :   le 6 janvier 2021, la chaîne d’information du Golfe Al Arabiya a publié une révélation explosive. En 2016, un haut-placé du Hezbollah nommé Nasser Abbas Bahmad  (ci – dessous sa carte d’identité au Paraguay) est arrivé dans ce que l’on appelle la zone tri-frontière (TBA), où se rejoignent les frontières de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay ». On distingue tout de suite l’importance stratégique de l’endroit: un des gros porteurs de cocaïne rattrapé au Mexique à Cozumel fin janvier 2020 ( le GulfstreamN18ZL) avait fait un détour par l’Argentine; souvenez-vous, et l’argentin Frederico Machado était  l’un des acteurs majeurs du trafic avec ses deux sociétés d’aviation de Floride, South Aviation Incite et Pampa Aircraft Financing, (ou encore JF Aircop Inc) liées à Aircraft Guaranty Corporation très impliquée politiquement au Guatemala, il a été arrête le 16 avril dernier sur le Neuquen Airport- .Presidente Juan Domingo Perón (lire ici son cas). Cette région de Patagonie fort marquée par l’empreinte des anciens nazis réfugiés étant son fief.

« Sa mission apparente : établir une ligne d’approvisionnement de plusieurs tonnes de cocaïne d’Amérique latine vers les marchés étrangers afin de générer des fonds pour le groupe terroriste libanais Hezbollah. Des pièces d’investigation ont rapidement suivi dans la presse argentine et paraguayenne. 
Et ils sont sur quelque chose : une source policière de l’un des trois pays a déclaré à cet auteur, sous couvert d’anonymat, que Bahmad et son partenaire commercial, la ressortissante australo-libanaise Hanan Hamdan, avaient été mis sur une liste de surveillance américaine en décembre 2020. »
Le dossier fait part  autres affiliés, dont Ali Fawaz (ci-dessous à droite) et surtout des contacts évidents pris avec celui qui est considéré comme un des leaders du trafic, le dénommé Nadil Jebai.

En fait c’est la disparition soudaine sur place fin 2017 de cet homme qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs: « Comme si cela n’était pas assez déroutant, voici un autre mystère que les révélations médiatiques laissent en suspens. En décembre 2017, Bahmad, autrefois producteur de films connu pour ses talents de propagandiste mais apparemment sans aucune expérience des affaires, avait quitté la région pour ne jamais y revenir. GTG Global Trading Group S.A., la société qu’il a créée quelques mois seulement avant de disparaître, est en sommeil à ce jour. Pourquoi Bahmad a-t-il disparu avant le premier envoi de son produit du Paraguay ? Les autorités locales ont-elles contrecarré sa mission ? Est-ce que quelqu’un l’a vexé ? Ou le producteur a-t-il produit, c’est-à-dire a-t-il accompli sa mission, ne lui laissant aucune raison de rester dans la TBA ? A-t-il trompé tout le monde, établi sa ligne de ravitaillement et l’a placée entre des mains de confiance avant de disparaître ? » A gauche, Bahmad et Jebai en voiture relevés dans le dossier.

Le coup du charbon de bois, c’était lui aussi, certainement 

Le dossier à charge contre Bahmad contient une description intéressante des méthodes du Hezbollah, inspirées de celle des mafieux  irlandais (je venais juste de vous en parler: « le 28 novembre 2017, un conteneur maritime en provenance de Chine continentale est arrivé à Terport, un petit port privé près d’Asunción, la capitale du Paraguay. Selon le dossier du renseignement argentin Encripdata, Nasser Abbas Bahmad avait stocké plus de 12 tonnes de charbon de bois dans la zone douanière de Terport, prêt à être emballé et expédié une fois les sacs de l’entreprise arrivés par conteneur. Mais les autorités douanières n’ont libéré le conteneur que le 16 janvier 2018, lorsqu’une équipe d’enquêteurs paraguayens l’a inspecté. Ils suivaient un indice. Le propriétaire de la cargaison, une nouvelle société d’import-export au Paraguay appelée GTG Global Trading Group S.A., aurait servi de couverture à un programme mondial de narcotrafic naissant du Hezbollah. GTG au Paraguay est une filiale de GTG Global Trading Group Pty LTD, une société australienne homonyme basée à Sydney. Les enquêteurs paraguayens pensaient que les propriétaires du conteneur étaient dans le pays depuis plus d’un an, déguisant de la cocaïne en briquettes de charbon de bois normalement utilisées pour alimenter les narguilés libanais. Les trafiquants de drogue inventent toujours de nouvelles façons ingénieuses de camoufler la cocaïne. Les cartels emploient des ingénieurs chimistes aux deux extrémités du commerce pour composer et colorer la cocaïne afin qu’elle ressemble à du charbon de bois. Les cartels cachent ensuite la cocaïne au hasard dans de plus gros sacs de charbon de bois authentique ». L’homme visé derrière le groupe GTG étant Moghammad Ibrahim Bazzi, le principal financier du Hezbollah, mis en cause ici par les USA. Une organisation tentaculaire, répartie sur plusieurs continents selon l‘OFAC  (Office of Foreign Assets Control), en mai 2018; « plus précisément, l’OFAC a désigné le conglomérat belge de services énergétiques, Global Trading Group NV ; une société de pétrole et de produits pétroliers basée en Gambie, Euro African Group LTD ; et Africa Middle East Investment Holding SAL, basée au Liban, et Premier Investment Group SAL Offshore ; et Car Escort Services S.A.L. Off Shore (CES), une société d’import/export basée au Liban. Il s’agit de la troisième action au cours de la semaine dernière au cours de laquelle l’OFAC désigne des terroristes ayant un lien avec la Banque centrale d’Iran ».

