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Coke en Stock (CCCIII) : un été chargé, malgré la pandémie

Cela fait plusieurs épisodes que je vous le dis : cela ne s’arrête jamais, ces transferts de cocaïne par avions privés. On s’était quitté pendant la pandémie de juin et juillet (article paru le 7 août) avec de gros porteurs à hélice ou a réaction bourrés de coke, accompagnés par les éternels petits Piper Navajo, posés ici et là et au 21 août, date à laquelle est rédigé cet épisode, on recommence pareil en égrenant une nouvelle liste d’arrivées. En débutant par une livraison exceptionnelle, il est vrai, de deux tonnes. Le 5 juillet, la répétition des expéditions via le Guatemala et la région du Peten, moult fois décrite ici, avait provoqué un copieux article plutôt retentissant du Washington Post qui avait décrit en détail ce qu’il avait appelé « le jeu du chat et de la souris des narcotrafiquants avec la DEA américaine », un chat ne sachant plus où donner de la tête vu l’ampleur du nombre de souris gavées de coke…

La main de Dieu ?

Le 20 juillet, pour reprendre fil des arrivages, c’est au Honduras que ça s’est passé, avec un bimoteur à hélices, retrouvé dans un endroit bien connu : la région entourant Brus Laguna, objet d’atterrissages irréguliers depuis des lustres comme vous le savez. L’armée envoyée sur zone, guidée par un observateur radar aéroporté (US ?) après un bref accrochage avec les narco-trafiquants, avait découvert 806 kilos de cocaïne; à bord du Beechcraft B-200 N740P (le numéro de série BB-1218), répartis en 26 sacs dûment ficelés portant tous la mention « Disney », L’avion ayant été retrouvé planté le nez en avant, jambe de train avant pliée ou plutôt le train d’atterrissage enfoncé dans un terrain trop souple pour supporter un tel poids, comme le montrent les larges traces des pneumatiques laissées derrière lui.

Une vidéo a été prise de son laborieux atterrissage, prise par une caméra infra-rouge embarquée; suivi de l’arrivée de nombreux aides des narcos venus tenter de le vider (ici à droite). Le 1er février 2020 il avait effectué un trajet de Los Mochis, le fief d’El Chapo à Guadalajara, tous deux au Mexique… un habitué des cieux Mexicains, donc. Selon les autorités, il serait venu du Venezuela. L’avion était encore enregistré chez SYF LLC à Okmulgee en Oklahoma au nom des époux Abbott, Paul et Betty (c’est toujours le leur, on ne trouve rien à propos d’une quelconque vente). Il avait au préalable appartenu à des indiens Navajo à qui il servait d’avion VIP (cf ci-dessous). Le couple est aussi à la tête d’Abbott Industries Inc, une entreprise de maintenance en aviation et de pièce détachées. Et de Convington Aircraft également, racheté en 1975 à son fondateur.

 

Ils sont aussi à la tête du Paul and Betty Abbott Aviation Center, une école d’aviation, installée sur l’East Texas Regional Airport (KGGG). Des gens très croyants, selon leurs dires (Paul Abbott souhaitait au départ devenir pilote missionnaire, et sur leur site on peut voir des emballages de moteurs portant les traces des mains des enfants des travailleurs de l’entreprise ayant ainsi « béni » l’envoi pour l’organisation missionnaire bien connue MAF…). « Les Abbotts savent qu’ils ne sont que les administrateurs d’une entreprise qui appartient à Dieu » peut-on lire ici...  Mais ce que l’on retient plutôt, c’est qu’ils possèdaient aussi trois Air Tractor Inc AT-802, (le 802-0184, immatriculé N8520Z, le 802-0128 – N8513V; et le 802-0246 – N41646. Ce sont aussi sont détenteurs en vrais passionnés d’aviation de deux N41646 Noordyn Harvard Mark II (N554JH et N571CP) et même d’un vieux North American T-6/AT-6/SNJ Texan / Harvard N6422D acheté en 2016 ainsi qu’un Convair-Vultee BT-13A, (le N°7006) acheté en 2018. Ici un modèle équivalent. Ces collectionneurs de vieux avions ont ils eu l’imprudence de revendre leur vieux Beechcraft de 1985 à des narcos ? Beaucoup plus intriguant pour eux, leur Air Tractor N8520Z semble aussi avoir été proposé jadis aux enchères conjointement par l’US Deparment of States et la police colombienne. Et idem pour leur exemplaire N8513V !!! A bien y regarder, on constate, avec plus d’étonnement encore, que ces fameux Air Tractor de pulvérisation présentent un double cockpit blindé, comme ceux propos à la vente comme avions d’appui-feu !!! Le fameux N8513V avait été aperçu arrivant tel quel sur la base de Patrik AFB le 7 mars 2015, avec comme commentaire « well-armored »… le 11 mars 2011 il avait transité par le Providenciales International Airport, Providenciales des Turks and Caicos Islands; en chemin vers la Colombie, certainement. Qui l’avait aussitôt incorporé dans ses listes d’avions de Police, comme on peut le constater ici. Détenu depuis 2006 par le Department of States, il a été acheté paSYF LLC en 2017, pour 750 000 dollars seulement. Le N41646 acheté en 2017 lui aussi a déjà été lui revendu en novembre 2019 Aeronautical Technologies Inc, de Clovis au Nouveau-Mexique.

Dans une page dédiée à Convington Aircraft, on tombe sur un propos qui sonne bizarrement aujourd’hui après la découverte au Honduras de leur Beechcraft largement dopé à la coke (le Beechraft ici à droite provient de la galerie photo des Abbott) :« récemment, Covington s’est employé à développer ses activités en Amérique latine. Mais, alors que l’accord était sur le point de se conclure, les dirigeants de Covington ont appris qu’une certaine corruption se produisait avec les autres participants. Interrogé sur la tentation de «détourner le regard» pour conclure une transaction commerciale lucrative, Aaron (le fils de Paul Abbott) a admis: «Il est très facile de chasser le dollar, mais alors vous réalisez que vous n’êtes pas en affaires pour courir après un dollar; vous êtes en affaires pour faire une différence ». Pour Covington, le prix du compromis était tout simplement trop élevé. «Nous aurions perdu toute la crédibilité que nous avions bâtie au cours des 40 dernières années», a expliqué Abbott ». Pas sûr que ces récents événements ne lui la rendent pour autant… Qu’est-ce donc que ce mic-mac dans cette entreprise de croyants tendance forcenée (ils affirment ouvertement que le monde devrait être plutôt dirigé par des croyants en la résurrection du Christ (1)) ? 

Au Honduras, en juin dernier, le point sur la lutte anti-drogue fait ici par confidencialhn.com/ insistait sur le rôle tenu par l’ancien directeur de la Juan Carlos  Bonilla (ici à droite) surnommé el Tigre, (en retraite aujourd’hui) qui s’est rendu à la justice US pour témoigner contre le chef de l’Etat Juan Orlando Hernández et son frère damné Tony Hernández, responsable du trafic de drogue. « Les histoires du Tigre, ainsi que la remise des preuves d’un sujet qui a traité la drogue avec Tony et avec son groupe mafieux, y compris les narco-carnets de feu Magdaleno Meza, ainsi que le rôle joué par l’ancien chef de la police Ramón Sabillón (ici à gauche, qui sera considéré comme un témoin star) dans le démantèlement du cartel des frères Valle Valle, seront le point culminant de plusieurs années d’enquête qui conduiraient à la demande d’extradition imminente contre Hernández, qui hésite à quitter la Chambre présidentielle car il est conscient que ses derniers jours pourraient être passés dans le prison. » Bonilla, je vous l’avais fait découvrir ailleurs, dès juillet 2013... L’instruction de l’enquête était entre les mains d’une autre personnalité connue : le procureur de Manhattan, Geoffrey Berman (viré par Trump quand il a commencé à s’intéresser à ses propriétés et à la Deutsche Bank (2) !). Sous Obama, avais-je alors précisé, « le secrétaire d’Etat adjoint William Brownfield a dit que les USA ne remettraient pas « ni un dollar, ni un centime » au chef de la police Juan Carlos Bonilla, qui est accusé d’exécutions extrajudiciaires, rapporte l’AFP. Les Etats-Unis vont aussi éviter de travailler avec 20 responsables directement sous ses ordres, afin de maintenir « deux degrés de séparation », a déclaré Brownfield. J’avais  alors conclu : « voilà ce qu’il en coûte, aujourd’hui, aux USA, de laisser la CIA faire comme bon lui semble au Honduras pour garder la main sur le trafic de cocaïne… les américains, pour ça, sont prêts aujourd’hui à abandonner le monstre qu’ils ont créé à savoir Juan Carlos Bonilla Valladares, surnommé « Le Tigre ».  Le jour de l’abandon est venu, visiblement. « L’un des informateurs liés à la DEA a confié aux deux médias que le procureur Geoffrey Berman a décrit Bonilla comme un tueur à gages qui était au service des vallées des Hernández et des Valle Valle, il a donc tout prêt pour accuser pénalement le chef de l’État et demander son extradition au tribunal fédéral de Manhattan car il a conspiré pour introduire de la drogue aux États-Unis, facilité des moyens de trafic de drogue et mis les forces de sécurité et de défense à la disposition des cartels afin d’autoriser des tonnes de cocaïne pourrait atteindre le pays du nord » enfonce l’article. A l’époque, tout tournait auHonduras autour du richissime industriel de l’agro-alimentaire Miguel Facussé Barjum, un homme d’extrême droite décrit ici et décédé depuis (en juin 2015). L’homme qui a ravagé le pays écologiquement avec ses plantations de palmiers à huile envahissantes. Sur ses propriétés atterrissaient des avions qui ensuite étaient brûlés et enterrés (lire ici leur re-découverte)… organisant un trafic qui nous concerne ici en France ; en mai dernier, au Havre, où une véritable mafia des dockers sévit toujours, a été intercepté un container contenant 1,4 tonne de cocaïne, au milieu d’une cargaison censée être de café provenant du Honduras (ici à droite).

Le Covid19, période faste pour le trafic ?

Pour Deborah Bonello de Vice, le constat, amer, est là : la période du Covid a été faste pour le trafic de coke au Honduras. « Avec deux saisies massives récentes de cocaïne, le Honduras a confisqué davantage de drogue au cours des sept premiers mois de cette année que pour l’ensemble de 2019. C’est une hausse frappante dans ce pays de transit clé pour la cocaïne qui se dirige vers les États-Unis, où son président, un allié important de l’administration Trump, a été impliqué par des trafiquants de drogue. Les forces armées honduriennes ont confisqué 806 kilos de cocaïne à la mi-juillet dans un petit avion qu’elles ont saisi sur la côte est du pays, connue sous le nom de La Mosquitia (nota : c’est le N740P que l’on vient de voir). Une semaine plus tard, ils ont saisi 900 kilos supplémentaires dans la même zone, selon de nouveaux chiffres gouvernementaux, cette fois sur un petit bateau (ici à droite). Les forces de sécurité de l’État ont pris possession d’un total de 2,24 tonnes de drogue illicite entre janvier et juillet, plus que les 2,21 tonnes qu’elles ont saisies au cours de l’année dernière (…) L’augmentation des saisies de drogue peut indiquer un certain nombre de dynamiques, y compris une augmentation de la quantité de drogue passant par une zone ainsi qu’une intensification des forces de l’ordre consacrées à la détection des expéditions de drogue. Un porte-parole du ministère public du Honduras a déclaré à VICE News qu’il avait travaillé avec les autorités colombiennes et américaines pour effectuer les saisies les plus récentes sur les routes de la drogue en provenance de Colombie et du Venezuela. Mais le Honduras est un pays profondément compromis, où le commerce international de la cocaïne et d’autres intérêts criminels ont corrompu les autorités au plus haut niveau. L’année dernière, le frère de l’actuel président Juan Orlando Hernández, Juan Antonio Hernández, connu sous le nom de Tony – un ancien membre du Congrès – a été condamné pour trafic de drogue aux États-Unis dans une affaire qui impliquait également le président ( les deux sont ici à gauche, sur le trafic d’armes de Tony Hernandez lire ceci).

Au Guatemala, un propriétaire déjà repéré ici

On se retrouve au Guatemala le 26 juillet avec une alerte sur Twitter indiquant que pas loin du village de Los Ángeles, dans la municipalité de Santa Ana, à 14 miles de El Chal, a été détecté le survol non autorisé d’un avion qui est vite retrouvé le posé dans un champ, en train de brûler à l’arrivée (rapide) des forces armées guatémaltèques. C’est un gros jet de type Gulfstream III encore immatriculé N450BD, ce qui n’est pas sans nous rappeler une autre épisode de la série : le Coke en stock (CCLXVII) intiulé « de gros bimoteurs aussi et un enterrement à la sauvette » car c’est bien le frère de celui retrouvé complètement enterré à Playa Grande, Ixcán (Quiché) et appartenant depuis septembre 2015 à Gérard Guez, le vendeur de jeans d’origine tunisienne (avec« TAGS » pour « Tarrant Apparels Group« ), et sa société 477 Aviation, LLC. « Un vieil avion encore (c’est un G-1159A Gulfstream III, le N°412) resté très voyageur, aperçu ici en2011 au Liban, à Beyrouth !!! Ou là en avril 2010 à Shannon (Irelande) après une traversée de l’Atlantique (ou un départ vers les USA en provenance d’Europe !), ou à Genève en février, ou bien encore à Pise, en Italie en juillet 2015, et ici en Grèce, à Athènes, en juillet 2016″ avais-je alors écrit le 8 mars dernier. Pas loin des vestiges fumants, les forces de l’ordre retrouveront deux véhicules incendiés (l’un d’entre eux ci-dessus à droite) et plus intéressant encore une excavation contenant 2 tonnes en 70 gros paquets de cocaïne enterrés (ci-dessus à gauche et ci-dessous extraits de leur cache).

Cette fois-ci, l’avion lui-même ne l’a pas été enterré, au contraire de son confrère N471GG du 17 août 2019, le Gulfstream N°155. C’est la deuxième fois que le nom de Gerard Guez apparait dans cette série... à ce jour l’homme et sa famille font plutôt la une de journaux avec des histoires de  fermeture-éclair ou d’achats d’immeubles fastueux. A droite l’intérieur à cloisons de miroirs du Gulfstream sacrifié, qui avait encire belle allure malgré son grand âge..

Des hélicos aux bimoteurs 

Le 28 juillet on se retrouve au Venezuela cette fois, dans le Cojedes, sur une route de terre près de Boca E’ Perra, municipalité de Tinaco, qui longea la voie ferrée Tinaco-Anaco, devenue piste d’atterrissage improvisée pour un Piper Navajo immatriculé au Mexique XB-JRE. L’avion aurait eu des problèmes techniques et se serait posé en catastrophe. Il était rempli de bidons d’essence bleus, une vingtaine à bord de 15 litres de capacité.  Il venait donc de loin. A son bord, trois occupants dont une jeune femme vénézuélienne, (ici au centre sur la photo de droite), phénomène plutôt rare dans le secteur, un colombien et, prise intéressante, un mexicain plus âgé appelé Jesús Miguel Ángel Flores García qui n’est autre qu’un jeune retraité de l’aviation militaire mexicaine portant le numéro 7945843 à la Sedena (ici à droite). Un ancien pilote d’hélicoptère du 303eme escadron aérien, situé à la base aérienne militaire numéro 1 (BAM-1) de Santa Lucia. Une unité dans laquelle opèrent les hélicoptères russes Mi-17, ceux qui sont dépêchés en cas de découverte d’avions de trafiquants !!! L’immatriculation en autocollant semble avoir été clonée sur un appareil existant de la SAEB, du même type.

Le 30 juillet, c’est toujours au Venezuela que ça se passe avec une forme bien connue retrouvée au bout d’une longuet et large piste clandestine particulièrement bien entretenue et damée. Celle d’un Beechcraft retrouvé calciné vers Río Negro près de la municipalité de Jesús María Semprún dans l’Etat de Zulia, contrée devenu le vértiable porte-avions du pays. L’avion fort peu reconnaissable présente des hélices quadripales. Comme décoration on distingue à peine trois filets, un noir central et un gris et un bleu de chaque côté de celui-ci. Les entrées d’air moteur montrent qu’il s’agit bien probablement d’un modèle 200. L’explication de la qualité de la piste n’est pas loin : c’est un gros tracteur John Deere type années 80, abandonné, qui a été muni à l’avant d’une lame de bulldozer montée sur vérins hydrauliques. Un engin de terrassement ! Un compte Twitter l’affirme : l’appareil est le N515BA de 1989 d’Aircraft Guaranty et Carlos Vazquez de Laredo, Texas, (un habitué de nos colonnes !), acheté le 30 juin 2020 et qui n’a donc pas fait long feu, sans mauvais jeu de mots !!! L’investissement des trafiquants n’a pas été trop lourd : l’avion avait adu préalable été acheté aux enchères le 31 octobre 2018 pour 366 500 dollars seulement par la Middle Tennessee State University de Murfreesboro !!! L’avion découvert avait commencé son périple le 19 juillet en traversant le Mexique de Los Mochis à Santiago de Querétato. Fait à noter, ce Beech à la longue carrière avait été deux fois français en 1990 et 1991 chez Air Vendée et Air Atlantique !

Un Cessna plongeur

Le 1er août l’ineffable Nestor Reverol, le ministre de l’intérieur vénézuélien, affiche sur Twitter la photo d’un avion semi-immergé dans une mare pas beaucoup plus grande que lui, l’avant détruit et le pare-brise du cockpit explosé : ça ne lui a pas réussi de vouloir jouer les hydravions. Il a raté de 15 miles seulement l’aéroport de Santa Bárbara de Barinas et d’une cinquantaine de km celui de Miguel Urdaneta Fernández. La région où on l’a trouvé est en effet très humide puisqu’il s’agit de Congo Mirador, petit localité reposant sur pilotis au bord sud-ouest du lac Maracaïbo. L’avion est manifestement un Cessna 401, plus tout jeune (c’est le N°401A0082, il date de 1969 !)); reconnaissable à son large empennage, ses hublots ovales et ses réservoirs de bouts d’aile. Ses trois occupants, blessés, ont été arrêtés : deux dominicains Carlos Castillo, Rolando Pineda, et le pilote Oswardo Blisick Weeden, qui est lui vénézuélien. L’appareil est immatriculé en Floride à Miami comme étant le N17JE, avion qui a connu différentes livrées (cf ci-dessous à gauche). Il appartient depuis 2018 à la société Solo Energy Drink représentée par Sandra Solorzano, installée à Miramar. Selon la presse, l’avion avait disparu la veille alors qu’il revenait vers l’aéroport Gregorio Luperon de Puerto Plata d’où il était parti, son plan de vol indiquant qu’il s’agissait d’un « transfert de maintenance« . Cet avion avait décollé à 5h18 de l’après-midi de la province de Cibao au sud de la République Dominicaine et, selon l’Institut dominicain de l’aviation civile (IDAC), ayant été informé que l’aéroport de Barahona où il se rendait étant fermé, il avait commencé son retour pour disparaître ensuite du radar. Cette fois donc, c’était une belle panne d’essence, très certainement à l’origine du crash, mais la suspicion d’un vol illégal, en raison de l’origine de ses passagers, n’est pas totalement exclue. Un avis renforcé par la découverte du passé d’Oswardo Blisick qui avait été a été arrêté l’année dernière par les autorités dominicaines pour s’être rendu dans le pays depuis le Venezuela, mais en utilisant de faux documents. En prime, il avait vu sa licence aéronautique annulée, il y a plusieurs années, parce qu’il avait été impliqué dans le vol présumé d’un appareil. Selon la presse, Blisick aurait bénéficié de complicités portuaires pour pouvoir quitter ainsi facilement la République Dominicaine.

