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Coke en stock (CCCLI): l’intriguant avion d’Aruba

Nous étudierons aujourd’hui plus en détail un étrange et vieil avion saisi à Aruba, qui n’a pas du tout transporté l’or de Maduro, ce dont on l’avait accusé à tort, comme on va le voir.  Il n’a pas non plus transporté de mercenaires comme on aurait été fort tenté de le croire…  Ce dont on peut fortement le soupçonner, c’est ce dont je vous parlé ici depuis des lustres, car son dernier propriétaire, avant qu’il ne se fasse rattraper, était un broker qui a alimenté pendant des mois les trafiquants en avions en fin de vie, prêts à effectuer un dernier trajet fort  rémunérateur. Il attendait très certainement de subir le même sort. Un étrange avion en tout cas, qui fut aussi un temps l’avion d’un libanais célèbre, grand ami de Jacques Chirac  ! 

L’avion dont on ne voulait pas parler à Aruba : la fausse piste, d’abord

Et puis dans ce brouhaha ou cette cacophonie entretenus à propos des livraison d’or vénézuéliennes, un énième avion apparaît à la mi-février 2020. C’est à Aruba, comme je vous l’avais laissé entendre. Et celui-là va nous confirmer ne fait pas mal de choses, l’air de rien. L’affaire demeure confuse, et pour une raison première assez inattendue. Sur l’île on ne pratique ni l’anglais ni le néerlandais. Comme à Curaçao, sa voisine, on parle en effet… le papiamentu. Un beau méli-mélo linguistique « un créole à base d’espagnol, de néerlandais, de portugais, de français, d’anglais, de langues africaines et de langue arawak » essaie ce nous expliquer Wikipedia. Et le problème, c’est que les seules informations venant de visu sur cette arrivée impromptue d’avion ont ainsi été rédigées dans ce galimatias incompréhensible. Ne cherchez pas de traducteur en ligne, il n’y en a pas ! On comprend vite malgré tout que l’on fait tout pour ne pas que ce cet avion un transfert d’or, les autorités de l’ile le clamant haut et fort dès son arrivée. Et encore une fois cela aurait été l’or de Maduro !!!

Tout est venu encore une fois d’une source peu sérieuse mais portant récompensée : « l’information a d’abord été diffusée via le portail First Report et a été écrite par Casto Ocando, un journaliste antichaviste« Emmy Award-Winner Investigative Reporter »(à gauche montrant son trophée) selon  son compte Twitter bien présomptueux, qui a été lié dans le passé à d’autres rapports sur le Venezuela qui ont fini par être de fausses nouvelles. Selon Ocando, « un avion qui avait décollé d’une route isolée à la périphérie de Ciudad Bolivar a été arrêté par les autorités d’Aruba après avoir tenté un atterrissage d’urgence à l’aéroport Queen Beatrix de l’île ». 

Et notre conteur primé de continuer et de se faire aussitôt contrer : « Ocando dit dans le rapport que l’avion transportait 932 kilos d’or de haute pureté, près d’une tonne, emballés dans des valises de luxe. Il a précisé que l’or prétendument « saisi » a une valeur de 50 millions de dollars. La note ne cite aucun officiel ni ne propose de photos ou de vidéos de la capture, mais fait remarquer que l’avion a été arrêté pour avoir utilisé l’immatriculation américaine N36754, qui correspond en réalité à un avion monomoteur américain dont le dernier vol qui correspond en fait à un avion monomoteur américain dont le dernier vol a eu lieu en Californie il y a plus de 20 ans, selon les archives du portail Flight Aware (ici à droite). »Si cela correspond aux enregistements, il s’agirait d’un avion léger Piper PA-28R-200 Cherokee Arrow, qui, selon les spécifications techniques, a une autonomie de seulement 1 630 kilomètres (la distance entre l’État de Bolivar et le Mexique est d’au moins 3 180 kilomètres ), un poids à vide de 545 kilogrammes et une masse maximale au décollage de 975 kilogrammes, ce qui rend impossible le transport de 932 kilogrammes d’or. »

Notre homme a en réalité raté le coche sur tout la ligne : alors que des confrères européens ont repéré les transferts par Norwind Airlines, lui n’y voit qu’une tentative russe de briser le monopole de Conviasa,  rien d’autre !! Remarquez, même AP était tombé dans le panneau ! A partir d’un CD qui lui avait été envoyé :(et en rien vérifié donc !)  « d’autres utilisateurs de réseaux sociaux ont partagé une vidéo dans laquelle, soi-disant, le moment où l’avion est déchargé peut être observé. Dans l’enregistrement, on voit des hommes allongés sur le sol, un autre assis sur une chaise et menotté, et deux autres personnes au sommet d’un avion jaune sortant des colis de l’avion. Le texte qui accompagne la vidéo dit : « Un avion chargé d’or et de cocaïne tombe sur le NarcoPresidente Nicolás Maduro à Aruba. » En résumé, c’était trop beau pour être vrai !