Dans le tableau de chasse du Trésor US (ci-dessus, on notera aux côtés d’Ibrahim Bazzi celui d’Abdallah Agi-Al-Din (aussi appelé Abdullah Saffiedine), également celui du dictateur déchu de Gambie, Yahya Jammeh, exilé en Guinée Equatoriale et celui d’une vieille connaissance libanaise, Ayman Joumaa, cité il y a 10 ans déjà (1). « Société détenant les droits exclusifs d’importation de carburant en Gambie, Euro African Group serait en réalité la propriété de Yahya Jammeh. Il en aurait confié la gestion à Bazi pour passer entre les mailles des filets. D’ailleurs, une enquête a été ouverte par les nouvelles autorités gambiennes pour faire la lumière sur le financement occulte dont la fondation Jammeh pour la paix aurait bénéficié de la part de…Euro African Group. En effet, entre 2012 et 2013, Jammeh aurait détourné 8 millions de dollars à travers sa fondation. Rien qu’en 2013, cinq versements ont été effectués sur le compte de la Fondation Jammeh logé à la Trust Bank par Euro African Group. Pour autant, Mohammed Bazi qui est désormais considéré comme un terroriste international » note Dajkar Actu.

Yammeh et ses avions à coke : « l’Iliouchine IL-62M a été acheté en 1999 par la Gambie à Viktor Bout, surnommé le « marchand de mort » , célèbre trafiquant d’armes russe qui purge désormais une peine de vingt-cinq ans de prison aux Etats-Unis. « Il y avait d’abord ce seul avion, gardé par la NIA [les services secrets gambiens], puis on en a vu un second stationner à côté », explique Ousmane. En 2006, la présidence gambienne fait l’acquisition d’un Boeing 727 pour remplacer l’Iliouchine qui n’avait plus le droit, pour des raisons de sécurité, de se poser dans certains aéroports occidentaux. Ce deuxième avion était absent lors de notre visite à l’aéroport de Banjul, début décembre. « La première dame l’utilise souvent pour aller faire des courses à New York », souffle à Dakar une hôtesse de l’air qui a travaillé à bord de la flotte présidentielle. » » A bord s’était aussi trouvé Pierre Dadak, l’avion faisant aussi dans le commerce d’armes… le 727 était le C5-GAF, l’Ill 62 le C5-RTG. Deux épaves, aujourd’hui (voir les clichés ci-dessus). Sur Dadak lire ici le chapitre « un autre cas pendable ». il voyageait à bord d’un Bombardier Global Express XRS offert au dictateur par le milliardaire gambien Basiru Jawara. Yammeh possédait en plus un Challenger 601 (CL-600-2A12; le C5-AFT, ici à droite,  toujours stocké, mais à Cologne / Bonn (sur l’aéroports Konrad Adenauer! )  » et deux petit épandeurs« … que nous connaissons bien ici, depuis peu…
!!

