Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Coke en stock (CCCI) : Machiavel de Gortari

Coke en stock (CCCI) : Machiavel de Gortari

Un homme est derrière le désastre politique et sécuritaire mexicain actuel, il s’appelle Carlos Salinas de Gortari. La situation actuelle, incontrôlable, c’est avant tout son héritage. Evincé du pouvoir depuis 1995, il n’a cessé depuis de tirer les ficelles du pouvoir par candidats interposés, en y mêlant largement sa famille et surtout son frère au comportement scandaleux. Ces liens avec le libéralisme américain ont fait du pays une dépendance de la politique US, qui a laissé circuler la cocaïne car elle y avait intérêt au temps de Reagan. Ses liens avec le monde de la pègre et de la drogue sont patents, les détournements financiers astronomiques. Il n’a pourtant jamais été inquiété et c’est bien là tout le problème du pays, aujourd’hui…

Le crash (très) révélateur de 2007

Le Yucatan, ça fait 12 ans que je le visite…. virtuellement, puisque c’est là, comme au Mali, qu’ont débuté beaucoup de choses. Voici en effet ce que j’ai écrit en en janvier 2008; trois mois après un crash resté plusieurs mois dissimulé… L’histoire démarre le 24 septembre 2007 par un crash d’avion en plein Yucatan, au Mexique, à deux kilomètres à peine de la ville de Tixkokob, après une course poursuite avec des hélicos de l’armée mexicaine partis à sa rencontre pour l’intercepter. L’avion venait juste de se voir refuser auparavant l’atterrissage à Cancun et à Merida. Une situation où beaucoup voient un refus de paiement de bakchich pour le faire plus discrètement que de coutume. Ce jour-là, un Gulfstream II, un jet immatriculé N987SA s’écrase donc, en tentant ce qui semble bien être un atterrissage d’urgence… pour une raison idiote, car il vient alors de se retrouver à cours de carburant, alourdi par son chargement. L’avion, piloté par un as, réussit néanmoins à se poser en plein plateau montagneux, fauchant au passage une bonne paire d’arbres et d’arbustes, et finissant sa course en deux parties égales de fuselage, dont une intacte, celle du cockpit, qui se retrouve retournée sous le fuselage avant. L’avion a été tranché à hauteur de l’aile, au niveau des flaps. Impressionnant. Chapeau, le pilote casse-cou ! Les sauveteurs accourus découvrent un peu plus tard l’épave, s’attendant à trouver des blessés ou des morts, ou s’apprêtant à féliciter l’acrobate aux commandes. Hélas, ils ne pourront même pas le faire : l’avion est vide de tous occupants… qui se sont volatilisés sans avoir semble-t-il été blessés dans l’accident. Mais l’appareil n’est pas totalement vide. Dans la partie arrière, les soldats mexicains venus en renfort découvrent des sacs de l’armée US, dont certains encore sagement empilés dans les décombres. 132 sacs, exactement, qu’ils rangent sagement près de la zone de crash pour les dénombrer et les inspecter. Dedans, de la cocaïne, que de la cocaïne.
Pour près de 3,2 tonnes au total. Automatiquement ils s’intéressent davantage à l’avion, bleu et blanc, au liseré rouge, qui porte en fait une livrée bien connue. L’avion, comme tout appareil volant, a un matricule collé sur ses fuseaux moteurs arrière : c’est le numéro N987SA. En feuilletant les registres d’immatriculation, ils tombent littéralement par terre…

L’avion appartient alors à une minuscule compagnie, Donna Blue Aircraft Inc, de Coconut Creek en Floride, une société tenue par… deux Brésiliens (dont un bien connu ici : c’est Joao Luiz (Joe) Malago, ex North Atlantic). Aujourd’hui devenue une boîte aux lettres vide. Il venait tout juste d’être racheté avant le crash, à peine 8 jours auparavant. En mai 2006, il appartenait encore à la S/A Holdings LLC, une entreprise qui figurait parmi celles visitant régulièrement Guantanamo, dont on connaît aujourd’hui le goût pour les voyages touristiques, avec à bord des touristes bizarrement habillés en orange. Retrouvé plus tard vivant à Fort Lauderdale, Greg Smith, le pilote cascadeur du Gulfstream, finit par avouer que son patron, Don Whittington, a acheté cash le Gulfstream, deux millions de dollars, et confirme que sa deuxième société, Word Jet Inc, a bel et bien été infiltrée par la CIA…

