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Choisir entre la peste ou le choléra ?

Si on a bien compris ce qui nous attend pour les présidentielles, avec le barrage indispensable au FN, la place présidentielle serait gagnée soit par une droite catho et tradi, soit par une droite modérée, mais droite aussi dans ses bottes, avec pour les deux un programme définitivement anti-social.

Mais qu’en est-il réellement du programme de chacun des finalistes ?

Au-delà des promesses, dont on sait depuis longtemps qu’elles sont rarement tenues, pourquoi ne pas observer les résultats des 2 concurrents lorsqu’ils étaient au pouvoir ?

Celui de Fillon est limpide :

caricature_fillon Entre 2007 et 2012, il est redevable de plus d’un million de chômeurs supplémentaires, et on ne peut que lui imputer le bilan désastreux de son président d’alors, puisqu’il en a toujours été le 1er ministre. lien

Son bilan économique n’est pas brillant non plus, révélateur de l’échec absolu des politiques néolibérales, alors qu’il pensait pouvoir redresser les finances publiques.

La dette publique de l’état est passée de 921 milliards à 1386 milliards, soit une explosion de plus de 50%.

Sous son ministère, la croissance économique, selon Eurostat est passée de 2,3% en 2007 à 0% en 2012.

La balance commerciale a explosé de moins 52 milliards, à moins 81,5 en 2012.

Les recettes fiscales ont baissé de 196 milliards d’euros, et les plus gros revenus ont vu leur taux d’imposition baisser généreusement, passant de 49% à 41%… idem pour les sociétés qui sont passées de 50% à 34,6%. lien

Le même a récemment déclaré : « la colonisation, c’était juste pour partager nos cultures  »… transmis à ceux qui sont allègrement pillés depuis quelques siècles, que ce soit pour l’or, les diamants, ou l’uranium. lien

caricature_juppe Juppé, pour sa part est un ancien délinquant, condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et 1 an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de Paris, même si l’intéressé a eu le sentiment d’être un peu le bouc émissaire…

On peut aussi mettre à son actif le fait d’avoir, après 3 mois de gouvernance, mis toute la France dans la rue en 1995… d’avoir remercié assez cavalièrement ses jupettes…

Il avait voulu réformer la sécurité sociale, et s’est retrouvé avec une grève qui l’a obligé à faire machine arrière toute. lien

On comprend la prudence modérée de son programme actuel, concernant les réformes qu’il entend mener…

Étonnamment on apprend aussi qu’en mai 68, ce normalien aurait voté Krivine, trouvant Pompidou trop mou… « Il manquait de punch  », affirmait-il.

Pourtant quelques jours après, s’il faut en croire ses déclarations lors du débat du 24 novembre 2016, il était sur les Champs Elysées pour apporter son soutien au gouvernement. lien

On lui doit aussi quelques privatisations d’importance : Péchiney, Usinor-Sacilor, BFCE (banque française du commerce extérieur), AGF (assurance générale de France), Bull…Etc

Globalement, il ne peut se flatter de son bilan lorsqu’il a été aux affaires et pourtant il propose aujourd’hui quasi le même programme d’il y a 20 ans, en en oubliant les conséquences d’alors, 125 milliards d’impôts nouveaux, provoquant lors de son passage à Matignon une augmentation de 200 000 chômeurs.

Rappelons en effet qu’il avait augmenté à l’époque la TVA de 2 points, créant un impôt sur les sociétés, décidant de taxes indirectes supplémentaires, et lançant la CSG.

Aujourd’hui il peut bien accuser le président actuel de pratiquer la « méthode Coué », lorsqu’il affirme « ça va mieux », ajoutant qu’Hollande est le fossoyeur du modèle français, mais pourtant le programme qu’il nous propose à son tour, avec la volonté de « casser » un modèle social français déjà bien abimé, et avec sa réforme qu’il prétend apaisée, n’est pas vraiment porteuse d’espoir. lien

Les français auront-ils la mémoire courte ?

Nous le saurons bientôt.

Quant au FN, il ne semble pas rassuré de se trouver peut-être au second tour de la présidentielle face à Fillon, constatant que ce dernier chasse sans vergogne sur ses terres.

C’est ce que rappelle Poussielgue dans les colonnes des « Échos » : « le député de Paris est susceptible de venir chasser sur les terres du FN. Il a bénéficié de ralliements de personnalités politique issues de l’extrême droite, comme Jacques Bompard, député maire d’Orange, ou Aymeric Chauprade, député européen, exclu du FN  ». lien

On le voit, la présidentielle qui va nous être proposée sent un peu le vieux, le réchauffé, la poussière, alors que lorsque l’on constate ce que réalisent d’autres pays européens, on finit par se dire qu’il y aurait beaucoup mieux à faire que ce que nous proposent ces deux ex-premiers ministres, tout comme le FN qui lui aussi veut ramener l’âge de la retraite à 60 anslien

En Suède, par exemple, de plus en plus d’entreprises sont en train d’adopter la journée de travail de 6 heures, au lieu des 8 traditionnelles, afin de rendre les salariés plus efficaces, tout en leur permettant de mieux profiter de leur vie familiale.

S’il faut en croire Adèle Peters, de la « Fast Company », « je pense que la journée de travail de 8 heures n’est pas aussi efficace qu’on pourrait le penser. Rester concentré sur une tâche de travail spécifique est un énorme défi. Pour tenter d’y arriver, nous faisons des pauses pour rendre la journée de travail plus supportable, et en même temps, nous avons du mal à gérer notre vie privée ». lien

Mais nos vaillants candidats français de droite et d’extrême droite n’y pensent pas une seconde, ils veulent tous augmenter la durée du temps de travail, repousser la retraite le plus tard possible… même si la présidente du FN conditionne la suppression des 35 heuresau retour de l’emploi. lien

Lors du débat du 24 novembre, ils ont en tout cas soigneusement évité d’évoquer leurs bilans respectifs, lorsqu’ils étaient 1er ministres…

Octave Mirbeau écrivait dans le Figaro, en 1888 : « les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui le mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit  ».

Les électeurs de 2017 seront-ils des moutons ?

L’avenir nous le dira.

Comme dit mon vieil ami africain : « le monde semble sombre quand on a les yeux fermés ».

Les caricatures illustrant l’article sont de ïoo et deloire

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

 

Image à la une:  AFP (parue chez www.ouest-france.fr)

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