« Le charbon de bois n’est pas étranger à de tels stratagèmes. Il y a eu de nombreux cas au cours de la dernière décennie de cartels utilisant du charbon de bois pour faire passer de la cocaïne en contrebande – on ne sait pas si le Hezbollah était impliqué. L’opportunité d’une telle contrebande depuis le Paraguay est énorme. Selon l’Observatoire de la complexité économique, le Paraguay était en 2018 le huitième exportateur mondial de charbon de bois, avec une part de 2,69 % du marché mondial. En 2019, le Paraguay a glissé à la 12e place mais a augmenté sa part de marché à 2,8%. Que le charbon de bois du Paraguay soit devenu une couverture pour des expéditions de cocaïne de plusieurs tonnes n’est pas en cause. Les autorités paraguayennes et espagnoles ont récemment saisi deux grosses cargaisons de cocaïne cachées dans des sacs de charbon de bois. Le premier, en octobre 2020, était un envoi de trois tonnes de cocaïne, trouvé dans le même port où le conteneur d’origine de Bahmad a été inspecté. Le second, en décembre 2020, était une cargaison de deux tonnes de cocaïne, que les autorités espagnoles ont saisie au port d’Algésiras. Le charbon de bois utilisé pour dissimuler la drogue provenait du Paraguay. Personne ne sait encore si ces envois font partie de la chaîne d’approvisionnement en cocaïne prétendument mise en place par Bahmad, bien que les responsables qui ont parlé à cet auteur sous couvert d’anonymat aient identifié l’une des sociétés impliquées comme étant possiblement liée à l’opération Bahmad ».

Bref, notre homme aurait bien été impliqué dans ce trafic mêlant une ancienne star de la télévision et qui a mis sur la sellette Arnaldo Giuzzio, le ministre du Senad. « Basée sur des dizaines d’entretiens avec des sources confidentielles, des documents obtenus auprès d’informateurs du renseignement régional et des recherches open source, cette étude révèle l’histoire singulière de Nasser Abbas Bahmad et son incursion en Amérique latine. Son histoire illustre à son tour comment le Hezbollah a établi sa plus grande laverie financière en Amérique latine et comment, malgré les efforts des forces de l’ordre américaines et sud-américaines, il tourne à plein régime et finace l’armement des ennemis de l’Amérique et d’Israël ». (écrit le site… partisan).

Une filière bien présente vers la Hollande

La filière des Pays-Bas en partance de l’île s’est constituée et a existé tôt, dès le milieu des années 90 avec des gens comme Robert Mink Kok (ici à gauche), un ancien commando des Marines hollandais associé au à l’ancien chef du bureau de la DEA au Costa Rica devenu délinquant, Robert Nieves (que l’on a retrouvé dans le dossier des Contras !). Un pionnier en tout, réfugié un temps en Israël (lire ici) et qui a fait très tôt le lien avec les armes :  le propre frère de Mink Kok, Zakaria Koleilat, qui a été arrêté en Belgique, avait été mêlé en août 20112 à l’atterrissage du Bombardier BD-700 Global Express, rempli de sacs de la Croix-Rouge pleins de cocaïne immatriculé 9H-FED d’une société d’aviation suisse (Hyperion Aviation), enregistrée à Malte (?) qui s’était posé en express sur l’aéroport de Grandes Canaries, au prétexte de faire du kérosène, car il venait du Venezuela, via Trinidad et Tobago. L’avion avait décollé au départ du Valencia’s Arturo Michelena airport, il était surveillé depuis lors par la DEA US . Le trafic vers l’Europe se faisait surtout par voiliers : En 2015, par exemple,le Golem, un grand voilier de 56 pieds, un sloop de type Nordia avaité été arraisonné en face de l’estuaire de Rye (dans le Sussex, en Angleterre), avec deux marins hollandais à bord. Raymond Aalders, 47 ans et le skipper, Hendrik Brugmans, 69 ans, qui a reçu 1,2 million d’euros du premier, marin inexpérimenté, pour faire le trajet. La drogue était cachée un peu partout dans le voilier, qui avait donc été spécialement préparé : il en était truffé. Le Golem sera remis en vente lui aussi en août 2016. Il a atteindra 95 000 livres seulement, pour une valeur estimée de 330 000.

Une filière hollandaise florissante qui doit tout aux banques, complices !

C’est le journal Duch News qui met les pieds dans le plat le 26 octobre 2a020 avec un excellent article d’analyse qui explique pourquoi autant de trafiquants hollandais sont régulièrement arrêtés lors de grosses prises par la police européenne :  « les discussions sur le fait que les Pays-Bas deviennent un « narco-État » sont monnaie courante dans certaines parties des médias néerlandais depuis un certain temps. Un nouveau livre prétend dévoiler l’ampleur réelle du problème et suggère une nouvelle voie à suivre. La politique nationale à l’égard de la consommation de drogues illicites est tristement tolérante et considérée par de nombreux observateurs étrangers comme un exemple pour le monde. Cependant, la montée des meurtres, des enlèvements et des attentats à la bombe très médiatisés a révélé un côté plus sombre de l’approche du pays. Pieter Tops, professeur à l’Académie de police néerlandaise, enquête depuis plusieurs années sur la pègre avec le journaliste Jan Tromp. Leurs recherches, détaillées dans un nouveau livre affirment que le problème est encore plus grave que les gens ne l’imaginent. En l’absence de tout traitement international sérieux sur la politique en matière de drogue, les Néerlandais doivent trouver une nouvelle façon de faire face à leur situation de plus en plus dangereuse, soutiennent-ils. »