Le véritable avion était un ancien Gulfstream 

En fait de numéro d’avion, Ocanda s’est sans doute mélangé les pinceaux avec le numéro de vol, il semble : l’avion posé à Aruba est un gros Gulfstream de type ancien et il est immatriculé clairement N103VV (cf ci-desus), et non le petit monomoteur décrit, ce qu’indique le sabir rédigé en papiamentu qui parle bien d’un avion « américain », que notre journaliste désinformateur n’a donc même pas lu ! L’article précise qu’il y avait à bord des passagers, une dizaine selon lui, et que son pilote était mexicain, le copilote américain et il explique aussi pourquoi il a été bloqué par les autorités : pour un défaut de documentation, manifeste, car il n’aurait pas eu ses papiers en règle, l’avion devant être désormais mexicain et non américain « le processus pour obtenir le drapeau mexicain étant en cours ».  Plus loin on parle des passagers « dans un hangar à l’aéroport, marchant comme en attente de leurs documents » (ce sont les pilotes en fait). Bref on est loin d’une quelconque livraison d’or. Mais comme l’engin est bloqué, il fait la une des journaux télévisés du lendemain : on filme alors un autre avion, hélas, de l’arrière, ce qui n’est pas fait non plus pour arranger et éclaircir les choses (cf ici à gauche)  !!! Et pourtant…les gens attentifs ont déjà remarqué un truc qui cloche sur la photo (ci-dessus) de l’avion coincé sur le tarmac de l’aéroport d’Aruba. Allez, je vous laisse la deviner…

En fait d’atterrissage d’urgence, comme raconté plus haut, c’est vrai qu’il en a fait un, ce fameux Gulfstream, mais c’était en mars 2016, bien loin de là… à Glasgow, l’avion venait de Luton. On avait dû déployer son panneau d’entretien arrière, équipé d’une longue échelle télescopique rarement vue, les constructeurs n’aimant pas que l’on montré leur chers jets privés en difficulté (cf la photo  à droite). Le G450 a gardé le même dispositif de visite (ici à gauche). Finalement, ça s’était avéré être une fausse alerte.

La coïncidence possible, mais écartée ; deuxième fausse piste

Habituellement les avions privés que je décris et qui transportent de la coke ne contiennent que deux occupants. Dans ce cas précis on a (un peu vite) parlé plutôt d’une dizaine de passagers à bord. On songe à des mercenaires et on peut en effet le faire. Depuis plusieurs mois un groupe plutôt désorganisé s’activait en Colombie autour de Jordan Goudreau (ici à droite) un ancien U.S. Army Green Beret, d’origine canadienne, un beau parleur plutôt dérangé n’ayant pas faits les exploits militaires qu’il prétendait partout avoir réalisés, associé à un dissident vénézuélien plutôt foireux, et revanchard, l’ex général Cliver Alcalá Cordonnes (ici à gauche), qui finira par se rendre à la DEA pour avoir enrôlé des soldats colombiens en échange de cocaïne la veille du début des opérations d’invasion (un avion de la DEA viendra directeur le cueillir en Colombie !). C’est dire son implication réelle (ou sa duplicité) ! Un troisième homme était dans le coup, Leopoldo López, qui était aussi le mentor  de l’opposant Gaido, mêlé à l’aventure; hélas pour lui : ce denier avait signé en effet un papier soutenant l’action.. Juan José Rendon, 56 ans, conseiller politique et collaborateur de Gaido, plutôt excentrique, est aussi dans le coup. Le dernier camp d’entraînement avait été porté très au nord à Castilletes,  le premier à Maicao : pour rejoindre La Guaira, lieu prévu du débarquement, il fallait donc passer obligatoirement devant Aruba et Curaçao !! L’équipe désignée pour l’invasion ressemblait plus à celle des branquignols interceptés  en Haïti, débarqués de leur Hawker de location – lire ici,– et ce n’étaient pas non plus les colombiens ayant assassiné récemment le président Jovenel Moïse).

Le groupe articulé autour de Silvercorp USA, la société de Sécurité de Goudreau (sans réels clients !) annonçait avoir réuni 300 hommes, il n’y en avait à tout casser que 60 tout au plus dont une vingtaine d’aguerris seulement insuffisamment armés ou mal nourris. Cette troupe de patronage et de bras cassés, voire de pieds nickelés, ne pourrait en rien tenter de renverser le pouvoir vénézuélien : il échouera lamentablement le 3 mai 2020, Goudreau ayant décidé de son simple chef de lancer l’assaut alors qu’on lui en avait dissuadé : ils n’étaient pas vraiment prêts. Huit hommes seront tués, deux américains, Luke Denman et Airan Berry (ci-contre à gauche) faits prisonniers dans le village côtier de Chuao, avec leurs complices colombiens. Or, lors ds préparatifs, fin mars, le bateau d’assaut en fibre de verre appelé le Silverpoint de Goudreau était déjà venu s’échouer … sur l’ile de Curaçao, !!! A droite le groupe principal en train de se rendre. Ci-dessous le matos saisi à partir d’une des barques interceptées (à gauche leur capture à bord de la plus grande barque – de bois – utilisée) :

« Les Américains seraient passés par Aruba et Curaçao alors qu’ils se dirigeaient vers l’est, couvrant environ 400 milles d’océan ouvert. Ils prévoyaient de rencontrer des camarades à l’intérieur du Venezuela qui avaient stocké des armes et des véhicules d’attaque. Leurs cibles comprenaient l’agence de contre-espionnage de l’armée, les forces de sécurité du président, le palais présidentiel et la tour de contrôle de l’aéroport. Une fois qu’ils auraient sécurisé l’aérodrome, ils avaient prévu de mettre Maduro (surnommé « Jackpot ») dans un avion hors du pays, puis d’aider à recevoir l’aide humanitaire entrante. Goudreau devait s’envoler pour Caracas une fois le travail terminé.  » 