Mort suspecte d’un ministre enquêteur

En 2008, un des second, l’associé et le complice de Joaquín El Chapo épinglé par la DEA, signe un accord avec un juge américain. En échange d’informations, non révélées, Héctor El Güero Palma, vieux routier du trafic de coke (du Cartel du Pacifique), arrêté dès 1978, miraculé d’un terrible crash aérien (dans le Learjet immatriculé XA-SWF ex N888PT), n’est condamné « qu’à » 12 années de prison et à une amende ridicule. L’homme a commencé sa carrière en travaillant pour le Cartel de Guadalajara sous Rafael Caro Quintero, Ernesto Fonseca Carrillo et Miguel Ángel Félix Gallardo, puis Amado Carrillo Fuentes.  Il avait été l’objet d’une vengeance terrible du trafiquant vénézuélien Rafael Enrique Clavel, alias « Bon Mozo », qui avait décapité sa femme et lui avait envoyé la tête par la poste et avait jeté ses deux enfants d’un pont (lire ici son histoire).  Les hangars qu’ils utilisaient étaient ceux-là mêmes d’Olegario Vazquez Rana !!! Relâché en juin 2016, après 8 années effectuées en prison aux USA, il retourne aussitôt en prison… au Mexique où il a été extradé. Pourquoi donc, c’est bien là toute la question !!!  L’ancien chef de cartel a son arrivée est transféré dans une prison de haute sécurité, celle-là même d’où s’était échappé El Chapo… Qu’avaient donc appris dès 2008 les USA sur El Chapo Guzman et ses pérégrinations au Honduras ??? Ou sur l’usage de ses avions et de ses hangars ? Difficile d’imaginer qu’ils n’aient pas appris à ce moment où il pouvait se localiser !!! L’année même de l’arrestation de son adjoint, le 4 novembre 2008, une nouvelle relance les soupçons de collusion avec certains hommes politiques ou gens proches du pouvoir et bien placés et les trafiquants. Ce jour-là, le secrétaire (ministre) de l’intérieur mexicain du President Felipe CalderónJuan Camilo Mouriño, qui enquêtait sur les cartels est en effet tué dans le crash de son Learjet 45 (XC-VMC, « Víctor-Mike-Charly »), un crash survenu à Mexico même, en pleine ville, provoquant un incendie impressionnant. Le crash sera attribué à une erreur de pilotage, le Learjet ayant suivi de trop près paraît-il un Boeing 767-300 de chez Mexicana, en entrant dans ses turbulences arrières avec des pilotes insouciants des appels du contrôleur de se tenir à plus de distance du Boeing : les pilotes auraient mis une minute et demie avant de réagir à l’alerte venue du sol. On montrera dans un hangar les restes calcinés patiemment récupérés pour tenter d’effacer la thèse de l’attentat. A défaut d’une thèse complotiste avant les trafiquants à la manœuvre, le crash révélait surtout  l’usage immodéré d’avions privés (ici affrété par Aviación Ejecutiva SA de CV) par les personnalités gouvernementales, et également le manque d’entraînement flagrant des deux pilotes recrutés sur ce type d’appareil.  Mais pour Anabel Hernandez ( cf : Los Señores del Narco), c’est le ministre Genaro García Luna et son entourage, protégeant le cartel de Sinaloa, qui aurait été responsable, l’évasion de Joaquín Guzmán ayant selon elle organisée par des fonctionnaires du gouvernement Vicente Fox (qui a été président du  au 

L’encombrant frangin

Revenons quelques années en arrière. Le frère du président élu en 1988 a défrayé lui aussi plusieurs fois la chronique judiciaire. En novembre 1995, son épouse Paulina Castañón (ici à droite, l’ex-femme d’Alfredo Díaz Ordaz, fils de l’ex président), et son beau-frère, Antonio Castañón, sont arrêtés à Genève, en Suisse, après avoir tenté de retirer 84 millions USD d’un de ses comptes (chez Citibank), inscrit sous un pseudonyme. Il vient alors être expédié en prison pour le meurtre de José Francisco Ruiz. Elle divorcera deux ans plus tard. L’argent y restera bloqué plus de dix ans. Selon Wikipedia, « en 2008, le gouvernement de la Suisse remettra au gouvernement du Mexique 74 millions de dollars sur les 110 millions de comptes bancaires gelés détenus par Raúl Salinas. Le ministère suisse de la Justice a indiqué que le gouvernement mexicain avait démontré que 66 millions de dollars des fonds avaient été détournés et que les fonds, avec intérêts, avaient été restitués au Mexique. Les comptes bancaires étaient détenus chez Pictet & Cie, Citibank Zurich, Julius Baer Bank et Banque privée Edmond de Rothschild à Genève et Zurich. »

A la mi-mars 2013, les journaux avaient révélé l’escapade galante du divorcé Raúl Salinas de Gortari, atteint du démon de minuit visiblement,  en compagnie d’une jeune femme brune, (Maria Bernal, rencontrée dans son magasin de vêtements, au coin de la Rioja et de Sierpes, au centre de Séville en Espagne, qui en a fait depuis un livre vengeur (1)) le couple avait été complaisamment photographié devant Acapulco à bord d’un yacht notamment (et d’un voilier, ici à gauche et à droite). La presse avait sauté sur l’occasion bien sûr pour montrer l’inconséquence du personnage et ses dépenses perpétuelles sans clarté aucune sur ses revenus. Auparavant, en 2010, on l’avait vu avec Claudia Marcucetti, copine de Mariana, la fille que l’ex ingénieur avait eu avec sa première femme – Ana Pasalagua. L’année suivante, on le verra en compagnie d’Ana Cecilia Martínez Cairo, venue de Sinaloa, depuis il n’a plus l’air d’en avoir changé. La liaison avec Bernal, il est vrai, s’était vite terminée en haut de boudin comme on va le voir plus loin.

Début mars 2013, le juge du treizième tribunal de district dans les procédures pénales fédérales, Carlos López Cruz, avait pourtant ordonné le retour au Mexique de « Juan Manuel Gómez Gutiérrez », le nom d’emprunt présumé de Raúl Salinas de Gortari, pour les 30 millions pesos déposés sur cinq comptes bancaires gelés depuis 18 ans. Peine perdue : le vendredi 12, le troisième tribunal pénal unitaire du district fédéral l’exonèrait du crime d’enrichissement illicite, car « il estimait que le procureur général de la République (PGR) n’avait pas prouvé que sa fortune provenait du Trésor fédéral et cette décision lui a été notifiée le mardi 16, un jour avant son voyage en Europe ». Le journal Reforma a rapporté que Raúl Salinas était définitivement et irréparablement acquitté d’un enrichissement illicite estimé à 224 millions de pesos, qui, selon le PGR, provenait du soi-disant « parti secret » de la présidence de la République dirigé par son frère Carlos et les 2 218 millions de pesos ont été détournés entre 1990 et 1994″. Obscène, totalement obscène (à gauche des exemples de ses propriétés) !