Nous avons trois explications principales :

-Premièrement, toutes les caractéristiques et caractéristiques de notre pays qui le rendent attrayant pour les investissements économiques légaux le rendent également attrayant pour les investissements illégaux. Nous avons une infrastructure solide, pas seulement nos routes et nos ports, mais aussi notre infrastructure financière et numérique. »

« -Deuxièmement, notre système pénal. Il vise à contrer les criminels mais, dans ce pays, il les attire. Une étude de 2018 a montré que les Pays-Bas avaient les peines les plus basses pour les infractions en matière de drogue. Certains criminels à qui nous avons parlé disent qu’il s’agit d’une attraction majeure, souvent sans que nous le demandions. » »

-Troisièmement, la tolérance construite envers les drogues après les années 1960 a eu un impact important sur nos politiques – le gedoogbeleid polarisant qui permet la consommation mais pas la production, par exemple. Nous avons subi des pressions d’autres pays pour changer cela; La Suède dans les années 1970, la France dans les années 1990, l’Amérique plus récemment. Mais cela a toujours disparu. Ces caractéristiques, lorsqu’elles sont vues ensemble, créent un environnement idéal pour le commerce de la drogue. »  Un commerce comme beaucoup d’autres : en évolution constante (1).

Le rôle de la Hollande vient d’être décrit par le Canard Enchaîné qui reprend l’article au vitriol de l’auteur de Gomorra, Roberto Saviano, repris dans Courier International au sujet de l’encadrement du système bancaire trop laxiste dans le pays : cela fait suite à l’assassinat par la mafia du journaliste très respecté Peter R. de Vries (ici à gauche) qui a provoqué une grande émotion aux Pays-Bas. « vous vous retrouvez avec une capitale où les narcotrafiquants sont aussi violents que dans lers banlieues de Lagos, prêts à assassiner un journaliste en plein cœur d’Amsterdam«   écrit Saviano. Il fustige, sans détours, faisant du pays « un territoire off-shore « , et qui permettent à ce trafic d’exister : au passage est cité …Aruba, justement, la voisine de Curaçao !!!

Retour au Liban : le hasch, et plus si besoin…

En réalité, pour revenir à notre point de départ et le Liban, il faut bien constater que peu d’éléments de preuve corroboraient ces prétendus liens avec le Hezbollah, à part l’omniprésence de libanais, mais en Equateur un groupe de trafiquants arrêtés menaient à la même piste : « selon des responsables équatoriens, les suspects, qui comprenaient des Libanais, des Syriens, des Équatoriens, des Colombiens, des Algériens, des Nigérians et des Turcs, auraient transféré 70 % de leurs bénéfices au Hezbollah. Le chef du groupe, Rady Zaiter (alias David Assi Alvarez et Almawla Fares), était un ressortissant libanais recherché pour trafic de drogue en France (CRE Satelital [Guayaquil], 21 juin 2005). L’arrestation et l’extradition de Zaiter vers la France ont conduit à d’autres arrestations de complices présumés impliqués dans son opération antidrogue au Brésil et aux États-Unis (Le Temps [Suisse] 27 juin 2005). Comme dans les cas précédents, aucun détail concret expliquant le lien exact du Hezbollah avec les activités criminelles de Zaiter n’est jamais apparu ». Le gang dirigé par Zaiter opérait, selon la police à Guayaquil vers les États-Unis, l’Europe et l’Asie transportant la drogue dans des valises à double fond, qui n’étaient pas suivies, car ils avaient l’aide de responsables des aéroports de Quito. et Guayaquil. Les Zaiter (ou Zeaiter) , c’est une dynastie libanaise liée à la drogue, et plutôt le haschich qui pousse comme champignon dans la plaine de la Békaa: son neveu Nouh Zeaïter et son  fils continuent aujourd’hui le trafic. Hussein Zeaïter, est considéré comme le Libanais le plus dangereux impliqué dans le trafic de drogue vers le Koweït et le Golfe. Il a été condamné à 90 ans d’emprisonnement et figure sous mandat d’arrêt international lancé par Interpol.  En 2015, une série de photo s de Nouh Zeiter avec des soldats du Hezbollah(ici à droite et à gauche), dont le responsable du secteur de Baalbeck, Hussein Nasrallah, a relancé l’idée du lien, évident selon beaucoup d’observateurs. En 2019, l’armée libanaise avait bien annoncé la saisie dans une des fermes de  Zziter d’ « une grande quantité de haschisch, équivalent à près de 20 chargements de camion »... mais pas de qui freiner son immense empire… lié à la cocaïne mais aussi au captagon avec son collègue Hassan Srour (alias Abou Abdo) et les deux autres grands trafiquants syriens Mohammad Chéhadé  (alias Abou Abbas) et Khaldoun Al Ghoufeily alias Abou Méchaal, Abou Ahmed, Khaled Al Khalid, Al Khan – « l’oncle »). Tous trois arrêtés depuis. En bon agitateur, Nouh Zeiter soutien actuellement tous les mouvements contre le pouvoir au Liban… en se présentant comme leur Robin des Bois (à la Kalachnikov ou au fusil d’assaut US) !! Ajoutant encore au chaos du pays qui n’en finit pas. Nouh a aussi été photographié en 2018 en Syrie, à Homs, en compagnie de Waseem Badee al-Assad, leader d’une milice et cousin du président (ici à droite).

