Censure !

Même en direct

Les images en direct ne garantissent plus de la sincérité de la retransmission. L’épisode du salut militaire des joueurs turcs après leur égalisation en est la preuve. Une chaîne privée, marquant ainsi sa vassalité au pouvoir politique se permet de montrer en boucle le but pour éviter aux téléspectateurs français « l’odieuse provocation de l’ennemi sur le sol national ». Nous en sommes rendus à ce niveau de tension tandis que dans les tribunes, aucun incident majeur ne fut à déplorer.

Que penser de cet effacement opportun pour le pouvoir macroniste dont chacun sait qu’il doit tout aux médias lors de son élection miraculeuse ? La première évidence quoi qu’on puisse penser de la guerre en Syrie réside dans la preuve manifeste que le téléspectateur est un mineur à qui l’on cache volontairement certaines choses, de nature à perturber son bon développement. Tous les moyens sont donc mis en œuvre pour cacher ces seins, ces saluts, ces banderoles qu’il ne saurait voir.

Le seconde évidence c’est que service public ou privé, tout le monde est aux ordres, les mains sur la couture du pantalon pour protéger Freluquet et sa clique de toute contrariété. Il serait sans doute préférable de rétablir promptement l’ORTF et de nommer un ministre de l’information, les choses seraient plus claires. Nous savons désormais, s’il y avait encore quelques naïfs pour croire au Père Noël que les caméras montrent ce qu’en haut lieu, on permet qu’elles filment. Les violences policières, par exemple, ne seront jamais au programme des grandes chaînes généralistes.

En écrivant ce terme, je me rends compte qu’il doit y avoir un fonctionnaire du ministère des armées dans tous les cars régies lors des grands événements retransmis en direct. Il convient de maintenir le bon peuple sous l’éteignoir, le sport bien-sûr y contribue largement même s’il faut prendre quelques précautions. C’est d’ailleurs pourquoi le direct intégral n’existe plus et que nos rois de la dissimulation se donnent quelques secondes de décalage pour répondre à tout imprévu.

C’est donc un fait acté, la censure règne en maîtresse absolue sur le petit écran, première étape indispensable avant son élargissement à tous ces écrans indiscrets qui fleurissent partout. L’étape suivante sera bien entendu la mise sous le boisseau d’internet. Ne désespérez pas, tout vient à point dans la dictature libérale qui s’accorde le temps de sauver les apparences avant que d’agir exactement comme les pouvoirs qu’elle condamne véhémentement.

Tous les droits et libertés se réduisent comme peau de chagrin. Le droit à l’information ne fera que suivre le même chemin. Fort heureusement, les sociétés humaines courent si vite à leur perte que tout ce pathétique cirque pour préserver un modèle économique terrifiant ne servira à différer la grande catastrophe que de quelques secondes. Celles-ci seront-elles suffisantes pour que le bon peuple ne perçoive pas en direct sa fin imminente ? J’ai un doute…

Nous sommes En Marche, nous l’avions compris. Vers quoi au juste, il n’est plus besoin de s’interroger. Quand on fonce dans le mur, toujours plus vite, il n’est qu’une question qui vaille : « Dans combien de temps ? » et tandis que s’approche l’obstacle qu’une formule à prononcer en boucle en regardant son petit écran : « Jusque là, tout va bien ! ».

Pour le reste, vous pouvez regarder la télévision, lire les journaux, écouter les responsables politiques, ils ont tous désormais des années de décalage avec la terrible réalité de notre Planète. Ils foncent tête baissée, nous entraînent vers l’apocalypse tandis que les journalistes s’amusent encore à cacher la vérité au peuple. Nous vivons désormais en décalage constant avec le réel car, c’est à craindre, il est trop tard pour changer quoi que ce soit. Alors, pour tenir encore, le plus longtemps possible, la Censure est à l’œuvre.

Directement leur.

 

C’est Nabum

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