Pire encore auparavant : condamné en 1995 à 50 ans de prison en tant que cerveau du crime, peine réduite ensuite à 27 ans, Raúl Salinas de Gortari avait été innocenté pour « manque de preuves » en 2005 par un tribunal qui avait « réexaminé » le cas, après avoir effectué dix ans de cellule, pourtant. Une libération juste avant l’élection présidentielle de 2006 qui avait fait dire récemment à Andrés Manuel López Obrador (l’élu actuel, perdant en 2006 et 2012) qu’il y avait bien eu un accord secret entre le gouvernement de l’époque (de Zedillo) et Carlos Salinas pour la libération du frère de ce dernier… à sa sortie, l’attendaient une fortune estimée à 2 400 millions de pesos (183,2 millions d’euros)… moins ce que l’Etat avait réussi à récupérer en 2008 ! Avec un tel symbole de l’impunité faite homme, il ne peut plus y avoir d’Etat au Mexique. La liberté rendue à ce forban politique est la voie royale tracée pour une désagrégation de l’Etat, et le pouvoir laissé aux trafiquants corrupteurs. Un forban qui accordait de façon surréaliste sa confiance à une occultiste, prétendue « trinitaire mariale de la congrégation spirite du Temple de la Foi« , appelée Francisca Zetina La Paca (ici à gauche en compagnie de Maria Bernal). Elle invoquait devant lui les esprits, dont paraît-il celui de JK Kennedy ! « La Paca » vivait à Santa Cruz Meyehualco, un quartier d’Iztapalapa, région dans laquelle Raúl Salinas possédait ses nombreuses maisons et fermes. Du pain béni que cette chamane pour les fanatiques complotistes, pensez bien avec leurs rengaines sur le satanisme et le pouvoir !!! Bernal a rajouté dans le genre en expliquant que dans une des villas de Raul on accédait à une « salle secrète » en « déplaçant un livre sur une étagère  » !!!

Le squelette du chantage 

La même voyante et Bernal se retrouveront impliqués dans une histoire incroyable de squelette découvert dans l’une des propriétés de Raul Salinas, un imbroglio de plus dans la saga familiale plutôt compliquée comme on l’a vu. Au départ on pensait avoir retrouvé le corps de Manuel Muñoz Rocha, député fédéral du VIIeme district électoral de Tamaulipas, qui aurait aidé Raúl à planifier le meurtre de José Francisco Ruiz Massieu et qui avait disparu depuis, en 1994 (cf notre épisode précédent). Mais  les ossements retrouvés ne correspondaient pas et étaient en fait ceux du beau-frère de la machiavélique Francisca Zetina La Paca, qui l’avait enterré là avec la collaboration de María Bernal et de six autres personnes dans l’intention présumée d’accuser Raúl Salinas du meurtre de Rocha et extorquer de l’argent à sa famille. C’est d’ailleurs Paulina Castañón qui les avait dénoncés, la voyante et Bernal, elles lui auraient demandé en effet un million de dollars en échange de garder secret le lieu où Muñoz Rocha avait été enterré, alors qu’il était disparu depuis le 29 septembre 1994 !!! La séquence avait été filmée (ici à droite) !!! Du Dallas, en quelque sorte, version morbide !

Au final on arrêtera l’assassin de José Francisco Ruiz Massieu; appelé Daniel Aguilar Treviño (ici à gauche). Le meurtrier et son complice Carlos Ángel Cantú Narváez avaient reçu 50 mille pesos de Fernando Rodríguez (le parrain du député fédéral Manuel Muñoz Rocha) pour assassiner le chef du PRI. Rodríguez González, qui avait reçu l’ordre de Muñoz Rocha de commettre le meurtre de Ruiz Massieu, avait été arrêté le 11 octobre 1994. En 2019, Carlos Ángel Cantú Narváez  affirmera qu’il avait avoué sous la torture.

Le lourd secret d’enfance des Gortari

Des monstres, les Gortari ?  Certainement, avec ce que l’on a fini par apprendre ou redécouvrir plutôt, sur leur enfance et le drame auquel ils ont été liés. Un événement atroce, hors du commun qui explique assez bien leur irresponsabilité future, des années plus tard. « Quand Raul venait d’avoir cinq ans et que Carlos avait trois ans, ils ont tué avec une amie de huit ans la femme de chambre avec un fusil de calibre .22. Selon les journaux de Mexico, le 18 décembre 1951, les enfants avaient « exécuté » la servante âgée  douze ans, nommée Manuela (d’origine indigène), avec le fusil, que leur père avait laissé chargé dans une armoire. Les rapports publiés, qui avaient mystérieusement disparu des bibliothèques mexicaines au moment où Salinas était devenu un personnage public, a déclaré qu’il n’était pas tout à fait clair lequel des jeunes avait appuyé sur la détente. Les enfants jouaient à des jeux de guerre et Manuela a été condamnée à mort. Ils lui avaient demandé à genoux, et l’un d’eux lui avait tiré dessus. « Carlos, lorsqu’on lui a demandé ce qui s’était passé, a dit: » Je l’ai tuée d’un seul coup. Je suis un héros « , a déclaré le quotidien El Universal à l’époque. La Prensa a dénoncé » l’irresponsabilité d’un père qui a des enfants mineurs, leur a permis de s’approcher d’un fusil de calibre .22 (il est ici à gauche avec Raul et Adriana Salinas). « Il est dit que la mère effondrée des enfants, Margarita Salinas Lozano, passait le jour et la nuit au poste de police à côté des enfants », qui, totalement ignorants du drame intense qu’ils avaient causé, courraient l’après-midi encore dans les couloirs du poste de police de la huitième délégation. » En fin de compte, cependant, l’incident a été jugé comme un accident. Personne n’a jamais été inculpé, et la destruction ou le retrait forcé des anciens exemplaires de journaux des bibliothèques de tout le Mexique soulèverait la question de savoir si l’événement avait bien eu lieu. » Le père n’était pas qu’un irresponsable, comme l’a noté Jean-François Boyer dans « La guerre perdue contre la drogue » : « avant même l’élection de son fils à la présidence de la République, en 1988, Raul Salinas Lozano et son aîné Raid Salinas de Gortari ont franchi le pas, suivant l’exemple de leurs amis contrebandiers. Juan Nepomuceno Guerra ( nota le fondateur du Cartel du Golfe), a en effet mis les réseaux de Tamaulipas au service du narcotrafic, et Raül commence à bâtir le système global de protections officielles qui fera du Mexique dans les années quatre-vingt-dix la première plaque tournante mondiale de la drogue. Arrêtée en 1992 pour un trafic de 90 kg de cocaïne, l’assistante de Raul Salinas Lozano, Margarita Ruiz Pelayo – sa confidente pendant dix-huit ans – révélera à la police américaine que le dispositif s’est mis en place au début des années quatre-vingt. Les deux principaux opérateurs de la famille étaient dès cette époque Raul et Adriana, sa sœur, mariée à Francisco Ruiz Massieu, futur secrétaire général du PRI, originaire de l’État de Guerrero. Une partie des fonds gagnés par le clan était alors blanchie dans des investissements immobiliers à Acapulco. » Avant Cancun, ou Merida, comme aujourd’hui !