Curaço, paradis… des trafiquants (et dirigeants) vénézuéliens ?

Jusqu’ici, je n’avais que peu évoqué Curaçao. Lors de l’étude de la circulation des avions vénézuéliens j’étais cependant quand même tombé dessus, via leurs célèbres occupants :  « l’ex-agent colombien Piedad Córdoba et les ministres vénézuéliens Jorge Arreaza et Elías Jaua – ainsi que les membres des FARC – voyagent constamment à travers deux avions, un code Gulfstream G280 et un code Learjet N671CB ».  Et j’avais ajouté plus loin que  « les deux appareils sont inscrits aux Etats-Unis dans une coquille vide (ou trop pleine ?) bien connue.  Qui dissimule leur vrai propriétaires selon Rojos qui les aurait retrouvés, ou plutôt leur propriétaire unique. « Selon les enregistrements de vol, seulement depuis octobre de l’année dernière, l’avion du code N259FG a traversé le hangar présidentiel trois fois, en prenant des passagers à Palm Beach et à Miami, en Floride; les plages de Punta Cana en République dominicaine et en Espagne; tandis que l’avion du code N671CB a voyagé l’année dernière au paradis de Curaçao … Sencillito (nous y voilà).  Le propriétaire étant l’homme d’affaire colombien « Alex Nain Saab Morán du Global Construction Fund (Fonglocons) qui a remporté des contrats millionnaires au cours du régime de Chávez pour la Grande Mission du logement au Venezuela « (son histoire est décrite ici) ».  L’avion est vu ici à St-Martin, autre lieu de villégiature réputé… le même Saab attend aujourd’hui d’être extradé aux USA, capturé il y a 14 mois au Cap-Vert .

En direct en 2015 qui mène à une bonne piste : un avocat US

Les livraisons par avion sont venues un peu plus tard, donc. Au dessus d’Aruba le 29 janvier 2015 on avait pu assister en direct à une livraison ratée de coke par avion au-dessus de Boca Druif. Ce soir-là, une chaîne de TV en train de tourner un spot publicitaire avait soudain  tourné vers  le ciel en voyant une lueur intense qui se déplaçait, bientôt suivie d’une longue fumée blanche : c’était en fait un avion, le 29 janvier 2015 Challenger 601 de Dinama Aircorp immatriculé N214FW (ex N710GA qui avait été peine repeint) qui était en feu, après avoir décollé d’une piste clandestine en Apure et après avoir été poursuivi et s’être fait tirer dessus par des avions vénézuéliens (d’aucuns pensent plutôt colombiens). Trois corps avaient été retrouvés et près de 400 paquets de coke disséminés par le crash.

Cet avion nous avait amené directement à un homme-clé, dont je vous avais dit ceci sur ces pratiques, pas très éloignées de ,(alias « Debra » ou Debbie » lire ici ses mésaventures), qu’il avait donc précédé à la manœuvre et moult fois cité ici  : Conrad Kulatz (vous vous rappelez du nom ?), au sein de Secure Aircorp Inc avait servi en fait pour enregistrer auprès de la FAA des avions pour les propriétaires étrangers, dont des trafiquants de drogue notoires. L’avion tombé à Aruba et filmé par, Jeroen Lucas, immatriculé N214FW, appartenait en fait à deux responsables de gangs de dealers colombiens connus, Dicson Penagos-Casanova et Juan Gabriel Rios Sierra (ici à gauche), qui l’avaient enregistré sous le nom discret de Dinama Aircorp Inc, déposé (bien sûr) au Delaware. Une société gérée par l’avocat d’affaires Conrad Kulatz  qui a toujours ainsi passé  inaperçu, comme ses clients, on le constate amèrement t aujourd’hui, après coup.