Autre étrangeté : en mars, juste avant l’invasion ratée baptisée Opération Gedeon, un autre étrange incident s’était produit devant ïle de la Tortue, écrit ici The Wire : « dans un contexte de tension accrue, un mystérieux navire de croisière, le RCGS Resolute (de Columbia Cruise Services, a été impliqué dans un incident au large des côtes vénézuéliennes le 30 mars 2020, qui a entraîné le naufrage d’un patrouilleur des garde-côtes vénézuéliens à la suite d’une collision. Le bateau de croisière n’avait pas de passagers mais avait une coque suffisamment solide pour couler le patrouilleur vénézuélien, sans aucun dommage pour lui-même » (il fait aussi des croisières au milieu des icebergs, c’est vrai tank flottant !) ». Les Vénézuéliens ont accusé le navire d’avoir commis un acte « d’agression et de piraterie » en percutant et en coulant intentionnellement leur patrouilleur. Le navire de croisière s’est rendu à Curaçao, laissant aux Vénézuéliens le soin de secourir les 44 membres d’équipage du patrouilleur. Le commentaire de l’amiral Faller sur cet incident était révélateur : « Ce fut une mauvaise journée pour les Vénézuéliens. Leur manque de matelotage et leur manque d’intégrité sont révélateurs de la façon dont tout s’est déroulé. » A droite le bateau coulé , le Naiguatá (GC-23) qui n’était pas une petite pièce .. c’est une Frégate , qui faisait 79.9 m de long et 1,453 tonnes de déplacement ! Le Resolute n’avait eu que sa proue de légèrement abîmée ! On aura surtout noté la base du bateau de croisière  ayant servi à tester les défenses côtières adverses : Curaçao ! Dans une vidéo émergée après l’incident, on voit un marin du navire vénézuélien tirer à AK-47 sur le bateau de croisière, qui n’hésite pas alors à l’aborder (il lui grimpe carrément dessus, cf ici à gauche) ! Selon Caracas le navire » »transportait des mercenaires pour attaquer des bases militaires au Venezuela » ! La aussi c »était faux. Quoique l’on ne sait toujours pas pourquoi ce tank flottant se baladait dans ce secteur aussi sensible !

Bref, la possibilité que le Gulfstream concerné ait pu amener à Aruba des gens en repérage existe bel et bien … mais  une autre théorie présente plus d’intérêt comme on va le voir… Ce ratage monumental représentait en tout cas de l’or en  barre pour Maduro, qui pouvait le lendemain parader à la télé (ici à gauche) en exhibant fièrement les passeports des deux soldats faits prisonniers ! Gaido ayant ce jour-là perdu  toute crédibilité démocratique ! Le pouvoir US était-il au courant ? Comme  pour la Baie des Cochons en 1962, très certainement et de façon tout aussi biaisée : Jordan Goudreau était en contact direct avec l’ancien garde du corps personnel de Donald Trump (et proche confident le porteur de dossiers confidentiels, ici à gauche) Keith Schillerqui n’a pas nié le connaître, bien au contraire !! Goudreau avait en prime rencontré au Trump Hotel de Washington (ou tout se décidait!)  deux représentants de Trump avant l’opération, Andrew « Drew » Horn, assistant de Mike Pence (ici à droite), et Jason Beardsley des Veterans Affairs et Roen Kraft comme financier (c’est l’héritier de la Canadian Kraft Company. Question finances, c’est le Venezuela qui aurait même au final plutôt payé les frais de l’invasion grâce à cette entourloupe géniale selon The Wise :« Il est possible que le financement ait pu provenir des fonds et actifs du gouvernement vénézuélien, estimés à 11 milliards de dollars, qui ont été gelés par les autorités américaines au nom des sanctions. Récemment, l’administration Trump a transféré 342 millions de dollars appartenant à la Banque centrale du Venezuela d’un compte Citibank gelé vers un autre compte à la Réserve fédérale de New York ». Goudreau avait aussi comme interlocuteur Nestor Sainz, ancien membre du  State Department. et il avait demandé l’aide de Betsy DeVos la sœur d’Erik Prince comme on le sait. Elle a nié bien sûr avoir été contactée. Au final donc, une magouille tentée et un beau fiasco !! La BBC, fort moqueuse, avait d’ailleurs trouvé le meilleur titre pour cette opération ratée en comparant certainement les bateaux utilisés, fort voisins -exemple à gauche- il est vrai : « Bay of Piglets » (la « Baie des cochonnets » ou « Baie des gorets ») : hilarante conclusion à cette bien foireuse affaire !

La surprise du chef : un avion dans lequel a (certainement)  volé J.Chirac

Revenons à notre biréacteur après avoir éliminé la thèse de transporteur de mercenaires; L’or, alors, à la place ? Que nenni non  plus ! Le site en sabir de Curaçao n’avait pas tout à fait tort vrai dire : l’avion, un vieux Gulfstream G-1159A G-III de 1982. C’est le N°346 acheté au départ par… Rafiq Hariri, en HZ-HR2 il a été vu à Mulhouse en 20o5 ici à droite, juste avant de devenir Saudi Oger en VP-BHR en 2006 : le gag c’est qu’il n’a pas changé de mains car, fondée en  La firme a fait faillite en 2017, ce qui explique la vente de son jet à Sano Aviation Corp, de Fort Lauderdale, le 21 janvier 2016. Equipé de vieux réacteurs Spey, kittés en Hushkits (« stage 3 », ici à droite en détail), il nous ramène immédiatement à un cas de figure bien connu, car c’est devenu ensuite un  ex TWA International Inc, de Cheyenne, Wyoming, encore un, qui l’a acheté le 13 janvier 2020 pour le fourguer au plus vite comme il en a l’habitude à un mexicain, en l’occurrence Carlos Alberto Diaz-Campos, qui lui a acheté le 29 octobre de la même année, et qui avait fait depuis  trainer son enregistrement en XA !!! Voilà l’explication ! Ci-dessous l’appareil bloqué le 22 février  2020 à son arrivée sur l’Oranjestad Queen Beatrix Int’l Airport  d’Aruba. Pour un engin de presque 40 ans il ne se portait pas trop mal:

On découvrira en mars 2020 (le 17) une version de son arrivée raconté par les autorités et répercutées ainsi sur Twiter : elle n’évoque plus la présence d’une douzaine d’hommes à bord, qui semble avoir été une mauvaise traduction de sa capacité d’emport, tour simplement, mais de deux seulement :« les autorités de l’île ont déclaré que l’avion était en route vers Caracas et a atterri à Aruba sans autorisation. L’aéroport a répondu conformément aux protocoles et les autorités ont été avisées de prendre en charge l’enquête. L’avion a été déplacé pour préparer l’aéroport à ouvrir ses opérations normales à 19 h. L’aéroport est actuellement ouvert et opérationnel. Selon des informations officielles, l’avion volait du Mexique à Caracas, au Venezuela. Selon des sources, l’avion a volé assez bas au-dessus d’Aruba avant d’atterrir. L’avion avait deux personnes à bord, toutes deux portant des masques. Les autorités ont arrêté les deux personnes et une ambulance s’est précipitée pour vérifier l’équipage, juste avant de les emmener au siège de la police pour les interroger. Selon le pilote, l’avion a eu des problèmes de carburant et vu l’absence de réaction d’Aruba et de Curaçao, ils ont décidé d’atterrir sans l’autorisation requise ». La provenance du Mexique n’entrant pas vraiment, non plus dans le cas d’un trafic d’or, mais plutôt … de drogue dans le cas d'(un trajet aller sans retour) !

TWA International, sur la sellette encore une fois,  cette firme mêlée à je ne sais plus combien d’avions découverts écrasés bourrés de coke justement,  au Guatemala, à Belize ou au Mexique, a fini par tomber avec son patron (le dénommé Carlos Villaurrutia, (ici à gauche) le 6 février dernier (2021) lors la chute de Debra Mercer-Erwin, la pourvoyeuse en chef d’avions de la drogue, dirigeante d’Aircraft Guaranty Corp. Villaurrutia se présentait alors comme travaillant chez Airvica Group  (ici à gauche sur Linked’in !), or la société a fait faillite en 2019 et s’est arrêtée définitivement le 9 janvier 2020, juste avant l’aventure d’Aruba!

Le détail passé inaperçu

Je vous ai dit tout à l’heure que quelque chose m’avait intrigué sur l’une des photos de l’avion stoppé. J’y reviens, en vous montrant l’agrandissement d’un détail saisissant du cliché. C’est ici à droite, et c’est effectivement très clair il me semble. La photo prise par le spotteur Nito date du 18 décembre 2020. L’avion derrière bien reconnaissable est un Cessna 340 II immatriculé N69355, c’est presque totalement visible à l’arrière plan du N103VV. Impossible de se tromper  Or, souvenez-vous, je vous en ai déjà parlé de celui-là : c’est récent, c’était juste avant de partir en vacances, ici, le 12 juillet dernier. Et le texte évoquait  un avion retrouvé le 14 mars 2021 au Honduras « posé en pleine une nuit à Brus Laguna,attendu par une longue barque bleue pas loin de sa zone d’atterrissage » vous-avais-je dit, en précisant que dedans les sièges passagers enlevés, il y avait « douze sachets de toile, avec dans les sachets 272 des pains de coke au total, estampillés la Reina« …  C’était bien le même, avec la même déco et la même immatriculation !!! Selon les renseignements, il aurait décollé près de San Felipe au Venezuela. En s’étant déjà posé trois mois avant à Aruba,  et même avant encore où il semblait habitué  : »il avait été  hotographié a Aruba le 26 octobre 2020« , vous avais-je également dit, photo à l’appui ! Je veux bien croire au hasard, mais avouez que la proximité de ces deux appareils a de quoi intriguer !!

Confirmation indubitable de son rôle dans le trafic de coke

Une recherche sur la propriété de l’appareil débouche en effet bien sur une vente de dernière minute à un mexicain, procédé qui, on l’a vu,  a moult fois débouché invariablement sur une dernière mission suicide chargée de coke et le plus souvent aussi à la clé l’incinération de l’appareil pour effacer les traces du forfait. Notre spécialiste Falcon ayant ainsi déniché ce que les autorités d’Aruba s’étaient montré incapables de nous donner : l’identité de l’acheteur final de l’avion cédé par Carlos Villaurrutia : il s’agît bien d’un mexicain, qui s’appelle Carlos Alberto Diaz Campos, et il habite… à Toluca, dont on vous a dit moult fois que c’est bien un fief narco mexicain ! Le contrat est en date du 20 mars 2020 en fait, soit APRES son arrivée à Aruba : autant pour les autorités, donc qui ne pouvaient effectivement le savoir. L’entourloupe est connue, Carlos Villaurrutia ayant fait souvent modifier APRES COUP des papiers par Debra Mercer-Erwin de Aircraft Guaranty Corp, une fois que ses avions, enregistrés au nom de TWA International, étaient tombés, et en 2020, la société n’a pas encore été plombée par les autorités US.

