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Je suis depuis toujours un fid?le?propagandiste de la d?mocratie. J?en demeure amoureux et je garde sa photo ? mon chevet, mais, avec le d?but de l?Ere Obama qui va lui donner un nouveau sens, il devient n?cessaire d?en parler davantage? La d?mocratie n?existe pas. C?est un id?al ? atteindre. Et encore, il faut pr?ciser qu?elle n?est [...]

Cette mochet? de d?mocratie!

Photo : Flickr Just SallyRye
Photo : Flickr Just SallyRye

Je suis depuis toujours un fid?le?propagandiste de la d?mocratie. J?en demeure amoureux et je garde sa photo ? mon chevet, mais, avec le d?but de l?Ere Obama qui va lui donner un nouveau sens, il devient n?cessaire d?en parler davantage

La d?mocratie n?existe pas. C?est un id?al ? atteindre. Et encore, il faut pr?ciser qu?elle n?est un id?al que si elle reste ? sa place. La d?mocratie, dans une soci?t?, ne doit couvrir de ce que l?interd?pendance qui na?t de notre besoin les uns des autres, rend opportun de d?cider en commun.? J?en parle ailleurs, mais ici il ne s?agit pas de ce qu?elle doit couvrir, mais des contraintes qu?on rencontre ? l?appliquer, m?me l? o? elle est n?cessaire.

La d?mocratie vient dans une soci?t? quand celle-ci grandit et se complexifie. Le pouvoir dans un groupe est toujours ? qui a la force, mais, dans un groupe o? l?on est assez nombreux, la grosseur des biceps devient moins significative que le nombre des individus dans chaque faction. La force brute ne perd pas toute importance, mais le?pouvoir r?side de fait dans les alliances. Disons qu’une majorit? de gros biceps constitue une ??majorit? effective?? et conf?re le pouvoir, ??gros biceps?? avec le temps, devenant gros gourdins, puis des fusils-mitrailleurs.

Chacun, pour satisfaire ses besoins et ses d?sirs, veut plus de libert? et donc de pouvoir; face au destin et ? la nature, mais face aux autres, aussi.. En politique,???pouvoir?? est le nom qu?on donne ? la libert? de chacun quand elle empi?te sur la libert? des autres. Chacun veut plus de pouvoir, mais, dans une soci?t? civilis?e, cette qu?te du pouvoir est encadr?e par l?ordre que fait r?gner la majorit? effective.? L?ordre qu?exprime la loi impos?e par l??tat, dirig? par un gouvernement qui est l??manation de cette majorit? effective.

Plus une soci?t? est complexe, plus grande est l?interd?pendance entre les soci?taires, plus grand est le pouvoir de chacun ? ? la mesure du besoin qu?ont les autres de lui ? et plus un consensus est n?cessaire. Si une majorit? effective a la conviction que la loi incarne le bon droit, elle prendra toujours fait et cause pour la loi, puisque, dans une soci?t? en ?volution, le rapport des forces individuelles peut changer et chacun voit qu?il gagnerait moins ? s?affranchir de la loi que ce qu?il risquerait de perdre si elle cessait de s?appliquer

Quand cette opinion pr?vaut, on peut laisser violence et menaces en arri?re-plan. On peut g?rer la soci?t? par des promesses dont la loi assure l?accomplissement et des r?compenses dont l??tat garantit la valeur. La d?mocratie devient la meilleure fa?on de r?aliser le consensus. Nul, toutefois, ne perd le go?t de satisfaire ses d?sirs, ni donc sa volont? de pouvoir?; il devient simplement? ?vident que la loi doit demeurer un point de rep?re et d?ancrage et qu???avoir ce qu?on veut?? ne passe plus par l?usage ostentatoire du fusil-mitrailleur, mais par la manipulation des lois.

En d?mocratie, la? rapine, pour ?tre efficace, doit ?tre institutionnalis?e. On ne peut monter ? l?assaut? de l??tat chaque fois qu?on a un besoin ? satisfaire et il faut donc avoir l??tat avec soi. Comment?? Dans une d?mocratie, les lois sont faites et appliqu?es pour la majorit? effective, par ceux dont les citoyens d?cident.?Ces ?lus dont les citoyens d?cident ont eux aussi des d?sirs ? satisfaire.?Ils vont chercher ? se servir ? leurs propres fins du pouvoir qu?ils ont. Avoir l??tat avec soi n?exige donc pas de violence. Il suffit de donner, ? quiconque d?cide, l?outil pour transformer en satisfaction le pouvoir qu?il exerce.? L?outil universel est l?argent, mais il y a mille fa?ons de le faire.

Le pouvoir des politiciens et fonctionnaires n?est pas ? eux. On le leur a confi?. Quand ils le monnayent, ils l?usurpent et le volent.? C?est le plus grave des abus de confiance.? Mais qui ne le fait pas???Qui ne le ferait pas?? Qui aurait cette int?grit? ??? la Robespierre?? d??tre totalement incorruptible ?? Et croit-on qu?on trouvera jamais assez de ces incorruptibles pour occuper tous les postes de l??tat o? il y a des d?cisions ? prendre?? La corruption suit la d?mocratie comme son ombre. Comment la contr?ler??

Il y a un double probl?me de corruption ? r?soudre en d?mocratie. Celle au palier de l?ex?cution, d?abord, qu?on peut contr?ler par la transparence et un processus efficace d?appel de toute d?cision rendue.? C?est possible, si on extirpe soigneusement du syst?me tout ce qui est dilatoire.? J?en parle ailleurs.

Il y a aussi, toutefois, une corruption au palier d?cisionnel qui ne peut ?tre r?gl?e que par une fragmentation horizontale et verticale du pouvoir,?un changement structurel de fond qui prendra du temps. Dans l?imm?diat, pour contrer la corruption, il faut donc se pr?parer lucidement ? un recul de la d?mocratie.

Ce recul? peut ?tre temporaire et marquer?le passage ? une d?mocratie plus efficace. Il peut aussi ?tre pr?vu comme permanent, et ?tre la premi?re ?tape vers un Nouvel Ordre mondial dont mon coll?gue ?Fran?ois Marginean vous parle ailleurs sur ce site et dont on a des raisons de se m?fier. Un changement qu?Obama n?est peut-?tre pas venu emp?cher, mais accomplir. Je vous en reparlerai.

Pierre JC Allard

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