Les deux lascars arrêtés ont été extradés le 5 octobre 2016 vers les USA : leur acte d’accusation se concentrait sur « deux expéditions aériennes en janvier et mai 2015 avec un total de 2 880 (environ 3,2 tonnes) de cocaïne, qui a une valeur de gros sur le marché noir d’environ 72 millions de dollars. Les deux envois ont été coordonnés par Penagos et Rios et ont finalement été récupérés par les forces de l’ordre internationales après le crash des deux avions (le premier étant donc le Hawker de notre fameux Mormon  qui avait été poursuivi en 2015 par l’armée de l’air colombienne, tout se relie !). « La cargaison de cocaïne de janvier 2015 a été abattue par l’armée de l’air vénézuélienne peu après le décollage » (ça reste flou, on pense « plutôt que ce sont les colombiens qui l’ont abattu). « Peu de temps après, les forces de l’ordre néerlandaises ont récupéré des colis de cocaïne de la taille d’un kilogramme qui flottaient dans la mer des Caraïbes près d’Aruba. L’avion de mai 2015 s’est écrasé dans la mer des Caraïbes près du port colombien de Barranquilla après une panne de son moteur. »

Déjà  aussi, avec cette affaire, on avait appris que le Cartel de Los Soles vénézuélien veillait à la bonne marche du trafic pour bénéficier d’une quote-part !! Et qu’à partir de là aussi tout le ramdam fait sur de prétendues captures qu’il orchestrait à chaque fois n’était qu’un grotesque cirque servant d’écran de fumée  aux généraux complices !!! Dicson Penagos-Casanova, 36 ans, et Juan Gabriel Rios Sierra, 34 ans (ici à gauche), « sont accusés d’avoir dirigé le complot visant à « coordonner les expéditions aériennes de tonnes de cocaïne » à vendre à des « syndicats de trafiquants de cocaïne » en Amérique centrale. Plus précisément, Penagos et Rios « transporteraient la cocaïne par voie terrestre depuis les laboratoires de production situés à l’extérieur de Meta, en Colombie, vers des installations de stockage souterraines près des pistes d’atterrissage clandestines dans le département d’Apure occidental du Venezuela ». Ils « s’organiseraient pour que des pots-de-vin soient versés à l’armée et aux responsables gouvernementaux vénézuéliens » dans le but de garantir que les avions transportant des charges de cocaïne « puissent traverser en toute sécurité l’espace aérien vénézuélien ». En utilisant des jets qu’ils ont acquis « par l’intermédiaire d’acheteurs de paille aux États-Unis » (exemple Kulatz !) , Penagos et Rios embaucheraient des pilotes pour transporter la cocaïne vers les « centres de distribution d’Amérique centrale », où les drogues seraient déchargées « pour une distribution ultérieure » à Los Angeles et ailleurs. aux États-Unis et au Mexique. »

J’ai relaté ici les faits dans l’épisode du 4 avril 2015  « Coke en Stock (LXXVIII) : un second jet en janvier dernier ». C’était un vieux lévrier du ciel datant de 1983 : l’appareil avait connu pas moins de 27 inscriptions au registre de l’aviation depuis son premier vol en juillet 1983… et changé 8 fois de numérotation pour finir chez Dinama ! Un site, Crash-Aérien Aero, a proposé à l’occasion une forte intelligente carte montrant la célèbre limite des eaux territoriales du secteur (l’espace aérien aussi), pour montrer qui a le droit d’abattre quoi … « un imbroglio » selon lui : pour sûr !

La pêche fructueuse de ces derniers mois 

Le trafic  perdure autour de l’île et même s’amplifie. Le 5 août 2019; la marine vénézuélienne découvre un bateau à demi submergé dérivant en face de Curaçao (ici droite).il semble s’être sabordé à l’arrivée des hommes armés .A bord 10 hommes… et 800 kilos de cocaïne, qui ne seront découverts qu’une fois le navire remorqué et mis au sec, car ils étaient profondément dissimulés dedans au fond de la cale. Plusieurs heure auront été nécessaires pour les sortir.

Le 23 août suivant, idem ou presque : un petit navire suspect à l’allure surprenante (ici à gauche) est repéré près de Caracasbaai, venant de Bonaire. Les policiers d’un brigade spécialisés appelée Metal Shark finissent par le retrouver, il s’est réfugié dans le port de pêche de la baie de Caracasbaai. Lors du contrôle policier, trois sacs contenant différents emballages de stupéfiants sont trouvés. A gauche ici le navire, à droite la coke saisie sortie des sacs étalée sur le quai. Le tonnage intercepté n’est pas précisé. On relève 62 paquets, c’est peut-être donc bien 62 kilos qui auraient été capturés ce jour-là.