L’autre frère oublié, assassiné lui aussi

Oublié de l’histoire, le troisième frère n’est plus depuis 2004. Enrique, le frère cadet du clan Salinas de Gortari (ici à droite) qui était resté à l’écart de la scène politique avait néanmoins été crédité d’être le cerveau financier de son frère Raúl Salinas et pour ce faire avait fait l’objet d’une enquête pour blanchiment d’argent en France, dont les autorités via le juge d’instruction français Henri Pons, avaient émis en avril 2004 un mandat d’arrêt contre lui. Le mandat visait aussi son frère, Raul, pour « blanchiment provenant du trafic de stupéfiants ». La même année, le 4 novembre, on l’a retrouvé mort dans une Volskwagen Passat, dans la municipalité de Huixquilucan, dansl ‘État de Mexico, avec un sac en plastique sur la tête. Mort par suffocation, selon les apparences et l’autopsie. Selon certains; il s’agissait clairement d’un assassinat en liaison avec les groupes criminels liés à la drogue, avec lesquels les frères Salinas de Gortari étaient associés. Son ex-épouse, elle aussi visée par le mandat d’arrêt international a été déclarée « en fuite ». L’argent provenant bien du trafic de drogue : « l’ancien procureur général de Genève, Bernard Bertossa, a transmis, en juin 2002, l’intégralité du dossier aux autorités mexicaines, faute de pouvoir clore l’enquête en l’absence des principaux protagonistes de l’affaire : Raul Salinas purgeait alors sa peine au Mexique ; les témoins, menacés, refusaient de se rendre en Suisse ; l’un d’entre eux a été assassiné la veille de son déplacement à Genève. Pourtant, les conclusions de l’enquête suisse sont particulièrement dures. L’Office fédéral de justice affirme que les auditions des témoins font état « de l’implication du clan Salinas, incluant non seulement l’ancien président du Mexique, Carlos Salinas, mais également des éléments de l’armée, de la marine, ainsi que des responsables des collectivités étatiques locales dans des activités relevant de la protection du trafic de stupéfiants ». L’Office fédéral poursuit : « L’un des témoins affirme que l’ancien président Carlos Salinas aurait financé tout ou partie de sa campagne présidentielle à l’aide de fonds suspectés de provenir des cartels, notamment colombiens, de la drogue. » Les suisses avaient interrogé des personnes dont certaines avait été tuées peu de temps après. Le bilan de leurs recherches était affligeant pour les Gortari qui étaient bien à la tête du réseau de drogue : «l’arrivée de son frère Carlos Salinas à la présidence, en 1988, a permis à Raul de prendre le contrôle de la quasi-totalité des convois de drogue transitant par le Mexique, cela en corrompant des membres de la police et de l’armée.» Telle est la principale conclusion à laquelle arrivent les Suisses. Et ils l’étaient. Ainsi, profitant de son influence et de «ses relations d’amitiés» avec les cartels colombiens et mexicains ainsi qu’avec des fonctionnaires de la justice et de l’administration mexicaine, Raul Salinas a assuré la sécurité des convois. Selon des témoins, il y aurait eu des jours favorables au transit, des «green-light days», fixés en accords avec des fonctionnaires corrompus. De dix à trente convois d’une ou plusieurs voitures convoyant chacune 700 kilos de cocaïne traversaient chaque mois le pays, parfois sous la garde de militaires ou d’employés de la police mexicaine! Raul Salinas mettait également à disposition des camions et chemins de fer d’entreprises publiques. Et il en fut grassement récompensé: jusqu’à la fin des années 80, Salinas encaissa 300 000 dollars à chaque cargaison, puis 30 à 40% de la valeur des chargements. En tout, selon les Suisses, «il pourrait avoir récolté près de 500 millions de dollars». Ces trajets sont aussi décrits dans le livre « Drugging America: A Trojan Horse, 2nd Ed », de Rodney Stich.