L’adresse indiquée est celle d’un quartier où l’on trouve de petites villas neuves (cf ici à gauche) prisées par les nouveaux arrivistes mexicains, dans une rue portant le nom d’un ancien ministre marxiste du travail mexicain, gouverneur de Puebla. Pas énorme, le tarif ni l’espace : la villa fait à peine 121,62m² sur 139,03m² de terrain (c’est serré !). Le prix annoncé de 140 000 dollars à peine (équivalent au prix n au m2 à à Mexico)  ! L’avion, lui, est aujourd’hui toujours indiqué comme « stored » : on ne l’a pas réclamé, il est toujours coincé à Aruba. On le distingue toujours bloqué sur Google Earth (ici à droite). Sa panne d’essence perdure ! Ou plutôt : personne n’est venu le réclamer !!

Double confirmation et d’autres suspicions

Pour TWA International on le sait ça ne fait aucun doute le fait d’être à la base du trafic de cocaïne, depuis le temps que l’on croise ses  appareils incendiés un peu partout Amérique Centrale.. Or chez lui, le N103VV avoisinait justement dans ses listing  le Gulfstream II N530GA, le Hawker 125-700A N322BC, le N949CL, de même type et deux Sabreliner, les N990PA et N47SE. Tous ont mal fini sauf un mais ont une ignore le sorte en fait. Chez TWA en effet, le N530GA a été retrouvé en train de brûler le 27 octobre à Vista Hermosa, près d’Ixcán juste à la frontière du Chiapas (ci à droite) ,le N322BC s’est posé intact le 19 octobre 2019 avec de la drogue à bord sur un piste d’atterrissage dans le district de Cayo, au Belize, le N949CL a été retrouvé incendié le 24 novembre 2019 dans le parc de Laguna del Tigre (ici à gauche), le N990PA s’est écrasé vers Bajmar au Honduras, le N47SE n’a pas donné de ses nouvelles… c’est peut-être bien d’ailleurs celui tombé en mer récemment et dont on n’a vu pour l’instant que le bout de l’aile gauche flotter en mer… (lire ici le cas).

Un confrère de plus

L’autre détail à noter, c’est que l’immatriculation de l’avion  dont on parle était en N103VV, chez TWA International Inc, qui en possédait un autre de Gulfstream, immatriculé N104VV, quelle superbe coïncidence  encore (car ce n’est pas Carlos Villaurrutia qui les avait imposées  ! Un plus ancien modèle, que celui-là, type Gulfstream G-1159 (G-II SP le N°53) datant de 1969, celui-là, mais remis .à jour avc des winglets, bref un cinquantenaire en forme ! Acheté ke 19 décembre 2019, il s’est empressé de le refiler le 15 juillet 2020 au dénommé David Eduardo Becerra Abarca. L’homme s’est fait coincer bêtement en novembre à Guadalupe dans l’État de Nuevo León, avec un faux passeport mexicain (ici à droite) présenté pour ouvrir une simple ligne téléphonique !! Se faire arrêter pour ça; alors qu’il est impliqué dans l’achat d’un jet !  Un récidiviste, en escroquerie téléphonique, en prime  : » il a été révélé que David Eduardo était déjà recherché par les autorités de la capitale de l’État apésentant de faux documents ». Avouez que c’est grotesque ! Ou surréaliste, cette relation entre un jet privé et un cas de petite délinquance ordinaire !! L’avion lui, à mal fini lui aussi : on l’a retrouvé en train de brûler le 15 novembre 2020 dans secteur de Caño Amarillo près de Catatumbo,dans l’etat de, Zuli au Venezuela !! Près de lui il y avait encore 25 000 litres d’essence d’avion JET-A1 (prévoyant un redécollge sans doute). L’avion avait été photographié intact 4 jours avant asur l’aéoport deVeracruz General Heriberto Jara au Mexique. (ici à droite) En partance pour son dernier voyage !

Carlos Villaurrutia a toujours joué sur plusieurs tableaux… comme Aircraft Guaranty Corp dont on a fini par comprendre tardivement les procédés délictueux. Le fameux N103VV n’a pas été déclaré que chez TWA international Inc. On le trouve aussi en effet aujourd’hui en listing parmi les 7 jets déclarés chez Aircraft Holding Solutions LLC, société texane qui occupe un hangar au bord de l’aéroport de San Antonio, au Texas, et qui semble avoir déjà repris le flambeau laissé vide par Aircraft Guaranty. Outre le N103VV; il à chez lui quatre autres Gulfstream, dont deux ancien de ty pe GIII : le N109DD (de 1985) , le N17LK (de 1984), le N597RB étant un Gulfstream G200, plus récent (de 2003) qui vient d’être récemment repeint chez Jim Miller, géré par Chad Doyle installé à Waco et aujourd’hui à Uvalde, le fief des planeurs du pays, chez une société dont tous les peintres semblent être des mexicains (cf les trois clichés ici) ! Je vous avais déjà indiqué en 2017 comme potentiellement intéressant pour un trafic car il avait alors été mis en vente par Pollard au tarif de 895 000 dollars, un prix plutôt déjà bas et présenté comme négociable (« make un offer) » ! L’avion avait été acheté par D5 Aviation LLC de Portland  le 16 janvier 218, revendu le 13 mai 2019 à Texton Enterprises, Greenwood Village. Son changement de mains au profit de Aircraft Holding Solutions LLC est donc plus récent encore, ce qi n’augure rien de bon, l’avion ayant encore perdu de sa valeur. Un Hawker plus récent type 400XP de 2005 constitue la suite chez lui, c’est le N1955L, (vu ici à Toluca) un Hawker 800 immatriculé N803RK fermant la marche: il est en vente ici. Les deux premiers constituent avec leur grand âge de sérieux candidats pour terminer leur carrière incendiés quelque part. L’avenir le confirmera, je pense.