Cet été, le 14 août 2021, rebelote : les garde-côtes de Curaçao aidés par un hélicoptère NH90 du patrouilleur ,de la Marine royale néerlandaise, le Zr.Ms. Holland alors dans les parages, ont intercepté un hors-bord (ici à gauche ça en est un autre) avec à son bord douze contrebandiers, et de la drogue. Des coups de feu ont été échangés, les trafiquants refusant de s’arrêter malgré les tirs de sommation préalables. Selon, RTLNieuws « le bateau a commencé à couler et les personnes à bord ont été secourues. 45 colis contenant 1 325 kilos de drogue ont également été repêchés hors de l’eau. Il s’agit de 1050 kilos de cocaïne, d’une valeur marchande de 52 millions d’euros, et de 275 kilos de marijuana. Les suspects ont été remis à la police locale. Le Premier ministre Pisas de Curaçao a rendu visite aux garde-côtes. Il parle d’une belle action réussie en collaboration avec la police et le service d’immigration de l’île ». A gauche la drogue remontée sur le patrouilleur néerlandais et ci-dessous à droite débarquée.

La découverte de la longue barque  était due à un avion de surveillance de type Dash 8 de la Caribbean Coast Guard(le C-GPAB ou le C-GRNN du KWCARIB – Kustwacht Caraïbisch Gebied (3), soit  la Garde côtière du Royaume des Pays-Bas dans les Caraïbes néerlandaises) que l’on voit passer sur une des vidéos montrées (ici à gauche  en vol et de façon plus reconnaissable sen dessous). C’est lui qui a pris grâce à sa boule FLIR les images de loin de l’embarcation (ici à gauche).  Les douze hommes arrêtés sans trop de surprise sont tous vénézuéliens. « Le peñero était vraisemblablement parti jeudi après-midi d’une plage de l’État de Falcón. Il transportait 45 ballots contenant 1 050 kilos de cocaïne et 275 kilos de marijuana. » précise-t-on. Falcon, Zulia, les Etats points de départ habituels, par avion comme par bateau, donc.

Et notre fameux Challenger abandonné à Curaçao qu’est il devenu ? Ou plutôt pourquoi l’avait-on retrouvé là, au fait ? Ah, ça, nous le verrons demain si vous le voulez bien !

(1) Le système mis en place se retrouve aussi concurrencé par l’arrivée des nouvelles drogues synthétiques : leur production sur place, décrite dans cet hallucinant reportage de Die Welt (DW) de février 2019 titré « Drogues hollandaises : « Breaking Bad » à Tilburg » :

La région de Tilburg, dans le sud des Pays-Bas, a acquis la réputation d’être la capitale mondiale de l’extase. Les autorités peuvent-elles trouver un moyen de freiner l’énorme production de MDMA de la région ? Rapports de Rosanne Kropman.

Un garage à Tilburg
Gilze et Rijen sont en fait deux villes séparées par des voies ferrées, une autoroute et un aéroport, mais aux Pays-Bas, elles sont souvent mentionnées d’un seul coup : Gilze-Rijen, une municipalité apparemment ordinaire qui abrite quelque 26 000 personnes dans le sud Province néerlandaise du Brabant. Les maisons y bordent les rues en rangées ordonnées; les cours avant ont été ratissées. Les quartiers résidentiels sont calmes en semaine : à part quelques résidents âgés promenant leurs chiens, les rues sont vides. Les gens sont au travail, les enfants sont à l’école.L’un de ces quartiers tranquilles abritait Fred’s Garage jusqu’en décembre dernier. Fred, ou Freddie T. comme l’appelle maintenant la presse néerlandaise, y réparait de vieilles voitures et cyclomoteurs. Deux chars de carnaval voyants avaient rejoint le désordre dans sa cour. Un grand conteneur d’expédition s’était également échoué parmi les vieilles voitures ; les habitants de la rue Van Gogh n’avaient aucune idée qu’elle abritait une Audi volée jusqu’à ce que la police la découvre lors de leur raid. Et, disent ces voisins, personne n’était au courant de l’énorme laboratoire de drogue trouvé dans le sous-sol du garage de Fred juste avant Noël. Le 18 décembre, la police a trouvé au rez-de-chaussée de l’habitation une réserve de produits chimiques suffisamment importante pour alimenter une petite usine chimique : barils d’acétone, d’acide formique, d’acide chlorhydrique.