Le banquier de la famille et ses fils véreux

Pour gérer tout cet argent il fallait un banquier. Il s’appellera Carlos. En 2014, Frontline ressort ses dossiers dont celui de Lowell Bergman, qui a interviewé dans les années 2000 un homme clé de la période : Carlos Hank Gonzales, alias  » El Profesor « (ici à droite)  décédé d’un cancer en 2001, qui a failli être président mais n’ a pu se présenter car son père (Jorge Hank Weber) était allemand de naissance et non mexicain. Il se contentera de devenir secrétaire à l’Agriculture et à l’élevage sous De Gortari. Un jour il affirmera « qu’un politicien qui est pauvre est un pauvre politicien… » Devenu banquier (à Toluca) c’est aussi le fondateur de la compagnie aérienne Taesa. En novembre 1999 un DC-9 de la société (le XA-TKN) s’était écrasé dans un champ d’avocats à Uruapan dans le Michoacán, en raison d’un défaut d’entretien de ses volets : il avait été signalé, mais pas réparé et l’avion avait décroché provoquant 18 morts. Lui et ses fils ont œuvré pour Salinas de Gortari. Et ça a provoqué sans surprise de la corruption mais aussi des morts à la clé. « Alors que les scandales du régime du président Carlos Salinas secouaient le Mexique dans les années 1990, un autre nom a fait surface qui a attiré l’attention des fonctionnaires des États-Unis  – la famille Hank. Le patriarche, Carlos Hank Gonzales (ici à gauche), a été pendant de nombreuses années un politicien de haut niveau au sein du parti mexicain PRI au pouvoir et a été reconnu comme un homme au pouvoir et à l’influence immenses. Ses détracteurs affirment qu’il représentait la politique traditionnelle et ancienne de la corruption au Mexique dans les affaires et le gouvernement, le vol d’élections et l’achat de votes. La famille Hank répond que tout cela est politique car le père a travaillé pour l’ancien président Carlos Salinas. Aujourd’hui, ce sont les fils de Carlos Hank Gonzales – Carlos Hank Rhon (ici à droite) et Jorge Hank Rhon (à gauche à l’époque et il y a a quelques mois) – qui font l’objet d’un examen minutieux ». Jorge, basé à Tijuana, avait déjà une réputation de comportement excentrique ainsi que des allégations de criminalité. Jorge est propriétaire de la concession de jeux d’argent dans le nord du Mexique et gère un hippodrome à Tijuana (il s’intéressait aussi au football, comme on l’a vu). Carlos Hank Rohn, le fils aîné et le moins flamboyant, a réussi à rester à l’écart des informations jusqu’à ce que les enquêteurs et les journalistes se tournent vers les affaires financières de Raul Salinas. Comme indiqué dans « Meurtre, argent et Mexique » de FRONTLINE, c’est Carlos Hank Rohn qui était la référence de Raul Salinas à la Citibank. Et c’est Citibank (via les alias de Raoul Salinas de Gortari) qui a ensuite transféré secrètement plus de cent millions de dollars hors du Mexique pour le frère du président. Finalement, la police nationale suisse affirmerait qu’une grande partie de cet argent était de l’argent « stupéfiant » payé à Raul pour une protection politique. Mais un certain nombre de riches Mexicains, dont Carlos Hank Rohn, seraient identifiés comme des contributeurs importants à ce que Raul et ils prétendent être un «fonds d’investissement». L’engagement de Carlos Hank Rohn s’est élevé à 9 millions de dollars. (…)  Le rapport du gouvernement sur les renseignements bruts, surnommé le «rapport du tigre blanc», a été divulgué à la presse. Le rapport contenait des détails sur les enquêtes menées par le gouvernement sur la famille Hank pour des liens présumés avec des trafiquants de drogue et le blanchiment d’argent. Le rapport alléguait que la famille Hank était intimement liée à de puissantes organisations de trafiquants de drogue, y compris l’Organisation Arellano-Felix (cf cartel de Tijuana ici à droite avec à sa tête une femme, « La Jefa’ Arellano Félix), et que Carlos était directement impliqué dans le blanchiment d’argent. Il a conclu que la famille représentait « une menace criminelle importante pour les États-Unis ». Après la divulgation du rapport, la famille a lancé une contre-attaque. Ils ont embauché des avocats de renom tels que l’ancien sénateur du New Hampshire Warren Rudman et ont commencé à faire du lobbying aux États-Unis. gouvernement de désavouer le document. La procureure générale Janet Reno (ici avec Clinton) a finalement écrit à la famille une lettre disant que le rapport avait été divulgué de manière incorrecte et qu’elle ne pouvait pas approuver ses conclusions car il n’avait pas été correctement vérifié (…) Aux États-Unis, la famille Hank et l’un des actifs les plus importants de Carlos Hank Rohn sont défendus par Gary Jacobs, PDG et président de la Laredo National Bank à Laredo, au Texas. La Réserve fédérale allègue que Carlos a caché la propriété de son père et d’autres. Si cela peut être prouvé, cela pourrait entraîner la suppression de la banque de 2 milliards de dollars de son contrôle, ainsi que des objectifs substantiels( ..) M. Jacobs dit à FRONTLINE qu’il est actif, de temps en temps, en faveur des républicains et des démocrates et qu’il soutient généralement les individus une fois qu’ils sont au pouvoir. Récemment, Jacobs et Laredo National Bank ont ​​été condamnés chacun à une amende par la Commission électorale fédérale pour avoir versé 15 000 dollars pour une contribution au Comité national républicain. Jacobs a été condamné à une amende parce qu’il n’a pas révélé que la Laredo National Bank lui avait remboursé la contribution ». 