Un oiseau à la queue noire dans un champ de maïs

Le 8 août; on revient au Guatemala et on change de machine, avec le retour d’un biréacteur de type Hawker semble-t-il, retrouvé carbonisé à proximité d’un champ de maïs à Santa Cruz, Ixcán, près de Quiché, un lieu d’atterrissage fort fréquenté. Si l’identification paraît difficile (cf ici à gauche), un cliché va beaucoup nous servir à retrouver la trace de l’appareil : visiblement son empennage est noir. Cela suffit à notre fin limier Falcon pour le retrouver (grâce à ses derniers vols): il est mexicain, c’est le Hawker N°258012 XB-RAY, ex Mountain Aviation Llc de Cheyenne Wyoming, à plutôt fière allure malgré son âge (il date de 1984). Encore un bel engin sacrifié ! Bien entendu, aucune trace à son bord de la cocaïne qu’il aurait pu emporter…

Un incendie raté

On file en Equateur le 10 août, dans le secteur de Los Lomas, près de Milagro, sur le côté Ouest du pays et la côte Pacifique. On vient d’y découvrir un petit Cessna planté dans le sol, ses pneumatiques réduits en cendres. On a tenté en effet de l’incendier, tout son dessous est noirci. L’avion, un type 210 muni d’un radar météo sur son aile droite, est rempli de bidons d’essence (vides), emballés de papier, permettant au moins 15 heures de vol, reliés par des tuyaux débouchant sur le siège droit de l’appareil (les trafiquants ont embarqué la pompe et le répartiteur !), il n’a plus de siège arrières. C’est une vraie citerne volante !

Il semble avoir été fraîchement repeint, et porte une immatriculation (N54094) en autocollant qui est fausse : c’est celle d’un Skyhawk appartenant à une société de l’Arizona, Mustang Sally Aviation LLC. Visiblement il n’était pas venu pour faire du tourisme… en provenance du Mexique (une bouteille de Coca-Cola retrouvée à l’intérieur indique « Mexico ». Confirmation encore, avec la découverte d’auto-collants de remplacement retrouvés à l’intérieur qui indiquent XB-NJM comme autre immatriculation.

A noter que le 5 juillet, un autre Cessna s’était posé dans le Quintana Roo, puis avait été incendié par ses occupants. Il avait auparavant été détecté par le système de surveillance mexicain, et suivi. « Lorsque les militaires sont arrivés au sol, on a constaté que l’avion était déjà en feu », ajoute le texte. Ils détaillent qu’un véhicule chargé de 390 kilos de cocaïne a été retrouvé à proximité « qui est présumé provenir de l’avion » explique La Nation qui conclut « Quintana Roo, où se trouve la station balnéaire de Cancun et en bordure du Belize, est devenue un point stratégique sur les routes du trafic de drogue ». Exactement ce que je vous ai dit durant les vingt derniers épisodes de cette série…

Et l’été n’est pas encore terminé !!! On peut s’attendre à d’autres arrivages et d’autres appareils incendiés : comme l’a fait remarquer un journal (Maduradas), le prix de ces avions ne représente que 2 à 5% des gains espérés par la revente de la coke. Autant les jeter comme des Kleenex une fois la cocaïne apportée à bon port…

(1) Ils affichent leurs liens avec l’université fondée par R.G. LeTourneau, inventeur prolifiquntégralement e de machines agricoles, de pelleteuses géantes, , d’engins surprenants, bâtisseur de barrages (dont le célèbre Boulder Dam) comme de plate-formes de forage en mer mobiles, et lui aussi ardent prosélyte de la foi chétienne.

(2) il a été remplacé par Audrey Strauss qui vient d’inculper Steve Bannon pour détournement de fonds.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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