Cuisine extasique 
En dessous d’eux, dans une cave bien cachée (ci-dessus à droite) , se trouvait la « cuisine » où était fabriquée la MDMA, principe actif de l’ecstasy : brûleurs à gaz, casseroles et poêles, deux congélateurs, fers servant à sceller les sacs en plastique. Il y avait même un coin salon où les cuisiniers pouvaient se détendre : une table et un vieux canapé. Des semaines après le raid, l’endroit sent encore aigre, comme si vous respiriez profondément une bouteille de vinaigre arrosée d’un gros jet d’acétone.
Jerricans contenant des produits chimiques broyés en petits  éclats. Après utilisation, les jerricans contenant des produits chimiques étaient broyés en petits éclats. La police les a trouvés cachés au fond du terrain. La quantité de déchets chimiques que la police a trouvée dans la cave indique que le laboratoire fonctionnait depuis des mois, voire des années. La police estime la valeur marchande des pilules à des dizaines voire des centaines de millions d’euros. « C’est devenu complètement incontrôlable », a déclaré le maire Jan Boelhouwer à l’hôtel de ville, qui se trouve à moins de 500 mètres (547 mètres) du laboratoire de drogue désormais fermé. C’est le plus grand laboratoire trouvé dans sa communauté jusqu’à présent, mais certainement pas le premier. Il ne se passe pas un mois sans que le maire n’encombre des bâtiments où l’on fabrique de la drogue ou où l’on cultive du cannabis. « 

(2) « A Pointe Noire, c’est le même schéma, décrit par un journaliste Christophe Champin de RFI, reliant des libanais dont Mohammed Karroubi, et le chef d’état-major de l’armée de l’air de Guinée N-Bissau, Ibrahima Papa Camara, et Jose Américo Bubo Na Tchuto, et l’ancien chef d’état-major de la Marine, tous deux présentés comme les grands responsables du trafic de drogue… le lien entre la Guinée Bissau et le port de Pointe Noire existe, pour sûr.  » Et le  » gourou  » de ce trafic s’appellerait Ayman Joumaa. Lui qui selon OFAC, « a coordonné le transport, la distribution et la vente de cargaisons de plusieurs tonnes de cocaïne à partir de l’Amérique du sud et a blanchi les bénéfices de ce trafic en Europe et au Moyen-Orient  » avais-je précisé. Tout cela avec au bout la banque libano-canadienne LCB,huitième plus importante banque libanaise, installée à Beyrouth chargée de blanchir l’argent sale du trafic. Pour blanchir, c’est un réseau de vente de voitures qui avait été mis en place : « une des façons de blanchir l’argent de la drogue, a expliqué M. Levey, consistait à transférer les fonds aux États-Unis pour acheter des voitures d’occasion qui étaient ensuite revendues, avec profit, en Afrique de l’Ouest. Stuart Levey a ajouté qu’un émissaire du Hezbollah avait été envoyé en Iran afin de mettre en contact des officiels iraniens et des cadres de la LCB ».

Les autres banques impliquées étant l’Hassan Ayash Exchange Company,l’Ellissa Exchange Company, et là New Line Exchange Trust Co. Toutes liées au Hezbollah  ! Il n’y a pas de trafic sans blanchiment ! » Le voitures étaient stockées à Cotonou (près des quais du port- cf ci-dessus) . Elles seront l’objet d’un rapport du FBIN fort critique envers Obama, qui l’aurait laissé filer comme monnaie d’échange avec l’Iran sur sa filière nucléaire; une concession faite au Hezbollah, selon le terrible rapport (lire ici) !

(3) « Ces deux Dash 8 sont équipés de moyens modernes de jour et de nuit pour obtenir des résultats optimaux dans l’exercice de ses fonctions. Ces ressources comprennent des trappes lâchant des radeaux de sauvetage et des bouées dérivantes, un projecteur de haute puissance dans le nez de l’avion dans le but de voir et d’être vu dans les situations de recherche, un radar et un système logiciel de communication et d’interconnexion. Outre ces fonctions, le Dash 8 peut être déployé avant, pendant et après les passages d’ouragans pour déplacer des personnes et des ressources vers les zones qui ont besoin d’aide. Pour ces missions, le Dash 8 sera converti en configurations d’avions de transport. »

 

 

Autre source passionnante  : ici le très long très bon texte sur la situation catastrophique à Curaçao  :« SHURENDY ‘TYSON’ QUANT AND HIS NO LIMIT SOLDIERS. » paru le 7 avril 2021. Chez Soualiga Youth, un organisme humanitaire né en 200 à Groningen. Excellent !

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Le centenaire d’Yves Montand l’engagé

« Tout ce qu’on peut dire et tout ce qu’on peut faire, en définitive : ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *