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CETA: du plomb dans l’aile

 

 

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NDLR:  Ce traité a été initié par Jean Charest lorsqu’il était au pouvoir (ancien premier ministre du Québec de 2003 à 2012 et ami de Nicolas Sarkozy).  Peu après l’élection de François Hollande, Jean Charest avait été reçu à l’Elysée par le nouveau président, alors qu’il ne faisait plus partie de la scène politique canadienne, ayant quitté la tête de son parti politique lorsqu’il a perdu ses élections en 2012, tout comme Nicolas Sarkozy l’avait fait.

Cette rencontre, dont les médias n’ont pu établir les motifs à l’époque, la qualifiant de secrète, en disait cependant long à ceux qui y voyaient la poursuite des objectifs d’accords commerciaux initiés par Jean Charest, tant pour le traité CETA que pour le plan Nord.

Il n’est donc pas exagéré de penser que ce traité vise à satisfaire les entreprises avant tout puisque ses objectifs ont été poursuivis même en dehors d’un cadre politique conventionnel.  De surcroît il est demeuré secret tout ce temps.  L’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est aussi le gendre de Jean Charest.

Maintenant, la question qui se pose:  pourquoi devrait-on accepter la signature d’un accord tenu secret pendant plusieurs mois, des années même, au point que les dirigeants appelés à signer l’accord en ignorent la portée exacte ?

Ajoutons que:

N’a pas été appréciée la sortie en règle de la ministre du commerce du Canada, Chrystia Freeland, qui n’avait rien d’amicale.   N’a pas été appréciée non plus le commentaire de Justin Trudeau lors de sa rencontre avec Manuel Valls à Québec la semaine dernière, lorsqu’il a déclaré:

« C’est un moment pour l’Europe de décider à quoi sert l’Union européenne, a déclaré Justin Trudeau. Si on trouve, dans une semaine ou deux, que l’Europe est incapable de signer une entente progressive, commerciale, avec un pays comme le Canada, avec qui l’Europe pense-t-elle faire affaire dans les années à venir? »

Rappelons à Justin Trudeau que le Canada a une population d’environ 35 millions de personnes et que l’Europe fait déjà des échanges commerciaux avec le Canada (et vice-versa), et ce sans la nécessité d’un traité CETA.  Qu’il cherche un peu et il trouvera sûrement des pays avec lesquels l’Europe peut penser faire des affaires dans les années à venir, surtout s’il essaie de se montrer trop présomptueux et sa ministre trop susceptible !

Le secret, et maintenant le côté ultimatum qui entourent ce traité sont tout simplement inacceptables.

 

CETA :  Intervention du ministre président wallon Paul Magnette.

 

Tout est dit !

 

 

Extrait du site LeMonde.fr:

 

La Belgique dit non, mais l’Europe y croit encore. En dépit des dissensions belges, le sommet prévu jeudi 27 octobre à Bruxelles pour signer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) « est toujours possible », disent les deux partenaires commerciaux.

Plus tôt dans l’après-midi, le premier ministre belge, Charles Michel, avait annoncé à M. Tusk que son pays ne pourrait pas signer lors du sommet de jeudi l’accord de libre-échange avec le Canada.

« On nous a demandé de donner une réponse claire aujourd’hui. La réponse claire à ce stade, c’est non. »

« Nous ne sommes pas en état de signer le CETA [Comprehensive Economic and Trade Agreement] », avait dit M. Michel en sortant d’une réunion rassemblant toutes les entités fédérées de Belgique et le gouvernement fédéral. Trois d’entre elles ayant refusé de donner leur accord : la Wallonie, le gouvernement bruxellois ainsi que la communauté linguistique dite « française ».

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  1. avatar

    Réaction navrante ici:

    (Extrait: …..Le blocage wallon sur l’accord avec le Canada intervient après les revers du Brexit et de la crise des réfugiés.)

    Manquait plus que la Syrie et le fantôme d’une troisième guerre pour renforcer l’horreur d’une telle impasse!

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/26/apres-le-fiasco-du-traite-ceta-l-europe-paralysee_5020610_3214.html

    On qualifie même d’une erreur d’évaluation politique (rien de moins!) le fait qu’en juillet dernier la Commission avait accepté que la ratification du CETA passe non seulement par une signature des gouvernements et le feu vert du Parlement européen, mais aussi par l’approbation de la quarantaine de Parlements de l’Union, ce qui ici a eu comme résultat que l’accord a trébuché sur l’un des tout premiers consultés, le wallon… !

    Ah oui et après? Quel était le but de faire semblant de donner une voie à ces parlements, si on leur reproche après de l’avoir prise? La Wallonie avait la liberté de répondre oui comme les autres ? C’est ce qu’il faut comprendre! Elle est forte celle-là! Quelle hypocrisie!

    C’est grave de ne même pas se donner la peine d’avoir l’air cohérent… et surtout de montrer clairement qu’un principe démocratique n’est pas souhaitable…