Aircraft Guaranty Corp,  déjà remplacé 

Tous sont déclarés, N103VV compris, aujourd’hui, au nom de Roman Ruiz Harazda (ici à gauche). Mais notre dirigeant de Aircraft Holding Solutions LLC est un homme muli-casquettes car, aussi celui de Mountain High Aviation LLC, ex patron d’Aerotucan dans les années 2000 et de « WeSellYourJet », société de charter-broker, qui est est situé à la même adresse et dans le même hangar le « G !!! Et dont le site-mère est dans l’Oregon !!  Elle propose dans son site de voler sur son Cessna 525A CitationJet CJ2 N460RV… qui était aussi à vendre (et acheté par Monte Carlo Services LLC  le 14 février, elle proposait à la vente le Gulfstream N765RM, un modèle IV de 1991 que Google Earth a surpris stocké sur l’aérodrome de San Antonio, derrière le Pilatus PC-12 XA-GAS mexicain et le Learjet 5 médicalisé N55AR d’Aérocare (ici au Costa-Rica) . Il manque à celui-ci le réacteur gauche, pas loin du Hawker N927AR (258547) de Rastegar Aviation LLC d’Austin, acheté en 2020, comme on peut le voir ici à droite. Celui-là a été acheté récemment par BD GIV 2 LLC, de Sanford : l‘homme derrière est un anglais.

Aircraft Holding Solutions a déjà marqué l’histoire de trafics douteux avec son N600AE, un modèle 600, « subtilisé » le 11 septembre 2014 en République Dominicaine (lire ici). L’avion n’a jamais été retrouvé.  Et le même Ruiz multi-casquettes est aussi à la tête de AB Monterrey Aircraft LLC, propriétaire du petit Beechcraft C-90 N115AB aujourd’hui mis en vente.  Immatriculé aux USA, il arbore pourtant un drapeau mexicain (cf ici à droite). Selon certains registres il aurait été mexicain, en XA-MSC (en 2006) comme le montre de façon surprenante une photo de son flanc gauche : c’est encore plus surprenant (c’est l’ex N653TF). Tout cela sonne bizarre ou le manque de coordination : peut on vendre un avion avec une immatriculation en montrant en photo d’appel une autre ?

Encore un mexicain ?

Et si on doute pas mal déjà de Roman Ruiz Harazda, un autre avion rajoute encore à la suspicion. Sur son site WeSellYourJet » on a pu voir en effet un petit Cessna, un T210R Centurion, reconnaissable à son avant un peu bulbeux contenant l’emplacement du train avant rétractable, ses vitres latérales, un appareil présentant une livrée exceptionnelle, jamais vue ailleurs, pense-t-on. Voici donc un avion doublement repérable parmi les autres. Un troisième point le met à part encore : son immatriculation, qui est mexicaine, encore une fois, XB-LYD, mais avec un lettrage hors-normes : elle est trop peu visible, son « Y » est mal dessiné et…mais c’est bien celle d’un « Cessna 210 R de 1986 », selon les registres officiels mexicains des monomoteurs à piston, qui oublient de donner le numéro de fabrication, ce qui favorise toutes les magouilles possible  !!  Est-ce bien celui-là ? Rien ne l’assure, l’immatriculation a pu être usurpée !

Cette décoration qui semblait unique et complexe à réaliser (mais dont le design a été déposé par un graphiste il semble bien) me disait bien quelque chose, pourtant, en la revoyant : et en effet puisque je vous ai trouvé son équivalent… en Bolivie, où l’on repeint plutôt les Cessna à la louche, dans un article récent qui plus est : c’est le le CP-2965 « au design graphique hors normes, façon maison : celui-là, s’il se fait prendre, on le reconnaîtra tout de suite ! », avais-écrit. La ressemblance est frappante, certaines différences près- soyez donc perspicace pour la déceler, il y a en a trois en réalité) :

Mais celui-là n’a été découvert qu’en mars 2020 parmi un lot d’épaves retapées et repeintes dans un endroit improbable appelé Casa de Campo, peint à la perfection dans des conditions apocalyptiques :  la complexité se contente de peu parfois ! En fait trois indices nous indique que ce ne peut être le même en tout cas ; il a des haubans, davantage s de vitres latérales (c’est un modèle 206 en effet, celui-là !) … et c’est un engin à train fixe !! Ça en fait deux de différents, déjà, d’avions « uniques » !!

Et attendez, ce n’est pas fini : notre engin  imitateur (ou imité) a certes été vu en 2018 volant à Trompillo menant deux jeunes gens en balade (preuve qu’il aurait trouvé preneur, il est ici à gauche !) mais un autre encore lui ressemblant beaucoup portant  une immatriculation colombiemne (en HK-5283), a été aperçu ailleurs aussi comme on peut le voir ici stoppé à Medellin le 9 novembre 2019.  L’engin paraît alors presque neuf, et il porte le site Aeropaca SAS !

En fait celui-là possède bien un numéro d’immatriculation un vrai : c’est l’ex N29211, car c’est l’U2061166, un modèle 206 (avec des haubans plus de vitres sur les côtés et un train fixe)-.Celui-là revient d’aussi loin que notre avion retapé en Bolivie : en 2016, Niles Aerial Llc de Lebanon (dans le Kentucky) avait proposé  en ligne de bien surprenantes vues de son avion, sale, abîmé, visiblement pas soigné,  une vraie épave, repoussante (ici à droite et à gauche) !! En fort mauvais état, donc sale et pas entretenu pour deux sous. ! Si c’était dans le but de le vendre ça parait surprenant.  On aurait plutôt imaginé une tentative de s’en débarrasser ! C’était ça où il partait à la poubelle il semble plutôt !!! Et il s’est quand même  vendu au final, deux ans plus tard (on ignore le prix de la transaction) : le 26 juillet 2018 il est parti (on n’ose dire s’est envolé  ) vers la Colombie et Medellin (ci-dessous en 2019), retapé et repeint à neuf, racheté par une compagnie charter du pays appelée Aeropaca !

L’avion avait un autre détail particulier ; les spécialistes reconnaissent vite aussi que le bord d’attaque de son aile (avec haubans sur ce type) présente des aspérités; en fait c’est une rangée complète des micros- générateurs de vortex, destinés à  améliorer ses qualités  STOL Il va sans dire que ce n’est pas un équipement standard sur le Cessna ! L’avion a été depuis remis en vente, son vendeur insistant sur cet équipement particulier :

Comme quoi une déco ça peut-être trompeur… mais cela ne dit toujours pas pourquoi Roman Ruiz Harazda se montre pas le numéro de construction de l’avion ni à qui il tente de le vendre (même si le registre officiel du pays n’en tient pas compte !!!). En somme, cela ne fait pas très sérieux, à voir l’origine de son clone !

En fait d’avion transportant de l’or, pour en revenir à notre mouton d’Aruba, on était donc tout simplement retombé sur un avion lié très certainement à un trafic de drogue en cours ou en préparation (et pas non plus donc à l’apport de complotistes anti-Maduro comme on l’a vu) ! La confusion s’explique : or et drogue, les deux sont liés, il est vrai, comme je vous l’ai dit et comme on va un peu plus encore le montrer demain avec à nouveau des jets… En conclusion, à Aruba, on ne semble pas faire dans le trafic de l’or (2) avec ce vieux Gulfstream, mais question cocaïne, y’a pas photo (3) !! Ne reste plus qu’à y dégoter des turcs sur place, maintenant, tiens… ne manquerait plus qu’eux. On verra ça demain, si vous le voulez bien : si on n’en trouve pas à Aruba, on se rendra à Curaçao, c’est tout près !!!

(1) unChirac accusateur :« La responsabilité de Bachar al-Assad dans la mort de Rafic Hariri ne fait aucun doute à mes yeux, même si je n’en ai pas la preuve absolue », écrira le président français dans ses mémoires. Jusqu’à la fin de son mandat, il se battra pour la mise en place d’un tribunal international, sous l’égide de l’ONU, pour juger les responsables du meurtre de son ami….

(2) Extrait fort convaincantde la thèse récente, du 25 juin 2019 de Jean-François BRUN, « LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE COCAÏNE DANS LES CARAIBES ET EN AFRIQUE DE L’OUEST,Un enjeu européen:

« Les Antilles néerlandaises ont été, quant à elles dissoutes dans le cadre de la réforme étatique du Royaume des Pays-Bas du 10 octobre 2010 sous l’effet de l’amendement du statut du Royaume des Pays-Bas. Avant cette date, le Royaume des Pays-Bas était composé des Pays-Bas, des Antilles néerlandaises et de Aruba. Depuis le 10 octobre 2010 le Royaume des Pays-Bas est composé des Pays-Bas,d’Aruba (statut autonome depuis le 1er janvier 1986),de Curaçao, de Saint-Martin (pays composants du Royaume), de Bonaire, Saba et Saint-Eustache, regroupées sous l’acronyme Îles BES (commune spéciale des Pays-Bas). L’accord a prévu que les communes spéciales adoptent dès janvier 2011 le dollar (au lieu de l’euro), une interdiction d’émettre de la dette publique et la possibilité que le fisc néerlandais soit responsable de la collecte et du contrôle des impôts. Également, les îles ont obtenu une autonomie administrative complète à l’exception de la sécurité (police) et en matière de justice. Le système de sécurité sociale est notamment indépendant de celui des Pays-Bas. Les îles ne sont pas rattachées à une Province des Pays-Bas. Par ailleurs, la Cour de justice des Antilles et d’Aruba ne fut pas dissoute par la réforme mais reçut un nouveau statut et une nouvelle personnalité juridique. À la différence des autres territoires du Royaume, les nouveaux pays n’ont pas de procureur général ni de procureur du Royaume, ceux-ci ayant été regroupés dans la personne du Fiscaliste général. Jusqu’à la réforme de 2010, les Antilles néerlandaises étaient considérées comme pays et territoires d’outre-mer. Dorénavant, les Communes spéciales son devenues des régions ultrapériphériques » ».