Et ce n’est pas tout : le 20 avril 1988 le journaliste Héctor Félix Miranda, « El Gato » co-directeur de ZETA a été  tué de deux  coups de fusil de chasse tirés à bout portant lui faisant exploser tout le haut du corps (ici  à gauche la reconstitution), tué par Antonio Vera Palestina et Victoriano Medina, deux gardes du corps de Jorge Hank Rhon, alors directeur de l’hippodrome d’Agua Caliente et fils de l’ancien secrétaire à l’Agriculture et à l’élevage du gouvernement de Carlos Salinas de Gortari. Poursuivis, capturés aux USA ils ont été condamnés à une peine de 27 ans de prison au pénitencier de La Mesa. Le journal qui avait dû faire sa propre enquête à la place de la police avait alors conclu : « la Commission nationale des droits de l’homme a ordonné une enquête mais rien n’a été fait. La Société interaméricaine des journalistes a conclu qu’une enquête était nécessaire. L’organisation a demandé au président d’en lancer une, mais rien ne s’est produit. Ils ont insisté et ont parlé avec le ministre de l’Intérieur. Il a promis de parler au gouvernement de la Basse-Californie et au bureau du procureur général, mais il ne l’a jamais fait. Le journaliste Eduardo Valle a convaincu la Chambre des députés de rouvrir le dossier. Rien n’a jamais été fait. La Commission interaméricaine des droits de l’homme a envoyé une note diplomatique au ministère des Affaires étrangères qui demandait des informations au Bureau des droits de l’homme de Basse-Californie, mais jusqu’à présent, rien n’a été fait.  Le fait est que Carlos Hank González pèse plus que le corps d’un journaliste assassiné« . La raison réelle de l’assassinat ? La veille, « El Gato » avait osé rappeler la mort de la servante de De Gortari, un secret enterré comme on l’a vu, avec cette phrase de défiance : « Ojalá y nada más le dé por matar gatas, y no gatos. Atentamente Yo”, jouant sur son surnom : visiblement il avait signé son arrêt de mort connaissant Machiavel de Gortari !

Selon le journal, ils auraient aussi participé au piège meurtrier du journaliste, un autre militant anti Hank Rhon: Emigdio Nevárez. « A l’époque,  Juan Francisco Franco, du bureau du procureur général de l’État l’a arrêté et interrogé, mais il a été relâché inexplicablement. Nevárez avait été retrouvé mort le 24 juillet 92 sur une route abandonnée à Colonia Álamos de Tijuana. Ils lui avaient même donné le coup de grâce. On ne sait jamais qui l’a tué ou qui a ordonné sa mort. La police n’a enquêté sur rien, malgré le lien pratiquement indéniable avec Hank Rhon, Vera Palestina et Victoriano Medina. À la suite de ce crime, le procureur général de la justice de l’État de l’époque, M. Juan Francisco Franco, a reçu des informations sur l’éventuel tueur. Les mêmes informations ont noté la coïncidence selon laquelle un employé de l’hippodrome d’Agua Caliente, immédiatement après le meurtre d’Emigdio Nevárez, aurait reçu une somme d’argent importante et aurait été mandaté par ses employeurs, ou aurait quitté Tijuana de son plein gré ».

Le vendredi 1er mai 2015, Vera Palestina a été libéré de la prison d’El Altiplano, à Almoloya de Juárez, puis il a été transféré à Tijuana, de retour sur les lieux mêmes de son crime. Après sa libération, » dans un convoi digne d’une opération de sécurité », l’ancien détenu a rencontré… Hank Rhon, et déclaré de façon cynique et incroyable que le journal ZETA avait « profité » des faits pour se faire connaître !!! Aucune repentance !!! Les psychiatres qui l’avaient examiné l’avaient déjà défini comme « pervers narcissique » leur jugement était bon ! Aux commandes de la cohorte de voitures blindées venue le chercher il y avait son fils,  Jerónimo Vera Ayala, qui est a lui aussi fait un séjour dans une prison à sécurité maximale de Puente Grande, à Jalisco dans laquelle son père était aussi passé. « Après 15 mois d’incarcération, le filleul de Hank Rhon est retourné travailler en tant que directeur de la planification stratégique de l’équipe de football Xoloitzcuintles à Tijuana »… Un retour à la normale, au Mexique !

Jusqu’à la moelle 

Carlos Salinas de Gortari devenu invisible, après s’ être exilé en Irlande (et s’y remarier), réapparaîtra néanmoins  le 5 décembre 2018 pour assister aux funérailles de l’ancien président américain George H.W. Bush (aux côtés d’Angela Merkel, ici à gauche, pas vraiment ravie de le voir auprès d’elle). On lui prétendra avoir beaucoup œuvré pour la victoire de son poulain Enrique Peña Nieto, qui comme lui, a été élu avec de forts soupçons électoraux. Ce sera au final le président le plus impopulaire de l’histoire du Mexique… pour se faire élire lui aussi avait fait en effet dans l’informatique, en recrutant le célèbre pirate Andrés Sepúlveda. « Ce dernier disposait avec son équipe de 600 000 dollars de budget pour manipuler les réseaux sociaux et créer un enthousiasme factice pour la campagne de Peña Nieto, injecter des logiciels espions dans les programmes informatiques des candidats adverses, et voler des plans de campagnes. Andrés Sepúlveda est actuellement emprisonné en Colombie pour avoir, en relation avec la campagne présidentielle d’Óscar Zuluaga, espionné des responsables politiques et militaires ; tandis que Juan José Rendón est suspecté d’avoir reçu de fortes rétributions financières des narcos-paramilitaires pour faire valoir leurs intérêts auprès des autorités colombiennes »… Manipuler les bulletins mais aussi les esprits, grâce à leur réseaux de médias à leur botte. Televisa et TV Azteca, par exemple, reliés ensemble par un groupe d’élite d’amis se cooptant connu sous le nom de « Groupe Atlamulco ». Dirigés par Emilio Azcárraga Jean (pour Televisa) et Ricardo Salinas Pliego (chez TV Azteca); ces décideurs d’opinion avaient par exemple choisi de diffuser les demi-finales de football (on y revient) au lieu de diffuser le premier débat présidentiel de 2006 et 2012 (dans lequel Enrique Peña Nieto était connu pour ne pas être très à l’aise dans l’exercice). Une bonne partie du cabinet des ministres de Nieto était composé de « sallinistes » :

Pour aider, Nieto présenté comme candidat « plus glamour » avait comme deuxième épouse (Angélica Rivera) une ancienne star des feuilletons télévisés (elle a divorcé en 2018, lui fricotant déjà avec le modèle Tania Ruiz de 20 ans de moins que lui) !
En 2015, Raoul est réapparu lui lors d’une inauguration à Cuajimalpa, dans le Distrito Federal, descendant -en qualité de passager- d‘une BMW i8 évaluée à 2,3 millions de pesos. Une vraie provocation il avait du mal à s’extirper d’un tel engin bas de caisse. Chez les Gortari, l’obscénité de l’argent étalé n’a aucune limite…

Un pays et un président complètement dépassés

Il n’y a plus d’Etat digne de ce nom au Mexique depuis l’ère Gortari : présenté comme bourré de bonnes intentions, le président actuel Andres Manuel Lopez Obrador, longtemps resté le challenger malchanceux des précédents élections comme on a pu le voir ici, semble être désormais à la merci lui aussi des trafiquants, sinon dans un grand état de faiblesse face à eux.

En octobre 2016, le juge en charge de l’extradition d’El Chapo Vicente Bermudez, 37 ans seulement, est assassiné devant chez lui, en train de faire son  jogging, il a été abattu dans le dos par un tireur isolé qui l’avait suivi : « le contrat » type. Le 16 juin 2020, un juge fédéral, Uriel Villegas Ortiz a été assassiné, dans l’État de Colima. « Il traitait d’affaires sensibles comme le trafic de drogue, le vol de carburant et le blanchiment d’argent. Il avait notamment enquêté sur le cartel Jalisco Nueva Generacion, peut-être le cartel le plus puissant du Mexique actuellement. « Il est mort en faisant son travail », a exprimé la ministre de l’Intérieur et ancienne juge, Olga Sanchez Cordero » explique RFI.

On en veut pour preuve encore ce qu’a déclaré en juin dernier le président Obrador, au prétexte de la sécurité publique selon lui; à savoir d’avoir ordonné lui-même la libération d’Ovidio Guzman Lopez, d’un des fils d’El Chapo (il a eu 9 enfants, je vous ai déjà parlé de deux autres ici), dont l’arrestation avait provoqué un rodéo sanglant de ses fidèles, descendus en ville avec des armes lourdes montées sur affut à larrière de pick-up Toyota ou de petits camions benne, tirant dans le tas, et incendiant des véhicules ici et là..
Un rodéo sinistre filmé par téléphones portables qui avait fait le tout de la planète (ici à gauche). « Afin de ne pas mettre la population en danger … j’ai ordonné que cette opération soit arrêtée et que ce criminel présumé soit libéré » a-t-il déclaré, alors que jusqu’ici il avait rejeté la décision sur son « cabinet de sécurité ». On rencontre désormais en pleine rue les engins blindés, fabriqués par les Cartels à partir de camionnettes, ressemblant à ceux fabriqués par Daesh (ici à droite et à gauche).

En octobre 2019, 13 policiers étaient morts en même temps près El Aguaje, à Tepochica, pris dans une terrible embuscade fomentée par le sanglant cartel du Jalisco New Generation qui veut prendre la place du Cartel du Sinaloa d’El Cjapo et pour ça se retrouve obligé de faire dans l’escalade de la violence. L’année dernière il y a eu 36 000 assassinats dans le pays.

En mars dernier déjà, Obrador en visite à Badiraguato, lieu de naissance d’El Chapo, avait surpris en allant serrer la main de la mère d’El Chapo, lui promettant de s’occuper du sort de son fils « avant qu’elle ne meure » (elle a 91 ans), ce qui avait été interprété comme un fort mauvais signe donné aux trafiquants… ce jour-là, le président portait  visiblement sous sa chemise blanche un haut gilet pare-balles.  Au cas où… La voiture ici à droite est celle d’Omar Garcia Harfuch, le chef de la police de la ville de Mexico, en poste depuis octobre 2019. Criblée d’mpacts de tirs de gros calibre, elle a été attaquée dans le quartier chic de quartier de Lomas de Chapultepec, le 26 juin dernier au matin par des membres du cartel de Jalisco Nouvelle Génération. Deux polices sont morts et une femme qui passait par là en voiture, Harfuh ayant lui été blessé. Tout cela en plein centre de la capitale ! Le lendemain seize agresseurs ont été arrêtés et c’est une vraie expédition contre l’Etat, qui a été menée un acte de guerre véritable qu’ils ont décrit (à gauche la voiture de l’escorte). Trois semaines de préparatifs,  vingt-huit assaillants répartis dans sept véhicules, menés par José Armando Briseno, alias « El Vaca » (la vache), un des chefs du cartel de Jalisco Nouvelle Génération !!!

Et comme on peut faire encore pire dans ce pays à vau-l’eau, le 2 juillet, l’impensable horreur survenue : le meurtre sauvage à coups d’AR-15 de 26 jeunes, oui vous avez bien lui, 26 jeunes gens placés en maison de soins à Irapuato (de réhabilitation, en fait, pour leur addiction à la coke), abattus par rafales, là plupart membre d »un gang, celui du Cártel Jalisco Nueva Generación et froidement assassinés par un autre en l’occurence celui du cártel (plus local) de Santa Rosa de Lima.  Des assaillants (ils étaient quatre) avaient crié : « de la part de José Antonio Yépez Ortiz, alias “El Marro” (ici à droite). L’attaque est l’un des pires massacres de masse depuis que le président Andres Manuel Lopez Obrador a pris ses fonctions il y a 19 mois. L’attaque a eu lieu  moins d’un mois après celle d’un autre centre de désintoxication pour toxicomanes à Irapuato également, une ville de 570 000 habitants située à 170 miles au nord-ouest de Mexico. Des hommes armés avaient tué 10 personnes lors de l’assaut survenu le 7 juin. Cette fois, deux semaines auparavant, les forces fédérales avaient organisé une vaste opération au cours de laquelle 26 membres présumés du cartel local, celui de Santa Rosa de Lima, avaient été arrêtés dans la ville de San Isidro Helguera, municipalité de Celaya., dont la mère de leur chef José Antonio Yépez Ortiz, alias «El Marro», qui plus tard avait pourtant été libérée…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

Luis Del Río Jiménez est aussi connu sous les surnoms de « el Tío » ou « Señor T ».

Résumé De Gortari

https://www.eluniversal.com.mx/nacion/sociedad/70-anos-70-datos-y-mitos-de-carlos-salinas-de-gortari

 

(1) Ici un extrait du livre  » Opening Mexico: The Making of a Democracy » De Julia Preston, Samuel Dillon précise qui elle est et ce qu’elle a vu:  « Maria Bernal, grâce à son alliance avec Raul, a acquis une vision particulièrement intime de son mode de vie. Elle avait le sens du détail, et plusieurs années plus tard, lorsqu’elle était devenue une ancienne maîtresse aigrie, elle partageait ses connaissances avec le peuple mexicain dans un livre révélateur très divertissant. Elle raconterait ses visites à toutes les propriétés majeures de son catalogue immobilier, à commencer par ses deux maisons spacieuses, à quelques pâtés de maisons l’une de l’autre, au large du Paseo de la Reforma à Lomas de Chapultepec, la parcelle de terrain la plus chère à Mexico. Elle avait fait la fête avec Raul dans sa maison de plage à Acapulco et dans la grande maison qu’il avait louée à La Jolla, en Californie, quand il avait essayé d’apaiser son frère le président en semblant poursuivre des études universitaires dans un centre de recherche là-bas pendant un an (à droite c’est une réplique de SSK de Raul appelée Gazelle comme pseudo voiture de collection !!!). Elle est allée skier de son chalet à Aspen et l’a aidé à réparer un nouvel appartement à New York, sur la Cinquième Avenue surplombant Central Park. Elle l’a également aidé à orner et à gérer ses deux ranchs. L’un, appelé El Encanto (par enchantement), se trouvait dans les collines au-dessus de Mexico, à dix minutes de chez lui. Toujours un cavalier passionné, Raul avait gardé une petite écurie là et pourrait s’arrêter pour un tour ou un rendez-vous avec Bernal (ou une autre maîtresse) à tout moment au cours de sa journée de travail. L’autre, appelé « I », à Mendocinas, était une hacienda à l’ombre du spectaculaire volcan Popocatepetl, à trois heures de Mexico, avec un personnel de dizaines d’employés, une écurie de chevaux de rodéo pur-sang et un tableau du Greco original (ou ce que Raul avait dit) sur le mur. Dans le placard pendait sa collection chérie d’une soixantaine de costumes (dont beaucoup en daim) dans le style du cow-boy mexicain ou « charro », avec sombrero, veste boléro et pantalon étroit garni de boutons argentés à l’extérieur. Parce que Bernal était souple et pas une ambitieuse, sa liaison avec Raul a duré au-delà de ce que beaucoup de femmes auraient toléré. Elle n’a même pas été dissuadée lorsque, un an après leur rencontre, Raul a épousé une autre femme, une belle, nommée Paulina Castanon. Il a dit à Bernal qu’il avait été forcé de prendre une femme trophée pour des raisons pratiques, parce qu’elle était riche et mexicaine. Son frère le président, a-t-il expliqué, s’apprêtait à le nommer gouverneur de l’État des affaires du nord de Nuevo Leon, et un gouverneur mexicain ne pouvait pas très bien avoir une tarte espagnole pour femme. À part son argent, ce que Bernal a vu chez Raul Salinas n’a jamais été très clair. Mais au bureau du New York Times au Mexique, nous avons pu nous faire une idée précise de ce que Raul a vu en elle à la suite de quelques photos qu’elle a apportées à notre bureau, en les proposant à la vente à un moment où elle avait besoin d’argent. Les clichés qui posaient Maria nue dans une variété de positions de déesse, ont été pris par Raul lui-même, ou du moins elle le prétendait. Hélas, le Times n’ayant pas de double page poster centrale, nous n’avons pas pu les publier ».

 

Sur les Caravelle mexicaines cet excellent résumé :

http://drsamuelbanda.blogspot.com/2014/10/los-narcojets-de-la-fuerza-aerea.html

sur les Gortari Brothers un  très bon document de 1988 signé Frontline par l’excellent Lowell Bergman :

en complément une chronologie des faits de 1988 à 1999

https://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/mexico/etc/cron.html

C’est aussi de ce document phénoménal de 60 Minutes: « The CIA’s Cocaine » datant de 1993

https://www.cbsnews.com/video/the-cias-cocaine/#

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Election 2020 (II) : « sittin in limbo » ?

Les machines utilisées pour cette élection ne sont certes toujours pas sûres, mais des règle ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.