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C’est au principe du commerce qu’il faut s’en prendre

Image Flickr par Marc ! Us !

Enfin arriv?s au moment o? les peuples indign?s acceptent l’id?e qu’il va falloir avoir des id?es neuves, et que pour une raison obscure ce ne sont pas les politiciens qui militeront pour un syst?me au sein duquel ils n’auraient certainement pas la place qui est la leur, il est plus que temps de voire les choses en face.

Ni le capitalisme (qui consiste ? assujettir l’activit? professionnelle aux b?n?fices commerciaux), ni le ph?nom?ne aberrant de l’argent dont la cr?ation est si prompte quand il s’agit de renflouer les banques, ne sont ? corriger ou am?liorer pour r?tablir un semblant de justice dans ce monde.

Le fait est que la majeure partie de l’activit? humaine n’a pas pour objectif de devenir riche, puisque c’est abruptement impossible, et pourtant la majeure partie de l’activit? humaine ne peut s’exprimer que de cette mani?re, c’est ? dire la recherche de l’?quilibre financier.

Ce syst?me d’?quilibre financier qu’il faut absolument atteindre pour justifier de l’int?r?t de l’activit?, avec des principes de vases communicants faisant que si on donne ? l’un, on ne peut plus donne ? l’autre, est le parent direct de toutes les injustices.

De plus, si tous les pays du monde se retrouvent endett?s, je m’excuse de ne pas le savoir mais ? qui le monde entier doit-il sans cesse cet argent?? Si tout le monde se rebiffe ensemble, et qu’on ne doit plus rien ? personne, alors pourquoi continuer de chercher un ?quilibre financier?? On se le demande, pourquoi faire?? En quoi cela est-il utile ou pertinent?? Est-ce vraiment tout ce qui peut justifier l’activit? humaine??

Au train o? vont les choses, l’humanit? terrestre va devoir aller habiter sur une autre plan?te pour tout recommencer, et ? ce moment-l? on sera forc?s d’admettre qu’il est temps de changer de syst?me, et aussi que cela aurait pu ?tre fait bien avant, vu comme c’est simple, et que cela aurait ?vit? bien des tracas.

L’int?r?t de l’?tude de la soci?t? minimale, par exemple une colonie expatri?e sur la Lune, Mars, ou un quelconque vaisseau-plan?te de quarante kilom?tres de long (tels que ceux qui sont en bordure du syst?me solaire mais c’est une autre histoire) est de se demander si ces biosyst?mes ont eu l’id?e saugrenue de faire appel ? un principe aussi improductif et inefficace que celui du commerce.

Il appara?t ?vident que tout le monde ne peut pas se vouer ? cultiver sa propre nourriture, sa propre habitation, ses propres routes, ses propres v?hicules, sans faire appel ? personne et sans rien devoir ? quiconque.
Seule une partie utile de la population peut se vouer ? g?n?rer ces biens et services vitaux, logiquement destin?s ? ?tre distribu?s ?quitablement entre tous les habitants du vaisseau-cargot.

Cette id?e de la soci?t? minimale permet de visualiser plus facilement ce qui est aberrant et ce qui est utile. Et dans ce cadre, il appara?t clairement que le principe du commerce ne peut appartenir qu’? la pr?histoire, ? une ?poque o? le monde existait tr?s bien sans commerce, mais o? de graves lacunes obligeaient ? ce qu’il soit cr??.

C’est ? cause de la souffrance et des lacunes criminelles d’un syst?me vierge d’intelligence, primitif, que le principe du commerce a d? ?tre invent?. En cons?quence, il n’est pas question d’am?liorer ou de cadrer rigoureusement avec une infinit? de d?tails ce principe absurde, alors qu’il est tellement plus simple de revenir ? ce qui est fondamental, ? savoir r?pondre aux exigences d’une civilisation au moyen d’une intelligence organisationnelle dont l’efficacit? est tr?s facile ? mesurer, notamment en terme de sentiment de justice et de r?partition ?quitable des richesses.

Or qui dit r?partition dit calcul, addition puis division, mises en rapport, affectation de coefficients, et algorithmes. Ah mais oui c’est du boulot?! Un boulot que les politiciens refusent de faire parce qu’ils n’ont pas l’habitude de travailler.

Sur ce point de d?tail, je peux m’?tendre le temps d’un paragraphe?: les politiciens n’ont aucune marge de manoeuvre pour travailler collectivement. Chacun individuellement appartient ? son propre parti politique, ils passent leur temps ? entrer en conflit, c’est ? peine si ils peuvent su supporter les uns les autres. Alors de l? ? leur demander de travailler collectivement et de fa?on dirig?e, sur des projets syst?miques relevant autant des math?matiques que de la philosophie, est tout bonnement impossible.

Et m?me, qui sera assez courageux pour dire ??vous m’avez ?lu, mais la fa?on dont vous m’avez ?lu est une folie incons?quente??. Qui dira ??j’ai un revenu garanti ? vie, mais je ne le m?rite aucunement, je pr?f?re qu’il soit r?parti ?quitablement entre tous???? Ou encore ??C’est le syst?me tel qu’il est qui fait de moi une personnalit? politique, mais il faut changer ce syst?me de sorte que ce soient des gens plus comp?tents qui soient ? ma place????

Revenons l? d’o? il faut repartir, non pas d’un point situ? ? une ?poque contemporaine, puisque ?a renverrai in?vitablement ? celle d’aujourd’hui o? on marche sur la t?te, mais ? celle d’avant l’apparition du commerce, afin de comprendre pourquoi il est apparu, et ce que ce principe voulait r?parer.

J’adore l’?poque de la conqu?te de l’Am?rique par les occidentaux, qui ?taient en fait des malfrats d?port?s d’occident, ? part que les colons se comportaient de mani?re ignoble tant avec les ??n?gres?? qu’avec les indiens. Ils consid?raient la terre comme promise et vierge, et s’empressaient de la repeindre avec leur vision du monde d?j? caduque. Tout ceux qui avaient trop d’ennemi ? cause de leurs arnaques en Europe allaient en Am?rique, s’en prendre ? de frais nouveaux na?fs, non sans bave aux l?vres.

Quand un convoi s’aventurait ? l’Ouest, il suffisait de suivre les cours d’eau, et partant de l? ils construisaient des ports, et des cabanes o? fixer des point-relais pour cette conqu?te.
Les villes apparaissaient, en premier il y avait quelques fermes et un Saloon, et juste ? c?t? un poste de Sh?rif, parce que c’est l? qu’il y avait des probl?mes ? r?gler ? coup de g?chette.

Ils marchaient pieds nus, ils buvaient et pissaient dans le m?me cours d’eau pure et transparente qui regorgeait de poisson. Le matin, il suffisait d’aller cueillir des fruits vitamin?s et juteux, et le soir de mettre au feu un petit lapinou attrap? avec des branches et de la ficelle. Ils n’avaient aucun besoin d’argent, leurs v?tements ?taient de vieilles frusques h?rit?es d’on ne sait o?, qu’ils changeaient une fois tous les dix ans. Bref la vie ?tait tranquille.

Ici nous sommes dans le cadre o? chacun fait sa vie, chacun g?n?re ses propres biens, et tout le terme de ??justice?? n’a rien de social, il s’agit simplement de trouer la peau de celui qui ne peut pas payer son verre de whisky.

Et c’est ainsi que les non-manuels, car il faut bien qu’il y en ait, n’ont pas voulu en rester l?, et bqu’ils invent?rent toutes sortes de produits ? vendre afin de r?cup?rer des pi?ces d’Argent ou d’Or, qui ensuite leur serviraient ? compenser leur d?ficiences naturelles.
Et qu’un certain vendeur de potions magiques qui rend les dents blanches et le tin frais, qui gu?rissent toutes les maladies, accompagn?s de leurs accolytes-t?moins et secr?tement associ?s, allaient de ville en ville le suivant le cours des fleuves pour aller ?nerver tous les habitants qui se sont faits arnaquer sur leur passage, et c’est ainsi que se b?ti la fortune des Rockfeller.
D’autres montaient des pi?ces de th??tre avec leurs troupes, et d’autres plus s?dentaires se lan?aient dans la m?decine sans rien y conna?tre.

C’est ? cet endroit qu’il faut se placer et, avec notre cortex un peu plus d?velopp? que ceux de l’?poque, il faut se demander ce qu’il aurait fallu faire pour ?viter de voir le pays se faire envahir par des arnaqueurs qui allaient forc?ment gagner en puissance de fa?on exponentielle, jusqu’? ce que le principe de l’arnaque et le principe du commerce ne fassent plus qu’un.

Un minimum d’humanit? aurait pu placer les droits par-dessus les moyens?; c’est ce qui a voulu ?tre fait avec le communisme, mais sans remettre en cause le principe du commerce, on ?tait arriv?s ? des extr?mes d’absurdit? o? les ??bons de ravitaillement?? ?taient plus rares que l’argent, ce qui a termin? d’?c?urer tout le monde du principe m?me de ??communisme?? alors pourtant que le principe de fusion et mise en commun des moyens de production, lui, est devenu le moyen le plus s?r pour les entreprises de faire du chiffre.

Mais que les citoyens s’unissent pour faire des achats group?s, et obtenir des cha?nes de production sans but lucratif, ou que ces services soient publics et financ?s par les imp?ts, cela n’a pas pu tenir le choc.

Qu’on soit ? bord d’un vaisseau-cargot ou ? bord d’une am?rique naissante, le probl?me est le m?me, comment faut-il s’y prendre pour mettre en oeuvre le ph?nom?ne de justice??
L’utilit? de se fixer ce but est ?vidente, il s’agit de ne pas briser la confiance que les citoyens peuvent avoir les uns envers les autres. Si cette confiance repose sur des lois, et que ces lois sont ?crites pour favoriser le commerce et l’avidit?, c’est un peu comme se faire rencontrer mati?re et antimat?re, c’est explosif. Finalement, le ph?nom?ne de justice poss?de une utilit? et une raison qui est tr?s clairement vitale, ce ne sont pas juste des mots pour faire joli, dont on peut se passer en se disant que ?a ne sert ? rien.

Le principe sur lequel repose le ph?nom?ne de justice est la math?matique.
Il ne peut pas reposer sur le principe du commerce, et lui ne peut pas s’en remettre aux lois?; cela ne marche pas, ce n’est pas logique ou fonctionnel.

Sans informatique, ?videmment, cela aurait demand? une administration telle qu’on aurait croul? sous les kilom?tres de papiers administratifs depuis longtemps.

Mais aujourd’hui ni les moyens techniques ni les moyens humains ne manquent, et l’intelligence, elle, ne demande qu’? ?tre mise ? l’?preuve de la r?alit?.

Le syst?me va tr?s vite devenir tr?s complexe, car tout est en rapport avec tout. Si sur 100 habitants, 5 s’occupent de produire l’alimentation, en utilisant des ampoules qu’il faut cinq personnes aussi pour cr?er, et en utilisant une ?nergie qu’il faut cinq personnes pour g?n?rer (en p?dalent?!) tandis que 40 personnes sont trop jeunes, trop vielles ou trop malades pour travailler, cinq autres s’occupent du transport et de l’emballage, cinq autres du recyclage et de la maintenance, la question est?: comment g?n?rer le ph?nom?ne de justice au sein de cette petite organisation??

Il n’y a pas de raison que les malades, les d?biles, les vieux et les jeunes ne re?oivent pas de nourriture, il n’y a pas de raison que ceux qui plantent les tomates soient forc?s de ne faire que cela pendant toute leur vie, ou que l’inventeur d’une ampoule qui fait pousser les tomates plus vite ne soit pas honor? en proportion de ce que cela a ?t? utile d’acc?l?rer la croissance des v?g?taux, ou que les ??non-manuels?? n’aient pas le droit de s’alimenter alors pourtant qu’ils travaillent sur des choses qui ne sont pas encore utiles, et qui pourraient bien ne jamais le devenir, ou d?boucher sur d’autres travaux qui eux, ? leur tour, seraient tr?s utiles.

Tout cela, est extr?mement difficile ? ?valuer. Les int?ractions sont infinies et les justifications aussi.
Le sentiment des uns d’?tre plus utiles que d’autres, doit-il n?cessairement ?tre r?compens? de fa?on mat?rielle, sociale, ou spirituelle?? Les ??forts?? et les ??intelligents?? ne doivent-ils pas se contenter d’?tre heureux d’?tre utiles ? leurs concitoyens, sans pour autant ressentir le besoin d’obtenir des Droits sup?rieurs au commun des mortels, si tant est que leur qualit? est finalement le fruit du hasard??

Et ceux qui ont durement travaill? pour obtenir ces qualit?s, qui sont devenus ??plus?? utiles que d’autres, quelle peut ?tre leur motivation, est-ce d’avoir des droits sup?rieurs ou peut-?tre est-ce le fait d’un d?s?quilibre psychique qui les pousse dans une fuite en avant qui les force ? faire ? eux seuls le travail de dix personnes?? M?me si on r?ussi ? ?valuer l’utilit? de ce qu’ils produisent, l’attrait social pour la distinction des hommes et des femmes les plus exemplaires n’a-t-il pas pour objectif de motiver les jeunes ? leur ressembler, alors pourtant qu’ils n’ont pas encore les moyens intellectuels de percevoir d’autres motivations plus nobles??

Cela fait beaucoup de questions, beaucoup de r?ponses ? trouver, et beaucoup de travail ? faire.
Mais ce travail est ? faire, et toutes les discussions qui ont lieu ? propos de la survie de l’humanit?, rel?vent de ces questions et de ce travail qui reste ? faire.

Pour ?valuer les Droits il faut d?j? au moins commencer par les d?clarations de variables, comme dans tout programme informatique.

Les droits basiques doivent ?tre inali?nables, sauf en cas de manquement grave, comme celui d’aller habiter o? on veut, de voyager, de s’exprimer en public, de choisir librement son m?tier et son activit?.

Certains droits sont renouvelables automatiquement, tels les droits fondamentaux.
Ils peuvent s’user rapidement mais aussi se renouveler rapidement, de sorte qu’il est interdit d’acheter cent kilos de p?tes mais il est autoris? de ne manger que cela toute l’ann?e (en tous cas c’est mon cas?!).
Leur renouvellement peut ?tre automatique ou conditionn? ? d’autres droits.

D’autres droits peuvent ?tre temporaires, ne rester valables qu’un certain temps, et perdre de leur intensit?, de sorte que des droits anciens inusit?s puissent devenir p?rim?s.

D’autres encore peuvent ?tre exceptionnels, comme pour l’inventeur de l’ampoule qui fait pousser les tomates plus vite, il obtient le droit exceptionnel d’avoir un labo pour d?velopper les principes scientifiques qui sont ? l’oeuvre, ou d’autres principes dont il aurait subitement l’id?e. Ce droit il l’aura gagn? honn?tement, et n’aura plus besoin d’expliquer ce qu’il veut faire et de ne plus perdre de temps dans son travail.

La droits peuvent ?tre permut?s, un grand nombre de droits inutiles peuvent ?tre convertis, avec un taux de change, en droits utiles, si jamais cela est n?cessaire.

L’usure des droits peut aussi varier, selon qu’on d?cide de s’approprier un objet ou simplement de s’en servir p?riodiquement en le laissant ? disposition des autres.

Une fois les d?finitions pos?es, le travail commence, il s’agit d’?crire les algorithmes qui avalisent et justifient le transport de ces droits.

(laissons au lecteur le soin d’approfondir)

Dans la pratique, observons maintenant les applications de ce syst?me de Droits.

Un gars d?couvre, par bonheur, un caillou qui d?livre autant d’?nergie qu’on veut.
Ou alors on peut dire (plus commun?ment) un pays d?couvre un nouveau gisement de p?trole.
A qui appartient ce caillou / gisement?? R?ponse?: ? toute l’humanit?. Il n’y a rien ? tergiverser sur cette question, aucune opinion ne peut rivaliser avec cela.

Dans le monde du commerce, il n’en sera pas ainsi, et d?s le d?part l’injustice sera flagrante, et ensuite elle ne fera que de s’?tendre.

(pourquoi les technologies issues de la r?troconception d’ovnis intercept?s sont-elles gard?es sous le coude, si ce n’est pour en tirer le b?n?fice maximal??)

Ou alors on peut dire, pourquoi d?pose-t-on des brevets, et repeint-on la moindre de nos cr?ation artistique d’un hideux ??copyright??, si ce n’est en raison du fait qu’il n’y a aucune chance, dans le monde du commerce, que cela serve ?quitablement tout le monde??

Rien ne compense la d?faillance organisationnelle?: le pays qui d?couvre du p?trole peut le vendre, tout comme il peut se faire bombarder pour se faire piller.
Les terres sont accapar?es en Afrique, les for?ts ras?es ench?rissent ceux qui les rasent, et ainsi de suite.

Dans le cadre o? les droits priment sur les moyens, peu importe o? se trouvent ces for?ts, ces gisements et ces terres. D’office ils appartiennent ? toute l’humanit?, et leur administration d?coule de r?glements tr?s strictes, qui mettent en corr?lation l’utilit?, la pertinence, et l’int?r?t collectif.

Bien s?r ce sont des choix qui motivent ces exploitations, mais ces choix sont r?gis par l’application de r?gles, parmi lesquelles une de grande importance qui est la gestion sur le long terme.

De ce point de vue, une for?t d’arbres cultiv?s (qu’on plante soi-m?me), des animaux de fermes d’?levage, ont bien plus de valeur que ceux qu’on peut pr?lever dans la nature sauvage.

Pour le cas d’un gisement, rien ne justifie qu’un pays en soit le propri?taire pourvu qu’en m?me temps, lui aussi b?n?ficie des gisements et productions des autres.

En fait, non seulement le concept de ??pays?? serait r?duit ? la simple d?limitation des langues sans aucune autre forme de distinction, mais surtout, et j’esp?re que cela sera not? comme un avantage probant et d?finitif en faveur de ce Syst?me, cela an?anti par avance toutes les guerres.

http://philum.info/59523

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