Notons que l’île d’Aruba s’est séparée politiquement en 1986 des Antilles néerlandaises accroissant la vulnérabilité d’une île proche de l’Amérique du sud. En effet, l’île d’Aruba se trouve à proximité des côtes colombiennes. Elle constitue unmarche pied essentiel dans le transit de cocaïne.Les spécialistes s’accordent à dire que l’organisation du transit pourrait se faire directement d’ Aruba ou toute une manutention serait mise en place dans le cadre du trafic. En effet, la marchandise en provenance de Colombie serait affrétée et débarquée sur les côtes de cette petite île caribéenne. Ensuite, elle serait traitée en temps réel dans des hangars prévus à cet effet, et à l’aide d’une très forte diaspora Colombienne installée et implantée sur l’île. Par la suite, une division du travail très rudimentaire serait mise en œuvre dans le but de préparer les plans de routes à utiliser et les moyens à employer par les cartels pour faire transiter la cocaïne.La cocaïne peut donc être transportée en effectuant différents bonds d’île en île au sein de la région Caraïbe où elle peut être chargée directement sur des bateaux en direction de l’Europe ou des États- Unis.La stratégie des narcotrafiquants fluctue suivant les perturbations engendrées par les forces de sécurité en charge de la lutte contre le narcotrafic en mer des Caraïbes. Mais ce n’est pas tout, Aruba étant une ancienne colonie néerlandaise, les trafiquants jouent sur les relais dont ils disposent au sein des autres îles néerlandaises. Le transit de cocaïne est bien souvent organisé et structuré à l’aide des diasporas et des sensibilités des cartels, avec notamment le renforcement des liens interétatiques qui permet de faciliter les échanges. »

(3) confirmation le 27 févier dernier avec l’interceptiondu cargo « Aressa » battant pavillon du Cameroun. « Aruba, dans les Caraïbes, a probablement fait le plus grand vol de stupéfiants de l’histoire de l’île, saisissant le cargo général ARESSA dans la matinée du 25 février et l’emmenant à Oranjestad. Le navire était en route du port de Guaranao, au Venezuela, à Thessalonique en Grèce, on dit qu’au moins une tonne de stupéfiants, très probablement de la cocaïne, a été trouvée(en fait il y  en avait 5 à bord)’. Il a navigué du Suriname début février, est allé de Guaranaó à Punto Fijo, puis a mis le cap sur la Grèce. Le navire a été intercepté dans les eaux internationales et arrêté après la découverte de drogues. 7 personnes sont arrêtées, dont le capitaine du navire.Le navire a changé de pavillon au Cameroun en 2019,il a été sous pavillon russe jusqu’en 2017, la direction russe est toujours répertoriée comme gestionnaire. Plusieurs membres d’équipage monténégrins ont été arrêtés, on ne sait pas encore s’il y a d’autres nationalités parmi l’équipage. »La filière balkanique, la revoici…la drogue devait être en effet transportée au final dans le petit village de Krushopek, (ici à droite) près de la capitale, Skopje, sa destination finale !!! « Le 2 septembre de l’année dernière (2019), la police espagnole a arrêté un citoyen serbe près des Açores a u centre de l’Atlantique, après avoir intercepté un voilier appelé Seascape qui n’avait ni drapeau ni papiers d’immatriculation, mais transportait800 kilos de cocaïne. » L’équipage du voilier était fort représentatif : il y avait à bord un serbe, un russe et un mexicain ! PS :on peut relire du Koutouzis, qu’on salue ici…plutôt prémonitoire.


Une filière balkanique étant derrière cet intense trafic .  Le 14 avril dernier, les USA ont condamné Vladimir Penda, 27 ans, 4eme ingénieur à bord à 5 ans  et dix mois de prison (ce qui est peu pour autant de drogue, l’homme a dû beaucoup parler pour réduire ainsi sa sentence) pour avoir importé lui est ses complices 18 tonnes de cocaïne d’un coup dans le cargo libérien MMSC Gayane le 17 juin 2019 saisi à Philadelphie au Packer Marine Terminal. L’importance record de la prise avait fait grand bruit Il y a différents moyens de cacher la drogue à bord d’un cargo c’était la plus simple. « Des agents des forces de l’ordre américaines sont mon tés à bord du Gayane le 17 juin 2019, à son arrivée au terminal maritime Packer de Philadelphie, et ont saisi environ 20 tonnes de cocaïne d’une valeur de plus d’un milliard de dollars dans ses conteneurs maritimes. Les autorités fédérales l’ont qualifié de l’une des plus importantes saisies de drogue de l’histoire des États-Unis. Les enquêtes ont montré que les membres d’équipage du Gayane ont aidé à charger de gros colis de cocaïne à partir de vedettes rapides qui se sont approchées du navire au milieu de la nuit sous le couvert de l’obscurité. Ils ont caché la cocaïne dans la zone de cargaison, en utilisant de faux scellés pour refermer les conteneurs. Sept autres membres d’équipage, quatre Monténégrins, un citoyen serbe et deux de Samoa, ont également plaidé coupables à des accusations de complot pour trafic de drogue. Ils attendent la condamnation. Depuis août 2018, un certain nombre de citoyens des États des Balkans ont été arrêtés à l’étranger pour trafic de drogue, par jet privé, cargo et bateau ».

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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